wpe3.jpg (24214 octets)

 

EDITORIAL: L'EFFERVESCE SOCIALE A MORONI

 

La plupart des magasins et des petits commerces de Moroni étaient fermés lundi 21 février 2000 suite au mot d'ordre de grève lancé par le syndicat des commerçants qui proteste ainsi contre l'augmentation de la patente, la hausse du prix des hydrocarbures et les procédures utilisées contre les débiteurs de l'Etat.

Au cours d'un entretien avec M. Assoumany Abdou, Ministre de l'Economie, samedi 19 février à Moroni, une délégation de commerçants avait posé comme préalable à toute négociation, la suspension des mesures de saisie ordonnée par le gouvernement à l'encontre des commerçants débiteurs de l'Etat et l'arrêt des démolitions des maisons construites par des particuliers sur des terrains domaniaux. Cette grève des commerçants intervient au moment où la grève des médecins comoriens déclenchée le 24 janvier s'est durcie d'un cran la semaine dernière.

Au lieu de satisfaire les doléances des médecins, le gouvernement a décidé d’utiliser l'arme de la répression. C'est ainsi que les contrats des médecins Abdallah Islam, seul pédiatre exerçant à la grande Comore, et Dada Djoussouf ont été résiliés. Le Ministre considère que les deux médecins n'avaient pas à soutenir le mouvement de protestation de leurs jeunes collègues.

Le pouvoir putschiste a, par ailleurs, réquisitionné vendredi dernier une dizaine de médecins parmi les grévistes pour assurer le fonctionnement des structures sanitaires sous peine de poursuites pénales et de sanctions administratives.

Le bras de fer entre le gouvernement militaire et les grévistes continuent. Le syndicat des médecins (SYNAMEC) a réagi samedi dernier en adressant au Ministre de la Santé une lettre rejetant le bien fondé des sanctions prises à l'encontre des deux médecins et des réquisitions décrétées par le pouvoir. Il exige l'engagement du gouvernement à accepter un statut particulier de leur profession, la revalorisation immédiate de leurs honoraires, le relèvement de l'âge de la retraite à 65 ans et le recrutement de nouveaux médecins.

Nous appelons tous les salariés du secteur public comme celui du privé à manifester leur solidarité envers les commerçants et les médecins afin d'obliger le gouvernement à satisfaire leurs justes revendications et ouvrir ainsi une nouvelle ère de conquête des libertés démocratiques et notamment des droits syndicaux.

Le Colonel Azali doit comprendre que le droit de grève qui est internationalement reconnu fait partie des moyens d'action que les salariés disposent afin de manifester leur mécontentement et exiger l'ouverture de négociations sociales. Il doit accepter l'ouverture des négociations entre le gouvernement et des syndicats et éviter de recourir à la répression pour intimider les grévistes.

 

 

LA REDACTION

 

 

POLITIQUE

L’ACTUALITE DU JOUR : LA PRISE DE POSITION DU GIRMA.

Les membres du GIRMA se sont réunis le 14 février 2000 pour examiner le communiqué de presse N°007/2000 publié par la division de l’information de l’OUA sur la situation aux Comores.

Le GIRMA soucieux d’une solution rapide à la crise anjouanaise, se réjouit des mesures prises à l’encontre des dirigeants séparatistes, tout en espèrent que ces mesures seront applicables sur toute la région y compris l’île de Mayotte.

Le GIRMA fidèle aux principes et à l’esprit de l’accord d’Antananarivo considère que nul n’a le droit de remettre en cause les acquis notoires issus de la conférence comorienne inter-îles, de miner l’esprit de dialogue qui a su triompher de la méfiance et des haines intercommunautaires.

Aussi le GIRMA refuse de se laisser fourvoyer par les dirigeants séparatistes et des leurs manœuvres dont le seul but est de retarder l’application de l’accord d’Antananarivo compromettant ainsi toute négociation constitutionnelle sur l’union des îles Comores.

Par ailleurs le GIRMA rappelle que l’accord d’Antananarivo est l’aboutissement d’un processus d’autodétermination résultant des deux ans de privations, de frustrations, et d’attaques en tout genre.

" Plus jamais d’hégémonie d’une île sur l’autre "

L’accord d’Antananarivo qui offre l’occasion de bâtir la maison future des Comores doit être entretenu et consolidé pour le destin d’un environnement rénové dans un idéal commun de liberté, de justice, et de progrès.

Enfin le GIRMA saisit cette occasion pour réaffirmer leur gratitude et formuler leurs vœux de réussite à l’OUA, à l’Afrique du Sud en tant que pays coordonnateur des efforts régionaux, aux pays de la région, à la troïka, à la France et à l’union européenne pour leur engagement sans faille au règlement de la crise comorienne.

 

Mutsamudu le 16/2/00

Le président du GIRMA

CHARKANE Ahmed

 

ACCORD SUR L’AVENIR DE MAYOTTE

LES COMORES INDEPENDANTES DEPUIS 1975: MAYOTTE TOUJOURS SOUS ADMINISTRATION FRANCAISE.

Depuis la signature de l'accord sur l'avenir de Mayotte intervenue le 27 janvier 2000, la question de Mayotte est dans toutes les lèvres. La rédaction de COMORES INFOS a décidé de consacrer une série d'articles sur cette question brûlante dont le règlement préoccupe tous les comoriens. Nous abordons la dernière partie de notre série d'articles concernant le règlement de l'affaire de Mayotte.

Les différentes solutions concernant le règlement de l'affaire de Mayotte

Cela fait un quart de siècle depuis que Mayotte a été séparée de ses îles sœurs. On ne peut pas donc régler le problème comme un coup de baguette magique. Il faudra nécessairement prévoir un système transitoire devant permettre un retour progressif de Mayotte dans son ensemble naturel. Le débat reste donc ouvert. Nous traçons ici les principaux axes de nos propositions de règlement de ce contentieux.

Nous pensons qu’il y a une première mesure qui pourrait être prise immédiatement : abolir le visa qui a été instauré en 1993 par M. BALLADUR pour des raisons purement démagogiques et électoralistes. Au niveau de l'Union Européenne, il y a une libre circulation des personnes et des biens. Il faudrait donc qu’on instaure la même liberté au niveau des 4 îles. Pourquoi instaurer un visa dans un petit pays de 700 000 habitants? L’instauration du visa a désorganisé l’économie à Anjouan ; en effet, des paysans anjouannais allaient auparavant à Mayotte pour aller vendre leurs fruits et légumes . La fermeture des frontières constitue l’une des principales causes de l’aggravation de la crise économique à Anjouan. Elle a et continue d'entraîner par ailleurs, de nombreux drames humains ; combien de nos jeunes ont péri en tentant de rentrer clandestinement à Mayotte pour aller rendre visite à un frère, un cousin ou un ami? Il est grand temps d’arrêter cette hémorragie.

Le gouvernement français dépense inutilement de l’argent en expulsant des ressortissants comoriens qui vivent à Mayotte, donc qui se considèrent être chez eux ; les expulsés reviennent quelques jours après. Plusieurs fonctionnaires travaillant à Mayotte, y compris des gendarmes et des policiers, sont convaincus que les expulsions ne servent à rien. Il est illusoire de vouloir régler le flux migratoire par des méthodes policières. Il y a un tel brassage de la population des différentes îles qu'on ne peut pas empêcher les comoriens de se déplacer d'une île à une autre.

Sur le plan économique, certaines entreprises installées à Mayotte considèrent que le marché local est exigu. A partir du moment où nous arrivons à instaurer un code de bonne conduite, elles pourront venir investir dans les autres îles.

Il convient, par ailleurs, de renforcer les liens de coopération à tous les niveaux ( Enseignement, Economie, social, sport, etc). Le renforcement de ces relations dans tous les domaines permettra de dissiper les malentendus avec nos frères mahorais et d’instaurer des rapports de respect et de confiance mutuelle.

Jusqu’à maintenant, les différents gouvernements français ont considéré le problème de Mayotte comme une affaire franco-française. La meilleure preuve, c’est que les socialistes qui avaient pris avant 1981 des positions très fermes (Voir programme de 1981 du candidat socialiste concernant l’Afrique subsaharienne) concernant le retour de Mayotte dans l’ensemble comorien, préparent aujourd’hui un projet de statut concernant le statut de Mayotte sans la moindre consultation de la partie comorienne. Le Président François MITTERRAND, quand il était venu à Moroni en 1990 avait déclaré que la loi ayant conduit à la séparation de Mayotte des autres îles de l’archipel constitue une loi injuste. Alors, il est urgent d’entamer une procédure de réparation de cette injustice.

Nous proposons la mise en place d’une commission tripartite composée d’une délégation des autorités comoriennes, des élus et partis politiques mahorais et du gouvernement français. La mission de cette commission consisterait à définir les modalités pratiques concernant le retour progressif de Mayotte dans la mère-patrie. Pour que les séances de travail se tiennent dans un climat détendu, il serait judicieux qu’elles aient eu lieu tantôt à Moroni tantôt à Mamoudzou. Nous pouvons, à ce titre, nous inspirer des négociations engagées entre la République Populaire de Chine et la Grande Bretagne et le Portugal concernant la restitution de HONG KONG et de MACAO qui ont permis un règlement pacifique de ce conflit.

Les relations entre la France et les COMORES sont empreintes d’arrière-pensée et de méfiance justement à cause de cette affaire de Mayotte. Le règlement de cette affaire permettra d'ouvrir une nouvelle page et d’entreprendre des relations de coopération basées sur un climat de confiance.

C’est la première fois depuis 1975 qu’un débat aussi nourri est engagé au sujet de l’affaire de Mayotte car tous les comoriens sont convaincus que le règlement de cette question épineuse devrait permettre les Comores de prendre un nouvel élan. Il est grand temps de créer une dynamique permettant de clore cette déchirure, de refermer les plaies afin de construire pour les années 2000 des COMORES unies, démocratiques, solidaires et fraternelles.

 

LU DANS LA PRESSE

MAYOTTE: ENCORE DIX ANS DE STATUT QUO

" Le temps a passé, la loi de mon pays a été adoptée, ces règles constitutionnelles ont été fixées par d'autres, et je pense qu'il faut adopter une démarche concrète, pour parvenir à dépasser ce contentieux désagréable(…) JE pense que dès maintenant nous devons prendre les mesures qui permettront une communication et des échanges constants entre les îles. Mayotte et les autres, les autres et Mayotte. Qu'il n'y ait plus de barrières dressées entre tous les comoriens que vous êtes, eux et vous".

( Extrait de l'allocution du président F. MITTERRAND à Moroni, le 13 juin 1990)

Après plusieurs mois de discussions et un enchaînement de missions parisiennes effectuées sur l'île, le gouvernement français a fini par boucler le dossier mahorais, avec la signature le 27 janvier dernier d'un document intitulé "Accord sur l'avenir de Mayotte". La cérémonie s'est déroulée rue Oudinot, siège du secrétariat d'Etat chargé des départements et territoires d'outre mer (DOM-TOM).

Dans l'amitié

Un endroit bien connu par la classe politique comorienne pour avoir servi de décor, un certain mois de juin 1973, à la signature de la fameuse "Déclaration commune sur l'accès des Comores à l'indépendance" entre le ministre des Dom-Tom, Bernard Stasi, et le président du conseil du gouvernement Ahmed Abdallah.

Un texte qui avait reconnu la vocation de l'archipel à l'indépendance dans l'amitié et la coopération, et surtout réaffirmer le principe de l'unité des Comores ( le caractère global de la proclamation des résultats du référendum d'autodétermination du 22 décembre 1974, la seule consultation d'ailleurs reconnue par l'ONU et l'OUA).

Ainsi donc, la population de Mayotte sera appelée à se prononcer en juillet prochain sur le texte signé à Paris le mois dernier, un texte fixant le nouveau statut qui régira l'île pour une nouvelle période de 10 ans.

Revirement

Rappelons que deux référendums y ont été organisés en février et avril 1976, et que c'est sur la base des résultats île par île que la puissance administrante de l'archipel a cru devoir modifier l'esprit et la lettre des Accords de juin 1973, afin de tenir compte de "la volonté des mahorais de rester français" (Mayotte avait voté à 65% en faveur du Non, alors que le résultat global donnait 95% de voix favorables à l'indépendance).

Ce revirement politico-juridique des autorités françaises de l'époque a été rendu possible au travers d'une simple loi votée dans la précipitation par le parlement, à majorité de droite.

Rappelons également que le 6 décembre 1975, le Parti socialiste français par la voix du député Alain Vivien, avait introduit l'exception d'irrecevabilité du projet de loi n° 1951 relatif à l'autodétermination de Mayotte, au motif qu'il n'était pas conforme à la constitution. Un recours en annulation de cette loi, soumis une semaine plus tard au conseil constitutionnel par le groupe du PS a été rejeté.

Le journaliste Thierry Pfister du journal Le Monde écrira dans l'édition du 25 février 1976: "la consultation (organisée à Mayotte en avril, Ndlr) aura peu de signification démocratique". Dix ans plus tard, un autre journaliste n'a pas manqué d'observer que "Mayotte n'est pas un pays de vieille tradition électoraliste".

Mais le problème de Mayotte qui aurait pu trouver une solution négociée et acceptable entre la France et les comores s'est par la suite compliqué, au gré des changements de gouvernements et à cause de l'absence d'une diplomatie comorienne active. Déjà, la question figurait parmi les 110 propositions du candidat socialiste aux élections de 1981. François Mitterrand, fraîchement installé à l'Elysée crée une "Cellule Mayotte" dont font partie Guy Penne (le conseiller aux affaires africaines) et George Lemoine (Secrétaire d'Etat aux Dom-Tom). L'objectif était alors de convaincre les mahorais de voter pour leur intégration dans le giron naturel comorien.

Epineux mais pas insurmontable

Les visites à Moroni du Ministre Christian Nucci en 1984, et surtout celle du président Mitterrand en juin 1990, devaient en principe ouvrir de nouvelles perspectives dans l'intérêt des deux pays.

A commencer par l'élimination des entraves à la circulation des hommes et des biens entre les quatres îles, le rattrapage économique, un système de télécommunication unique, approvisionnement groupé du carburant, intensification des liaisons aériennes et maritimes inter-îles, etc.

Il est vrai que la France ne pouvait se payer le luxe de se faire condamner chaque année aux Nations Unies sur ce dossier, certes épineux, mais non insurmontable, aux yeux de certains hauts responsables français.

Mais l'instauration du visa en 1995, sous le gouvernement Balladur, a fait voler en éclats cet espoir.

Et voilà qu'aujourd'hui encore, la question revient dans toute sa dimension comme si, ironie de l'histoire, la vieille classe politique mahoraise oubliait qu'aussi longtemps qu'elle voudra que Mayotte "reste français pour être libre", rien n'empêchera les générations futures de l'île, d'aspirer à retrouver une identité multiséculaire qu'elles partagent avec celles des trois autres îles, et qui est faite d'histoire, de culture, de langue, une réalité qu'on se refuse à tort de reconnaître.

Le document récemment paraphé à Paris, entérine un statut de "Collectivité départementale", un nouveau concept qui fera date des législateurs français, qui ont su chaque fois trouver les mots qu'il faut pour donner aux mahorais le sentiment d'être toujours ce qu'ils sont, sans jamais obtenir le fameux "Département" qui consacrerait "l'ancrage définitif" de l'île dans la République.

Le résumé d'un paradoxe

Jean-Jack Queyranne, secrétaire français à l'Outremer, n'a pas dit autre chose en parlant de "nouvelle étape institutionnelle", car jusqu'à preuve du contraire, Mayotte doit encore à patienter, toutes les conditions n'étant pas remplies pour devenir ces "français à part entière" que clament à hu et à dia les irréductibles du MPM, repliés dans la citadelle du MDM ( Mouvement départementaliste, récemment crée par Marcel Henry et Jean-Baptiste), pour organiser la résistance.

En d'autres termes, c'est le même statut dit "évolutif", mi-figue mi-raisin, qui continuera de régir Mayotte jusqu'en 2010, le temps que la nouvelle génération devienne adulte.

Le métropolitain Yves Saless, fonctionnaire au Conseil d'Etat et auteur du livre "Mayotte, l'illusion de la France" a en tout cas bien résumé la paradoxe mahorais.

 

El-HAD SAID OMAR

La Gazette des Comores N°32 du 17 février 2000

 

AMENAGEMENT ET DEVELOPPEMENT DE MAYOTTE

L'économie se modernise

Aujourd'hui, gratter son champ ne suffit plus pour vivre à Mayotte. Ayant à faire face à un taux de chômage de 42%, l'île hippocampe s'efforce de moderniser son économie. C'est en tout cas ce que préconise le Schéma régional d'aménagement et de développement du territoire qui vient d'être rendu public.

Le Schéma régional d'aménagement et de développement du territoire (SRADT) présenté par le préfet s'intéresse au développement économique de Mayotte et dresse quelques perspectives. L'île hippocambe est en train de passer brutalement du statut d'une société traditionnelle basée sur le troc à celui d'un territoire français irrémédiablement orienté vers une logique économique de type occidental.

Cette transition qui se caractérise par une explosion démographique ne va pas sans générer un certain malaise social. Le taux de chômage à Mayotte est de 42,80%.

LE niveau de consommation et de revenus des ménages mahorais est 3,7 fois inférieur à celui des départements d'outre-mer, dont Mayotte envie le statut, et cinq fois plus faible qu'en métropole. Mais la situation est en train de changer, note le rapport préfectoral: "A titre d'exemple, le Smig a été multiplié par trois en dix ans, de plus en plus de foyers disposent de l'eau, de l'électricité, les cases en dur remplacent progressivement l'habitat traditionnel, le parc automobile a considérablement augmenté".

L'agriculture, qui occupe 16 000 ménages - sur 135 000 habitants - et 42% du territoire, conjugue la fonction vivrière et la culture de rente. Bon nombre d'agriculteurs pratiquent la "gratte" ancestrale, sur une terre défrichée par brûlis et avec un outillage sommaire 'shombo), dont le produit ne peut être que l'autosubsistance alimentaire.

Toutefois, la formation commence à porter ses fruits et de jeunes diplômés mettent en place peu à peu une activité professionnelle moderne en vue d'exporter leurs productions. Il n'empêche que les cultures de rente traditionnelles que sont l'ilang-ilang et la vanille peinent justement à trouver des acheteurs extérieurs du fait de la rude concurrence internationale.

Une flotille de pirogues à balancier

Si l'élevage bovin est embryonnaire, les élevages de poules pondeuses se sont bien développés. On estime à 50% le taux de couverture du marché par les productions locales. Ces taux atteignent 100% pour les œufs, 80% pour le poisson, 70 à 80% pour les fruits et légumes et 20% pour la viande.

La pêche fonctionne un peur sur le même mode que l'agriculture avec un aspect traditionnel, un aspect intermédiaire et une professionnalisation qui se profile, mais reste minoritaire. Les pirogues à balancier représentent 70% de la flotille mahoraise pour 20% des prises (production totale:1900 tonnes). L'aquaculture est quant à elle embryonnaire.

Hors agriculture, le "gâteau" des secteurs d'activités se partage entre, environ, la moitié pour le commerce, un quart pour le bâtiment, un cinquième pour les services et 5% pour l'industrie. "Mayotte est encore sous-bancarisée et même sous-monétarisée, insiste le SRADT. Bien que les crédits accordés à l'économie locale aient triplé en trois ans, cet état bloque quelque peu l'investissement. Dans le secteur de la distribution, les petits commerces de proximité sont menacés par la "grande distribution", c'est à dire par de petits supermarchés, notamment à Mamoudzou et en Petite Terre.

Projet d'île franche

Les perspectives économiques s'articulent autour d'une réduction de la démographie, la mise en place d'un modèle adapté de formation, l'émergence d'un tissu d'entreprises et la mise en œuvre d'un projet touristique au service du développement local. Pour l'instant, on comptabilise à peine dix possibilités d'hébergement : une centaine de chambres, une vingtaine de bungalows et quelques appartements et chambres d'hôte.

Plaidant pour une amélioration de la desserte aérienne et la maîtrise des tarifs, le STADT encourage l'investissement touristique parce qu'il induit une "diversification qui pourrait contribuer à la volonté affichée d'un développement local.

Le schéma de développement préconise aussi la mise en place d'une politique agricole valable"; "Ainsi Mayotte est elle devenue autosuffisante dans la production d'œufs.

Mais c'est en tenant à une véritable politique foncière et aux équipements adéquats comme l’irrigation "agricole" que l'on devra la future réussite de l'agriculture à Mayotte".

Cinq objectifs ont été définis: soutenir l'agriculture vivrière pour arriver à l'autosuffisance alimentaire, développer une agriculture intensive et mécanisée, améliorer les productions d'exportation, privilégier la pêche locale éventuellement avec des barrières douanières, favorise la pêche palangrière pour l'exportation.

Conscientes que l'industrie, l'artisanat, le commerce les services permettront l'émergement de nombreuses opportunités de créations d'emplois, les autorités entendent stimuler la création d'entreprises en aménageant des zones d'accueil. Il est également question d'une zone franche voire d'une île franche, pour accroître les échanges avec les pays de l'océan Indien et favoriser les investissements extérieurs.

 

Le Quotidien de la Réunion 14/2/00

A TRAVERS NOTRE REGION

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : COI – U E

La rédaction de Comores-infos a reçu ce communiqué du service de presse de la COI concernant le programme régional de l’environnement. S’agissant d’une question sensible qui touche notre région, nous inaugurons ici une page réservée à la région océan indien.

Programme Régional Environnement - Commission de l'Océan Indien -UE Atelier Régional Erosion, Pollution côtière et extraction de sable -Seychelles

 

Un atelier régional érosion, pollution côtière et extraction de sable s'est déroulé du 9 au 12 février 2000 aux Seychelles dans le cadre du Programme Régional Environnement - Commission de l'Océan Indien/Union européenne (PRE - COI/UE).

Il a été ouvert par le Secrétaire Permanent au Ministère seychellois de l'environnement et des transports, Maurice Lousteau-Lalanne, par ailleurs président de la Convention de Nairobi. Ce dernier a notamment déclaré : "ce séminaire régional du PRE - COI/U.E. est, je crois, le premier à regrouper des thèmes à priori aussi distincts. Lorsqu'on étudie de plus près, ils démontrent cependant la nécessité mais aussi l'intérêt d'une démarche globale de gestion intégrée de la zone côtière, les inter-relations existantes étant beaucoup plus fortes que l'on pourrait le croire".

Les séances de travail ont été complétées par des visites sur le terrain. Les participants à l'atelier régional ont ainsi pu se rendre compte de l'effort du gouvernement seychellois en visitant notamment les chantiers d'une station d'épuration de 40.000 équivalents/habitants, une chaîne de fabrication de compost à partir des déchets ménagers et verts et un centre d'enfouissement technique. Ils ont également pu apprécier les résultats de l'opération pilote de Grand'Anse initiée dans le cadre du PRE - COI/U.E., l'efficacité des laboratoires du Seychelles Bureau of Standards et d'une unité de concassage fabricant de la poudre de granit en remplacement du sable, et les résultats de la lutte contre d'érosion à Praslin.

Cet atelier qui réunissait des membres de chacune des coordinations nationales et des experts de GREEN Océan Indien avait été précédé de réunions nationales. Il avait pour objectif de valoriser les acquis obtenus dans chacun des pays pour les trois thèmes retenus : érosion, pollution côtière, extraction de sable. Mais surtout de procéder à des échanges d'expériences afin de déterminer la complémentarité de ces acquis et leur réplicabilité dans chacun des pays.

Les ateliers nationaux, les rapports des experts, les visites sur le terrain ont permis d'arriver à dégager des axes d'actions régionales.

Pollutions littorales.

L'atelier a constaté des disparités d'équipement au niveau des laboratoires d'analyses. Il a retenu des axes d'actions concernant :

 

Service de presse de la Commission de l'Océan Indien

  ECONOMIE

COMORES - coi : UN PAS VERS LA SUPPRESSION DES TARIFS DOUANIERS

Après Maurice et Madagascar, le gouvernement des Comores a notifié récemment au secrétaire général de la commission de l’océan indien (COI) sa décision d’abaisser de 80% les droits de douane et taxes pour les produits originaires des Etats membres, à compter de cette année 2000 et de les supprimer totalement à partir de janvier 2001.

La décision des autorités comoriennes de mettre en œuvre des initiatives majeures du cadre général d’action du programme régional d’action du programme régional intégré de développement des échanges (PRIDE) au sein des pays de la COI avait été souvent repoussée suite aux appréhensions de certains techniciens du ministère des finances et du budget et même de certains opérateurs économiques comoriens.

Dans ce pays ou le budget de l’Etat dépend encore à concurrence de 80% des recettes douanières, toute réforme susceptible de réduire celles-ci se heurte à ses résistances.

Mais l’équipe de l’inspecteur Ibrahim Mohamed Soulé, Chargé du dossier au ministère des finances, a pu mettre en avant dans sa campagne de sensibilisation, les avantages que le pays ne manquerait pas de tirer de cette initiative.

Cette initiative a-t-il dit, "  contribuera à mettre à la disposition des ménages comoriens une gamme des biens et de services d’autant moins chers qu’il sont produits à côté ".

Le même fonctionnaire mise aussi sur l’attrait éventuel que le marché de 20 millions de personnes du COI ne manquerait d’exercer sur les investisseurs potentiels.

" Ceux-ci trouveront là, une raison de poids pour venir produire dans l’océan indien en général et peut-être aux Comores en particulier ou la main d’œuvre est très bon marché " a-t-il annoncé.

A première vue, les Comores qui n’exportent que des produits agricoles familiers des autres pays de la région, ont très peu de choses à proposer dans un tel marché.

Mais, la plupart des experts estiment que l’archipel n’a pas vocation à rester perpétuellement un consommateur passif de biens et services produits à Maurice, Madagascar ou aux Seychelles.

La suppression des tarifs douaniers pourrait au contraire, susciter d’elle-même, des investissements comoriennes ou étrangers en faveur de la diversification de la production comorienne.

Le responsable du bureau du PRIDE 0 Moroni, Mme Moinahadidja Boina Bacar note que " pendant longtemps, le pays a été surprotégé dans le cocon des accords de Lomé – dossier complet sur notre prochain numéro – ce n’est pas pour autant que l’activité économique s’est dynamisée ".

" Il faut donc accepter maintenant, d’aller vers plus de libéralisation en espérant que les entreprises comoriennes s’efforceront d’être compétitives puisque de toute manière, la mondialisation est en marche ".

Il reste maintenant à combler le manque à gagner estimé à 200 millions de francs comoriens théoriquement, il est question d’élargir l’assiette fiscale, en d’autres termes, de faire contribuer ceux qui échappent jusqu’ici aux impôts.

" Des franges importantes de la population n’ont jamais payé d’impôts dans ce pays. Il en est ainsi des propriétaires fonciers féodaux, de certaines professions libérales, de quelques commerçants politiquement puissant etc " a dit Mme Monahadidja Boina Bacar.

Dans la pratique, les autorités n’ont pas résisté à la tentation, facilitée par l’absence d’un parlement, d’augmenter mécaniquement des taxes existantes. La patente, par exemple, a été doublée provoquant la colère des opérateurs économiques.

Une expertise de la Banque Mondiale a été sollicitée pour aider le pays a trouvé uns système fiscal adapté.

Mais, ce que les experts ne disent pas ouvertement et qu’ils ne craignent pas moins, ce sont les effets de l’instabilité politique.

Rappelons que le PRIDE, soutien par le fonds européen de développement (FED), se propose de favoriser "  des échanges économiques et commerciaux entre les îles de l’océan indien et avec les entreprises des pays tiers de la région, bénéficiaires directes du programme.

C’est dans cette perspective que le programme régional intégré de développement des échanges (PRIDE) entend lever les contraintes techniques et financières qui s’appliquent aux entreprises de la sous région

 

DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

DRAMATIQUE DELIQUESCENCE DES ETATS EN AFRIQUE – 2nd PARTIE -

Nous vous proposons la deuxième partie d’un important article de Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN – directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, publié dans le Monde diplomatique de février 2000. Compte tenu de la longueur de ce document, nous nous proposons de le diffuser sur plusieurs numéros.

Les coups d’Etat qui ont affecté plusieurs pays en 1999 – Niger, Sierra Léone, Comores, Côte-d’Ivoire- illustrent le difficile enracinement de la démocratie en Afrique. Pourtant, le continent noir ne souffre pas d’un déficit de culture politique. Les soubresauts des évolutions en cours depuis les conférences nationales des années 80 trouvent leur source dans la décomposition des Etats eux-mêmes, étranglés par les ajustements structurels et gouvernés par des élites en mal d’imagination réformatrice.

UNE CULTURE DE LA CORRUPTION

On n’a pas encore pris la mesure de l’hémorragie de cadres formés et compétents ( sans parler même de la fuite des cerveaux à l’étranger) que cette dérégulation – inéluctable – entraîne pour la fonction publique. Voit-on l’absurdité de tout raisonnement macro-économique qui prendrait comme base de calcul la grille officielle des salaires de l’Etat ? C’est pourtant ce que continuent à faire les économistes du Fonds monétaire international (FMI) ou des autres bailleurs de fonds. Les salaires des cadres compétents externes aux administrations se " mondialisent " et ne correspondent désormais en rien aux salaires officiels internes. Ceux qui, faute de mieux, y végètent ne se sentent plus aucune obligation vis à vis d’un employeur aussi mauvais payeur.

Certes, la productivité des services publics est très faible, et les fonctionnaires sont souvent en surnombre, en même temps que tragiquement absents sur certains fronts. Mais les politiques d’ajustement passent complètement à côté du problème lorsqu’elles préconisent une baisse significative de la masse salariale par le maintien à leur poste et à leur salaire d’une partie des agents de l’Etat et le départ volontaire ou forcé des autres.

C’est au contraire par une hausse significative des salaires des fonctionnaires, sous conditions de compétence, qu’une administration efficace sera mise sur pied.

Dans la situation actuelle, soit ceux-ci fuient le service public, soit ils s’en servent à leur profit personnel : c’est du montant dérisoire des salaires " officiels " des fonctionnaires que la corruption tire sa légitimité.

Les forme africaines de corruption caractérisées par leur visibilité et leur généralisation (en Europe la corruption est plus cachée et liée à certains secteurs d’activité). Les firmes occidentales ont elles-mêmes largement contribué au développement des phénomènes de corruption en Afrique. Certes, la " grande corruption " qui se pratique au sommet de l’Etat n’a rien à voir avec la " petite corruption " des policiers, des commis, des infirmiers, des douaniers, éminemment familière au commun des mortels.

Mais surtout, le phénomène est devenu, dans la quasi-totalité des pays africains, un élément routinier du fonctionnement des appareils administratifs ou para-administratifs, du sommet à la base. Les seuls services fiables fournis par les fonctionnaires aux usagers le sont désormais à titre privé (faveurs ou corruption). Il s’est d’ailleurs développé un savoir-faire populaire en la matière, qui est en quelque sorte indispensable à la survie en milieu post-colonial.

Aussi généralisée soit-elle, la corruption est paradoxalement stigmatisée. Les récriminations à son encontre ont un élément central de tous les discours, publics comme privés, à tous les niveaux de la société, et ont scandé toutes les étapes politiques depuis l’indépendance. Mais cette dénonciation ne débouche presque jamais sur des procédures judiciaires et des sanctions, et les épisodiques campagnes de lutte ici ou là ne sont que feux de paille. En fait, plus le phénomène se développe, plus la corruption s’installe dans les habitudes sociales, et moins il est possible de revenir en arrière. Son extension produit une sorte de " culture de la corruption " qui tend à la pérenniser. La crise est aggravée par une quête obsessionnelle de numéraire qui affecte les sociétés africaines contemporaines de haut en bas. La situation économique, en raréfiant les ressources disponibles, en est une des causes évidentes. Mais elle n’est pas la seule. L’inflation des prestations liées aux cérémonies familiales et à d’autres fêtes sociales (Noël, fête du mouton, etc.) est un véritable " problème de société ", créant une mécanique infernale que tous déplorent, mais que nul ne peut stopper (toutes ces prestations passent désormais par le biais monétaire).

Le fonctionnement clientéliste participe aussi à cette sur monétarisation : toute personne accédant à des ressources (commerçant, fonctionnaire promu ou partant en mission, responsable politique, etc.) est tenue d’en redistribuer nécessairement une partie, non seulement à sa famille élargie mais à ses dépendants divers. La démocratie électorale elle-même entre dans ce mécanisme, puisque les voix s’achètent systématiquement à travers toute l’Afrique.

De plus, les relations interpersonnelles courantes affectent en permanence une forme monétaire. Cette quête permanente de " moyens "s’explique ainsi par le contraste aigu entre la misère des salaires et la pression monétaire permanente. C’est devenu la principale activité de tout fonctionnaire susceptible de partir en mission, en colloque, en formation, et elle est à la source de nombreux dysfonctionnements des administrations. L’indemnité per diem n’est seulement un moyen privilégié d’arrondir les fins de mois. Celui qui en bénéficie doit aussi ne redistribuer une grande part.

Par ailleurs, de nombreux échanges de services dans les relations entre l’administration et les usagers interviennent à travers un système de relations personnelles particulièrement développé et exigeant. Les réseaux de sociabilité en Afrique, en particulier dans les villes, débordent largement le seul cadre de la famille, qui est pourtant fort étendu et dont les pressions et sollicitations ne se laissent guère oublier. Les relations de camaraderie, de voisinage, de " promotion ", de travail, de parti, d’église, d’association procurent à chacun un capital de relations sociales fourni, qui comporte une obligation morale d’assistance mutuelle.

Le système devient donc celui d’un " échange généralisé " de " faveurs ", qui ont la forme de " passe-droit ". Dans les administrations africaines contemporaines, l’omniprésence du " service personnel rendu " est devenue simultanément une exigence fonctionnelle ( c’est la condition d’une quelconque efficacité de toute démarche administrative) et une exigence normative (c’est le fondement de toute sociabilité). Cela vaut également pour les promotions et nominations. Dans les services de l’Etat, la faveur n’est pas simplement l’huile qui fait mieux fonctionner les rouages bureaucratiques : elle est devenue un moyen central de régulation. Interventions et pressions en tout genre expliquent aussi pourquoi les sanctions administratives sont exceptionnelles.

Les acteurs publics font en outre face à la faible capacité de l’Etat à produire des règles du jeu acceptées par tous et à les faire respecter.

Parallèlement, ils se trouvent confrontés au développement de normes "  non officielles ". Le système de règles officielles est absent ou non pertinent dans de nombreux espaces sociaux, laissant ainsi la place non à l’anomie mais à des normes " de fait ", plus ou moins concurrentes. Il en résulte une sorte de schizophrénie de beaucoup d’acteurs publics, qui naviguent entre, qui naviguent entre, d’un côté, des règles officielles non appliquées ou non applicables, mais censées au moins perte la référence dans les rapports avec l’extérieur et les " bailleurs " et, de l’autre côté, des règles officieuses, elles-mêmes diverses. De plus, les normes – officielles ou officieuses – sont largement instables, poreuses, non cristallisées. Elles permettent donc une forte marge de négociation, et cela à tous les niveaux, domestique comme villageois ou à l’échelle des rapports avec l’administration. D’où l’importance des " courtiers " et intermédiaires divers dans les sociétés africaines contemporaines.

La coexistence de règles et valeurs multiples n’est évidemment pas un phénomène uniquement africain. Mais les sociétés post coloniales du continent noir se caractérisent par une plutarilité particulièrement grande de normes. Elles sont les traces de l’histoire récente du continent : à l’immense diversité des situations précoloniales s’est surajouté le système juridique, administratif et politique à plusieurs vitesses très spécifique de la colonisation, puis un Etat postcolonial modelé pour partie sur les références occidentales soviétiques, et qui, en quarante ans, a connu successivement partis uniques, régimes militaires et conférences nationales.

Actuellement, les innombrables dysfonctionnements de l’Etat africain et de ses services sont autant de causes nouvelles de la pluralité des normes. L’incapacité de l’Etat à impulser, contrôler, prévoir, distribuer, prélever, est particulièrement flagrante au niveau local – un niveau peu connu des experts qui circulent en Afrique – et cette incapacité laisse le champ libre à d’autres modes, informels et multiples, d’organisation.

Le secteur de la santé est un des plus typiques de ce délabrement. Seuls les privilégiés ont une protection sociale et un accès à un minimum des soins de qualité (5). La très grande majorité de la population n’a accès qu’à des soins payants et de très mauvaise qualité. La corruption et le favoritisme règlent partout les relations avec les soignants. Cabinets privés et colportage illicite de médicaments prospèrent alors que le service public de santé est dans la plus profonde misère. Mais le tableau de l’enseignement, de plus en plus dégradé du primaire supérieur, n’est guère meilleur. Ni celui de la justice, discréditée par sa vénalité et sa soumission aux ordres du pouvoir. Aucune des fonctions essentielles d’un Etat n’est véritablement remplie en Afrique, aucun des services qu’un Etat doit rendre aux citoyens n’y est assuré de façon tant soit peu satisfaisante.

  1.  Lire Martine-Renée Gallois et Marc-Eric Gruenais, " Des dictateurs africains sortis des urnes ", Le Monde diplomatique, novembre 1997.
  2. Lire Chritophe Champin et Thierry Vincent, " Agence française vend président africain ", Le monde diplomatique, janvier 2000.
  3. Cette situation revoie aussi, d’un point de vue historique, à la colonisation. Mais les responsabilités anciennes de celle-ci ne sauraient plus disculper aujourd’hui les classes politiques africaines de leur propre responsabilité, qui est lourde.
  4. Propos d’un paysan burkinabé recueilli par Marie-Christine Guéneau et Bernard J. Lecomte, Sahel, les paysans dans les marigots de l’aide, L’Harmattan, Paris, 1998.
  5. Lire Martine Bulard, " Les firmes pharmaceutiques organisent l’apartheid sanitaire ", et Colette Berthoud, " Maternités à risques ", Le Monde diplomatique, janvier 2000.

 

LE COLONEL ABEID INTERPELLE PAR UN AUTRE MILITAIRE COMORIEN

La rédaction de Comores Infos a reçu un long courrier de M. Zoubert Ali, un comorien originaire d'Anjouan vivant à la Réunion. Nous publions les principaux extraits du courrier de M. Zoubert. L'auteur nous en excusera de n'avoir pas pu publier intégralement son texte.

Nous rappelons à nos lecteurs que cette rubrique est ouverte à tous les comoriens ou amis des Comores qui souhaitent défendre un point de vue sur tout sujet à caractère politique, économique, social ou culturel. Les opinions exprimées à travers cette rubrique n'engagent pas le journal. La Rédaction.

Comorien d'origine, né à Anjouan, j'ai la tristesse et la honte de vous exprimer ce que je ressens de la situation de mon pays en général et d'Anjouan en particulier.

M. Abeid, nous nous sommes connus au Centre d'Enseignement Militaire à Antsirabé. Donc, je passe pour ce qui est du militaire. M. Abeid, je vous dis tout de suite que je suis un anti-séparatiste. Voici ce que vous ignorez en matière politique; si on ne sait rien, on cherche à apprendre ou à comprendre avant de se faire ridiculiser.

Vous faites subir aux Anjouannais des bêtises inutiles sans vous rendre compte. M. Abeid, vous ignorez que tous les pays qui ont obtenu leur indépendance sont admis pour être reconnu par l'ONU et l'OUA. Le président Abdallah a demandé l'admission des Comores aussi bien à l'ONU et comme pays faisant partie de l'Afrique de l'OUA…

Toutes les décisions prises par ces organismes sont applicables par tous les pays membres. Bien que la présence de la France à Mayotte est condamnée tous les ans par l'ONU, les 3 autres îles sont indépendantes. Cette indépendance est une et indivisible. En 1997, les Anjouannais ont fait grève, c'est leur droit, mais celui qui a poussé les gens ne sait rien en matière de droit et les Anjouannais sont condamnés à la famine et à la mendicité. La situation actuelle des Comores est imputable en premier chef à M. Ahmed Abdallah et à son "Bob Denard"...

Vous accusez les Grands Comoriens sans rien comprendre et sans preuves. Ils n'ont jamais demandé que Moroni soit la capitale des Comores. La décision du transfert de la capitale de Dzaoudzi vers Moroni a été prise par le Général de Gaulle et de Saïd Mohamed Cheikh. Avant les bêtises de 1997, les postes clés de l'administration à Moroni étaient entre les mains des Anjouannais. Par vos bêtises, il y a des Anjouannais qui ont perdu 50 ans de leur vie en laissant tout à Moroni. Je tiens à vous dire M. Abeid que les Grands Comoriens à l'extérieur sont unis et solidaires, ce n'est pas le cas des Anjouannais…

Il est bien beau de faire porter le chapeau de la crise comorienne aux Grands Comoriens. Les responsables sont les deux présidents originaires d'Anjouan. M. Abeid, ce que vous faites aux Anjouannais, c'est comme au temps où vous étiez dans l'armée commandant d'une compagnie. Tu appliques ce que je dis et non ce que je fais. Depuis 1997, vous et Abdallah Ibrahim conduisent les Anjouannais sur un chemin sans espoir. Vous, vous êtes retraité, vous avez une maison en France…

En matière de loi internationale, je me permets de vous dire et ceux qui vous écoutent, y compris Dr Zaidou et M. Pompidou vous êtes nuls. Vous ignorez que la capitale des Comores reconnue par tous les pays membres de l'ONU et de l'OUA est et sera toujours Moroni. Vous ignorez que tout ce qui est destiné à Mohéli ou Anjouan à savoir courriers, mandats et autres passent obligatoirement par Moroni. L'avion qui quitte La Réunion vers l'Afrique fait escale à Mayotte et Moroni. Je vous pose une question M. Abeid: de quel droit ma sœur qui est diabétique ne peut recevoir ni mandat, ni médicament venant de La Réunion?…

Il est temps de sortir de la merde où vous avez entraîné la population d'Anjouan, de jouer le jeu et trouver une sortie honorable. Il est inadmissible que la liberté de circulation entre les îles est impossible entre les îles à cause des incompréhensions qui règnent dans la société comorienne. DR Zaidou a divisé la communauté comorienne de La Réunion. Quand il a envie d'aller semer la merde comme à la Conférence de Tana et au pesudo-référendum du 23 janvier 2000, tout lui est permis…

Vous dites n'importe quoi à l'OUA alors que c'est Ahmed Abdallah qui a signé l'admission des Comores comme membre. Dernièrement vous a déclaré à un journal réunionnais que si l'OUA ne peut pas résoudre le conflit des Comores qu'il transmette le dossier à l'ONU. Vous ignorez que les Comores sont considérées comme un pays africain; le dossier comorien relève donc du ressort de l'OUA…

Dernièrement, vous avez fait organiser un pseudo "référendum" sur les accords de Tana. Mon cher ami, vous ignorez qu'en matière de démocratie, il y a une majorité et une opposition. Comme cela a été annoncé, ça a été le référendum à l'Africaine, seule "la majorité" l’a emporté et on comprend pourquoi. Votre partisan ici à la Réunion avec tout le respect que je lui dois en sa qualité d'enseignant, peut être il est fort sur son métier, mais nul en politique. Il ose dire que c'est pour montrer au monde que c'est seul le peuple qui décide et non pas vous. Vous faîtes n'importe quoi aux Anjouannais. A Tana sur 3 îles, deux ont signé à l'exception d'une dizaine de personnes voire 15 sur 200 000 habitants à Anjouan qui font leur loi et refusent de signer les accords sur l'autonomie de chaque île. M. Pompidou qui dit n'importe quoi sans comprendre le rôle d'une île qui a son autonomie. Il ose dire qu'Anjouan veut sa défense, sa monnaie et pour moi c'est une honte pour des gens qui veulent gouverner une île sans rien comprendre. Je vous donne un exemple; les Etats Unis d'Amérique. Chaque Etat gère ses propres administrés sauf: la Défense, les Affaires Etrangères et la monnaie. La justice est entre les mains du pouvoir central. Le pouvoir central dispose d'un droit de contrôle sur les finances de chaque île…

M. Abeid, il faut que vous sachiez que depuis 1975, les Comores sont indépendantes. Par comparaison aux îles de la zone, Maurice et les Seychelles, seules les Comores vivent et sombrent dans la "merde" au lieu de s'entendre, les dirigeantes s'entretuent ou se querellent, les autorités ne travaillent que pour leurs familles. A cause d'une telle situation, les Comores sont de plus en plus isolées des manifestations régionales. IL est grand temps que vous enterriez les haches de guerre et permettre à tous les comoriens de chaque île de circuler librement…

Pour ma part, je préfère vous dire la vérité que sauf moi, tous les comoriens de la Réunion des 3 îles qui ont la nationalité française ont décidé que tôt ou tard les responsables de la crise actuelle aux Comores soient traduits dans des tribunaux français, alors à bon entendeur salut!

Il faut également que vous sachiez que si la Grande Comore, comme les autres pays francophones, se développent, c'est aussi grâce aux mandats qu'envoient les gens qui sont à l'extérieur. Il est inadmissible, voire inconcevable, que certains Anjouannais vont jusqu'à proférer des menaces de morts à d'autres…

Moi-même, sans rien, vous cacher M. Bahagoulam étant mon frère, la dernière lettre remonte en 1997. Ma femme l'a lue. Je suis menacé de mort comme si nous étions pour quelque chose…

Vous vous plaignez que la communauté internationale n'aide pas les Anjouannais, vous savez très bien qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Vous sous estimez les lois internationales et surtout la France qui maintient sa position sur l'unité et l'intégrité territoriale des Comores. La France soutient toutes les résolutions de l'OUA. Déjà le refus cde Madagascar de laisser entrer sur son territoire le bateau en provenance d’Anjouan est parfaitement légal et cela risque de continuer tant que vous persistez de vous conduire d'une façon illégale.

Je pense à ma famille de Mirontsy qui souffre sans savoir la raison. Alors, pensez qu'il est grand temps de comprendre que vos intentions ne seront jamais prises en compte des gens qui sont en train de mourir avant terme sans savoir pourquoi. Il est temps que vous respectiez les lois internationales. Il ne peut pas y avoir une loi anjouannaise. Le temps passe et les Comores perdent leur tempsau lieu de se développer comme leurs voisins. Je ne vous commande pas, mais n'oubliez pas qu'on vous demandera des comptes tôt ou tard. Que la haine entre Anjouannais cesse! Que la haine entre comoriens cesse!

Les hors la loi d'Anjouan au détriment de la population attend leur république dans l'isolement complet. Vous avez laissé passer la chance avec l'autonomie administrative de chaque île. Vous devez cesser de vous baser sur un vote qui n'a aucun sens.

SANTE

UN CAS DE CHOLERA A MAYOTTE

La direction des affaires sanitaires et sociales de Mayotte vient de lancer l'alerte après l'identification la semaine dernière d'un premier cas de choléra à Labattoir sur la Petite Terre. L'homme de 31 ans contrôlé positif au choléra et hospitalisé à Mamoudzou avait perdu l'un de ses enfants, âgé de deux ans, le dimanche 13 février. LE bébé était mort à son domicile suite à une déshydratation accompagnée de fortes diarrhées.

Ce premier cas de choléra à Mayotte serait consécutif à l'absorption provenant de l'île d'Anjouan où cette maladie est présente depuis plusieurs mois. L'environnement du malade a été traité à la javel et au crésyl tandis que ses proches se sont vu administrer de la doxycycline (antiobiotique auquel est sensible la souche de vibrion cholérique évoluant dans la région). La surveillance et l'identification de nouveaux cas de choléra est d'autant plus difficile que Mayotte est également touchée par une épidémie de diarrhée.

 

APPEL DE DETRESSE DU GIRMA CONTRE LE CHOLERA A ANJOUAN

Dans une déclaration publiée à Mutsamudu le 21 février 2000, le GIRMA, l'un des partis d'opposition à la politique du colonel Abeid à Anjouan précise que l'île d'Anjouan vit les pires moments de son histoire marquée par la propagation de l'épidémie de choléra. Pire encore, ajoute le GIRMA, cela ne semble pas tellement préoccuper nos dirigeants.

Devant de fléau qui sévit dans les quatre coins de l'île, le GIRMA a décidé de créer une section spéciale "Alerte Choléra" pour sensibiliser la population aux risques de la maladie et trouver les voies et moyens de stopper sa progression.

Les mots d'ordre lancés par ce mouvement politique dirigé par M. Charikane Ahmed sont les suivants:

"La Santé d'abord"

"Tous ensemble contre le choléra"

"Halte le choléra sévit"

"Protégeons-nous contre le choléra"

Le communiqué du GIRMA précise que "toutefois, nous constatons avec amertume l'attitude honteuse et irresponsable de nos dirigeants au lieu de prendre des mesures urgentes et appropriées pour enrayer l'épidémie, ces soi - disants responsables ont choisi de concentrer leurs efforts sur des élections communales au mépris de la santé de la population.

Pour toutes ces raisons, le GIRMA lance un appel de détresse à toutes les organisations internationales (OUA, ONU, OMS, etc) et régionales (COI, Troika, Ligue des Etats Arabes,etc) pour qu'elles viennent en aide à l'île d'Anjouan.

 

La Rédaction de Comores Infos qui a alerté la communauté internationale dès le déclenchement du choléra à Anjouan vers le 12 décembre 1999 espère vivement qu'elle répondra favorablement à l'appel de détresse du GIRMA destiné à apporter un concours rapide afin d'endiguer la progression dangereuse du choléra à Anjouan.

 

CULTURE:

 

LE PASSE TROTSKISTE DE JOSPIN A NOUVEAU EVOQUE

Un ancien conseiller de Laurent Fabius et ex-militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Denis Pingaud, affirme que Lionel Jospin "a bien été militant" de l'organisation trotskiste OCI (Organisation communiste internationaliste) "pendant au moins quelques années", dans un livre, "La gauche de la gauche" (Seuil).

"La vérité, telle qu'on peut la reconstituer à partir de sources confidentielles croisées, d'une part, et des déclarations publiques, d'autre part, est la suivante. Oui, Lionel Jospin a bien été militant à part entière de l'OCI pendant au moins quelques années comme son frère Olivier d'ailleurs, qui y a acquis de hautes responsabilités", écrit Denis Pingaud.

Selon lui, "en 1970 et 1971" Lionel Jospin "est membre d'une amic, autrement dit cellule, regroupant chercheurs du CNRS, scientifiques de l'Observatoire de Paris et universitaires". En 1971, "il est non seulement adhérent mais responsable d'un rayon, structure coordonnant les amic, sous le pseudonyme de Michel".

"Il adhère cette année-là au Parti socialiste, qui tient son congrès de réunification à Epinay. Changement d'orientation personnelle ou infiltration organisée, liée à la renaissance du PS? La deuxième hypothèse est évidemment la bonne", affirme l'auteur.

Pour Denis Pingaud, "la démarche ne peut être conçue que comme un travail politique au bénéfice du mouvement trotskiste. Enarque, diplomate, Lionel Jospin est considéré, dans une organisation qui se veut ouvrière, comme un camarade pouvant rendre des services à l'intérieur de l'appareil bourgeois".

Lionel Jospin a toujours nié avoir appartenu à l'OCI, devenue le Parti des travailleurs (PT), en affirmant qu'il y a confusion avec son frère.

"La gauche de la gauche", par Denis Pingaud - Editions du Seuil, 154 p, 49 F

MEMOIRES D'UN AUTRE PAR Jean SERISE

Jean Sérisé qui est un ancien Directeur de la Comptabilité Publique nous invite à un voyage dans l'univers des connaissances humaines, dans leur diversité.

Se démarquant des spécialistes, l'auteur s'identifie à "l'honnête homme", soucieux de comprendre. Mais sous cette apparence toute littéraire, c'est en parfait connaisseur qu'il nous entretient, avec une égale aisance - et une égale dilection, sinon délectation -, des sciences "dures" (celles de la nature) et des sciences "douces" ( celles de l'homme en tant qu'être social ).

La physique, pour laquelle l'auteur avoue un certain penchant, occupe une place de choix. Au travers d'explications savantes, on fait des découvertes insolites, du moins pour les moins cultivés! La lumière ne se propage pas en ligne droite (la ligne droite n'existe pas en physique); le mètre étalon conservé au pavillon de Breteuil à Sèvres, ne mesure pas un mètre! Nous sommes avertis: "nos conceptions de temps, des distances, des masses doivent être revues". Sans doute n'éluciderons-nous jamais, faute d'information, les "vastes inconnues des domaines extrêmes du très, très grand et du très, très petit".

En revanche, la matière vivante qu'étudie le biologiste, aussi complexe soit-elle, n'apparaît pas hors de portée de nos instruments d'observation. Les notions d'inné et d'acquis, inexactes dans l'approximation de la conception courante, font l'objet d'un "codicille" correcteur.

Bien utile la philosophie! "discipline nécessaire à la formation des esprits", au classement des idées, à la recherche de la "vérité", parfois dédaignée par les scientifiques qui, pourtant, devraient être dotés d'un "minimum philosophique".

Mais c'est aux sciences sociales, plus proches des préoccupations immédiates de nos contemporains, que sont consacrés les plus longs développements. CE sont aussi ceux qui sollicitent le plus notre réflexion d'homme et de citoyen.

L'économiste de métier nous livre des analyses mettant en évidence l'étroitesse des marges de manœuvre des gouvernants.

Faut-il voir là la raison de la vacuité du discours politique, que savent habilement combler les marchands d'espérance".

La démocratie représentative fait l'objet d'une analyse magistrale de la relation "peuple-pouvoir" susceptible de déconcerter l'électeur candide. ON y relève - illusion du suffrage universel - que la réalité du pouvoir appartient à ceux ("non élus" pour la plupart) qui possèdent le savoir.

Mais l'auteur ne s'en tient pas à l'effet démystificateur de son argumentation. S'il se résigne aux déséquilibres du modèle démocratique - préférable à tous égards aux mécanismes des régimes totalitaires dont une genèse impressionnante nous est présentée -, en revanche il préconise le développement d'un contrôle interne dans certaines activités dotées de pouvoirs non maîtrisés ou non équilibrés (éducation, justice, médias, etc.).

Le livre de Jean Sérisé s'achève par une réflexion quasi philosophique au sein des multiples débats de société actuels, où se mêlent morale, éducation, Dieu, individualisme, liberté individuelle.

Témoin d'un siècle qui aura connu un enrichissement considérable des connaissances, accompagné d'une transformation profonde des conditions de vie des hommes - du moins pour la moitié de la planète -, mais marqué aussi par des tragédies humanitaires dépassement l'entendement, Jean Sérisé, attentif à l'évolution des idées et analyste sagace des phénomènes de sociétés, a réuni dans cet ouvrage le fruit d'observations et de réflexions d'une vie accomplie.

Le sentiment y a aussi sa part, témoin la nostalgie qui se dégage de l'évocation de la France de son enfance.

Cet ouvrage, outre sa vertu pédagogique, est d'une lecture facile, même dans les quelques passages un peu arides de la partie scientifique. De plus, le récit est emprunt d'un humour qui ajoute à l'agrément de cette lecture.

Editions de Fallois Paris 375 pages 125F.

  NOS BREVES

Le Pen a déposé une requête contre la France

Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a déposé une requête contre la France pour "procès inéquitable" auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme

M. Le Pen, qui se réfère à l'article 6.1 de la Convention européenne des droits de l'Homme (droit à un procès équitable), se plaint de la requalification des faits au cours de la procédure qui lui a valu une condamnation à un an d'inéligibilité.

Cette peine avait été prononcée par la Cour d'appel de Versailles, en 1998. Le président du FN, dont le pourvoi avait été rejeté en novembre par la Cour de cassation, était poursuivi pour avoir bousculé Annette Peulvast-Bergeal, la candidate socialiste, lors d'incidents qui ont émaillé, le 30 mai 1997, sa visite à Mantes-la-Jolie, où Marie-Caroline Le Pen était candidate aux élections législatives.

M. Le Pen conteste le fait que la Cour d'appel ait requalifié les faits de "violences en réunion" en "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions".

 

La visite de Jean Jack Queyranne à Madagascar

Le secrétaire français chargé des DOM-TOM, Jean-Jack Queyranne a effectué un séjour de 3 jours à Madagascar après avoir séjourné à Mayotte et à la Réunion. Il a été reçu pendant une heure par le Président Ratsiraka. Le ministre français a expliqué au président malgache les intentions du gouvernement français concernant la future loi d'orientation concernant les DOM. Elle prévoit d'octroyer une plus grande autonomie aux départements français d'établir des relations avec les pays voisins. C'est ainsi que la Réunion pourra conclure des accords économiques avec les pays de la zone sans être obligée de passer par Paris comme c'est le cas actuellement. M. Queranne a ensuite évoqué le futur statut de collectivité départementale que la France va octroyer à Mayotte suite à l'organisation d'un prochain référendum qui aura lieu d'ici le mois de juillet 2000. s'agissant du dossier de Mayotte, M. Ratsiraka a écouté les projets du gouvernement français sans faire de commentaires.

Nous rappelons que Madagascar a toujours soutenu la revendication des Comores concernant un retour de Mayotte en son sein. Mais le silence gardé par le gouvernement d'Azali sur une question aussi majeure concernant la souveraineté de l'Etat comorien ne risque-t-il pas d'effriter le soutien des pays de la zone envers la légitime revendication des Comores concernant un retour de Mayotte dans son ensemble naturel?

 

L'accord pour Mayotte au Conseil des Ministres

Comme annoncé lors de son passage à Mayotte, le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Jean-Jack Queranne a présenté le 23 février 2000 en conseil des ministres le projet de loi organisant une consultation de la population de cette île comorienne d'ici le 31 juillet 2000. Les électeurs devront répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante: "Approuvez-vous l'accord sur l'avenir de Mayotte signé à Paris le 27 janvier 2000?"

La campagne électorale est officiellement ouverte.

Au moment où la préparation du prochain référendum vient de connaître une nouvelle étape décisive, les autorités comoriennes continuent toujours à garder un mutisme total.

Face à la démission totale du gouvernement d'Azali, Il est grand temps que la classe politique comorienne sort de son silence et exprime ses positions sur une question qui va conditionner l'avenir des Comores pour de nombreuses années.

Un vol direct Paris / Mayotte ?

Au cours de son récent séjour effectué à Mayotte, Jean-Jack Queyranne avait plaidé pour un vol direct Paris/ Mayotte. Il avait critiqué la compagnie d'Air France l'accusant de bloquer un projet de sa filiale Air Austral. Le secrétaire d'Etat chargé des DOM-TOM avait rappelé qu'Air Austral avait depuis longtemps un projet de liaison Paris-Djibouti-Mayotte. Ce projet n'avait pas pu voir le jour, selon lui, parce qu'il pouvait heurter les intérêts de son actionnaire, Air France.

En visite à la Réunion, le patron de la compagnie Air France a démenti les affirmations du ministre. "Il n'y a pas de blocage de la part d'Air France" insiste Jean-Cyril Spinetta. Il estime qu'il est "faux de dire que les habitants de Mayotte n'ont pas de solution pour se rendre en Europe ou en France." Le PDG d'Air France estime qu'une telle ligne - non pas directe mais avec une escale, sans doute à Djibouti- n'offrirait pas forcément un tarif plus attractif. Tout en comprenant les désagréments causés aux voyageurs en provenance de Mayotte dus aux nombreuses heures d'attende perdues lors de l'escale de la Réunion, le PDG d'Air France met en avant la rentabilité d'une telle liaison.

Si un vol direct Paris/Mayotte se met en place, il y a de fortes chances qu'il soit assuré par Air Austral et non pas par Air France. A moins que le patron d'Air France ne change d'avis.

Madagascar endeuillé par le passage du cyclone Eline

Le cyclone Eline qui a traversé la Réunion sans commettre de dégâts importants a continué son parcours vers la Grande Ile. Il a commis des dégâts importants. Selon les services de la météo malgache, des rafales de 250km/h ont été enregistrées à Manhanoro. Les habitants de Tananarive ne se souviennent pas avoir déjà vécu un phénomène climatique aussi violent. De nombreuses régions ont été inondées. Beaucoup de routes ont été coupées. Des ponts ont été emportés. Des cultures ont été ravagées. Le bilan des pertes humaines est très lourd: on dénombre 27 morts.

La rédaction de Comores Infos présente au Président Ratsiraka et aux autorités malgaches sa profonde tristesse et tient à manifester sa sincère solidarité envers le peuple frère de Madagascar.

Le chanteur comorien Maalesh passé à tabac par la police à Moroni

Selon nos confrères de la Gazette des Comores, le chanteur comorien Maalesh alias Ottman Elyas a été sérieusement passé à tabac le 10 février 2000 dans les locaux du commissariat de police de Moroni. Nous rappelons que cet artiste comorien avait reçu la lauréat 1995 des Découvertes RFI. Al'origine de la mésaventure de Maalesh, celui-ci était allé prendre des nouvelles de son percussionniste Cha Cha Man impliqué, selon la police, dans une affaire de vol de micro. Sur place, Maalesh trouve son compagnon enchaîné dans une cellule. Le chanteur reconnaît volontiers avoir lui-même élevé la voix pour protester contre cette situation. C'est alors qu'un policier, après avoir traité l'artiste de tous les noms, dont celui de mshendzi (sauvage) et de drogué, aurait, selon Maalesh, ordonné à de jeunes recrues de mettre l'auteur de Haki (Justice) en cellule et de le passer à tabac. Ce n'est pas la première fois que des cas de violations et tortures ont été commises par des forces de l'ordre à Moroni.

La rédaction de Comores Info dénonce ces graves atteintes aux droits de l'homme et appelle une nouvelle fois le pouvoir putschiste d'Azali à respecter les droits fondamentaux des citoyens.

Rupture de carburant à Anjouan

Dans notre dernière édition, nous avons évoqué les conditions difficiles de la population anjouanaise qui manque de tout. Le pétrolier qui était attendu la semaine dernière n’est pas encore arrivé.

Les habitants sont très préoccupés et les autorités séparatistes viennent d’annoncer l'arrivée du bateau pour le 10/3/00. D’ici là le peu de gazole qui reste pour faire marcher les groupes de la Compagnie d'Electricité sera en rupture de stock. Cette situation est d’autant plus grave que le choléra continue à faire des ravages.

Mesures de représailles contre certains pèlerins anjouanais

Les putschistes de Moroni incapables de résoudre la crise politique comorienne s’empennent à une vingtaine de citoyens comoriens originaires d’Anjouan de prendre l’avion pour la Mecque en retenant leurs passeports . C’est le ministre Soimadou qui a pris cette décision injustifiable et injustifié. Interpellé par une délégation de pèlerins, le Premier ministre comorien a déclaré ne pas être au courant. Azali devrait se méfier de son ministre de l’intérieur qui faisait partie du cabinet de feu Président Taki à l’époque du débarquement avorté à Anjouan. Il est grand que les putschistes de Moroni s’occupent par exemple d’une question importante : le rétablissement de l’ordre public à Anjouan. Mais ça les militaires d’Azali se dégonflent et déclarent forfait.

Le retour de Bob Denard aux Comores?

Radio France Internationale a évoqué le 23 février 2000 d'une éventuelle arrivée de BOB DENARD à Moroni. Incroyable mais vrai comme dirait l'autre. Si le gouvernement d'Azali autorise ce mercenaire de triste renom à entrer sur le territoire comorien, ce serait une décision honteuse et impardonnable. Cela porterait un nouveau coup à la crédibilité de l'Etat comorien.

Ce probable retour a suscité de nombreux commentaires à Anjouan. Après avoir gardé au début le silence, les séparatistes anjouannais se sont ensuite regroupés et ont déclaré à qui veut encore les croire que ce retour du chef des mercenaires c'est encore un jeu de la France, leur père protecteur.

De nouvelles liaisons aériennes entre les Comores et l'étranger  

La compagnie SUDAN AIRWAYS vient d'inaugurer lundi 14/02/200 un vol hebdomadaire Moroni-Paris  via Khartoum (avec débarquement des passagers et autres possibilités de correspondances vers l'Europe, le Golfe, le Moyen Orient et l'Afrique de l'Ouest). Le vol aura lieu tous les lundi à l'aube. Par ailleurs la compagnie Tanzania Airways Corporation vient de publier aux Comores un programme de 4 vols hebdomadaires Dar-Es-Salam/Moroni/Dar-Es-Salam à compter du 27 mars 2000. Les vols auront lieu les Lundi, Mardi, Jeudi et Vandredi. Ces vols offrent des possibilités de correspondances pour l'Afrique Australe, L'Afrique Centrale, l'île Maurice, Les Seychelles et les Emirats Arabes Unies (Dubaï).

 

 

SI VOUS VOULEZ RECEVOIR L’INTEGRALITE DE VOTRE JOURNAL AZBONNEZ-VOUS A COMORES-INFOS

E-MAIL: Comores-infos@Wanadoo.fr

1 AN POUR 250 FF

Envoyez-nous un mail – Merci de nous faire confiance et bonne lecture.

archives