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Le bon déroulement de la
mission a été hypothéqué par le conflit politique opposant le gouvernement de
l’Union à ceux d’Anjouan et de la Grande Comore, conflit qui avait déjà
contribué à la suspension du SMP du FMI, à la paralysie du port de Moroni et à la
poursuite de la détérioration de la situation dans le secteur de l’énergie. Ces
trois facteurs ont assombri les perspectives de croissance après la modeste
amélioration observée en 2001 (+2%) et ils contribueront selon toute
vraisemblance à une accélération de la dégradation du déficit fiscal.
La détérioration des
infrastructures s’est accentuée, pénalisant toute reprise de la croissance
économique, fragilisant les opérateurs économiques locaux et conduisant à un
renforcement de la pauvreté. La mission souhaite souligner que le blocage
prolongé des ports de Moroni et de Mutsamudu présenterait un risque majeur pour
la stabilité économique et sociale du pays. Il est donc crucial que l’opérateur
privé qui gère le port de Moroni depuis la fin juillet puisse continuer à le
faire dans les meilleures conditions. Dans un pays dont les ressources
financières proviennent essentiellement de la douane, c’est actuellement le
seul moyen d’éviter une poursuite de la hausse des prix, des pénuries, de la
dégradation des recettes et donc de l’incapacité de l’Etat à payer les salaires
de ses agents. Le non-respect des engagements pris avec les partenaires
économiques internationaux porterait atteinte à la crédibilité de l’Etat et
risquerait de dissuader, à l’avenir, toute initiative d’investir dans les
secteurs clés de l’économie comorienne.
Les perspectives futures
d’assistance de la Banque Mondiale dépendront de la capacité du gouvernement à
parvenir à un accord avec le FMI et à progresser sur le terrain des réformes
structurelles. Afin de permettre aux Comores de regagner la confiance de la
communauté internationale, la mission encourage vivement les autorités à (i)
soutenir l’installation de l’opérateur privé aux ports de Moroni et
Mutsamudu ; (ii) parvenir à un accord sur la future architecture fiscale
du pays dans le but d’en assurer la stabilité macro-économique; (iii) assainir
la situation des secteurs de l’eau et de l’électricité en mettant en place un
plan d’action volontariste, engageant tous les acteurs du secteur à lutter
efficacement contre la fraude et (iv) adopter et mettre en place
l’ensemble des Lois Organiques.
En dépit des obstacles
structurels énumérés ci-dessus, la mission a pu engager de substantielles
discussions techniques portant sur l’analyse des dépenses publiques et sur la
première version du Document Intérimaire de Stratégie de Réduction de la
Pauvreté. Elle a également pu observer la mise en oeuvre satisfaisante du
crédit CURE au niveau de chaque île et la préparation de la note sectorielle
sur le secteur éducatif dans le cadre du projet Education III. Néanmoins il
convient de souligner que la prochaine et dernière phase de mise en oeuvre du
crédit CURE dépendra étroitement de l’installation de l’opérateur privé aux
ports, dans la mesure où il doit servir à financer le plan social accompagnant
la privatisation des ports.
Le présent aide-mémoire est
organisé en quatre grandes parties: (i) Infrastructures et réformes
structurelles; (ii) Réduction de la dette, DSRP et Revue des Dépenses
Publiques; (iii) Crédit d’Urgence pour la Relance Economique (CURE) et Projet
de Réintégration des Jeunes Miliciens à Anjouan ; et (iv) Assistance
Technique dans le cadre des dons IDF, du Fonds Fiduciaire DSRP et de
l’Assistance à la FOP.
La Mission tient à remercier les
Autorités et la population des Comores pour leur aide, pour la chaleur de leur
accueil et pour la franchise dont ils ont fait preuve au cours des discussions.
La Mission a rencontré les Présidents des Iles Autonomes de Ngazidja, Anjouan,
et Mohéli ; les Vice-présidents de l’Union respectivement Ministres des
Finances et de la Justice ; les Ministres des Finances, des Affaires
Sociales, de l’Education, de la Santé, de l’Energie, et de la Fonction Publique
au niveau de l’Union et aux niveaux des Iles ; le Commissaire Général du
Plan, le Trésorier Payeur Général, le Directeur Général du Budget, et de
nombreux autres Hauts Fonctionnaires Publics.
1. INFRASTRUCTURES ET
REFORMES STRUCTURELLES
La mission
regrette que l’état général des infrastructures se soit détérioré. Cet état de
fait a pris une dimension critique dans le cas des ports et du secteur de
l’énergie. En ce qui concerne le secteur touristique, la Banque Mondiale tient
à réaffirmer qu’elle est tout à fait disposée à apporter son concours au processus
de sélection d’un opérateur touristique crédible et professionnel. En effet la
mission estime que la sélection d’un opérateur touristique crédible, allant de
pair avec l’établissement d’un vol direct vers l’Europe assuré par une
compagnie fiable et reconnue ainsi qu’avec la privatisation des ports, aiderait
les autorités comoriennes à regagner la confiance des investisseurs et de la
communauté internationale.
PORTS
La situation du port de Moroni est devenue très préoccupante, ne serait-ce qu’à cause de ses retombées sur les recettes de l’Etat. La SOCOPOTRAM ne disposait pas des moyens techniques de décharger efficacement les containers : en conséquence, près de 500 containers demeuraient bloqués aux ports des pays voisins en juillet 2001. En dépit des efforts de la mission précédente, l’opérateur privé qui avait signé le contrat d’exploitation des ports en novembre 2001 n’a pas pu commencer ses opérations avant fin juillet.
Durant la mission, le gouvernement et la COMACO ont trouvé une solution de compromis sur le paiement par COMACO d’un dépôt de caution. La mission a facilité une rencontre entre le Vice Président de l’Union des Comores, le Ministre des Transports Internationaux, le Commissaire au Plan, l’Autorité Portuaire, et le représentant de la société Mer Austral. A l’issue de cette rencontre ont été arrêtées les actions (et dates correspondantes) suivantes:25 juillet, comparaison des listes des personnels concernés par les licenciements, fournies dans le rapport Catry et par l’Autorité Portuaire, par le Commissaire au Plan.26 juillet, information par l’Autorité Portuaire et par le Commissariat au Plan des personnels licenciés.26 juillet, recrutement par la société COMACO de son personnel permanent.27 juillet, début d’activité de la COMACO dans l’enceinte portuaire pour les opérations de manutention et de magasinage.29 et 30 juillet, règlement par le Commissariat au Plan des indemnisations des personnels SOCOPO-TRAM et des dockers non re-employés par l’Autorité Portuaire.
En ce qui concerne Anjouan, les autorités et l’opérateur n’ont pas encore trouvé d’accord sur les modalités d’exploitation du port de Mutsamudu. La question s’est encore davantage compliquée en raison du conflit de compétence portant sur la répartition et l’exploitation du patrimoine national se trouvant sur l’île d’Anjouan. Néanmoins, à la suite de multiples entretiens avec les autorités de l’Union et avec les autorités à Anjouan, une entente a été trouvée sur les points et principes directeurs suivants:les discussions techniques sur les modalités d’exploitation du port de Mutsamudu devront reprendre immédiatement ;le contrat signé avec l’Union (désignant l’Union comme successeur légal de la RFIC) s’applique à l’ensemble des ports (dont celui de Mutsamudu). Une annexe pourrait clarifier les modalités particulières d’exploitation du port de Mutsamudu ; etles questions dont le règlement dépend d’un accord entre l’Union et les Iles Autonomes sur l’architecture fiscale du pays et sur la répartition du patrimoine national feront l’objet d’un règlement séparé et ne sauraient empêcher ou freiner l’installation de l’opérateur privé.
ENERGIE
La situation dans le sous-secteur de l’électricité demeure particulièrement
préoccupante. Le conflit politique opposant le gouvernement de l’Union à ceux
d’Anjouan et de Grande Comore aggrave encore un peu plus la situation et ne
permet pas d’envisager l’avenir de manière optimiste.
Désormais, deux
entités ont la charge opérationnelle du sous-secteur : La MaMwe,
créée par la République Fédérale Islamique des Comores, qui n’assure la
distribution que sur les îles de Grande Comore et de Mohéli et Electricité
d’Anjouan, créée par les autorités d’Anjouan pour desservir l’île. La situation
financière de ces deux entités demeure particulièrement difficile même s’il
convient d’analyser les deux situations séparément :
Le sous-secteur
est aujourd’hui au bord de la rupture. Il est donc urgent que les autorités
comoriennes trouvent des solutions efficaces et pérennes pour assainir une
situation qui, sinon, menace de conduire les îles vers une absence totale
d’électricité.
La mission a
identifié trois chantiers prioritaires :
a) Chantier
Politique : Adoption et mise en place des lois organiques du secteur
La mise en place des lois organiques du secteur et leur
déclinaison au niveau de chaque île (avec une définition claire des
responsabilités respectives de l’Union et de chacune des îles) est absolument
nécessaire. La mission considère indispensable que soit définie une stratégie
énergétique globale, qui soit commune et donc de la responsabilité de l’Union.
Pour ce qui est de la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie, la
responsabilité peut être décentralisée au niveau de chaque île et les modalités
peuvent être différentes d’une île à l’autre.
b) Chantier réduction des pertes commerciales
Le fléau que représente la fraude quasi généralisée doit être combattu
par l’ensemble des acteurs du sous-secteur. Un travail en profondeur doit être entrepris
rapidement et axé sur la responsabilisation des responsables gouvernementaux,
des opérateurs électriques, des pouvoirs communautaires (traditionnels,
religieux, etc.) ainsi que des consommateurs. L’objectif serait d’établir un
document stratégique de lutte contre la fraude et d’amélioration des taux de
recouvrements définissant un plan d’action, les objectifs à atteindre, les
modalités de mise en œuvre, ainsi que le mode de financement du plan d’action.
La mission propose l’organisation d’un atelier de travail spécifique destiné à
préparer ce document. L’atelier pourrait se tenir en septembre, et se donner
pour objectif d’aboutir à la finalisation d’un document à la fin octobre.
c) Chantier Maîtrise de l’Energie
Il apparaît aussi
particulièrement important à la mission que soit développés rapidement une
stratégie et un plan d’action visant à maîtriser au mieux les ressources
énergétiques. Il est nécessaire que les autorités expriment une position forte
sur la maîtrise de l’énergie. La réalisation d’un document stratégique doit
aussi faire partie des priorités surtout dans une période de pénurie. Pour le
Rapport d’Audit Technique des Parcs de production des trois îles, voir Annexe
1.
Le dossier Vivendi
La mission rappelle qu’il est
important pour le sous-secteur d’éviter que cette affaire soit traitée au
niveau du Tribunal de Commerce International de Genève. Il apparaît désormais
que le Protocole de cession des actions ne présente plus de point de blocage et
que la signature de ce protocole par les
autorités comoriennes est nécessaire. Cela permettrait de mettre un terme à
l’amiable au contentieux.
2. REDUCTION DE LA DETTE,
DSRP ET REVUE DES DEPENSES PUBLIQUES
Une mission récente du FMI a dû
renoncer à s’engager dans un nouveau Programme de Référence (Staff Monitored
Program, SMP) à la suite de désaccords profonds entre l’Union et les îles
portant sur l’exploitation des ressources nationales et sur la future
architecture fiscale du pays. La suspension du SMP du FMI signifie que seront
retardés d’au moins 9 à 12 mois un programme formel du FMI au titre de la Facilité
pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (FCRP, Poverty
Reduction and Growth Facility), une réunion des bailleurs de fonds et
l’allègement de la dette des Comores au titre de l’initiative PPTE.
La mission a
pu néanmoins engager de substantielles discussions techniques portant sur une
première version du DSRP-Interimaire et sur l’analyse des dépenses publiques.
Ces deux travaux joueront un rôle non négligeable lorsque les Comores pourront
bénéficier d’un allègement de leur dette au titre de l’initiative PPTE.
DSRP-INTERIMAIRE
Les autorités
ont finalisé une première version de DSRP-Interimaire qui s’articule autour de
onze notes sectorielles et qui a fait l’objet de discussions avec la mission et
les autres missions sectorielles de la Banque Mondiale. La mission a estimé que
le document présentait d’intéressantes pistes de réflexion tout en rassemblant
une grande quantité d’informations et de données. Néanmoins elle a aussi trouvé
le document trop long (150 pages) et souvent redondant. Enfin il conviendrait
que le document prenne acte du blocage institutionnel actuel et propose une
vision de long terme sur les moyens de (re-)créer l’Etat comorien sur des bases
solides. La Banque Mondiale fournira, dans les semaines à venir, de plus amples
commentaires sur le document DSRP-Intérimaire.
A la suite du
conflit institutionnel entre l’Union et les Iles, et en raison de celui-ci, le
processus de mise en œuvre du DSRP a perdu beaucoup de son dynamisme. La
mission espère que les Fonds Fiduciaires débloqués récemment contribueront à
relancer le processus participatif, tout en ajoutant substance et profondeur
aux notes sectorielles existantes. En outre, ces Fonds devraient permettre de
financer le recensement national et l’étude sur les ménages dont les résultats
seront disponibles en 2003 (voir la partie « Assistance Technique »).
REVUE
DES DEPENSES PUBLIQUES
La mission a initié
une revue des dépenses publiques, exercice qui s’inscrit dans la perspective
d’une remise de la dette au titre de l’initiative PPTE. Le travail de la
mission a consisté essentiellement à prendre contact et à engager un débat avec
les différentes autorités sur les contraintes et sur les choix budgétaires des
Comores. Il a également compris un effort documentaire, consistant à obtenir et
à réunir toutes les informations et données nécessaires à l’analyse des
dépenses publiques du pays.
La mission a fait
part de sa préoccupation sur l’évolution prévisible des recettes de l’Etat et
surtout sur celle des dépenses qui risquent d’augmenter sensiblement dans le
contexte de la décentralisation. Le déséquilibre résultant risque de se
traduire par l’accumulation d’arriérés de salaires et vis-à-vis des
fournisseurs avec des conséquences néfastes économiques, politiques et
sociales.
De graves
carences sont également apparues quant aux mécanismes (essentiellement
inexistants) de prévision budgétaire. Il est clair que l’incertitude prolongée
sur l’affectation et la répartition des recettes de l’Etat entre les
différentes autorités ajoute un degré de complication supplémentaire à
l’exercice de prévision et de bonne gestion budgétaire.
Sous réserve
de voir ce problème particulier résolu rapidement, la mission s’est engagée à
réfléchir sur l’opportunité de soutenir les efforts des gouvernements pour
renforcer leurs capacités de gestion budgétaire (documentation,
informatisation, gestion de bases de données et échange d’informations entre
les différents corps concernés). Pour plus de détails, voir réflexions
préliminaires en Annexe 2.
Les
observations préliminaires des dépenses dans les secteurs sociaux montrent
que :
· a
majorité des dépenses courantes dans les secteurs sociaux est destinée au
paiement des salaires, lesquels n’ont pas toujours été versés régulièrement, ce
qui a entraîné une pauvre motivation ou la perte de personnel qualifié et, dans
le secteur de l’éducation, des grèves et des fermetures d’écoles ;
· bien
que les fonds alloués au secteur de l’éducation soient raisonnables dans le
budget actuel, l’utilisation de ces fonds est manifestement inefficace comme le
démontre le fait que les élèves redoublent ou abandonnent l’école
fréquemment ; et
· de
plus, l’accès aux services est inégal, spécialement dans le secteur de la santé
où les visites médicales et le coût des médicaments empêchent trop souvent les
pauvres d’accéder aux soins nécessaires (Les pauvres sont particulièrement
touchés par la marge - actuellement de 50%- réalisée par le PNAC).
3. LE CREDIT D’URGENCE
POUR LA RELANCE ECONOMIQUE ET LE PROJET
DE REINTEGRATION DES JEUNES MILICIENS
En raison des ses performances passées, la Banque a été en mesure de décaisser l’intégralité du crédit à hauteur de 6 millions de $EU en l’espace de 9 mois. Le dernier décaissement de 2.4 millions de $EU a eu lieu en juin 2002. La capacité d’absorption reste très élevée: jusqu’à la fin juin et sur la base des 3.6 millions de $EU alors disponibles, elle a concerné plus de 73 pourcent du montant déjà décaissé et 22 pourcent des fonds engagés. La plupart des activités sont actuellement dans leur phase finale et la réception des activités réalisées se fait maintenant de façon quasi hebdomadaire. Pour plus de détails sur l’exécution des décaissements, voir l’Annexe 3.
Parmi les principales activités réalisées depuis la dernière mission de supervision, on peut mentionner:
Les comptes financiers du CURE – jusqu`au 30 mars 2002 – ont été audités par le cabinet Price Waterhouse Coopers (PWC) et la Banque mondiale est en train d’étudier leur rapport.
La mission de la Banque Mondiale a participé à une réunion du comité technique du CURE au cours de laquelle fut discutée et planifiée l’exécution de la dernière phase du crédit. Parmi les principales activités prévues on peut mentionner:
Le projet a atteint ses objectifs en dépit des circonstances difficiles qui
ont prévalu à Anjouan jusqu’au début de cette année. Depuis janvier
2002, le camp a reçu un total de 650 jeunes qui ont pu bénéficier d’un premier
module de formation professionnelle. Ces formations de terrain ont connu un
grand succès auprès des jeunes comme auprès des employeurs, succès qui est dû à
l’étroitesse des liens que CARE a tissés avec la société civile et le secteur
privé.
Parmi les activités réalisées on peut mentionner :
Le projet a rempli les conditions lui permettant de prétendre au déboursement d’un troisième décaissement de 244.000 $EU. Compte-tenu de l’accroissement sensible du nombre de jeunes qui seront hébergés au camp et de l’accroissement correspondant des besoins en termes de personnel et de logistique, il est prévu qu’une demande de déboursement additionnelle sera formulée à hauteur de 50.000 $EU.
4. ASSISTANCE TECHNIQUE
PROJET
ADPE : LE RAPPORT D’EVALUATION
La mission a rencontré l’équipe du Projet ADPE pour discuter des grandes lignes du rapport d’évaluation du projet. Compte tenu du fait que le projet doit prendre fin le 30 septembre 2002, le rapport d’évaluation finale de la Banque devra être terminé avant le 30 mars 2003. Le personnel du projet a déjà rédigé un rapport préliminaire et l’a transmis à la mission qui a recommandé l'ajout de deux chapitres : (i) enseignements du projet et (ii) recommandations sur les étapes à venir dans le cadre d’un nouveau financement. Un tel financement pourrait être réalisé avec les reliquats des autres activités sur l’analyse de pauvreté.
LES DONS
D’APPUI AU GOUVERNEMENT
Le Don IDF de Renforcement des Capacités Juridiques. La mission a abordé les grandes lignes du don juridique avec l’équipe du projet ADPE, l’équipe du Plan et les interlocuteurs juridiques à Mohéli. Il est prévu que la Directrice de la Coordination et du Contrôle des Projets auprès du Commissariat au Plan communique avec le Coordonnateur de la Composante juridique du projet ADPE afin de revoir les arrangements institutionnels qui présideront à la mise en œuvre du don. Il est prévu dans le don que des comités de pilotage soient mis en place dans chaque île. Ces comités auront notamment pour tâche de mobiliser tous les partenaires clés dans le domaine juridique et de permettre, sous la direction d’un consultant international, le développement d’un cadre institutionnel juridique et l’élaboration d’une stratégie de réforme juridique. Ces comités devront inclure des personnalités représentatives du Ministère de la Justice, des magistrats, des représentants du secteur privé et de la société civile de chaque île. La mission a noté que les îles, et notamment Mohéli, avaient besoin d’établir une coordination plus efficace. La mission attendra les conseils du Plan et de l’ADPE avant de finaliser l’accord du don.
Le Fonds Fiduciaire du
Développement de Capacité pour la Stratégie de Réduction de la Pauvreté. Dans le contexte de l’élaboration du DSRP, un don a
été apporté par la Banque Mondiale pour financer une assistance au Gouvernement
des Comores. L’objectif de ce don est de renforcer la capacité du Gouvernement
à effectuer une analyse de la pauvreté, à mettre en oeuvre une démarche
participative pour l’élaboration de ses politiques, à effectuer un travail
sectoriel et à exécuter son programme de réduction de la pauvreté. Sur la base
des grands axes de la stratégie de réduction de la pauvreté des Comores, le don
soutient principalement les quatre composantes suivantes :
La mission a confirmé que l’accord signé du don a été reçu à Washington et que le don sera activé en conséquence. La mission a recommandé au Gouvernement d’envoyer tous les documents administratifs (informations sur le compte spécial et signatures de spécimen) dans les meilleurs délais pour permettre le versement des fonds. Le personnel du Commissariat au Plan avait initialement prévu de remettre ces informations à Monsieur Fengler avant son départ, mais cela n’a pas été possible. Elles devraient néanmoins être disponibles très prochainement.
Dans le cadre du travail préparatoire sur le DRSP Intérimaire, certaines activités prévues au titre du don ont déjà débuté (portante principalement sur les sous-composantes 1 et 2). En particulier, l’Etude des Perceptions de la Pauvreté est presque terminée et il ne reste plus qu’à en assurer la validation au niveau des îles et au niveau national. En ce qui concerne la composante 2, un appui technique international a été mis en œuvre pour aider le Gouvernement dans l’élaboration de stratégies sectorielles. Le Gouvernement a émis le souhait auprès de la mission de voir ces activités financées rétroactivement et la mission s’est engagée à lui apporter une réponse avant la mi-août une fois faites les recherches appropriées. Si une telle solution n’était pas possible, la mission a recommandé au Gouvernement de réallouer le montant restant à d’autres activités portant sur l’analyse de la pauvreté.
La mission et l’équipe du Commissariat au Plan sont tombés d’accord pour entreprendre les activités suivantes:
i) Composante 1 :
a) Des ateliers auront lieu en août 2002 pour valider le draft de l’Etude de Perception de la Pauvreté. A l’issue de ces ateliers, un rapport sera distribué auprès des spécialistes, du comité d’orientation et auprès d’un plus large public.
b) Le Plan est en phase préparatoire du recensement, lequel sera appuyé par le projet santé. Le lancement est prévu pour octobre 2002.
c) Il a été convenu que le lancement de l’enquête commencerait immédiatement. La mission a recommandé que l’équipe définisse les termes de référence (TdR) pour un appui technique international. La demande de non-objection sur les TdR devra être envoyée avant le 15 août 2002. Il est prévu de finaliser le recrutement du consultant international à la mi-septembre pour pouvoir procéder ensuite au recrutement des experts nationaux.
ii) Composante 2 : les plans sectoriels sont déjà en cours. Des ateliers de validation devraient se tenir en août et septembre 2002.
iii) Composante 3 : Les comités sont en place et se réunissent assez régulièrement en suivant un plan de travail. Néanmoins, un appui logistique est nécessaire, ce qui est d’ailleurs prévu dans le don. La mission a recommandé de lancer ces activités d’appui au plus tôt.
iv) Composante 4 : le Gouvernement a déjà décidé du système de suivi et évaluation à mettre en œuvre. Il a prévu de mettre en place des observatoires capables d’entreprendre la collecte et l’analyse des données sur la pauvreté. Le deuxième volet sur la publication du DRSP sera utilisé l’année prochaine au moment de la finalisation du document.
LE DON IDF
Après un démarrage
relativement lent des travaux financés au titre du don IDF (« TF
027403-COM for Capacity Building and Public Investment »), des progrès
sensibles ont été accomplis depuis mars 2002. Le don a deux objectifs
complémentaires. Il vise à aider les Comores :
· à élaborer une stratégie de
développement et de promotion du secteur privé et
· à développer les compétences
institutionnelles nécessaires à la mise
en œuvre du plan d’investissement public (PIP).
Pour remplir le premier
objectif, des notes sectorielles ont été rédigées dans les domaines
suivants : environnement macroéconomique, secteur privé, finance,
agriculture, énergie et tourisme. Une première version de ces notes est déjà
disponible et leur finalisation devrait avoir lieu prochainement. En outre, ces notes sectorielles ont servi
de référence pour la rédaction du DSRP-Intérimaire.
Les travaux réalisés au
titre du second objectif ont progressé plus lentement. Un rapport préliminaire
visant à identifier les principaux obstacles et à formuler des recommandations a
été préparé. Il a été soumis aux autorités pour commentaires. Des ateliers de
travail ont été organisés sur chacune des trois îles pour y développer les
compétences de gestion du programme d’investissement public. Afin de renforcer
ces compétences, le Commissariat au Plan a fait l’acquisition de six
micro-ordinateurs. Sur le montant total du don, près de 64,980 $EU n’ont pas
encore été engagés. Le gouvernement a émis le souhait de pouvoir utiliser ces
fonds pour acheter de nouveaux ordinateurs et pour financer un voyage d’étude à
l’île Maurice. Cette demande fera l’objet d’un examen attentif dans les
semaines qui viennent. Enfin la mission s’est procuré les données les plus
récentes sur les engagements et sur les déboursements faits au titre du don
IDF.
ASSISTANCE TECHNIQUE FOP
Une mission conduite par Jean Claude Le Gay (expert international spécialiste de la fonction publique) s’est déroulée du 3 juin au 15 juillet avec pour buts principaux :
Malgré de nombreux obstacles liés à la tension survenue entre l’Union et les Iles Autonomes (en particulier Grande Comore), l’essentiel de ces objectifs a été atteint. Pour autant il convient de noter que certaines questions importantes ont été volontairement repoussées ou soumises à de plus amples délibérations, comme par exemple la définition de la future grille indiciaire ou encore le statut des agents devant travailler dans le cadre des institutions de l’Union.
Enfin, le recensement des agents de l’administration à Anjouan a fait ressortir des tendances préoccupantes. Il apparaît que :
ANNEX 1
UNION DES
COMORES - BANQUE MONDIALE
1. Une mission constituée de Monsieur SANE Ibrahima (AIEC, Expert
dieseliste, consultant Banque Mondiale) a séjournée en Union des Comores du 1er
au 17 juillet 2002 pour effectuer l’audit technique des parcs de production des
trois Iles de Grande Comore, d’Anjouan et de Mohéli.
2. La liste des personnes rencontrées figure en annexe A.
3. Les principales constatations de la mission sont détaillées
comme ci-après.
4. La centrale de Voidjou est la principale source
d’alimentation de l’Ile de la Grande Comore, dont en particulier la ville de
Moroni et le sud de l’île. La puissance de pointe appelée à partir de la
centrale de Voidjou est de 6 500 kW. L’équipement de la centrale se présente
comme suit :
|
Groupe |
Puissance (kW) |
Date mise en service |
Heures de marche |
Observations |
|
MTU1 |
1 360 |
2002 |
2 150 |
Groupe normal secours non coupable au jeu barres
21 kV |
|
MTU2 |
960 |
2002 |
2 344 |
Groupe normal secours non coupable au jeu barres
21 kV |
|
G3 |
1 600 |
1985 |
25 659 |
Révision générale prévue en Novembre-Décembre 2002 |
|
G4 |
1 800 |
1984 |
94 568 |
prévue en juin 02 avec remplacement du radiateur
D.M des pièces en date du 22/04/2002 |
|
G5 |
1
800 |
1987 |
90
270 |
Altern.
A rempl. Avec une
charge lim. 1300 kW |
|
CAT3 |
800 |
1997 |
|
Indisponible,
nécessite une révision 20 000
heures |
|
CAT3516 |
1 600 |
1993 |
2 462 |
Indisponible suite à l’incident de l’alternateur
du 02/11/2002 |
|
CAT1 |
800 |
2000 |
10 295 |
Révision des 12000 heures prévue en décembre 2002.
Ce groupe est installé en bout de réseau dans la localité de Vouvouni |
5. L’on note que les deux groupes MTU de respectivement 1 360
kW et 960 kW sont des groupes de secours qui ne peuvent pas être couplés avec
les autres groupes de la centrale sur le réseau 21 kV. Ces deux groupes
fonctionnent donc en réseau séparé, ce qui complique l’exploitation de la
centrale. Par ailleurs, le groupe CAT3516, acheté en occasion, est indisponible
depuis février 2002, à la suite de l’amorçage de son alternateur. En réalité,
avec l’indisponibilité actuelle du groupe G5, les seuls groupes disponibles
pour alimenter le réseau 21 kV sont le G3 (1 600 kW) et le G4 (1 800 kW), soit
une puissance totale disponible 3 400 kW, pour une demande de pointe de 6 500
kW, ce qui engendre un délestage tournant de la clientèle.
6. Il est prévu l’installation d’un nouveau groupe de 1 800
kW pour lequel le génie civil est prêt, le transformateur et le tableau de
commande livrés, mais dont le moteur est tombé en pleine mer lors des
opérations de déchargement.
7. Par ailleurs, sur l’île de la Grande Comore, trois (3)
microcentrales sont installées pour l’alimentation des localités de Ouzioni (1
groupe de 128 kW et 1 groupe de 120 kW), Dembeni (188 kW) et Foumbouni (2
groupes de 150 kW chacun). De ces trois microcentrales, seule celle de
Foumbouni est toujours en état de fonctionnement. La situation des
microcentrales se présente comme suit ;
|
Ville |
Groupe |
Puissance (kW) |
Année mise en service |
Heures de marche |
Observations |
|
Ouzioni |
Perkins |
128 |
|
12 000 |
nécessite révision de 12 000 h |
|
Volvo |
120 |
1985 |
32 000 |
nécessite révision de 60 000 h |
|
|
Dembeni |
DAF |
188 |
1993 |
13 000 |
nécessite révision de 12 000 h |
|
Foumbouni |
Poyaud |
150 |
1983 |
|
nécessite révision générale |
|
Poyaud |
150 |
1983 |
|
nécessite révision générale |
8. L’exploitation de la centrale de Voidjou laisse beaucoup à
désirer. Il n’existe pas d’actions d’entretien systématique et les groupes
chauffent par manque de nettoyage des radiateurs. La centrale est très sale, en
l’absence d’un nettoyage quotidien et l’on y constate des fuites d’eau, d’huile
et de gas-oil sur les groupes. L’on a l’impression que les exploitants plutôt
que d’entretenir les équipements existants, préfèrent les remplacer par du
neuf. L’on voit ainsi sur le terrain de la centrale des amoncellements
d’alternateurs, de moteurs et de radiateurs abandonnés.
9. Il n’existe pas à la centrale de Voidjou une organisation
programmée, ni du fonctionnement des groupes, ni du respect des programmes
d’entretien systématique des groupes en fonction de leur nombre de marche. Une
dizaine d’exploitants ont reçu une formation d’électromécanicien au Maroc, mais
le reste de l’effectif, formé sur place, ne dispose pas du minimum technique
indispensable à une exploitation rationnelle de la centrale.
10. L’élagage du réseau 21 kV n’est pas effectué de manière
régulière, ce qui engendre de nombreux défauts sur ce réseau, ayant des
conséquences graves sur les groupes et leurs alternateurs.
11. Dans ces conditions, la mission recommande les actions
suivantes pour la centrale de Voidjou :
i) Actions
urgentes (moins de six mois)
a) acquisition d’un lot d’outillage et de matériel,
afin de permettre aux exploitants d’effectuer la maintenance préventive et
l’entretien de la centrale comprenant :
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Item |
Coût (Euros) |
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Nettoyeur à haute pression et haute température, y
compris les produits d’entretien des systèmes de refroidissement d’eau |
5 000 |
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Outillage mécanique et électrique |
25 000 |
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Matières consommables, peinture anti-rouille,
etc.. |
30 000 |