Nous vous proposons une sélection des informations qui ont marqué cette quinzaine. Nous vous souhaitons que lannée 2000 soit lannée du renouveau et de la reconstruction dune nouvelle nation comorienne et d'un renforcement des liens de fraternité entre les populations de nos 4 îles surs.
Merci de votre aimable collaboration.
CHOLERA A ANJOUAN.
Le 12 décembre 99, notre association a publié un appel pour sensibiliser lopinion internationale sur le choléra qui touche lîle dAnjouan. Les autorités séparatistes de lîle ont réagi le 23/12/99 par le biais dun message publié sur Habari par le nouveau représentant de " lEtat dAnjouan " à La Réunion JC Vallée. Qui se rassemble s'assemble ? Ce message tendait à minimiser cette épidémie. LAUDEC considère cette prise de position dirresponsable comme par ailleurs lattitude du gouvernement putschiste de Moroni qui fait la sourde oreille face à cette épidémie qui touche une population délaissée et démunie.
Les premiers cas ont été enregistrés à Ouani où lon a recensé dix cas dans une même famille. Ensuite elle sest répandue dans dautres localités notamment dans la région de la cuvette, à Domoni et dans le Nioumakélé. A la date du 14 décembre on a recensé plus de quatre vingt cas dont dix décès. Par jour on comptabilise dix nouveau cas.
Le taux de létalité est de 10% et le taux dattaque de 0,5%. A en croire les estimations faites sur place par les médecins, ce dernier pourrait grimper à 2% si des mesures durgence ne sont pas prises.
Selon des informations sérieuses, lépidémie du choléra contrairement aux dires du porte-drapeau du séparatisme, M. Vallée, continue à faire des dégâts à Anjouan. La mobilisation doit continuer pour éradiquer ce fléau.
EXPULSION
Le Colonel Saïd Abeid en compagnie de deux chefs séparatistes, Abdallah Mohamed et Saïndou Cheick et de son garde du corps Ibrahim Bachir ont quitté le port de Mutsamudu le vendredi 17/12/99 à 22h00 Heure Locale à destination de Mayotte. Arrivés au port de Dzaoudzi, Abdallah Mohamed et Saindou Cheick possédant des laisser-passer du prétendu "Etat d'Anjouan" ont reçu une interdiction d'entrer sur le territoire de Mayotte car ne possédant pas de visa régulier. Les autres membres de la délégation séparatiste, ABEID et Ibrahim BACHIR, possédant la nationalité française ont été autorisés à entrer à Mayotte. Constatant que ses compagnons ont été refoulés, le Colonel Said Abeid a refusé de faire cavalier seul. Ils sont attendus à Anjouan aujourdhui Samedi 18 à 17h00 -heure locale-.
Cette délégation séparatiste a été convoquée par les autorités sud-africaines pour réunion de dernière chance.
Cela fait plusieurs mois depuis que l'AUDEC et plusieurs organisations de la diaspora n'ont cessé de dénoncer que Mayotte est devenue dès le début de la crise comorienne une base d'arrière-garde des séparatistes anjouannais.
Il convient de noter que cest la première fois que des chefs séparatistes sont expulsés de Mayotte. LAUDEC se réjouit de la prise de position du nouveau Préfet de Mayotte. Il sagit sans aucun doute dun échec sans précédent des séparatistes anjouanais. Cette prise de position des autorités françaises est un début de clarification de la politique française dans la crise comorienne. Concrètement, les chefs séparatistes doivent dorénavant solliciter une autorisation auprès des autorités comoriennes avant de pouvoir partir à l'extérieur. Nous demandons que cette mesure soit étendue à tous les chefs séparatistes, y compris ceux possédant la nationalité française.
L'AUDEC a déposé une requête officielle auprès de M. Lionel JOSPIN afin que les chefs séparatistes ne soient plus autorisés à se servir de l'île de Mayotte comme base de déstabilisation de l'Etat comorien.
RETOUR DES EXPULSES
" Le Président de lEtat dAnjouan et sa délégation " ont pris le même bateau que 57 autres expulsés comoriens. Ce refoulement a été qualifié de "lamentable camouflet" par les anti-séparatistes anjouanais dont quelques-uns s'étaient massés aux abords du port en eau profonde de Mutsamudu pour huer cette délégation à son arrivée aux cris de "Où est la France?". Et ce, malgré le déploiement de la redoutable Section Rapide d'Intervention (SIR), la milice créee par le Colonel ABEID. Ces anti-séparatistes qui avaient ces derniers temps adopté un profil bas depuis leur défaite, en septembre dernier, face aux hommes du Colonel Saïd Abeid, se frottent aujourd'hui les mains. "Nous avons toujours dit que ces gens-là n'étaient que des vendeurs d'illusions. Et aujourd'hui, ce refoulement est un véritable démenti pour ceux qui accusaient la France de les soutenir", s'est confié au Journal de l'île un leader anti-indépendantiste qui a requis l'anonymat.
Les dirigeants séparatistes ont trouvé un bouc émissaire, Abdallah Mohamed est intervenu sur Radio Ndzouani pour attaquer lAfrique du Sud dêtre responsable de leur expulsion. Pas un mot sur le Préfet de Mayotte qui a donné lordre de refouler ses indésirables. Lami dAbeid, -lancien directeur des RG à Mayotte aujourdhui à la retraite- na pas pu rien faire. La dernière fois quil avait osé ramener son ami avec son bateau personnel, il a eu à sexpliquer à son retour à Mayotte. Son bateau a été fouillé de fond en comble. Messieurs les séparatistes, les temps changent: c'est la fin des illusions.
PRISE DOTAGE A BAMBAO Anjouan-
En ce mois de Ramadan où la tolérance, la fraternité et l'amitié doivent primer sur la violence, il se trouve que la population anjouanaise affronte chaque jour les méfaits et les conséquence du séparatisme. Un dénommé
COLORI de BAMBAO MTSAGA soit disant chef embargo(milice pro-chamasse) a pris en otage 6 personnes de même famille(père ,mère, frère et sur...) pour se venger contre un individu qui l'avait abattu à mort à coup de matraque (jusqu'à évacuation à Mayotte). Cet individu se vengeait contre COLORI qui l'avait tiré à bout portant à l'époque où Chamasse était 1er Ministre. Il s'est réfugié à Moroni en ce moment.Personne ne sait où se trouvent les otages. Monsieur
COLORI cherche la tête de M. AHMED MAHAMOUD de BAMBAO MTSAGA ancien ministre de l'éducation nationale de Foundi ABDALLAH IBRAHIM. Les haines entre familles et villes s'accumulent de jour en jour. Décidément, le séparatisme a conduit à la division de nos îles surs mais aussi des régions, villes et familles. Quel triste bilan dans un pays qui s'est toujours distingué par sa grande tolérance!
ARRESTATION DE DEUX CADRES DE LA SOCOPOTRAM
Le mercredi 15/12/99 FAIZ PRINCE SAID IBRAHIM et SAIDALI AHMED tous deux cadres de la SOCOPOTRAM(société comorienne des ports et de transport) sont arrêtés par la tristement célèbre Section d'Intervention Rapide.
Motif: introduction des tractes anonymes dans le bureau du Directeur ( SAID ABDOU DJAHA). Ils sont accusés d'être les instigateurs dune propagande d'injures à lencontre du régime séparatiste, non pas par les autorités judiciaires mais par le directeur et le fameux IBRAHIM BACHIR cumulant les fonctions de Contrôleur Général de la boite et Conseiller du Directeur. Il s'avère que l'origine de ses accusations provient du fait que FAIZ était candidat au poste de Directeur.
PREAVIS DE GREVE
Le syndicat des enseignants a lancé un prés-avis de grève d'ici le 10/01/2000 fin des vacances de Ramadan s'ils ne perçoivent pas deux mois de salaire. Les dirigeants séparatistes ont pris lengagement de satisfaire cette revendication. Les mauvaises langues disent que le bateau ya malivo est attendu fin décembre.
TRACTS ET GRAFFITIS
Chose impensable il y a encore quelques semaines, la population de Mutsamudu s'est réveillée le 21/12/1999 avec des graffitis sur tous les murs de la capitale. Les slogans sont durs à l'encontre des dirigeants séparatistes :
" Où est la France ? " , " ABEID - ABDALLAH MOHAMED - SAINDOU CHEICK l'avenir vous jugera " , " LA FRANCE VOUS A HUMILIE A MAYOTTE " , " LES 24 QUARTIERS DE MUTSAMUDU SONT FATIGUES " , " ALLAOUI BAPOUROUKOU ET TON COMMANDO TOUT FINIRA BIENTOT " , " LES DETOURNEMENTS D'ARGENT C'EST MONNAIE COURRANTE DANS VOTRE GROUPE "........) . Ce mouvement de protestation marque le ras le bol de la population face à la politique désastreuse des séparatistes.
NOUVEAU DEPART DE LA DELEGATION SEPARATISTE
La même délégation qui a été expulsée à Mayotte a quitté Anjouan pour l' Afrique du Sud à bord d'un avion spécial immatriculé ( saouth africa air line us-force ) affrété par le gouvernement sud-africain . Le départ a été prévu le 21/12/99 à 9h00. Mais l'avion est arrivée à 12h03 et a décollé à 12h30 .
NOMMINATION DUN ASSASSIN
L'extrémiste(BAGOULAM) assassin d'ABDELMALIK jeune journaliste- ( Paix à son âme ) est nommé par décret du colonel ABEID conseiller spécial à la Présidence. Avant de partir en Afrique du Sud, ABEID a fait un clin dil à son aile extrémiste les rattachistes- qui sont en perte de vitesse après lexpulsion de Mayotte. Nous rappelons que ce sinistre individu a joué un rôle décisif lors de la guerre fratricide ayant ravagé les villes de Mutsamudu et Mirontsi en décembre 1998. L'AUDEC continue à réclamer que Ba GOULAM et tous les chefs séparatistes qui ont du sang dans la main soient arrêtés et jugés.
LIMOGEAGE
Mohamed Nafion , conseiller diplomatique dABEID , a été limogé et mis à la disposition de la fonction publique car selon Ibrahim Bachir, il aurait pris contact avec des membres de lAUDEC lors de la visite controversée dABEID à La Réunion.
Il sagit dun règlement de comptes interne au mouvement séparatiste. Aucun dirigeant de notre association na eu de contact de près ou de loin avec Mohamed Nafion. Il se trouve que Mohamed Nafion fait partie des séparatistes fatigués qui souhaitent une solution négociée à la crise actuelle. Il a été isolé par laile extrémiste du mouvement séparatiste installé à la Réunion qui se cache derrière le pseudonyme "ANJOUAN 2000" et continue à donner des directives aux chefs séparatistes qui sont sur place à Anjouan. Le bateau séparatiste est en train de chavirer: tous les éléments soupçonnés à tort ou raison d'avoir des positions modérées sont écartés sans aucune forme de procès.
AfRIQUE Sud-Comores
Le rétablissement de l'"ordre constitutionnel" aux Comores exigé à Pretoria
PRETORIA, 21 déc (AFP) - L'Organisation de l'unité africaine (OUA) et les
pays africains réunis mardi à Pretoria ont sommé la junte comorienne de
ramener "l'ordre constitutionnel" dans l'archipel.
Une dizaine de représentants des pays d'Afrique et le secrétaire général de
l'OUA Salim Ahmed Salim ont aussi exigé que l'île séparatiste d'Anjouan signe
d'ici le 1er février 2000 l'accord élaboré en avril dernier à Madagascar, a
déclaré mardi soir à l'AFP un porte-parole du ministère sud-africain des
Affaires étrangères, Danile Ngwepe.
Les pays réunis à Pretoria ont déclaré que l'accord, qui accorde davantage
d'autonomie à chacune des trois îles dans le cadre d'une fédération,
"demeurait la seule solution viable à la crise de l'archipel", a précisé M.
Ngwepe.
Si ces recommandations n'étaient pas suivies, "l'OUA et les pays de la
région envisageront d'autres moyens d'assurer la signature, l'application de
l'accord et le retour à l'ordre constitutionnel", a ajouté le porte-parole.
Ces moyens pourraient comprendre des mesures conduisant à "isoler" les
séparatistes d'Anjouan, a-t-il précisé.
La réunion, accueillie par Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre
sud-africain des Affaires étrangères, s'est déroulée en présence du secrétaire
général de l'OUA, des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso,
d'Algérie et du Togo, une troïka qui comprend les présidences passée, présente
et future de l'OUA.
Des représentants de Madagascar, de la Tanzanie, du Mozambique, du Kenya,
du Zimbabwe, des Comores et des séparatistes d'Anjouan étaient également
présents, a indiqué M. Ngwepe.
Ils ont annoncé la mise en place d'une équipe chargée de superviser
l'application de l'accord.
Les participants se sont prononcés pour une solution négociée de la crise
tenant compte des "aspirations à l'unité des habitants des îles".
L'OUA refuse de reconnaître la junte du colonel Azali Assoumani, qui s'est
auto-proclamé chef de l'Etat le 30 avril 1999.
Le dernier coup d'Etat est intervenu comme conséquence de la crise
déclenchée par la proclamation unilatérale de l'indépendance de l'île
d'Anjouan, l'une des trois îles des Comores, en août 1997.
Les pourparlers de Pretoria sont les derniers d'une série d'efforts
diplomatiques pour trouver une issue à la crise.
STATUT DE MAYOTTE
Dans un communiqué publié le 21/12/1999 par l'AFP, M. Queyranne a rappellé que, lors du sommet de la commission de l'océan Indien qui s'est au début du mois de Décembre à la Réunion, le président Chirac avait réaffirmé devant les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la commission "l'appartenance de Mayotte à la République française, et avait souhaité que la population mahoraise soit consultée sur le nouveau statut de l'île dès le début de l'année 2000".
Nous constatons avec un grand étonnement que les autorités comoriennes n'ont pas réagi face à une question centrale concernant la souveraineté de l'Etat comorien. Le silence d'Azali signifie t-il qu'il a abandonné purement et simplement la revendication constante de tous ses prédécesseurs concernant un retour de Mayotte dans l'ensemble comorien? Manifestement, le colonel qui a goûté aux délices du pouvoir est prêt à tout hypothéquer pour se maintenir à tout prix dans son fauteuil.
On assiste à une ironie de l'histoire. Après plusieurs siècles de colonisation anglaise et portugaise, HONGKONG et MACAO sont revenus à leurs mères patries respectives. Faudra attendre combien de temps pour que Mayotte rejoigne son ensemble naturel?
COMMUNIQUE ABEID
Dans un communiqué en date du 24/12/99, le colonel ABEID fait le point de son voyage-éclair en Afrique du Sud. Il ne nous apprend pas plus que la dépêche de lAFP-ci-haut. Sinon que les séparatistes ne signeront pas laccord dAntananarivo. Ca nous le savons déjà. Etait-il utile de faire le voyage pour répéter ce que Abdallah Mohamed avait déjà déclaré sur les ondes de Radio Ndzouani ?
Par contre, semble-t-il, la délégation a été surprise de la réaction de la Présidente de séance le ministre sud africain des affaires étrangères Nous citons M. ABEID :
" la Présidente de la séance a répondu que la réunion n'était pas disposée à discuter d'un document autre que l'accord d'Antananarivo et, qu'elle attendait toujours que la délégation anjouanaise se prononce sur sa signature. Elle informe la délégation que la réunion avait décidé de donner à la partie anjouanaise un délai de réflexion et que, si au 1er février 2000, aucune réaction positive n'était enregistrée, des mesures de rétorsions graduelles seraient appliquées à l'encontre d'Anjouan, en commençant par un appel à l'isolement des dirigeants anjouanais dans leurs déplacements à l'extérieur. Un groupe d'experts (militaires, économistes, politiciens, etc.) envisagerait ensuite, d'autres mesures. "
LAUDEC partage totalement cette prise de position et souhaite que la population soit épargnée par les mesures de représailles qui seront prises par l'OUA et les autorités sud-africaines.
Les chefs séparatistes ont été convoqués par les autorités sud-africaines le 21/12/1999 pour une réunion de la dernière chance. Une mise en demeure leur a été clairement signifiée de signer l'Accord d'Antanarivo avant le 1/2/2000. Nous approuvons totalement le langage de fermeté utilisé par l'OUA et les autorités sud-africaines afin de mettre un terme à la stratégie des négociations sans fin si chère aux séparatistes. Les séparatistes se retrouvent aujourd'hui le dos au mur. Ils n'ont d'autre issue que d'accepter l'Accord d'Antananarivo et de respecter l'unité et l'intégrité territoriale des Comores.
On est en droit de se poser la question suivante :
LE PREFET DE MAYOTTE A-T-IL ANTICIPE CETTE DECISION DE L'ORGANISATION PANAFRICAINE EN EXPULSANT LA DELEGATION SEPARATISTE?
DIFFICULTES POUR LES NATIFS DANJOUAN DoBTENIR UN PASSEPORT COMORIEN
Notre association a été saisie par plusieurs cas de citoyens comoriens originaires dAnjouan qui rencontrent des difficultés à Moroni pour obtenir létablissement dun passeport comorien. On connaît les tracasseries administratives dun pays aujourdhui dirigé par des putschistes. Mais on est sérieusement en droit de sinterroger si certains séparatistes grand comoriens ne cherchent pas par ce biais de continuer à humilier leurs frères des autres îles comoriens. Nous sommes très vigilants et nous disons aux putschistes en place à Moroni quils sont les premiers responsables de cette situation. Après avoir empêché les élèves anjouanais de passer le BAC, aujourdhui, on veut interdire aux citoyens comoriens originaires dAnjouan de voyager. Nous savons quAZALI a livré un passeport diplomatique à lancien président séparatiste ABDALLAH IBRAHIM qui coule des jours tranquilles en France. Azali pratique la politique des deux poids et deux mesures. Il cède à tous les caprices des chefs séparatistes mais n'hésite à montrer ses muscles face aux couches défavorisées de la population anjouanaise. Que cherchent à nous prouver les auteurs de ces décisions infâmes ? Sinon de nous prouver que le pouvoir en place à Moroni travaille pour la séparation de nos îles.
REPRESSION A ANJOUAN
Après une dispute entre ZIMAKO et IBRAHIM BACHIR à la sortie du port de Mutsamudu, celui-ci est arrêté par la fameuse Section d'Intervention Rapide . Certains jeunes sont allés dans le camp de cette milice et ont libéré par la force ZIMAKO.La nuit du jeudi vers 2h00 des coups de rafales aux kalachnikov ont été tirés une bonne partie de la nuit à Mutsamudu. Ses coups ont été tirés devant la maison dIBRAHIM BACHIR pour l'intimider. Suite à ces différents incidents, des arrestations abusives ont eu lieu le vendredi après-midi. Plusieurs jeunes ont été arrêtés et d'autres sont actuellement recherchés par la milice du Colonel ABEID. Ayant constaté ces provocations, une centaine de jeunes s'est rassemblée à 21h00 suite à un cri d'appel lancé à partir de la Mosquée de Vendredi pour réfléchir à la situation. Ils se sont mis d'accord de se retrouver le lendemain de très bon matin pour manifester pacifiquement en défilant jusqu'au camp et réclamer la libération sans conditions des leurs amis emprisonnés par la milice du pouvoir.
SITUATION SOCIALE A ANJOUAN
Economiquement Anjouan régresse de jour en jour. Le pouvoir d'achat baisse. Quelques individus s'enrichissent, mais les conditions de vie de la population ne cessent de se dégrader. Bientôt nous sommes à la veille de l'an 2000 et l'année 99 reste impayée en sa totalité. En trois ans de séparatisme 14 mois d'arriérés de salaire.
Jusqu'à ce jour( 25/12/1999), le bateau de riz n'est pas arrivé et les fonctionnaires à Anjouan ne sont toujours pas payés. C'est une situation vraiment difficile pour les familles concernées surtout dans une période de Ramadan. La gestion économique des séparatistes est pire que celle d'un simple épicier. Le gouvernement a trouvé la parade : dissoudre les syndicats qui ont lancé un appel à la grève. Le séparatisme va de paire le bafoue ment des libertés démocratiques.
DECLARATION DE LA FADH
C'est avec amertume que la Fondation Anjouanaise des Droits de l'Homme (FADH) a appris par les ondes de Radio Anjouan que les autorités ont dissout toutes les organisations syndicales.
La FADH porte à la connaissance des autorités qu'il n'est pas de leur droit de mettre en place ni de dissoudre des Organisations Non Gouvernementales ou syndicales. Cette décision est donc nulle et non avenue car c'est antidémocratique qu'une autorité abolit une organisation syndicale.
La Fondation constate en plus qu'une vague d'arrestations est mise sur pied depuis le retour de la délégation d'Anjouan de Pretoria.
Tout ceci constitue des violations flagrantes des droits et libertés fondamentaux de la personne humaine.
Tout citoyen a droit à la liberté de pensée et d'opinion notamment le droit de s'opposer à la politique des autorités en place.
Par ailleurs, la FADH informe les autorités d'Anjouan que la Fondation est une ONG reconnue internationnellement notamment par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme. Elle est en plus mandatée par le PNUD en tant que Représentant des Agences des Nations Unies aux Comores de lui tenir informé régulièrement sur la situation des Droits de l'Homme et la Démocratie à Anjouan.
A cet effet, il est du devoir de la FADH de demander aux autorités de revenir sur leurs décisions de violation des Droits de l'Homme et des libertés démocratiques.
Très haute considération.
Mutsamudu, le 25 décembre 1999
COMMUNIQUE DU GIRMA
Les Membres du GIRMA se sont réunis le 25 décembre 1999 pour examiner le Communiqué de la Réunion Ministérielle des pays de la Région et de la Troika de lOrgane Central de lOUA sur la situation aux Comores ainsi que celui de la Réunion de lOUA comprenant les Ministres et autres Représentants des pays de la Région et de la Troika de lOrgane central de lOUA et de la Délégation dAnjouan.
Considérant la Déclaration du GIRMA du 25 décembre 1999 annexée au présent Communiqué
Considérant la lettre du Président du GIRMA restée sans suite en date du 6 décembre 1999 invitant le Colonel Said ABEID à convoquer une Conférence débat qui réunirait toutes les sensibilités politiques de lîle pour une réflexion sur le dénouement de la crise.
Considérant les conclusions des deux communiqués de la Réunion de Pretoria du 21 décembre 1999.
Le GIRMA,
Félicite lOUA et les Pays de la Région des efforts inlassables quils déploient pour la recherche des voies et moyens susceptibles de dénouer la crise comorienne et de sauvegarder la stabilité politique de la Région de lOcéan Indien ;
Félicite, lOUA, les Pays de la région et lAfrique du Sud, pays coordinateur des efforts régionaux sur les Comores, de leur vigilance et de leur détermination à faire respecter et appliquer lAccord dAntananarivo par la partie anjouanaise ;
approuve les conclusions et la position des Organisations et des Pays participants à la Réunion du Pretoria du 21 décembre 1999
Sapprête à apporter son soutien indéfectible aux mesures qui seront prises par la communauté internationale pour le dénouement de la crise anjouanaise.
Mutsamudu le 25 décembre 1999
Le Président du GIRMA
LE " CHEF BLANC " nAIME PAS LES QUESTIONS
" Vous êtes journaliste ou policier ? ", lance Jean-Claude Vallée qui, il est vrai, doit se faire une idée très particulière du métier de journaliste. Lactiviste dextrême droite, accessoirement rédacteur en chef de Via, ne supportait pas que lon puisse demander au colonel Abeid qui a payé son voyage en première classe. On le verra abréger très rapidement les déclarations du leader indépendantiste pour lentraîner dans une voiture, prenant ainsi la fuite face aux questions gênantes.
Quel mépris pour lanjouanais venu expliquer sa cause ! Le " chef blanc ", trop heureux davoir réussi à caser des slogans de colonialiste nostalgique dans la folle revendication dun éventuel rattachement à la France, est un adepte du secret. Il a accompagné Saïd Abeid dans son voyage et il était attendu à Gillot par le patron de Réunion Plafond industrie, Jean-Claude Pech, peut-être lun des chefs dentreprises ayant invité le colonel.
La main-mise dune certaine extrême droite française sur le mouvement séparatiste se confirme hélas. Pour servir quels intérêts ? Là est la question auquel le colonel Abeid aura loccasion de répondre si ses gardiens et mécènes lui en donnent le droit.
F.C
Fin de citation
Le quotidien de La Réunion le 2/12/99