EDITORIAL: L'ETAU SE RESSERRE AUTOUR DES SEPARATISTES ANJOUANAIS
De nouvelles sanctions contre les séparatistes anjouanais sont entrées en vigueur dès mardi 21 mars 2000. Ces nouvelles sanctions décidées le 10 mars par le conseil des Ministres de l'OUA prévoient notamment des restrictions sur les télécommunications (coupure des lignes) et un embargo sur les hydrocarbures, les liaisons maritimes et aériennes.
Elles s'ajoutent à celles entrées en vigueur début février contre les chefs séparatistes de l'île d'Anjouan qui s'obstinent contre toute logique à accepter l'accord de paix qui a été signé à Antananarivo le 30 avril 1999: gel des comptes bancaires des dirigeants séparatistes et le rejet de leurs titres de voyage dans les pays membres de l'OUA.
En décembre dernier à Pretoria, l'OUA et une dizaine de pays africains avaient sommé les chefs du mouvement anjouanais de parapher l'accord d'Antananarivo signé en avril 1999 par les deux autres îles de la République fédérale islamique des Comores (RFIC) la Grande Comore et Mohéli, et qui prévoit une fédération avec une large autonomie pour chacune d'elles.
Les sanctions décrétées par l'OUA sont appliquées à la lettre par les pays de la zone de l'Océan Indien à l'exception de la France. M. Makani, un prétendu "ambassadeur" du soit disant "Etat d'Anjouan" vient de l'apprendre à ses dépens. Sentant que le navire séparatiste est en train de couler, il a voulu prendre la fuite en se rendant à Madagascar. Dès son arrivée, il a été arrêté par les autorités malgaches et expulsé manu militari par le 1er vol en direction de Mayotte. Les autorités de Mayotte l'ont refoulé par la suite à Anjouan. Ce nouveau revers montre que létau se resserre autour des séparatistes. Leur marge de manuvre se réduit comme une peau de chagrin.
L'OUA a appelé solennellement les pays de la zone, les membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU, l'Union Européenne, la Ligue Arabe à appliquer les sanctions décrétées à l'encontre des séparatistes anjouannais. La France ne pourra plus faire semblant d'ignorer les sanctions décrétées à l'encontre des séparatistes. Tous les observateurs de la crise comorienne savent que les séparatistes ont pu jusqu'à maintenant tenir tête aux pressions de la communauté internationale grâce aux fortes complicités qu'ils ont bénéficié de la part de la Préfecture de Mayotte. Si la France applique scrupuleusement les sanctions décidées, les séparatistes anjouannais n'auraient plus d'autre solution que de se soumettre aux exigences de l'organisation panafricaine chargée du règlement de la crise comorienne.
Certains séparatistes anjouannais installés à Mayotte qui ont joué un rôle déterminant dans le durcissement des positions du mouvement séparatiste poussent aujourd'hui le colonel Abéid à signer l'accord d'Antananarivo. Ils soutiennent que la France peut les lâcher d'un moment à un autre. Tout comorien ayant un minimum de lucidité et de clairvoyance savait dès le départ que la France s'est servie de la crise anjouanaise pour déstabiliser l'Etat comorien et faire passer son projet concernant l'avenir statutaire de Mayotte. L'objectif étant pratiquement atteint, il est bien évident que la France n'a plus besoin des séparatistes anjouannais.
Les sanctions décrétées par l'OUA commencent à produire leurs effets. Manifestement, les séparatistes anjouannais sont dans la défensive.
Il convient de rappeler que les séparatistes avaient organisé il y a juste 2 mois un référendum-bidon en vue de rejeter l'accord d'Antananarivo.
Tout le monde sen souvient du comportement injurieux et désinvolte du colonel Abeid envers l'OUA. Il avait demandé il y a quelques semaines que le dossier de la crise comorienne ne soit plus géré par l'OUA mais par l'ONU. Il est allé même jusqu'à affirmer que les anjouanais ne sont pas des Africains. Entre la bêtise et l'ignorance des réalités historiques et géographiques, il est difficile de faire la part des choses. Répondant à une question posée par nos confrères du Quotidien de la Réunion Edition du 23/3/2000, le même colonel Abeid se propose de rencontrer le secrétaire général de l'OUA lors de sa prochaine visite à Moroni et de remettre les problèmes autour d'une table.
Suite à la tentative de coup d'Etat du 21 mars 2000, le bouillant colonel veut exploiter à des fins politiciennes les récents événements en vue d'échapper à la 2ème vague de sanctions décrétées par l'OUA. Il vient d'opérer un revirement de position en remettant sur le tapis le dialogue comoro-comorien qui a lamentablement échoué car le colonel Azali s'est rendu compte très vite qu' il constituait une nouvelle supercherie des séparatistes.
N'ayant pas froid aux yeux, le chef des séparatistes se permet même de donner des leçons de démocratie et de stabilité, lui qui a engagé une répression atroce à l'encontre de tous ceux qui réclament la signature de l'Accord d'Antananarivo à Anjouan ( Voir Liste des prisonniers politiques publiée par Comores Infos N°11). Comment peut-on négocier avec cet apprenti dictateur qui a fait 2 déclarations complètement contradictoires en l'espèce de 2 jours d'intervalle?
Afin de ne pas alourdir les souffrances d'une population durement éprouvée par les privations de toutes sortes engendrées par l'expérience désastreuse du séparatisme ainsi que par le développement inquiétant du choléra, il serait souhaitable que l'OUA accélère les sanctions et envisage rapidement le déploiement d'une force militaire d'interposition à Anjouan. Que les séparatistes signent ou pas l'accord d'Antananarivo, le déploiement d'une telle force s'avère indispensable pour désarmer les milices afin de sortir cette île comorienne de l'état d'anarchie et d'insécurité auquel il se trouve plongé depuis bientôt 3 ans, garantir le respect des libertés publiques de tous les citoyens ainsi que la libre circulation des personnes et des biens. C'est une fois que ces conditions seront réunies qu'on peut reprendre les négociations avec les différentes forces politiques, syndicales et de la société civile de l'île en vue de parachever le processus de paix engagé à Antananarivo.
Toute autre démarche qui consisterait à accorder un nouveau crédit aux séparatistes anjouannais ne peut que conduire les Comores vers une nouvelle impasse. Comme disait Roger Martin, "Quand la vérité est libre et l'erreur aussi, ce n'est pas l'erreur qui triomphe".
LA REDACTION
POLITIQUE
Les Comores viennent de subir un 19ème coup d'Etat ou tentative de coup d'Etat. Bizarrement, cette nouvelle tentative de coup d'Etat intervient à la veille de la mise en uvre de la 2ème vague des sanctions de l'OUA et à quelques semaines du 14 avril, date à laquelle le colonel Azali s'était engagé à remettre le pouvoir aux civils. A qui peut profiter ce nouveau coup de force? Suivez notre regard. Azali qui connaissait les plans, la date et l'heure du coup d'Etat a laissé faire. Il va trouver un prétexte pour se maintenir au pouvoir. Quant à Abeid, il tente d'exploiter la nouvelle situation pour échapper aux sanctions de l'OUA. Afin de couvrir cet événement, Comores-Infos a consacré tout un dossier sur cette nouvelle déstabilisation de l'archipel: les faits, les auteurs, leurs commanditaires, les conséquences politiques liées à un départ encore plus hypothétique du colonel Azali, les réactions des partis politiques, l'analyse de la rédaction et le point de vue de la presse régionale.
L'ACTUALITE DU JOUR: UNE TENTATIVE DE COUP D'ETAT AUX COMORES
L'actualité de ces derniers jours a été marquée par une transition démocratique au Sénégal. Le peuple sénégalais venait de donner à l'Afrique toute entière une belle leçon de civisme politique et de démocratie. Cette alternance politique a été saluée par le monde entier.
C'est durant cette période de passation pacifique du pouvoir entre Abdou Diouf, le Président sortant, et Abdoulaye Wade, le nouveau Président, une transition qui distingue et honore les deux hommes politiques qui se sont affrontés de manière loyale à travers le suffrage populaire, que certains militaires comoriens ont tenté dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 mars 2000 de prendre le pouvoir par la force. La tentative de coup d'Etat a raté.
Quel terrible paradoxe avec l'expérience sénégalaise où ceux qui veulent conquérir le pouvoir politique passent par le suffrage des urnes? Maître Abdoulaye Wade a dû attendre 25 ans avant de conquérir la magistrature suprême.
Cette tentative de putsch vient de ternir un peu plus l'image des Comores. Notre pays occupe un des tristes records en nombre de coup d'Etats ou de tentatives de coup d'Etats. On en dénombre 19.
Vraiment, le pays n'avait pas besoin d'une nouvelle déstabilisation. La crise séparatiste est toujours là. Elle n'est pas encore réglée malgré les efforts inlassables déployés par l'OUA. La priorité de l'heure ne consiste pas à se quereller pour conquérir le pouvoir de l'Etat comorien ou de ce qui en reste.
La priorité consiste à rassembler toutes les forces, civiles et militaires, afin de libérer une partie de notre territoire national pris en otage par une poignée d'extrémistes qui continuent à défier l'Etat comorien et la communauté internationale. Nous ne devons pas nous tromper d'adversaire.
Il convient, par ailleurs, de souligner que le coup d'Etat fomenté par le colonel Azali le 30 avril 1999 a plongé les Comores dans un isolement politique sans précédent. Un an après sa prise de pouvoir, le régime du colonel Azali continue à être rejeté par les instances internationales.
Ce nouveau coup de force, s'il avait réussi, aurait accentué l'isolement diplomatique du pays. D'ailleurs, l'OUA tout en invitant fermement les séparatistes anjouannais à
signer l'accord d'Antananarivo, ne cesse de réclamer dans ses différents communiqués le rétablissement de l'ordre constitutionnel normal à Moroni. Le meilleur service que le colonel Azali puisse dans les moments présents rendre à son pays, c'est de partir et remettre le pouvoir aux civils. Il s'était engagé de manière solennelle à remettre le pouvoir aux civils au bout d'un an. Le délai qu'il s'est lui-même fixé est arrivé à terme. Le colonel Azali doit respecter sa parole.De nombreuses interrogations planent autour de cette tentative de coup d'Etat. Selon des révélations faites par le correspondant du Journal de l'Ile de la Réunion aux Comores, le colonel Azali savait qu'il y avait des rumeurs de coups d'Etat. Il connaissait les plans, la date et l'heure du coup d'Etat. Et pourtant, il n'a rien fait pour l'éviter. Par ailleurs, il a continué son séjour en Arabie Saoudite comme si de rien n'était. Le colonel Azali n'a t-il pas laissé faire la tentative de coup d'Etat afin qu'elle lui serve de prétexte pour se maintenir dans le fauteuil présidentiel? Manifestement le colonel Azali n'est pas pressé de remettre le pouvoir aux civils comme s'il était engagé il y a un an.
En se maintenant au pouvoir, Azali cause un tort inestimable à notre pays. Le pays continue à être boudé par les instances internationales. Il retarde le règlement de la crise séparatiste et risque d'entraîner l'implosion de l'armée. L'armée a échoué dans le règlement de la crise séparatiste. Elle doit se préparer à jouer son rôle de maintien de l'ordre et à apporter sa contribution au rétablissement de la normalité républicaine à Anjouan. Elle doit s'en tenir à ces missions essentielles et ne pas s'enliser dans une gestion politique de la crise séparatiste qui s'est avérée chaotique.
A chacun son rôle. Les hommes politiques doivent convenir avec l'OUA des mesures à prendre pour rétablir l'unité et l'intégrité territoriale des Comores. L'armée doit se maintenir prête à obéir aux ordres des hommes politiques. Le pays a besoin d'une armée légaliste qui obéit aux lois et règlements et non une armée qui sert les ambitions personnelles de son chef. Le pays a besoin d'une armée capable de défendre notre bien précieux à savoir l'unité de notre pays et non une armée divisée et affaiblie par une rivalité intestine entre ses différents cadres supérieurs et donc incapable de réaliser le moindre exploit ayant une valeur patriotique.
Echec d'un putsch militaire à Moroni Une tentative de putsch militaire à Moroni, la 19ème depuis l'indépendance en 1975, a avorté mardi matin, selon radio Moroni, ajoutant un peu plus à l'imbroglio des Comores où aucun pouvoir n'est reconnu internationalement.Des coups de feu ont été entendus tôt mardi matin dans le camp de Kandani, principale caserne de l'armée, située à quelque 4 km au nord de Moroni, puis le téléphone a été coupé dans la ville après que les putschistes eurent temporairement pris le contrôle de la radio et des télécommunications nationales.
Cette nouvelle tentative des militaires illustre, non seulement les divisions traditionnelles au sein de l'armée, mais la fuite en avant d'un pouvoir qui a échoué dans le règlement du problème du séparatisme d'Anjouan et qui reste totalement isolé sur la scène internationale.
Déjà en septembre dernier, une tentative de "déstabilisation" annoncée par la radio, puis démentie par le pouvoir, avait échoué à Moroni.
En prenant le pouvoir "pour assurer la paix civile" à la suite de manifestations à Moroni contre les séparatistes de l'île d'Anjouan, le colonel Azali avait promis de faire appliquer les accords d'Antananarivo signés le 23 avril 1999 et censés résoudre la crise anjouanaise en créant "l'Union des îles Comores".
En mai 1999, il avait annoncé la date du 14 avril 2000 pour l'investiture du président du nouvel ensemble. Auparavant un référendum et des élections législatives devaient être organisés respectivement en décembre et février. Aucune de ces consultations n'a eu lieu.
En janvier, de leur côté, les dirigeants anjouanais qui avaient proclamé unilatéralement leur indépendance en août 1997, ont imposé un référendum pour rejeter les accords signés à Madagascar par les représentants de Grande Comore et de Mohéli, les deux autres îles de l'Océan Indien qui forment, avec Anjouan, la République fédérale islamique des Comores (RFIC).
Ni ce referendum, ni la déclaration d'indépendance, n'ont été reconnus internationalement.
L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) a annoncé l'entrée en vigueur mardi de nouvelles sanctions contre les dirigeants séparatistes anjouanais.
Ces nouvelles sanctions prévoient notamment des restrictions sur les télécommunications (coupure des lignes) et un embargo sur les hydrocarbures, les liaisons maritimes et aériennes.
Elles s'ajoutent à celles entrées en vigueur début février: gel des comptes bancaires des dirigeants séparatistes et rejet de leurs titres de voyage dans les pays membres de l'OUA.
L'OUA et la communauté internationale demandent aux anjouanais de s'associer aux accords d'Antananarivo et au colonel Azali le retour à l'ordre constitutionnel à Moroni.
QUI EST DERRIERE CE COUP DETAT AVORTE ?
Selon les premières informations, le capitaine Combo Ayouba n'est pas impliqué dans cette tentative de coup d'Etat. Nous vous rappelons que le capitaine Combo est un ancien de la GP garde prétorienne à lépoque de Bob Denard -. Ces derniers temps, le capitaine Combo était très actif. On se souvient de son voyage à Anjouan. Ce membre de la junte militaire a été accueilli à laéroport de Ouani Anjouan - par les anciens de la GP, aujourdhui membres de la garde rapprochée dAbeid, ce qui avait agacé le " chef de lEtat dAnjouan ".
Selon des informations proches des enquêteurs, il semble que les enfants d'Ahmed Abdallah ancien Président des Comores - ont joué un rôle important dans ce coup d'Etat avorté. Il s'agit de l'ancien ministre de la production, Mahamoud Ahmed Abdallah et de son jeune frère, le capitaine Abderemane Ahmed Abdallah.
Mahamoud Ahmed Abdallah a été arrêté dans la nuit de lundi à mardi vers 3 heures du matin. Quant à Abderemane, il l'a été un peu plus tard. Le lieutenant Delamy Saindou Benali est en cavale. Les personnes arrêtées sont détenues dans des lieux différents. Les militaires au camp de Kandrani et les civils à la Gendarmerie. Des rumeurs de coup d'Etat circulaient à Moroni depuis quelques temps déjà. Parmi les personnes arrêtées figure un ressortissant français originaire de l'île de la Réunion, Daniel Clerino. Il semblerait qu'un autre ressortissant français est activement recherché. Le nom de Saïd Saïd Hamadi, ancien ministre des finances ( au temps de Taki ) est également cité parmi les commanditaires de ce putsch. Saïd Saïd Hamadi qui jouit de la double nationalité ( française et comorienne ) a travaillé à l'ambassade de France à Nairobi avant d'être appelé par Taki pour être son argentier. Il réside actuellement en France.
Bob serait-il de la partie ?
On se souvient que lors de son dernier coup dEtat aux Comores, Bob Denard avait pris comme prétexte, être venu " délivrer " ses amis en prison. Parmi ses amis de lépoque se trouvaient les enfants Abdallah emprisonnés par le gouvernement de lépoque pour avoir fomenté un coup dEtat.
Certains observateurs franchissent le pas, en se demandant si cette fois-ci Bob viendra à nouveau délivrer les mêmes personnes emprisonnées ?
Lors du procès de Bob Denard, la famille Abdallah avait donné un coup de pouce à la personne qui a été accusée par la justice française davoir assassiné lancien président comorien. Lombre de Denard plane à nouveau sur cet archipel aujourdhui divisé et en proie à tous les vautours.
A ce jour, les hommes politiques proches de la famille Abdallah ont gardé le silence face à des évènements graves qui touchent lavenir de notre pays. Les enfants Abdallah ont-ils été manipulés par les forces de lombre ? Il est très tôt pour le dire.
Un communiqué du cabinet de la présidence comorienne et daté du mardi 21 mars accuse Saïd Saïd Hamadi, ancien ministre des Finances du président Mohamed Taki Abdoulkarim, décédé en 1998, d'être le cerveau de cette tentative de coup d'Etat. Il s'agissait d'une "aventure pitoyable" menée par "un groupe isolé au sein de l'armée" et dirigée par "un récidiviste, le capitaine Abderemane Abdallah", l'un des fils de l'ancien chef de l'Etat, précise le communiqué.
Le capitaine Abderemane Abdallah, son frère Mahamoud Abdallah, le "lieutenant Amjad" (sans plus de précision) ainsi qu'un Français originaire de l'île de la Réunion, Daniel Clerino, ont été arrêtés, ce dernier pour "complicité avec les auteurs présumés du soulèvement", ajoute le texte. Trois autres personnes en fuite sont "activement recherchées", ajoute la présidence sans précision.
Les autorités comoriennes auront-ils le courage de remonter jusquaux vrais commanditaires?
Azali en chassant par la force le pouvoir civil et en sobstinant de rendre le pouvoir aux civils na-t-il pas encouragé les appétits des militaires comoriens incapables de solutionner la crise séparatiste anjouanaise?
AZALI ETAIT AU COURANT DES PREPARATIFS DU PUTSCH AVORTE.
Le calme règne à Moroni depuis cette tentative de putsch dont les Comoriens n'ont eu connaissance que par la radio. Le Premier ministre comorien Bianrifi Tarmidi vient de lâcher le morceau en déclarant que"tout était connu à l'avance, les plans, les hommes, la date, tout", a-t-il affirmé.
Des "contacts directs" avaient été pris avec les principaux intéressés, "des activistes militaires et politiques" pour les dissuader de mener leur action, a-t-il ajouté.
Les putschistes "ont la nostalgie du pouvoir", a estimé le Premier ministre. "Ils ont tenté en 1992 de renverser le pouvoir, ils ont participé au coup d'Etat de 1995, et aujourd'hui ils sont en train de récidiver, c'est tout".
La tentative de coup d'Etat s'est déroulé alors que le colonel Azali est en pèlerinage à La Mecque.
Le Premier ministre comorien a estimé que le coup d'Etat manqué, le 19ème tenté depuis l'indépendance en 1975, "n'était pas un incident de parcours banal", mais "une affaire grave" dans la mesure où "c'est une atteinte à la sûreté de l'Etat".
Mardi soir, un communiqué du cabinet du chef de l'Etat avait présenté le putsch avorté comme "une tentative de soulèvement de quelques officiers subalternes entraînés par le capitaine Abdérémane Ahmed Abdallah (...) contre le régime en place" et "en faveur de Said Said Hamadi", un ancien ministre des finances du défunt président Mohamed Taki Abdoulkarim
Après la mort de Taki en octobre 1998, Saïd Saïd Hamadi avait engagé une procédure constitutionnelle pour tenter d'assurer l'intérim, en vain.
Daniel Clerino, lui, avait déjà été entendu par la police dimanche 19 mars et son passeport lui avait été confisqué, précise le cabinet. Il a été arrêté mardi après-midi dans un hôtel. Les trois personnes "activement recherchées" sont "le lieutenant Dahilou, surnommé Delami", "le sergent-chef Rosali" et un "Européen" dont l'identité n'a pas été révélée, se contente d'indiquer le cabinet de la présidence.
On est en droit de se demander si, ce prétendu coup dEtat nétait pas en fait de compte un guet à pan ? Que dire dun pouvoir qui déclare être au courant des plans, de la date et des auteurs de la tentative de putsch avorté et qui a laissé faire ? Sagit-il dun règlement de compte entre les différentes factions de ce qui reste de larmée comorienne ?
Le pouvoir du colonel Azali n'a été reconnu par aucune organisation internationale. De plus, la junte est confrontée à la crise séparatiste anjouanaise. Azali avait pris lengagement de restituer le pouvoir aux civils le 14 avril prochain. Il va sûrement profiter de ce putsch avorté pour se maintenir au pouvoir et essayer de museler ce qui reste de lopposition à son pouvoir illégal.
Selon un membre de l'état-major, des arrestations pourraient avoir lieu au sein de l'opposition politique dans les heures ou les jours à venir.
Abbas Djoussouf, ancien Premier ministre sous la présidence de Tadjidine ben Saïd Massounde, renversé en avril par le colonel Azali, a été convoqué mercredi 29 mars 2000 à la gendarmerie. Mais cet homme qui est aujourd'hui l'un des dirigeants de l'opposition au régime militaire, a déclaré qu'il ne s'y rendrait pas; "A moins qu'ils viennent eux-même me chercher", a-t-il précisé.
Le colonel Azali va vite oublier lengagement solennel quil a pris devant la nation toute entière de restituer le pouvoir au civil au plus tard le 14 avril 2000.
Le colonel est en ce moment en prise à sa propre contradiction. Lui, le putschiste va devoir punir des putschistes en faisant appel a la loi ! L'illégal va juger l'illégal en des termes qui se donneront le visage du légal.
LES REACTIONS FACE AU COUP D'ETAT MANQUE
Plusieurs réactions des partis politiques ou organisations de la société civile sont parvenues au siège de la rédaction de Comores Infos. Nous publions les réactions du Front Démocratique, du Comité Politique pour le Redressement de Ndzouwani et du RIDJA. Si d'autres réactions nous parviennent, nous les publierons dans notre prochain numéro.
DECLARATION DU FRONT DEMOCRATIQUE SUR LA TENTATIVE DE PUTSCH
Réuni mercredi 22 mars, en séance hebdomadaire, le B.E.N. du F.D a examiné les évènements survenus au camp de Kandaani dans la nuit du 20 au 21 mars, relatifs à la tentative de putsch. Il constate que ces nouveaux troubles surgissent comme pour contrarier le début dapplication du 2ème train de mesures de lO.U.A. à lencontre des séparatistes anjouannais.
Disons sans ambages que cette tentative de déstabilisation soulève lindignation des démocrates et des patriotes sincères par le fait que des troubles assombrissent lhorizon dune solution de la crise, mais elle appelle également la sereine réflexion sur les évènements pour éviter au pays la fatalité de coups dEtats mettant encore plus en péril lintégrité du pays.
Tentative de putsch manqué ou ballon dessai ?
La question mérite lattention des observateurs si on ne veut pas en rester sur les impressions dune nuit des dupes, étant donnée, dune part lattitude peu professionnelle des auteurs de la tentative du putsch dont certains sont présentés comme récidivistes ; et dautre part lattitude non moins ambiguë des contre attaquants et des autorités en général qui ont brillé par leur incapacité à arrêter les meneurs sur le champs, alors quon parle de cette affaire comme dun secret de polichinelle Mais par delà léchec lamentable des uns et lexcès de confiance dune victoire haut la main pour les autres, cest le sort du pays qui est en jeu.
Le Front Démocratique dénonce et condamne cette tentative de putsch qui na pour effet que de jeter un peu plus le pays dans lenfer de la déstabilisation permanente. Largument qui consiste à présenter le pays sous la férule loi de la jungle est inadmissible. Car cela ouvrirait la porte à toutes les aventures où les hommes sans foi à notre patrie, prendraient les devants de la scène politique, laissant la population désarmée, sans prise sur les évènements, alors quau contraire nous avons le plus pressant besoin de sa mobilisation.
Concernant les enjeux de pouvoir, le F.D. réaffirme sans ambages son attachement au retour à la légalité constitutionnelle. Mais cela doit provenir non pas par la voie dun coup dEtat mais plutôt aux termes dune négociation entre Civils et Militaires sous les auspices de lO.U.A.
Pour le F.D. lheure est au sursaut national de toutes les forces vives du pays pour une solution à la crise anjouannaise. La mobilisation populaire est lantidote à la loi de la jungle des coups dEtat qui nous éloignent toujours plus de la paix, de la démocratie et du développement social et économique.
Le F.D. en appelle à toutes et à tous pour agir, sortir le pays de la déstabilisation permanente, constituer le front uni le plus large pour appuyer dans limmédiat la mise en uvre des mesures de lO.U.A. devant entrer en fonction le 20 Mars et surtout travailler à la mobilisation des forces vives de la nation, nos forces armées en particulier, pour quen concert avec les pays de la région, lacte ultime de libération de lîle de Ndzuwani intervienne le plus tôt possible pour la sauvegarde de lintégrité, le rétablissement de la paix, la démocratie et des institutions viables. Le pays est au bord du rasoir entre le succès et léchec : échec si nous basculons dans la loi de la jungle des coups dEtat. Succès si nous réussissons , par la mobilisation des forces vives de la nation à amarrer le pays à lorganisation continentale : lO.U.A. et les pays de la région, clé de voûte de lunité, de lintégrité et de lindépendance aujourdhui menacées.
Le BN du Front Démocratique
Moroni le 24 mars 200
COMMUNIQUE DU CPRN A PROPOS DE LA TENTATIVE DE DESTABILISATION DU MARDI 21 MARS 2000.
Le Comité politique pour le Redressement de Ndzuani (CPRN) et les mouvements quil représente, à savoir le Collectif des Associations unionistes de la Communauté anjouanaise à la Grande Comore (le Collectif) et le Groupe dInitiative pour le Redressement du Mouvement anjouanais (le GIRMA), ont appris avec beaucoup de consternation et dinquiétude linformation relative à la tentative de déstabilisation du mardi 21 mars 2000.
Préoccupé par la durée de la crise séparatiste qui frappe les Comores et la dispersion toujours croissante des forces anti-séparatistes, le CPRN réaffirme sa conviction selon laquelle seul le rassemblement des unionistes, de toute tendance et de tout statut (politique, militaire ou civil), permettra de sortir le pays de la double crise séparatiste et institutionnelle où il se trouve aujourdhui.
Or on constate que, aussi bien à la Conférence dAddis-Abeba quà celle dAntananarivo, les forces politiques se sont présentées en rangs dispersés et que la Société civile a été marginalisée, avec comme conséquence la situation de blocage actuelle. Quant aux Forces armées comoriennes, jusque là considérées comme le dernier bastion pour sauver la nation, elles seffritent et vacillent, entraînées elles aussi dans les tiraillements pour des intérêts personnels et obscurs.
Autant dénergies gaspillées à sentre- démolir, pour encore une fois renforcer les rebelles séparatistes et leur laisser le champ libre dorganiser leur prochaine mascarade électorale prévue pour le 26 de ce même mois de mars 2000.
Sans parler de laffaiblissement des rangs unionistes que cela implique, à un moment où lon a besoin de se mobiliser pour mettre en uvre les dernières mesures prises par lOUA contre les séparatistes. Et pourtant le Collectif, le CPRN et dautres forces civiles et politiques nont jamais cessé, en vain, dappeler au rassemblement des unionistes et de prendre des initiatives dans cette optique.
Par voie de conséquence, considérant que tout acte de déstabilisation des Comores ne peut que renforcer les séparatistes de tous bords et que seul un dialogue sincère entre tous les Comoriens peut sauver la nation, le CPRN, comme il la toujours fait à de pareils moments, exprime toute sa répréhension face à la tentative de déstabilisation du mardi 21 mars 2000, tentative quil rejette et condamne de la façon la plus catégorique.
Le CPRN considère en outre que les crises séparatistes, politique et institutionnelle ont assez duré et risquent de compromettre, de jour en jour, les chances et les possibilités de sortie de crise. Il rappelle par ailleurs quil appartient à toutes les forces vives de la nation comorienne, quelle que soit leur tendance, de participer à la réconciliation nationale et à la reconstruction du pays. Lhistoire actuelle a en effet montré que toute exclusion ne peut que handicaper lavenir politique, social et économique des Comores.
Le CPRN appelle donc de toutes ses forces les organisations politiques et de la Société civile, ainsi que le Gouvernement comorien, à louverture du dialogue le plus large et le plus sincère de tous les Comoriens, pour que soient sauvegardées lunité et lintégrité des Comores.
COMMUNIQUE DU PARTI RIDJA
Le RIDJA sélève fermement contre la tentative de coup détat à Moroni (Comores)qui sajoute à une triste série depuis 1975,condamnant ainsi le peuple comorien à vivre perpétuellement dans une incertitude et dans une instabilité permanentes.
Ont-ils du cur, ceux qui lont organisé ? Ne se rendent-ils pas compte que ce pauvre pays, réduit à sa portion congrue par une désagrégation dont les responsables sont certainement impliqués dans ce " coup de grâce " heureusement raté, a plus besoin dintelligence pour le sauver que de barbarie pour lachever?
Le RIDJA est convaincu quun jour, pas tellement lointain, viendra où la justice sera faite au nom du peuple comorien si longtemps martyrisé par des arrivistes quinspirent les méthodes de la mafia.
Le Président
Ali MLAMALI enseignant au Port
LE COUP DETAT MANQUE AUX COMORES VU PAR LA PRESSE
REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES : COUP DETAT MANQUE
Dans la nuit de lundi à mardi, une faction de militaires conduits par deux des fils du défunt président Abdallah a tenté de prendre le pouvoir, profitant d'un voyage du colonel Azzali à la Mecque et en Arabie Saoudite. Après quelques échanges de coups de feu, la prise de la radio et de la poste centrale, les militaires des Forces armées comoriennes restés fidèles au pouvoir en place ont arrêté les insurgés qui ont rendu les armes sans effusion de sang.
Le colonel Azzali paraît assez sûr de son emprise sur le pouvoir au sein des restes de la République fédérale islamique des Comores. En effet, en dépit d'une tentative de putsch perpétrée par deux des fils de feu Ahmed Abdallah, la dix-neuvième depuis l'accession de ce pays à l'indépendance en 1975, l'actuel chef de l'Etat comorien n'a pas précipité son retour à Moroni. Il serait actuellement reçu par les autorités d'Arabie Saoudite, après avoir accompli un pèlerinage à La Mecque.
Le colonel Azzali est attendu à Moroni en fin de semaine. En son absence, une faction de militaires hostiles à son régime et dont on pensait, hier matin à Moroni, qu'ils étaient favorables au colonel Mahamoud Mradabi, ex-directeur des hydrocarbures, limogé l'an dernier par le colonel Azzali, a tenté d'abattre le régime putschiste instauré par l'actuel maître de Moroni, le 30 avril 1999. Le colonel Azzali avait alors renversé le président par intérim Taddjidin Bensaïd Massoundi, lequel assurait tant bien que mal l'ordre constitutionnel suite au décès du président Taki.
Ce putsch était intervenu à la suite de la sécession d'Anjouan et de Mohéli, alors que les différents protagonistes des affaires comoriennes venaient de négocier l'accord d'Antananarivo, sous l'égide - contestée par les anjouanais - de l'OUA. Il est à noter que le régime du colonel Azzali n'a été pour l'heure reconnu par aucune des instances internationales dont l'influence est reconnue aux Comores.
UN RESSORTISSANT FRANÇAIS ARRÊTÉ
Le colonel Azzali avait depuis belle lurette placé sous surveillance les remuants fils du président Abdallah. De fait la tentative de putsch avortée a, entre autres, conduit à l'arrestation de Mahmoud Ahmed et à celle d'Abderrahmane Abdallah, lieutenant des FAC qui n'avait jusqu'alors pas manifesté de grande ambition politique, contrairement à son frère Soilih Raffick, qui avait été blessé, il y a quelques années, d'une balle dans la cuisse, lors d'un "coup" manqué, par l'un des anciens lieutenants de Bob Dénard, Dominique Malacrino, alias "commandant Marquès". Ce dernier se trouverait actuellement sur la zone. Les autres membres de la fratrie Abdallah sont actuellement hors des Comores: Cheik est à Paris; Nassuf, ambassadeur des Comores, en République sud-africaine.
En fin d'après-midi, la piste Mahamoud Mradabi semblait devoir être abandonnée, son fils, capitaine de gendarmerie, participant lui-même aux opérations visant à l'arrestation des insurgés. Il apparaîtrait même que son nom aurait été invoqué par les officiers putschistes pour motiver leurs troupes à agir contre un "coup de main" attribué au même Mradabi, et donc pour défendre le pouvoir d'Azzali !
Toujours dans le cadre des rumeurs qui font tout le charme des Comores, un ressortissant français aurait été arrêté en même temps qu'Abderrahmane Abdallah, sans que la moindre information sur son identité ait pu être obtenue. Un second serait également recherché.
Officiellement les mutins n'auraient à subir que des sanctions qualifiées de "douces" par l'entourage du colonel Azzali. Pour un coup d'Etat manqué aussi rocambolesque, c'est heureux.
Philippe Le Claire
et Mohamed Kamardine
Instabilité chronique ?
La RFIC, partiellement démembrée avec la sécession d'Anjouan, placée au ban de la communauté internationale du fait du caractère putschiste du régime d'Azzali, suscite des commentaires divergents selon les observateurs. Si vu de Paris, le récent putsch serait synonyme de renforcement du régime d'Azzali, l'armée lui étant restée fidèle en dépit de son absence, ce n'est pas l'avis de l'ancien ministre de l'Intérieur du président Taki, M. Achirafi Saïd Hachim, leader du Rassemblement Démocratique aux Comores (RDC), actuellement de passage à la Réunion. Selon lui, "Cette tentative de putsch procède de la gestion même d'Azzali qui ne contrôle même pas son armée. De plus, la complicité Azzali/Abeid inquiète les Comoriens qui vivent mal la sécession d'Anjouan. Azzali n'a pas les capacités d'un chef d'Etat, et après un an de pouvoir, rien n'a changé et la RFIC ne se dirige pas vers la restauration de la démocratie. Il a perpétué l'illégalité. Le coup des frères Abdallah en est la conséquence directe.
Le RDC réaffirme la nécessité du rétablissement de l'ordre constitutionnel, le rappel du président du conseil national de la République au poste de président par intérim et l'organisation d'élections présidentielles dans le cadre prévu par la constitution. Telles sont les orientations qui ont été réaffirmées les 4 et 5 décembre derniers, par les militants du RDC, au Club des Amis, à Moroni"
Dix-neuvième tentative de coup d'Etat depuis 1975
Tout a commencé hier mardi vers 4 heures du matin lorsque certains habitants de la partie septentrionale de la capitale, Moroni furent réveillés par des coups de feu qui ont duré quelques minutes. Et ce, non loin du camp militaire de Kandani, le principal camp militaire du pays. Des coups de feu qui ont fait comprendre à beaucoup d'entre eux que quelque chose était en train de se passer. Immédiatement, les liaisons téléphoniques tant à l'intérieur du pays qu'avec l'extérieur allaient être suspendues, à l'initiative des forces loyalistes qui patrouillaient dans les rues de Moroni. Le nombre de militaires gardant les bâtiments publics était également renforcé. Et au lever du jour, des attroupements s'étaient formés un peu partout dans Moroni.
Beaucoup de gens avaient l'oreille collée à leur transistor à l'affût d'un éventuel message. Mais en vain. L'absence d'informations sur Radio Comores sur ces événements avait donné lieu à toutes sortes de spéculations. Radio Comores avait continué à émettre ses programmes habituels comme si de rien n'était. Peu de temps après, ordre allait être donné aux militaires de retourner au camp de Kandani, le principal camp militaire du pays. Et la situation était retournée à la normale. Les gens ont commencé à vaquer à leurs occupations. Les magasins et les bureaux ouverts. Mais il a fallu attendre la fin de la matinée pour commencer à comprendre ce qui s'est réellement passé dans la nuit de lundi à mardi. Dans un communiqué lu sur les ondes de Radio Comores au terme d'un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a parlé plutôt d'incident" et "d'actes subversifs".
L'armée comorienne a donc déjoué hier la dix-neuvième tentative de coup d'Etat depuis l'accession de ce pays à l'indépendance en 1975. Cependant, le calme était revenu en milieu de matinée avec l'ouverture des bureaux et des magasins.
M.K.
JIR-Mercredi 22 Mars 2000
L'AVENIR STATUTAIRE DE MAYOTTE
Le statut de Mayotte est en train d'être débattu au sein du parlement français. Le gouvernement comorien connaissait les projets de la France depuis le dernier sommet de la COI tenu à la Réunion au début du mois de Décembre 1999. Après avoir gardé un long silence dont il conserve seul le secret, le gouvernement comorien vient de publier un communiqué réaffirmant la revendication de l'Etat comorien concernant cette île.
LE STATUT DE MAYOTTE DEVANT LE PARLEMENT FRANCAIS
Le projet de loi du gouvernement français concernant le futur statut de Mayotte a été déposé devant le parlement . Le Sénat a adopté le jeudi 23 mars 2000 à une écrasante majorité ( 266 pour, 50 contre et 2 abstentions) le projet de loi prévoyant l'organisation à Mayotte d'une consultation de la population sur un nouveau statut de "collectivité départementale" destiné à rapporter cette collectivité territoriale du droit commun français.
Seul le groupe de l'Union centriste, auquel appartient Marcel Henry a voté contre le projet de loi qui doit être examiné par l'Assemblée Nationale le 6 avril.
Les mahorais seront invités à dire, lors d'une consultation organisée d'ici au 30 juillet, s'ils approuvent "l'accord sur l'avenir de Mayotte".
Le nouveau statut qui préservera la spécialité législative de l'île, est prévu pour une période de dix ans, à l'issue de laquelle il pourra être redéfini. M. Queyranne a déclaré que "toutes les options, y compris le statut de DOM, sont possibles" au terme de cette période transitoire après avoir rappelé que "la question de Mayotte se pose depuis près d'un quart de siècle".
Le sénateur Marcel Henry et le député Henry Jean-Baptiste ont critiqué le texte gouvernemental en soutenant qu'il ne prévoit pas explicitement la possibilité pour les Mahorais de choisir le statut de département. Ils ont prévenu qu'ils feront campagne contre l'accord du 27 janvier 2000.
Le sénateur guyanais Georges Othily (RDSE), à l'instar des orateurs des autres groupes, a souligné les inconvénients du statut de DOM, estimant que "chaque collectivité d'outre-mer doit désormais pouvoir évoluer vers un statut différencié".
Les bulletins de vote portant la mention "oui" ou "non" devaient être imprimés sur des papiers de couleur différente, comme c'est habituellement le cas dans cette île où près de 40% de la population ne sait pas lire et où 75% des habitants ne parlent pas le français.
Le maintien de la présence française à Mayotte a été condamné à maintes reprises par l'Organisation de l'Unité Africaine, la Ligue Arabe, la Conférence des Pays Islamiques et l'Organisation des Nations Unies. Elles ont refusé systématiquement de reconnaître la validité des différents scrutins organisés par la France sur cette île de l'archipel. En programmant la prochaine consultation à Mayotte, le gouvernement français prend le contre-pied de nombreuses résolutions votées par ces instances internationales.
LA REACTION DU GOUVERNEMENT COMORIEN SUR L'AVENIR STATUTAIRE DE MAYOTTE
REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE Moroni le 15 mars 2000
DES COMORES
MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET DE LA COOPERATION
COMMUNIQUE SUR LA QUESTION DE L'ILE COMORIENNE DE MAYOTTE
Le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération de la République Fédérale Islamique des Comores a appris avec étonnement et consternation la volonté des autorités françaises de faire adopter incessamment un nouveau statut de l'île comorienne de Mayotte.
Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération rappelle que faisant suite a l'Accord sur l'évolution de l'Archipel des Comores du 13 juin 1973 signé entre les autorités françaises et les dirigeants comoriens, et, conformément aux recommandations et résolutions pertinentes de l'Organisation des Nations Unies et au droit reconnu aux peuples et territoires colonisés d'accéder à l'indépendance et à la souveraineté internationale, le peuple comorien, au cours de l'unique et légitime consultation d'autodétermination du 22 décembre 1974, s'est largement exprimé en faveur de l'indépendance de l'Archipel des Comores, qui a été d'ailleurs entérinée par l'Assemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution 3385(XXX) du 12 novembre 1975, reconnaissant l'Etat comorien, composé des Iles de Mayotte, Anjouan,Grande Comore et Mohéli.
Le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération regrette que depuis cette date, la France, en violation flagrante du droit international, et du principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation, s'est accaparée de l'Ile comorienne de Mayotte, l'administre et s'obstine à y organiser périodiquement, des "consultations" qui sont, de regrettables manuvres dilatoires qui ne sauraient en aucun cas soustraire l'île de Mayotte de son ensemble naturel, historique et juridique.
Le gouvernement comorien regrette et condamne la consultation prévue en vue de l'adoption d'un nouveau statut de Collectivité Départementale pour l'Ile de Mayotte et estime que la stabilité, le développement, l'avenir de cette Ile comorienne sont dans son destin commun avec les trois autres Iles de l'ancienne entité coloniale, pour ensemble et unies participer a l'intégration régionale.
Le gouvernement comorien rejette également et systématiquement toute consultation, toute disposition qui ne sera pas conforme au droit international et qui tendra à violer l'unité nationale et l'intégrité territoriale des Comores.
Le Gouvernement comorien renouvelle sa volonté ferme et sa disponibilité permanente à oeuvrer, avec toutes les bonnes volontés pour la recherche d'une solution juste, rapide et équitable à ce contentieux regrettable qui oppose la France et les Comores, pays profondément unis par un passé commun, une langue et une culture partagées et par une solidarité réelle, vécue à travers les liens séculaires d'amitié et de coopération qui existent si heureusement entre eux.
Le Gouvernement de la République Fédérale Islamique des Comores est convaincu que le règlement de la question de l'Ile comorienne de Mayotte, passe par un dialogue bilatéral, franc, et sincère. Aussi, lance-t-il à cet effet un appel pressant à la France pour une concertation positive qui aiderait de beaucoup à la consolidation de la paix et de la stabilité dans la nouvelle entité comorienne en création.
Le Gouvernement de la République Fédérale Islamique des Comores épris de paix et de justice, invite toutes les parties prenantes à ce conflit, notamment la France, l'Organisation des Nations Unies et l'Organisation de l'Unité Africaine, à conjuguer leurs efforts pour trouver une solution rapide, juste et durable à la balkanisation des Comores, qui constitue un obstacle majeur et permanent à leur développement et un facteur grave de déstabilisation et d'insécurité pour le pays et pour la sous-région.
LU DANS LA PRESSE
RECOMPOSITION DES ALLIANCES : QUI COURTISE QUI ?
Le front démocratique trouve au colonel " les vertus dun homme animé de bonnes intentions et capable de mettre le pays sur les rails ". Le Parti républicain tout en se taillant la part du lion dans le nouveau régime est, officiellement, à lopposition. De létranger Mchangama continue de signer les déclarations appelant à lapplication de laccord de Tana et au " retour à la normalité ". Manifestement entre lopposition et le pouvoir quelque chose est en train de se passer.
Depuis quelques mois, la présidence de la République sactive, ne lâche pas la pression pour composer avec des partis solidement implantés en vue dun énième remaniement. Après louverture aux partis politiques, lentourage du colonel sest rendu compte que les partis hâtivement crées et ceux qui sont nés dun schisme conjoncturel ne représentent pas grand chose et nont aucune influence politique et encore moins électorale.
Des négociations vont donc bon train pour sattirer la sympathie des partis comme le FD de Moustoifa Saîd Cheikh, pourtant reconnu comme anti-putschiste.
Dailleurs, ce parti a exclu avec fracas, un de ses dirigeants, Abdou Soefou, pour avoir accepté de faire partie du gouvernement composée à la suite du coup dEtat des militaires. Cet acte extrême (lexclusion) ne sied pas avec les négociations daujourdhui.
Lattitude confuse a valu à la direction du parti les critiques dun groupe de réformateurs qui sinterrogeait sur le revirement de leur formation politique : " Pourquoi Soefou est mis en quarantaine par la direction du Parti qui continue, parallèlement à la campagne haineuse contre lui, à négocier avec le colonel AZALI pour faire partie de son équipe ? ".
Cette information gardée confidentielle se confirme, le FD est en négociation avec le pouvoir en place mais ce parti a du mal à conclure, ce dernier pose des exigences que le colonel est incapable de tenir.
Front uni contre la France
La problématique du poste de Premier ministre et des quatre ministères occupés par des originaires de lîle de Mohéli est difficile à remettre en cause, la stabilité de cette île étant une garantie de survie du régime. Après léchec cuisant des négociations avec le colonel Abeid, Azaly refuse de provoquer le petit accroc qui risque de réveiller les susceptibilités de la coordination politico-administrative de Mohéli, signataire de laccord dAntananarivo, même si ses proches collaborateurs admettent que la primature tarde à devenir un centre dimpulsion des décisions gouvernementales. Il est par contre difficile de souvrir aux partis en leur offrant la portion congrue dans la gestion des affaires publiques. Tout cet exercice déquilibriste paraît, pour le moins, difficile pour le colonel. Le FD, qui a pris linitiative de contacter les partis de lopposition pour une reprise du dialogue avec le pouvoir, propose la composition dune sorte de front uni contre la France. Cette nouvelle approche politique est pressentie par leur partenaires de lopposition comme " une fuite en avant et non une politique cohérente bien pesée ".
Cest la dernière trouvaille, selon certains pour " justifier une probable participation au gouvernement ".
Les autres arguments politiques et économiques, notamment la résolution de la crise séparatiste (Anjouan continue à organiser les élections) et les résultats de la gestion financière (les deux mois de 1999 sont gelés et le paiement de janvier nest pas encore achevé), ne tiennent plus désormais.
Il fallait trouver un motif mobilisateur pour composer avec Azaly.
Franche implication du PRC
Le " combat contre la France " a plus de chance de plaire. Le Comité dEtat qui a, à plusieurs reprises, sollicité le concours de la France na jusqualors rien obtenu de tangible, la France préférant traiter directement avec lOUA. Or la résolution de la crise séparatiste, qui passe par une critique tout azimuts contre la politique française aux Comores, nest pas du goût de tout le monde. Reste à savoir si le colonel se laissera " embarquer dans ce bateau " comme on dit dans le jargon comorien. Il nen demeure pas moins que le parti de Moustoifa est séduit par le colonel. Le FD trouve en lui " les vertus dun homme animé de bonnes intentions ", autrement dit, capables de mettre le pays sur les rails.
Le parti républicain de Mchangama a la part belle dans ce nouveau régime. Il ne se passe pas une semaine sans quun de ses membres nobtient une promotion ou soit nommé à des postes importantes. Pourtant le PRC est, officiellement, à lopposition et continue de signer les déclarations de laccord de Tana et au " retour à la normalité ". Le leader du parti à létranger a pourtant signé la déclaration dAddis Abeba qui réitère les recommandations de laccord de Tana et soppose toujours à une participation de son parti dans une " équipe gouvernementale " dun régime issu du coup dEtat. Mais les partis qui se sont impliqués dès la première heure semblent, pour le moins, irrités par les nominations de membres issus du PRC alors que leur leader continue à afficher des positions dures contre le régime. Jusquici, ce parti a évité de provoquer une scission, mais certains pour sauver leurs postes, élèvent de plus en plus la voix et veulent une implication officielle du PRC dans la gestion du pouvoir.
Concernant le PCDP-Dajamnazi de Ali Mroudjaé, après le congrès tenu en 1999, lon a trop longtemps attendu les conclusions de " la commission denquête chargée de statuer sur le cas de Mohamed Ahamada ", dirigeant de ce parti nommé conseiller politique du colonel, puis conseiller chargé de lenvironnement et de la jeunesse. Le PCDP avait promis de prendre une décision sur ce cas.
Il est vrai que le parti était des plus virulents contre le putsch des militaires. Mais depuis, plus rien et la commission sest empressée de se faire oublier. Lon apprend également que la parti de Mroudjaé nécarte pas lidée de composer avec le colonel une fois les objectifs clairement fixés. Le départ du leader à létranger a quelque peu perturbé les pourparlers. Il faut noter quen privé, des responsables nient avoir ouvert des négociations avec le pouvoir.
Dautres tentatives sont menées envers les autres partis, mais nont rien donné de concret. Le Parti dAbbas Djoussouf sen tient à lapplication des accords de Tana qui se traduirait par le retour de lordre constitutionnel. Les autres partis composant lopposition continuent à faire bloc depuis la signature de la résolution au club des amis, demandant le retour à la normalité républicaine.
Si le colonel Azaly réussit à impliquer ces deux partis, le FD et le PCDP-Djamnazi (les deux partageaient le pouvoir déposé par le colonel), on peut donc lui tirer le chapeau.
La Gazette des Comores du 2 au 8 mars 2000
Ahmed Ali Amir.
La presse malgache contre le séparatisme
Nous réitérons ici notre crainte de voir ce pays, qui a choisi l'autonomie des provinces, suivre le chemin des Balkans ou, si près de nous, celui des anjouannais. C'est le moment où jamais de souder, de raffermir encore un peu plus l'unité nationale. Et malgré les risques que représentent les provinces autonomes, tout Malgache qui se respecte doit faire taire ses origines. La sagesse légendaire de ce peuple doit être à tout prix préservée.
La Tribune de Madagascar
A TRAVERS NOTRE REGION
Nous reprenons ici un important article publié par notre confrère Korail Océan indien numéro hors série de décembre 99/ janvier 2000 consacré à la commission de locéan indien. Nous inaugurons ici un partenariat avec notre confrère Korail Océan Indien, le magazine de la coopération régionale.
QUINZE ANS DE COOPERATION REGIONALE suite -
DANS LE CONTEXTE DE LA MONDIALISATION
La réflexion développée lors du colloque de Mahé a entraîné également des modifications institutionnelles dimportance : la réunion ministérielle devient le Conseil de la COI ; les organes de liaison sont transformés en un comité des officiers permanents de liaison (O.P.L.), hauts fonctionnaires responsables dans leurs pays respectif de la coopération ; un secrétariat général chargé de gérer lactivité de la C.O.I. en étroite liaison avec les O.P.L. est crée.
Cependant le monde a bougé. Le principe de la mondialisation sest imposé, les règles du commerce extérieur ont évolué et abouti à la mise en place de lOrganisation Mondiale du Commerce (O.M.C.). Et parallèlement développées dans locéan indien : Communauté du développement dAfrique Australe (S.A.D.C.), Marché commun dAfrique Australe et Orientale (COMESA), Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation (I.O.R. ARC), à laquelle appartiennent certains Etats membres de la C.O.I. Il importait donc de réfléchir, lors de la 14ème session du Conseil des ministres de la Commission de lOcéan Indien, le 28/29 avril aux Seychelles, à lavenir de lorganisation régionale.
Une étude a été confiée au Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM). Elle a été réalisée à partir de nombreux interview de personnes ressources des cinq pays membres de la Commission de lOcéan Indien et dun atelier qui sest déroulé le 3 février 1998 à Antananarivo. Cette étude a débouché sur un livre blanc intitulé " lavenir de la COI Réflexion stratégique sur la coopération régionale dans les dix prochaine années ". Les orientations suggérées dans ce livre ont été adoptées par le conseil de la commission de lOcéan Indien, qui sest réuni à Maurice en juin 1998.
Durant ces quinze dernières années, la commission de locéan indien a écrit les premiers chapitres dune histoire qui a permis à des hommes et des femmes dont une partie de la culture et de lhistoire est commune, de mieux se connaître, de travailler ensemble, dengranger des résultats non-négligeables.
Aujourdhui souvre sans contexte possible une nouvelle ère. Une démarche dintégration régionale est engagée pour que les Etats membres puissent relever ensemble les défis de la mondialisation.
La COI sefforce de faire valoir auprès de ses partenaires régionaux (COMESA, SADC) ou internationaux (Union Européenne Programmes des Nations Unies) la spécificité de ses Etats membres liée à linsularité.
Elle sappuie également davantage les initiatives du secteur privé, des associations et des communautés locales de la région pour que toutes les forces vives de la région contribuent à lobjectif fondamental de la COI : le développement durable et le rapprochement de ses Etats membres.
Cest un nouveau défi qui est posé aux autorités de cinq pays membres de la Commission de lOcéan Indien.
ECONOMIE
LA FUITE DES CERVEAUX EN AFRIQUE, LE CAS COMORIEN
La commission économique des Nations unies pour lAfrique (CEA) estime à 20.000 professionnels qui quittent chaque année le continent africain pour des pays développés.
"D'une fuite des cerveaux, nous devons parvenir à un gain des cerveaux sous peine d'être marginalisés", a déclaré à Addis Abeba Joseph Ngu du département d'analyse des politiques économiques et sociales de la CEA, qui a organise le mois dernier une conférence régionale africaine sur ce thème.
L'émigration des professionnels s'est nettement amplifiée ces dernières années, en raison à la fois de conditions économiques défavorables, de l'instabilité politique et de la répression en matière des droits de l'homme. Selon un rapport de 1993 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plus de 21.000 médecins nigérians exercent aux Etats-Unis, alors que le système de santé du Nigeria manque cruellement de professionnels. 60 % des médecins ghanéens formés localement dans les années 80 ont quitté le pays, souligne ce même rapport.
Toujours selon l'étude du PNUD, 100.000 experts étrangers travaillent en Afrique alors que 100.000 africains "qualifiés" travaillent en Europe et en Amérique du nord. Selon les organisateurs, l'Afrique a perdu 60.000 professionnels (scientifiques, docteurs, ingénieurs, spécialistes de la technologie) de 1985 à 1990. "Nous avons deux choix, soit abandonner et être complètement marginalisés, soit adopter des mesures concrètes et créer un environnement que les professionnels africains n'aient pas envie de quitter", a affirmé M. Ngu.
La conférence, qui sest tenu à Adis Abeba avait réuni des experts, universitaires, représentants des secteurs publics, privés, d'ONG ainsi que d'organisations internationales afin d'examiner l'impact de la fuite des cerveaux sur le développement de l'Afrique et les moyens de le contenir.
"Il y a un consensus pour le développement des capacités et des initiatives existent mais pas de façon cohérente et il y a un manque d'actions systématiques et de coordination", a précisé l'analyste de la CEA.
Fin novembre, le président sénégalais Abdou Diouf avait plaidé en faveur de l'adoption par les pays africains de "politiques scientifiques vigoureuses" pour mettre fin à la fuite des cerveaux vers les pays développés.
"Il y a beaucoup d'Africains qui reviennent et de nombreux africains de la diaspora veulent travailler avec leur pays d'origine", a estimé Joseph Ngu, estimant nécessaire d'offrir, par exemple, des rémunérations régulières et décentes aux professeurs d'université et de ne pas les soumettre à des "harcèlements" politiques ou des tracasseries.
Au cours de la conférence, plusieurs types d'approches et d'expériences ont été étudiées et des modalités d'application de stratégies seront proposées aux gouvernements.
Le cas comorien mérite une attention particulière de la part des dirigeants politiques de ce petit pays de locéan indien. Le développement des Comores passe aujourdhui par une stabilité politique indispensable au retour au pays des professionnels comoriens résidents essentiellement en France pour contribuer au développement des Comores de demain.
Il est grand temps que cette question sensible fasse partie des préoccupations des décideurs de ce pays. Les partis politiques, les organisations de la société civile doivent intégrer la nécessité de faire revenir les enfants des îles Comores pour apporter une contribution au développement de ce pays. Comores-infos est disposé à faciliter un débat public sur cette question importante de lheure. La diaspora comorienne a un rôle majeur à jouer dans ce débat important pour impliquer les professionnels comoriens où quils soient à sintéresser au devenir de notre pays.
Un autre aspect mérite notre attention, cest la question de la coopération entre le nord et le sud. Il est inconcevable que les pays du nord continuent à envoyer des professionnels du nord coupés des réalités du sud alors quun potentiel humain des professionnels du Sud travaillent dans ces pays européens et connaissent bien les réalités économiques et sociaux des pays du Sud. Hier on nous disait que les pays du sud nont pas des professionnels qualifiés pour justifier lenvoi des coopérants européens. Ce qui était valable dans les années 60/70 nest pas le cas aujourdhui.
La coopération entre le nord et le sud passe dorénavant par des mesures concrètes dincitation au retour des professionnels du sud qui travaillent dans les pays européens. Comme certains pays du nord manquent de main duvre qualifié cas des USA -, ces pays préfèrent demander le retour des étrangers peu qualifiés cas de la France avec laide au retour pour soit disant aider les pays du sud. Le débat est ouvert et nous sommes disposés à publier les contributions des uns et des autres afin de sensibiliser les décideurs sur lurgence de trouver des solutions à cette question pertinente.
DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES
MAYOTTE : LA FRANCE DANS LILLEGALITE
Le lundi 28 janvier, dans une salle de conférence de luniversité "American University" à Washington, Michel Rocard, ancien Premier ministre français, accompagné dune délégation composée de divers diplomates Africains, parmis lesquels ceux du Mali et du Rwanda, prononce une allocution intitulée " Le Fléau des Armes Légères : Qui les vendent? Qui sont les Victimes?". Cette initiative entre dans le cadre de la "Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères". Le but final du périple américain du diplomate de lUnion Européenne est de présenter et promouvoir une "approche globale de contrôle des armes légères" qui aiderait à résoudre les conflits en cours de part le globe.
Le thème étant dactualité, une association détudiants en science politique de luniversité (The Kennedy Political Union) a saisi loccasion pour linviter a donner une allocution sur ce thème. Des personnalités de diverses horizons sont régulièrement invités, mais pour ma part, cest la première fois, depuis que jai repris mes études à lAmerican University en 1996, que je participe à une allocution donnée par une éminente personnalité française. Et lorsquil sagit de Michel Rocard, qui sest activement impliqué dans la crise comorienne, je navais aucune excuse de rater son discours.
Devant un auditoire composé détudiants, de diplomates, parmi lesquels ceux du Mali, du Rwanda, de lIslande, de la Croatie, du Burundi, de la RD du Congo et du Burkina Faso, ainsi que de journalistes, M. Rocard a démontré limpact dévastateur de la prolifération des armes illicites sur les pays en développement le plus souvent du Sud. Afin de lutter efficacement aux trafics darmes légères et ainsi aider à la résolution des conflits, M. Rocard a lancé "un appel à la communauté internationale afin quelle prenne les mesures nécessaires pour entamer un dialogue universel, compréhensif et non-discriminatoire pour un régime de contrôle sur les armes légères". Selon lui, les armes légères sont le choix préféré dans la plupart des conflits et sont responsables à 90% des sinistres causés par ceux-ci et dont la majorité des victimes sont des civils. Il a également démontré que la grande partie de ces armes proviennent des pays riches du Nord, au sein desquels il relève "un silence complice parmi ceux qui profitent politiquement et économiquement de ces situations", silence qui masque, selon lui, "des carnages abominables".
Face à cette montée de violence et la vitesse à laquelle les armes légères prolifèrent, M. Rocard propose, entre autres stratégies, de promouvoir "une approche régulatoire de coopération qui se baserait sur un régime de contrôle des armes légères (RCAL)". Celui-çi sappuierait sur des actions de prévention qui consisteraient, entre autres, dun Code de Conduite Internationale. Cette initiative est certes encourageante et elle est à saluer car elle représente un atout majeur pour aider à la résolution des conflits.
Cependant, aussi efficace quun tel code puisse paraître, beaucoup de conflits actuels de part le monde pourraient être résolus pacifiquement si le même code de conduite en matière de droit international, sous couvert des Nations Unies, est respecté. M. Rocard, en très bon connaisseur de la crise comorienne a parfaitement saisi limportance dun tel respect lorsque je lui ai fait la remarque que la crise sécessionniste à Anjouan est directement liée au statut de lîle comorienne de Mayotte. Et pour cause, il va même déclarer, en insistant que cest la première fois quil admettait ce fait devant un tel auditoire, que "au regard du droit international, ladministration de Mayotte par la France est illégale". Il va de soi que cette déclaration nest pas passée par loreille dun sourd car, comme pour bon nombre de mes compatriotes, la "question de Mayotte" est un facteur déterminant qui a contribué aux 25 années dinstabilité politique et économique de notre pays.
Cette déclaration, même si M. Rocard ne représente pas les vues du gouvernement français, est très importante. Dune part elle apporte un argument de poids à la thèse selon laquelle la France a toujours "muselé" la voix des Comores aux Nations Unies, et dautre part, lance un signal à la communauté internationale afin quelle adopte une nouvelle approche sur la question de Mayotte. Il va de soi, et ce nest pas nouveau pour nombre dobservateurs, que labsence dune diplomatie active de la part des diverses autorités comoriennes passées a renforcé la faiblesse des Comores sur cette question à lONU. Lactuelle administration comorienne issue du coup détat du 30 avril dernier en est lapogée.
En effet, comment comprendre que nos autorités, qui appelaient tambour battant en octobre dernier devant lassemblée générale des Nations Unies pour une résolution de la question de Mayotte, aient subitement abandonnée à poursuivre le débat? Comment comprendre que "la question de lîle comorienne de Mayotte" qui figurait déjà sur lordre du jour du 5eme comité de lassemblée générale sur la décolonisation depuis le 14 septembre, est, comme par enchantement, "reportée à la prochaine assemblée générale", cest à dire à la fin de lannée 2000, par délibération du 17 décembre?
Bien évidemment pour un observateur averti la réponse est clairement trouvée dans la formidable tournure quont pris les évènements ces dernières semaines avec la décision prise par les autorités françaises en janvier sur le vote de la nouvelle loi sur le statut de Mayotte.
Profitant de ce vide diplomatique comorien dans léchiquier international, la France peut aisément faire fi des résolutions de lONU et ancrer, à jamais, Mayotte dans sa constitution. Malgré ce constat, la porte pour engager un dialogue franc avec la France sur cette question nest pas vraiment close. Et cest là que la déclaration de Rocard est à analyser afin den saisir les cotés positifs.
Je ne doute pas un seul instant quun homme politique de la trempe de Rocard faillisse à prévoir leffet de ses propos. Certes il a été surpris par la présence dun comorien dans la salle, mais nen demeure pas moins quil a paru enchanté de répondre à mon interpellation à propos du rôle que joue Mayotte sur la crise actuelle dans notre pays. Dautant plus quil a demandé autorisation à laudience, dont la grande majorité ignorait jusquà lexistence dun pays du nom des Comores, délaborer sur sa réponse. Excellent connaisseur du dossier comorien, Mr. Rocard a, bien sur, brossé une brève mais efficace présentation politique et économique des Comores, en rappelant au passage son bref séjour à Anjouan en 1998.
Mr. Rocard avait en face de lui des étudiants avides de connaissance et une forte représentation diplomatique. Il ne pouvait pas ignorer le fait que la France est effectivement condamnée régulièrement par LONU pour son occupation de Mayotte. Certes, lon peut toujours dire que cela représente une certaine "hypocrisie" de la part dun ancien officiel français de reconnaître une faute pendant que lillégalité persiste. Toutefois lincapacité des gouvernements comoriens ces dernières années à provoquer un véritable dialogue en vue dun retour à long-terme de Mayotte à prouvé que derrière cette "hypocrisie" la responsabilité de nos gouvernants est très lourde.
Aujourdhui, plus que jamais, il est urgent que les comoriens se ressaisissent et se retrouvent pour quensemble, nous mettons fin à la disparition programmée de notre nation.
A mes compatriotes de Mayotte je leur lance cet appel à renouer ce dialogue avec leurs îles surs car en matière de droit international, pour reprendre les termes de M. Rocard, le statut de Mayotte, cet "accroc à laccord international sur le respect des frontières de la colonisation" (Al-Watwan No. 514, p. 4) est un problème qui doit être résolu.
Forcément! Et tant que la résolution des Nations Unies en matière de décolonisation sera en vigueur, le statut de Mayotte, même si lîle devient une "collectivité départementale" française, restera toujours, au regard du droit international, illégal. Il nest pas trop tard pour rectifier cette erreur de lhistoire. Il en va de la paix et la stabilité dans nos îles. La balle est lancée, à nous de la saisir.
Ali Youssouf Alwahti (*)
(*) Parallèlement à ses activités professionnelles dans diverses ONGs américaines (Assistant aux Programmes en Démocratie et Bonne Gouvernance, et tout récemment en Administration et Finances), Ali Y.A. poursuit des études en développement international à lAmerican University depuis 1996.
POINT DE VUE : LA LOGIQUE DE LA GUERRE SELON LES MILITAIRES DES COMORES
J'ai terminé un communiqué sur les partis politiques des Comores, le mardi 21 mars, en évoquant
la logique de la guerre, concept cher au philosophe pamphlétaire André Glucksman. Je me suis aperçu que ce communiqué est diffusé sur notre chère liste sur Internet, environ une heure avant le coup d'état de Kandani - Moroni.Cette coïncidence m'a amené à développer la réflexion sur cette "logique de la guerre", dans sa mise en uvre sur la scène politique des Comores .
Remarquons d'abord que c'est des militaires qui ont tenté de nous sortir de la crise du régime d'Azaly (c'est difficile d'en sourire, et pourtant!). En l'occurrence, sont mis en avant de la scène des militaires qui ont en même temps le pouvoir de l'argent. L'argent de feu Ahmed Abdallah ou du méchant Bob (peu importe!).
Le colonel Azaly, de retour au camp (oh, pardon: juste de retour de la Mecque) ne va pas tarder à juger les fauteurs de trouble de Kandani - Moroni. Ne doutons pas que ce qui lui importe c'est de nous expliquer des choses relatives aux buts des "fauteurs de coup d'état" (du style déstabiliser le pays ...). Il connaît la logique de la guerre (à chacun son métier) et ne manquera pas de sy référer: l'ordre est menacé, alors pour le bien du peuple, l'ordre doit être rétabli; et surtout il doit être maintenu (grâce aux militaires, cela va de soi ! ! !)
Mais le peuple, même abasourdi, se rend compte que le même colonel Azaly qui va défendre l'ordre dans son pays détient un pouvoir politique qu'il est sensé rendre aux civils ... en avril prochain. C'est donc à croire que le scénario du coup d'état manqué est une manuvre d'infantilisation. Au point où on en est ...
Le pseudo suspens, digne de ces mauvais metteurs en scène, se produira lors du discours justificatif d'Azaly: il tentera d' expliquer à son peuple que son maintien au pouvoir est justifié par des raisons de sécurité, des raisons d'état; de là la légalité de son régime "multi provisoire". Ceci saura t il palier à son manque de légitimité ?
Seulement, rappelons-nous que cette logique de guerre aura toujours pour finalité d'abuser le peuple: hier, l'ordre était menacé par le séparatisme d'Anjouan que Azaly "n'a pas su" résoudre; pendant son règne le désordre a été organisé à coups de privations de liberté, de multiples mesures vexatoires et antidémocratiques; aujourd'hui, l'ordre serait il menacé par le manque de cohésion ... des troupes militaires?
Même si nous avons la classe politique que nous ne méritons pas, ne nous laissons pas abuser par les enfants indignes de confiance.
Par Ahmédali Mabadi.
SANTE:
AGGRAVATION DU CHOLERA A ANJOUAN
Nous navons pas honte de nous répéter mais les informations qui nous parviennent de lîle dAnjouan sont préoccupantes. Le choléra connaît un développement tout à fait dramatique à Anjouan. La maladie se répand à une vitesse vertigineuse. Le 14 et 15 mars, la direction régionale de la santé et les ONGs ont organisé une tournée de lutte contre le choléra dans lensemble de lîle. La population reste mobilisée mais la maladie continue à faire des dégâts.
Voici lévolution du choléra depuis la mi-novembre jusquau 12/03/00 inclus.
District santé de Domoni : 467 cas dont 28 décès
District santé de Mrémani : 33 cas dont 2 décès
District santé de Ouani : 400 cas dont 13 décès
District santé de Tsembehou : 119 cas 13 décès
District santé de Mutsamudu : 583 cas dont Mutsamudu ville seulement 170 cas, 10 décès dans le district et 3 décès seulement pour Mutsamudu ville.
District santé de Sima : 7 cas
District santé de Pomoni : 7 cas dont 1 décès
CHR Hombo (contamination) : 3 cas
Soit au total = 1619 cas et 67 décès depuis la mi-novembre au 12/03/00 inclus.
La rédaction de Comores-infos renouvelle son appel à la mobilisation générale de tous les Comoriens et les amis des Comores pour se retrouver et aider la population anjouanaise qui souffre aujourdhui, compte tenu de l'entêtement aveugle des chefs séparatistes à ne pas respecter les exigences de la communauté internationale, dun isolement sans précédent. L'heure est grave. Nous devons agir vite avant que ça ne soit trop tard. Notre journal soutiendra toute initiative doù quelle vienne allant dans le sens de soutenir la population de lîle comorienne dAnjouan.
CULTURE
LITTERATURE
Les maquis de Franche-Comté
Aux Editions France - Empire par André Besson 294 p 130 F
"L'enquête qui a précédé la rédaction des Maquis de Franche-Comté m'a conduit aux quatre coins de cette province ainsi qu'en Bourgogne et en Bugey. Il m'a fallu frapper à la porte de dizaines de rescapés, susciter de nombreux témoignages écrits, recouper des renseignements afin de pouvoir recomposer le puzzle des événements dramatiques qui se déroulèrent dans cette région cruellement éprouvée par l'occupation.( ) Malgré toutes ces difficultés, j'ai persévéré dans mon entreprise. J'ai compris que je n'avais pas le droit de laisser s'enfoncer dans l'oubli des mémoires tant d'événements, tant de générosité, tant d'héroïsme. J'ai banni volontairement toute littérature, toute grandiloquence de cet ouvrage.
La relation des faits bruts se suffit à elle-même et les commentaires seraient superflus ou indécents. Les maquis de Franche-Comté est un livre écrit avec des matériaux de chair et de sang, inspiré par le courage, le sacrifice d'être venus de tous les horizons philosophiques et politiques qui n'aspirèrent qu'à une seule chose: libérer la France de l'occupant".
André Besson
La Franche-Comté fut une des premières régions françaises où se créèrent des maquis durant la Seconde Guerre Mondiale. Dès la fin de 1942, des dizaines de jeunes hommes traqués par la Gestapo et la police de Vichy trouvèrent refuge dans le Haut-Pays et commencèrent une lutte sans merci contre les nazis.
La Franche-Comté fût aussi, en 1942-43, le théâtre d'un extraordinaire pont aérien. Des Centaines de personnalités, dont la tête était mise à prix: Jean Moulin, le président Vincent Auriol, le général Delestraint, Henri Frenay, chef de combat, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, fondateur du mouvement et du journal Libération, Raymond et Lucie Aubrac s'envolèrent depuis des terrains clandestins, dans des conditions périlleuses, afin de rejoindre le général de Gaulle à Londres.
MUSIQUE
LE PRIX DECOUVERTE RFI 1999 ATTRIBUE A UN ARTISTE COMORIEN
Il aura suffi d'un seul album, immédiatement couronné par le prix "Découverte" de Radio France Internationale, pour que Mikidache, Mahorais d'origine malgache, se fasse une place sur la scène musicale. Entamant à vingt six ans une carrière pleine de promesses, ce jeune artiste livre des textes aux accents humanistes et mélancoliques, sur une musique baignée d'influences africaines, rock, blues, folkloriques. Une alchimie pouvant sembler très incertaine, mais offrant un résultat proche du délice.
Difficile de définir Mikidache. De par ses origines tout d'abord. Né à Mayotte, mais possédant des origines malgaches, le jeune homme passa ensuite de longues années en Grande Comore, avant de partir vivre en France. De par son langage ensuite. Que ce soit pour chanter ou tout simplement pour s'exprimer, Mikidache passe indifféremment du Mahorais au malgache, tout en utilisant allègrement le français et l'anglais. Une composante que l'on retrouve d'ailleurs dans le livret accompagnant son album puisque les textes s'y trouvent écrits en trois langues.
De par sa musique enfin. Aucune influence majeure ne se dégage de son premier album. Le jeune homme emprunte ainsi à toutes les sonorités qui ont bercé son adolescence. Depuis le rock jusqu'au folklore malgache, en passant par les musiques traditionnelles africaines ou latines, nombre de styles musicaux donnent du relief à ses compositions. Rarement l'appellation "World Music" n'aura aussi bien convenu que pour cette première réalisation baptisée "Kauli/Words".
C'est donc un artiste brillant, indéfinissable, et touche-à-tout génial que le prix "Découverte" RFI est venu honorer fin 1999.
Parfaitement accompagné par une troupe de musiciens, au sein de laquelle Pascal Pallisco à l'accordéon ajoute un joli charme suranné, Mikidache, le guitariste autodidacte, ainsi quatorze chansons, entre douces ballades et churs d'Afrique millénaire. Une vraie réussite.
Sorte de mariage entre toutes les vibrations musicales, ce premier album présente donc un très large éventail de rythmes, venant souligner magnifiquement les paroles de Mikidache (auteur-compositeur-interprète). Des textes révélant ainsi les interrogations d'un homme et l'incompréhension du jeune Mahorais dans sa contemplation du monde et des souffrances que les êtres s'infligent. De la joie teintée de nostalgie, de la douleur mêlée d'espoir, le tout posé sur un extraordinaire patchwork musical, tout l'univers et les inspirations de Mikidache se trouvent condensés dans cet album.
En l'espace de quatorze titres et de cinquante minutes, ce jeune Mahorais de vingt-six ans nous fait voyager dans son petit monde d'émotions et de rythmes. Superbe.
Le prix RFI est loin d'avoir été usurpé.
Question posée par nos confrères du Quotidien de la Réunion : "Dans le livret qui accompagne votre album, les textes sont écrits en trois langues (comorien, français, anglais), pourquoi avoir fait ce choix?"
Réponse de Mikidache: " Moi je suis partisan de l'ouverture à la base, j'aimerai uvrer pour l'abolition des frontières culturelles. Dans ma musique c'est la même chose, j'essaye d'ouvrir au maximum pour que la musique comorienne ou la musique de l'Océan Indien en général, soit "présentable", même ^si c'est malheureux de dire cela. C'est donc le but de ces traductions, cela est destiné à toucher le maximum de monde, car j'ai vraiment envie de faire une carrière internationale, même si cela peut sembler prétentieux. En tous cas je ne me vois pas à rester à m'enfermer à Mayotte ou aux Comores, j'ai envie de m'ouvrir à d'autres horizons".
Source Quotidien de la Réunion du 22/3/2000.
Comores-Infos souhaite bon vent à ce jeune artiste comorien dont la carrière paraît prometteuse.
NOS BREVES
LAFD prête 3 millions deuros au Tampon et Mayotte
L'Agence française de Développement (AFD) a annoncé un total de 9 millions d'euros (59,7 MF) de prêts pour financer des projets en Guyane, à la Réunion et à Mayotte.
Un communiqué précise que 3 millions d'euros (19,9 MF) ont été accordés pour contribuer au financement du budget d'investissement 2000 de la Région Guyane.
Trois millions d'euros seront accordés à la commune du Tampon pour participer notamment à un projet d'adduction d'eau, d'endiguement de ravines et la construction d'écoles primaires.
Enfin 3 millions d'euros iront à Mayotte pour des programmes dans les domaines de l'enseignement, de l'assainissement et de l'environnement.
Au total, souligne le communiqué, l'AFD a accordé 33 millions d'euros (219 MF) pour financer des projets outre-mer depuis le début de l'année 2000.
Les Comores sanctionnées
L'Organisation de l'unité africaine (OUA) a fait savoir qu'elle avait sanctionné huit Etats-membres pour défaut de paiement de leur cotisation.
Ces huit Etats, qui perdent ainsi leur droit d'assister ou de voter aux réunions de l'organisation panafricaine ainsi que de nommer des fonctionnaires à son secrétariat, sont la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, les Comores, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, Sao Tome et Principe et les Seychelles.
Onze Etats seulement sur 53 sont à jour dans leurs cotisations mais les huit membres sanctionnés sont ceux dont la dette envers l'organisation est la plus lourde.
"Le volume des arriérés semble augmenter à un rythme alarmant pour le fonctionnement normal de notre organisation, leur total s'établissant maintenant à plus de 58 millions de dollars", a déclaré le secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, dans un rapport au conseil ordinaire des ministres qui a pris les sanctions.
Actions destabilisatrice
Dans notre dernière édition, nous vous avons fait part darrestations des opposants dAbeid. Ces opposants qui militent pour laccord dAntananarivo ont été poursuivi par la justice séparatiste " de planification d'actions destabilisatrices et violentes à l'encontre du pouvoir en place à Anjouan " Ainsi va la démocratie dans cette île comorienne où tous les opposants nont pas droit de cité.
Expulsion dun ambassadeur de " lEtat dAnjouan "
Le pseudo ambassadeur plénipotentiaire MAKANI du soit disant " Etat d'Anjouan " a été expulsé de Madagascar manu -militari via l'aéroport de Dzaoudzi Mayotte - ou il a été immédiatement incarcéré dans le centre de détention réservé aux clandestins. Ce " diplomate " indésirable a été expulsé le 18/3/00. Quelle coïncidence, il a fait le même trajet que son prétendu Président Abeid. Le diplomate anjouanais a pris le même bateau que plusieurs comoriens expulsés de Mayotte. Que cest triste, ces français ne respectent même pas les diplomates. Abeid devrait saisir le conseil de sécurité de lONU.
Mayotte napplique pas les sanctions de lOUA un exemple -
Notre journal avait pris lengagement dêtre très attentif de lapplication des sanctions de lOUA à lencontre des chefs séparatistes. Nous sommes en mesure de vous dire que le garde du corps dAbeid se trouve actuellement sur lÎle de La Réunion. Ce dernier est passé par Mayotte et a pris lavion pour arriver sans être inquiéter.
Ce qui fait dire aux séparatistes anjouanais quils ont laccord explicite de La France pour continuer la déstabilisation des Comores. Dautres disent à Anjouan quil sagit dune préparation dune porte de sortie dAbeid prêt à quitter lîle en cas de pépin -. Et les autorités françaises pourront nous dire quAbeid est français, il peut calmement rentrer à Toulouse. Ainsi donc, un citoyen français peut aller commettre des exactions dans un pays étranger et rentrer à la maison sans être inquiété.
Un homme daffaires mauricien proche des séparatistes anjouanais privé de son passeport :
Un homme daffaires mauricien proche des séparatistes sest vu confisquer de son passeport par la police de lair et des frontières à Moroni. Cet homme daffaires joue un rôle très important dans le dispositif économique des séparatistes. Cest en fait de compte par son intermédiaire que lîle dAnjouan a pu contourner lembargo du carburant. Cest un élément important du dispositif séparatiste qui fait défaut. Cela devrait faire réfléchir plus dun.
Abeid a été hué à Mutsamudu
Le 20/3/00 vers 9heures le colonel SAID ABEID a été hué par les étudiants du lycée de Mutsamudu, suite à une visite quil comptait rendre aux professeurs du principal établissement à Anjouan.
Certains profs n'ont pas été payés alors que les autres ont touché leur salaire à peine de cela 5 jours. Les profs victimes de cette discrimination ont fermé les salles des classes ce qui ne permettait pas aux élèves de suivre les cours. Abeid est venu calmer les profs en grève, les lycéens lont reçu par des cris et ce dernier ne savait pas où mettre ses pieds. Là aussi on sattends à des arrestations pour sûrement obliger les jeunes à plus de respect à un vieux homme qui ne sait quoi faire du séparatisme.
On sent la panique chez certains partisans dAbeid
Des proches de lhomme fort dAnjouan disent à qui veulent les entendre quAnjouan ne peut pas continuer à tenir tête à la communauté internationale. Ces séparatistes devenus modérés disent quil faut quAbeid fasse un signe rapidement en signant laccord dAntananarivo. Un chef séparatiste de Paris aurait téléphoné à Abeid pour lui demander de préparer déjà la population à une éventuelle signature car la France peut les relâcher du jour au lendemain le nouveau statuts de Mayotte na rien à voir avec ce changement de la politique française -. Abeid a demandé à un technicien de la Poste de lui montrer comment faire fonctionner la valise satellite que Foundi avait. Les mauvaises langues disent quil y a plus de commandant dans le bateau séparatiste en perdition.
Azali ferme l'ONICOR
L'ONICOR ( Office National et de commercialisation du riz ), éprouve des difficultés à s'adapter aux nouvelles exigences du gouvernement du colonel Azali Assoumani. La direction de l'office a en effet été incapable d'expliquer où étaient passés les 2,1 millions de francs de réserve qu'elle s'est constituée sur les dernières livraisons du riz. Une partie du personnel de l'Office n'a pas perçu ses salaires. Sans même engager une procédure judiciaire, le Conseil d'Etat a décidé les bureaux de l'ONICOR. Ce nouvel épisode de "l'affaire du riz" devrait profiter aux opérateurs privés qui demandent depuis longtemps la levée du monopole d'Etat sur cette denrée de première nécessité.
Les relations comoro-iraniennes
A la fin du mois de Février 2000, une délégation de la République Islamique d'Iran a séjourné en Grande Comore. Au cours des entretiens avec le nouveau Premier ministre comorien, Bianrifi Tarmidi, il a été réaffirmé, selon Al-Watwan, "l'amitié fraternelle et la solidarité islamique entre les peuples iranien et comorien". L'Iran, qui préside actuellement l'Organisation de la conférence Islamique, apporte son "soutien indéfectible et accompagne le gouvernement comorien dans ses efforts pour retrouver l'unité nationale et l'intégrité territoriale en vue d'asseoir un Etat fiable".
Le tourisme en plein essor à Maurice
En 1999, le nombre des touristes visitant Maurice a atteint le chiffre de 578 100. Les prévisions du gouvernement mauricien prévoient un chiffre de 605 000 touristes en l'an 2000 soit une hausse de 4,6%. Les recettes issues de l'activité touristique dépasseront les 4 milliards de francs français. Le tourisme peut constituer un secteur porteur pour les Comores. L'exemple mauricien prouve qu'un petit pays peut se développer mais à condition qu'il connaisse une stabilité politique.
Le Sénégal donne une leçon de démocratie à l'Afrique
A l'issue du 2ème tour des élections présidentielles au Sénégal, Maître Abdoulaye Wade a été élu Président de la République du Sénégal avec une nette avance sur son adversaire, le Président sortant Abdou Diouf. En bon perdant, M. Abdou Diouf a reconnu sa défaite sans attendre la proclamation des résultats officiels et a téléphoné à son concurrent pour le féliciter de sa victoire. Le Sénégal vient donc de vivre dans le calme une alternance politique.
La défaite du Président Abdou Diouf est due à une usure du pouvoir ( 20 ans passés à la tête de l'Etat ) et à un désir profond du peuple sénégalais pour un changement politique. Le combat mené par le leader du Parti Démocratique Sénégalais depuis 1974 vient d'être couronné d'un succès. A travers cette transition démocratique, le Sénégal vient de donner une grande leçon de démocratie à l'Afrique toute entière. L'exemple sénégalais prouve avec éloquence qu'en Afrique, on peut arriver au pouvoir de manière démocratique sans recourir aux coups d'Etat.
Grève illimité au lycée de Fomboni Mohéli -
Les professeurs du lycée de Fomboni Mohéli - ont entamé un mouvement de grève illimité. L'objet de leur revendication c'est le départ pur et simple du directeur régional des enseignements. Des imminentes négociations sont mises sur pieds mais les grévistes répondent toujours par un grand non. Il est à noter que cela totalise plus de huit ans depuis que l'enseignement comorien est malade, Dieu merci cette année les autorités comoriennes ne ménagent aucun effort pour que l'année s'achève dans des conditions meilleures. Hélas ce n'est pas le cas du lycée de Fomboni . C'est une affaire à suivre.
Notre correspondant à Mohéli nous permettra dorénavant de vous informer sur la situation qui prévaut dans cette île comorienne.
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