LES
GUERRES : 100 000 MORTS DANS LE MONDE DONT 60 000 en AFRIQUE SUB-SAHARIENNE
Les conflits
dans le monde ont fait 100.000 morts en un an. Au moins 100.000 personnes ont été tuées
au cours de conflits armés au cours des douze derniers mois, 60% d'entre elles en Afrique
sub-saharienne, selon l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres. Au cours de
cette période, ajoute l'IISS en introduction de son rapport sur l'équilibre des forces
dans le monde (Military balance 2000.2001), "les conflits et les guerres civiles ont
continué, inchangés, en Afrique, en Asie du sud-est (particulièrement en Indonésie),
en Amérique latine (principalement en Colombie) et au Proche-Orient, où le processus de
paix est en panne". Les forces
armées américaines et des pays d'Europe de l'ouest "sont débordées en raison
d'engagements dans les Balkans, en Afrique et en Asie, après une période pendant
laquelle les effectifs militaires ont été fortement réduits", poursuit l'IISS. L'institut
précise que si les dépenses militaires ont augmenté aux Etats-Unis, "elles
continuent à diminuer" dans les pays européens de l'OTAN (Grande-Bretagne
exceptée). L'IISS
"doute" aussi de la capacité des Européens de mettre sur pied "une force
de 60.000 hommes crédible et indépendante". La
multiplication des conflits à travers le monde fait que l'ONU "peine à obtenir des
troupes (ndlr: pour les opérations de maintien de la paix) de tous les pays, non
seulement des grandes puissances et ce, même lorsqu'il y a un mandat en ce sens, comme
c'est le cas pour la Sierra Leone", souligne le document. "Malgré
cela et après une diminution régulière au cours des cinq dernières années", le
nombre de soldats déployés à travers le monde pour des opérations des Nations Unies a
"considérablement augmenté en 2000", note l'IISS. Selon l'IISS,
il y a actuellement 14 opérations de maintien de la paix dans le monde, impliquant 28.900
soldats appartenant à 38 pays. Il y a un an, il y avait 9.123 soldats déployés dans des
opérations similaires. L'IISS souligne toutefois que malgré cet accroissement, les
effectifs des casques bleus sont "bien inférieurs" à ce qu'ils étaient entre
1993 et 1995, lorsqu'ils étaient de plus de 70.000. Les ventes
d'armes dans le monde ont "légèrement baissé" en 1999, selon l'IISS,
atteignant 53,4 milliards de dollars contre 58 mds de dollars en 1998. Les dépenses
militaires mondiales sont pour leur part restées globalement à leur niveau de 1998, à
environ 809 mds de dollars. Près des deux
tiers des quelque 100.000 personnes tuées entre août 1999 et août 2000 dans des
conflits armés habitaient l'Afrique sub-saharienne, selon l'Institut international
d'études stratégiques (IISS) de Londres. Dans son rapport sur l'équilibre des forces
2000.2001, l'IISS note que "les trois quarts de tous les pays de la région ont été
affectés par un conflit armé sous une forme ou sous une autre" au cours de cette
période. Les livraisons d'armes en provenance de l'intérieur et de l'extérieur du
continent ont continué au même rythme, souligne l'IISS, ajoutant toutefois que "des
efforts sont entrepris pour restreindre les fonds utilisés pour acheter des armes et un
soutien logistique, ainsi que pour payer des milices et autres armées privées". Des
efforts pour lutter contre le commerce illégal de diamants, "une importante source
de revenus pour certains groupes rebelles, particulièrement en Sierra Leone et en Angola,
ont lieu sous la houlette des gouvernements occidentaux", poursuit le rapport. Mais,
estime l'Institut, "il y a peu de chances pour que (ces mesures) aient un impact à
court terme sur le flot d'armes légères et bon marché". Les tribunaux
sur les crimes de guerre, tels que ceux établis pour le Rwanda et plus récemment la
Sierra Leone, "sont un autre moyen, non-militaire, d'influencer les responsables des
groupes armés", note l'IISS. Le rapport
observe que si les guerres ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes en
Afrique, les maladies -- en particulier le SIDA --"ont un impact encore plus
meurtrier". Quelque 6.000 personnes meurent chaque jour du SIDA en Afrique, rappelle
l'IISS. Revenant sur
les principaux conflits sur le continent ces derniers mois, l'IISS mentionne la guerre
entre l'Erythrée et l'Ethiopie, précisant qu'au plus fort des combats de mai dernier,
les deux pays avaient déployé 14 divisions chacun. En Afrique
centrale, note l'IISS, "la situation reste très instable" en République
démocratique du Congo (RDC)", ceci expliquant les "réticences compréhensibles
à déployer le personnel nécessaire" à des opérations de maintien de la paix,
"particulièrement après les pertes (enregistrées par) l'ONU en Sierra Leone".
En Angola, où
des combats opposent toujours les forces armées régulières (FAA) à celles de Jonas
Savimbi (UNITA), "environ 6.000 personnes, pour la plupart des non-combattants, ont
été tuées d'août 1999 à août 2000". L'IISS évoque aussi la situation en Sierra
Leone, où "les espoirs de paix ont été réduits à néant en mai 2000 lorsque les
rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) ont lancé leur offensive" et le coup
d'Etat militaire du général Robert Guei en Côte d'Ivoire en décembre 1999. |
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