EDITORIAL: QUELLE SOLUTION A LA CRISE COMORIENNE: FEDERATION OU CONFEDERATION?
e débat concernant l'avenir institutionnel des Comores revient sur le devant de la scène. Il vient de connaître un nouveau rebondissement avec la prise de position de M. Said Said Hamadi connu sous le surnom de "Laguerra". Cet ancien ministre de Taki s'est déclaré favorable à la mise en place d'une Confédération des Etats des Comores. Ce qui a constitué un soutien inattendu pour les chefs séparatistes qui sont complètement isolés par la communauté internationale suite à leur obstination incompréhensible de ne pas signer l'Accord d'Antananarivo. Il convient de rappeler que ce responsable politique ne constitue pas un poids lourd en Grande Comore. Son image a été sérieusement ternie car il est considéré comme le principal instigateur de la tentative de coup d'Etat du 21 mars 2000. Il est paradoxal de relever qu'un homme qui est activement recherché par la justice comorienne ait reçu un accueil chaleureux à Mayotte. Les médias officiels lui ont ouvert leurs portes.
Nous pensons que l'idée d'une Confédération n'est ni juridiquement possible, ni politiquement souhaitable, ni financièrement réalisable. Elle est porteuse de graves déséquilibres pour le développement des îles.
Tout d'abord, elle n'est pas juridiquement possible car elle n'a pas été retenue par la Conférence d'Antananarivo.
La Conférence a préféré retenir la mise en place d'un fédéralisme rénové qui prévoit un partage des compétences entre le pouvoir fédéral et celui des îles. Elle octroie à chaque île une large autonomie administrative et financière.
Cet accord a reçu l'assentiment des parties signataires comoriennes et de la communauté internationale. Les chefs séparatistes qui s'étaient engagés à le parrainer (Cf Discours du Dr Zaidou prononcé lors de la clôture de la Conférence d'Antanarivo publié par Comores-Infos N°15) ont fait un volte-face en reniant en bloc leurs propres engagements. Le règlement de la crise comorienne passe inévitablement par la signature de cet accord et la reprise des négociations pour parachever le travail engagé en élaborant la nouvelle constitution du pays et la mise en place des nouvelles institutions suite à des élections libres et démocratiques.
Nous pensons, ensuite, que l'idée d'une Confédération n'est pas politiquement souhaitable. La Confédération est une union entre des Etats indépendants. L'Union va être scellée par la ratification d'un simple traité. Chaque Etat étant souverain, personne ne peut l'obliger à rester dans le cadre d'une Union. Il aura donc juridiquement la possibilité de dénoncer le traité en tout moment et de quitter l'Union quand bon lui semblera. La Confédération ne permettra donc pas de préserver l'unité et l'intégrité territoriale des Comores qui est la préoccupation majeure de la quasi-totalité de la classe politique et des organisations de la société civile ainsi que de la communauté internationale.
Elle n'est pas financièrement réalisable. L'Etat comorien a déjà du mal à équilibrer son budget. Son existence permet cependant d'instaurer une solidarité financière entre les régions développées du pays et celles qui le sont moins. Comment chaque micro-Etat pourrait équilibrer son budget s'il devrait payer ses fonctionnaires, assurer les dépenses de fonctionnement d'une Présidence, d'un gouvernement, d'un Parlement, réaliser des investissements, rembourser une partie de la dette extérieure des Comores, assurer les frais d'une représentation diplomatique à l'extérieur? Cela est matériellement impossible. Les tenants de la Confédération devraient descendre de leurs nuages et regarder la réalité en face. Même s'ils ne sont pas des spécialistes des finances publiques, il faudrait qu'ils examinent la situation du pays avec un minimum de bon sens.
Nous disons enfin que la Confédération sera porteuse de graves déséquilibres pour le développement des îles. Elle va freiner le développement économique et social des îles car des législations différentes et un marché étroit ne vont pas encourager les entrepreneurs étrangers à venir investir aux Comores. Les micro-Etats qui seront confrontés à des difficultés financières deviendront la proie facile de la mafia internationale. Cette perspective est loin d'être une hypothèse d'école. La situation actuelle d'Anjouan soumise à l'influence des différents réseaux occultes liés à l'extrême droite et à la mafia est là pour nous interpeller sur les risques que nous courons en cas d'éclatement du pays.
L'idée d'une Confédération n'est sûrement pas la recette miracle pour régler la crise comorienne. Dans la pratique, elle n'est ni réaliste ni réalisable. En effet, le pays est petit. Il n'a pas beaucoup de ressources. Les institutions qui doivent être mises en place doivent tenir compte de cette réalité objective. L'accord d'Antanananarivo qui permet de sauvegarder l'unité des Comores tout en octroyant une autonomie de gestion à chaque île constitue une solution de compromis acceptable. Il faut s'en tenir à ce sage compromis et ne pas se lancer dans l'aventure d'une hypothétique Confédération.
Il serait paradoxal de vouloir se lancer à tête baissée dans la mise en place d'un système confédéral aux Comores au moment où les pays riches du monde regroupés au sein de l'Union Européenne s'acheminent progressivement vers un système fédéral. Ca serait aller à contre-courant de l'histoire.
LA REDACTION
DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES
Nous avons reçu des contributions émanant de trois personnalités des Comores. La Rédaction de Comores-Infos est touchée par l'intérêt grandissant que de nombreux compatriotes, hommes publics ou simples citoyens, accordent à notre journal. Cela constitue pour nous une source d'encouragement qui nous pousse à travailler davantage pour vous offrir une prestation de qualité.
Les 3 contributions émanent de Messieurs Ali Bourhane, Omar Tamou et Ali Mlamali.
Nous rappelons que M. Ali Bourhane a occupé, en tant qu'énarque, des fonctions importantes au sein de l'administration française avant de partir aux Etats Unis pour travailler au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale.
C'est l'un des experts de haut niveau dont comptent les Comores. Sa riche expérience professionnelle et sa parfaite maîtrise des questions économiques et financières font de lui un homme écouté tant aux Comores que par de nombreux chefs d'Etat africains.
Cet intellectuel comorien originaire d'Anjouan a condamné dès le départ l'aventure séparatiste.
Nous informons nos lecteurs que M. Omar Tamou, qui a occupé plusieurs portefeuilles ministériels, est le leader du RND qui milite pour l'unité des Comores.
La 3ème personnalité qui nous a écrit est M. Ali Mlamali. Il a occupé le poste de Ministre de l'Education Nationale lors du règne d'Ali Soilihi. Il dirige actuellement le RIDJA qui se bat également pour préserver l'unité des Comores.
Ces différents documents qui sont riches d'enseignements ne manqueront pas de susciter des réactions. Ils auront le mérite de recentrer le débat sur les vrais enjeux de l'heure.
Les colonnes de Comores-Infos sont ouvertes à tout comorien ou ami des Comores qui désire défendre un point de vue concernant l'avenir du pays. Afin d'enrichir le débat, nous sommes disposés à publier toutes les opinions à l'exception bien évidemment de celles qui font l'apologie du racisme, de la xénophobie, et de la haine entre les peuples. C'est la règle d'éthique que nous nous sommes fixée.
A vos plumes !
La Rédaction de Comores Infos.
SUR NOTRE PAYS LES COMORES : APPEL DE MAI 2000
e lis avec tristesse la prose de ceux qui refusent de voir l'évidence sur le problème comorien. C'est dur de dire qu'on s'est trompé. Je me rappelle les écrits de mes frères de la Réunion, que je considère comme des patriotes. Ils s'étaient laissés berner par M. Abeid, et pensaient que le mal venait de ceux qui le combattaient. Ils ont reconnu leurs erreurs, lorsqu'ils ont compris que M. Abeid ne voulait pas le bien d'Anjouan, encore moins des Comores. Il faut savoir accepter que l'on peut se tromper, surtout quand il y va de la vie de nos frères et surs. Mais ce que dit le représentant du PNUD a Kigali est ahurissant. Hélas pour lui, les faits sont têtus. On arrive à glorifier la citadelle de Mutsamudu pour galvaniser les troupes. Le ridicule ne tue pas. Mais les bandits armés, à Anjouan, eux, volent et torturent.
Les faits?
J'ai dit ailleurs qu'avant le pseudo-referendum d'Anjouan, j'avais parle depuis Washington à Foundi Abdallah Ibrahim, pour lui dire d'arrêter la mascarade de ce referendum, et d'essayer de dialoguer avec les autorités de Moroni, car Anjouan avait des revendications légitimes (comme Mohéli, comme l'opposition à Moroni). Il m'avait dit que les anjouannais étaient unis à jamais, et que l'avion avait décollé, et qu'il ne pouvait plus revenir à l'aéroport.
AUJOURD'HUI, OU EST CE FOUNDI?
Il se coule des jours heureux à Paris, quand il n'est pas en famille à Nouméa. A Paris? Est-ce possible?
Aujourd'hui le choléra décime les populations à Anjouan. Où sont les médecins séparatistes? A Domoni, à Mrémani, à Hombo? Non. Ils sont à la Réunion, à Mayotte, partout où le choléra ne sévit pas. Pour les séparatistes purs et durs. le paradis anjouannais est pour les autres, car eux se sentent mieux ailleurs.
Moi, je suis heureux de savoir que ma mère est en sécurité en France, car elle ne pouvait plus dormir à Missiri. Les tirs, les intimidations, nos mamans n'avaient jamais connu cela avant "le paradis " des séparatistes. La plupart des mamans qui sont restées à Anjouan, font tout pour en partir. Mais par manque de moyens, elles sont obligées de rester à Anjouan, dans la misère et le désarroi. Le "paradis" des séparatistes n'attire même pas les séparatistes. C'est drôle non?
Qui dirige Anjouan? Baha Goulam, Chamasse, Abeid, et les chefs miliciens qui terrorisent les gens, accaparent la Douane, confisquent les biens, menacent, emprisonnent, terrorisent, torturent. C'est cela le "paradis" des séparatistes? Ce sont ces chefs qui vont développer Anjouan? Qui veut tromper qui? Les faits sont tellement criants que les séparatistes ne parlent jamais de ces adeptes de la torture. Il n'y a aucune liberté de la presse à Anjouan. Aucune radio libre. Je défie un séparatiste d'aller à Anjouan et de dire un mot contraire à ce que veulent les dirigeants (de fait) que j'ai cites plus haut.
Ce séparatiste irait tout de suite dans les geôles de Bambao ou d'ailleurs. Messieurs les séparatistes, si vous ne me croyez pas, faites l'expérience. Moi, je ne peux pas, car ces messieurs m'interdisent d'aller chez moi, car je ne pense pas comme eux.
Comparons. Du temps ou Anjouan n'était pas séparé du reste des Iles, et aujourd'hui! A quelle période était-on mieux loti ? Demandez à Charikane, à nos mères, à ceux qui vivent le calvaire de Abeid, et de Chamasse (quand celui-ci ne se la coule pas douce à Pamandzi, Mayotte). On ne peut plus circuler à Anjouan. Ceux qui sont armés terrorisent les autres. Charikane a tout perdu. Pourquoi? Parce qu'il n'est plus d'accord avec ce qu'il prônait avant.
LA LIBERTE EST MUSELEE PAR LES DIRIGEANTS SEPARATISTES
Comment des gens qui ont fait des études, peuvent nous faire croire que Anjouan, petite île sans ressources humaines, divisée politiquement, manquant d'eau, d'énergie, de terres arables, peut se développer toute seule? Même à 4, les Comores sont petites, et une étude récente des Institutions de Bretton Woods ont montré toute la difficulté qu'il y a à développer "les petits pays, et notamment les iles". On citera Maurice. Mais Maurice est une île politiquement mure, ou la DEMOCRATIE tourne, ou les journaux sont libres, ou l'éducation est la base de tout, ou les Abeid et les Chamasse seraient a la retraite (et non à la tête d'un pseudo - Etat). Ce sont des faits. Et les faits sont têtus. Anjouan n'a pas d'avenir avec des assoiffés de pouvoir à sa tête. Une génération est sacrifiée. Les études n'y sont reconnues et sanctionnées par personne. Voila le résultat des bêtises des séparatistes.
Anjouan ne sera jamais reconnu par l'OUA, ni par qui que ce soit. C'est un fait. Comment les séparatistes comptent l'intégrer dans le monde global que nous vivons? Par quelle magie? Où trouver des ressources pour la santé, l'éducation, les infrastructures? Où ? Messieurs les séparatistes, ne répondez pas tous à la fois. Nos mamans crèvent de faim, vivent dans la peur, manquent de soins, mais vous à Paris, Saint-Denis, Nantes, Nancy, Kigali, vous ne connaissez pas ces problèmes. Vous attisez la haine.
Génocide dites-vous? Mais vous allez nous y mener tout droit avec ces notions séparatistes. Les anjouannais? Mais lesquels? Nous qui ne sommes pas d'accord avec vous, vous nous mettez où? Il y a les bons et les mauvais anjouannais? Pourquoi Zaidou a le droit de débarquer à Anjouan et pas moi? C'est drôle non? C'est le "paradis" démocratique séparatiste? Jamais on ne me fera faire des généralisations du genre "les Grands comoriens sont ceci ou cela". Jamais.
Des idiots, des imbéciles des séparatistes, des tortionnaires, on en trouve au Kosovo, au Rwanda, à la Grande Comore, à Anjouan. La bêtise humaine est une qualité très bien repartie de part le monde. Aujourd'hui, ceux qui m'empêchent d'aller chez moi, ceux qui obligent ma mère à émigrer, ceux qui rackettent à la Douane, ceux qui musèlent la presse, ceux qui torturent chez nous sont des ANJOUANNAIS. Et ceux qui comme vous, les soutenez, sont des anjouannais. Oh! Il ne s'agit pas de dédouaner les adeptes des débarquements, les organisateurs de la chasse à l'anjouannais à Moroni, à la coulée de lave (j'y étais), les séparatistes des autres îles. Ceux-la sont les frères jumeaux des séparatistes à Anjouan.
Alors, que faire?
Il faut savoir que la haine semée sera difficile à éteindre. Cela demandera du temps. J'ose modestement espérer que l'Islam, que nous partageons, nous aidera à surmonter les haines.
Il y a des accords signés. Oui, certains accords sont signés et ensuite bafoués. Qu'importe ! Il en faut. Les séparatistes ont une constitution, parait-il. Mais les constitutions sont aussi des textes que l'on peut jeter à la poubelle. A vouloir être nihiliste (rien ne vaut quelque chose), on en arrive à prôner l'anarchie, et c'est ce que nous avons à Anjouan.
Signons laccord d'Antananarivo. C'est un bon texte. Pourquoi? Parce que tout le monde trouve qu'il n'est pas satisfaisant. C'est la preuve qu'il est un bon compromis. Un compromis est un compromis.
Cet accord permet à chaque île de se gérer. En préservant l'autonomie. Si au sein de cette autonomie, Anjouan DEMOCRATIQUEMENT (une fois les milices désarmées) veut se donner Chamasse ou Abeid ou Baha Goulam comme dirigeants, libre à Anjouan. Mais l'unité retrouvée permettra à tous les Comoriens (et Mayotte un jour) de se faire concurrence. Et que le meilleur gagne.
Je prône, l'unité, l'entente, l'amour du prochain. Toi mon frère de Moroni, de Nioumachioi, de Mtsapéré, de Bandani, toi tu dois me respecter. Parce que je suis un être humain, comme toi, et je te dois le même respect.
Ensemble, bâtissons dans l'unité et la diversité (loin de la désunion et de la haine) les Comores de demain.
Personne ne souhaite un débarquement de qui que ce soit. Mais ceux qui ont accaparé le pouvoir à Anjouan, doivent s'écarter, et laisser les populations vivre.
Parlons de développement, de croissance économique, d'éducation, de santé, de formation, de civisme, d'amour du prochain. BATTONS-NOUS sur ce terrain-la, et jetons les kalachs à la mer. C'est à ce prix-là que l'on bâtira un avenir meilleur. Donnons la chance à nos mères de voir leurs petits-fils aller à l'école et pouvoir circuler librement.
Même toi le séparatiste, je t'appelle séparatiste (parce que c'est ce que tu es), mais tu restes pour moi UN FRERE COMORIEN.
Les Comores vivront,
L'amour triomphera,
La haine sera vaincue.
Fraternellement
Ali Bourhane
Washington DC. 12 mai, 2000
ENSEMBLE REAGISSONS
Voilà douze mois que le colonel AZALI a pris le pouvoir, mettant fin au processus démocratique qui s'est instauré aux Comores depuis 1989.
Pis, il a bafoué les accords d'Antananarivo, conclus avec le parrainage des institutions internationales : (O. U. A - O. N. U - Communauté Européenne -Ligue Arabe), lesquelles avaient renoué le dialogue avec les séparatistes de l'île d'Anjouan. Par ailleurs, il a ainsi humilié le peuple Comorien.
Le putsch a suscité la réprobation de la communauté internationale et entraîné l'isolement diplomatique des Comores. Car le colonel n'a pas respecté les accords d'Antananarivo et l'organisation des élections libres et démocratiques dans moins de douze mois comme il l'avait promis.
Force est de constater que le colonel a démontré piteusement son incapacité totale à tenir ses engagements aussi bien pour la mise en place des dispositions prévues dans les signalés accords que la tenue des scrutins.
Rappelons entre autres que lesdits accords prévoyaient la formation d'un gouvernement consensuel d'unité nationale.
Aujourd'hui devant cet échec cuisant, je suis tenté d'interpeller le colonel pour lui dire de suivre l'exemple oh combien noble ! du Mali et du Nigéria où les militaires ont su regagner tout bonnement leurs casernes, la tête haute et au nom de l'honneur, après avoir organisé des élections transparentes.
Si ce bon exemple n'est pas suivi, il y va de cet honneur sacré qu'un officier supérieur comme le colonel AZALI se doit pourtant de défendre jusqu'au sublime et s'interdire de le fouler au pied.
A l'heure actuelle les Comoriens ont besoin de vivre sereinement.
D'autre part, pour être crédible aux yeux de l'univers, les Comores doivent se doter d'institutions démocratiques et fiables devant leur permettre de réintégrer au plus pressé le Concert des Nations.
L'idée de s'emparer du pouvoir par la force sans la sanction des urnes n'est plus de mise de nos jours et doit par conséquent être à jamais bannie, les coups d'Etat à répétition insensé ayant fait souffrir les Comoriens et ternir considérablement l'image des Comores.
Désormais les Comores doivent savoir changer le fusil d'épaule.
Pour ma part, en tant que Président du RDN (Rassemblement National pour le Développement), une des principales forces politiques des Comores, très attaché à l'Unité Nationale, à l'intégrité territoriale et à la démocratie, il est de mon devoir d'alerter l'opinion de nos compatriotes pour leur faire prendre conscience du danger qui menace le pays parce que la venue des investisseurs et le retour de l'aide ne seront pas possibles par les seuls faits des discours pendant les fêtes de l'id el fitre ou kabir et encore moins lors d'une quelconque date anniversaire d'un quelconque événement heureux ou malheureux.
La venue des investisseurs et le retour de l'aide ne seront possibles que lorsque les Comores connaîtront la paix et la stabilité et pour cela, je n'aurai de cesse de dire qu'avant tout, il faut enfin oublier les querelles intestines et envisager d'entreprendre pour de bon, tout ce qui est envisageable pour le retour serein et heureux de nos frères d'Anjouan au sein de la République et ça sera la priorité des priorités pour que les Comores vivent en paix.
OMAR TAMOU
LES FONDEMENTS DU SEPARATISME ANJOUANNAIS
Nous publions la 2ème partie de la contribution de M. Ali Mlamali intitulée "Le Regard du RIDJA sur les Comores d'Aujourd'hui."
Quoi qu'on puisse dire, il serait très malhonnête de nier la responsabilité de la gabégie "institutionnalisée" dans la dégradation socio-économique et morale qui a conduit à l'impasse actuelle. D'autres facteurs contributifs à cette décomposition ont agi imperceptiblement d'année en année en minant les espoirs que certains plçaient en la maturité progressive des élites qui rentraient après plusieurs années d'études d'études et d'ouverture au monde. Il en est ainsi du champ extrêmement restreint de l'insertion socioprofessionnelle qui se réduit strictement à la fonction Publique , imposant dès lors à tout "quémandeur" d'un emploi d'adopter une conduite d'allégeance au Pouvoir en place. D'où les attitudes de complaisance de tous ceux qui, au fond d'eux-mêmes, souffrent sans doute des pratiques du Régime.
Cependant, en ce qui concerne la crise institutionnelle elle-même, d'autres éléments corrosifs, tels la concentration de tous les pouvoirs à Moroni , l'insuffisance d'inter-relations entre les îles, ainsi que la destination de la terre à Anjouan pendant et après la colonisation, ont largement aidé à dramatiser la situation puis à cristalliser les positions revendicatrices acquises.( )
Mais Anjouan a aussi d'autres handicaps structurels qui limitent ses capacités de surmonter les souffrances d'une politique satanique dans laquelle, malheureusement, semble se complaire une fraction importante de l'élite, celle qui a succombé aux tentations de l'irrationnel. Parmi ces handicaps, nous citerons la terre, qualitativement appauvrie par l'érosion en raison de la configuration et de la déforestation de l'île. Un autre handicap, davantage facteur de misère, concerne la répartition des terres: contrairement à la Grande Comore où les MAGNAHULI ont morcellé la terre en faveur de toutes les familles, Anjouan a connu une forme de colonisation qui affecta les terres fertiles à une culture de rente, ce qui a fait du monde rural de cette île le plus démuni de l'Archipel; ces terres furent rachetées aux colons ayant fui l'Indépendance par les grandes familles urbaines de Mutsamudu et de Domoni.
Certains autres facteurs culturels agissent négativement et amoindrissent les capacités de résistance du milieu rural d'Anjouan. Il en est ainsi des interconnexions socioculturelles et économiques qui rapprochent les familles à la Grande Comore et dont Anjouan ignore les vertus en raison de certaines barrières sociales qui isolent les citadins des ruraux. DE même Anjouan n'a pas le potentiel d'émigrés de la Grande Comore où les devises de cette population expatriée améliorent de façon sensible les conditions de vie des familles comme en témoignent les nombreuses constructions sur les bords des routes et les manifestations récurrentes du Anda.( )
Anjouan s'est rebellé et s'est installé dans une radicalisation de ses objectifs par la volonté de ses jeunes ruraux affamés qui n'ont rien à perdre et que des personnes, comoriens d'Anjouan et étrangers épris d'aventurisme néo-colonialiste, ont puissamment armés au point de prendre en otage l'île en étouffant toute expression opposée à leur dessein. La Grande Comore, elle, tenant debout grâce aux devises de sa forte diaspora vit avec ses palabres sans fin et ses samedi soir frénétiques de toirab où on oublie tout. Aucune issue heureuse de notre crise institutionnelle ne voit le jour.( )
Nous savons qu'Anjouan est sous la menace des armes et que Mohéli, île archi-négligée par le pouvoir "fédéral" vit dans l'attente d'une solution qui tarde à venir.
Mais que fait la Grande Comore profonde? Que font les élites de toutes les îles?
Que sera demain? ( )
Ali Mlamali
DOSSIER SPECIAL CONSACRE A LA MOBILISATION DES FORCES POLITIQUES ET DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE CONTRE LE SEPARATISME
.PLATEFORME POUR UN FRONT UNI CONTRE LE SEPARATISME
Depuis l'indépendance, les Iles Comores sont confrontées au séparatisme insulaire :
- Sécession de Maore en août 1975
- Convulsions séparatistes à Mwali en 1994
- Hold up séparatiste à Ndzuwani en juillet - août 1997
- Vagues séparatistes à Ngazidja en 1999.
L'édification de la nation comorienne, la construction d'un Etat comorien digne de ce nom, conditions de base à une société comorienne prospère, exigent l'éradication de la gangrène séparatiste.
Il s'ensuit que pour tout comorien attaché sincèrement à sa patrie, la lutte contre le séparatisme est la question cardinale de l'heure.
- La résolution de la crise séparatiste anjouannaise sur la base de l'Accord d'Antananarivo constitue aujourd'hui l'axe de la lutte contre le séparatisme, pour la sauvegarde de l'unité nationale.
- Dans la lutte pour préserver son intégrité territoriale, l'Etat comorien a toujours bénéficié du soutien constant de la communauté internationale au travers de ses organisations représentatives : ONU, OUA, Pays de la COI, Ligue Arabe, etc.
- Par son engagement sincère et sa persévérance en vue de trouver une issue au séparatisme anjouannais, l'OUA s'est imposée comme le leader incontesté et incontestable de la solidarité internationale envers le peuple comorien en lutte contre le séparatisme.
- La clique séparatiste qui dirige l'île d'Anjouan est aujourd'hui plus isolée que jamais et ses horizons s'assombrissent au fil des jours. Seul un coup d'état en RFIC pourrait prolonger son sursis. La "légalité constitutionnelle" réclamée par tous ne saurait être le fruit d'un putsch, elle doit résulter de négociation entre toutes les forces vives du pays.
- La clique séparatiste anjouannaise a prouvé, s'il en était encore besoin', son obstination et sa fermeture à toute solution négociée. De plus elle abat sur les masses anjouannaises une répression barbare. Il convient donc de la réduire par la force, pacifier l'île et ouvrir la voie à l'application de l'Accord d'Antananarivo.
- La lutte contre le séparatisme anjouannais est inséparable de la lutte pour le retour de l'île comorienne Maore dans sa patrie. A cet égard, l'organisation d'élections dans cette partie du territoire national par la France constitue une agression caractérisée contre notre peuple et notre nation. Elle constitue également un défi insolent à la communauté internationale.
- Le soutien formidable de la communauté internationale à l'endroit de notre peuple ne pourra jouer pleinement que si les forces comoriennes, loin de tout esprit partisan, se rassemblent largement dans le cadre d'une vaste alliance anti-séparatiste qui regroupera les politiques de tous horizons, les syndicalistes, les jeunes, les ulémas, etc.
Signataires
- Union des Syndicats Autonomes des Travailleurs comoriens : MR IBOUROI ALI TOIBIB
- Union des Femmes Comoriennes pour la Démocratie : MME DJALIM MOINAFATIMA
- Collectif des anjouannais unionistes : MR NAQUIDINE ABDOU
- Front Action Contre le Séparatisme : MR AHMED ABDALLAH OILI
- Mouvement des Citoyens pour la République : MR MOHADJI ISSA
- Front Démocratique : MR IDRISS Mohamed
APPEL DU FRONT DEMOCRATIQUE POUR UN RASSEMBLEMENT CONTRE LE SEPARATISME
Communiqué de presse
Le 28 avril est la date choisie par les militaires pour célébrer leur prise du pouvoir et en même temps, annoncer au pays leurs intentions sur les voies à suivre pour sortir de la crise. Etant donnée la vaste campagne de publicité qui a préparé le terrain et les grands moyens qui ont été débloqués pour loccasion, ce devrait être un grand jour. Enfin le jour arriva, pas nimporte lequel dailleurs puisque cest le meilleur que dieu a fait. Un vendredi, qui renvoie à lautre dil y a un an.
Cest donc devant un parterre de plus de 3000 personnes, des jeunes pour la plupart, que le colonel Azali prendra la parole pour sadresser à la nation. En français dabord, avec des allures plutôt crispées, en comorien ensuite où le propos débridé voir outrancièrement populiste, le discours dévoile un dédoublement de la personne qui cache mal lhabileté à esquiver la préoccupation essentielle du pays ou peut-être labsence de volonté daffronter les dures réalités de la crise séparatiste. En tout état de cause la montagne a accouché dune souris.
La préoccupation principale des militaires ce nest pas la crise dAnjouan, cest le pouvoir. Les militaires sont tombés dans le piège où, la griserie du pouvoir aidant, ils ne savent pas comment en sortir. " Rifwakuwa ngarendéléyao " (Nous avons pris le pouvoir et nous le gardons. NDLR) clame Azali en guise de conclusion à son speech.
Un état desprit qui oblige à justifier encore et encore les mobiles du coup dEtat au risque doublier quil est scandaleux de parler de paix civile tant quon naura pas réduit la rebellion ou plutôt la poignée " dembargos " qui ont pris en otage lîle de Ndzuwani. Un état desprit qui pousse à saccrocher au pouvoir à travers de longues diatribes contre les dinausores de lopposition, oubliant que dans le bilan des 25 ans passés il sied mal de passer par pertes et profits les autres dinausaures & fils juchés au sommet de lEtat où laffairisme rampant fait déjà bon ménage avec les réseaux maffieux.
Pris dans cette lancée, Azali peut difficilement résister aux tentations à la démagogie qui flatte les sentiments de révolte du petit peuple longtemps laissé pour compte et surtout dune jeunesse assoiffée de justice. Mais, se presse t-il de prévenir, chaque chose en son temps : la justice, pas plus que le règlement de la crise de Ndzuwani, ce nest pas dactualité. Dans ces circonstances, est-il besoin de sétonner que lon nait pas évoqué la question de lîle comorienne de Mayotte dont lintérêt croît avec lapprofondissement de la crise de lintégrité ? Dès lors, lécho à lappel du F.D. pour le sursaut national nest ce pas de la poudre de perlimpimpin ?
Pour tout dire, le changement de politique pour un sursaut national véritable, puisque débouchant à une solution urgente de la crise, nest pas venu. Dailleurs, pouvait-il en être autrement ? Dans les conditions où la diplomatie de la France agit dans un sens à figer létat de crise, quel est le degré de liberté des militaires comoriens dont limplication dans le sursaut en question est décisive ? En effet, sil est exact quil faille impliquer avec franchise lO.U.A. à la recherche de la solution à la crise séparatiste, il serait malsain de faire de la crise anjouannaise, laffaire de lO.U.A.. Car comment lO.U.A. peut-elle agir sans la coopération de lEtat comorien et le concours actif de ses forces armées ? Lemprise des milieux français sur les gouvernants pour rendre notre Etat impuissant à sortir de la crise, voilà le mal qui nous ronge.
Aussi, la question est de savoir dans quelle mesure le colonel Azali est capable de saffranchir de cette tutelle. Telle est la clé dun sursaut national véritable.
Moroni, le 02 Mai 2000
Le Bureau Exécutif National
COMMUNIQUE DU GRDC EN DATE DU 16/5/2000
Le GRDC ( Groupe de Réflexion sur le Devenir des Comores) milite en faveur de lunité et de lintégrité territoriale de larchipel des Comores.
Estime positive linitiative de la France officielle de sassocier à la politique dembargo décrétée par la communauté internationale à lencontre du pouvoir séparatiste dAnjouan en mettant en place à Mayotte des mesures de restriction et en appelle à une application stricte et totale.
Rappelle que la position actuelle de la France embarrasse ceux qui ont toujours interprété à lenvers les déclarations officielles de celle-ci. Ceux là mêmes qui continuent à vendre lidée dune complicité française avec le mouvement séparatiste anjouanais.
Note par conséquent que lobservation de ces mesures à Mayotte prive les séparatistes dune de leurs armes maîtresses, lappui tacite de la France dont les chefs se prévalaient toujours, et plonge ceux - ci dans un profond désarroi qui les fait renouer avec une de leurs vieilles méthodes : faire peur en sous entendant cette fois-ci le danger potentiel que constituent les armes quils détiennent à Anjouan sur Mayotte et sur toute la région.
Dénonce les manuvres dilatoires au travers dun faux dialogue inter comorien sur la base dun projet de confédération contraire à lesprit dAntananarivo, destiné à torpiller le processus en cours parrainé par la communauté internationale.
Rend responsables de la dégradation de la situation actuelle à Anjouan tous ceux de lintérieur et de lextérieur qui continuent à entretenir avec entêtement le séparatisme.
Appelle les bonnes volontés à user des voies et moyens permettant de mettre un terme rapide à laventure séparatiste afin de soulager les souffrances de la population dAnjouan en particulier et dune manière générale du peuple comorien, de stopper lhémorragie dans lîle et favoriser ainsi le retour à une vie normale dans larchipel.
Au moment où nous sommes entrain de mettre un point final à ce communiqué, nous apprenons larrestation le 5 de ce mois et lemprisonnement par les autorités séparatistes dAnjouan de M. ABDEREMANE , un des animateurs de la radio USHABABI , radio libre, muselée et interdite de diffusion par le pouvoir sécessionniste .
Le GRDC dénonce encore une fois cet emprisonnement arbitraire qui vient sajouter à la longue liste des victimes de la répression des séparatistes.
Le GRDC
POLITIQUE
LE COLONEL ABEID SOLLICITE LA MEDIATION DE LA FRANCE.
Le colonel Said Abeid Abdérémane, le chef des séparatistes anjouannais a sollicité les bons offices de l'Union européenne et de la France en vue de l'ouverture immédiate de pourparlers intercomoriens, selon un communiqué rendu public à Mayotte.
"Nous gardons foi en l'UE et la France pour nous aider à renouer avec la raison, la sérénité et la confiance et retrouver la table des négociations afin d'imaginer des solutions les plus conformes aux intérêts de toutes les parties concernées", a-t-il déclaré dans ce communiqué.
Il exhorte également toutes les personnes de bonne volonté à oeuvrer avec célérité pour éviter une catastrophe sanitaire à Anjouan, un drame dont, précise-t-il, les conséquences ne peuvent que s'avérer désastreuses pour la paix et la stabilité dans cette région de l'océan Indien.
Said Abeid Abdérémane indique que la santé et la survie de la population anjouanaise dont il assure la responsabilité priment sur toute autre considération. S'il veut être pris au sérieux, il doit commencer par respecter les exigences des parties signataires comoriennes et de la communauté internationale en signant dans les délais les plus brefs l'accord d'Antanarivo. Autrement, son appel de détresse ressemblera à une manuvre purement politicienne.
Il ajoute par ailleurs que les restrictions et l'embargo économique imposé à l'Etat anjouanais soumettent une population, déjà pauvre et démunie, à des conditions d'existence intolérables et accentuent la virulence de l'épidémie de choléra, qui continue à faire des ravages parmi les enfants, les femmes et personnes âgées. Au-delà des mots, le Colonel Abeid n'a pas apporté la preuve qu'il se soucie des conditions de vie de la population.
L'île séparatiste d'Anjouan fait l'objet de sanctions décrétées par l'OUA pour n'avoir pas voulu signer les accords d'Antananarivo. Rappelons que les dirigeants séparatistes qui étaient convoqués en Afrique du Sud au mois de Décembre 1999 étaient avertis que des sanctions allaient être prises et ont continué malgré tout leur fuite en avant en organisant un référendum-bidon le 23 janvier dernier.
AZALI NOMME UN CHEF DETAT-MAJOR
Le 13 mai 2000, le chef de l'Etat comorien, le colonel Azali Assoumani a nommé le capitaine Soilihi Mohamed, plus connu sous le nom de "Campagnard", comme nouveau chef d'état-major adjoint avec les prérogatives de chef d'état-major de l'armée comorienne.
La cérémonie de passation de pouvoirs du chef de l'Etat au capitaine Soihili Mohamed a eu lieu vendredi 12 mai au camp militaire de Kandani dans la plus grande discrétion.
Après son coup d'Etat du 30 avril 1999, le colonel Azali avait conservé ses fonctions de chef d'état-major de l'armée pour les cumuler avec la magistrature suprême.
"Campagnard" qui jouit d'un grand respect au sein de l'armée et de l'opinion suite à la résistance courageuse qu'il avait opposée aux mercenaires étrangers n'avait jamais caché son hostilité face au coup d'Etat du colonel Azali, et avait pris quelque distance à l'égard du pouvoir militaire.
En octobre 1995, lors du dernier coup d'Etat du mercenaire français Bob Denard, "Campagnard" avait tenu tête aux mercenaires qui avaient pris la radio nationale. Le colonel Azali Assoumani s'était quant à lui réfugié dans l'enceinte de l'ambassade de France à Moroni.
Au cours de ces événements, le colonel Campagnard avait été grièvement blessé à la jambe, et il en porte encore les séquelles.
LES ENSEIGNANTS COMORIENS EN GREVE A CAUSE D'ARRIERES DE SALAIRES
La grande majorité des enseignants comoriens de l'île de la Grande Comore se sont mis en grève illimitée mercredi
10 mai pour réclamer le paiement de salaires des mois de novembre et décembre 1999, a constaté un correspondant de l'AFP.Le mouvement touche essentiellement les établissements du secteur public.
Le pouvoir militaire du colonel Azali Assoumani, a décidé de geler le versement de ces deux mois aux agents de l'Etat. Après son putsch
du 30 avril 1999, le colonel Azali avait promis aux fonctionnaires qu'il paierait tous les mois de l'année 1999. Les syndicats des fonctionnaires demandent au chef des putschistes de respecter sa parole.
MAYOTTE COMMENCE A APPLIQUER LEMBARGO CONTRE ANJOUAN
Les autorités préfectorales de Mayotte ont précisé, jeudi 11 mai, qu'elles appliquent les restrictions contre l'île séparatiste d'Anjouan en matière de télécommunications et de liaison aérienne, conformément aux positions nationales françaises relatives aux sanctions demandées par l'OUA.
Le Comité de soutien et de liaison de l'ile d'Anjouan (CSLA), représentant le mouvement séparatiste à Mayotte, en réaction dans une lettre adressée au représentant du gouvernement français à Mayotte, déplore l'application de l'embargo décrété par l'OUA contre Anjouan et considère comme "injuste et porteuse de multiples périls" la décision de la préfecture de Mayotte de "prêter main forte" à l'OUA.
Le CSLA demande aux autorités à Mayotte de reconsidérer leur décision, rappelle que Mayotte abrite des milliers d'Anjouanais, de métis et de mahorais qui gardent des liens forts avec Anjouan, dont ils sont aujourd'hui coupés.
"Quand il y a des milliers de cas de choléra recensés (...), quand les enfants ne bénéficient plus de couverture sanitaire internationale (...) et qu'ils sont soumis à la malnutrition chronique, qu'adviendra-t-il de ces enfants, des femmes, sans médicaments, sans moyens de transport en cas d'évacuation sanitaire, faute de carburant ? (...) Une eau vecteur de germes, sans moyen de la faire bouillir, n'est-ce pas là le pire poison pour ces populations ?" demande le CSLA.
"Monsieur le préfet, pourriez-vous imaginer des dizaines de barques, de pirogues, de boutres, de bateaux dans le lagon de Mayotte, chargés d'enfants, de femmes, malades et affamés, demandant l'asile humanitaire et faisant éclater à la face du monde entier la souffrance, le désespoir et l'injustice qui font de leur existence un cauchemar ?" écrit le CSLA.
Cette préoccupation est partagée par le responsable du RPR Mayotte, Mansour Kamardine, qui estime que "l'OUA n'a pas été capable de gérer la crise comorienne" et qu'il est du devoir de la France d'organiser une médiation réclamée par les protagonistes de ce conflit.
"Comment ne pas comprendre que des gens (les anjouanais) confrontés à la faim, ne tentent pas tous les moyens, même de fortune, pour débarquer à Mayotte ? Beaucoup risquent de mourir dans le lagon et les survivants viendront grossir les bidonvilles de Mayotte", a-t-il déclaré.
Les liaisons maritimes par boutre avec Anjouan sont maintenues au profit des ressortissants comoriens, les passages s'effectuant par Moroni pour les autres nationalités, française compris. Concernant le fret, le transport des marchandises par boutre est suspendu, sauf pour les produits à caractère humanitaire. Les autorités de Mayotte se félicitent de l'existence du couloir humanitaire mis en place par les autorités comoriennes entre Moroni et Anjouan.
SANTE
LEPIDEMIE DE CHOLERA EN REGRESSION SUR LILE DANJOUAN
L'épidémie de choléra, qui a fait une centaine de victimes depuis son déclenchement, est en forte régression sur l'île séparatiste d'Anjouan, aux Comores, a affirmé mercredi
10 mai à Moroni Jacques Gruloos, responsable de Care-Comores."
Le choléra est faible, mais il est présent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.Selon M. Gruloos, aucune victime n'a été enregistrée depuis le début du mois de mai.
Il y a quelques semaines, l'association Aide Médicale Internationale (AMI) avait parlé d'une situation "alarmante" à Anjouan.
Selon le responsable de Care-Comores, les réserves de carburant dont disposent les organisations humanitaires sur l'île d'Anjouan pour maintenir la chaîne du froid nécessaire à la conservation des médicaments peuvent permettre de "tenir encore un mois
".Un ravitaillement est prévu dans les jours à venir à partir de Moroni, la capitale fédérale des Comores, malgré les sanctions en vigueur contre le régime séparatiste anjouanais.
Paradoxalement, selon Care-Comores, la pénurie de carburant dont souffre l'île d'Anjouan aurait eu des effets plutôt bénéfiques sur la régression de l'épidémie en limitant les déplacements à l'intérieur de l'île.
Le premier cas de choléra a été signalé à Anjouan en novembre 1999. L'épidémie a fait à ce jour 101 victimes, et près de 2771 cas ont été recensés. L'île d'Anjouan, dans l'archipel des Comores, a fait sécession unilatéralement en août 1997.
Un accord de réconciliation, dit Accord d'Antananarivo avait été obtenu le 23 avril 1999 dans la capitale malgache grâce à la médiation de
l'OUA, mais n'a pas été signé par les autorités séparatistes anjouanaises malgré les différentes pressions de la communauté internationale.
LU DANS LA PRESSE
LA LIBERTE DE LA PRESSE EST UN COMBAT QUI SE MENE CHAQUE JOUR
Aux Comores, l'histoire de la presse nous apprend que des progrès ont été accomplis, certes, mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Des journalistes continuent à être inquiétés dans l'exercice de leur travail.
Comme tous les ans depuis une décennie, la journée de la liberté de la presse a été célébrée le 3 mai dernier, avec toujours les mêmes interrogations, et surtout l'espoir que le combat pour une presse encore plus libre gagne du terrain.
Aux Comores, l'histoire de la presse nous apprend que des progrès ont été accomplis, certes, mais beaucoup de chemin reste à parcourir. Sous les régimes civils passés, comme aujourd'hui sous l'autorité de la junte militaire, il y eu des violations de cette liberté si précieuse qui participe à l'édification de tout Etat de droit.
Il y a six mois, Aboubacar M'Changama, Directeur de publication de l'Archipel, a été emprisonné pour avoir refusé de révéler ses sources, suite à un article relatant des propos d'un officier membre du Conseil d'Etat , lequel aurait affirmé "je n'ai pas envie de prendre une balle pour le colonel Azali".
De même, quatre journalistes du journal d'Etat Al-Watwan sont suspendus de leurs fonctions et salaires pour avoir fait grève pour s'opposer aux méthodes de leur directeur et notamment pour avoir refusé de signer de leur nom, comme leur demandait le directeur en question, un article venant du cabinet de la présidence. Puis, il y eu l'emprisonnement de Boudouri à Anjouan, une île sous la coupe des séparatistes du colonel Abeid. Ce sont là, quelques exemples les plus récents d'atteinte à la liberté de la presse que nous avons été nombreux à dénoncer, aussi bien dans le pays qu'à l'extérieur au cours des douze derniers mois.
Peur de l'indépendance et de la critique
C'est dire que le simple discours ne suffit pas à garantir les droits fondamentaux de l'homme, contre les abus et violations de toutes sortes. Récemment le colonel Azali a déclaré à l'occasion d'un discours radiodiffusé que votre serviteur, "La Gazette des Comores était le journal de l'opposition". De telles réactions, très regrettables, n'étonnent plus les hommes des médias comoriens. En effet, cela fait partie des habitudes de nos gouvernants, passés et présents, de voir derrière toute information indépendante qui échappe à leur contrôle et, plus encore, derrière toute critique la main d'un parti d'opposition. Dans ce domaine, le jeune colonel s'inscrit parfaitement dans la ligne de ses prédécesseurs.
La presse comorienne est confrontée à des difficultés qui sont essentiellement d'ordre matériel et juridique. Les coûts de fabrication d'un journal sont très élevés et aucune forme de subvention de l'Etat n'est accordée aux organes de presse indépendants. On peut ainsi déplorer l'absence d'une exonération du timbre pour les envois des journaux à l'extérieur, comme cela se fait ailleurs.
Entre les lois et les pratiques
Sur le plan juridique, en dépit de l'existence d'une loi sur la presse, aucune structure de régulation de l'information n'a été mise en place, la carte de presse n'est toujours pas instaurée , et les journalistes ont difficilement accès aux sources d'information officielles ou institutionnelles.
A ce propos, la création d'une Agence de presse nationale devient une urgence. Enfin, on peut passer sous silence les problèmes spécifiques liés à la profession de journaliste, notamment la nécessité d'une organisation ayant vocation à défendre les intérêts et les droits des professionnels de l'information. Et là, il appartient aux concernés eux-même d'oser franchir le pas, au nom de cette liberté de la presse aue nous venons de célébrer.
EL-HAD SAID OMAR
La Gazette des Comores N°43/44 du 11/5/2000
UN AN APRES LACCORD DANTANANARIVO, ANJOUAN PERSISTE DANS LE SEPARATISME
Un an après une tentative de réconciliation à Antananarivo, lîle dAnjouan maintient tant bien que mal son " indépendance " quelle avait unilatéralement proclamée en août 1997 du reste des Comores, malgré lisolement international et un embargo décrété par les pays africains.
Cette petite île de locéan indien a proclamé, le 3 août 1997, son " indépendance unilatérale " de la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC), qui comprend également les îles de la Grande Comore et Mohéli. Depuis, aucun pays, aucune instance internationale, na reconnu l " Etat dAnjouan ".
Le 23 avril 1999, la Grande Comore, et Mohéli ont signé, dans la capitale malgache, un accord qui prévoyait la mise en place dune Union des îles Comores, sorte de fédération qui dotait chacune des trois îles dune plus grande autonomie. Les séparatistes anjouanais avaient alors refusé de signer laccord dAntananarivo, dit de " réconciliation nationale ".
Les délégués anjouanais avaient réclamé un délai de deux semaines pour faire approuver laccord par la population mais, une semaine plus tard, le 30 avril, une junte militaire renversait le pouvoir à Moroni, sur la Grande Comore, et plaçait à la tête de la RFIC le colonel Azali Assoumani.
Ce coup dEtat donnait un coup d arrêt au processus dAntananarivo, fournissant aux séparatistes au pouvoir à Anjouan un alibi pour repousser léchéance quils sétaient fixée puis rejeter laccord définitivement. Après de multiples tentatives de réconciliation entre le colonel Azali et le chef des séparatistes anjouanais, le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane, le torchon a brûlé définitivement entre les deux hommes fin juillet 1999.
Depuis, Anjouan a poursuivi la mise en place de ses propres institutions dont les principales étapes ont été des élections législatives en août 1999 et un référendum le 23 janvier 2000 qui a approuvé à 94,47% le rejet de laccord dAntananarivo. Lorganisation de lunité africaine (OUA) a dénoncé à loccasion une consultation étroitement contrôlée par les séparatistes par lintimidation de lopposition " rattachiste ".
Depuis Antananarivo, lOUA, qui parrainait laccord, multiplie, en vain, les pressions pour ramener Anjouan dans le giron de Moroni, la capitale des Comores, en imposant notamment un embargo. Parallèlement, elle presse Moroni pour un " retour à lordre constitutionnel ", pour que la junte rende le pouvoir aux civils, toutefois sans mesures coercitives.
Le 1er février 2000, lOUA a imposé une première mesures dembargo visant les tenants du pouvoir séparatiste dAnjouan et leurs principaux sympathisants, en gelant notamment leurs comptes bancaires à létranger et interdisant aux pays africains de reconnaître leurs passeports afin de les confiner sur lîle.
Le 20 mars, lorganisation panafricaine a instauré une deuxième série de mesure, touchant cette fois lensemble de la population : les liaisons maritimes et aériennes entre Anjouan et lextérieur sont interrompues, le transport des marchandises suspendu, les communications téléphoniques coupées et les banques étrangères ont fermé leurs succursales sur lîle.
Lembargo est plus ou moins bien observé par les deux autres îles de larchipel, les propriétaires dembarcations privées en tirant un juteux profit, et les liaisons maritimes entre Anjouan et Mayotte ne sont pas totalement suspendues.
Journal KWEZI N° 291 du 25/4/00
PRIME "MAISON" POUR MAYOTTE
Un s'intégrant davantage dans l'ensemble français, Mayotte bénéficie de mesures auxquelles elle n'avait pas droit jusqu'alors. Ainsi, les Mahorais ne pouvaient pas prétendre au prêt à taux zéro en vigueur dans tous les départements de métropole et d'outre-mer pour aider les ménages modestes à accéder à la propriété.
Le 8 février dernier, le préfet de la collectivité, Pierre Bayle, a signé un arrêté portant création d'une "prime de l'Etat à la construction individuelle".
Ce mois-ci, les services préfectoraux ont lancé une campagne de promotion de la dite prime, intitulée "Dago", soit "maison" en mahorais.
Même si elle n'obéit pas au même mécanisme, la prime "Dago" est présente comme la version mahoraise du prêt à taux zéro.
Grâce à elle, les particuliers souhaitant acquérir un logement pour l'occuper à titre de résidence principale peuvent désormais, sous condition de ressources, bénéficier d'une aide publique pour compléter leur prêt bancaire. Pour en bénéficier, le ménage doit faire construire, être le premier occupant d'un logement neuf ou acheter un logement ancien et l'améliorer pour un montant supérieur à 35% du coût total de l'opération.
Le montant de la prime varie selon le montant de l'opération et les revenus de l'attributaire. Par exemple, un couple marié avec deux enfants, dont le revenu annuel est de 120 000 francs, bénéficiera d'un coup de pouce de 61 200 francs sur un financement de 400 000 francs.
Autre exemple: un célibataire qui fait construire sa résidence principale sur son terrain, dont le revenu annuel est de 62 000 francs, peut prétendre à une prime "Dago" de 50 000 francs pour payer la facture des travaux qui s'élève à 212 550 francs.
Le bénéficiaire de la prime s'engage pendant dix ans à ne pas louer son logement, à ne pas le transformer en locaux commerciaux ou professionnels, à ne pas l'utiliser comme une résidence secondaire, à ne pas le céder, ni le détruire.
Enfin, les travaux doivent impérativement être réalisés par des artisans et entrepreneurs régulièrement établis.
Le Quotidien de la Réunion du 17/5/2000
LA PRESSE PARLE DE COMORES-INFOS
COMORES-INFOS PASSE EN VERSION PAPIER
Dabord réunis autour de la défense de lintégrité territoriale des Comores et opposée au pouvoir séparatiste installé à Anjouan, une association comorienne basée à la réunion, lAudec a décidé il y a quelques mois de diffuser des information sur la situation politique comorienne sur Internet, et plus particulièrement à partir de Mwezinet (
http://www.comores-online.com/mwezinet/).De fil en aiguille, ces membres ont crée un journal informatique : Comores-infos qui a considérablement élargi ces centres dintérêt. Sans renier ses engagements politiques du debut, Comores-infos se veut aujourdhuio " indépendant " et est publié sur papier à lattention de ceux qui ne fréquentent pas le web. Il est possible de sabonner en écrivant à Comores-infos BP 83, 97.432 Ravine des Cabris ou en téléphonant au 57.92.04.
Le Quotidien de la Réunion 12/5/00
BIENVENUE A UN NOUVEAU CONFRERE
Un nouveau confrère est né dans la diaspora. Il s'agit de "COMORES-INFOS", un bimensuel d'information régionale édité par un groupe d'intellectuels comoriens installés à La Réunion.
Dans son numéro 14 du 22 avril, Comores-Infos a consacré son éditorial aux relations franco-comoriennes , après l'arrivée à Moroni du nouvel ambassadeur de France, Jean Claude Lajaunie. Pour notre confrère, "La politique française face à la crise comorienne ( ) est empreinte de nombreuses contradictions et incohérences.
Même certains fonctionnaires français affirment, en privé, ne pas comprendre la logique ( ). Pourquoi Paris a nommé un nouvel ambassadeur à Moroni alors que la junte n'a pas rendu le pouvoir aux civils comme elle s'y était engagée?"
Dans ce même numéro, la rédaction de Comores-Infos a abordé l'actualité politique nationale ainsi que des sujets divers ( économie, santé, coopération, etc.).
Son directeur de publication est Ahmed Mohamed. On peut s'abonner par voie de courrier électronique ou sur format papier ordinaire à l'adresse suivante:
BP 83 -
97432 Ravine des Cabris - La Réunion -
E-mail:
Comores-Infos@wanadoo.frNous souhaitons bon vent à Comores-Infos.
La Gazette des Comores N°43/44 du 11/5/2000
Nous avons le plaisir dinformer nos aimables lecteurs que votre journal est dorénavant en vente à la librairie Cazal à Saint Pierre ( La Réunion) , aux Comores : Même distributeur que nos confrères de la Gazette des Comores. Par ailleurs, une convention est en cours de signature entre Comores-infos et lassociation des comoriens de Saint-Pierre pour la création prochaine dun club Internet à Saint-Pierre.
Vous êtes de plus en plus nombreux à nous faire confiance, nous vous encourageons à parler autour de vous de votre journal. Nous comptons beaucoup sur lappui de tous et de toutes. Notre pays a besoin dans cette période difficile de son histoire d'une presse libre, indépendante et démocratique qui saura relater les faits de manière objective, critiquer en cas de besoin les acteurs de la vie politique, proposer des pistes de solution et éclairer les citoyens.
Merci de continuer à nous faire confiance bonne lecture.
- La Rédaction -
CULTURE
Le domaine de Rocheveyre par Jean Paul Malaval Presses de la Cité 528p 130F
Juillet 1914. En Corrèze, dans le village de Marzac, non loin de Brive, Baptiste Mercoeur, rude paysan, n'a qu'une passion, " la terre, la terre, et nulle autre chose ".
La prospérité de son domaine de Rocheveyre, gagnée à force d'opportunisme et d'âpreté, suscite l'envie des plus petits. Il régente sa vie de famille comme il gère ses terres, en despote. C'est pourquoi, de ses trois fils qu'il mène à la baguette, il a déjà décidé que seul l'aîné, André, qui lui ressemble en tout, hériterait des terres. Alexandre, le second, l'aiderait. De son côté, Germain, le cadet, - un bon à rien selon son père -, rêve de quitter Rocheveyre pour devenir institeur. Enfin pour Camille, la benjamine, la question ne se pose pas: un bon mariage fera d'elle une épouse dévouée comme sa mère, Léontine.
Mais la guerre bouscule ses différents projets
De 1914 à 1964, les Mercoeur cultivent religieusement "l'esprit du domaine". Rien ni personne ne réussit à freiner ces "géants" pétris d'ambition. Et si Rocheveyre prospère, les Mercoeur veillent aussi à ce que Marzac - dont l'un d'eux sera maire - ne reste pas " la traîne du progrès "
Jean Paul Malaval, avec un extrême souci du détail historique, décrit la transformation radicale de la France rurale. A ces changements profonds du pays répondent les caractères intenses de ses habitants. Mais, alors que la mécanisation et la productivité à outrance s'imposent dans tout le monde agricole, que Rocheveyre lui-même devient la pièce maîtresse d'une puissante société agro-industrielle, que reste-t-il de l'âme de Rocheveyre?
NOS BREVES
Le salaire mirobolant du colonel Azali
Selon des informations publiées par la Lettre de l'Océan Indien ( LOI N°900 du 15 avril 2000), le colonel toucherait un salaire de 11,5 millions de francs comoriens soit l'équivalent de 153 000 Francs Français. Incroyable mais vrai. Le salaire du chef des putschistes représente le triple de celui du Président de la République française, l'une des grandes puissances du monde. Selon nos confrères, le colonel Azali continue à percevoir l'équivalent de "30 à 50 millions FC" à chaque déplacement à l'étranger soit une somme qui tourne entre 400 000 et 660 000 FF. Il est scandaleux de constater que les fonctionnaires comoriens accusent deux mois de retard au niveau de leurs salaires alors qu'au même moment le Chef de l'exécutif se fixe des salaires qui dépassent la limite de l'imaginable. Il est grand temps que les autorités comoriennes prennent conscience qu'elles doivent gérer les deniers de l'Etat en bons pères de famille. Le règlement de la crise comorienne passe entre autre par une gestion saine et transparente des finances publiques.
Le choléra à Mayotte
Six cas de choléra ont été recensés à Mayotte. Les malades concernés ont été identifiés et traités. A u moment, une rumeur avait circulé selon laquelle toute la population de l'île allait être vaccinée. Mais le Préfet de Mayotte a écarté cette hypothèse. En effet, il n'y aurait pas suffisamment de vaccins pour toute la population de l'île.
L'ouverture d'une nouvelle ligne entre la Réunion, les Comores et Madagascar
La compagnie Air Austral va ouvrir à compter du 1er Août 2000 une nouvelle ligne qui va relier l'aéroport de Pierrefonds situé à Saint Pierre aux aéroports de Dzaoudzi, et d'Antananarivo. Elle vient d' acquérir une nouvelle flotte. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les comoriens et malgaches habitant dans le sud de la Réunion. Jusqu'à maintenant, ils étaient obligés de faire le trajet jusqu'à Saint-Denis pour pouvoir partir chez eux. Et quand on connaît les difficultés de circulation à la Réunion, on est en droit de conclure que l'ouverture de cette ligne va leur permettre de gagner un temps appréciable.
Les pays de la région mettent l'accent sur la stabilité et la sécurité
Lors du dernier sommet du COMESA ( Marché Commun de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique Australe) ayant regroupé 21 pays membres dont neuf représentés au niveau des chefs d'Etat tenu à Maurice, le Premier ministre mauricien a déclaré que "les conflits régionaux freinent considérablement la croissance économique dans nos régions". Il a souligné que le lancement prochain de la zone de libre-échange constitue un pas important vers l'intégration régionale, "mais le succès de cette zone économique dépendra de la stabilité et la sécurité dans la région".
L'assistant du secrétaire général de l'OUA a invité les pays membres à utiliser les institutions de l'organisation panafricaine pour prévenir et trouver une solution aux différents conflits qui affectent le continent.
La persistance de la crise comorienne causée par une intransigeance des séparatistes anjouannais inquiète les pays de la région et plus particulièrement les pays de la zone de l'Océan Indien.
Un numéro vert contre le racisme en France
Le gouvernement français vient de mettre en place un numéro vert contre le racisme en Métropole et dans les DOM. Le numéro 114 a été ouvert pour recenser les différentes discriminations raciales. S'agissant d'un numéro vert, les appels seront gratuits. Il s'agit d'une structure de réception des appels, suivie d'une prise en charge locale des situations signalées, sous l'égide de la commission départementale d'accès à la citoyenneté. " Les situations avérées de discriminations raciales devront faire l'objet, selon les cas, d'une simple information, d'une enquête administrative, d'une médiation ou d'une transmission à l'autorité judiciaire", précise la préfecture de la Réunion dans un communiqué.
L'ONU vote un embargo sur les armes contre l'Ethiopie et l'Erythrée
Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté mercredi 17 mai 2000 un embargo sur les armes limité à un an contre l'Ethiopie et l'Erythrée pour les amener à faire la paix. Il a fallu plusieurs heures de négociations difficiles pour que les quinze membres du Conseil se mettent d'accord pour imposer des sanctions limitées dans le temps pour la première fois dans l'histoire de l'ONU, selon les diplomates. La résolution 1298 adoptée à l'unanimité décide un embargo immédiat sur les armes, le matériel et l'assistance militaire contre les deux belligérants jusqu'à un règlement pacifique de leur guerre qui dure depuis deux ans. Un diplomate s'est félicité que cette résolution constitue "un précédent extraordinaire". Les combats entre l'Erythrée et l'Ethiopie ont repris vendredi après une pause d'un an de leur conflit frontalier qui a déjà fait de milliers de victimes depuis mai 1998.
On ne peut que souhaiter que ces deux peuples frères arrivent à trouver un règlement pacifique au conflit qui les oppose depuis 2 ans.
Des milliers d'Erythréens réfugiés au Soudan .
Des milliers d'Erythréens réfugiés au Soudan après la chute de Barentu. Les autorités de l'Etat de Kassala (est du Soudan) ont décrété un état de mobilisation totale pour pouvoir accueillir des dizaines de milliers de réfugiés érythréens chassés par les combats dans leur pays, selon la presse soudanaise du vendredi 19 mai .
Un "état de mobilisation maximale" a été décrété pour accueillir des soldats et des civils érythréens, dont des femmes, des enfants et desvieillards,qui ont fui l'Erythrée après la chute de Barentu (sud-ouest), a déclaré le gouverneur de Kassala, Ibrahim Mahmoud Hamid, cité par le quotidien Al-Rai Al-Aam.
Les autorités soudanaises ont commencé à désarmer les soldats érythréens réfugiés, et des comités d'assistance ont été mis en place en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a ajouté le général Hamid, appelant la communauté internationale et les autres organisations humanitaires à fournir une aide urgente pour répondre "à une situation de plus en plus grave à la frontière".
Quelque 50.000 Erythréens auraient traversé jeudi 18 mai 2000 la frontière entre les deux pays, selon une source sécuritaire citée par le quotidien Al-Anbaa.
"Un énorme flux se poursuit" en provenance de la province frontalière de Gash-Setit, dont la capitale Barentu a été prise jeudi18 mai par les forces éthiopiennes.
Les habitants de Kassala ont offert nourriture et médicaments aux réfugiés car la situation dépasse les capacités de l'Etat, selon le général Hamid, cité par le quotidien Akhbar al-Yom.
Des centaines de milliers d'Erythréens ont été contraints à l'exode depuis la chute de Barentu.
Le Soudan abritait déjà 160.000 réfugiés érythréens, avant la reprise la semaine dernière des combats entre l'Ethiopie etl'Erythrée. Il devient urgent que les deux pays respectent le cessez le feu qui a été signé le 5 mai 2000 à Alger sous l'égide de l'OUA afin d'épargner de nouvelles exodes et de nouvelles souffrances à la population civile.
L'ONU décide le renforcement de la MINUSIL en Sierra Leone
Le Conseil de sécurité doit porter la MINUSIL ( la force militaire de l'ONU en Sierra Leone) à 13.000 hommes au lieu de 11 100 actuellement.
L'augmentation des effectifs de la Mission des Nations Unies (MINUSIL) est rendue nécessaire par l'arrivée accélérée et en plus grand nombre que prévu de contingents indiens, bangladeshs et jordaniens attendus dimanche en Sierra Leone. Ce renforcement de la MINUSIL intervient alors que 280 Casques bleus sont toujours les otages des rebelles du Front uni révolutionnaire (RUF) et que la force de l'ONU a paru dépassée par leur offensive, stoppée par l'intervention britannique et une coalition anti-RUFdes factions sierra-léonaises.
Les Comores perdent 4,5 milliards
Selon notre confrère de la gazette des Comores un haut responsable de lUnion Européenne pour la région Océan Indien en mission à Moroni, M. Dominique David a déclaré que les Comores ont perdu la 2ème tranche de la dotation financière qui était disponible sous le 8ème FED, soit léquivalent de 4,5 milliards de franc comorien.
Ce haut responsable de lUE rappelle également la clôture des consultations initiées en juillet 1999 à Bruxelles, au lendemain du coup dEtat du colonel Azali, sur le processus de retour à la normalité constitutionnelle aux Comores.
La position de principe de lUE na pas changé, à savoir le maintien de son assistance à travers les seuls programmes en cours, et ce jusquà la résolution de la double crise séparatiste et institutionnelle que traverse larchipel des Comores. Il sagit essentiellement des projets sociaux qui profitent directement aux populations, et particulièrement les plus démunies. Le représentant de lUE a réaffirmé à nos confrères de la gazette des Comores lengagement de lUE aux côtés de lOUA, notamment en ce qui concerne le suivi des sanctions mises en uvre contre les dirigeants séparatistes anjouanais.
Mais devant la persistance du blocage politique actuel, lunion européenne ne pouvait que sen tenir aux dispositions de lart. 366-bis de la convention UE/ACP.
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la_gazette@snpt.kmPour rire :
Les bons comptes.
Mr veut le demander le divorce. Il se plaint dêtre la victime dune épouse tyrannique :
- Depuis que je suis marié, dit-il à son avocat, je nai essuyé quaffronts et humiliations de toutes sortes
Puis, il ajoute :
- Sans compter la vaisselle !
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Dépôt légal : mars 2000 N°ISSN : en cours n°denregistrement : 2000/0631
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