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EDITORIAL: LE COLONEL AZALI S'ACCROCHE A BEIT SALAM

 

Le journal gouvernemental Al-Watman dans son édition du vendredi 7 avril 2000 a écarté toute idée de remise prochaine du pouvoir aux civils, à une semaine du 14 avril, date fixée initialement par le chef de l'Etat, le colonel Azali Assoumani pour quitter le pouvoir. "Le 14 avril 2000 n'aura pas lieu", a titré vendredi le journal gouvernemental dans un éditorial.

Le chef d'état-major de l'armée comorienne, le colonel Azali, qui a pris le pouvoir lors d'un putsch le 30 avril 1999, avait annoncé à plusieurs reprises qu'il rendrait le pouvoir aux civils le 14 avril 2000.

Le 6 juillet 1999, jour de célébration de la fête de l'indépendance, le colonel Azali avait assuré : "Je le dis et je le répète, je n'ai pas l'ambition de m'éterniser aux commandes de l'Etat". "Les partis politiques doivent comprendre cela et ne pas voir en moi un adversaire ou un ennemi politique", avait-il ajouté.

Le colonel Azali essaie de justifier son revirement de position en conditionnant le retour du pouvoir aux civils au règlement de la crise séparatiste. Il ne s'agit en fait que d'un fabuleux prétexte.

Jugeons-en par les faits.

En réalisant son coup de force une semaine après la tenue de la Conférence d'Antananarivo, il a assené un coup dur aux accords qui venaient d'être signés. En dissolvant toutes les institutions représentatives du pays, il a volé au secours des séparatistes puisque le pouvoir central venait de perdre ainsi sa légitimité. L'affaiblissement du gouvernement central a entraîné une radicalisation des positions des séparatistes. Il a engagé, ensuite, des négociations secrètes avec les séparatistes qui ont pris très vite la tournure d'un marché de dupes. Ces négociations secrètes ont permis aux séparatistes d'échapper pendant un certain temps à la pression de la communauté internationale, de se refaire une santé et de gagner ainsi du temps dans leur entreprise de démolition de la nation comorienne. Le règne d'Azali a été marqué, par ailleurs, par un isolement diplomatique sans précédent de notre pays depuis son accession à l'indépendance. Il convient de rappeler que malgré une demande insistante, il n'a pas été autorisé à participer au dernier sommet regroupant les chefs d'Etat de la Commission de l'océan Indien qui s'est tenue début décembre 1999 à la Réunion.

Le colonel Azali porte donc une très lourde responsabilité dans l'impasse politique à laquelle les Comores se trouvent confrontées. Sa politique concernant le règlement de la crise séparatiste a produit des effets désastreux. D'ailleurs, les séparatistes ont toujours considéré Azali comme leur meilleur allié. Son maintien au pouvoir n'apportera rien de bon pour le pays. C'est un facteur qui risque, au contraire, d'accélérer la désagrégation de notre pays.

Face à cette situation de blocage, les comoriens, toutes tendances politiques confondues, doivent se mobiliser afin d'exiger le départ immédiat du colonel Azali et le rétablissement de l'ordre constitutionnel normal. Il existe des moments dans l'histoire où le peuple doit prendre directement en main son destin. Nous devons tous prendre conscience que le grand risque auquel nous sommes confrontés serait l'abandon pur et simple du dossier comorien par les organisations internationales. Prenons l'exemple de certains pays africains pour mesurer le danger qui nous guette. Les Comores risqueraient alors de se débattre dans une crise interminable avec son lot de guerres civiles, de réfugiés , de larmes et de déchirures. Et c'est ce risque-là qu'il convient à tout prix d'éviter par une forte mobilisation de tous les démocrates dont comptent ce pays.

LA REDACTION

POLITIQUE

L'EVENEMENT DU JOUR: LE FIASCO DES ELECTIONS MUNICIPALES A ANJOUAN

Dans un communiqué publié le 30 mars 2000, les chefs séparatistes anjouannais, maniant avec aisance la langue de bois, affirment :" Le Gouvernement et le peuple d'ANJOUAN se félicitent du bon déroulement des élections municipales du 26 mars 2000 et de ce que les électeurs se soient déplacés, si massivement pour accomplir leur devoir national. L’élection des conseillers municipaux marque, en effet, l'accomplissement d'une nouvelle étape importante vers la consolidation du jeune état d'ANJOUAN".

Qu'en est-il dans la réalité? Il s'avère que cette mascarade électorale s'est soldée par un véritable fiasco. L'immense majorité de la population a décidé de bouder ce scrutin inutile destiné à donner un semblant de légalité aux institutions mises en place par les autorités séparatistes et ce, en toute illégalité. La très faible mobilisation du corps électoral prouve que la population ne croit plus aux chimères des séparatistes.

Les chefs séparatistes n'aiment pas les témoins gênants à savoir les journalistes. Un collaborateur de RFO Mayotte a subi les foudres du pouvoir séparatiste pour avoir osé dire la vérité. En effet,

suite au reportage réalisé par RFO Mayotte à Anjouan au sujet des municipales et diffusé sur RFO Télé Mayotte le 27 mars, le jeune Mohamed Yssouf, résidant à Mutsamudu, qui accompagné le reporter de RFO dans son travail, a été arrêté par les autorités d'Anjouan. D'après les séparatistes, il aurait aidé RFO Mayotte à porter atteinte à l'image d'Anjouan indépendante. Le reportage de RFO Mayotte soulignait la faible participation à ce scrutin et la mise à l'écart des opposants au régime d'Anjouan.

Parmi ceux-ci, le GRDC a pris l'initiative de communiquer à l'opinion publique comorienne et internationale le reportage incriminé:

"Il n'y avait pas foule dimanche dans les bureaux de vote d'Anjouan où les 150 000 électeurs étaient appelés à choisir les conseillers municipaux des cinq régions de l'île sécessionniste. Très faible mobilisation parce que la population dans sa grande majorité ne voit pas l'utilité de ces instances puisqu' Anjouan sous embargo n'a pas les moyens de son développement. Bien au contraire la situation économique se dégrade de jour en jour, l'idée de départ sous d'autres cieux gagne de plus en plus les esprits. La sécession n'a pas répondu aux attentes de la population. "Les jeunes Anjouannais doivent avoir d'autres vies meilleures mais c'est pas ça hein!",s'exclame Saïd Madi un jeune dans la rue.

"A Anjouan ceux qui s'opposent à la sécession et qui appellent à la réunification des trois îles de l'archipel n'ont pas droit de citée ni droit à la parole. "J'étais candidat aux élections cette année . Je convoitais le poste de maire. Toutefois j'ai posé ma candidature avec une liste que je conduisais mais ma candidature a été retirée, je n'ai pas compris pourquoi", explique Mouttoui Abdoussalam,candidat au poste de maire à Mutsamudu.

"C'est sans surprise que les partisans de l'indépendance d'Anjouan ont remporté ces élections municipales, il faut dire que dans toutes les circonscriptions il n'y avait qu'une seule liste: la liste du gouvernement séparatiste".

Invité deux jours plus tard sur le plateau de RFO Télé Mayotte, le représentant des séparatistes, Kamaroudine Abdallah Paune, a indiqué que le jeune assistant de RFO Mayotte serait probablement libéré rapidement, fait difficile à vérifier en l'absence de liaison téléphonique avec Anjouan à cause du blocus imposé par l'OUA.

D'autre part, Jean-François Julliard, du bureau Afrique de Reporters sans frontières a envoyé un courrier au chef séparatiste Saïd Abeid pour qu'il fasse libérer Mohamed Ysoouf. Reporters sans frontières rappelle que Mohamed Yssouf est le troisième journaliste arrêté aux Comores depuis le 1er janvier 2000. Le 3 janvier, Mohamed Boudouri, correspondant de l'hebdomadaire gouvernemental de la république fédérale islamique des Comores Al-Watwan, a été arrêté par les responsables séparatistes anjouannais et détenu pendant quatre jours. On lui reprochait d'avoir publié les propos des enseignants qui réclamaient le versement de leurs arriérés de salaires. Le 17 janvier, Mohamed Assane, rédacteur en chef d'Al-Watwan, a été interpellé quelques heures pour, lors d'une conférence de presse, avoir posé au chef de l'Etat comorien une question sur les affaires de corruption.

Sous la pression de la communauté internationale et nationale, les leaders séparatistes de l’île d’Anjouan ont été obligés de libérer notre confrère Mohamed Yssouf le 2 avril.

Nous devons rester vigilants quand au respect des libertés démocratiques et notamment de la liberté de la presse dans l'ensemble de l'archipel des Comores et plus particulièrement dans l'île d'Anjouan livrée au diktat des milices de toutes sortes.

 

MAYOTTE : MOBILISATION DE LA DIASPORA COMORIENNE

Le projet de loi du gouvernement français a été adopté par l'assemblée nationale le 6 avril dans les mêmes termes que le Sénat. Une très grande majorité de députés a approuvé le texte gouvernemental. L'UDF a voté contre et Démocratie Libérale s'est abstenue. Cette loi qui vient donc d'être adoptée par le parlement suscite de vives inquiétudes de la part des organisations de la société civile comorienne . Une manifestation a eu lieu le dimanche 2 avril à Bron, le fief électoral de Jean-Jack Queyranne. Elle a été suivie d'une autre manifestation le 6 avril devant le Palais Bourbon le jour de la discussion du texte à l'Assemblée Nationale. Il est paradoxal de constater que cette forte mobilisation de la diaspora n'est pas relayée par les autorités comoriennes qui continuent à garder un silence incompréhensible. Une organisation comorienne, le GRDC, a même adressé une lettre ouverte au gouvernement comorien afin qu'il prenne position sur une question majeure concernant la souveraineté du pays.

MAYOTTE : TERRE COMORIENNE PAR LA COORDINATION DES ASSOCIATIONS COMORIENNES DE LA DIASPORA.

Conformément aux accords signés entre L’Etat Français et les Comores en juin 1973, un référendum global est réalisé dans l’archipel des Comores le 22 décembre 1974 : plus de 95 % des Comoriens se sont prononcés pour l’indépendance du pays. Allant à l’encontre de sa propre loi votée après les accords de juin 1973, et prétextant que près de 65 % des habitants de l’île de Mayotte auraient voté contre l’indépendance, la France se maintient à Mayotte.

La résolution de l’ONU n° 3385 du 12 novembre 1975, votée lors de l’admission des Comores comme membre des Nations Unies, réaffirme la nécessité du respect de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composé des îles d’Anjouan, Grande-Comore, Mayotte et Mohéli. Cette reconnaissance a aussi été affirmée par d’autres organisations comme l’OUA, la Conférence islamique, la Ligue arabe.

Pour l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte, l’assemblée générale de l’ONU  a condamné régulièrement la France, par plus de 20 résolutions. Ce sont notamment les résolutions 31/4 du 21 octobre 1976, 32/7 du 1er novembre 1977, 34/69 du 6 décembre 1979, 35/43 du 28 novembre 1980, 36/105 du 10 décembre 1981, 37/65 du 3 décembre 1982, 38/13 du 21 novembre 1983, 39/48 du 11 décembre 1984, 40/62 du 9 décembre 1985, 41/30 du 3 novembre 1986, 42/17 du 11 novembre 1987, 43/14 du 26 octobre 1988, 44/9 du 18 octobre 1989, 45/11 du 1er novembre 1990, 46/9 du 16 octobre 1991, 47/9 du 27 Octobre 1992, 48/56 du 13 Décembre 1993 et 49/18 du 6 décembre 1994 dans lesquelles l’unité et l’intégrité territoriale des Comores ont été chaque fois réaffirmées.

Dans toutes ces résolutions l’ONU invite la France à respecter les accords qu’elle a signés avec les Comores en 1973, appelle à la mise en pratique du souhait émis par le président de la République Française de l’époque de trouver une solution juste au problème de Mayotte, demande vivement à la France d’accélérer les négociations avec le gouvernement comorien en vue du retour effectif et rapide de Mayotte au sein des Comores. La résolution 31/4 condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 76[…] rejette toute autre forme de référendum ou consultation qui pourraient être organisés ultérieurement […] condamne énergiquement la présence française à Mayotte.

Depuis 25 ans, l’Etat français occupe illégalement l’île comorienne de Mayotte. Aujourd’hui il essaie de donner un soi-disant statut définitif à cette île.

Depuis 25 ans, les Comores ont été constamment déstabilisés sur le plan politique. Il n’est pas besoin d’être fin spécialiste en géopolitique pour constater que le problème mahorais est au centre de la déstabilisation des trois autres îles comoriennes (révolte mohélienne, séparatisme anjouanais, turbulences en Grande Comore et dernier coup d'état du 30 avril 1999).

Au moment où les Comores traversent une crise sans précédent de son histoire nationale, l’Etat Français choisit de porter un coup de plus en essayant de l’amputer de manière définitive d’une partie du territoire. Nous refusons le cynisme politique qui tend à assassiner politiquement les Comores.

Au mois d’avril 2000, un projet de loi du gouvernement français concernant un soi-disant nouveau statut de "collectivité départementale" de Mayotte et l'organisation d'un référendum avant le mois de juillet, sera examiné par l'Assemblée Nationale française. Ce projet consacrera, selon les déclarations de ses promoteurs, "l'ancrage définitif" de Mayotte dans la France.

Nous, signataires de ce texte,

- sommes déterminés à utiliser tous les recours que permettent les lois internationales pour empêcher la continuation de l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte par l’Etat français.

- demandons au gouvernement socialiste français de retirer le projet de loi qui veut " couper " Mayotte de ses îles sœurs. Pourquoi continuer le colonialisme à l’aube du 21ème siècle ?

- demandons à tous les Comoriens et amis des Comoriens de se mobiliser pour mettre en échec ce projet,

- demandons à la classe politique comorienne d’oublier un temps ses querelles partisanes et de se pencher sur la question de l’île comorienne de Mayotte, question fondamentale dont dépend tout l'avenir des Comores,

- demandons au gouvernement comorien de saisir l’assemblée générale de l'ONU au sujet des projets français notamment ce référendum illégal et de redemander l’application effective des résolutions stipulant le retour de Mayotte au sein de la mère patrie,

- appelons les pays de l’Océan Indien à peser de tout leur poids contre les projets français sur Mayotte,

- appelons, enfin, les grandes organisations internationales (ONU, OUA, Ligue des Etats arabes…) à déployer tous les moyens légaux afin de faire respecter leurs propres résolutions.

La France a su exiger récemment l’application des résolutions de l’ONU en Irak, en ex-Yougoslavie, et au Kosovo. Serait-elle au dessus des lois internationales quand elle est, elle-même mise en cause.

Nous demandons l’unité et l’intégrité territoriale des Comores.

Mayotte n’est pas française ; Mayotte est comorienne comme le sont Anjouan, la Grande Comore et Mohéli.

Paris le 28/03/2000

Ont cosignés ce texte, en plus de la Coordination des Associations Comorienne de la Diaspora les organisations suivantes :

" Fraternité Comorienne " siégeant en région parisienne

Association des Comoriens Etudiant en Rhône-Alpes (ACERA)

UNEF (Union Nationale des Etudiants de France, section de Lyon)

Les organisations suivantes siégeant aux Comores ont également cosignés ce texte :

Groupe de Réflexion sur le Devenir de Mayotte (GRDC siégeant à Mayotte)

Association Comorienne des Droits de l’Homme (ACDH siégeant à Moroni)

Front Démocratique Section Mayotte

D’autres associations se préparent à le cosigner .

LETTRE OUVERTE DU GRDC A L’ETAT COMORIEN

Nous avons pris note avec satisfaction du communiqué du 15 mars 2000 sur la question de l'île comorienne de Mayotte émanant du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération de la RFIC.

Nous notons aussi qu'à ce jour, 04/04/2000, c'est à dire quarante-huit heures avant le vote de l'Assemblée Nationale française concernant le projet de statut de "collectivité à vocation départementale" pour Mayotte et de consultation de la population de l'île comorienne de Mayotte, l'Etat Comorien n'a toujours pas saisi les instances internationales en particulier le Conseil de Sécurité de l'ONU pour dénoncer ce nouveau référendum illégal, demander la condamnation de la France et l'arrêt pur et simple de ce processus.

Nous considérons que la prise en charge des démarches juridiques et politiques visant à défendre l'Unité et l'Intégrité territoriale des Comores n'est pas du ressort de la Société Civile qui est pourtant fortement mobilisée ces derniers temps à l'extérieur ( sensibilisation des parlementaires français, manifestation à Bron -fief de J.J. Queyranne- le 01/04-, manifestation prévue le 06/04 à Paris, courriers envoyés aux pays de la région, contacts pris avec les plus hauts responsables internationaux -OUA notamment-).

La réaction de l'Etat Comorien est attendue par tout le peuple comorien, les pays de la région, l'Afrique toute entière et les organismes internationaux. Il en va de l'honneur et de la crédibilité des Comores. L'Histoire jugera.

GROUPE DE REFLEXION SUR LE DEVENIR DES COMORES

BP . 275 PASSAMAINTI .97600 MAMOUDZOU

MAYOTTE .Tél./ Fax : 0269.62.11.26

E-mail : Grdc@wanadoo.fr

MAMOUDZOU, le 04/04/2000

 

SURVIE INTERPELLE TOUS LES DEPUTES FRANCAIS.

Objet : Projet pour un futur statut de "collectivité départementale" pour MAYOTTE.

Madame la Député, Monsieur le Député,

 

Le 6 avril prochain, vous êtes invité(e) à voter le projet de loi du gouvernement français sur le nouveau statut de " Collectivité départementale " de Mayotte. L’organisation d’un référendum au mois de juillet sera examinée par l’Assemblée nationale à cette occasion. Ce projet consacrera, selon les déclarations de ses promoteurs, " l’ancrage définitif " de Mayotte dans la France. Il a été adopté par le Sénat le jeudi 23 mars 2000 à une écrasante majorité (266 pour, 50 contre et 2 abstentions).

Or, Aux yeux de la communauté internationale et au regard des résolutions de l’ONU, ce projet de référendum et cet " ancrage " français dans l’île comorienne de Mayotte restent illégaux. l’ONU " condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 1976 [...] rejette toute autre forme de référendum ou consultation qui pourraient être organisés ultérieurement. [...] " (résolution n°31/4 du 21/10/1976).

À mi-route de Madagascar et du continent africain, dans le canal du Mozambique, les quatre îles principales de l’archipel des Comores (la Grande Comore, Anjouan, Mohéli, Mayotte) devaient former en 1975 un État indépendant. Tournant le dos au projet initial qui prévoyait une proclamation globale des résultats du référendum organisé en décembre 1974 , la France conserve Mayotte dans son giron en procédant au décompte des suffrages île par île. Mayotte sera rattachée à l’Hexagone par un statut indéfinissable, en toute illégalité. L’Etat comorien ne s’est jamais remis de cette victoire des lobbies coloniaux.

Vingt-cinq ans après leur rattachement à la France, les trois-quarts des Mahorais ne parlent pas le français. Les salaires des fonctionnaires d’origine mahoraise sont largement inférieurs au traitement dont bénéficient les français de la métropole sur place. Régulièrement condamnée par l’ONU et l’OUA, cette situation poursuit son œuvre de déstabilisation des Comores. Dans la série des coups d’État organisés par des mercenaires français, l’île a souvent servi de relais. Un lobby d’extrême-droite poursuit à Mayotte son travail de division de l’archipel. Le déséquilibre économique engendré par les flux financiers injectés par la France creuse l’écart entre les îles. Mayotte elle-même vit d’une économie artificielle, assistée : fin 1999, selon l’AFP, les exportations couvrent moins de 3 % des importations. 41 % de la population active est au chômage. L’alcoolisme, la prostitution et la délinquance se développent.

L’argent de la métropole attire cependant les autres Comoriens ruinés par les aventures mercenaires. Mais il n’y a pas de libre circulation entre Mayotte et les îles-sœurs. De nombreuses familles sont séparées, comme par un mur de Berlin, par un chenal de 70 kilomètres de largeur que des clandestins traversent sur de frêles embarcations, au prix de nombreuses noyades. Ensuite, ils risquent l’expulsion: plus de 6 000 Comoriens ont été expulsés de Mayotte en 1998 !

C’est cette situation que le projet de loi veut consacrer, via l’appropriation pur et simple de Mayotte par France.

Les mêmes lobbies qui ont poussé à la sécession initiale avec l’archipel comorien voudraient que le nouveau statut évolue vers celui d'un département, comme la Réunion - une île qui ne parvient pas à échapper aux cercles vicieux de l’assistance. Pourtant, avec un peu de l’imagination institutionnelle dont Paris a fait preuve en Nouvelle-Calédonie, il serait possible d’ouvrir la voie des retrouvailles pour les quatre îles. L’alternative, c’est la désintégration de la société comorienne, pourtant admirable de solidarité, et le triomphe des sirènes islamistes, déjà fort insistantes : le Soudanais el Tourabi distille sa propagande. Avec d’inévitables effets chez les importantes communautés comoriennes installées dans l’Hexagone, à Marseille, Lyon, Dunkerque, ou en région parisienne. Les responsabilités de la France sont accablantes. Il faudra bien que Paris, tuteur abusif, cesse d’empêcher les Comoriens de se ressaisir de leur histoire, en déchaînant sur l’archipel ses mercenaires, ses Services secrets et ses réseaux.

Je vous prie de recevoir, Madame la Député, Monsieur le Député, l'expression de ma meilleure considération.

 

SURVIE "  Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants " (116 Prix Nobel)

57 avenue du Maine - 75014 PARIS

http://www.globenet.org/survie

 

LE COUP D’ETAT VU PAR LA PRESSE NATIONALE

L’ARMEE EST-ELLE A L’ABRI DES MANIPULATIONS POLITIQUES ?

L’enjeu est vital car il y va de la survie de la nation et de la stabilité de l’Etat.

Les Comores, petit Etat de 500.000 âmes, classé parmi les 31 pays les moins avancés de la planète, et qui plus est, traverse une double crise séparatiste et institutionnelle, peuvent-elles encore se payer le luxe de gérer une institution militaire telle qu’elle continue de fonctionner depuis un quart de siècle d’indépendance ?

Sans remettre en cause l’utilité d’un système de défense nationale, et sans nier le rôle essentiel des hommes en uniforme dans une société où l’ordre républicain, la paix civile et les libertés publiques sont perpétuellement mis à mal, il n’est peut-être pas prématuré de s’interroger sur la place et les véritables missions de cette institution.

Le sujet est quelque peu tabou et rares sont encore les acteurs politiques qui osent soulever publiquement le débat, comme si nos soldats n’étaient pas des citoyens comme les autres, soumis aux lois de la République, avec des droits reconnus, mais aussi avec des devoirs liés aux missions qui sont les leurs. Pourtant, les récents évènements illustrent à quel point le mal est profond, et que l’on ne peut plus se permettre d’esquiver éternellement une question aussi fondamentale, au risque de fragiliser toute perspective de mise en place d’un nouveau cadre institutionnel. L’enjeu est vital car il y va de la survie de la nation et de la stabilité de l’Etat.

Aujourd’hui, le débat resurgit de nouveau, dans toute sa dimension, et à plus forte raison à un moment où l’Armée nationale de développement tenant depuis bientôt un an les rênes d’un pouvoir dit de transition, qu ‘elle a pris par la force, se trouve directement impliquée dans le jeu politique.

De quelle vertu républicaine ou démocratique les auteurs du putsch du 30 avril peuvent-ils se prévaloir, contre les tentations rebelles que seule la légalité pouvait encore sanctionner et dissuader ? Certes, le mal ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte même aux premières heures de l’indépendance. Et sans discontinuer, l’élément militaire a toujours été déterminant dans le drame permanent de la déstabilisation politique. Au fil des régimes civils successifs, l’opinion publique en aura gardé cette image trouble et peu glorieuse que l’on se refuse toujours de regarder en face.

Il suffit pourtant de se rappeler quelques dates, enfouies dans la mémoire collective de ce peuple comorien, victime de sa propre histoire. Quelques semaines après l’assassinat du président Abdallah, n’a-t-on pas vu des soldats comoriens verser d’adieu à Bob Denard et ses mercenaires, pourtant accusés d’être les auteurs du crime ?

Pendant que Campagnard résistait

Le même Denard n’a-t-il pas compté sur la collaboration des rebelles du coup de force avorté de 1992 ? Pendant que nos forces de défense à la tête desquelles se trouvait le capitaine Soilihi dit Campagnard résistaient pour empêcher la prise de la radio par Bob Denard en 1995, d’autres éléments de l’armée comorienne ont déserté les rangs et se sont joints aux mercenaires pour prendre d’assaut le dernier rempart de la République.

Pourquoi les tentatives d’unification, les amnisties, les promotions de complaisance, et autres primes n’ont rien donné de consistant en termes de cohésion, d’efficacité des gouvernants, qui n’ont pas su asseoir l’organisation et le fonctionnement de l’institution militaire sur des bases saines, en mettant ses relations avec l’Etat à l’abri des manipulations politiques, sources de conflits?

Reste à savoir jusqu’à quand la classe politique entretiendra cette confusion des rôles, en laissant se perpétuer les relations de connivences politico-militaires, dont la conséquence logique ne peut être que la perte de confiance du citoyen envers son armée, pour avoir manqué à son devoir de neutralité.

La Gazette des Comores du 23 au 29/3/00

El-Had Saïd Omar

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

UN MAHORAIS SUR DEUX VIT DANS UN VILLAGE

Jusqu’en 1985, la population mahoraise vivait essentiellement dans des villages. Puis on a assisté à un exode rural massif et aujourd’hui plus de la moitié de la population vit en ville. Malgré cette " désertion-modernisation ", le village incontournable.

L’implantation d’un village répondait à des exigences climatiques (prévention contre les cyclones) et économiques (réserves agricoles et proximité de la mer pour les pêcheurs). Ce sont en majorité des village est aussi le reflet d’une mentalité, le mahorais est très sociale, il accorde dans sa vie quotidienne une place très importante aux relations familiales et de voisinage. La solidarité entre villageois n’est pas un vain mot.

L’implantation d’un village, comme celui d’une maison, est décidée en fonction des conseils du " fundi astrologue " (maître). La maison mahoraise est souvent orientée au Nord, avec l’ouverture principale tournée vers l’Est. Le fundi donne par ailleurs l’heure et la date bénéfique pour le début de la construction. Le village est une agglomération de maisons évolutives. Les constructions sont souvent très serrées, séparées par d’étroits passages et se répartissent de part et d’autres de la rue principale.

De nombreux villages de Mayotte conservent une particularité sociologique qui détermine la hiérarchie sociale. Ils sont souvent fondées à proximité d’une rivière. La première famille ou lignage s’installe sur une des rives avec tous les membres de la lignée. Ils appellent cette rive le quartier Nambo Bole (le grand quartier). L’autre rive accueillera d’autres familles qui créeront le quartier Nambo Titi (le petit quartier). Ses habitants sont considérés comme des étrangers (wadjéni) parce qu’ils ne sont pas les fondateurs ou les descendants des fondateurs du village.

Ils devront subir plusieurs rituels d’intégration avant d’acquérir le droit de cité. Leur position de wadjéni leur donne un statut inférieur : moins de terre, terre de moins bonne qualité, accès quasi impossible aux décisions concernant le village…Leur intégration peut prendre plusieurs années.

Source : arts et traditions populaires à Mayotte.

LU DANS LA PRESSE

AFRIQUE –EUROPE : VERS UN PARTENARIAT NOUVEAU

Pour la première fois dans l'histoire, un sommet de chefs d'état ou de gouvernement réunit au Caire les 3 et 4 avril l'Europe et l'Afrique. Son principal objectif: faire prendre conscience au reste de la communauté internationale de l'importance et du potentiel du continent africain, en dépit des problèmes politiques, économiques et militaires qu'il connaît, notamment depuis la fin de la "guerre froide".

Près de soixante-dix pays devraient y participer. L'Union européenne sera représentée par le président de la Commission, Romano Prodi, le Haut représentant de la PESC, Javier Solana, et trois commissaires: Chris Patten, Pascal Lamy et Poul Nielsen. L'Afrique sera quant à elle représentée par le président en exercice de l'OUA, Abdelaziz Bouteflika, son secrétaire général Salim Ahmed Salim, et une troïka (Algérie, Togo et Burkina Faso). La quasi totalité des chefs d'état ou de gouvernement des deux continents sont également attendus dans la capitale égyptienne.

Le président Jacques Chirac dirigera la délégation française. A l'ordre du jour de ce sommet: les questions politiques, économiques et sociales.

En clair: les guerres en cours et la prévention des conflits, la pauvreté et la croissance, les droits de l'homme et les questions sanitaires (SIDA et paludisme, surtout).

Ce sommet, proposé par le Portugal dès 1996, a portant failli ne jamais se tenir, en raison de divergences profondes entre les deux parties, concernant - outre la présence de la République sahraouie - l'éventuel suivi à prévoir pour ce rendez-vous que les Quinze aurait souhaité unique en son genre. Finalement l'Afrique aurait obtenu que les deux parties se retrouvent tous les trois ans, en établissant ainsi un "partenariat global, durable et crédible". Histoire et géographie obligent.

Mais le sommet du Caire est aussi un important rendez-vous international qui permettra de mesurer l'importance réelle de la PESC en Afrique, cette "Politique étrangère et de sécurité commune" de l'UE, qui est dotée depuis 1996 d'un représentant spécial pour l'Afrique des Grands Lacs: Aldo Ajello. Comment va-t-elle s'articuler avec d'autres instances européennes, voire vis-à-vis des chancelleries de chaque pays membre de l'UE? Peut-elle contribuer à l'émergence d'une politique étrangère européenne plus efficace et cohérente, y compris face à d'autres partenaires-concurrents mondiaux, tels que les Etats-Unis de Clinton ou la Russie de Poutine?

L'un des buts avoués de l'UE est: "parler d'une seule voix". C'est aussi la préoccupation principale de l'OUA, qui a organisé de nombreuses réunions préparatoires, notamment à Alger, pour "affirmer la cohésion des rangs africains" et aboutir à "une position commune africaine". "Nous fondons de grands espoirs sur la réunion du Caire", a déclaré le président Bouteflika, car "la volonté politique existe chez les deux parties pour parvenir à un niveau de coopération raisonnable et équitable. Je ne pense pas que l'objectif des Africains est de prendre une photo de famille pour l'histoire". A voir.

ELIO COMARIN

CROIX ROUGE ET CROISSANT-ROUGE

Un accord historique signé

Les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge des îles de l'océan Indien ont signé hier, en présence du préfet Jean Daubigny, et du président de la Croix-rouge française Marc Gentilini, un accord de coopération historique.

Depuis hier, la coopération régionale existe en matière de secours aux populations sinistrées. Les délégations de la Croix-rouge et du Croissant-rouge de la Réunion, de Madagascar, des Seychelles, des Comores, de Mayotte et de Maurice ont signé un accord dans ce sens; baptisé officiellement "Accord de Saint-Denis", en présence du préfet et du président de la Croix-rouge française, venu spécialement pour l'occasion.

Cet accord prévoit de "créer une sous-région Iles du sud-ouest de l'océan Indien", d'utiliser la toute nouvelle plate-forme d'intervention de Sainte-Marie comme "un outil d'interface régional", et "d'échanger, de renforcer, de former des ressources humaines dans le cadre d'une équipe régionale d'intervention".

Cette coopération, qui est plus que jamais d'actualité alors que le cyclone Hudah est aux portes de Madagascar, sera évaluée lors d'une réunion annuelle.

"Nous prenons acte des conditions particulières de la sous-région. La plate-forme d'intervention dispose d'un fond utilisable immédiatement en cas de catastrophe. Je suis venu en qualité de président français de la Croix-rouge, pour conclure cet acte important qui nous engage. Ce n'est pas seulement une visite de quelques jours à la Réunion, mais un véritable engagement de renforcer l'aide dans la Croix-rouge. C'est un acte de solidarité qui se veut efficace et solidaire", dit ainsi Marc Gentilini.

"Etre efficace"

Lequel poursuit: "Nous souhaitons une reprise de notre démarche de solidarité, que les pays voisins de l'Afrique acceptent enfin de rassembler leurs moyens pour être efficaces en vue d'aider leurs populations. Nous savons que ce que nous faisons est très modeste, la vie est courte, nous devons essayer d'aller vite et d'être efficace".

"Il fallait formaliser les choses. En ce sens, l'accord de Saint-Denis est extrêmement précis.

Pour être concret, dans le cas d'une catastrophe dans un des pays de la zone, soit la Croix-rouge a ses moyens locaux qui sont suffisants, et dans ce cas les met en œuvre, soit ces moyens sont dépassés, et alors on fait appel à cette plate-forme", ajoute un haut cadre de l'ONG.

Dans les faits, la plate-forme est opérationnelle pour prendre en charge 10 000 personnes sinistrées pendant un mois, sous trois formes: l'hébergement d'urgence, l'accès à l'eau potable et les soins de base. Si opération de secours il y a, celle-ci se fera bien sûr en coopération avec les autorités du pays. Au niveau de la Réunion, la Croix-rouge signera bientôt une convention avec les Fazoi, pour l'acheminement des secours sur place.

Marc Gentilini, qui exalte la coopération entre les pays dans le cas de situations extrêmes, souligne que la partie n'est gagnée d'avance, et c'est un euphémisme.

"On parle du droit d'ingérence, et c'est un vrai débat. Il est facile de s'ingérer préventivement en Autriche, il est plus difficile de s'ingérer en Tchétchénie".

Là est le problème.

Le Quotidien de la Réunion du 3/04/2000

 

A TRAVERS NOTRE REGION

LES PARTENAIRES DE LA C.O.I

LE TEMPS DE LA DIVERSIFICATION

Le premier partenaire de la commission de l’Océan Indien et cela depuis sa création est évidemment l’Union Européenne. Elle en est le principal financeur et, sans se mettre à la place des gouvernements nationaux, participe aux débats du Conseil de la COI et au suivi des programmes en cours.

Le fonctionnement du Secrétariat général est financé par un budget alimenté par les contributions des Etats membres selon une clef de répartition fixée par le Conseil de la COI.

La plupart des programmes et projets développés par la commission de l’Océan Indien sont financée par l’Union Européenne sur le Fonds européen de développement (FED). La Réunion qui n’est pas un pays ACP et n’est donc pas éligible au FED, doit financer directement sa participation à ces projets et programmes.

Pour le 8ème FED qui couvre la période de 1995 à 2000, le montant affecté aux programmes de la Commission de l’Océan Indien s’élève à 25,5 millions d’euros.

Mais depuis des années, la Commission de l’Océan Indien, en accord avec l’Union Européenne, aspire à diversifier ses partenariats, tant au niveau des financements que de la réalisation des programmes.

Occasionnellement, par le passé, la Commission de l’Océan Indien a coopéré avec des organisations onusiennes (PNUD, PNUE…). Récemment encore, par l’intermédiaire du Programme régional Environnement COI/UE, elle a collaboré avec le PNUE dans le cadre du programme GEO 2, écrivant un chapitre du rapport général, et elle a participé à la révision de la convention de Nairobi.

La Commission de l’Océan Indien contribue également à la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade adopté en 1994 en faveur des Petits Etats Insulaires en développement (PIED). Ainsi, elle a participé à la réunion ministérielle des petits états insulaires africains (Seychelles, juillet 1998) à la conférence interministérielle des PIED de l’Océan Indien ? LA Méditerranée et l’Atlantique (Malte, novembre 1998), à la conférence de Sainte-Lucie (février 1999). Elle a été sollicitée pour contribuer à la préparation du rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur l’application du Programme de la Barbade. Un rapport présenté à la 7ème session de la Commission mondiale du développement durable et à l’Assemblée générale de l’ONU.

KORAILOI Numéro hors série

PROJET DE LOI D’ORIENTATION SUR LE DOM : LA COOPERATION REGIONALE

Dans son projet de loi présenté en conseil de ministre du mercredi 5 avril 00, le gouvernement français a mis l’accent sur le développement économique. Il propose une panoplie de mesures pour la création d’emplois, des exonérations de charges sociales et fiscales, des aides à la création d’entreprises, d’autres pour les entreprises et travailleurs indépendants endettés, un projet initiative jeune pour les moins de 30 ans… Il propose également l’alignement progressif du RMI sur cinq ans, la création d’un titre de travail simplifié pour lutter contre le travail au noir, la reconnaissance des langues régionales et le développement de la coopérations régionale.

On serait incomplet, si on n’évoquait pas la décision du gouvernement de créer un deuxième département à la Réunion et la création d’un congrès avec des pouvoirs élargis pour les départements d’amérique.

Comores-infos a fait le choix d’insister sur la décision du gouvernement de Jospin de confier certaines compétences nouvelles aux collectivités d’outre-mer dans l’action internationale. Il s’agit là d’une innovation qui pourrait intéresser les partenaires de La Réunion. Le développement de la coopération régionale répond à une large et profonde aspiration dans les départements d’outre-mer. La loi du 6 février 1992 a ouvert des possibilités. Aujourd’hui, il faut aller plus loin pour répondre aux besoins d’échanges économiques, sociaux et culturels.

L’intensification des contacts entre la Réunion et leurs voisins – en premier lieu les pays de la COI – est un atout à la fois pour le développement économique social et culturel. Elle l’est aussi pour la politique étrangère de la France qui est ainsi mieux à même de faire valoir les intérêts nationaux et particulièrement ceux des Dom dans leur zone géographique respective.

Cette coopération doit se fonder sur une relation de partenaires à partenaire. A cette fin, le projet de loi d’orientation propose plusieurs dispositifs conférant des compétences nouvelles aux collectivités d’outre-mer dans l’action internationale.

Dans les domaines de compétence de l’Etat, les autorités de la République française pourront délivrer pouvoir au président du conseil régional pour négocier et signer des accords avec un ou plusieurs Etats, territoires, organismes régionaux de leur zone respective ou dépendant des institutions spécialisées des Nations Unies.

Ce transfert de compétence signifie pour nous comorien un regard nouveau par rapport à la coopération franco-comorienne. Les opérateurs économiques doivent tenir compte de ce nouveau dispositif de la coopération régionale. La coopération régionale peut permettre aux Comores et à Madagascar de prendre un vrai décollage économique. Pour se faire la stabilité politique est aujourd’hui plus que jamais une donnée incontournable. Pour compléter ce dossier de la coopération régionale, voir également notre article dans la page culture consacrée à la création de la Télévision Régionale par Satellite.

Les chefs séparatistes anjouanais tiendront-ils compte de ce nouveau contexte pour sortir l’île d’Anjouan de son isolement et s’engager avec le reste des Comores dans un projet commun de développement économique ?

LA BI-DEPARTEMENTALISATION DE LA REUNION CONFIRMEE

Malgré le vote défavorable du Conseil Régional et du Conseil Général de l'île, le gouvernement français a maintenu son projet de diviser la Réunion en deux départements. Il a corrigé cependant certaines modalités pratiques. Contrairement au projet initial qui correspondait aux vœux du Parti Communiste Réunionnais, les villes du Port et de la Possession seront rattachées dans le Département du Nord. Par ailleurs, la création des 2 départements est repoussée dans un délai d'un an. Le département du nord comptera 11 communes et une population de 340 000 habitants et le département sud avec 13 communes regroupera une population de 370 000 habitants. La bi-départementalisation entrera en vigueur le 1er janvier 2002. Les partisans de la bi-dep ont décidé d'organiser le samedi 8 avril à Saint Pierre, la capitale du sud, une grande manifestation de soutien au projet de la bi-départementalisation.

Les réactions du monde politique, syndical et associatif ont été plus vives contre le non alignement du RMI que contre le maintien du projet de bi-départementalisation. Le texte gouvernemental prévoit un alignement du RMI sur une période de 5 ans. Les réactions les plus violentes sont venues des associations des chômeurs et de lutte contre l'exclusion. Il convient de rappeler que le RMI (Revenu Minimum d'Insertion) servi dans les départements d'outre-mer est inférieur de 20% à celui versé en métropole.

Jean Pierre Techer, Président du collectif de lutte contre l'exclusion a déclaré:" Il est honteux qu'un gouvernement qui se dit socialiste tergiverse autant sur une question aussi importante que l'alignement du RMI. La situation est très grave, nous ne pouvons accepter une telle proposition. Les érémistes de l'île ne peuvent plus attendre, l'alignement doit se faire dans les plus brefs délais".

M. Georges-Marie Lepinay, Président du comité pour l'alignement immédiat du RMI a déclaré de son côté: "C'est scandaleux, ça suppose une réplique et les érémistes ne doivent en aucun cas accepter cette décision qui les maintient dans un quart-monde par rapport aux érémistes métropolititains. Cela prouve aussi que le gouvernement considère les Réunionnais comme des citoyens à 80% et notamment les érémistes. C'est une mesure discriminatoire, ségrégationniste et pas du tout à l'honneur de M. Queyranne et du gouvernement de Lionel Jospin."

 

DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

la proliferation des partis politiques

Je ne pense pas que l’argument de l’argent soit l’essentiel, comme l’a prétendu MADALY dans son communiqué sur Habari*, dans lequel il déplore l’absence de grands partis aux Comores.

Nous pouvons constater une espèce de "négation idéologique" dans la vie politique des Comores. J’inviterais nos spécialistes (sociologues, historiens …) à nous éclairer sur les raisons profondes de cette situation. Mon sentiment est qu’au fil du temps, la crise identitaire et culturelle a frappé les Comores de pleins fouets ; de sorte que pour retrouver les "guides" de la reconstruction nationale les citoyens sont ballottés entre la méfiance et l’opportunisme.

Concernant le rôle de l’argent dans le mouvement des idées aux Comores, je voudrais simplement préciser que ce facteur n’a jamais été aussi déterminant. Et que cela fut heureux. Mais que cela n’a pas empêché de connaître des moments forts, sur le plan des engagements sincères pour les idées. Je pense en effet - portant la main à ma barbe blanche - à ces grands moments de notre histoire combattive (des années ’60 et ’70): les actions libératrices et salutaires du mouvement MOLINACO; le combat généreux du parti populaire PASOCO; la révolution culturelle des années socialistes Soilihistes; et parallèlement, une certaine effervescence culturelle au sein du mouvement des étudiants de l’ASEC… Mon propos ici est que ces moments ont été forts, ont marqué les réelles avancées de la conscience politique des Comoriens. Ils ont été sabordés, annihilés … par les pouvoirs mercenaires, militaires, en passant par un travestissement séparatiste !

En ces temps d’absence de projet culturel, un colonel Azaly occupe le vide …. Et je vous laisse à prévoir que les colonels comoriens ont préparé le vrai règne de l’argent. Que l’intermède Azaly – Abeid est surtout la préparation d’une espèce "d’homme fort", alliant puissance d’argent et pouvoir militaire… Il en est malheureusement ainsi, en temps de crise.

Telle est la logique de la guerre: terroriser le peule et lui  faire mieux accepter  "le moindre mal" qui lui permettra de survivre, dans l’abnégation ; sans révolte !

Ne perdons pas le fil de nos idées, l’heure est déjà assez grave.

Par Ahmédali Mabadi

*Habari http://club.voila.fr/group/habari

 

SEISME DANS LE PRE CARRE

La prise du pouvoir par les militaires, le 25 décembre 1999 à Abidjan, a créé un choc dans toute l'Afrique de l'Ouest, et dans le petit monde franco-africain, dont la Côte-d'Ivoire est un des poids lourds - avec le Sénégal, où se tient à la fin du mois de février une élection présidentielle qui s'annonce très disputée. C'était le pays du " miracle ", de la prospérité, au moins au temps - les années 70 - où le président Félix Houphouët-Boigny faisait de son village de Yamoussoukro une capitale politique, prenait la défense des planteurs de cacao - ses " frères " -, accueillait des millions d'immigrés de l'Ouest africain, et se comportait en fidèle partenaire de la " Françafrique " à l'ancienne.

Et voilà le modèle, la vitrine, le pays qui n'avait jamais connu de " pouvoir kaki ", qui bascule à son tour dans le camp des vulgaires régimes putschistes, faisant mentir la belle résolution adoptée lors du dernier sommet de l'Organisation de l'unité africaine, à Alger, en juillet 1999 : désormais, les coups d'Etat ne seront plus tolérés !

Certes, les hommes du général Robert Gueï ne font guère figure de prétoriens. Lui-même, que ses soldats sont allés chercher, ne cesse de se référer aux mânes du père de l'indépendance ivoirienne, à son idéologie - plutôt courte - du " dialogue " et de la " paix " (1), pour justifier une action qu'il veut provisoire. Même si, comme bien d'autres avant lui, le général pourrait prendre goût au pouvoir, fût-ce au nom d'un devoir " gaullien " de préservation de l'unité nationale que lui imposerait une nation en péril.

Le président Henri Konan Bédié - " une parenthèse, un bégaiement de l'histoire (2) " - aura été prestement lâché. Comme si, par-dessus lui, avec ce coup d'Etat, c'était " Houphouët qu'on enterre (3) " .

Pour assurer ce qu'il croyait être son pouvoir et gérer une succession pour laquelle il n'était pas de force, l'ancien président d'une Assemblée nationale longtemps fantoche - celle du parti unique, puis d'un timide pluralisme - s'arc-boutait sur les symboles sacralisés du régime du père de l'indépendance, dans l'ombre duquel il n'avait jamais excellé, sans vouloir comprendre que politiquement la coquille était vide.

Retiendra-t-on de ce président falot, que personne ne paraît regretter, autre chose que sa fumeuse doctrine de " l'ivoirité " destinée - sur le tard - à éliminer certains de ses adversaires, mais qui surtout a fait la preuve de sa dangerosité : des milliers de Maliens et de Burkinabés ont été violemment chassés en novembre dernier de l'extrême ouest du pays. Un clivage Nord-Sud se créait dans les esprits entre musulmans et chrétiens, aux relents ethniques, qui tendait à se substituer au traditionnel balancement régional Est-Ouest.

Economiquement, la vitrine avait volé en éclats bien avant que les militaires ne s'en mêlent : suspension des prêts du Fonds monétaire international (FMI) pour manque de transparence ; gel des programmes de la coopération européenne, après la découverte d'un détournement massif de dons destinés au secteur de la santé ; colère des planteurs de cacao, confrontés à la baisse des cours mondiaux et laissés à eux-mêmes à la suite de la libéralisation forcée de leur filière.

Certes, les poches des principaux dirigeants ivoiriens restaient pleines, mais la population était en voie de paupérisation, et les caisses de l'Etat vides. d'où la fureur de certaines unités de l'armée, à qui l'on ne payait pas les primes promises. D'où, aussi, l'une des premières décisions du Comité national de salut public : la suspension du remboursement de la dette, ce qui devrait permettre de payer la solde.

Dans un environnement étatique et sociétal en déliquescence, comme c'est le cas dans une majorité de pays africains, les armées apparaissent cependant, avec les Eglises chrétiennes et certaines confréries musulmanes, comme les seules institutions capables d'accompagner les transitions.

C'est bien ainsi que se présentent ces soldats ivoiriens soucieux - comme récemment au Niger, au Nigeria, en Guinée-Bissau, voire aux Comores - non pas de construire des régimes militarisés, mais de sortir le pays du blocage politique où l'enfoncent un refus de toute alternance ainsi que la perte de légitimité du pouvoir central. Ils cherchent surtout à rétablir un minimum d'équité dans l'accès aux ressources, en "nettoyant" - avec l'appui de la " société civile " - un terrain miné par les prébendes et la corruption.

D'ailleurs, se justifient les militaires, le régime civil ivoirien lui-même n'a-t-il pas - comme en Guinée, au Cameroun ou ailleurs dans la mouvance francophone -, vécu une sorte de " coup d'Etat permanent ", organisé de main de maître, et sur un long terme, pour capter le pouvoir et la rente au profit d'une petite caste ? Et ce détournement s'est effectué à l'ombre du parapluie complice du parrain français, dont les intérêts en Côte-d'Ivoire ne sont pas minces (4).

Pour la France, l'inimaginable s'est donc produit, au coeur de l'un des deux incontournables piliers du système franco-africain : " Le "pôle de stabilité" ivoirien tombé aux mains de l'armée (5). " Domino après domino, elle fait - contre elle-même - le deuil de la partie préservée de l'ex-empire : après la " guerre perdue du Rwanda ", qui l'a associée - parfois jusqu'à l'injustice - à l'un des pires génocides de l'histoire contemporaine, voici la chute de la maison ivoirienne, longtemps champion de la réussite, de la libéralisation, de la dévaluation, de la renaissance et de la bonne entente ouest-africaines, pour ne rien dire d'une francophonie vécue comme une solidarité politique...

Paris aura, comme souvent ces dernières années, réagi dans la confusion et envoyé un message brouillé - si tant est qu'il y en ait eu un : condamnation de principe du coup de force, mais non-intervention ; mise à l'abri des principaux ex-dirigeants ivoiriens, mais désir de ne pas couper avec les nouveaux. S'agissait-il d'illustrer la nouvelle maxime en honneur au Quai d'Orsay, où l'on a pris la politique africaine en tutelle, mais avec quelques pincettes : " Ni ingérence ni indifférence ".

Ce " profil bas " de l'ancienne métropole, obnubilée par la construction de l'Union européenne et par son " ouverture à l'Est ", et paralysée par la cohabitation, représente un échec personnel pour le président français Jacques Chirac qui s'était largement impliqué, jusqu'à la fin, aux côtés des dirigeants ivoiriens (comme il l'avait fait avec le maréchal Mobutu), et une seconde déconvenue majeure en cinq ans - après la catastrophe rwandaise - pour une certaine géopolitique à l'ancienne.

L'épisode témoigne - pour le meilleur et pour le pire - de la " distance " prise ces derniers temps, après quarante ans de " protectorat " postcolonial, avec le " système " franco-africain bâti dans la foulée des indépendances par les fondateurs de la Ve République. Dieu n'est donc plus français. Paris ne répond plus. Les accords de défense ne sont plus une assurance tous risques. Et les troupes françaises encore stationnées sur le continent en ce début du nouveau millénaire n'ont plus ni instructions ni vocation affirmées, sinon celle de goûter par roulement aux délices tropicaux.

Certes, les " marsouins (6) " français de la base de Port-Boët n'ont pas bougé, témoins muets d'une explication entre Ivoiriens. Mais le vieux corridor souterrain ménagé au temps du président Houphouët-Boigny entre le palais et l'ambassade de France aura encore servi - une dernière fois ? - à exfiltrer un président déchu...

PHILIPPE LEYMARIE.

(1) Qui avait conduit notamment l'ex-président Houpouët-Boigny à " comprendre " l'apartheid sud-africain ou la guérilla de l'Unita en Angola.

(2) Cf. Bechir Ben Yahmed, Jeune Afrique, hors-série, Paris, no 2, janvier 2000.

(3) Cf. Mireille Duteil, Le Point, 31 décembre 1999.

(4) Vingt mille ressortissants français sont recensés en Côte-d'Ivoire, ce qui constitue la principale communauté française expatriée d'Afrique noire. Les entreprises françaises totalisent dans ce pays 3 milliards de francs d'investissements directs.

(5) Titre du quotidien économique français La Tribune, 27 décembre 1999.

(6) Surnom donné aux soldats de l'ex-infanterie coloniale de marine.

 

UNE MISE EN GARDE D'UN MILITAIRE COMORIEN AU COLONEL ABEID

C’est en ce jour de vendredi 24 mars 00, jour de prière – recueillements, pardons – pour tous musulmans que je m’adresse à toi suite à tes déclarations faites sur le quotidien de La Réunion ce même vendredi suite aux derniers évènements de Moroni. En vertu de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui dit ceci : tout individu est libre de s’exprimer comme bon lui semble, du moment qu’il ne touche pas la vie privée de son interlocuteur.

Mon cher Abeid, je me permets de te dire que ce que ce qui se passe à Moroni comme à Anjouan, tu es mal placé pour donner de leçons. Tous les deux colonels que vous êtes, vous n’avez aucune légitimité de personne. Encore moins Azali que toi. Toi tu dis n’importe quoi m’étant en cause l’OUA alors que tu devrais savoir qu’il agit conformément à la signature d’un Président anjouanais Abdallah. Tu ignores que les Comores par la signature d’Abdallah sont membres de l’ONU par conséquent tous les pays membres de ces deux organisations ne reconnaissent que la capitale de Comores est Moroni. Mr Abeid, j’ai ma famille à Mirontsy pour quelle raison ma grande sœur qui est diabétique ne peut pas recevoir quoi que ce soit mandats, médicaments. Tout simplement parce que tu ignores que tout ce qui est destiné aux Comores doit transiter obligatoirement par Moroni qui se charge de distribuer ce qui est pour Mohéli ou Anjouan. Comme Anjouan se trouve bloquée par des incompris, lettres-mandats, colis traînent à Moroni jusqu’à disparition. Il est grand temps que cette situation cesse. Abeid, tu n’es pas un élu du peuple. Tu n’as pas de légitimité, avec mon petit frère " Bahagoulam ", vous ne faites qu’imposer une dictature inadmissible, voir intolérable à 210 voir 250.000 habitants qui ne demandent qu’une chose : Vivre, travailler et circuler librement ou bon lui semble sans aucune restriction. Il est inadmissible que pour aller d’un village à l’autre à Anjouan comme c’était ton cas quand tu as voulu te rendre à Pomoni que tu sois encadré par une soit disant section SIR dans une 4x4 bourrées d’armes – lances roquettes et mortiers- c’est inadmissible.

Tu gagnes ta retraite et tu te permets de priver la population d’Anjouan de travailler et gagner sa vie. En ce qui me concerne, je gagne ma vie, je ne vois pas pourquoi je viendrai empêcher les autres de vivre correctement. La politique ne s’improvise pas, c’est un vrai métier. Une chance nous a été ouverte avec l’accord de Tana, mais votre obstination à ne pas parapher cet accord de paix n’arrange pas la situation difficile de l’île d’Anjouan. Dois-je vous rappeler que l’autonomie de chaque île veut dire : en droit que chaque île gère ses affaires à savoir : gérer les services administratifs touchant la santé, l’agriculture, l’enseignement et la coopération avec les pays voisins(…) Anjouan avec son autonomie administrative peut par exemple négocier avec les compagnies aussi bien aériennes ou maritimes (…)

Il est grand temps que toi et la bande qui t’entoure, comprennent que le chemin que vous avez pris et sans issu, et il faut savoir revenir à la raison. Les comoriens se demandent ce qu’ils ont commis comme crime pour vivre leur vie ainsi. Signer l’accord de Tana et pour moi une chance et permettre la circulation des biens administratifs par la poste pour le bien être d’une population en détresser (…) Nous sommes tous des comoriens et aucune portion de l’île n’appartient à personne.

Le 24/3/00

Zoubert Ali

Militaire à la retraite à La Réunion

SANTE:

ABEID MINIMISE L’AGGRAVATION DU CHOLERA

Selon notre confrère le quotidien de la Réunion – édition du 27/3/00 – le chef séparatiste de l’île d’Anjouan déclare avoir bon espoir de juguler l’épidémie de choléra d’ici la fin de la saison humide. Ce qui est surprenant, c’est qu’Abeid se fait passer pour un spécialiste en médecine en déclarant sans avoir froid au yeux : " nous venons de découvrir une plante qui fait véritablement des miracles. " Et il ajoute : " l’usage de cette médecine douce aurait permis de faire passer le nombre des hospitalisations dues au choléra de 16 à 2 dans les hôpitaux de l’île ".

Ces déclarations irresponsables du chef séparatiste sont en contradiction avec les informations préoccupantes nous parvenant de l’île d’Anjouan. Le choléra connaît un développement tout à fait dramatique contrairement aux chiffres avancés par le chef séparatiste qui cherche à minimiser cette épidémie. A la date du 12 mars 2000, on avait dénombré 67 décès – selon les ONG – contrairement au chiffre de 28 morts avancé par Abeid.

Ces prises de positions irresponsables du leader séparatiste ne favorisent pas la mobilisation en faveur des victimes de cette épidémie. La rédaction de Comores-infos renouvelle son appel à la mobilisation générale de tous les comoriens et les amis de Comores pour se retrouver et aider la population anjouanaise qui souffre ,compte tenu de l’entêtement des chefs séparatistes à ne pas respecter les exigences de la communauté internationale, d’un isolement sans précédent.

 

CULTURE

LA CREATION DE LA TELEVISION REGIONALE PAR SATELLITE.

RFO Réunion a proposé à plusieurs chaînes de télévision des pays de la zone de créer la Télévision Régionale par Satellite. Cette chaîne diffusera des images produites par les chaînes de télévisions publiques ou privées de la zone. Plusieurs chaînes ont décidé de faire partie de la TRS: il s'agit des chaînes de la Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles.

Afin de permettre une meilleure intégration de notre pays dans sa zone géographique, il devient impérieux que le gouvernement comorien sollicite que les Comores fassent partie de la TRS. Ce regroupement des télévisions permettra une échange d'expériences entre les différentes chaînes, une formation du personnel ainsi qu'une meilleure connaissance des cultures des différents peuples de notre zone.

Il s'agit d'un formidable instrument concernant la coopération régionale. Les Comores ne devraient pas rater ce nouveau volet de la coopération régionale.

 

NOS BREVES

Reprise du travail au Lycée de Fomboni

Après trois semaines de grève, les professeurs du lycée de Fomboni- Mohéli -ont opté à l'unanimité la reprise des cours sans conditions préalables. Ceci est le résultat d'une forte mobilisation de la part des autorités de l'île à commencer par le Gouverneur les notables et les chefs religieux. On est en droit de se demander que fait le gouvernement ? Il est urgent que le gouvernement comorien soit attentif aux justes revendications des enseignants.

L’embargo d’Anjouan fragilise l’économie de Mohéli.

Suite aux nouvelles sanctions imposées par l'OUA aux séparatistes anjouannais, l'île de Mohéli se trouve baigner à des difficultés qui ne sont pas les moindres. Il faut noter que l'île d'Anjouan reste l'endroit ou bon nombre de la population mohelienne fait vendre leurs denrées alimentaires à des prix compétitifs. De ce fait, on note une accentuation de la crise financière dans l'île dès la fermeture des liaisons maritimes et aériennes. Cet exemple montre bien la nécessité de trouver rapidement une solution à la crise séparatiste qui aujourd’hui représente un handicap au développement économique de notre pays.

Viol à Boigoma -Mohéli-

La barbarie et la criminalité prennent une très grande ampleur dans nos îles. C'était le lundi 3 avril 2000  à 1h du matin quant le nommé Andjibou Manou débarque dans une habitation de Boigoma ville située au sud de Fomboni – Mohéli -  Ce forcené a violé une femme proche de sa famille sous la menace d’une arme blanche. Il a été arrêté et incarcéré à la prison de Badjo.

La population de Boigoma s’est mobilisée et a organisé une manifestation intitulée Goungou pour protester contre cet acte indigne et incompréhensible.

Notre nouveau correspondant à Mohéli, Ismael Ahmed Bacar vous permettra de suivre de près l’actualité de cette île comorienne, - grand absent dans la presse nationale et internationale -. Nous sommes fiers d’ouvrir nos colonnes pour couvrir les événements qui touchent à l’ensemble du territoire national – Mayotte compris-. Merci de continuer à nous faire confiance.

MAYOTTE : Sauvagement agressé, le patron de la "Tortue Bigotu" transféré à la Réunion

Alain Swick, patron de l'hôtel-restaurant "La Tortue Bigotu", situé à Mamoudzou, en Grande-Terre à Mayotte, a été agressé la semaine dernière par une bande de jeunes gens à coups de barres de fer et de marteaux.

Son état de santé étant jugé très critique, le directeur de l'établissement a été transféré vers la Réunion, à l'hôpital de Saint-Pierre. Cette agression fait suite à d'autres faits du même type qui s'étaient produits quinze jours auparavant à Kaweni, dans la zone industrielle de la ville principale de l'île aux parfums. Cette dégradation du climat social à Mayotte est très préoccupante et devrait mobiliser tous les décideurs pour qu’enfin ce problème fasse partie des préoccupations des hommes politiques de l’île.

Un décès d’Ali Abdallah à Moroni

La disparition suspecte de M. Ali Abdallah, originaire de l’île d’Anjouan est exploitée à des fins politiciennes par la tendance extrémiste du mouvement séparatiste qui soutient sans la moindre preuve sérieuse qu’il s’agit d’un assassinat. Selon des informations de bonne foi, la nuit de sa mort, M. Ali Abdallah en compagnie d’un autre anjouanais avait mangé des brochettes vers 23 heures. Son corps a été retrouvé au petit matin à la Couléé de Lave. Il est irresponsable que certains cherchent aujourd’hui à travers cette disparition pour le moment non encore élucidée à semer la haine et la discorde entre les comoriens. Ce qui a indigné beaucoup de comoriens participant au club de discussions Habari diffusé sur le net.

La rédaction de Comores-infos souhaite que la justice fasse son travail de manière objective et indépendante et n'écarte à priori aucune piste.

La France torpille les sanctions de l'OUA

Les autorités françaises n'appliquent pas les sanctions décrétées par l'OUA à l'encontre des dirigeants séparatistes. Et pourtant, Jean-Jack Queyranne, le Secrétaire d'Etat chargé des DOM-TOM, avait affirmé lors de son dernier séjour à Mayotte que le gouvernement français appliquerait les sanctions décidées par l'OUA. Et pourtant, l'engagement de M. Queyranne n'est pas respecté dans la pratique. En effet, les liaisons maritimes existantes entre Mayotte et Anjouan continuent comme auparavant. Une telle attitude aboutit à torpiller les sanctions décidées par l'organisation panafricaine. Afin de parvenir rapidement à une clarification de la politique française, l'OUA devrait avoir le courage d'interpeller officiellement les autorités françaises pour savoir pourquoi elles ne mettent pas en œuvre les sanctions qui ont été décidées. Les séparatistes affirment en privé que tant les liaisons Anjouan-Mayotte vont continuer, les sanctions de l'OUA ne les impressionnent pas.

Un nouvel ambassadeur de France pour les Comores

Selon des informations publiées par nos confrères de la Lettre de l'Océan indien, , le nouvel ambassadeur de France aux Comores s'appelle Jean-Pierre Lajaunie. Lajaunie qui est né en 1941 était entré au ministère de l'Economie et des Finances en 1962, puis avait été inspecteur des douanes et en poste au Gabon. Après un passage comme conseiller au tribunal administratif de Toulouse (1975-81), il avait été Inspecteur d'Etat du Sénégal pendant près de 10 ans (1981-89). De 1990-95, il a occupé les fonctions de sous-directeur de l'état civil au ministère français des affaires étrangères. De 1995 à 98, il a eu l'occasion de se frotter à une situation africaine fort délicate en tant qu'ambassadeur au Burundi.

Nous espérons que la nomination de ce nouvel ambassadeur permettra une clarification de la politique française aux Comores dont les nombreuses contradictions et ambigütés constatées depuis le déclenchement de la crise séparatiste ont contribué à ternir l'image de la diplomatie française aux yeux de la population comorienne.

POUR RIRE

Nous vous proposons ces trois textes tirés du livre 365 jours pour rire. Nous vous conseillons vivement cet ouvrage réalisé par la société nouvelle Firmin-Didot – Mesnil-sur-l’Estrée pour le compte des Editions Disoc en mars 99 –

Vous aussi vous pouvez nous proposer vos fous rire.

L’OCCASION

Une dame vient trouver le commissaire de son quartier :

DIVAN LE TERRIBLE

Une vieille fille entre dans un magasin de meubles et bavarde avec le vendeur :

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