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Nous vous proposons une sélection des informations qui ont marqué cette quinzaine. Nous vous souhaitons que l’année 2000 soit l’année du renouveau et de la reconstruction d’une nouvelle nation comorienne et d'un renforcement des liens de fraternité entre les populations de nos 4 îles sœurs.

Merci de votre aimable collaboration.

 

CHOLERA A ANJOUAN.

Le 12 décembre 99, notre association a publié un appel pour sensibiliser l’opinion internationale sur le choléra qui touche l’île d’Anjouan. Les autorités séparatistes de l’île ont réagi le 23/12/99 par le biais d’un message publié sur Habari par le nouveau représentant de " l’Etat d’Anjouan " à La Réunion JC Vallée. Qui se rassemble s'assemble ? Ce message tendait à minimiser cette épidémie. L’AUDEC considère cette prise de position d’irresponsable comme par ailleurs l’attitude du gouvernement putschiste de Moroni qui fait la sourde oreille face à cette épidémie qui touche une population délaissée et démunie.

Les premiers cas ont été enregistrés à Ouani où l’on a recensé dix cas dans une même famille. Ensuite elle s’est répandue dans d’autres localités notamment dans la région de la cuvette, à Domoni et dans le Nioumakélé. A la date du 14 décembre on a recensé plus de quatre vingt cas dont dix décès. Par jour on comptabilise dix nouveau cas.

Le taux de létalité est de 10% et le taux d’attaque de 0,5%. A en croire les estimations faites sur place par les médecins, ce dernier pourrait grimper à 2% si des mesures d’urgence ne sont pas prises.

Selon des informations sérieuses, l’épidémie du choléra contrairement aux dires du porte-drapeau du séparatisme, M. Vallée, continue à faire des dégâts à Anjouan. La mobilisation doit continuer pour éradiquer ce fléau.

EXPULSION

Le Colonel Saïd Abeid en compagnie de deux chefs séparatistes, Abdallah Mohamed et Saïndou Cheick et de son garde du corps Ibrahim Bachir ont quitté le port de Mutsamudu le vendredi 17/12/99 à 22h00 Heure Locale à destination de Mayotte. Arrivés au port de Dzaoudzi, Abdallah Mohamed et Saindou Cheick  possédant des laisser-passer du prétendu "Etat d'Anjouan" ont reçu une interdiction d'entrer sur le territoire de Mayotte car ne possédant pas de visa régulier. Les autres membres de la délégation séparatiste, ABEID et Ibrahim BACHIR, possédant la nationalité française ont été autorisés à entrer à Mayotte. Constatant que ses compagnons ont été refoulés, le Colonel Said Abeid a refusé de faire cavalier seul. Ils sont attendus à Anjouan aujourd’hui Samedi 18 à 17h00 -heure locale-.

Cette délégation séparatiste a été convoquée par les autorités sud-africaines pour réunion de dernière chance.

Cela fait plusieurs mois depuis que l'AUDEC et plusieurs organisations de la diaspora n'ont cessé de dénoncer que Mayotte est devenue dès le début de la crise comorienne une base d'arrière-garde des séparatistes anjouannais.

Il convient de noter que c’est la première fois que des chefs séparatistes sont expulsés de Mayotte. L’AUDEC se réjouit de la prise de position du nouveau Préfet de Mayotte. Il s’agit sans aucun doute d’un échec sans précédent des séparatistes anjouanais. Cette prise de position des autorités françaises est un début de clarification de la politique française dans la crise comorienne. Concrètement, les chefs séparatistes doivent dorénavant solliciter une autorisation auprès des autorités comoriennes avant de pouvoir partir à l'extérieur.  Nous demandons que cette mesure soit étendue à tous les chefs séparatistes, y compris ceux possédant la nationalité française.

L'AUDEC a déposé une requête officielle auprès de M. Lionel JOSPIN afin que les chefs séparatistes ne soient plus autorisés à se servir de l'île de Mayotte comme base de déstabilisation de l'Etat comorien. 

RETOUR DES EXPULSES

" Le Président de l’Etat d’Anjouan et sa délégation " ont pris le même bateau que 57 autres expulsés comoriens. Ce refoulement a été qualifié de "lamentable camouflet" par les anti-séparatistes anjouanais dont quelques-uns s'étaient massés aux abords du port en eau profonde de Mutsamudu pour huer cette délégation à son arrivée aux cris de "Où est la France?". Et ce, malgré le déploiement de la redoutable Section Rapide d'Intervention (SIR), la milice créee par le Colonel ABEID. Ces anti-séparatistes qui avaient ces derniers temps adopté un profil bas depuis leur défaite, en septembre dernier, face aux hommes du Colonel Saïd Abeid, se frottent aujourd'hui les mains. "Nous avons toujours dit que ces gens-là n'étaient que des vendeurs d'illusions. Et aujourd'hui, ce refoulement est un véritable démenti pour ceux qui accusaient la France de les soutenir", s'est confié au Journal de l'île un leader anti-indépendantiste qui a requis l'anonymat.

Les dirigeants séparatistes ont trouvé un bouc émissaire, Abdallah Mohamed est intervenu sur Radio Ndzouani pour attaquer l’Afrique du Sud d’être responsable de leur expulsion. Pas un mot sur le Préfet de Mayotte qui a donné l’ordre de refouler ses indésirables. L’ami d’Abeid, -l’ancien directeur des RG à Mayotte aujourd’hui à la retraite- n’a pas pu rien faire. La dernière fois qu’il avait osé ramener son ami avec son bateau personnel, il a eu à s’expliquer à son retour à Mayotte. Son bateau a été fouillé de fond en comble. Messieurs les séparatistes, les temps changent: c'est la fin des illusions.

 

PRISE D’OTAGE A BAMBAO –Anjouan-

        En ce mois de Ramadan où la tolérance, la fraternité et l'amitié doivent primer sur la violence, il se trouve que la population anjouanaise affronte chaque jour les méfaits et les conséquence du séparatisme. Un dénommé COLORI de BAMBAO MTSAGA soit disant chef embargo(milice pro-chamasse) a pris en otage 6 personnes de même famille(père ,mère, frère et sœur...) pour se venger contre un individu qui l'avait abattu à mort à coup de matraque (jusqu'à évacuation à Mayotte). Cet individu se vengeait contre COLORI qui l'avait tiré à bout portant à l'époque où Chamasse était 1er Ministre. Il s'est réfugié à Moroni en ce moment.

         Personne ne sait où se trouvent les otages. Monsieur COLORI cherche la tête de M. AHMED MAHAMOUD de BAMBAO MTSAGA ancien ministre de l'éducation nationale de Foundi ABDALLAH IBRAHIM. Les haines entre familles et villes s'accumulent de jour en jour. Décidément, le séparatisme a conduit à la division de nos îles sœurs mais aussi des régions, villes et familles. Quel triste bilan dans un pays qui s'est toujours distingué par sa grande tolérance!

 

ARRESTATION DE DEUX CADRES DE LA SOCOPOTRAM

    Le mercredi 15/12/99 FAIZ PRINCE SAID IBRAHIM et SAIDALI AHMED tous deux cadres de la SOCOPOTRAM(société comorienne des ports et de transport) sont arrêtés par la tristement célèbre Section d'Intervention Rapide.

Motif: introduction des tractes anonymes dans le bureau du Directeur ( SAID ABDOU DJAHA). Ils sont accusés d'être les instigateurs d’une propagande d'injures à l’encontre du régime séparatiste, non pas par les autorités judiciaires mais par le directeur et le fameux IBRAHIM BACHIR cumulant les fonctions de Contrôleur Général de la boite et Conseiller du Directeur. Il s'avère que l'origine de ses accusations provient du fait que FAIZ était candidat au poste de Directeur.

 

PREAVIS DE GREVE

Le syndicat des enseignants a lancé un prés-avis de grève d'ici le 10/01/2000 fin des vacances de Ramadan s'ils ne perçoivent pas deux mois de salaire. Les dirigeants séparatistes ont pris l’engagement de satisfaire cette revendication. Les mauvaises langues disent que le bateau ya malivo est attendu fin décembre.

 

TRACTS ET GRAFFITIS

    Chose impensable il y a encore quelques semaines, la population de Mutsamudu s'est réveillée le 21/12/1999 avec des graffitis sur tous les murs de la capitale. Les slogans sont durs à l'encontre des dirigeants séparatistes :

"  Où est la France ? " ,  " ABEID - ABDALLAH MOHAMED - SAINDOU CHEICK  l'avenir vous jugera " , " LA FRANCE VOUS A HUMILIE A MAYOTTE " , " LES 24 QUARTIERS DE MUTSAMUDU SONT FATIGUES " , " ALLAOUI BAPOUROUKOU ET TON COMMANDO TOUT FINIRA BIENTOT " , " LES DETOURNEMENTS D'ARGENT C'EST MONNAIE COURRANTE DANS VOTRE GROUPE "........) . Ce mouvement de protestation marque le ras le bol de la population face à la politique désastreuse des séparatistes.

 

NOUVEAU DEPART DE LA DELEGATION SEPARATISTE

La même délégation qui a été expulsée à Mayotte  a quitté Anjouan pour l' Afrique du Sud à bord d'un avion spécial immatriculé ( saouth africa air line us-force ) affrété par le gouvernement sud-africain . Le départ a été prévu le 21/12/99 à 9h00. Mais l'avion est arrivée à 12h03 et a décollé à 12h30 .

 

NOMMINATION D’UN ASSASSIN

L'extrémiste(BAGOULAM) assassin d'ABDELMALIK – jeune journaliste- ( Paix à son âme ) est nommé par décret du colonel ABEID conseiller spécial à la Présidence. Avant de partir en Afrique du Sud, ABEID a fait un clin d’œil à son aile extrémiste – les rattachistes- qui sont en perte de vitesse après l’expulsion de Mayotte. Nous rappelons que ce sinistre individu a joué un rôle décisif lors de la guerre fratricide ayant ravagé les villes de Mutsamudu et Mirontsi en décembre 1998. L'AUDEC continue à réclamer que Ba GOULAM et tous les chefs séparatistes qui ont du sang dans la main soient arrêtés et jugés.

 

LIMOGEAGE

Mohamed Nafion , conseiller diplomatique d’ABEID , a été limogé et mis à la disposition de la fonction publique car selon Ibrahim Bachir, il aurait pris contact avec des membres de l’AUDEC lors de la visite controversée d’ABEID à La Réunion.

Il s’agit d’un règlement de comptes interne au mouvement séparatiste. Aucun dirigeant de notre association n’a eu de contact de près ou de loin avec Mohamed Nafion. Il se trouve que Mohamed Nafion fait partie des séparatistes fatigués qui souhaitent une solution négociée à la crise actuelle. Il a été isolé par l’aile extrémiste du mouvement séparatiste installé à la Réunion qui se cache derrière le pseudonyme "ANJOUAN 2000" et continue à donner des directives aux chefs séparatistes qui sont sur place à Anjouan. Le bateau séparatiste est en train de chavirer: tous les éléments soupçonnés à tort ou raison d'avoir des positions modérées sont écartés sans aucune forme de procès.

 

AfRIQUE Sud-Comores

Le rétablissement de l'"ordre constitutionnel" aux Comores exigé à Pretoria
  
PRETORIA, 21 déc (AFP) - L'Organisation de l'unité africaine (OUA) et les 
pays africains réunis mardi à Pretoria ont sommé la junte comorienne de
ramener "l'ordre constitutionnel" dans l'archipel.
   Une dizaine de représentants des pays d'Afrique et le secrétaire général de
l'OUA Salim Ahmed Salim ont aussi exigé que l'île séparatiste d'Anjouan signe
d'ici le 1er février 2000 l'accord élaboré en avril dernier à Madagascar, a
déclaré mardi soir à l'AFP un porte-parole du ministère sud-africain des
Affaires étrangères, Danile Ngwepe.
   Les pays réunis à Pretoria ont déclaré que l'accord, qui accorde davantage
d'autonomie à chacune des trois îles dans le cadre d'une fédération,
"demeurait la seule solution viable à la crise de l'archipel", a précisé M.
Ngwepe.
   Si ces recommandations n'étaient pas suivies, "l'OUA et les pays de la
région envisageront d'autres moyens d'assurer la signature, l'application de
l'accord et le retour à l'ordre constitutionnel", a ajouté le porte-parole.


   Ces moyens pourraient comprendre des mesures conduisant à "isoler" les
séparatistes d'Anjouan, a-t-il précisé.
   La réunion, accueillie par Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre
sud-africain des Affaires étrangères, s'est déroulée en présence du secrétaire
général de l'OUA, des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso,
d'Algérie et du Togo, une troïka qui comprend les présidences passée, présente
et future de l'OUA.
   Des représentants de Madagascar, de la Tanzanie, du Mozambique, du Kenya,
du Zimbabwe, des Comores et des séparatistes d'Anjouan étaient également
présents, a indiqué M. Ngwepe.
   Ils ont annoncé la mise en place d'une équipe chargée de superviser
l'application de l'accord.
   Les participants se sont prononcés pour une solution négociée de la crise
tenant compte des "aspirations à l'unité des habitants des îles".
   L'OUA refuse de reconnaître la junte du colonel Azali Assoumani, qui s'est
auto-proclamé chef de l'Etat le 30 avril 1999.
   Le dernier coup d'Etat est intervenu comme conséquence de la crise
déclenchée par la proclamation unilatérale de l'indépendance de l'île
d'Anjouan, l'une des trois îles des Comores, en août 1997.
   Les pourparlers de Pretoria sont les derniers d'une série d'efforts
diplomatiques pour trouver une issue à la crise.

 

STATUT DE MAYOTTE

Dans un communiqué publié le 21/12/1999 par l'AFP, M. Queyranne a rappellé que, lors du sommet de la commission de l'océan Indien qui s'est au début du mois de Décembre à la Réunion, le président Chirac avait réaffirmé devant les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de la commission "l'appartenance de Mayotte à la République française, et avait souhaité que la population mahoraise soit consultée sur le nouveau statut de l'île dès le début de l'année 2000".

Nous constatons avec un grand étonnement que les autorités comoriennes n'ont pas réagi face à une question centrale concernant la souveraineté de l'Etat comorien. Le silence d'Azali signifie t-il qu'il a abandonné purement et simplement la revendication constante de tous ses prédécesseurs concernant un retour de Mayotte dans l'ensemble comorien? Manifestement, le colonel qui a goûté aux délices du pouvoir est prêt à tout hypothéquer pour se maintenir à tout prix dans son fauteuil. 

On assiste à une ironie de l'histoire. Après plusieurs siècles de colonisation anglaise et portugaise, HONGKONG et MACAO sont revenus à leurs mères patries respectives. Faudra attendre combien de temps pour que Mayotte rejoigne son ensemble naturel?

COMMUNIQUE ABEID

Dans un communiqué en date du 24/12/99, le colonel ABEID fait le point de son voyage-éclair en Afrique du Sud. Il ne nous apprend pas plus que la dépêche de l’AFP-ci-haut. Sinon que les séparatistes ne signeront pas l’accord d’Antananarivo. Ca nous le savons déjà. Etait-il utile de faire le voyage pour répéter ce que Abdallah Mohamed avait déjà déclaré sur les ondes de Radio Ndzouani ?

Par contre, semble-t-il, la délégation a été surprise de la réaction de la Présidente de séance le ministre sud africain des affaires étrangères Nous citons M. ABEID :

" la Présidente de la séance a répondu que la réunion n'était pas disposée à discuter d'un document autre que l'accord d'Antananarivo et, qu'elle attendait toujours que la délégation anjouanaise se prononce sur sa signature. Elle informe la délégation que la réunion avait décidé de donner à la partie anjouanaise un délai de réflexion et que, si au 1er février 2000, aucune réaction positive n'était enregistrée, des mesures de rétorsions graduelles seraient appliquées à l'encontre d'Anjouan, en commençant par un appel à l'isolement des dirigeants anjouanais dans leurs déplacements à l'extérieur. Un groupe d'experts (militaires, économistes, politiciens, etc.) envisagerait ensuite, d'autres mesures. "

L’AUDEC partage totalement cette prise de position et souhaite que la population soit épargnée par les mesures de représailles qui seront prises par l'OUA et les autorités sud-africaines.

Les chefs séparatistes ont été convoqués par les autorités sud-africaines le 21/12/1999 pour une réunion de la dernière chance. Une mise en demeure leur a été clairement signifiée de signer l'Accord d'Antanarivo avant le 1/2/2000. Nous approuvons totalement le langage de fermeté utilisé  par l'OUA et les autorités sud-africaines afin de mettre un terme à la stratégie des négociations sans fin si chère aux séparatistes. Les séparatistes se retrouvent aujourd'hui le dos au mur. Ils n'ont d'autre issue que d'accepter l'Accord d'Antananarivo et de respecter l'unité et l'intégrité territoriale des Comores.

On est en droit de se poser la question suivante :

LE PREFET DE MAYOTTE A-T-IL ANTICIPE CETTE DECISION DE L'ORGANISATION PANAFRICAINE EN EXPULSANT LA DELEGATION SEPARATISTE?

 

DIFFICULTES POUR LES NATIFS D’ANJOUAN D’oBTENIR UN PASSEPORT COMORIEN

Notre association a été saisie par plusieurs cas de citoyens comoriens originaires d’Anjouan qui rencontrent des difficultés à Moroni pour obtenir l’établissement d’un passeport comorien. On connaît les tracasseries administratives d’un pays aujourd’hui dirigé par des putschistes. Mais on est sérieusement en droit de s’interroger si certains séparatistes grand comoriens ne cherchent pas par ce biais de continuer à humilier leurs frères des autres îles comoriens. Nous sommes très vigilants et nous disons aux putschistes en place à Moroni qu’ils sont les premiers responsables de cette situation. Après avoir empêché les élèves anjouanais de passer le BAC, aujourd’hui, on veut interdire aux citoyens comoriens originaires d’Anjouan de voyager. Nous savons qu’AZALI a livré un passeport diplomatique à l’ancien président séparatiste ABDALLAH IBRAHIM qui coule des jours tranquilles en France. Azali pratique la politique des deux poids et deux mesures. Il cède à tous les caprices des chefs séparatistes mais n'hésite à montrer ses muscles face aux couches défavorisées de la population anjouanaise. Que cherchent à nous prouver les auteurs de ces décisions infâmes ? Sinon de nous prouver que le pouvoir en place à Moroni travaille pour la séparation de nos îles. 

 

REPRESSION A ANJOUAN

Après une dispute entre ZIMAKO et IBRAHIM BACHIR à la sortie du port de Mutsamudu, celui-ci est arrêté par la fameuse Section d'Intervention Rapide . Certains jeunes sont allés dans le camp de cette milice et ont libéré par la force ZIMAKO.La nuit du jeudi vers 2h00 des coups de rafales aux kalachnikov ont été tirés une bonne  partie de la nuit à Mutsamudu. Ses coups ont été tirés devant la maison d’IBRAHIM BACHIR pour l'intimider. Suite à ces différents incidents, des arrestations abusives ont eu lieu le vendredi après-midi. Plusieurs jeunes ont été arrêtés et d'autres sont actuellement recherchés par la milice du Colonel ABEID. Ayant constaté ces provocations, une centaine de jeunes s'est  rassemblée à 21h00 suite à un cri d'appel lancé à partir de la Mosquée de Vendredi pour réfléchir à la situation. Ils se sont mis d'accord de se retrouver le lendemain de très bon matin pour manifester pacifiquement en défilant jusqu'au camp et réclamer la libération sans conditions des leurs amis emprisonnés par la milice du pouvoir. 

 

SITUATION SOCIALE A ANJOUAN

Economiquement Anjouan régresse de jour en jour. Le pouvoir d'achat baisse. Quelques individus s'enrichissent, mais les conditions de vie de la population ne cessent de se dégrader. Bientôt nous sommes à la veille de l'an 2000 et l'année 99 reste impayée en sa totalité. En trois ans de séparatisme 14 mois d'arriérés de salaire.

Jusqu'à ce jour( 25/12/1999), le bateau de riz n'est pas arrivé et les fonctionnaires à Anjouan ne sont toujours pas payés. C'est une situation vraiment difficile pour les familles concernées surtout dans une période de Ramadan. La gestion économique des séparatistes est pire que celle d'un simple épicier. Le gouvernement a trouvé la parade : dissoudre les syndicats qui ont lancé un appel à la grève. Le séparatisme va de paire le bafoue ment des libertés démocratiques.

 

DECLARATION DE LA FADH

C'est avec amertume que la Fondation Anjouanaise des Droits de l'Homme (FADH) a appris par les ondes de Radio Anjouan que les autorités ont dissout toutes les organisations syndicales.

La FADH porte à la connaissance des autorités qu'il n'est pas de leur droit de mettre en place ni de dissoudre des Organisations Non Gouvernementales ou syndicales. Cette décision est donc nulle et non avenue car c'est antidémocratique qu'une autorité abolit une organisation syndicale.

La Fondation constate en plus qu'une vague d'arrestations est mise sur pied depuis le retour de la délégation d'Anjouan de Pretoria.

Tout ceci constitue des violations flagrantes des droits et libertés fondamentaux de la personne humaine.

Tout citoyen a droit à la liberté de pensée et d'opinion notamment le droit de s'opposer à la politique des autorités en place.

Par ailleurs, la FADH informe les autorités d'Anjouan que la Fondation est une ONG reconnue internationnellement notamment par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme. Elle est en plus mandatée par le PNUD en tant que Représentant des Agences des Nations Unies aux Comores de lui tenir informé régulièrement sur la situation des Droits de l'Homme et la Démocratie à Anjouan.

A cet effet, il est du devoir de la FADH de demander aux autorités de revenir sur leurs décisions de violation des Droits de l'Homme et des libertés démocratiques.

Très haute considération.

 Mutsamudu, le 25 décembre 1999

 

 COMMUNIQUE DU GIRMA

Les Membres du GIRMA se sont réunis le 25 décembre 1999 pour examiner le Communiqué de la Réunion Ministérielle des pays de la Région et de la Troika de l’Organe Central de l’OUA sur la situation aux Comores ainsi que celui de la Réunion de l’OUA comprenant les Ministres et autres Représentants des pays de la Région et de la Troika de l’Organe central de l’OUA et de la Délégation d’Anjouan.

Considérant la Déclaration du GIRMA du 25 décembre 1999 annexée au présent Communiqué

Considérant la lettre du Président du GIRMA restée sans suite en date du 6 décembre 1999 invitant le Colonel Said ABEID à convoquer une Conférence débat qui réunirait toutes les sensibilités politiques de l’île pour une réflexion sur le dénouement de la crise.

Considérant les conclusions des deux communiqués de la Réunion de Pretoria du 21 décembre 1999.

Le GIRMA,

Félicite l’OUA et les Pays de la Région des efforts inlassables qu’ils déploient pour la recherche des voies et moyens susceptibles de dénouer la crise comorienne et de sauvegarder la stabilité politique de la Région de l’Océan Indien ;

Félicite, l’OUA, les Pays de la région et l’Afrique du Sud, pays coordinateur des efforts régionaux sur les Comores, de leur vigilance et de leur détermination à faire respecter et appliquer l’Accord d’Antananarivo par la partie anjouanaise ;

approuve les conclusions et la position des Organisations et des Pays participants à la Réunion du Pretoria du 21 décembre 1999

S’apprête à apporter son soutien indéfectible aux mesures qui seront prises par la communauté internationale pour le dénouement de la crise anjouanaise.

Mutsamudu le 25 décembre 1999

Le Président du GIRMA

 

LE " CHEF BLANC " n’AIME PAS LES QUESTIONS

" Vous êtes journaliste ou policier ? ", lance Jean-Claude Vallée qui, il est vrai, doit se faire une idée très particulière du métier de journaliste. L’activiste d’extrême droite, accessoirement rédacteur en chef de Via, ne supportait pas que l’on puisse demander au colonel Abeid qui a payé son voyage en première classe. On le verra abréger très rapidement les déclarations du leader indépendantiste pour l’entraîner dans une voiture, prenant ainsi la fuite face aux questions gênantes.

Quel mépris pour l’anjouanais venu expliquer sa cause ! Le " chef blanc ", trop heureux d’avoir réussi à caser des slogans de colonialiste nostalgique dans la folle revendication d’un éventuel rattachement à la France, est un adepte du secret. Il a accompagné Saïd Abeid dans son voyage et il était attendu à Gillot par le patron de Réunion Plafond industrie, Jean-Claude Pech, peut-être l’un des chefs d’entreprises ayant invité le colonel.

La main-mise d’une certaine extrême droite française sur le mouvement séparatiste se confirme hélas. Pour servir quels intérêts ? Là est la question auquel le colonel Abeid aura l’occasion de répondre si ses gardiens et mécènes lui en donnent le droit.

 

F.C

Fin de citation

Le quotidien de La Réunion le 2/12/99

 

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