EDITORIAL: EVITONS A TOUT PRIX LA SOMALISATION DE LA CRISE COMORIENNE

 M. Abdou Zakaria, l'un des principaux chefs de l'opposition au pouvoir séparatiste, a été arrêté dès son arrivée à Anjouan. Quel crime a t-il commis? Rien. Il venait d'effectuer un séjour privé dans l'île sœur de la Grande Comore. Qui a donné l'ordre de l'arrêter? Il semblerait que ça ne soit pas le colonel Abeid. Un juge d'instruction? Absolument pas. La décision a été prise par l'un des chefs de milice qui contrôle le port. Il a été retenu à la gendarmerie pendant une bonne partie de la journée. Il a fallu que sa femme monte à la gendarmerie pour aller protester vigoureusement pour que cette figure emblématique de l'opposition soit libéré. Cet exemple suffit à lui seul pour démontrer le climat d'anarchie qui règne actuellement à Anjouan. Qui décide de quoi? Aucun chef séparatiste n'est capable d'apporter une réponse claire et cohérente.

Ces arrestations arbitraires sont devenues monnaie courante à Anjouan.

Le colonel Abeid ne contrôle plus rien. Recevant une délégation composée de 40 jeunes de Mutsamudu venus lui proposer des mesures pour combattre l'ampleur de la corruption ( Cf notre document consacré à la mobilisation de la société civile contre le développement de la corruption à Anjouan), il leur a répondu qu’il donne des directives mais personne n'en tient compte. Quel terrible aveu d'impuissance! Il continue de croire naïvement qu'il est le « président de l’Etat d'Anjouan ». Un Etat imaginaire, nous ne cesserons jamais de le rappeler, qui n’a aucune existence juridique  car il n'a pas été reconnu par aucun pays du monde. Son autorité est sérieusement contestée à Mutsamudu où une nette majorité de la population exige la signature de l'Accord d'Antananarivo pour sortir du chaos actuel. Le rôle du colonel Abeid se réduit à celui d'un simple chef de milice, la fameuse SIR qui mène une répression impitoyable à l'égard de tous les opposants de la politique des séparatistes.

Plus grave encore, la politique aberrante des séparatistes aboutit à une dislocation progressive de l'île d'Anjouan. Après avoir détaché momentanément par la force l'île d'Anjouan de son ensemble naturel, les chefs séparatistes sont en train de se partager l'île en plusieurs zones. "Incroyable mais vrai" pour reprendre cette expression célèbre. C'est ainsi que M. Chamasse Said Omar, le chef séparatiste qui continue son combat perdu et rétrograde de recolonisation de l'île, a déclaré récemment aux habitants de Nioumakélé. Nous le citons textuellement : " Abeid ne doit plus venir ici prêcher car ici c'est ma zone. Sa zone c'est Mutsamudu-Pomoni".  Le colonel Abeid n'a publié aucun communiqué pour démentir ces propos extrêmement dangereux de son ami et néanmoins rival Chamasse. Comme dit l'adage populaire "Qui ne dit rien, consent". Le silence d'Abeid prouve que les deux chefs séparatistes se sont convenus explicitement ou implicitement de couper l'île d'Anjouan en 2 zones. Si le règne du séparatisme continue, le découpage pourrait s'amplifier. Pourquoi pas 3, 4 zones voire plus?

La situation qui prévaut dans cette île comorienne demeure très tendue. Le colonel Abeid avait envisagé d'aller faire la prière du Vendredi 3 mars 2000 dans la ville de Pomoni. Les habitants de cette localité ont envoyé un émissaire pour persuader le colonel d'annuler ce voyage compte tenu du lourd climat qui règne dans cette région depuis qu'elle a été sérieusement touchée par la campagne de répression qui a été déclenchée par le pouvoir séparatiste à l'encontre des opposants. Malgré le refus de la population qui lui a été signifié par un émissaire de ne pas se rendre dans cette localité, le colonel Said Abeid a pris la route pour Pomoni avec sa section SIR armée jusqu'aux dents avec deux 4X4 bourrées d'armes, des lances roquettes et mortiers . Il a fallu que le colonel mobilise toute cette armada militaire pour pouvoir imposer sa présence lors de la prière de Vendredi. Jusqu'en juillet 1997, date du déclenchement du coup de force des séparatistes, tout comorien avait la possibilité de faire la prière dans n'importe quelle mosquée de son choix sans avoir recours à s'imposer par la force des armes. C'est un exemple concret qui montre que si les chefs séparatistes arrivent encore à se maintenir au pouvoir, c'est grâce à la  terreur exercée par leurs milices.

Si rien n'est fait rapidement pour mettre un terme à cette prise d'otages qui a trop duré, l'île d'Anjouan risque de sombrer dans un chaos total comme cela est arrivé malheureusement en Somalie. Pour éviter la somalisation de la crise comorienne, tous les regards restent tournés vers l'OUA. L'OUA avait fixé au 1er février 2000 la date limite pour la signature de l'Accord d'Antananarivo. Non seulement, les chefs séparatistes n'ont pas respecté cette exigence, mais ils ont continué à défier l'organisation panafricaine en programmant des élections municipales pour le 26 mars 2000. Une mascarade électorale de plus. Il est bien évident qu'aucune campagne électorale n’a lieu en ce moment à Anjouan. Il s'agit d'une nouvelle provocation des chefs séparatistes. Si l'organisation panafricaine veut se faire respecter, elle doit de concert, avec les partis politiques comoriens et les organisations de la société civile, prendre des mesures énergiques pour un mettre définitivement un terme à l'aventure suicidaire des séparatistes anjouannais et aider l'Etat comorien à recouvrer sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire, désarmer les milices et contribuer à instaurer la paix et la sécurité dans l'ensemble du territoire comorien. Toutes les forces vives de notre pays doivent se rassembler et se mobiliser activement en vue de peser pour un dénouement rapide de la crise comorienne.

LA REDACTION

 

POLITIQUE

L’ACTUALITE DU JOUR : LE DEVELOPPEMENT DE LA CORRUPTION A ANJOUAN

Nous avons reçu un document intitulé "Evasion Fiscale Organisée". Ce document a été publié par la jeunesse de Mutsamudu. Il décortique, chiffres à l'appui, les différentes astuces mises en place par les chefs séparatistes pour effectuer des détournements de fonds publics. Les séparatistes ont toujours tiré à boulets rouges sur la gestion financière de l'Etat comorien. Aujourd'hui, on se rend compte qu'ils font pire. Les maigres recettes qui rentrent dans les caisses publiques à Anjouan sont dilapidées par une poignée de personnes qui contrôlent les arénes du pouvoir dans cette île comorienne. Ceci explique largement leur refus obstiné de parapher l'accord de paix conclu en avril 1999 à Antananarivo.

 

EVASION FISCALE ORGANISEE

L'établissement d'un droit de douane est l'occasion pour l'Etat d'accroître ses recettes fiscales.

Plutôt que de payer volontairement les taxes certains commerçants anjouanais cherchent à employer des manières frauduleuses lorsqu'ils dédouanent leurs marchandises. Une autre modalité d'éviter les taxes est constituée par l'évasion fiscale. Celle ci peut évidemment être frauduleuse lorsqu'elle résulte de l'utilisation illégale des possibilités d'exonération fiscales touchant directement les services responsables de la régie des recettes.

 Si nous excluons les méfaits du tabac, leur impact négatif sur la santé et que nous nous referons sur le dernier dédouanement des cigarettes, il y a lieu de le qualifier à une en évasion fiscale organisée. Quels sont les services responsables?

- La douane, la Direction des douanes, Service des prix et les Finances doivent des

Explications à la population.

 En effet on ne sait exactement pour quelle raison la taxe douanière sur les tabacs qui est à 150% se trouve ramenée à 100%. Nous savons tous que le tabac est (avec le riz ) l'un des produits qui fait rentrer des recettes au trésor. Pourquoi donc diminuer la taxe alors que l'île a besoin d'argent? La contrebande ? Non, Anjouan applique un taux très faible sur le tabac par rapport à nos voisins ( Mayotte, Maurice, Madagascar, etc. )

 Les douaniers qui se prennent pour des législateurs car on les laisse négocier les taux avec les commerçants alors que leur tâche se limite à l'application de la loi de finances. On ne marchande pas à la douane (Namounivougoudzie moinachitecou) .

 La Direction des douanes, censée contrôler avant l'enlèvement des marchandises, signe la déclaration à un taux de 100% ( 25.400.000 frs) au lieu de 150% (38.100.000 frs ). Le pire c'est avec le service des prix qui mérite un oscar pour la meilleure mascarade de l'an 2000. Jugez vous-même:

- La douane taxe à 100% d'où 25.400.000 au trésor

- Le service des prix calcule à 150% sur une valeur CAF de 31.000.000 frs  ce qui donne

46.500.000frs pourquoi les chiffres varient-ils d'un service à l'autre? Le service des prix légalise certaines pratiques frauduleuses (les autres chiffres et les fausses factures la prochaine fois ).

 Dans tout ça, les Finances ne se demandent même pas pourquoi toutes ces mascarades.

Maintenant nous Jeunesse de Mutsamudu on se pose la question suivante : A qui profite les vingt millions de différence ? Affaire à suivre …

 Nous souhaitons, et il est grand temps, que la gestion de notre île soit assurée par des gens :

ORGANISES, COMPETENTS, et INTEGRES

S.O.S une Direction Générale d'Investigation et de Répression des Fraudes (DGIRF ) pour lutter contre cette complicité flagrante des corrupteurs corrompus.

 Quand y aura- t-il des sanctions ?

Non à l'Administration Archaïque

Non à la gabegie. Non au Mkarakara   

 Jeunesse de Mutsamudu

RESOLUTION DE LA MANIFESTATION DES FORCES VICES DE LA NATION COMORIENNE DU 6 MARS 2000 A MORONI

Mardi 07 mars 2000, l'OUA se penche une nouvelle fois sur la crise séparatiste comorienne.

Conformément aux conclusions de la rencontre de Pretoria de décembre 1999, l'OUA a pris un premier train de mesures à l'encontre des chefs séparatistes et de leurs entourages immédiats.

 

Ces mesures ont été saluées par tous, mais cela ne dispense pas de douter de leur faible impact, ne serait-ce qu'au regard de l'environnement immédiat (Mayotte, Réunion) qui constitue une voie d'eau annulant leurs effets.

 

Pour sa part la clique séparatiste d'Abéid ignore superbement les sanctions de l'OUA et répond en faisant régner sur l'île d'Anjouan une terreur sauvage : arrestations arbitraires massives, tortures physiques et morales, musellement de toute voix contradictoire, baillonnement des libertés démocratiques, etc.

Défiant encore une fois la communauté internationale, l'OUA et les pays de la région en particulier, les chefs séparatistes poursuivent leurs provocations jusqu'à envisager des élections municipales après leur pseudo référendum.

 

C'est pourquoi :

 

§          Considérant la gravité de l'évolution de la crise anjouanaise mettant en danger l'intégrité du territoire,

§          Considérant d'une part la situation critique dans laquelle survit la population anjouannaise et d'autre part l'obstination des chefs séparatistes qui ferment la porte à toute résolution pacifique de la crise,

§          Considérant le devoir de hâter l'application de l'Accord d'Antananarivo, gage de la mise en œuvre d'une transition démocratique vers des nouvelles institutions conformes aux aspirations des citoyens,

§          Mus par le devoir de mobiliser les forces vives du pays afin qu'elles prennent part à la défense de l'intégrité des Comores et qu'elles s'associent à l'action salvatrice des pays de la région sous les auspices de l'OUA,

 

Les partis politiques, organisations de la société civile et organisations de masses signataires de la présente résolution :

 

§          Saluent d'un élan commun la persévérance de l'OUA à sauvegarder l'intégrité des quatre îles Comores,

§          Appellent devant l'intransigeance des séparatistes à la prise, sans délais, de mesures radicales devant aboutir à désarmer les milices et à libérer la population d'Anjouan de la terreur des séparatistes qui ont pris l'île en otage,

§          Proclament leur disposition à une large mobilisation de toutes les forces vives du pays, sans exclusive, afin de soutenir l'action internationale sous l'égide de l'OUA pour la neutralisation de la clique séparatiste anjouannaise,

§          Réitèrent leur attachement à l'application de l'Accord d'Antananarivo pour une transition démocratique et l'avènement d'institutions conformes aux aspirations profondes des citoyens et à l'expression autonome des îles.

Fait à Moroni le 6 mars 2000

 LA REPRESSION DE L'OPPOSITION A ANJOUAN

Nous avons reçu un communiqué du Comité Politique pour le Redressement de Ndzuwani publié le 26/02/2000 qui dénonce vigoureusement la vaste répression engagée par le colonel Abeid à l'encontre de toux ceux qui réclament à Anjouan la signature de l'Accord d'Antanarivo destiné à règlement pacifique de la crise séparatiste   qui secoue les Comores depuis le mois de juillet 1997.

COMMUNIQUE DU COMITE POLITIQUE POUR LE REDRESSEMENT DE NDZUANI

(CPRN)

A la suite de l’échec du pseudo-référendum du 23 janvier 2000 et de la mise en place des mesures d’isolement des leaders séparatistes par l’OUA, la situation dans l’île d’Anjouan tourne au cauchemar. En effet, tandis que le choléra fait des ravages, prés de 14 morts en l’espace de deux semaines, le régime d’Abeid poursuit sa répression sauvage des opposants.

Actuellement les patriotes suivants, pour la plupart originaires de la région de Chisiwani, sont séquestrés et torturés par la milice d’Abeid surnommée " SIR " :

Torturés sauvagement par les milices d’Abeid certains d’entre eux sont actuellement à l’hôpital de Hombo.

Cette vague de terreur n’est pas la première. On se souvient qu’en août 99 les partisans du député Ahamed Fouad ont été chassés d’Anjouan pour certains d’entre eux, et pour les autres ont été livrés aux tortures de la milice de Bambao.

En décembre 99, des jeunes de Mutsamudu ont été séquestrés et torturés pour avoir hué la délégation d’Abeid suite à son renvoi de Mayotte, pour s’être rendu dans cette île avec des faux titres de transport.

Au cours du dernier pseudo-référendum de nombreux patriotes ont été pourchassés, certains se sont trouvés dans l’obligation de quitter l’île.

Le CPRN(issu du regroupement GIRMA- COLLECTIF) est indigné par le régime de terreur instauré par Abeid dans l’île d’Anjouan et appelle le gouvernement comorien et l’OUA à intensifier les mesures d’isolement des leaders séparatistes afin de sauver la population d’Anjouan de la prise en otage dont elle est l’objet.

Le CPRN lance un appel à l’ensemble des patriotes de l’intérieur d’Anjouan et de l’extérieur de s’unir et de ne pas se laisser intimider par un régime qui vit ses dernières heures.

En outre, le CPRN prévient les leaders séparatistes que ces crimes ne demeureront par impunis.

Pour le Comité Politique pour le Redressement de Ndzuani

M.CHAHARANE SAID ALI

QUE VEULENT DENARD ET AZALI

Depuis quelque temps l’ombre de Bob Denard revient à la une de l’actualité. Selon notre confrère la lettre de l’Océan Indien l’ancien chef de la garde présidentielle du défunt président Ahmed Abdallah, semble devoir rôder encore longtemps sur l’archipel. L’insistante rumeur de son retour aux Comores a agité Moroni, ces derniers jours, de même que celle de la présence à Madagascar d’un de ses anciens lieutenants, Dominique Malacrino, alias « commandant Marqués ». Tout cela est né des contacts téléphoniques réguliers établis depuis un certain temps entre Bob Denard et Ahamada Madi « Bolero », le directeur de cabinet du président Assoumani Azali. Apparemment, Bob Denard aurait été inquiet de l’instabilité politique à Moroni, du risque de nationalisation des biens (hôtels, villas) qu’y détiennent encore les ex-mercenaires ou de l’avenir de ses anciens compagnons comoriens. Mais comme son interlocuteur, Ahamada Madi, est en charge de la défense à la présidence comorienne, ces contacts téléphoniques ont alimenté la thèse que ce dernier cherchait à l’amener à aider au règlement de la crise séparatiste d’Anjouan.

D’ailleurs, le lieutenant Combo numéro deux du régime d’Azali et ancien compagnon de Denard était à Anjouan – cf n° 8 et 9 de Comores-infos – officiellement pour raisons familiales mais peut-être aussi pour y contacter des leaders de diverses milices locales dont nombre sont d’ex-membres de la garde présidentielle du temps de Denard. En fait, comme l’a reconnu le 21 février le premier ministre comorien Bianrifi, le dialogue est rompu entre Azali et le leader d’Anjouan, le colonel Saïd Abeid. Le gouvernement de Moroni a « désormais opté pour collaborer avec les patriotes anjouanais anti-séparatistes ». Des proches d’Azali ont ainsi envisagé d’armer ont ainsi envisagé d’armer et de financer ces groupes anti-séparatistes et l’idée a germé d’une opération militaire limitée sur Anjouan qu’aurait pu coordonner Ahamada Madi, destinée à prendre le contrôle de l’aéroport d’Ouani, du port et de la ville de Mutsamudu. Mais ce projet se notre confrère de la lettre de l’océan indien est resté lettre morte, car il s’est heurté au scepticisme des militaires comoriens et à été jugé suicidaire par de nombreux observateurs.

Le Premier ministre comorien vient d’enfoncer le clou en disant que le règlement de la crise séparatiste est du ressort de l’organisation panafricaine. On est en droit de se demander que sert une armée qui est incapable de défendre l’unité et l’intégrité territoriale d’un pays en déconfiture ? Le chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir par la force se plait à dire à qui veut encore l’entendre qu’il ne quittera pas le pouvoir avant le règlement de la crise séparatiste. Son objectif est donc très simple participer activement à la séparation des îles comores. Azali – le séparatiste modéré – joue donc un rôle de poids dans le travail en cours de forces réactionnaires qui militent pour la séparations des îles Comores et son remplacement par un conglomérat des micro-Etats où il pourra comme son parrain Abeid se bombardé de « chef d’un Etat imaginaire ».

 

A NOUVEAU DES TRACTS INONDENT LES RUES A ANJOUAN

Ces derniers jours, il y a beaucoup de tracts qui sortent à Mutsamudu.

Comme la démocratie est chose est une denrée rare à Anjouan, les démocrates de cette île comorienne se défendent avec les moyens à leur portée à savoir les tracts comme au temps de Bob Denard et consort. En tout cas les gens se les arrachent dans les rues.

Il ne nous est possible de diffuser intégralement ces tracts, la rédaction de votre journal a décidé de publier certains passage d’un tract intitulé : vers la guerre civile.

Ces passages n’engagent pas bien sur la responsabilité de notre journal.

 

«…Les principaux acteurs des évènements tragiques du 5 décembre 1998 (Mirontsy contre Mutsamudu), en liaison avec la diaspora …Toutes les arrestations, les emprisonnements, les licenciements des fonctionnaires de Mutsamudu sont préparés et commandités par ces deux seules personnes, suivez les biens. Actuellement, les citoyens innocents tel Cadi, Kamardine, Ibrahim Trindi, Ramadhane etc pour ne citer que ceux-là sur plus de 30, sont torturés et tabassés à mort sans que leurs familles aient le droit ni la possibilité de les voir. Jusqu’à quand les familles pourront-elles supporter une telle situation ? Un habitant de Pagé, après avoir été à la gendarmerie, au camp de Hombo s’est rendu deux fois à la prison de Koki où il a été signifié qu’ibrahim Trindhi n’y est pas. L’organe judiciaire n’est pas au courant ni consulté. Cela signifie dictature, celle d’Hitler, de Pol Pot, de Bokassa.

Le spectre d’Abeid accuse les gens de monter des coups contre le séparatisme. Rien de cela n’a été démontré et il s’agit tout court de dictature abedien. Ainsi avons nous tous le droit et le devoir d’exiger des explications et d’agir plus loin en saisissant les instances internationales, plus particulièrement le TPI D4Haroucha en Tazanie. Il faut prendre conscience en agissant vite dans cette phase d’imposition avant toute catastase. Kamardine était sous sérum qui fut enlevé par la milice objet de la grève des médecins.

Que dieu nous épargne le guerre civile !

L’AVOCAT GENERAL DEMANDE L’ACQUITEMENT D’UN COMPAGNON DE BOB DENARD

Jean-Paul GUERRIER va être jugé par contumace ce lundi 13 mars par la même cour qui a relaxé Bob Denard et Malacrino en avril 1999.

D 'après une dépêche de l 'A.F.P, l 'avocat général a précisé que GUERRIER devrait subir le même sort que les autres mercenaires. Ce qui montre que l 'avocat général (à la place de l'avocat de Guerrier) prend part en faveur d 'une personne qui a fuit la justice française. Il y a des doutes sur ses arrières pensées en faveur des mercenaires. Ce qui peut expliquer ses virements à la fin du procès. Le scénario qu 'il a développé était ambigu et a permis aux jurés d 'avoir des doutes sur les assassins présumés du président Abdallah. Les politiciens comoriens qui ont témoigné n 'ont fait que compliquer la situation en prenant part pour les affreux.

Il convient donc de faire pression pour que GUERRIER ne soit pas acquitté.

Je vous adresse ci-joint un article de Libération du 19 février repris par Billets

d 'Afrique et d 'ailleurs..

Libération, Des mercenaires français ont-ils tué Dulcie September ? 19/02 (Karl LASKE): "Le 29 mars 1988, Dulcie September, représentante de l 'African National Congress (ANC) à Paris, était abattue de cinq balles dans la tête, au moment où elle ouvrait la porte de son bureau. [...] [Devant] la Commission Vérité et Réconciliation, [...] en avril 1998, le colonel Eugene De Kock a déclaré que l 'assassinat de September était une opération du Bureau de coopération civile (CCB) de l 'armée sud-africaine [...]. Eugene de Kock [...] est considéré comme le chef des escadrons de la mort sud-africains. Selon ses déclarations devant la commission, les deux hommes qui ont "appuyé sur la détente" étaient des membres de la garde présidentielle des Comores. "De Kock désigne l 'un d 'eux comme étant Jean-Paul GUERRIER (alias capitaine Siam), qui a aussi été impliqué dans l 'assassinat en 1989 du président [comorien] Abdallah".[...]

Le capitaine Siam, bras droit du mercenaire Bob Denard,[...] a pris la fuite peu avant son procès d assises en mai 1999 [dans l 'affaire Abdallah]. Son cas a été dissocié de celui de Denard - acquitté par les assises - et il doit être jugé en mars prochain, par contumace, à Paris. [...]

Denard lui-même, à travers son avocat, Me Jean Jacques Varaut, a fait savoir [à propos de l 'assassinat de Dulcie September, que] "ni lui, ni la garde présidentielle ne sont en cause".[...] Dans les milieux mercenaires, on ne cache pas que l 'affaire September pourrait avoir été "la conséquence d 'un accord entre certains services français et sud - africains". Les sud - africains craignant d 'opérer directement en France. D 'autres français, dont les noms n 'ont pas encore été cités, pourraient avoir été impliqués dans l 'assassinat. Il n 'est pas exclu qu 'ils soient passés par les Comores. Mais pour le savoir, il faudrait encore que la justice française rouvre le dossier. [...]

Mme Thuthukile Skweyiya, ambassadrice d 'Afrique du Sud à Paris à Paris, ne cache pas son indignation. Elle tient entre les mains le dossier des auditions de la commission Vérité et Réconciliation. "Ces documents sont publics". [...] Comment peut-on ignorer des éléments pareils ? [...] Le cas est toujours ouvert".[...] Elle a indiqué [...] qu 'elle entendait écrire à l 'ANC pour qu 'une action soit entreprise depuis Paris. [...] La fuite de Guerrier, à la veille de son procès, est survenue six mois à peine après la publication du rapport de la commission [...]. "Sans que le gouvernement français ne fasse rien pour l 'empêcher", déclare encore l 'ambassadrice".
[On ne s 'en étonne pas trop, puisqu' à l 'évidence des complicités françaises ont facilité l 'assassinat de Dulcie September (cf. F.X Verschave, La Françafrique, Stock, 1998, p.190-201).

L 'on reste scandalisé par l 'impunité dont jouit un Bob Denard pour l 'ensemble de son oeuvre néocoloniale. Francis Laloupo en avait dressé le bilan édifiant dans un article du Nouvel Afrique Asie, Cette France qui acquitte Bob Denard...(06/99). Eh bien, cette France-là vient de lourdement condamner le journaliste et le mensuel. Pas touche au "corsaire de la République", ce monument national ! Il est malséant d 'écrire que Denard a beaucoup tué au long de sa carrière, et qu 'il n 'en avait pas le droit.

Ne glisse-t-on pas vers le délit d 'opinion, à l 'instar de certaines dictatures amies outre-Méditerranée ? Et pourquoi pas un comité de soutien composé de journalistes africains malmenés par leurs justices nationales ? Partout où il est passé, Denard n 'a-t-il pas contribué à installer des pouvoirs hostiles à la liberté de la presse, y compris le pouvoir judiciaire ?].

 L’U.E DEMANDE LE RETABLISSEMENT DE LA DEMOCRATIE ET LES DROITS FONDAMENTAUX AUX COMORES

Nous vous proposons les extraits d’un courrier du président du conseil de l’Union Européenne adressé aux autorités comoriennes en date du 15 février.

« Lors des consultations franches tenues à Bruxelles le 26 juillet, les représentants comoriens ont souligné les engagements politiques suivants : réaffirmation de la volonté constitutionnelle normale, fondée sur la tenue d’élections libres selon le calendrier suivant ; poursuite des efforts en vue d’un règlement définitif de la crise séparatiste ; aucune restriction dans l’exercice des activités des partis politiques et des syndicats, en assurant la liberté de la presse et le libre accès aux médias ; création d’un commission nationale électorale indépendante ; engagement du chef de l’Etat et des membres du Conseil d’Etat à ne pas être candidat à aucune des consultations électorales ; présentation de rapports d’avancement réguliers durant la période de transition.

A la lumière de ces engagements, et tenant compte du rapport des autorités vis-à-vis du respect du calendrier énoncé, l’Union européenne et ses Etats membres proposent de conclure les consultations engagées au titre de l’article 366 bis de la 4ème Convention ACP-UE. Comme la restauration de l’ordre démocratique dans les délais rapproches n’est pas encore assurée, l’UE décidé, au titre des mesures appropriées évoquées (…) de prendre les mesures suivantes : pour les programmes en cours, la mise en oeuvres°se poursuivra comme prévu ; pour les actions futures, une approche graduelle et conditionnelle reflétant les progrès observés durant la période de transition sera mise en œuvre (..

) D’autres projets de développement pourront être mis en œuvre à la mise en place d’un gouvernement démocratiquement élu ; l’UE qui suivra étroitement le processus de transition, se réserve le droit de revoir sa position et réaffirme l’importance d’un dialogue politique avec les autorités des Comores pour rétablir dans ce pays la démocratie et les droits fondamentaux ».

Ce document a été signé par R. Prodi pour la Commission, et Jaime Gama pour le Conseil de l’Union Européenne, avec copie à M. Ngandu P. Magande, Secrétaire Général du Groupe des Etats ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique).

 

LU DANS LA PRESSE

Mayotte: LES OUBLIES DE LA CROISSANCE

" Les jeunes et les femmes ont perdu leurs repères. La société mahoraise est à un moment charnière de son évolution. Il ne faut surtout pas laisser tomber cette population. One peut pas faire le développement de Mayotte sans les jeunes". Ainsi parle Véronique Pipart-Abdulla, coordonnatrice de la plus grosse association d'insertion de l'île hippocambe.

Le développement économique génère ses exclus: 42% de la population active se retrouve au chômage, sans ressource. Pour accéder malgré tout aux biens que la société de consommation  expose sous leurs yeux, une frange de la jeunesse n'a d'autre moyen que de voler. Ces "exclus" ne croient plus à la parole des notables et des religieux.

L'autre grand malaise, sans doute plus répandu que le premier, concerne les femmes. Par choix ou par contraintes, elles entrent dans la "modernité". Elles ne veulent plus qu'on leur impose un mari. Et ce mari, elles ne veulent et ne peuvent plus le nourrir. Mais sans emploi, sans revenu, elles ne parviennent à fuir le carcan familial traditionnel.

La politique de l'insertion sociale à Mayotte en est à ses balbutiements. Les premiers travailleurs sociaux d'origine mahoraise viennent d'être formés. Reste à créer des structures - par exemple pour l'accueil des structures - et à adapter les méthodes françaises à la réalité locale.

 Franck CELLIER

 Kawéni la "bouillonnante"

 Kawéni, banlieue nord de Mamoudzou, endroit sans doute le plus développé de Mayotte avec l'implantation d'entreprises diverses, de concessionnaires auto et même d'un supermarché Score. Pourtant Kawéni est aussi le quartier qui suscite le plus d'inquiétudes. La recrudescence de la délinquance crée une véritable psychose qui ne se justifie pas forcément dans les faits. S'il est vrai que les cambriolages sont monnaie courante, en revanche on ne peut pas parler d'un climat social tendu. Le malaise social ne se traduit pas (encore) par des actes violents.

"La délinquance, à Kawéni en particulier, fait peur", expliquait Djamila Boudra au secrétaire d'Etat Jean-Jack Queyranne lors de son dernier passage à Mayotte. Présidente d'une association qui s'est spécialisée dans la prévention de la délinquance depuis une dizaine d'années, Djamila Boudra raconte qu'il y a dans Kawéni environ trois cents jeunes laissés à eux -mêmes. "Ils ne vont pas à l'école. Les parents de certains d'entre eux n'habitent même plus ici, ils sont partis à la Réunion ou en France en laissant leurs enfants les plus âgés se débrouiller seul à Mayotte. Ils vendent des articles, dont on ne connaît pas l'origine, sur le bord des routes. Ces jeunes-là sont connus de nos services mais nos trois éducateurs ne peuvent pas assumer la charge que cela représente sur le terrain. N'attendons pas que cette poudrière explose pour réagir".

 Un gâchis de quatre millions de francs

 Côté mer, Kawéni arbore les couleurs triomphantes du modernisme. Côté montagne, c'est une autre histoire. Les cases ne sont pas traditionnelles mais ne sont pas salubres pour autant. Tpoles rouillées et bricolages incertains jalonnent des ruelles défoncées. Au beau milieu du quartier devait s'ériger une superbe maison des jeunes à l'architecture européenne. Le bâtiment a bien été construit mais jamais achevé. "Quatre millions de francs ont été dépensés pour arriver à ce gâchis, dénonce Sidi Nadjiaydine, président de l'association Etoile bleue. Les herbes ont envahi l'intérieur de la maison. Les jeunes se demandent ce que ça va devenir car ils ont besoin d'un local".

Sidi est lycéen. Il croit en son avenir mais s'inquiétépour celui de ses copains du quartier. Alors lui et d'autres ont décidé de se prendre en main et l'existence de leur associationpermet au moins d'ouvrir le dialogue avec ce qu'on a coutume d'appeler les décideurs. Ils n'ont pas l'impression d'être toujours compris. "Par exemple, lorsqu'on demande l'utilisation du terrain de sport du collège , on ne l'obtient pas toujours parce que certains jeunes seraient responsables de dégradations. Mais ce n'est pas de notre faute. On ne peut pas à la fois jouer au hand-ball et surveiller ce que font les autres qui ne sont pas même pas avec nous".

 Voleurs à treize ans

 Les autres, ils n'ont en effet pas forcément envie de jouer au hand-ball. Par petits groupes, ils font le pied de grue sur le bord de la route, en face des quincailleries de Kawéni et autres importateurs de matériaux de construction. "Comme on a de toute façon rien à faire, on attend là, on aide les clients à charger leurs camions. Ils nous donnent parfois une pièce. Le mieux, c'est encore de réussir à aller travailler chez eux", explique Ahmed. L'idéal pour eux est de trouver un petit boulot "au noir" pour quelques jours en rêvant de décrocher 180 à 200 francs par jour. En "rêvant" parce que la plupart du temps, ces gars de la rue tombent sur un arnaqueur.

"Tu travailles toute une journée et à la fin la gars te donne dix francs ou rien du tout. C'est des salauds mais tu ne peux rien dire parce que tu n'a pas de papiers même si t'es  né ici. Ne parlons pas des Anjouannais qui, eux, risquent même d'être expulsés s'ils protestent un peu trop", raconte Saïd autour duquel s'est formé un petit attroupement. Il ne fait aucun doute que des "clandestins" font partie du lot. "Mais on est tous de la même famille, on est dans la même galère", s'exclame Ali Assani qui ne veut pas entendre parler de racisme entre Anjouannais et Mahorais. C'est vrai que le soir, lorsque tout le monde se retrouve autour d'un morceau de manioc, d'un épi de maïs ou d'une banane grillée, seuls aliments que l'on peut se procurer à peu près gratuitement, peu importe le lieu de naissance des uns et des autres.

Quand on parle de délinquance, ils désignent les plus jeunes qu'eux. "il suffit de regarder autour de soi pour voir des gamins de treize ans que les parents laissent traîner dans la rue. Ils ont souvent quelque chose à vendre. C'est ce qu'ils viennent de voler. Avec l'argent, ils se paient l'alcool et du bangué (Zamal)", dit Ali Assani sans détour. Il ne cache pas son pessimisme pour les gens de sa génération , sans diplôme, sans travail et pourtant obligé de s'accommoder avec un nouveau mode de vie où tout se paye: "Que voulez-vous qu'on fasse à part pourrir sur place. On n'a même pas les moyens de se révolter".

Le Quotidien de la Réunion du 28 février 2000

 300 JOURS APRES LE PUTSCH DU 30 AVRIL.l

Cela fait exactement 300 jours que le colonel Azali Assoumani, chef d'état-major de l'armée, a renversé le régime civil et dissout toutes les institutions de la République. Pour la première fois, les Comores devenaient tristement célèbres en entrant dans le lot des pays gouvernés par un e junte. Pour la première fois aussi on a entendu des intellectuels applaudir un acte anti-démocratique dans son essence.

Certains avaient cru que par miracle, notre armée allait réussir là où les civils ont échoué après d'un quart de siècle d'indépendance. Pourquoi pas?  

Après tous les soldats sont des citoyens comme les autres comme les autres engagés à servir la nation au même titre que tout autre. Certains milieux politiques n'avaient-ils pas, eux aussi, accordé au jeune colonel le bénéfice du doute, dans le vague espoir qu'il n'avait pas pris un risque inutile!

 POURQUOI PAS?

 Selon même quelques intellectuels de gros calibre, on pouvait tolérer ce qui s'est produit dans la nuit du 30 avril 1999, au motif que la classe politique s'était rendue coupable de mauvaise gestion des affaires de l'Etat. Un argument massue, qui n'explique pas, pour autant, les causes profondes d'une crise permanente à laquelle cette même armée ne saurait se dédouaner de toute responsabilité. Certes, le processus démocratique amorcé en 1990 a connu des accords et même parfois des interruptions, par la faute des acteurs politiques, mais avec toujours l'appui des hommes en uniforme, au nom d'une légalité républicaine dont les attributs essentiels se trouvent aujourd'hui concentrés entre les mains d'un seul homme. Car enfin, après dix mois de règne sans trouble ni menace à l'ordre public, pour une transition militaire censée durer 12 mois, il est permis de s'interroger sur les véritables intentions des auteurs du putsch. L'opinion attend le bilan et ne risque pas de se contenter de beaux discours.

Ce qui est sûr, c'est que les partisans de la junte ont eu tort de n'avoir pas suffisamment mesuré le poids de leur acte en parlant de "mal nécessaire". S'il fallait absolument passer par cette voie, pourquoi avoir attendu si longtemps, et en quoi la junte s'est distinguée des pouvoirs précédents, pour mériter des honneurs d'une rare complaisance, alors que ni la crise séparatiste, ni le processus de mise en place des nouvelles institutions, ni l'assainissement des finances publiques n'ont enregistré le moindre progrès significatif. Le pays aurait bien pu faire l'économie d'une telle aventure, et les Comoriens n'ont pas la mémoire si courte au point d'oublier le passé le plus récent de la vie politique nationale. Qu'adviendra-t-il à l'expiration de l'échéance du 14 avril, que le colonel Azali s'était lui-même fixé pour achever sa mission et retourner dans les casernes? Va-t-il jouer les prolongations, comme le suggère son entourage, jusqu'au prochain sommet de l'OUA prévu en juin au Togo?

C'est aujourd'hui, 300 jours après le putsch, nul ne peut se risquer de pronostiquer l'avenir. Le chef de la junte pourra toujours déclarer avoir agi "dans l'intérêt supérieur de la nation", par armée interposée, il n'en reste pas moins vrai que le constat est là.

A commencer par la crise séparatistre, qui s'enlise et prend chaque jour des allures d'un duel entre deux pouvoirs sans légitimité. Lui, qui avait justifié son putsch par le souci "d'éviter  le chaos", n'a toujours pas ramené les séparatistes anjouannais à la raison. Non seulement ces derniers rejettent en bloc l'Accord d'Antanarivo, mais ils dénient aux militaires de Moroni toute légitimité après avoir traîné le colonel dans le piège d'un dialogue sans issue, écartant l'OUA du processus de négociation.

DESILLUSION

 Sur le plan diplomatique, le pays se trouve encore plus isolé que jamais. Sur le plan diplomatique, le pays se trouve encore plus isolé que jamais. Sur le plan économique et financier, les mesures d'assainissement annoncées tambour battant ont eu pour résultat de paralyser l'activité économique et de plonger tout le secteur privé dans un marasme sans précédent et les agents de l'Etat dans l'inquiétude du lendemain. Aucune catégorie sociale n'est épargnée, et au lieu d'apaiser les mouvements sociaux qui s'amplifient chaque jour (personnels médicaux, magistrats, commerçants, etc.), le pouvoir a choisi le bras de fer.

Conséquence, ce sont les citoyens qui paient les frais d'une navigation à vue, érigée en méthode de gestion des affaires de l'Etat et ce, en l'absence d'une justice qui puisse garantir à tout citoyen son droit de recours, contre l'arbitraire et les abus de plus en plus quotidiens des pouvoirs publics.

 El-Had SAID OMAR

La Gazette des Comores du 24/2/2000 N°33

 

RETRAITES DORES POUR DICTATEURS EN CAVALE

Détournements de fonds, pillage et corruption… Forts d’une complicité et d’une protection internationale, les dictateurs en cavale fuient rarement les poches vides, et ce, en toute impunité.

40% de l’aide européenne détournés en Côte d’Ivoire ! L’argent, 180 millions de francs, était consacré à la santé, la décentralisation et à l’organisation des élections. Sur les 7,5 millions de francs débloqués pour la lutte contre le SIDA,

3 millions ont été détournés. Cette information publiée par la presse ivoirienne vient étayer la longue liste des malversations réalisées au plus haut sommet pendant la " gestion " des affaires. Et il suffit d’un coup d’Etat pour qu’éclate au grand jour la vérité masquée par l’opacité d’un pouvoir autocratique : les caisses de l’Etat sont vides. Pendant ce temps, les anciens dirigeants sont à l’abri, dans des paradis fiscaux ou des luxueux appartements au cœur des capitales européennes. Comment obtenir réparation ? Tous les regards se tournent vers la Suisse qui, sous couvert de neutralité politique, a longtemps recelé dans ses coffres des fonds ou de l’or de provenance douteuse, et dans ses terres des gens peu fréquentables. Rappelons pour mémoire que Maurice Papon, condamné pour complicité de crime contre l’humanité sous le régime de Vichy avait bien tenté d’y trouver refuge avant sa rocambolesque arrestation. Les rivages du lac Léman étaient aussi familiers au maréchal Mobutu, l’ancien homme fort du Zaïre qui possédait également une villa luxueuse sur la Côte d’Azur, en France…

L’Afrique encore, où le Nigéria a présenté une demande d’entraide judiciaire à la Suisse pour récupérer 551 millions de dollars ; cette somme aurait été détournée par l’ancien dictateur Sani Abacha. Cet argent gelé, mesure exceptionnelle, concerne aussi l’entourage de l’ex numéro un de Lagos, aujourd’hui décédé. Il s’agit d’établir le lien direct entre le placement de cet argent en Suisse et l’appauvrissement du Nigéria. Mais la procédure sera longue. Il a fallu près de douze ans pour rapatrier des banques suisses aux Philippines des fonds détournés par la famille de l’ancien président Ferdinand Marcos, comme le précise le procureur de Genève, Bernard Bertossa. Dans cette affaire, le procureur a ouvert une enquête pour " blanchiment d’argent, participation à une organisation criminelle, escroquerie, gestion déloyale, abus de confiance et extorsion ". Au même titre que le juge espagnol Baltasar Garzon, il fait partie de ceux qui ont lancé l’appel de Genève, en faveur d’une plus grande transparence de la part des gouvernements pour élucider les affaires de corruption. La complicité d’Etats européens est clairement montrée du doigt… mais faute de véritable volonté d’aboutir dans certaines enquêtes, on est encore bien loin, après la dénonciation, de la restitution des biens pillés.

SYLVIE BERRUET – RFI –

  

A TRAVERS NOTRE REGION

Nous reprenons ici un important article publié par notre confrère Korail Océan indien – numéro hors série – de décembre 99/ janvier 2000 consacré à la commission de l’océan indien. Nous inaugurons ici un partenariat avec notre confrère Korail Océan Indien, le magazine de la coopération régionale.

COI : QUINZE ANS DE COOPERATION REGIONALE

La commission de l’océan indien a eu quinze an le 10 janvier 1999. Elle est, en effet, née en janvier 1984 avec la signature d’un accord général de coopération également appelé accord de Victoria. Maurice, Madagascar et Les Seychelles ont participé à cet acte fondateur. Il avait été précédé de contacts informels, dans les années soixante-dix, entre les hommes qui n’étaient alors pas forcément à la direction des affaires de leur respectif. Mais ceux-ci avaient une convergence de pensée, une même vision indianocéanique de cette région du Sud-ouest de l’Océan indien.

Après la victoire de la coalition Mouvement Militant Mauricien/Parti Socialiste Mauricien aux élections générales de juin 1982, des discussions sont entreprises entre les nouvelles autorités de Maurice et celles de Madagascar et de Seychelles. Des discussions facilitées parce que les hommes se connaissent et s’apprécient. Elles aboutissent à une conférence des ministres des affaires étrangères des trois pays qui se réunissent en décembre 1982 à Port-Louis, capitale de Maurice.

C’est au cours de cette réunion qu’est prise la décision de fonder la Commission de l’Océan Indien (C.O.I) dont l’animation sera confiée à Robert Sheiber. Il y est aussi élaboré le contenu de l’accord général de coopération de Victoria. Lequel est ensuite approuvé par les gouvernements de chacun des trois pays et solennellement signé à Victoria le 10 janvier 1984.

Mais ce jour là, il manque à l’appel la République Fédérale Islamique des Comores et la France/Réunion. Qu’importe, la porte reste ouverte. L’article 13 prévoit en effet que « la Commission examinera toute demande d’adhésion faite par tout Etat ou entité de la Région et statuera à l’unanimité de ses membres ». Ce sera chose faite deux ans plus tard, le 7 janvier 1986 à Port-Louis.

Ce jour là, les représentants de la République Fédérale Islamique des Comores et de la France/Réunion adhèrent aux principes de l’accord de Victoria pour « participer pleinement à la coopération régionale réalisé au sein de la Commission de l’Océan Indien ». Celle-ci définit ainsi son assise géographique qui est encore celle qui prévaut aujourd’hui.

 APRES L’ELARGISSEMENT…

 L’histoire ne s’arrête pourtant pas là.(…) Ainsi en février 1988, au cours de la 6ème session du Conseil des ministres de la Commission de l’Océan Indien, il a été décidé de renforcer la coopération régionale.

Cela a été fait l’année suivante à Victoria, lors de la 7ème réunion ministérielle, le 14 janvier 1989. Au cours de cette réunion est adopté un « plan d’action pour la coopération entre les îles de l’océan indien » élaboré avec l’aide du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) au cours d’un colloque dit « Colloque de Mahé » placé sous le thème « Stratégie et priorités de coopération ».

Ce plan d’action définit deux axes prioritaires de coopération : le développement des échanges commerciaux et la promotion de la coopération industrielle qui ont abouti à la mise en œuvre du Programme régional de développement des échanges (PRIDE). Deux axes complémentaires sont indiqués : les ressources marines et l’environnement d’une part qui a débouché sur l’élaboration et la réalisation du Programme régional environnement C.O.I./U.E. et du Programme régional d’appui au tourisme.

 Suite dans notre prochain numéro

Korail Océan Indien numéro hors série

ECONOMIE

 DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

DRAMATIQUE DELIQUESCENCE DES ETATS EN AFRIQUE – 3° PARTIE -

Nous vous proposons la dernière partie d’un important article de Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN – directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, publié dans le Monde diplomatique de février 2000.

 REHABILITER LES ADMINISTRATIONS – troisième partie -

 Les réformes radicales que nécessite cette situation ne peuvent qu’être le fruit d’une concertation des cadres réformateurs des pays africains et des cadres réformateurs des institutions de coopération du Nord. Par exemple, serait-il envisageable que se négocient entre bailleurs de fonds et pays africains menacés par la banqueroute des « pactes nationaux de réforme », dans lesquels des aides permettant le paiement de la dette intérieure (souvent oubliée au profit de la dette externe, alors qu’elle est beaucoup plus déstabilisante : arriérés de salaires et impayés auprès des entrepreneurs locaux) ainsi que l’équipement des services en moyens décents seraient assortis de l’adoption des mesures fortes de réhabilitation des administrations (comme l’instauration des vrais concours d’entrée ou d’obtention des bourses d’études ; l’inventaire ex ante et ex post des patrimoines des titulaires de certaines des titulaires de certaines fonctions ; le libre accès aux registres des impôts, etc.) ?

 De même, ne pourrait-on élaborer de façon complémentaire des « pactes sectoriels de productivité et anti-corruption », qui seraient signés dans chaque service par les fonctionnaires volontaires assortis de dotations en fonctionnement et de substantielles augmentations pour ceux qui les respectaient ? Ne pourrait-on également favoriser ou appuyer la promotion d’associations d’usagers du service public, l’émergence de mouvements laïcs anti-corruption, et l’accès libre de ces associations et mouvements à la télévision publique ?

 Les millions de morts qui, depuis une quinzaine d’années, sont la conséquence en dernière analyse de ce délabrement de l’Etat dans les pays en proie aux guerres civiles, comme la gravité des nuages qui s’amoncellent sur les pays encore en paix, devraient inciter à de telles réformes.

 Jean-Pierre Olivier De Sardan.

 (1)     Lire Martine-Renée Gallois et Marc-Eric Gruenais, « Des dictateurs africains sortis des urnes », Le Monde diplomatique, novembre 1997.

(2)     Lire Chritophe Champin et Thierry Vincent, « Agence française vend président africain », Le monde diplomatique, janvier 2000.

(3)     Cette situation revoie aussi, d’un point de vue historique, à la colonisation. Mais les responsabilités anciennes de celle-ci ne sauraient plus disculper aujourd’hui les classes politiques africaines de leur propre responsabilité, qui est lourde.

(4)     Propos d’un paysan burkinabé recueilli par Marie-Christine Guéneau et Bernard J. Lecomte, Sahel, les paysans dans les marigots de l’aide, L’Harmattan, Paris, 1998.

(5)     Lire Martine Bulard, « Les firmes pharmaceutiques organisent l’apartheid sanitaire », et Colette Berthoud, « Maternités à risques », Le Monde diplomatique, janvier 2000.

 

PROMOTION DE LA FEMME COMORIENNE:  BILAN DES 25 DERNIERES ANNEES  –8 mars 1975 – 8 mars 2000 -

Le 8 mars c‘est la journée de la femme. Oui, ce jour, chaque année, est célébré par les Nations Unies comme étant la journée de la femme dans le monde. Dans tous les pays de la planète y compris bien sûr les Comores, cette journée est marquée par des activités visant à mettre en relief le rôle de la femme dans la société contemporaine.

Certes, un pas géant a été franchi par la femme dans beaucoup de pays mais qu`en est-il de la femme comorienne?

Tout d‘abord, profitons de cette occasion pour nous féliciter des efforts déployés par les femmes comoriennes depuis 1975 et qui leur ont permis d`atteindre un certain nombre d’objectifs :

-           Mise en place d'une structure (Fédération) permettant de canaliser toutes les requêtes soumises aux organismes internationaux et au gouvernement.

-           Ratification par le gouvernement de la Convention du droit de l'enfant;

-           Création d'un Ministère chargé de la condition féminine;

-           Proposition du Code de la famille qui, espérons-le, sera ratifié bientôt par l'Assemblée nationale.

Grâce à ces efforts, qui ont malheureusement beaucoup ralenti à ce jour, on constate aujourd‘hui une légère amélioration du statut de la femme, une   promotion encore timide du bien-être familial; et une nette augmentation du taux de scolarisation des jeunes filles.

Certes, beaucoup reste à faire.

La célébration de ce nouveau millénaire est importante à maints égards, mais en particulier parce que la femme comorienne est concernée par le rôle qu'elle doit jouer dans le processus de développement de notre pays. Les femmes représentent plus de la moitié de la population comorienne et la mise en place d'un mode de développement durable dépend très largement du rôle qu'elles ont à jouer. Il ne s'agit pas simplement de leur accorder un rôle qui leur revient de droit. Il y a également des considérations d'ordre strictement logique et pratique.

Nombreux sont les gouvernements qui considèrent la participation de la femme dans le processus de développement comme l'un des objectifs primordiaux de leur politique économique.

Le rôle joué par les femmes présente plusieurs facettes. Dans notre pays, mise à part son intervention active dans la vie quotidienne de sa famille surtout dans le milieu rural ( travaux domestiques, production/ préparation de la nourriture et éduquer des enfants) la femme comorienne :

doit aujourd`hui s`assurer que le Gouvernement concentre ses efforts sur un certain nombre de domaines tels que;

-           promouvoir les petites et moyennes entreprises (individuelles ou collectives) dans le butde créer de l'emploi pour les jeunes filles;

-           entreprendre et soutenir toutes les actions susceptibles d'aider les femmes dans leurs tâches quotidiennes en milieu rural et urbain pour rendre plus effective leur participation au programme national de développement économique et social ;

-           contribuer à l'épanouissement complet et harmonieux des enfants (création des écoles maternelles et de formation de base).

Aujourd`hui, grâce à la participation de la femme comorienne aux différents ateliers, réunions et conférences internationales et à l'appui de certaines décisions gouvernementales, les femmes ont pu se pencher sur une série de questions les intéressant directement. Parmi celles qui ont retenu leur attention ces dernières années, les plus importantes sont le Code de la famille, la représentation des femmes au Parlement, la désignation ou nomination des femmes à tous les échelons de la vie politique, et l‘association des femmes au processus de prise des décisions nationales.

-           La création du Ministère chargé de la condition féminine a été une bonne chose, mais l`appui requis et les capacités nécessaires pour coordonner les actions concrètes et assurer le suivi approprié pour leur mise en oeuvre ont fait défaut.

-           Cette réalité devrait nous servir de leçon. En effet, malgré la force que nous représentons (plus de la moitié de la population, un nombre grandissant de jeunes filles finissant le secondaire ou avec des diplômes universitaires etc..) nous sommes restées désorganisées. Et tant que nous le serons, les résultats de nos efforts seront dispersés avec un minimum d‘impact. Aujourd`hui, beaucoup de débouchés non seulement nationaux mais aussi régionaux devraient s‘ouvrir pour la femme comorienne.

-           La Commission de l‘Océan Indien (COI) constitue un outil important pour notre épanouissement. La COI créera davantage de débouchés commerciaux pour nos soeurs engagées dans le commerce lequel constitue un puissant outil de développement.  Déjà, les Comores sont perdantes lorsqu'il s'agit des termes de l'échange des produits artisanaux entre les femmes de la région . La situation actuelle de l'échange des produits artisanaux entre les pays de la région (COI) laisse les Comores encore plus marginalisées qu'autrefois. C'est la raison pour laquelle les femmes doivent être encouragées par tous les moyens à participer à ces échanges qui apportent fierté et ressources à la femme de même que devises dans le pays.

-           La grande majorité des femmes comoriennes sont défavorisées entre autres, par l'analphabétisme, le surmenage et la malnutrition. Elles ont besoin d'éducation et de formation. Elles ont aussi besoin: 

-           D‘un meilleur encadrement médical, pour leur propre santé et pour pouvoir élever des enfants plus sains et robustes.

D‘être soutenues par des investissements et des recherches dans le domaine de l'agriculture traditionnelle et de l‘artisanat.

D‘accéder à des facilités de crédit et aux pouvoirs de décision.

En effet, l'engagement à l'égard des femmes doit se traduire par des initiatives concrètes. Les actions stratégiques, définies à l‘issue des différentes réunions auxquelles les femmes ont participé, constituent une base valable pour ce faire.

D'une manière générale, un effort substantiel devrait être consacré à une meilleure identification des sources de financement et à leur diffusion auprès des Organisations non gouvernementales oeuvrant pour la femme et l‘enfant. À l'heure actuelle il n'existe aucune source d'informations consolidées et fiables sur les engagements financiers consacrés à l'appui des activités féminines.

Certains bailleurs de fonds ont réduit leurs financements dans des domaines ayant un impact direct sur le bien-être de la femme et de l'enfant. C'est le cas du PNUD, de l'UNICEF et du FNUAP dans les domaines particuliers de l'éducation et de la santé, même si les restrictions ne sont pas uniformes.

Un aspect non négligeable du rôle de la femme dans la société est certes son rôle dans la cellule familiale en tant qu‘épouse et mère.

Jusqu'à ce jour, surtout dans le milieu rural, la femme-épouse est en général mise à l'écart de toute décision familiale malgrè l‘importance de son rôle pour la survie de sa famille.

C‘est en effet elle, plutôt que l‘homme qui se charge des travaux domestiques, de la santé et de l'éducation des enfants, mais aussi et surtout de la production/préparation de nourriture. C‘est un fait, que la grande majorité des femmes comoriennes passent plus de temps à travailler que les hommes et toutes ces corvées se font aux dépens de leur éducation.

Au moment ou les femmes dans le monde entier s‘activent pour s‘intégrer dans la course du nouveau millénaire, nous, femmes comoriennes, avons beaucoup à faire. Nous avons certes accompli beaucoup mais nous sommes encore loin d’avoir atteint l‘égalité par la promotion de des droits de la femme et de l‘enfant. Tant que nous restons désorganisées, indifférentes et passives, notre statut restera le même. Nous savons toutes que c‘est à nous de faire bouger les gouvernements respectifs dont certains sont réceptifs, pour construire un pays avec une société égalitaire et unie avec une économie fiable et stable qui garantira l‘amélioration de notre condition et de celle de nos enfants..

Nous avons déjà prouvé que nous sommes plus que capables de nous organiser, de nous unir

afin de faire écouter notre voix. Il s‘agit de nous en tant qu‘êtres humains, il s‘agit de nos enfants, il s‘agit aussi et surtout de contribuer à faire de nos Comores, un pays fort et uni.

L‘avenir est en grande partie entre nos mains et pour cela, construisons-le.

 Bon courage à toutes les femmes comoriennes partout où elles se trouvent et BONNE ET HEUREUSE JOURNÉE DE LA FEMME. 

 Bien à vous toutes,

Roukia Aboud et Kamaria Aoidi Larrabure.

 SILENCE MAYOTTE VOTE, SILENCE LES COMORES SE MEURENT.

Le 6 avril prochain, le projet de loi du gouvernement français concernant le nouveau statut de "collectivité départementale" de Mayotte et l'organisation d'un référendum au mois de juillet sera examiné par l'Assemblée Nationale Française. Ce projet consacrera, selon les déclarations de ses promoteurs, "l'ancrage définitif" de Mayotte dans la France.

Voilà bientôt un an, la société civile comorienne et tout particulièrement le GRDC, Fraternité comorienne et le FD section de Mayotte, demandaient que la question de l'île comorienne de Mayotte soit inscrite à l'ordre du jour de la Conférence comorienne Inter-Iles d'Antananarivo, faute de quoi aucun règlement réel de la crise comorienne ne pourrait advenir. Nous n'avons pas été entendus. La conférence s'est terminée sans que Mayotte ait été à aucun moment prise en compte dans les perspectives de règlement de la crise et notamment dans les accords finaux. Aujourd'hui, la crise comorienne ne cesse de s'aggraver.

 Aux yeux de la communauté internationale et au regard des résolutions de l'ONU de 1976, ce projet de référendum et la présence française dans l'île comorienne de Mayotte restent illégaux. L'O.N.U  "condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 76[.] rejette toute autre forme de référendum ou consultation qui pourraient être organisés ultérieurement [.] condamne énergiquement la présence française à Mayotte." ( Résolution n°31/4 du 21/10/76) Michel Rocard lui-même, ancien premier ministre socialiste français, l'a reconnu tout récemment le 28 février 2000 : " Au regard du droit international, l'administration de Mayotte par la France est illégale." (American University, Washington, DC, Etats-Unis). Pourtant de toute part c'est le SILENCE.

 Dans ces conditions, la partie française par la bouche de M. Queyranne a beau jeu de se targuer de l'absence de toute forme d'opposition à ses projets. "Aujourd'hui, autour, je crois qu'on admet, parfois sans le dire, le fait que Mayotte soit dans la République française depuis 25 ans. [.] [question du journaliste : L'O.N.U et l' O.U.A ne vous condamnent plus ?] Je n'ai plus entendu de condamnation. Et le Président de la République s'est exprimé à la Réunion très clairement en présence du chef d'Etat malgache, du Premier Ministre de Maurice et du Premier Ministre des Seychelles. Donc c'était une prise de position du Président de la République qui n'a pas reçu contradiction." (Regards, diffusion sur RFO Mayotte le 17/02/00)

 Nous persistons à penser aujourd'hui que la déstabilisation des trois autres îles comoriennes (séparatisme anjouanais, mohélien, grand comorien et coup d'état d'Azali) a été voulue et entretenue afin de permettre à la France de mener à bien sa politique à l'égard de Mayotte. Gageons d'ailleurs, qu'après la tenue du référendum à Mayotte, l'on verra surgir un semblant de règlement à la crise séparatiste . Mais ne nous y trompons pas, car quels que soient ses projets dans la région, y compris ceux qui tendraient à faire croire à la réintégration de Mayotte dans un ensemble comorien redéfini, la politique française actuelle, selon nous, est en train d'assassiner l'Etat comorien et à terme tout son peuple en légitimant la présence française sur l'île de Mayotte et l'esprit séparatiste dans l'ensemble de l'Archipel.

 En conséquence, nous tenons pour responsables devant l'Histoire tous ceux qui, par leur complicité, mais aussi par leur silence auront permis que le projet français concernant l'île comorienne de Mayotte aboutisse.

 Il n'est peut-être pas encore trop tard :

-           pour que la société civile comorienne tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur mobilise toutes ses forces pour mettre en échec ce projet, pour que la classe politique comorienne oublie ses querelles partisanes afin de se pencher sur Mayotte, question fondamentale dont découle tout l'avenir des Comores,

-           pour que les Comores saisissent l'ONU  au sujet des projets français et de ce référendum pour que les pays de la région pèsent de tout leur poids contre les projets français et particulièrement contre ce référendum illégal,

-           pour que les organismes internationaux s'emploient à faire respecter leurs propres résolutions.

 Il n'est peut-être pas trop tard pour que les Comores puissent encore croire à leur avenir.

 Groupe de Réflexion sur le Devenir des Comores Mayotte le 07/03/2000.

 

CULTURE:

ALI MADI BACO RACONTE « LE ROI CORBEAU »

« Le roi corbeau s’occupait de la culture du riz. Des milliers d’oiseaux venaient manger les graines, de sorte que le roi arrivait à récolter juste ce que le roi arrivait à récolter juste ce qui était nécessaire à sa survie. Dans une autre île, il y avait un roi qui avait mis au monde une fille. Quand il mourut, la mère recommanda à sa fille de rester avec ses esclaves dans la maison, sinon ces derniers n’hésiteraient pas à la tuer.

« Un jour la princesse demanda à une esclave qui portait du manioc de l’emmener avec elle à la campagne pour voir comment on le plantait. L’esclave accepta à condition qu’elle échange ses habits avec ceux de la princesse. Puis elle proposa à la princesse de se rendre dans l’île voisine chez le roi corbeau. Une fois là-bas, l’esclave usurpatrice demanda au roi corbeau d’acheter son esclave et de trouver un fiancé pour sa fille. Le roi corbeau épousa lui-même la fille de l’esclave usurpatrice.

Quand le roi lui appris que des milliers d’oiseau venait manger le riz avant la récolte elle lui dit : « l’esclave que je t’ai vendue gardera tes champs ». Elle voulait ainsi se libérer de la princesse. Le roi corbeau fit construire une cabane à la campagne et y envoya la princesse transformée en esclave. Et pendant qu’elle surveillait le champ, deux pintades se posèrent sur la cabane. C’étaient ses parents. La princesse chanta : « Pintades, ne mangez pas le riz. Le roi a pris la princesse pour une esclave et a fait de l’esclave une princesse ».

Les pintades répondirent : « Tu l’as voulu fille, tu étais dans un palais avec sept esclaves », les pintades repartirent sans manger le riz. Quand le riz commença à mûrir, le roi envoya quelqu’un pour voir comment la fille éloignait les oiseaux. La fille chanta encore : « Pintades, ne mangez pas le riz. Le roi a pris la princesse pour une esclave et a fait de l’esclave une princesse ». Et les pintades répondirent : « Tu l’as voulu fille, tu étais dans un palais avec sept lits, sept tables et sept esclaves ». Les pintades repartirent sans manger le riz.

L’espion alla répéter au roi ce qu’il avait vu. Le roi ordonna alors d’aller la chercher et de lui donner les habits dignes d’une princesse »…

 Extrait du livre de Baco par notre confrère le Quotidien de La Réunion

  NOS BREVES

Mayotte ferme ses portes aux malades anjouanais.

Les autorités sanitaires mohoraises ont adressé un message officiel au Dr Bacar inspecteur de la santé régional d'Anjouan. Selon ce courrier il est strictement interdit d'envoyer des malades à Mayotte, sauf cas vraiment grave et après une demande minutieusement étudiée par la préfecture de Mayotte. L’île continue à être isoler et les mauvaises langues disent à Mutsa qu’il s’agit d’une mise en garde adressée aux amis d’Abeid au cas où ils souhaiteraient prendre la fuite pour se faire soigner et Mayotte et échapper à la justice.

 L’armée d’Abeid fait appel aux mauvais esprits.

Le deux mars dernier tous les officiers militaires du CIR d’Abeid se sont rendus au lac Dzialandze pour demander soutien aux esprits en cas de débarquement des forces panafricaines. Au cours de cette cérémonie dont avait pris part le comandant Bacar une vache noire a été égorgée près du lac. Pour des gens qui réclament à tout va qu’ils vont annihiler les forces panafricaines comme ils ont battu l’armée comorienne, on est en droit de s’interroger sur la vaillance d’une telle force armée. En fait, chacun sait que parmi eux peu feront face à une telle intervention. Prions pour qu’ils prennent la fuite et ainsi éviter un bain de sang à une population pris en otage par des forces irresponsables.

Préavis de grève des infirmiers

Les infirmiers chargés du service choléra à Anjouan ont déposé préavis de grève. L’origine de ce mécontentement est compréhensible. Ce personnel dévoué attend depuis plusieurs mois le règlement des salaires de plusieurs mois. Compte tenu de la gravité de la situation sanitaire de l’île d’Anjouan, nous osons espérer que les autorités séparatistes mesureront le risque de ce mouvement de grève et payeront rapidement à la régularisation des impayés de ce personnel qui occupe une place de choix dans la lutte contre le choléra qui continue de faire des dégâts à Anjouan.

 Bravo au Dr Yssouf Koubeche

Notre journal tient à rendre hommage aux actions engagées par le Dr Yssouf. Ce jeune médecin originaire d’Anjouan et exerçant à Marseille après avoir travaillé à La Réunion a su dépasser les divergences politiques pour rassembler les comoriens de bonne volonté pour soutenir des actions contre le choléra à Anjouan. Ce dernier revient d’un séjour dans cette île comorienne. Il est préoccupé par les dégâts causés par cette épidémie malgré la mobilisation de tous anjouanais de quel bord qu’il soit pour faire face à cette maladie. La rédaction de Comores-infos appelle à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation comorienne pour se retrouver et aider la population anjouanaise qui souffre aujourd’hui d’un isolement sans précédent.

 Halte à la répression

Dans notre dernière édition, nous vous faisions part des arrestations abusives à Anjouan touchant des patriotes originaires de la région de Sima. Selon des sources bien informées, ces arrestations ont été suivies d'agressions violentes à l'encontre des détenus. Le CIR – l’armée séparatiste - est allé jusqu'à enlever et débrancher le sérum d'une de leur victime Mr Kamardine à l'hôpital de Hombo où il été hospitalisé. Suite à ça, le personnel de l'hôpital a réagi en cessant de travailler toute la journée du 2 mars. Il est grand temps que la communauté internationale réagisse face à ses exactions incompréhensibles d’un pouvoir en perte de vitesse.

 "Au regard du droit international, l'administration de Mayotte par la France est illégale."

Cette déclaration est de Michel Rocard, ancien Premier Ministre Francais.  M. Rocard l'a  faite lors d'une conférence tenue lundi 28 février à l'université "American University"a Washington, DC, aux Etats-Unis, devant un auditoire composé d'étudiants, de diplomates, parmi lesquels ceux du Mali, du Rwanda, de l'Islande, de la Croatie, du Burundi, de la RD du Congo et du Burkina Faso, ainsi que de journalistes.  Mr. Rocard répondait à une question que je lui ai posée concernant le rôle que joue Mayotte sur la crise actuelle aux Comores.  Sa conférence portait sur les études de stratégies en cours en matière de résolution des conflits armés, en vue de la "Conférence des Nations Unies sur le Commerce Illicite des Armes Légères".

Ci-joint mon commentaire a propos de la déclaration de M. Rocard, publié ce jour par l'hebdomadaire "The Eagle" (hebdomadaire de l'université).

 P.S.: Kennedy Political Union: association d'étudiants en sciences politique de l'université

 

 POUR RIRE

Nous inaugurons ici un page intitulée « pour rire », nous vous proposons ces trois textes tirés du livre 365 jours pour rire. Nous vous conseillons vivement cet ouvrage réalisé par la société nouvelle Firmin-Didot – Mesnil-sur-l’Estrée pour le compte des Editions Disoc en mars 99 –

Vous aussi vous pouvez nous proposer vos fous rire.

 Les vieux de la vieille

Trois petits vieux bavardent :

-           J’ai 85 ans ! fait l’un, je me porte comme un charme. Ah, dame ! Je suis un peu dur d’oreille, mais à part ça !

-           Moi, dit le deuxième, j’en ai 89 et j’entends très bien. Dame, la lumière, faut que je mette mes verres pour lire le feuilleton, mais je me sens tout jeune !

-           Et ben, moi ! fait le troisième, je vais sur mes 93. Je suis votre aîné à tous les deux. J’ai bon pied, bon oeil et je suis pas sourd du tout. Quand à la bagatelle, tenez, pas plus tard qu’hier, je dis à la bourgeoise : »Si on y allait un peu, hein, la Mélanie ? » »T’es pas fou ! qu’elle me répond, t’as déjà fait ça ce matin ! » Parce que moi, faut vous dire, ce serait plutôt la memoire qui ferait défaut !

 L’erreur est humaine

Un ouvrier vérifie sa paye, trouve un billet de 50 francs en trop, le range soigneusement dans sa poche et ne dit rien à personne. Quinze jours passent. C’est à nouveau le jour de la paye. L’ouvrier compte ses sous et constate qu’il lui manque un billet de 50 francs. Dès le lendemain matin, il se rend chez le comptable pour lui réclamer son dû :

-           C’est exact ! Reconnaît celui-ci, mais la quinzaine passée, vous ne vous êtes pas aperçu que vous aviez 50 francs en trop ?

-           Si, je m’en suis aperçu ! Justement ! Je peux fermer les yeux une fois sur une erreur, mais, pas deux !

 Un point, c’est tout !

Une dame d’une quarantaine d’années demande le divorce :

-           Vous demandez le divorce pour cruauté mentale, madame, lui dit le juge, expliquez-vous, s’il vous plaît ?

-           Et bien, fait la dame, à chacun de mes anniversaires, quand tous les invités sont là, mon mari se livre à la même plaisanterie. Il apporte lui-même le gâteau avec les bougies et il met exactement le compte de bougie ! Mais, hier, il a fait pire : Sur le gâteau, il mis 28 bougies…

-           Et bien, madame, vous devriez être contente ?

-           S’il ne les disposait pas en forme de point d’interrogation, conclut la dame, je ne dis pas !

 

COMMUNIQUE DESTINE A NOS ABONNES ET AUX LECTEURS

 

Le bureau de l'AUDEC réuni dans sa réunion du vendredi 3 mars 2000 a constaté que le journal COMORES INFOS vient d'atteindre sa vitesse de croisière. A fin de permettre au journal de continuer son élan et d'avoir un budget autonome et de pouvoir ainsi réaliser ses propres investissements destinés à accroître son audience et son rayonnement, le bureau a décidé de séparer les activités de l'association et celles de la publication du journal.

A compter du présent numéro, les opinions développées dans le journal COMORES INFOS n'engagent plus l'AUDEC. Une nouvelle association vient d'être créée pour assurer l'élaboration, la confection et la diffusion du journal. Nous informons nos abonnés et nos fidèles lecteurs que cette réorganisation technique n'aura aucune conséquence sur la continuité du service qui leur est rendu. Au contraire, elle est destinée à leur accorder dans un avenir proche un service de meilleure qualité.

L'équipe de rédaction de COMORES INFOS tient à vous remercier sincèrement pour la confiance qu'un nombre sans cesse croissant d'entre vous ne cesse de nous témoigner. Cela constitue pour nous une source d'encouragement destinée à mobiliser toutes nos énergies pour vous informer sur l'évolution de la situation politique, économique, sociale et culturelle des différentes îles composant l'archipel des Comores. 

 

LA REDACTION

 

 

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