La revue de la presse comorienne 

 Masiwa e-news

Moroni le 29 octobre 2000

 La commission tripartite chargée de rédiger l’acte fondamental, les gransd brûlés du pétrole lampant nouvellement arrivé de Dubaï , le décès de l’artiste Ahmed Ali Matsoindrourou, les griefs de l’organisation patronale et la protection de l’environnement constituent les principaux sujets traités par la presse comorienne éditée à Moroni cette semaine.

           Commission tripartite

 Al-Watwan salue le «  travail de longue haleine qui a permis de concrétiser aujourd’hui la Commission Tripartite » .

Selon l’hebdomadaire national, « nul  ne voudra rater ce rendez-vous   de l’avenir des Comores, de ce nouvel ensemble comorien » ayant cristallisé tant de passions  depuis Addis Abéba, jusqu’à Fomboni en passant par Antananarivo.

Le nouvel ensemble comorien n’a –t-il pas a été tour à tour  « rêvé et décrié,  réaffirmé  et confirmé »

Pour notre confère donc , «  l’avenir ne peut être que commun, tout en laissant les îles faire largement entendre, leur voix parce que c’est de leur développement qu’il s’agit surtout dans cet ensemble en construction. »

Ce qu’il faut maintenant prévient le journal, c’est «  surtout d’éviter les erreurs du passé » et les dangers des «  compromis de surface ».

Ce journal a publié  un compte rendu de la conférence de presse de la Coordination de salut nation proche du pouvoir axée sur ce Nouvel Ensemble en Construction.

Au cours de cette conférence depresse animée conjointement par Said Abdlalh Cheikh Soilih, le docteur Ali Affandi, mahamoud Soilih (Lamartine), il a été largement question    des acquis de l’accord Fomboni qui «   a puisé dans notre fonds culturel à savoir le dialogue direct pour régler la crise anjouanaise »

Parmi ces acquis   les responsables de la  CSN citent  notamment la libre circulation des biens et des personnes. Certes, « il existe des petits frottements entre Mutsamudu et Moroni, mais  le pas franchi à Fomboni est capital …Nous revenons de très loin » …à l’origine, ont-ils rappelé,   Anjouan voulait rien moins que de s’ériger en Etat Indépendant.

Quant aux craintes de mettre en place en douceur une  confédération d’états autonomes : « aucun constitutionnaliste ne peut confirmer cela (la confédération) à la lecture de la déclaration de Fomboni ».

Al-Watwan commente  : « les grands absents ( à la commission tripartite) seront les partis politiques de l’opposition, qui n’ont pas encore donné leur position officiel. Les organisations syndicales surtout celles représentants les opérateurs privés ont toujours répondu favorablement aux initiatives du pouvoir en place à Moroni.  Les partis politiques, malgré la vocation nationale dont certains d’entre eux se font prévaloir, auront toutes les peines du monde à contester, par la suite, des conclusions qui seront issues, de ce congrès surtout, si à Anjouan et à Mohéli aucune note discordante ne conteste les structures qui représentent les îles et les pouvoirs délibératifs que ces dernières confèrent à ce congrès ».

Quant à la situation telle qu’elle se présente à Ngazidja,  le journal déplore ce qu’il appelle  « manque de cohérence »   ayant freiné «  l’émergence d’une représentation insulaire légitime. »

 « le débat qu’on espérait fructueux, entre les partisans de la déclaration de Fomboni et ceux d’Antananarivo » risque de ne  pas avoir  lieu.

Et notre confrère de mettre en garde l’opposition des erreurs du passé .  A l’époque de Taki l’opposition ayant boycotté les débats et au référendum sur la constitution «  le pays a entériné une constitution inapplicable » dont nous continuons de payer les incohérences. « Va t-on récidiver ?

La Gazette  des Comores attire l’attention de ses lecteurs sur le fait qu’à ce jour personne n’a  pu définir quel type d’état serait ce « Nouvel ensemble comorien » pourtant les « types d’état ne sont pas nombreux pour s’y perdre ».

S’agissant des compétences exclusives à établir entre l’Etat et les îles, on s’étonne que ce projet ait pu prendre pour seule référence « la déclaration de Fomboni , fait observer La Gazette ,   or cette déclaration n’a aucune valeur juridique, si ce n’est le témoignage d’amitié entre deux hommes qui veulent entretenir des relations de bons voisinages.

La dernière livraison du journal de Allaoui Said Omar signale un report de l’ouverture des travaux de la Commission tripartie, négociée  par la récente délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie   pour tenter d’impliquer les responsables politiques  (pouvoir –opposition) à une solution rapide de la crise séparatiste.

A ce propos le journal confirme  que « M.Abbas Djoussouf et M.Assoumani Azali se sont rencontrés à la demande de la mission de L’OIF ; mais se demande si ces pourparlers aboutiront à quelque chose ».

         Pétrole

 Al-Watwan a fait un tour au marché depuis la hausse du prix du carburant et  en revient édifié  :  en effet les prix sont devenus fous. « Tout s’envole » :  la  tomate ,les tubercules…

De son côté La Gazette  tire la sonnette d’alarme sur la série d’accidents graves liés à l’utilisation du pétrole lampant nouvellement arrivé. « De nombreux cas de brûlures sont constatés. Ces accidents sont causés par les réchauds à pétrole.

 Il y a eu des morts, d’autres vont garder  des séquelles à vie »

Notre confrère tente une explication : et si le distributeur a omis par négligence de nettoyer les tuyaux ayant servi à décharger du bateau d’autres produits inflammables ?

En tout état de cause, il aurait fallu ouvrir  une enquête sur le phénomène

           A dieu le  magicien

 La Gazette  rend un dernier hommage à l’artiste disparu rappelant qu’il avait représenté notre pays aux deuxième jeux  de l’île de l’océan indien en 1985.

« Ahmed le magien était aussi un grand sportif. Membre fondateur de la célèbre équipe Bonbon Djéma (US ziliadjou) où il occupait le poste de gardien de but »

Selon ce journal, « Ahmed, aurait été victime d’un empoisonnement »  

         Conférence de presse de l’OPACO

 La Gazette  des Comores revient sur la  conférence de presse de  l’Organisation patronale tenue à Moroni le 19 octobre. Les représentants des patrons avaient alors déploré  les fréquentes coupures d’électricité, la main mise de l’Etat sur les affaires, la pression fiscale, l’absence d’appel d’offre dans l’attribution   des marchés comme celui du riz par exemple. Pour l’OPACO, le pays se transforme en une petite jungle économique

           Environnement

 Al-Watwan rapporte également que de fréquentes incendies ravagent la forêts mohéliennes et que « de plus en plus, on accuse les Anjouanais qui arrivent massivement dans l’île de transformer la forêt en tapis noir pour cultiver les tarots »

« Alors l’armée débarque, détruit toutes les plantations anarchiques, programme le reboisement par la plantation de mangroves »

Mais une semaine après, l’AND constate  que les mêmes auteurs ont récidivé.

« Le phénomène, écrit le correspondant d’Al-Watwan à Mohéli,  risque de créer un sentiment d’animosité envers les Comoriens de l’île d’Anjouan » tandis que la garnison locale de l’armée fait «   appel à la population pour mettre fin à son indifférence »

 Des mesures d’expulsion sont envisagées contre tout auteur ou complice d’acte de destruction de la forêt, rapporte encore  notre confère.

« La population pour se tourne vers dieu pour protéger le milieu. « Pas un jour ne passe sans qu’un Hitima soit lu contre ces hommes qualifiés d’assassins par les Mohéliens » écrit Fouad Mhadji.

Dans cette rubrique environnement, La Gazette  publie un article sur  le problème des déchets urbains, accusant les pouvoirs public de faillir dans l’une dans leurs  missions.

 Création de l’observatoire de l’Emigration clandestine anjouanaise (OECA)

L’Observatoire de l’Emigration Clandestine Anjouanaise (OECA) fonctionne selon ses créateurs sur le mode d'un réseau. Il est ouvert, à tous ceux, ONG, associations ou chercheurs qui sont concernés par les questions relatives à l’émigration clandestine des habitants de l’île d’Anjouan aux Comores vers l’île française voisine de Mayotte. L'OECA a été créé à l’instigation de quatre ONG : ID (Initiative Développement) - MDM (Médecins du Monde - délégation de La Réunion) - AMI (Aide Médicale Internationale) et CAP (ONG comorienne partenaire de ID à Anjouan). L’observatoire vient de publier la première lettre d’information pour sensibiliser l’opinion internationale et surtout française sur la situation préoccupante de ces hommes et femmes qui viennent à Mayotte au risque de leur vie pour vivre une « vie meilleure ».

L’adresse de l’observatoire est la suivante :

ID – 66 bd Anatole France 86.000 Poitiers – France

Tél : 33 (0) 5-49-60-89-66

Fax : 33(0)5-49-60-89-01

Mail : oeca@wanadoo.fr

Contact : Philippe Malherbe

 

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   Dernière modification : 09 novembre 2000