EDITORIAL: PARIS PRIS EN PORTE A FAUX DANS SA POLITIQUE AUX COMORES.
Le nouvel ambassadeur de France aux Comores Jean-Claude Lajaunie a présenté le mercredi 12 avril dans l' après-midi ses lettres d'accréditation au chef de l'Etat comorien le colonel Azali Assoumani au Palais de Beit-Salam. Jean-Claude Lajaunie remplace M. Gaston Lepaudert qui a quitté son poste le 16 mai 1999, après le coup d'Etat du chef d'état-major de l'armée comorienne, le colonel Azali Assoumani.
L'OUA qui est chargée de la médiation de la crise séparatiste comorienne, la Ligue des Etats Arabes, mais également la France, principal partenaire extérieur des Comores, ont condamné le putsch et exigent le retour à la légalité constitutionnelle.
La politique française face à la crise comorienne suscite de plus en plus de critiques car elle est empreinte par de nombreuses contradictions et incohérences. Même certains fonctionnaires français affirment, en privé, ne pas comprendre la logique de la politique française face à la crise séparatiste. Pourquoi Paris a nommé un nouvel ambassadeur à Moroni alors que la junte n'a pas rendu le pouvoir aux civils comme elle s'y était engagée? Cette nomination constitue, aux yeux de nombreux observateurs, un signe d'encouragement accordé au colonel Azali. Selon une source diplomatique française à Moroni, M. Lajaunie devrait s'attacher à favoriser un retour à la démocratie et à une bonne gouvernance, tout en précisant que "l'une ne va pas sans l'autre".
Au moment où l'OUA a imposé des sanctions sévères à l'encontre des séparatistes anjouannais afin qu'ils signent enfin l'accord d'Antanarivo, le Préfet de Mayotte n'applique pas les dites sanctions. Et pourtant, M. Queyranne s'était engagé lors d'une interview accordée à nos confrères du Quotidien de la Réunion d'appliquer les dites sanctions. Les comoriens souhaitent l'établissement des relations apaisées avec la France mais sont déroutés par les manuvres dilatoires du gouvernement français qui empêchent un règlement rapide de la crise comorienne.
Il convient de relever, que chose rare aux Comores, des slogans hostiles à la France, mais également à l'OUA et au colonel Azali ont été inscrits dans la nuit du lundi 17 dans plusieurs endroits de la capitale.
La politique française aux Comores est également incomprise par la presse régionale. Nos confrères du Quotidien de la Réunion l'ont qualifiée de " diplomatie en eaux troubles".
L'OUA s'est adressé à la France de manière implicite en invitant toutes les parties présentes dans la région, ce qui sous-entend clairement la présence française à Mayotte, d'appliquer les sanctions qui ont été décidées.
Le temps presse. L'OUA doit cesser d'utiliser des formules diplomatiques pour s'adresser à la France. Elle doit interpeller publiquement le gouvernement français afin qu'il s'implique de manière effective à un règlement rapide de la crise comorienne. Pour alléger les souffrances de la population anjouanaise prise en otages par des chefs séparatistes dont l'inconscience et l'irresponsabilité ont dépassé les limites de l'imaginable, l'OUA devrait dans l'immédiat dépêcher à Anjouan un 1er détachement de la force d'interposition afin de permettre l'ouverture d'un couloir humanitaire. La population qui ne croit plus aux chimères séparatistes attend l'ouverture de ce couloir humanitaire avec impatience.
LA REDACTION
POLITIQUE
L'EVENEMENT DU JOUR: L'OPPOSITION COMORIENNE RELEVE LA TETE
ouze partis de l'opposition comorienne ont manifesté lundi 17 avril 2000 pour appeler le colonel Azali Assoumani à rendre le pouvoir aux civils comme il l'avait promis après son coup d'Etat, il y a près d'un an, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. Un millier de personnes, parmi lesquelles des notables et beaucoup de jeunes, ont participé à la manifestation, la première de cette ampleur depuis le putsch du 30 avril 1999. "Nous en avons assez des mensonges, le bilan d'un an de pouvoir d'Azali se caractérise par une aggravation des conditions d'existence de la population" a lancé Mohamed Mzé du parti Meshabora. "Le pays s'enfonce et rien ne va".
Le colonel Azali avait pris le pouvoir le 30 avril 1999 et promis qu'il le remettrait aux civils le 14 avril 2000. Les responsables de l'opposition ont critiqué le bilan d'une année de pouvoir du colonel Azali et demandé sa démission. "Nous n'en resterons pas là" a indiqué Ali Msaidié Houmed, ancien ministre de la Production du gouvernement du Premier ministre Abbas Djoussouf, renversé en avril 1999.
L'opposition comorienne relève ainsi la tête après avoir conservé un long silence. Seule une forte mobilisation de l'opinion publique comorienne peut pousser le colonel Azali à la porte de sortie.
La junte militaire paraît de plus en plus isolée sur le plan politique. Les pressions tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays se multiplient pour que le colonel Azali retourne dans les casernes.
En effet, le secrétaire général de la Coordination de salut national (CSN), la coalition des partis favorables à la junte militaire au pouvoir aux Comores, a démissionné le vendredi 14 avril et dénoncé le régime pour n'avoir pas respecté son engagement de rendre le pouvoir aux civils, comme promis il y a un an. "Le colonel Azali Assoumani, le chef de la junte, a trompé et trahi la nation, et il doit partir", a déclaré M. Hachim Said Hachim, qui s'adressait à la foule avec un mégaphone à la sortie la prière du vendredi à la grande Mosquée de Moroni. M. Said Hachim, fils de l'ambassadeur des Comores à Paris Said Hassane Said Hachim, dirige le Mouvement pour sauver l'unité des Comores (MSUC). Le 10 avril, la CSN avait adressé une lettre au colonel Azali, dans laquelle elle disait s'inquiéter de "la non exécution des mesures en faveur du retour à l'ordre constitutionnel à la date butoir du 14 avril 2000". La CSN, qui est constituée de 24 associations et petits partis politiques, déplorait en outre le non respect des droits et libertés individuelles et collectives dans l'application des mesures d'assainissement.
Il convient de noter, par ailleurs, que l'Organe Central de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) a demandé "instamment" le vendredi 14 avril dans la soirée aux autorités comoriennes de se conformer à la décision du sommet d'Alger sur le retour à l'ordre constitutionnel avant le prochain sommet de l'OUA, a-t-on appris de sources diplomatiques africaines à Addis Abeba.
Les chefs d'Etat africains, lors de leur dernier sommet à Alger en juillet 1999, avaient pris position contre les coups d'Etat en Afrique.
Ils avaient notamment décidé que "les Etats membres dont les gouvernements sont venus au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels après le sommet de Harare de 1997 doivent rétablir la légalité constitutionnelle avant le prochain sommet".
L'Organe central, réuni le vendredi 14 avril, a notamment réitéré son "ferme" appui aux mesures adoptées par les pays de la région, la Troïka (Burkina Faso - Algérie - Togo), puis par le Conseil des ministres de mars de l'OUA, concernant la crise anjouanaise et le retour à l'ordre constitutionnel avant le prochain sommet de l'OUA prévu dans quelques mois à Lomé, ont affirmé ces diplomates.
"Les pays africains sont extrêmement sérieux quant à l'application de cette décision et sont déterminés à aller jusqu'au bout", ont-ils notamment déclaré.
L'OUA multiplie les pressions pour que l'île séparatiste d'Anjouan qui a déclaré unilatéralement son indépendance, signe les Accords de paix d'Antananarivo (avril 99), et pour le "retour à l'ordre constitutionnel" sur la Grande Comore.
L'Organe central a notamment lancé un appel à tous les Etats membres et "autres parties" de la région pour une coopération afin de mettre en oeuvre les sanctions prises contre les dirigeants anjouanais (restrictions de voyages, de télécommunications, suspensions des liaisons maritimes et aériennes, gel des comptes bancaires), ont conclu les diplomates.
L'AFRIQUE RETROUVE SA VOIX. iscours officiels et séances à huis clos ont caractérisé le premier sommet Afrique-Europe, un rendez-vous qui semble avoir profité plus à l'Afrique qu'à l'Europe des Quinze. Une déclaration finale et un plan d'action devaient être adoptés au terme de deux jours de discussions plutôt franches voire d'affrontements inattendus; mais aussi de rencontres spectaculaires, comme celle entre Mohammed VI et Abdelaziz Bouteflika, ainsi que celles du colonel Kadhafi avec Jacques Chirac, Romano Prodi, José Maris Aznar, Gerhard Schroeder et Massimo D'Alema.
Pour le président français, "ce n'était pas facile de rassembler 67 délégations. (Ce sommet) à a été à la fois utile et réussi".
La 'rentrée' très remarquée du colonel Kadhafi.
On savait que le "guide de la révolution" libyenne était imprévisible et que la longue période de quarantaine à laquelle il l'a été soumis par les USA (après avoir été militairement agressé) en raison de son soutien au terrorisme, lui avait de facto permis de se refaire une certaine image et surtout de se rapprocher du continent africain. Désormais il affiche un panafricanisme à tous crins et n'hésite pas à proposer ses bons offices dans des conflits aussi compliqués que celui de l'Afrique centrale. Le sommet du Caire lui a offert une tribune inespérée. "Il faut que vous nous laissiez tranquilles, car nos principes et notre culture sont différents des vôtres. Nous n'acceptons pas de leçons (des Européens), car les peuples d'Afrique ne savent pas ce que signifient des élections. Les gens en Afrique ont besoin de nourriture et de médicaments. L'Africain veut manger, boire et lutter contre la malaria, a-t-il lancé aux représentants européens, lors d'une séance à huis clos. Vos régimes sont dictatoriaux. Nous refusons que l'Europe nous impose cela
Lorsque nous appelons les pays colonialistes à offrir des dédommagements pour les dommages qu'ils ont causés, ou les mines qu'ils ont plantés, c'est parce que nous ne voulons pas que le colonialisme se répète". Ce discours anticolonialiste n'est pas nouveau, mais il tombe au moment où de nombreux leaders africains se disent méprisés et maltraités par la communauté internationale. Toutefois le colonel Kadhafi semble oublier une fois de plus que les élections libres sont plus qu'appréciées en Afrique. Et que l'exemple sénégalais pourrait faire tâche d'huile, y compris dans les pays du Maghreb.Mugabe à la Grande Bretagne: "le colonialisme, c'est fini!"
Une rencontre très attendue a eu lieu entre le britannique Robin Cook et le zimbabwéen Robert Mugabe, et elle a porté sur tous les sujets sensibles qui opposent depuis des années les deux pays: scandales et corruption, mise en cause des droits des fermiers blancs, durcissement d'un régime déjà autoritaire, soutien au mouvement des anciens combattants qui ont occupé les fermes des Blancs. Elle fut, officiellement, "honnête et ouverte", selon Londres. En clair: orageuse. Le ministre britannique a confirmé que son pays demandait l'envoi d'observateurs internationaux pour les législatives de mai prochain: il aurait aussi évoqué l'éventualité de sanctions contre le Zimbabwe.
Ce qui a provoqué une nouvelle colère de Mugabe, qui a déclaré: "s'il y a un seul pays.
LA COORDINATION DE SALUT NATIONAL DENONCE LABSENCE DE CONCERTATION
Ca bouge à Moroni. La Coordination de salut national (CSN), qui regroupe 24 associations et groupuscules proches du pouvoir militaire en place à Moroni, a dénoncé lundi 10 avril l'absence de concertation concernant la transition entre le pouvoir militaire et le pouvoir civil.
Dans une lettre adressée lundi au chef de l'Etat, le colonel Azali Assoumani, la CSN a déploré "qu'aucun débat n'ait été engagé entre les différents partenaires de la transition pour redéfinir un nouvel échéancier" et a "regretté l'absence de concertation entre les partis politiques, la société civile et les institutions de l'Etat". La CSN s'est inquiétée lundi "de la non exécution des mesures (...) en faveur du retour à l'ordre constitutionnel (...) à la date butoir du 14 avril 2000".
Le colonel Azali, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat le 30 avril 1999, s'était engagé à le restituer aux civils le 14 avril 2000. Toutefois, vendredi, le journal gouvernemental Al-Watwan avait annoncé que "le 14 avril 2000 n'aura pas lieu". Dans sa lettre au colonel Azali, la CSN se félicite "des résultats obtenus par la politique d'assainissement" du pouvoir mais "déplore le non-respect des droits et libertés individuelles et collectives dans l'application des mesures d'assainissement".
La CSN propose "l'organisation d'une rencontre nationale (...) de l'ensemble de la classe politique et de la société civile pour un sursaut national".
Lhomme fort de Moroni qui a reçu un appui de poids des autorités françaises qui ont nommé un ambassadeur à Moroni après 12 mois dabsence - ne va pas prendre au sérieux les injonctions de ses amis dhier.
SLOGANS CONTRE LA JUNTE AU POUVOIR ET LA FRANCE SUR DES MURS A MORONI. es slogans hostiles à la fois à la France et au chef de la junte militaire au pouvoir aux Comores ont été peints sur des murs dans la capitale Moroni, rapporte mardi 18 avril un correspondant de l'AFP sur place.
"A bas la France !", "Azali = Bob Denard = France", peut-on lire par exemple à plusieurs endroits.
Le colonel Azali Assoumani, chef d'état-major de l'armée, a pris le pouvoir par un coup d'Etat le 30 avril 1999. Bob Denard est un ancien mercenaire français qui a mis au pouvoir ou défait plusieurs chefs d'Etat aux Comores, jusqu'à une récente "retraite" en France. Ces inscriptions ont été peintes quelques jours après la nomination par la France d'un nouvel ambassadeur aux Comores, alors que le régime du colonel Azali est complètement isolé sur le plan international.
Cette prise de position officielle de la France dans le débat politique comorien a occasionné une montée de sentiments anti-français à Moroni. Les Comoriens ont du mal à suivre la politique de la France aux Comores. Que veut réellement la France? sinterroge lhomme de la rue aux Comores. Les comoriens continuent à payer une indépendance mal négociée et mal gérée poursuit une jeune de Badjanani à Moroni -. Il faut rappeler que le poste dambassadeur était vacant depuis le 16 mai 1999. Ce retour dun diplomate de haut rang est considéré par beaucoup de comoriens comme étant un appui clair de la France accordé au colonel Azali.
Certains slogans font la liaison avec la présence française à Mayotte. "Dehors la France ! Libérez Mayotte !", Peut-on encore lire sur les murs. Lancien Premier ministre français, Michel Rocard, a apporté son point de vue dans ce débat en déclarant au mois dernier lors d'une conférence tenue aux Etats-Unis que loccupation par la France de lîle comorienne de Mayotte est illégale. De nombreux comoriens soutiennent que cette occupation est la cause fondamentale de la déstabilisation de l'Etat comorien depuis 1975 et notamment du déclenchement de la crise séparatiste en 1997. Plusieurs voix se sont exprimées pour réclamer un règlement global de la crise comorienne incluant la question de Mayotte.
Il est vrai que la diplomatie française gagnerait en crédibilité en clarifiant les intentions réelles de Paris aux Comores. Il est paradoxal de constater qu' au moment même où le projet de loi du gouvernement français concernant l'outre-mer insiste beaucoup sur le développement de la coopération régionale , la France torpille tous les efforts de l'OUA en vue de parvenir à un règlement rapide de la crise comorienne. La coopération régionale des pays de la zone de l'Océan Indien peut-elle se développer dans un climat serein si l'un des pays membres est plongé dans une crise interminable dont il est clairement établi qu'elle est entretenue par une grande puissance présente dans la zone? La France veut-elle vraiment une stabilité aux Comores ?
Nous espérons que le nouvel ambassadeur français aux Comores prendra conscience de lampleur de la tâche qui l'attend .
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EXTRAIT DU DISCOURS DE LAMBASSADEUR DE France
( ) " Mon arrivée dans votre beau pays, porte la marque du temps et de la patience, ce sont là les qualités de partenaires qui nont pas besoin de précipitation pour témoigner de la réalité de leurs liens.
Les Comores et la France sont unies au delà des unions de circonstances. Chaque instant de leur vie commune est empreint de signes qui prouvent à quel point nos relations sont profondes et durables. ( )
Je viens à vous aujourdhui pour vous porter le message dune France attentitive à son amie comorienne, dune France qui est convaincue que la sagesse des comoriens va leur permettre, dans la communauté internationale, et dautre part, en mettant fin aux querelles stériles, de se consacrer à ce qui devrait être la priorité dans tout Etat : chercher les voies et moyens pour assurer la paix et la prospérité à lensemble de sa population "
( ) " le soutien de la France aux efforts entrepris par lorganisation de lunité africaine pour que les Comores retrouvent leur équilibre national et le fonctionnement normal de leurs institutions est sans ambiguïté "
( ) Pour ce faire je souhaite entretenir avec vous, mon colonel, un dialogue ouvert et que jespère fructueux, mais que je nhésiterai pas à rendre critique si le besoin sen fait sentir "
MEMORANDUM DU COMITE POLITIQUE POUR LE REDRESSEMENT DANJOUAN
Nous avons reçu un long document établi par le Comité Politique pour le Redressement de Nzouani. Le CPRN réclame l'envoi dès maintenant d'une force de sécurisation à Anjouan qui soccupera essentiellement du suivi et du contrôle des mesures déclenchées par l'OUA mais aussi des interventions dordre humanitaire et de maintien de la paix.
LA REDACTION
Le Comité Politique pour le Redressement de Ndzuani (CPRN) est lorgane exécutif de lunion des organisations que sont le Groupe dInitiative pour le Redressement du Mouvement Anjouanais (GIRMA) et le Collectif des Associations unionistes de la Communauté anjouanaise à la Grande Comore (le Collectif). Cette union sest donnée pour objectif dobtenir le départ du Colonel Abeid et de sa clique et de signer lAccord dAntananarivo en tant que partie anjouanaise.
Lors des préparatifs de la Conférence inter-îles dAntananarivo, la société civile, notamment le Collectif, avait attiré lattention des autorités comoriennes et de lOUA sur le danger quil y avait de croire à la " bonne foi " des séparatistes. Le Collectif avait rappelé, en vain, limportance primordiale dacheminer une force de sécurisation à Anjouan avant la tenue de la conférence, pour permettre à toutes les opinions de sy exprimer librement et pour la constitution dune délégation anjouanaise représentative de tous les courants dopinion. Les séparatistes, quant à eux, avaient exigé et obtenu que lon écarte tous les unionistes anjouanais de la conférence. On se rappelle, par exemple, que le Groupe de Réflexion, pourtant bien présent sur le terrain à Anjouan, navait pas pu se rendre à Antananarivo. Le Collectif et lensemble de la société civile présente à Antananarivo ont été réduits au statut dobservateurs passifs. La conviction profonde du Collectif était que les séparatistes nétaient animés daucune volonté de négocier pour aboutir à un accord et que, sils acceptaient daller à Antananarivo, cétait plutôt dans lintention de sen servir comme dune tribune pour se légitimer et diffuser leurs idées malsaines.
La suite des événements a malheureusement donné raison au Collectif :
- A la clôture de la Conférence inter-îles dAntananarivo, le Dr Zaïdou (leader séparatiste anjouanais) sest livré à un exercice de pure démagogie devant lensemble de la communauté internationale et les parties comoriennes présentes. Cette mascarade na pu tromper que ceux qui ne connaissent pas la nature profondément retors des séparatistes. En effet, le Dr Zaïdou a voulu faire croire que lui-même et sa délégation ne rejetaient pas lAccord, mais quil fallait prendre " lavis de la population anjouanaise ", poussant le cynisme jusquà faire miroiter une signature rapide.
- Dès leur retour à Anjouan, au lieu de prendre " lavis de la population anjouanaise " comme ils lont fait croire à la conférence, les leaders séparatistes se sont employés à mener une campagne de désinformation contre lAccord.
Ils lont présenté à la population comme un retour pur et simple à la case départ. Abdallah Mohamed (leader séparatiste anjouanais) a lui-même tenu de nombreuses réunions où il a expliqué quil ne fallait surtout pas signer lAccord. Au cours dun meeting tenu courant septembre 1999 à Nyumakele, il a déclaré : " Nous avons trompé la communauté internationale et les Grands Comoriens, jamais nous ne signerons cet Accord ".
On aurait pu sattendre à un débat public à Anjouan où les différentes opinions se seraient confrontées pour dégager la position anjouanaise. Au lieu de cela, les séparatistes ont monopolisé la parole et violemment bâillonné tous les partisans de la signature de lAccord. Sous limpulsion du GIRMA, les cadres anjouanais se sont réunis à lhôtel Al Amal pour soutenir et interpeller la délégation anjouanaise pour signer lAccord dAntananarivo. La plupart des participants à cette réunion ont fait les frais de la politique de bâillonnement des dirigeants séparatistes et ont été obligés de sexiler pour avoir voulu exprimer une opinion favorable à la signature de lAccord.
Depuis leur retour dAntananarivo, les séparatistes nont eu de cesse que de défier la communauté internationale : refus intransigeant affiché à la Réunion de Pretoria et organisation dun pseudo référendum le 23 janvier 2000. Les séparatistes poursuivent encore et toujours leur politique de fuite en avant et de mépris des communautés internationale et nationale en organisant à Anjouan, le 26 mars 2000, de nouvelles élections, municipales cette fois.
Doù les séparatistes tirent-ils autant darrogance : de linertie de lEtat comorien embourbé dans les querelles de pouvoir de la classe politique ; de limpuissance de la communauté internationale perdue dans les méandres de la diplomatie ; du dénuement et de lisolement de la société civile ou enfin du soutien réel ou supposé dune grande puissance présente dans la sous région ?
Les séparatistes ne cessent daccuser lOUA de parti pris, oubliant que cette organisation sest pliée en quatre pour satisfaire leurs caprices, notamment en cédant à leur refus de se rendre aux différentes conférences en passant par Moroni et de se munir de passeports comoriens. On se rappelle que, par deux fois, lOUA a affrété des avions spéciaux pour chercher les délégations séparatistes et leur a attribué des laissez-passer. LOUA a dépêché de nombreuses délégations de haut niveau à Anjouan et a continué à le faire malgré laccueil pour le moins pas diplomatique réservé par les séparatistes à la délégation ministérielle de lOUA en mars 1998. Lémissaire de lOUA, S.E. M. Pierre Yéré, que les séparatistes ont déclaré persona non grata à Anjouan, avait pris fait et cause contre lintervention militaire à Anjouan en septembre 1997. En fait, les séparatistes attendent de lOUA quelle consacre purement et simplement la balkanisation des Comores, contrairement à tous ses principes.
Il convient que les communautés internationale et nationale tirent les conséquences logiques de trois ans de tentatives infructueuses de médiation. Il ny a plus aucun doute sur le fait que les séparatistes anjouanais ne sont animés daucune volonté daboutir à une solution négociée et pacifique de la crise actuelle. Il est illusoire de continuer à leur accorder une crédibilité et à les considérer comme des partenaires pour la sortie de crise.
A la suite du refus arrogant des séparatistes de signer lAccord à léchéance du 1er février 2000, lOUA a pris un premier train de mesures visant à isoler les leaders séparatistes. Les observateurs saccordent à dire que ces mesures mal préparées nont pas eu lefficacité escomptée. Les séparatistes y ont dailleurs vu un signe de faiblesse de la communauté internationale. Actuellement, un second train de mesures est en train dêtre mis en place, visant à restreindre les communications et lapprovisionnement en carburant de lîle. Ce second train de mesures peut affecter la population, déjà durement éprouvée par lépidémie de choléra et les exactions des séparatistes.
Quel est lobjectif poursuivi à travers cette pression exercée sur les séparatistes ? Si lobjectif final des mesures est de contraindre les leaders séparatistes à signer lAccord, on peut être sceptique sur la viabilité dun Accord arraché sous la contrainte. En effet, si les séparatistes signent aujourdhui sans conviction, ça ne peut être que pour mieux bloquer et saboter tout le processus de transition. La signature de lAccord nest pas une fin en soi ; cest plutôt le début dun processus qui doit mener à la mise en place dun nouveau cadre institutionnel pour les Comores. Il sagit dun processus difficile qui ne pourra être mené à terme que grâce à la ferme volonté des partenaires daboutir. Le CPRN a lintime conviction que les séparatistes ne peuvent jouer ce rôle.
Lisolement des séparatistes commencé le 1er février 2000 ne peut donc être transitoire, mais plutôt définitif. Il est plus que temps que les communautés internationale et nationale se rendent à cette évidence : le règlement de la crise anjouanaise doit se faire avec de nouveaux partenaires, autres que les séparatistes.
En outre, si les restrictions prônées par lOUA savèrent efficaces (ce qui suppose que les autorités maoraises appliquent les mesures), pendant combien de temps la population anjouanaise aura à souffrir avant que les séparatistes se résolvent à signer ou que dautres dispositions soient prises ?
Le CPRN estime que les mesures, surtout les restrictions sur les approvisionnements de lîle, doivent être limitées dans le temps et quil convient dès maintenant denvisager sérieusement lintervention dune force de sécurisation, qui soccupera essentiellement du suivi et du contrôle des mesures déclenchées mais aussi des interventions dordre humanitaire et de maintien de la paix.
Dans son dernier communiqué, lOUA fait mention de lappui à apporter aux partis politiques et aux organisations de la société civile opposés aux séparatistes.
Le CPRN se félicite de cette disposition quil est grand temps de mettre en uvre. Le CPRN est disposé à soutenir les mesures prises par lOUA et relayées par le Gouvernement comorien, et à simpliquer dans leur application. A ce titre, le comité de suivi devrait être renforcé et impliquer davantage les parties prenantes. Cependant le CPRN demande que lenvoi dune force de sécurisation à Anjouan soit sérieusement envisagé dès maintenant. En effet, lenvoi dune telle force simpose de toute façon, que les leaders séparatistes signent ou pas lAccord, ceci dautant plus que la situation socio-politique à Anjouan fait craindre de nouveaux affrontements à lexemple de ceux déjà vécus en décembre 1998.
Fait à Moroni le 28 mars 2000
Pour le CPRN,
Naquydine Abdou.
LU DANS LA PRESSE
LE ROLE DE LA France AUX COMORES
DIPLOMATIE EN EAUX TROUBLES
Double langage. La France condamne le coup dEtat dAzali mais nomme un ambassadeur qui lui présente ses lettres daccréditation comme si rien nétait. La France dit appliquer les sanctions de lOUA à lencontre des séparatistes dAnjouan mais ne respecte pas lembargo et laisse grandes ouvertes les lignes maritimes entre Anjouan et Mayotte.
LAgence France Presse rapporte que le nouvel ambassadeur de France aux Comores Jean-Claude Lajaunie a présenté mercredi après-midi ses lettres daccréditation au chef de lEtat comorien le colonel Azali Asoumani au palais de Beit-Salam. La France, tout comme lOUA et la Ligue des Etats Arabes, avait pourtant condamné le putsch dAzali et exigé le retour à la légalité constitutionnelle. Azali vient de renvoyer ce " retour à la légalité constitutionnelle " aux calendes grecques". Lambassadeur de France lui rend solennellement visite Comprenne qui peut.
Selon une source diplomatique française à Moroni. Jean-Claude Lajaunie devrait sattacher à favoriser un retour à la démocratie et à une bonne gouvernance, tout en précisant que " lune ne va pas sans lautre ". Des slogans hostiles à la France, mais également à lOUA et au colonel Azali ont été inscrits mardi dernier dans plusieurs endroits de la capitale.
De plus en plus de voix sélèvent pour dénoncer le rôle de la France dans la crise comorienne. Nombre de politiciens lui reprochent son double langage en Grande Comore avec la condamnation du putsch mais la multiplication des signes de soutien au colonel Azali et surtout à Anjouan avec lappui officiel de lOUA et sa réticence à appliquer ses sanctions.
Lagence de presse africaine Pana rapporte en effet quune délégation du Comité politique pour le redressement de lîle séparatiste dAnjouan (CPRN) a solennellement informé le représentant de lOrganisation de lunité africaine (OUA) à Moroni, que lîle de Mayotte sous administration directe de la France ne " respecte pas lembargo que lOUA a décrété contre les séparatistes dAnjouan ". Cette délégation est composée du Groupe dinitiative pour le redressement du mouvement anjouanais (GIRMA) et du collectif des associations unionistes de la communauté anjouanaise résidant en Grande Comore. Elle accuse ainsi indirectement, la France de saborder les efforts diplomatiques que lOUA déploie concrètement sur le terrain, tout en tenant, en toute duplicité, un langage opposé dans les instances internationales.
" Lun de nos militants qui rentre de Mayotte a vu sur place que les bateaux anjouanais allaient et venaient sans aucune entrave, dAnjouan à Mayotte ", a déclaré mercredi à lagence Pana, Naquydine Abdou, le président du collectif des Anjouanais de la Grande Comore. Selon la préfecture de Mayotte, celle-ci na pas suspendu les lignes maritimes régulières entre Anjouan et Mayotte car elle na reçu aucune consigne à cet effet de la part du gouvernement.
Les partisans anjouanais de laccord dAntananarivo ont remis au représentant de lOUA un mémorandum invitant de nouveau lorganisation panafricaine à envisager " lintervention dune force de sécurisation à Anjouan ". Ils réclament ni plus ni moins lélimination à terme des actuels dirigeants dAnjouan de la scène politique et diplomatique.
" Couloir humanitaire contre le choléra "
Le CPRN rappelle que les mesures de blocus mises en uvre depuis le 20 mars, affectent dabord les populations et quelles doivent de ce fait, être limitées dans le temps. Lîle dAnjouan est théoriquement soumise à un blocus depuis le 20 mars, à la fois sur les liaisons maritimes et aériennes, le téléphone inter-îles et interurbain à lintérieur de lîle, les opérations financières et le ravitaillement en hydrocarbures.
Mais ces décisions prises par la communauté internationale à linitiative de lOUA nont pas à ce jour eu tous les effets escomptés. Récemment, un Mauricien du nom de Soobaschand Sweenarain, représentant de la " Gul Oil WLL ", une entreprise immatriculée à Dubay, avait été interpellé à Moroni par exemple, pour avoir vendu du fuel aux autorités anjouanaises. Cet ancien fonctionnaire de la Commission de lOcéan Indien aurait servi selon le journal le Mauricien lEXPRESS, comme conseiller économique des autorités séparatistes de 1997 à 1998. Libéré, lhomme daffaires mauricien aurait déjà effectué de nouveaux voyages à Anjouan en passant, cette fois-ci, par Mayotte.
Dune manière générale, lembargo de lOUA demeure assez souple dans la mise en uvre puisquil arrive quun bateau venu dAnjouan, accoste au port de Moroni.
Un officiel a déclaré à la Pana quil paraissait nécessaire douvrir " un couloir humanitaire " pour ne pas asphyxier une population qui se débat contre une épidémie de choléra qui a affecté 2.367 personnes et tué 90 personnes à la date du 2 avril.
Quotidien de la Réunion 14/4/00
F.C.
LES VICTOIRES DIPLOMATIQUES DU COLONEL AZALY. Décidément, les jours se suivent et se ressemblent pour les autorités comoriennes qui se frottent aujourd'hui les mains après les victoires diplomatiques qu'elles sont en train d'enregistrer ces derniers temps.En moins d'une semaine, trois ambassadeurs ont présenté leurs lettres de créances au chef de l'Etat comorien, le colonel Azaly Assoumani. L'ambassadeur de France doit présenter ce mercredi ses lettres de créances et aussi celles du rappel de son prédécesseur, Gaston le Paudert, parti des Comores depuis plusieurs mois déjà. La France, premier partenaire des Comores et aussi principale source d'aide bilatérale de ce pays.
Une chose est sûre: ces victoires diplomatiques arrivent au mauvais moment pour l'opposition comorienne qui entendait contraindre dans les tous prochains jours le chef de l'Etat comorien, le colonel Azaly, à abandonner le pouvoir le vendredi 14 de ce mois. Et ce, conformément à l'engagement qu'il avait pris l'année dernière pour rendre le pouvoir à un président élu.
"A qui dois-je remettre le pouvoir?", s'interroge l'homme fort des Comores. Il est vrai qu'en l'absence d'une solution à la crise indépendantiste qui frappe ce pays depuis plus de trois ans, son argument a commencé à rencontrer une certaine compréhension dans nombre de pays.
"LA FRANCE DEHORS"
Cependant, les habitants de Moroni s'étaient réveillés hier matin pour découvrir des graffitis anti français sur certains murs. "A bas la France", "La France dehors" ou "Abeid et Azaly = la France". Pour l'heure, personne ne les a revendiqués. Mais, ces graffitis surviennent juste au moment où l'on assiste à la montée d'un fort sentiment anti français et essentiellement anti anjouanais en Grande-Comore.
Une situation due essentiellement au manque de résultats des nouvelles sanctions prises le mois dernier par l'OUA à l'encontre des indépendantistes anjouannais.
Et ce, en raison, pour beaucoup ici, de la non application des-dites sanctions par la collectivité française de Mayotte qui demeure aujourd'hui la seule porte de sortie d'Anjouan.
Leur non-application par Mayotte est perçue ici comme étant une preuve de la "collusion entre la France et les indépendantistes anjouanais". D'autant que beaucoup de comoriens de la Grande-Comore avaient cru que ces sanctions allaient rapidement pouvoir ramener les indépendantistes anjouannais à la raison. Ils sont en train de déchanter.
Elles sont manifestement loin d'avoir mis à genoux cette île indépendantiste qui avait pris le soin de s'approvisionner en certains produits de première nécessité (à l'exception des produits pétroliers) en prévision d'un éventuel embargo.
Mais à mesure que cette crise s'enlise, la lassitude est en train de gagner une frange importante de la population de la Grande-Comore qui ne voit pas encore venir les retombées des mesures de redressement économique mises en oeuvre par les autorités militaires. Beaucoup tiennent les anjouanais pour responsables de cette situation. D'autant que quelques milliers d'entre eux résident actuellement en Grande-Comore.
D'où le sentiment anti anjouanais grandissant sur la plus grande île de l'archipel des Comores. Le week-end dernier, ceux qui n'avaient pas saisi cette évolution des mentalités ont pu la constater après une émission de grande audience d'une télévision privée consacrée à la crise indépendantiste.
L'écrasante majorité des téléspectateurs qui y intervenaient en direct ont appelé au retour des anjouanais résidant en Grande-Comore dans leur île d'origine. Pour d'autres, la solution était celle d'avril de l'année dernière. En d'autres termes, contraindre les anjouannais résidant en Grande-Comore à rentrer chez eux, comme ce fut le cas en avril de l'année dernière.
Des appels qui sont venus remuer le couteau dans la plaie chez de nombreux anjouanais résidant en Grande-Comore. Beaucoup se souviennent encore des violentes manifestations anti anjouanaises qui avaient contraint, en avril de l'année dernière, des milliers d'entre eux à regagner précipitamment leur île d'origine.
Toujours est-il que cette émission télévisée a jeté un froid dans la communauté anjouanaise de la Grande-Comore qui se fait ces derniers temps de plus en plus discrète. L'assassinat, quelques jours plutôt, d'un jeune anjouanais, en pleine nuit dans Moroni, est loin de les avoir rassurés.
JIR-Mercredi 12 Avril 2000
K Mohamed
FRANCE-AFRIQUE : UN VIRAGE CLAIREMENT AMORCE
De la crise rwandaise à la chute de Mobutu, les secousses de l'Afrique centrale auront eu de sérieuses répercussions sur une politique africaine de la France vieillie, usée, décriée. Le grand discours de la Baule sur la démocratisation prononcé par François Mitterrand en 1990 n'avait pas suffi pour tourner la page. Depuis le milieu des années 90, l'enchaînement s'est accéléré. Dans le domaine militaire, la réforme de la politique française de défense a conduit à un allégement du dispositif français sur le continent, une réduction drastique de la coopération militaire et une nouvelle doctrine strictement non interventionniste.
Sur le plan politique, Paris a progressivement durci la non-ingérence et pris quelque distance vis-à-vis des pratiques anti-démocratiques. Le coup d'état en Côte d'Ivoire en décembre dernier a bien illustré cette évolution.
Dans ce contexte et tout particulièrement sur les questions de sécurité, la France a cherché à se rapprocher de ses partenaires européens et en particulier du Royaume-Uni, le seul à avoir vraiment manifesté un réel intérêt pour la prévention des conflits et le maintien de la paix en Afrique. En gestation depuis de longues années, une réforme en profondeur du dispositif de coopération, désormais "désafricanisé" et intégré au ministère des Affaires étrangères a bel et bien consacré le virage de la politique africaine française.
Aide publique au développement
Avec 5,7 milliards de dollars en 1998, la France est le 3e donateur mondial derrière le Japon et les Etats-Unis, mais le premier des membres de lUnion européenne. Cette aide représente 0,4% de la richesse nationale. La France concentre son aide sur le continent africain et lAfrique subsaharienne a reçu plus de 2 milliards de dollars par an en 1997-98 tandis que lAfrique du nord-Moyen-Orient recevait 867 millions. Mis à part les deux territoires doutre-mer de Polynésie française
et Nouvelle-Calédonie qui devraient prochainement disparaître des statistiques de laide au développement, les dix premiers bénéficiaires de laide française sont africains, à lexception de la Pologne.LEgypte reçoit 302 millions de dollars, Côte dIvoire, Cameroun, Maroc, Madagascar reçoivent entre 200 et 300 millions de dollars, le Sénégal, 184 millions et le Congo 164 millions de dollars. Laide bilatérale représente 73% du total de laide française. La réforme de la coopération française se met en place depuis début 1999. Le ministère de la Coopération a été intégré aux Affaires étrangères et une zone de solidarité prioritaire de 61 pays dont 44 africains a été instaurée. Lors du récent examen de laide française par le Comité daide au développement de l'OCDE, cette zone a été jugée trop étendue, entraînant un saupoudrage des montants, et trop peu sélective au détriment des plus pauvres.
RFI - FRANCINE QUENTIN et HUGO SADA
A TRAVERS NOTRE REGION
Nous reprenons ici un important article publié par notre confrère Korail Océan indien numéro 54 de mars-avril 2000.
ACCORD DE COOPERATION ENTRE LUNSECO ET LA COI : UNE OUVERTURE CULTURELLE
Un accord de coopération a été signé entre Koïchiro Matsuura, directeur général de lOrganisation des Nation Unies pour léducation, la science et la culture (UNESCO) ET Caabi Elyachroutu Mohamed, secrétaire général de la Commission de lOcéan Indien (C.O.I), le 2 décembre dernier à Saint-Denis de La Réunion, à lissue du Conseil de la COI.
Laccord de coopération reconnaît que " la Commission est appelée à traiter, au niveau régional et sous-régional, de problèmes et dactivités concordant avec les activités et les programmes menés à léchelle mondiale par lUNESCO ".
Cette coopération portera sur les question de léducation aux sciences exactes et naturelles et aux sciences sociales, à la protection et conservation de lenvironnement et des écosystèmes, à la culture, à la conservation et à la valorisation du patrimoine tangible et intangible, au développement du tourisme écologique et culturel, au processus démocratique, à la paix, et sur toutes autres questions se rapportant aux activités et tâches que les deux organisations ont en commun.
Des consultations régulières seront initiées par la COI et l'LUNESCO et sur toutes ces questions ou sur celles qui sont de nature à présenter un intérêt pour lune ou lautre des deux organisations.
Chacune des organisations pourra être invitée à titre dobservateurs dans leurs différentes instances. Elles procéderont à léchange dinformations et de documents concernant leurs domaines de coopération, sous réserve de dispositions prises pour préserver le caractère confidentiel de certains documents.
LUNESCO et la COI pourront, dun commun accord, mener des activités conjointes dans lintérêt de leurs Etats membres respectifs. Les deux organisations coordonneront leurs activités de mise en uvre des projets conjoints.
Les demandes dassistance émanant de lune ou lautre des parties feront lobjet de consultations conjointes. Elles pourront être présentées par la Commission ou par un de ses Etats membres, quelles soient dordre financier ou technique (équipement, expertise extérieure, etc.), seront examinées par lUNESCO qui, dans le cadre de son Programme et budget approuvé, mettra tout en uvre afin dy réserver une suite favorable.
La COI sera invitée à faire partie de la cellule de suivi du " Forum UNESCO 2000 pour lOcéan Indien " que lUNESCO mettra en place afin de veiller à la mise en uvre des projets. Les deux organisations pourront également conclure, dans le respect du présent accord, tous autres accords de coopération qui seraient jugés indispensables à la réalisation des buts et principes énoncés dans le présent accord.
ECONOMIE
RENOUVELLEMENT DE LA CONVENTION DE LOME.La future convention, qui devrait être signée aux îles Fidji le 31 mai prochain, permettra d'adapter une relation historique entre l'Europe et le groupe ACP aux défis auxquels sont confrontés ces pays dans leurs efforts en matière de lutte contre la pauvreté et d'intégration dans l'économie mondiale. (Dernière mise à jour, le 3 février 2000
Convention de Lomé
La Convention de Lomé organise la coopération de l'Union européenne et de ses Etats membres avec les Etats d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), dans le but de promouvoir et d'accélérer le développement économique, culturel et social des Etats ACP, d'approfondir et de diversifier leurs relations dans un esprit de solidarité et d'intérêt mutuel.
QUARANTE ANNEES DE PARTENARIAT
Les débuts de la construction européenne se caractérisent par une coopération des 6 Etats fondateurs avec, à l'époque encore, leurs colonies. Celles-ci étant devenues indépendantes, la Communauté européenne a soutenu leur développement: le Traité de Yaoundé, signé en 1969, garantit à 18 anciennes colonies africaines des avantages commerciaux et financiers. Les années 70, marquées par la crise pétrolière et la hausse du cours des matières premières, voient naître une nouvelle conception des rapports Nord-Sud. La Convention de Lomé est signée dans la capitale togolaise en 1975 puis révisée régulièrement - en 1979, 1984, et 1989. Lomé IV est conclue pour 10 ans (1990-2000) avec un protocole financier renégociable à mi-parcours.
C'est la 4ème Convention de Lomé révisée, signée en 1995 à Maurice par les 15 pays de l'Union européenne et les 70 pays ACP, qui est en vigueur actuellement et jusqu'en février 2000. Elle reprend les objectifs précédents (le développement des infrastructures, le développement rural et la sécurité alimentaire), et fait de la réforme des structures sa priorité, aussi bien dans son aspect global (budget, balance des paiements), que dans ses aspects sectoriels (santé, éducation...). Cette Convention décline 4 volets:
- volet politique: le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'Etat de droit est un élément essentiel de la Convention et le non respect de ces principes entraîne la suspension partielle ou totale de la Convention dans le pays - appliquée à plusieurs pays africains pour cause de guerre civile ou de non respect des droits de l'homme;
- - volet commercial: les préférences tarifaires qui permettent aux produits originaires des pays ACP d'entrer sans droits de douane dans l'UE sont étendues à la quasi-totalité de ces produits. La Convention a pour ambition d'aider les pays à accroître leur compétitivité et à s'insérer progressivement dans une économie mondiale, libéralisée sous la pression de l'Organisation mondiale du commerce;
- - volet thématique et sectoriel: une impulsion nouvelle est donnée à la coopération décentralisée - mode de développement participatif s'appuyant sur les collectivités locales et la société civile - et au soutien du secteur privé et de l'esprit d'entreprise, considérés comme un facteur décisif du décollage économique et de la création d'emplois;
- - volet financier: la dotation financière pour la période 1995-2000 s'élève à près de 100 milliards de francs soit 15,24 milliards d'euros.
LE PLUS VASTE ENSEMBLE MONDIAL DE COOPERATION NORD-SUD POUR LE DEVELOPPEMENT
Cette coopération Nord-Sud engage 85 pays:
- la totalité de l'Afrique subsaharienne, soit 47 pays: Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée Equatoriale, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe; l'Afrique du Sud sera partie prenante dès la signature de la prochaine Convention.
- - 15 pays des Caraïbes: Antigua et Barbuda, Bahamas, Barbade, Bélize, Dominique, Grenade, Gyana, Haïti, Jamaïque, République Dominicaine, St Christophe et Nevis, St Lucie, St Vincent et les Grenadines, Surinam, Trinité et Tobago;
- - 8 pays du Pacifique: Fidji, Kiribati, Papouasie-Nouvelle Guinée, Salomon, Samoa Occidentales, Tonga, Tuvalu, Vanuatu;
- - 15 pays de l'Union européenne: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède.
Il s'appuie sur quatre instruments financiers:
- le FED, Fonds européen de développement, alimenté par une contribution spécifique des Etats membres;
- - la BEI, Banque européenne d'investissement, qui prête des capitaux à des taux très avantageux;
- - le Stabex et le Sysmin, mécanismes de stabilisation des prix, qui garantissent les recettes des exportations des pays ACP pour les produits agricoles (Stabex) et pour les produits miniers (Sysmin).
L'AVENIR DES RELATIONS UE-ACP
* L'actuelle Convention venant à échéance le 28 février 2000, des réformes radicales sont attendues. Les négociations se sont ouvertes le 30 septembre 1998.
- L'objectif des négociateurs est de rompre avec les relations fondées sur des liens historiques et sur des rapports donateurs-bénéficiaires pour fonder la coopération sur des objectifs et des intérêts communs et prévenir les conflits:
- - le partenariat sera renforcé dans sa dimension politique (bonne gestion des affaires publiques, prévention des conflits, recherche de la stabilité politique) et associera les Etats et les acteurs du développement;
- - la lutte contre la pauvreté sera prioritaire, notamment par le soutien de l'initiative privée, des marchés locaux et un appui aux politiques d'éducation, de santé et d'emploi;
- - une approche géographique sera introduite pour tenir compte des potentialités et des besoins de chaque pays;
- - le régime commercial préférentiel sera maintenu pendant une période transitoire pour faire progressivement place à la réciprocité dans l'ouverture des marchés, à l'horizon 2010. Les pays en développement seront, à cette fin, encouragés à créer des zones régionales de libre-échange d'abord entre eux-mêmes puis avec l'Union européenne;
- - le nombre d'instruments financiers et de domaines de coopération sera réduit, privilégiant une concentration des efforts sur des secteurs prioritaires.
Lectures utiles :
- Décision du Conseil du 27 avril 1998 concernant la conclusion de l'accord modifiant la 4ème Convention de Lomé IV telle que révisée par l'accord signé à Maurice le 4 novembre 1995, JOCE L 156 du 29/05/98.
- - Livre Vert sur les relations entre l'UE et les pays ACP à l'aube du 21ème siècle, 1997.
DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES
QUI SONT LES VERITABLES ASSASSINS?
Arrêtons de jouer avec la détresse de la population pour justifier une cause indéfendable!
Au mois de novembre dernier (j'étais à Moroni), lorsque les premiers cas du choléra étaient signalés à Anjouan, les chefs séparatistes étaient les premiers à nier l'existence de l'épidémie. Pendant ce temps, la mobilisation s'organisait malgré tout. La communauté anjouanaise à la Grande Comore, se cotisait en rangs dispersés : on ne pensait qu'à son village ou sa ville. Le Collectif des Associations unionnistes des Anjouanais de la Grande Comore ont alerté le gouvernement, les organismes internationaux et les ONGs présents à Moroni. Tout était prêt pour une intervention humanitaire rapide pour juguler le mal. Mais les "autorités" d'Anjouan ont rejeté toute aide venant de Moroni, fut-elle d'une organisation internationale. L'aide de Care a été également rejetée parce que dans son équipe, il y avait un Grand-Comorien. Un Anjouanais du service sanitaire à Moroni qui devait se rendre à Anjouan pour le compte du Collectif s'est vu réfusé "le visa" d'entrée sur ce que les séparatistes appellent le Territoire d'Anjouan, pour la simple raison qu'il n'est pas "mkutruzi" ( séparatiste en comorien). On peut multiplier les exemples des entraves exercés par les irresponsables anjouanais. Par cynisme, ils ont laissé mourir des gens, pour pouvoir par la suite jouer sur l'émotion pour discréditer et condamner les efforts de l'OUA en vue de la résolution de la crise comorienne.
A l'heure où nous écrivons ces lignes, il faut savoir que l'île comorienne d'Anjouan n'est pas isolée sur le plan sanitaire.
Lundi dernier, sur les ondes de Radio France Internationale, un des responsables de l'ONG AMI a déclaré qu'un bateau a été autorisé par Moroni et quitté le port de la capitale pour desservir Anjouan. Ce bateau était chargé, selon ce même responsable, de tout ce qui est nécessaire pour faire face à l'épidémie pendant plusieurs mois.
Je ne peux terminer ce message sans parler de la soirée organisée à Montreuil samedi dernier et qui a mobilisé la communauté comorienne de Paris et d'ailleurs. Je voudrais saluer ici le travail formidable réalisé particulièrement par Hassan Djaffar, Salim Houzam, Dr Petit, Dr Monjuin, Mabadi et les artistes (Abou Chihabi, Abou Dani.) pour assurer son succès. C'est dire que tout le monde se sent concerné par le drame qui frappe le peuple comorien.
Chamanga (Directeur du journal MASIWA)
LES JUSQUAU-BOUTISTES DEVRONT RENDRE DES COMPTES A LA NATION COMORIENNE
Comme j'ai eu à l'écrire la semaine dernière, l'intérêt général de la population anjouanaise ne se trouve pas dans les positions actuelles des dirigeants séparatistes. Même si nous ne pouvons pas nous réjouir de la détresse dans laquelle se trouve la majorité silencieuse des anjouanais, c'est à dire ceux qui n'ont pas de passeports français, ceux qui n'ont pas les moyens de se faire arnaquer par des passeurs sans scrupule pour rejoindre Mayotte ou Mohéli, ceux qui ne peuvent pas pleurer leur douleur, nous devons admettre qu"on ne crache pas dans la soupe qu'on boit", qu'on ne peut détester l'arbre et aimer les fruits. Bref, on ne peut pas d'un côté continuer à défier et à dénigrer la Communauté Internationale et de l'autre demander son assistance.
L'exemple de l'Irak, même si je désapprouve le jeux des Américains au Proche et au Moyen Orient, devrait faire réfléchir plus d'un séparatiste.
Nous avons tous la responsabilité morale de faire que nos enfants et les générations futures héritent d'un seul pays uni, prospère et solidaire, un pays où il fera bon vivre, où la haine fera place à l'amour, où le chauvinisme et le séparatisme feront place à la solidarité et à l'union.
Les 25 ans d'indépendance mal gérée, nous ont déjà divisé. Aujourd'hui, l'heure est venue pour nous Comoriens, de nous ressaisir pour nous réunir car le séparatisme n'est pas à la mode, c'est l'union qui est en vogue.
Certains parmi les séparatistes diront que j'idéalise trop, mais c'est la vérité.
D'autres diront que les séparatistes sont allés tellement loin dans leur logique, qu'ils ne peuvent (ou ne veulent) pas revenir en arrière.
Je crois que le moment venu, ceux qui ont mis Anjouan dans cette situation devront répondre devant la justice des hommes et celle d'Allah.
Par Zain El Abidine Habari -
SANTE:
ANJOUAN : LA POPULATION MENACEE PAR LE CHOLERA, SELON UNE ONG FRANCAISE
Selon lassociation de solidarité internationale ID Initiative Développement dont le siège se trouve à Poitiers, lépidémie du choléra est très mal traitée du fait de lembargo imposé à lîle dAnjouan par lOUA. Cette ONG intervient actuellement dans cette île comorienne dans le cadre dun programme de lutte contre le choléra financé par loffice humanitaire de lunion européenne (ECHO).
Dans un document parvenu à notre rédaction, ID relève la dégradation des conditions de vie des populations pauvres pour lesquelles lONG attire lattention de toutes les parties concernées par le problème anjouanais des conséquences dune application stricte des sanctions contre lîle séparatiste dans le contexte actuel.
Dans ce document, ID donne des éléments précis sur lévolution de lépidémie à Anjouan.
Le taux de décès en structure sanitaire (3%) est bien trop élevé et résulte des profondes carences et de la grave désorganisation du système de santé anjouanais :
- Insuffisance de personnel qualifié et motivé affecté aux centres de traitements choléra,
- Personnel démotivé par 24 mois darriérés de salaires,
- Absence dautorité et de cadre institutionnel,
- Désintérêt et négligences,
- Difficultés à anticiper les problèmes et à gérer des stocks.
Selon lONG ID, cette épidémie de choléra est un bon révélateur des dysfonctionnements majeurs du système de santé à Anjouan et permettra, une fois la crise passée, den tirer les leçons.
Le nombre de décès à domicile, selon ID, est aussi élevé et pose clairement le problème de lacheminement des malades vers lhôpital.
- Certaines familles continuent de cacher leurs malades et les morts (le choléra est encore perçu comme une maladie honteuse par une partie de la population en dépit des efforts dinformations faits).
- La décision de conduire un malade à lhôpital est prise trop tardivement après le début des symptômes (les malades arrivent souvent en état de collapsus) .
- Les moyens de transport ne sont pas toujours immédiatement disponibles et des chauffeurs de taxis refusent de transporter les malades bien que des mesures de désinfection soient prises dès larrivée du taxi au centre pour lensemble des passagers.
Le 4 avril 2000, une enquête dans le village de Nganzallé, 4500 habitants et à 20 minutes à pied de la ville de Domoni, a confirmé 16 décès de choléra depuis le mois de novembre 1999 : 4 à lhôpital et 12 à domicile.
LONG ID appelle à la conscience de tous ceux qui peuvent favoriser une solution rapide à la crise comorienne et demande, compte tenu de ce contexte, à lOrganisation de lUnité Africaine et aux autorités comoriennes de différer lapplication des principales sanctions.
NOS BREVES
Retard dans la construction du port de Mohéli
Le port de Mohéli ne sera pas achevé quen juin dans le meilleur des cas et non pas en avril comme prévu. Cette infrastructure financée par lEurope dans le cadre du 7ème fonds européen de développement a été confrontée à plusieurs problèmes techniques. Le terrain navait par exemple pas été terrassé, ce qui a retardé son aménagement entre la digue et le mole. De plus, les blocs de soubassement se sont fissurés sous leffet de la houle obligeant la Colas, société attributaire du chantier, à réparer louvrage avant même sa mise en service. Des aléas techniques qui naugurent dailleurs rien de bon pour lavenir.
La Chine fournit le papier dAl-Watwan aux Comores
La République populaire de Chine, par le biais de son ambassadeur aux Comores, a remis quatre milles rames de papier à lhebdomadaire gouvernemental Al-Watwan le 5 avril dernier. " La Chine nest pas une amie riche mais elle comprend bien les difficultés de ses amis " a dit lambassadeur Xu Daijie lors de la cérémonie de remise de ce don dune valeur de 173.000 francs en présence du ministre de linformation comorien, le capitaine Ahmed Sidi.
Ravate ouvre un St-Center à Mayotte
En début de ce mois, le groupe réunionnais Ravate a ouvert un magasin St Center dans la zone industrielle de Kawéni à la place de lancien magasin Briconfort. Durant la journée douverture, le premier St Center de Mayotte na pas désempli. Tant et si bien que la direction a dû refuser du monde pour éviter lasphyxie.
Une première étude notariale à Mayotte
Dans le cadre de lextension du droit commun par rapport au droit coutumier, Mayotte a vu en début de ce mois louverture de sa première étude notariale par Me Marel, habituellement basé à la Réunion. Cette ouverture fait suite à une loi de juillet 1996 autorisant la mise en place dun office notarial. Larrêté désignant le cabinet Popineau-Marel est quant à lui intervenu lannée dernière. Lapparition du notariat de droit commun nabroge pas pour autant les fonctions notariales quexerçait le greffier en chef du tribunal ni bien entendu les pouvoirs des cadi-notaires. Il sagit surtout dharmoniser les actes de ces différents intervenants.
Ismael Lo en concert à Mayotte
Le 15/4/2000, la vedette sénégalaise, Ismael Lo sest produit à Mayotte sur la place de la mairie de Labattoire. Ce concert gratuit a été organisé dans le cadre des festivités marquant le passage de lan 2000.
Une nouvelle tribune internationale pour l'Afrique.
Il fallait s'y attendre: le continent africain a profité du sommet du Caire pour se doter d'une nouvelle tribune, alors que l'Afrique compte de moins en moins sur le plan des relations internationales, notamment depuis la fin de la 'guerre froide'. Du colonel Kadhafi au zimbabwéen Mugabe, en passant par la quasi-totalité des leaders maghrébins, peu de chefs d'Etat ou de gouvernement ont évité de parler des problèmes du moment, à partir du plus délicat d'entre eux: celui de la dette africaine. Bien entendu, ce problème ne pouvait être réglé au Caire, en l'absence des principaux responsables financiers de la planète.
Mais de nombreux engagements ont été pris, par la plupart des Quinze, ainsi que par le Maroc de Mohammed VII, notamment vis-à-vis des pays les plus pauvres du continent.
De l'assistance au partenariat.
Le président égyptien Hosni Moubarak l'a proclamé d'emblée: l'Afrique ne demande plus "une augmentation de l'assistance" européenne, mais un accroissement de sa coopération économique, des relations commerciales plus justes, un partenariat à la fois global, durable et stratégique". C'est le leitmotiv de ce sommet, et l'Europe l'a compris bien avant la tenue de ce rendez-vous historique. Pour le président algérien Abdelaziz Bouteflika, également président en exercice de l'OUA, l'Europe est "le mieux à même de comprendre la nature complexe des problèmes dont souffre l'Afrique", qui sait cependant que "son développement dépend d'elle avant tout. Nous estimons que l'Europe et l'Afrique peuvent travailler ensemble dans leur intérêt réciproque en tirant profit des immenses ressources que recèle le continent africain". Côté européen, Romano Prodi a souhaité que "le modèle de coopération" entre l'Europe et l'Afrique fasse "un saut de qualité" pour permettre au continent de s'adapter à l'économie mondiale, tout en poursuivant ses efforts déjà accomplis vers la démocratisation. Ce qui n'a pas été apprécié par certains leaders africains.
Créances de lONICOR
La phase de contrainte par corps. Loffice national dimportation et de commercialisation du riz (ONICOR) a connu lannée dernière de graves problèmes dus en partie aux dettes des revendeurs estimés à 7000 millions de FC. Une opération de recouvrement des créances par contrainte par corps a été entamée en janvier dernier. En effet, depuis le début des opérations, de nombreuses saisies, suivies de ventes aux enchères, ont été opérées. Mais, selon lhuissier de justice chargé du dossier, Me Chouzour Loutfi, seuls 10% du montant des créances ont été récupérés.
Source
Korail-oi
Mobilisation des femmes comoriennes contre l'ordonnance ONICAR
Selon nos confrères de la Gazette des Comores, plus de 90 femmes se sont rendues, le mardi 18 avril à la présidence pour remettre au colonel Azali une pétition signée en moins de 48 heures, par plus de 500 femmes demandant l'abrogation pure et simple de l'ordonnance concernant l'ONICOR.
La porte-parole de ce mouvement de femmes a tenu à critiquer les pratiques moyenâgeuses utilisées par l'ONICOR pour le recouvrement de ses créances et plaide pour la séparation des
pouvoirs ainsi qu'une justice libre et équitable.Eau et électricité des Comores
Le gouvernement comorien entend ouvrir de nouvelles négociations avec la SOGEA à propos du contrat de concession de la gestion de lexploitation et de la production de leau et de lélectricité signé il y a deux ans environ. La nouvelle société La Comorienne de leau et de lélectricité gérée par la SOGEA exige que lEtat règle une lourde facture de 790 millions de Francs comoriens. La partie comorienne nexclut pas de payer la facture, mais avant, elle entend clarifier un certain nombre de points comme le montant de la redevance jamais perçue depuis lentrée en vigueur du contrat et la révision des prix jugés surévalués par la clientèle.
Source
Korail-oi
Dette envers la B.A.D. 21 milliards de Fc -
Le colonel Azali a récemment rencontré les responsables de la Banque africaine de développement (BAD). Au cours des entretiens, il sans doute été question des interventions possibles de la banque de développement aux Comores. Celles-ci sont suspendues depuis plusieurs années. En effet, la dette à laquelle sajoutent les pénalités, sélève à 21 milliards de Fc. Un de ces emprunts a servi au financement de la construction de Mutsamudu Anjouan -.
Tentative de coup d'Etat du 20 mars: le juge dessaisi
Le juge de l'instruction qui était en charge du dossier de la tentative avortée du coup d'Etat du 20 mars dernier, M. Mourad Said Ibrahim, a demande à être dessaisi du dossier faute de pouvoir mener l'instruction en toute sérénité. La junte au pouvoir à Moroni maintient le mystère sur cette tentative avortée de coup d'Etat. En effet, ni le magistrat instructeur, ni l'avocat de la défense ne sont en mesure d'établir les faits ou de les confronter, pour des raisons éminemment politiques. Ce qui a conduit nos confrères de la Gazette des Comores de conclure que cette affaire pourrait s'avérer plus complexe qu'on ne l'a fait croire à l'opinion
Mayotte: base de déstabilisation de l'Etat comorien?
Cette question est dans toutes les lèvres des comoriens ou des observateurs étrangers de la crise comorienne. De nombreux exemples ont été fournis par Comores Infos ou par les organisations de la diaspora comorienne concernant les complicités existantes entre la Préfecture de Mayotte et les séparatistes anjouannais. Un nouvel exemple vient de susciter la colère voire l'indignation de nombreux comoriens.
M. Said Said connu sous le surnom de La Guerra a séjourné ces derniers temps à Mayotte. Cet ancien ministre de Taki est considéré par les autorités de Moroni comme le principal instigateur de la tentative de coup d'Etat du 20 mars dernier. Cet homme qui est activement recherché par la justice comorienne est arrivé à Mayotte sans être inquiété outre mesure par la police. Il a pu organiser librement des rencontres avec les séparatistes installés à Mayotte. Et la cerise sur le gâteau: il a été invité à RFO Mayotte où il a exposé devant les caméras de la télévision le 17 avril 2000 son projet concernant la Confédération des Etats des Comores. Moralité: Faîtes un mauvais coup contre l'Etat comorien et partez tout de suite à Mayotte, vous serez accueilli avec tous les honneurs.
Le Colonel Abeid devient discret
Le colonel Abeid, le chef des séparatistes anjouannais, ne sort pas beaucoup ces derniers temps. Il était question qu'il voyage mais la rumeur a couru et il semble avoir renoncé pour le moment. Il multiplie les petites réunions avec ses partisans mais il ne fait plus de grands meetings publics. Il semblerait qu'il cherche à regagner du terrain sur Chamasse, son rival qui contrôle une partie de l'île d'Anjouan.
La discrétion du chef séparatiste a engendré curieusement celle de ses milices qui n'osent plus trop se montrer ces jours derniers. En effet, la situation qui prévaut dans cette île comorienne devient chaque jour explosive. La population lassée par le mensonge du discours séparatiste désire sortir rapidement de la situation chaotique actuelle.
LAccords dAntananarivo, un an déjà.
Nous reviendrons dans notre prochaine édition sur laccord qui a été signé le 23 Avril 1999 dans la capitale malgache et destiné à un règlement pacifique de la crise comorienne.
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