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EDITORIAL : CONTRE LA NOUVELLE PROVOCATION DES SEPARATISTES ANJOUANAIS

La nouvelle vient de tomber. Elle est officielle. Fidèles à leur discours démagogique, l'aile dure du mouvement séparatiste a décidé d'organiser le 23 janvier 2000 un référendum à Anjouan au sujet de l'adoption de l'Accord d'Antananarivo. La décision a été rendue publique par le colonel ABEID.

Tous les ingrédients de cette nouvelle mise en scène de la tragi-comédie des séparatistes sont en train de se mettre en place. DR ZAIDOU, le metteur en scène du mouvement séparatiste, ne s’est pas contenté de donner ses ordres par téléphone ou par fax à ses exécutants qui contrôlent tant bien que mal la situation à Anjouan. Il se trouve actuellement à Anjouan pour superviser en personne ce nouveau coup de théâtre des séparatistes. Même si le colonel ABEID a toujours exécuté à la lettre ses directives, DR ZAIDOU a préféré se rendre sur le terrain pour contrôler en personne le scénario qu'il a conçu.

La soi-disant campagne électorale est ouverte à compter du 9 janvier 2000. La population n'entendra qu'un seul son de cloche: celui du discours des chefs de la tendance extrémiste du mouvement séparatiste, bien évidemment. Les autorités séparatistes en collaboration avec leur pseudo- parlement appellent la population anjouanaise à voter pour le non à l'Accord d'Antananarivo. Les autorités séparatistes invitent l’OUA et la communauté internationale à venir superviser le déroulement de ce scrutin. Les chefs séparatistes ont déjà annoncé la couleur de leur scrutin. Ils pourraient dans la foulée annoncer déjà les résultats qu’ils ont arrêtés de leur comédie électorale.

Ces élections sont tout d'abord illégales car elles n'ont pas été prévues dans le cadre des dispositions prévues par l'Accord d'Anatananarivo.

Cette mascarade électorale va se dérouler dans un contexte où les séparatistes ont décidé d'accentuer la répression vis à vis de leurs opposants ( Cf notre article Le Colonel ABEID accentue la répression à l'encontre de ses opposants). Comment peut-on organiser des élections libres et démocratiques dans un contexte où le pouvoir séparatiste multiplie les menaces et les intimidations à l'encontre des forces politiques de l'opposition? Comment peut-on organiser des élections libres et démocratiques dans un contexte où la population n'attendra que la propagande mensongère des séparatistes? Comment le peuple peut-il s'exprimer librement dans un contexte où l'île est quadrillée par des milices qui font régner une terreur d'un autre âge?

Il est bien évident que les conditions minimales d'engager un débat démocratique sont loin d'être réunies à Anjouan. L'AUDEC a toujours estimé qu'on ne peut engager un débat démocratique digne de ce nom qu'une fois que toutes les milices, y compris celle du Colonel ABEID, la tristement célèbre Force d'Intervention rapide, seront désarmées. C'est en ce moment là que toutes les forces politiques comoriennes pourront s'exprimer librement sans en courir le risque de subir les assauts furieux des milices qui sont les bras armés du régime séparatiste.

Les séparatistes ont déjà par le passé organiser deux référendums. Ils sont devenus des spécialistes de la fraude électorale.

Mais la communauté internationale n’a pas manqué à chaque fois de condamner fermement leurs mascarades électorales et considérées les résultats annoncés comme nuls et non avenus. Nous sommes convaincus qu'une fois encore, la communauté internationale ne manquera pas de condamner sévèrement cette nouvelle supercherie des séparatistes anjouannais.

L'AUDEC dénonce vivement cette nouvelle provocation des séparatistes anjouannais qui démontre une fois de plus leur entêtement aveugle à recourir à toutes les basses manœuvres pour s'opposer à tout règlement pacifique de la crise comorienne.

Nous lançons un vibrant et solennel appel à toutes les forces politiques, syndicales et démocratiques d'organiser un boycott actif de cette nouvelle mascarade électorale des séparatistes. La population ne doit de près ni de loin apporter sa caution à ce qui s'apparente comme une manœuvre de dernière heure pour retarder l'échéance du 1er février 2000 fixée par l'OUA et les pays de la région. L'AUDEC joint sa voix avec celle du GIRMA et des organisations de la société civile anjouanaise pour demander à l'OUA de respecter scrupuleusement les décisions qui ont été prises lors de la réunion de Pretoria. Cette nouvelle péripétie des séparatistes ne doit pas entraîner en aucune manière une modification du calendrier qui a été arrêté. Une très grande majorité de la population comorienne attend le dénouement de la crise avec impatience. Cette forte attente doit être respectée par l'organisation panafricaine et l'ensemble de la communauté internationale.

 

LA REDACTION

 

LE DOUBLE PIEGE

Par ABOUBACAR M’CHANGAMA

La main tendue des partis politiques aux militaires, si elle permet de sortir de l’impasse actuelle, pourrait être fatale à Azali ou aux partis.

 

Pour la première fois depuis la prise du pouvoir par l’armée, le 30 avril dernier, l’ensemble des partis et organisations politiques se disent prêts à " associer et à impliquer l’Armée nationale de développement dans la résolution et la transition " et " s’engagent solennellement à(…) agir ensemble jusqu’au règlement définitif de la crise ". C’est le premier geste " conciliant " de la classe politique en direction du régime militaire du colonel Azali Assoumani.

Jusqu’à présent les partis politiques exigeaient des militaires qu’ils rentrent dans leurs casernes et qu’ils remettent purement et simplement le pouvoir politique aux civils – même si des fortes dissonances étaient perceptibles entre eux s’agissant de quels civils ce pouvoir devait revenir. Cette nouvelle attitude, approuvée( ?) par vingt et un partis (seul le Shawiri de Mahamoud Mradabi, qui a pourtant participé pleinement aux travaux préparatoires n’a pas signé le Manifeste) constitue non seulement un pas dans le " rapprochement " des partis, mais surtout une concession de taille faite aux militaires pour sortir la tête haute et permettre de trouver une issue à la crise séparatiste et politique du pays.

La main tendue des partis politiques aux militaires, si elle permet de sortir de l’impasse actuelle, pourrait être fatale à Azali ou aux partis. Pour " mettre fin très rapidement à la crise ", les auteurs du Manifeste préconisent " la mise en place du Comité de suivi et du gouvernement consensuel de transition prévus par l’Accord d’Antananarivo ". Les partis politiques signataires jouent en effet là toute leur crédibilité. Non pas tant pour la mise en place du Comité de Suivi, mais sur leur capacité à s’entendre justement sur un gouvernement consensuel de transition et surtout pouvoir dégager un Premier Ministre consensuel. S’ils n’y parviennent pas – ce dont l’opinion redoute, le colonel Azali et ses hommes pourront, et à raison justifier le coup de force du 30 avril-et pourquoi pas décider à jouer les prolongations. Si au contraire ils y parviennent, ils pourront ainsi démontrer l’un des alibis qui a servi à justifier le putsch, à savoir " les difficultés…de nos hommes politiques à se mettre d’accord sur l’intérêt général ".

La réapparition et l’éclosion de petits partis qui ont vite accouru pour apposer leurs signatures au bas du Manifeste pour ne pas être absents à la table des convives pourrait être un facteur de blocage, sinon de nuisance manifeste.

Difficile de comprendre que des partis plus ou moins directement liés au pouvoir militaire puissent signer le Manifeste tout en continuant le contester. Un parti comme le Pasoco qui jusqu’à ces derniers jours ne jurait que par le colonel Azali et le pouvoir militaire fait partie des signataires du document. En politique cela s’appelle garder deux fers au feu. Un jeu opportuniste pervers qui dissimule mal des rivalités tues.

Il n’en reste pas moins que les vents pour l’heure semblent favorables aux signataires du Manifeste. Une nouvelle dynamique dont il est encore difficile d’en déceler la trame est engagée.

Le coup d’envoi de la nouvelle dynamique a été donné depuis le deuxième voyage de l’envoyé spécial du Secrétaire Général de l’Oua aux Comores, le Mozambicain Francisco Madeira José Coetano qui, à l’issue de son séjour d’une semaine aux Comores, a déclaré à l’AFP que " l’Oua ne peut pas accepter que les Comores soient divisées " .

Dans le même temps, l’Afrique du Sud, Coordinateur des efforts régionaux de l’Oua sur les Comores adressait le 27 octobre dernier une diplomatique mais claire mise en garde à l’adresse de Moroni et à Mutsamudu : " La position de l’Oua, des pays de la région et de l’Afrique du Sud(…) est bien connue : la direction anjouanaise est dans l’obligation de respecter l’engagement pris de signer l’Accord d’Antananarivo ". Et d’ajouter : " En outre, et sans légitimer l’actuel pouvoir aux Comores, le gouvernement sud-africain est pleinement engagé à aider au retour le plus rapide possible de l’archipel à un régime civil démocratique " ; Tout en précisant que " toute autre initiative ne serait pas appropriée et tout retard serait une tentative de saper le progrès constructif qui a été accompli jusqu’ici ".

Il est frappant de noter à quel point le Manifeste des partis politiques recoupe les positions de l’Oua et surtout celles du gouvernement de Pretoria. La même détermination à obtenir d’Anjouan la signature de l’Accord d’Antananarivo comme seul cadre approprié pour parvenir à une solution durable de la crise ; mais surtout, et par souci d’efficacité et de pragmatisme, en acceptant d’associer et d’impliquer le pouvoir militaire, " sans le légitimer " à la résolution de la crise. La balle est pour l’instant dans le camp d’Abeid et d’Azali.

Cet article a été publié par le journal l’Archipel du 20/11/99 mais reste toujours d’actualité grâce à l’analyse pertinente de notre ami Aboubacar M’Changama..

 

LE COLONEL ABEID BRANDIT L'ARME DE LA REPRESSION

Le Colonel ABEID, le chef de l'aile dure du mouvement séparatiste, a prononcé un discours le 31 décembre 1999 à l'occasion de la célébration de l’an 2000.

Le chef séparatiste n'a pas prononcé un mot sur le choléra alors que cette maladie continue à faire des ravages dans l'île comorienne d'Anjouan. Les chefs séparatistes, qu'ils vivent au pays ou à l'extérieur, ont remué ciel et terre pour étouffer que l'opinion publique comorienne et internationale soit informée sur cette épidémie. Ils ont adopté une attitude criminelle en expulsant une délégation de l'organisation humanitaire CARE pour la simple raison qu'elle a été dépêchée par les autorités comoriennes. La population anjouanaise peut continuer de souffrir voire de mourir de cette maladie qui peut être maîtrisable, cela constitue le dernier souci des chefs séparatistes.

Dans son discours, le chef séparatiste s'est contenté de multiplier les attaques aussi plates qu'infantiles à l'encontre de l'OUA qui déploie une énergie tout à fait admirable pour parvenir à un dénouement rapide de la crise comorienne. Il s'entête contre toute logique à refuser de signer l'Accord d'Antananarivo. Restant prisonnier de sa démarche démagogique, il n’a fait aucune proposition concrète ou sérieuse permettant de sortir de la crise actuelle.

A la veille de l'échéance du 1er février 2000 fixé par l'OUA, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent à Anjouan pour réclamer la signature immédiate et inconditionnelle de l'Accord de Paix d'Antananarivo. Le GIRMA, le principal parti d'opposition au colonel ABEID, a proposé la tenue d'une grande conférence réunissant toutes les forces politiques de l'île afin de décider des voies et moyens de sortir de la crise actuelle. Au lieu de répondre favorablement à cette sage proposition, le colonel ABEID multiplie les menaces et les manœuvres d'intimidation à l'encontre de ses opposants dont le nombre ne cesse de croître.

Il a décidé l'arrestation de Mohamed Boudouri, le correspondant du journal Al Watwan à Anjouan. Quel crime ce journaliste a-t-il commis? Rien, sinon celui d'exercer tout simplement son métier en évoquant les derniers événements qui secouent actuellement l'île d'Anjouan ( la lettre ouverte des syndicats, l'expulsion de l'ONG CARE, la lassitude des habitants face à l'engrenage séparatiste…).

Par ailleurs, le Colonel ABEID a décidé de ne pas payer tous les fonctionnaires qui sont soupçonnés de militer ou de sympathiser avec l'opposition. Décidément, le colonel séparatiste ne manque pas d'imagination dans son arsenal répressif contre ses opposants. L'AUDEC dénonce vigoureusement cette mesure scélérate et exige que les fonctionnaires concernés soient payés immédiatement. A défaut, une plainte sera déposée devant le Bureau International du Travail sis à Genève.

Des dissensions au sein du mouvement séparatiste font jour. Un chef séparatiste installé à Mayotte a manifesté récemment son irritation face à la politique suicidaire pratiquée par le Colonel ABEID et soutient l'idée avancée par le GIRMA de tenir rapidement une conférence auquelle toutes les tendances politiques de l'île seraient conviées.

Afin d'échapper tant à la pression de ses opposants que celle de l'OUA, nous venons d'apprendre que les chefs de l'aile dure du mouvement séparatiste se préparent avant la date fatidique du 1er Février 2000 à organiser un référendum concernant l'Accord d'Antananarivo. On avance la date du 23 janvier 2000 Nous dénonçons, par avance, cette basse manœuvre qui a pour but de semer la confusion dans les esprits et de retarder inutilement les mesures prises par l'OUA et l'Afrique du Sud en vue de parvenir à un déblocage rapide de la crise actuelle. Nous appelons les forces patriotiques et démocratiques présentes dans cette île comorienne de dénoncer cette supercherie du mouvement séparatiste et de continuer à mobiliser la population pour qu'elle exige la signature de l'Accord d'Antananarivo. Nous ne devons pas laisser le soin au Colonel Abeid, à Saindou Cheikh, à Abdallah Mohamed et au Dr Ahmed Zaidou de décider en petit comité du sort de l'île d'Anjouan. Dans les jours et semaines qui viennent, tous les anjouannais doivent se mobiliser afin de rejeter la voie aventureuse suivie par ces chefs séparatistes et imposer la solution de la paix, de la stabilité et de la réconciliation inévitable avec les autres îles sœurs.

 

LETTRE DES SYNDICATS D’ENSEIGNANTS ET DE LA FADH

Nous vous proposons la lettre des syndicats d’enseignants d’Anjouan (SNPC et SNIC) et de la FADH à Monsieur le Secrétaire Générale l’OUA ADDIS ABEBA.

Monsieur le Secrétaire Général,

Pour la première fois depuis trois ans que l’organe central de l’OUA a décidé d’agir avec fermeté pour mettre un terme à la crise qui sécoue les Comores et plus particulièrement l’île d’Anjouan.

Nous rendons hommage à l’OUA et aux pays de la région pour ce geste significatif. Cependant nous voudrions vous rappeler que les responsables séparatistes s’enrichissent sans vergogne, donc ils ne signeront jamais.

A cet effet toutes les actions envisageables de grande envergure y compris l’intervention militaire sont soutenables hormis l’embargo qui ferait des victimes innocentes car les dirigeants séparatistes sont et seront à l’abri de cet isolement économique eu égard aux richesses monumentales qu’ils se sont faites.

Nous avons l’espoir que le délai ainsi fixé sera scrupuleusement respecté pour la crédibilité de l’OUA.

A titre de rappel : la crise comorienne pourrait rebondir si l’île comorienne de Mayotte encore sous l’administration coloniale n’est pas réintégrée dans son ensemble puisqu’elle constitue la base arrière des séparatistes.

Très haute considération.

Mutsamudu, le 23 décembre 1999.

 

 

COMMUNIQUE DU MINISTRE DES AFFAIRAES ETRANGERES –RFIC-

Le Gouvernement de la République Fédérale Islamique des Comores se réjouit des conclusions de la réunion de l’organe central du Mécanisme de l’OUA pour la préservation, la gestion et le règlement des conflits, au niveau des Ambassadeurs, en sa soixante-deuxième session, tenue à Addis-Abéba, le 27 décembre 1999 qui a examiné la situation en Côte d’Ivoire et s’est prononcé sur les actes de la réunion ministérielle des pays de la région et de la Troïka de l’Organe Central sur la situation en République Fédérale Islamique des Comores, qui a lieu à Pretoria, le 21 décembre.

Le Gouvernement apprécie " le soutien sans réserve " de l’Organe Central à la décision prise par la réunion ministérielle invitant la partie anjouanaise à signer sans délai l’Accord d’Antananarivo, et, en tous les cas, avant le 1er février au plus tard.

Le Gouvernement joint sa profonde préoccupation et son inquiétude, à celles de l’Organe Centrale, devant les rapports, faisant état d’actes d’intimidation, qu’il condamne et réprouve, dirigés contre ceux qui, à Anjouan, sont en faveur de la signature de l’Accord d’Antananarivo.

Il déplore le fait que les dirigeants séparatistes dénaturent la position de l’OUA et du reste de la communauté internationale sur la crise et salue la compréhension et le regret de l’Organe Central quand à la continuation des dirigeants séparatistes d’induire en erreur la population anjouanaise par des fausses informations sur la réalité de la situation et par les faux espoirs quand à l’avenir de l’ïle d’Anjouan.

Le Gouvernement réaffirme son soutien à l’Accord d’Antananarivo, basé viable pour la réconciliation inter-comorienne.

Le Gouvernement se félicité de l’appréciation et du soutien de l’organe Central aux mesures envisagées par la réunion ministérielle en vue de faciliter le retour rapide à l’ordre constitutionnel " comme le souhaite le Chef de l’Etat le colonel AZALI ASSOUMANI.

Le Gouvernement réaffirme sa confiance et son soutien à l’OUA et à sa solidarité permanente à l’égard de la République Fédérale Islamique des Comores.

 

COMMUNIQUE DU FRONT DEMOCRATIQUE

Il se confirme que le journaliste BOUDOURI, correspondant à Ndzuwani d'Al Watwan a été arrêté le 3 janvier 2000 par les autorités séparatistes qui se sont emparés de cette île comorienne et qui maintiennent la population en otage.

Le crime de Monsieur BOUDOURI est d'avoir voulu faire son métier avec honnêteté. Le FD dénonce vigoureusement cette atteinte insupportable à la liberté d'exercer son métier et exige la libération immédiate et inconditionnelle du correspondant d'Al Watwan.

La fin du séparatisme anjouannais a sonné à Pretoria le 27/12/1999. La clique séparatiste, telle une bête féroce frappée à mort se débat et s'enfonce dans une répression aveugle généralisée. Nombre de compatriotes se trouvent actuellement dans les geôles d'Abéid et de ses compères. Certains prisonniers subissent des véritables sévices qui confinent à la torture.

Le FD :

1- Exige la libération immédiate et inconditionnelle de BOUDOURI

2- Souligne qu'à l'instar de ce qui se passe dans d'autres pays africains, les crimes contre notre pays et notre peuple ne resteront pas impunis.

3- Appelle les forces patriotiques comoriennes, où qu'elles se trouvent à agir de concert pour l'application dans l'esprit et la lettre des accords d'Antananarivo qui consacrent l'unité de nos trois îles comme premier pas vers la sauvegarde complète de l'intégrité territoriale comorienne incluant MAORE.

Le Bureau Exécutif du FD

8 janvier 2000

 

LU DANS LA PRESSE

L’OUA PERD PATIENCE :

Nous vous proposons de prendre connaissance d'un extrait d'un article du JIR ( Journal de l'Ile de la Réunion) publié le 13 décembre 1999. Trois semaines après sa publication, il conserve une actualité brûlante.

(…)Au regard des crises politique et économique qui assaillent ce pays, le gouvernement du premier ministre Bianrifi Tarmidi aura indiscutablement du pain sur la planche. Selon ce jeune Premier ministre, trois objectifs sont assignés à son gouvernement: assainissement des finances publiques, moralisation de la chose publique, et recherche d'une solution à la crise séparatiste.

Cependant, la formation de ce nouveau gouvernement survient au moment où le colonel Azaly se trouve soumis à de fortes pressions venant tant de l'extérieur que de l'intérieur. L'absence de résultats concrets dans son dialogue avec les indépendantistes anjouannais l'a indiscutablement fragilisé. D'autant qu'il passe aux yeux de beaucoup comme ayant fait trop de concessions aux indépendantistes anjouannais et rien en retour. Si les indépendantistes anjouannais qui tirent actuellement à boulets rouges sur les autorités de Moroni continuent à réitérer (à qui veut bien les écouter) leur refus de signer l'Accord de Paix d'Antananarivo. Il en est différemment des autorités comoriennes qui, elles, semblent toujours croire au dialogue comoro-comorien. En somme, à une prochaine signature du dit Accord par la partie anjouanaise. Un véritable dialogue de sourds.

Mais cependant, on commencera à être fixé le 21 décembre prochain sur l'évolution de cette crise avec la réunion ministérielle des pays de la Région à Pretoria, en Afrique du Sud. Un pays chargé par l'OUA de coordonner les efforts régionaux en vue de trouver une solution à la crise comorienne. Selon l'Organe Central du Mécanisme de l'OUA chargé de la Prévention, de la Gestion et du Règlement des Conflits qui l'a recommandé, cette réunion aura notamment à fixer une date aux indépendantistes anjouannais pour signer l'Accord de Paix d'Antanarivo. "Des mesures concrètes pour faire respecter l'Accord d'Antanarivo seront également à l'étude", dit-on du côté de l'OUA où on donne actuellement des signes patents d'impatience après plus de deux ans de médiation dans cette crise.

Au sein de l'organisation panafricaine, on parle de plus en plus d'un recours à la force pour mettre fin à la sécession d'Anjouan.

"il suffit tout juste d'un petit groupe de militaires pour prendre le contrôle de cette île", s'est confié avec le sourire au Journal de l'Ile le Général Jan Friederick Lusse, le patron du service de planification des opérations au sein de l'armée sud africaine. Cet officier supérieur sud africain (d'origine afrikaaner) sait de qui il parle.

Cet homme aux allures de baroudeur qui a déjà pris part à des réunions militaires consacrées à la situation aux Comores avait conduit ici une mission militaire des pays de la Région au cours de laquelle il avait mené une mission de reconnaissance au-dessus de cette île indépendantiste.

Et selon une source à l'organisation panafricaine, les plans d'intervention sont déjà prêts. De l'avis de nombreux observateurs, la démobilisation croissante au sein de l'armée indépendantiste ( ceux qui sont formés pour se battre et non les miliciens) risque d'être le meilleur allié d'une éventuelle force d'intervention.

Article du JIR du 6/1/2000 intitulé:

ANJOUAN FIEVRE POLITIQUE GRANDISSANTE.

Sur l'île indépendantiste d'Anjouan, la tension est en train de monter dangereusement après la tentative avortée , la semaine dernière à Pretoria, des pays de la Région et de l'OUA de résoudre la crise comorienne qui dure depuis près de trois ans.

A Domoni, deuxième ville de l'île ( et aussi principal bastion du leader historique du rattachisme, Chamassi Saïd Omar), le préfet et aussi son protégé, Nourdine Toibihou a été copieusement passé à tabac par des jeunes. Et pour cause, cette autorité indépendantiste a commis la maladresse de donner une réquisition à des miliciens originaires d'un village voisin pour arrêter un jeune soupçonné d'activités anti-indépendantistes. Et à Mutsamudu, la capitale, plus d'une vingtaine de jeunes ont été arrêtés depuis vendredi. Ils sont accusés d'avoir été à l'origine des graffitis violemment anti-indépendantistes qui ont fait récemment leur réapparition sur certains murs de la capitale anjouannaise. Certains parmi ces jeunes se sont volontairement constitués prisonniers.

" TOUTES LES OPTIONS SONT ACTUELLEMENT A L'ETUDE…"

De l'avis de nombreux observateurs, le récent refoulement de la délégation anjouanaise (en route pour l'Afrique du Sud) à Mayotte et la date butoir du 1er février donnée par les pays de la Région aux indépendantistes anjouanais pour signer l'Accord de Paix d'Antananarivo seraient à l'origine de ce regain de fièvre. Et ce, sur fond de corrosion progressive de l'autorité du leadership indépendantiste.

Et du côté de l'OUA où un agacement progressif est perceptible vis-à-vis des indépendantistes anjouanais, l'ultimatum lancé à ces derniers ne sera pas un vain mot.

"Toutes les options, y compris l'intervention militaire, sont actuellement à l'étude au cas où les indépendantistes anjouanais n'auront pas signé l'Accord de Pais d'Antananarivo à l'expiration du délai fixé ", déclare-t-on du côté de l'organisation panafricaine.

Néanmoins, les sanctions brandies par les pays de la région et l'OUA ne semblent nullement avoir ébranlé la détermination des leaders indépendantistes anjouannais. Ces derniers qui paraissent plus que jamais intransigeants persistent et signent. "A Pretoria, nous avons demandé aux Sud Africains et à l'OUA de mettre immédiatement en œuvre leurs sanctions. Car, nous ne signerons jamais cet Accord d'Antananarivo", s'est confié avec détermination au Journal de l'Ile Abdallah Mohamed, l'éminence grise des durs du mouvement indépendantiste.

S'ils affichent une volonté de faire face à toute menace extérieure, il n'en demeure pas moins que ces leaders indépendantistes sont inquiets quant à leur sécurité. Dans une lettre adressée aux autorités sud africaines à la veille de la réunion de Pretoria, Abdallah Mohamed avait déjà attiré leur attention sur les risques d'attentat contre la délégation anjouanaise lors de son séjour à Pretoria. Des craintes que les sud africains ont estimé non fondées.

Et pendant ce temps, les anti-indépendantistes anjouanais qui avaient depuis septembre dernier adopté un profil bas ont commencé à donner de la voix. Le principal mouvement anti-indépendantiste, le GIRMA a décidé de soutenir toutes actions qui seraient prises pour venir à bout de la sécession.

De même que la société civile anjouanaise qui a rompu, cette semaine, le silence qu'elle observait depuis plusieurs mois. Dans une lettre conjointe adressée, vendredi au Secrétariat Général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, les syndicats anjouannais des instituteurs et des professeurs et aussi la Fondation anjouanaise des Droits de l'Homme ont accusé les dirigeants indépendantistes de "s'enrichir sans vergogne".

Et ce, avant de décider, eux aussi, de soutenir toutes sanctions qui seraient prises, y compris l'intervention militaire. Mais ils s'opposent catégoriquement à un embargo qui ne ferait que des "victimes innocentes". Car, disent-ils, les dirigeants indépendantistes " sont et seront à l'abri d'un isolement économique eu égard aux richesses monumentales qu'ils ont amassées".

En guise de conclusion, ils ont émis l'espoir de voir l'OUA respecter "scrupuleusement le délai ainsi fixé".

 

REPONSE DU PRESIDENT DU GIRMA

Suite à un tract diffusé à Mutsamudu par l'aile extrémiste du mouvement séparatiste s'attaquant vivement aux positions actuelles de M. Charikane Ahmed qui plaide pour la signature de l'Accord d'Antananarivo, nous vous invitons à prendre connaissance de la réponse du Président du GIRMA.

A défaut de mention de l’expéditeur de la lettre ouverte qui m’est adressée, je ne sais à qui adresser la réponse. Il faut avoir le courage de s’annoncer dans ses écrits c’est la marque d’un homme responsable.

Ignorant l’auteur du texte, je m’adresse aux lecteurs et donc aux anjouanais ayant pris connaissance de la lettre intitulée LETTRE OUVERTE A CHRKANE AHMED.

Effectivement j’apporte des critiques fondées sur l’action politique du Colonel SAID ABEID et sur la gestion des Affaires de l’Etat comme je les faisais, également, sous le régime de Foundi ABDALLAH IBRAHIM.

D’autre part, je milite pour la signature de l’Accord d’Antananarivo qui constitue pour moi une base pour concevoir avec nos frères Grand-comoriens et Mohéliens des institutions constitutionnelles viables et durables dont leur mise en œuvre répondront aux aspirations légitimes des anjouanais.

Je vous rappelle que j’ai demandé, à maintes reprises aux dirigeants actuels, de convoquer, une conférence – débat, qui regroupera toutes les forces vives du pays en vue d’éclairer les anjouanais du devenir institutionnel de leur île, de débattre toutes les questions d’ordre politique, social et économique du pays en vue de trouver les voies et moyens nécessaires à la résorption de la crise. Une telle rencontre qui rassemblera toutes les sensibilités politiques de l’île permettra aux anjouanais de s’informer, s’exprimer et dissiper les malentendus.

Malheureusement, les autorités font la sourde oreille.

Il est inadmissible qu’une poignée de gens menacés d’isolement par la communauté internationale, s’accapare du pouvoir et décide sur des questions qui concernent le devenir de tout un peuple sans concertation aucune avec les forces vives du pays.

Je milite pour l’adoption d’institutions constitutionnelles nouvelles qui répondront aux aspirations légitimes des anjouanais et qui seront acceptables par la communauté internationale et ce, dans le cadre de l’Accord d’Antananarivo.

L’Accord prévoit l’élaboration d’une Constitution de l’Union des Iles. C’est à près signature de ce document que le système politique sera discuté et défini par toutes les parties comoriennes. Il appartient à chaque partie de se préparer en conséquence. Que nous propose donc les autorités anjouanaises actuelles ?

En ma qualité du Président du GIRMA, je tiens à apporter à votre connaissance que le GIRMA a élaboré un projet de Constitution de l’Union des Iles Comores ( lequel doit être soumis aux anjouanais pour appréciation).

Le projet est disponible ; Je vous invite à venir le chercher pour votre information.

Vous constaterez, qu’il ne s’agit pas, là, d’aller à l’encontre des aspirations légitimes des anjouanais comme vous le prétendez.

Je saisis cette occasion pour vous rappeler que, dans le temps, j’étais le premier à lancer l’idée d’une Confédération, Dieu seul sait combien d’entre vous ont voulu ma peau.

Je suis guidé par le seul souci de participer à l’instauration d’un Etat de droit qui respectera les libertés individuelles et collectives des citoyens, assurera la sécurité des personnes et de leurs biens et qui veillera à la gestion saine et transparente des affaires de l’Etat.

Pour y parvenir, je collaborerai avec tous ceux qui se livrent au même combat que moi.

C’est pourquoi, je demande à l’auteur de la lettre ouverte qui n’a pas eu le courage de se faire connaître, d’oeuver auprès des dirigeants actuels, pour que se tienne avant l’expiration de la date buttoir du 1er février adoptée par la Communauté Internationale pour la signature de l’Accord d’Antananarivo, la Conférence – débat des anjouanais.

Cette Conférence – débat, sera l’occasion, pour vous, cher ancien compagnon, de soumettre le rapport de la " Commission de sages " pour appréciation de mon bilan et action passée.

Mutsamudu le 31 décembre 1999

Le Président du GIRMA

M.CHARIKANE AHMED

ARRESTATION D'UN JOURNALISTE A ANJOUAN.

Une rumeur avait récemment couru à Anjouan au sujet de l'imminence d'un certain nombre d'arrestations dans les rangs des partisans de l’accord d’Antananarivo.

Mais pour l'heure, cette série d'arrestations n'a pas eu lieu. Mais par contre, Mohamed Boudouri, le correspondant d'Al Watwan à Anjouan est arrêté par les hommes d'Abeid. Cette information a été confirmée par le journal Al Watwan. L’AUDEC dénonce ce nouveau dérapage des autorités séparatistes et demande la libération immédiate du journaliste emprisonné.

Nous vous proposons deux articles de Mr Boudouri

"Le pouvoir séparatiste hausse le ton"

Par M. BOUDOURI


"Exilez-vous et partez vivre en Grande Comore". Ces propos sont du colonel Abeid, "le président"auto-proclamé d'Anjouan. Il les a adressés à des dirigeants syndicalistes le mardi 27/12 à Hombo, lors d'une réunion qu'il a lui-même convoquée. S'agit-il d'une menace ou d'une intimidation? Les deux à la fois, répondent les Syndicalistes qui ne reviennent pas de leur surprise.

Pour eux c'est un autre Abeid qu'ils ont découvert ce mardi. S'attendant à des discussions constructives entre partenaires, sur les préavis de grèves déposés en novembre par le syndicat des instituteurs et le 21/12 par celui des professeurs, ils ont eu droit à la sévérité de l'autorité d'Abeid. Pour eux les autorités se réfèrent à d'autres méthodes pour répondre à leur attente.(...)

Les syndicats conditionnent la rentrée scolaire du 19/01/2000 à la satisfaction de certaines conditions: paiement des arriérés de salaire, revalorisation de la grille indiciaire, dégel de la carrière et amélioration des conditions de travail.

Dans son préavis, le SNPC souligne: "il y a un an, nous pensions que la conférence d'Antananarivo allait mettre fin à la crise. Aujourd'hui nous constatons amèrement que nous sommes loin de voir le bout du tunnel".

(...)
Actuellement une vingtaine de personnes sont détenus au camps militaire de Sangani pour une affaire, somme toute, banale: la semaine dernière, deux jeunes hommes ont été interpellés par la milice, soupçonnés d'être les auteurs d'inscriptions murales dénonçant la corruption qui gangrène tout Anjouan.

Comme la détention se prolonge, des collègues (une vingtaine au total) se sont rendus le 26/12 au camp et décidèrent de ne plus partir sans la libération de leurs camarades. Consultés, les responsables de l'île auraient donné le feu vert pour qu'on enferme ce beau monde, estimant que le coup de feu entendu la veille à Mutsamudu est à mettre à l'actif de ce groupe. Le mardi matin ils étaient encore en prison.

AUTRE ARICLE DE BOUDOURI SUR LE CHOLERA A ANJOUAN :

La période de stupeur passée, Anjouan se mobilise pour faire face au Choléra.

Les comités de sensibilisation ont repris du service.

Leur mission : informer la population et l’inviter à participer à la prévention. Ils sont soutenus dans leurs actions par CARE international, Initiative de Développement et par le Croissant Rouge Comorien.

Une mission de MSF séjourne actuellement dans l’île pour constater l’ampleur de la maladie et évaluer les besoins. Malgré de nombreux efforts de nouveau cas sont signalés tous les jours.

Le 20/12/99 la direction régionale de la santé avait enregistré 139 cas et 14 décès.

Aux yeux des responsables de la direction régionale de la santé à Anjouan, l’épidémie se repend vite ; et a touché presque toutes les régions de l’île. La préfecture de Sima, jusqu’ici épargnée a en registré 1 cas ( dans le village de Bougoueni) cette semaine.

Dans sa campagne contre l’épidémie, Anjouan part avec un handicap sérieux.

La radio, principal moyen de communication n’est capté que dans la baie de Mutsamudu.

Le reste de l’île, la zone la plus touchée par l’épidémie, demeure une zone d’ombre.

Radio Anjouan ne parle pas de la maladie : Histoire, dit-on, de ne pas paniquer la population

 

LES FEMMES VOILEES A MORONI

Les femmes aux tenues vestimentaires prétendues trop courtes ou trop décolletées sont arrêtées et détenues momentanément par une brigade spéciale d'agents de police féminine des Comores, pays qui applique un islam rigoureux. 

Cette brigade spéciale récemment formée a patrouillé les rues de la capitale (Moroni) cette semaine, n'hésitant pas à embarquer toute femme dont les vêtements étaient jugés trop courts, trop décolletés ou trop moulants. 

"Une fois qu'elles sont conduites à la brigade, nous leur faisons un petit peu la leçon" déclare l'un des agents du Commissariat central de Moroni.

"Nous leur rappelons le comportement que doit adopter toute musulmane pendant le mois sacré de Ramadan. Puis, nous les relâchons en espérant qu'elles ne recommenceront plus".

Il est recommandé aux femmes de faire preuve de pudeur en se voilant le visage et en portant des vêtements longs, plus particulièrement pendant le mois de Ramadan.

Aucune touriste n'aurait encore été détenue dans le cadre de cette campagne, mais impossible de dire si ces règles ne s'appliqueront pas également à elles.

L'Islam est la religion d'État de l'Archipel des Comores, situé dans l'Océan indien. En octobre dernier un homme qui avait été trouvé en possession de cassettes vidéo sur la vie du Christ a été condamné à 10 mois de prison.

La nouvelle campagne vise également toute personne en état d'ébriété, délit passible d'une peine de prison dans ces îles officiellement anti-alcool.

REUTERS – 29/12/99-

 

COTE D'IVOIRE: LES MILITAIRES ONT DU MAL A JOUER LES ARBITRES.

Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI), premier parti de l'opposition au président déchu Henri Konan Bédié, a provoqué, mardi, un clash dans la transition, en refusant de participer au gouvernement de la junte, noyauté selon lui par le parti de son principal rival.

Trois heures après l'annonce de la composition du cabinet de transition par le Comité national de salut public (CNSP), la junte du général Robert Gueï au pouvoir depuis le renversement le 24 décembre de M. Bédié, M. Gbagbo a annoncé qu'il "retirait (ses) ministres" de ce qu'il a qualifié de "gouvernement RDR".

Le Rassemblement des Républicains (RDR) est le parti de l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara. MM. Gbagbo et Ouattara sont les deux principaux rivaux pour la prochaine présidentielle que la junte a promis d'organiser.

"Si c'est un coup d'Etat RDR, qu'on nous le dise", a déclaré M. Gbagbo à propos du putsch militaire, en accusant nommément les généraux Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly, numéros 2 et 3 de la junte, "d'être RDR". Ces officiers sont originaires du nord musulman, comme M. Ouattara, et le général Palenfo, nommé ministre de la Sécurité dans le gouvernement de transition, avait occupé ce poste quand Ouattara était Premier ministre du président Félix Houphouët Boigny de 1990 à 1993.

"Nous avons cru que le général Gueï était un militaire qui voulait s'entourer de toutes les forces démocratiques pour les aider à aller de l'avant et aboutir à sortir de cette transition pour aboutir à la démocratie," a affirmé M. Gbagbo. "Après plusieurs jours de tractations, nous nous rendons compte qu'il s'agit d'un gouvernement du RDR", a-t-il poursuivi.

"Le jour où nous formerons notre gouvernement ce sera à la suite d'une victoire électorale. Le RDR forme son gouvernement maintenant, nous n'allons pas l'accompagner", a-t-il lancé en refusant de "servir de faire-valoir".

Rappelant que le FPI avait obtenu 24% des voix aux législatives de 1995 contre 11% au RDR, il a affirmé avoir accepté comme "sacrifice" que les deux partis disposent du même nombre de ministres dans le gouvernement de transition.

Or, selon lui, au moins sept des vingt et un ministres désignés par la junte sont membres ou proches du RDR, dont le ministre de l'Intérieur, un militaire nommé à ce poste pour, selon la junte, servir d'arbitre dans la préparation des élections.

Il a indiqué avoir averti le général Gueï de sa décision, affirmant que le nouvel homme fort du pays lui avait répondu de "venir le voir". Il n'a pas voulu préciser s'il se rendrait à cette invitation. Il a souligné que le FPI restait toutefois "prêt à discuter, à parler, pour mettre en place des institutions démocratiques" comme promis par la junte.

Que ça soit en Côte d’Ivoire ou aux Comores, les militaires ont du mal à gérer la transition. Le général Guei vient de déclarer qu’il n’écarte pas la possibilité d’être candidat aux futures élections présidentielles. Ca pourrait donner des idées à un certain Azali qui fait tout pour jouer les prolongations.

 

MESURES D'EFFACEMENT DES DETTES FISCALES.

Pour soulager les personnes les plus démunies, le gouvernement français a décidé de compléter la mesure d'effacement des dettes fiscales en faveur des chômeurs sur endettés par une mesure analogue en faveur des personnes en situation de grande difficulté sociale. Elles ont été prises dans le cadre de la loi contre l'exclusion votée par le parlement en 1998.

Les personnes concernées

L'effacement des dettes fiscales est une mesure exceptionnelle de solidarité. Peuvent en bénéficier les membres: dont un membre a perdu son emploi qui font l'objet d'une procédure devant la commission de surendettement parvenue à la conclusion d'un plan de règlement ou d'un moratoire dont la dette fiscale ne résulte pas d'irrégularités fiscales graves et qui ne sont pas propriétaires de biens autres que leur habitation principale.

Le gouvernement français a décidé d'étendre le bénéfice de la mesure d'effacement des dettes fiscales envers les personnes dont la grande difficulté sociale est attestée par l'un des organismes instruisant les demandes d'aides financières relevant des fonds d'urgence ( fonds de solidarité logement, fonds d'aide aux jeunes, fonds pour les impayés d'énergie, aides financières des caisses d'allocations familiales, aides alimentaires, aides financières des conseils généraux, aides financières des communes et aides émanant d'autres entités). Il s'agit des personnes ayant bénéficié d'une aide d'urgence au cours des derniers mois. La liste des organismes habilités à instruire les dossiers sont les suivants:

Le service social du Conseil Général

La caisse d'allocations familiales

Le CCAS ( Centre Communal d'Actions Sociales)

L'Agence Départementale d'Insertion

Les missions locales

La Croix Rouge

Le Secours Catholique

La Boutique Solidarité ( Fondation Abbé Pierre)

 

Les dettes concernées

Il s'agit des impôts suivants:

 

Impôt sur le revenu

Taxe d'habitation

Taxe foncière

La redevance audiovisuelle

Instruction des demandes

S'agissant des chômeurs sur endettés, ils doivent déposer leur demande auprès du centre des impôts de leur domicile ou de leur percepteur. Ils doivent parallèlement déposer un dossier auprès de la commission de surendettement. Elles existent dans chaque département. Dès qu'elles sont saisies, elles tentent d'établir d'établir un plan de règlement soit par accord amiable entre le demandeur et ses créanciers, soit par décision du juge de l'exécution qui se trouve devant le Tribunal de Grande Instance.

Si le surendettement est tel qu'aucun plan de règlement n'est envisageable, un moratoire peut être décidé et imposé aux créanciers.

S'agissant des personnes en situation de grande difficulté sociale, les demandes d'effacement des dettes fiscales doivent être adressées par les organismes sociaux à la Trésorerie Générale de chaque département.

Il s'agit d'une mesure très originale qui peut soulager les familles ayant des difficultés à s'acquitter de leurs dettes fiscales. Mais attention: dans les deux procédures évoquées ci-dessus, les demandes doivent être déposées avant le 31 janvier 2000.

 

LE BOGUE DE L'AN 2000

Le bogue n'est pas un mythe. C'est une réalité à laquelle de nombreuses entreprises et administrations, ainsi que certains particuliers, ont été confrontés et vont l'être jusqu'au mois de Février 2000.

Le bogue, c'est le risque potentiel que le matériel, les logiciels et les applications connaissent des troubles de fonctionnement à l'occasion du passage à l'an 2000. Pourquoi? Parce que certains systèmes électroniques programmables ne seront pas capables de mémoriser ou de bien traiter des dates postérieures à l'année 1999. En effet, pour des raisons d'économie de mémoire dans les ordinateurs et donc de coût, les constructeurs de matériels et de logiciels informatiques, ainsi que les informaticiens ont pris l'habitude, dans les débuts de l'informatique, de coder la date sous le format JJ.MM.AA, c'est à dire sur 6 chiffres: deux pour le jour, deux pour le mois, et deux pour l'année. Ainsi, le 31 décembre 1999 est encore souvent codée 31;12;99, les deux premiers chiffres de l'année (19) étant implicites. Dans la même logique, le 1er janvier 2000 sera codé 01.01.00, mais ces deux derniers chiffres risquent alors d'être interprétés comme étant l'an 1900.Tout le problème de l'an 2000 réside dans cette erreur possible d'interprétation.

Finalement plus de peur que de mal. Le passage à l'an 2000 s'est bien passé. Il n'est pas exclu cependant que des anomalies apparaissent d'ici la fin du mois de Février 2000.

Les pays ont dépensé des sommes colossales pour se prémunir du fameux bogue. Ainsi, la France a dépensé 120 milliards de francs français. Pan sur le Bogue!!!

 

NOS BREVES

Arrestation du journaliste Boudouri

Le journaliste Mohamed Boudouri a été arrêté le 3 janvier par les autorités séparatistes de l’île d’Anjouan. Boudouri est le correspondant permanent de Al-Watwan, le journal de l’Etat. On reproche au journaliste d’avoir reproduit des menaces des enseignants qui réclamaient le versement de leurs impayés de salaires, la revalorisation de la grille indiciaire, l’amélioration de leurs conditions de travail, etc.

Les enseignants ont menacé de boycotter la rentrée scolaire du 19 janvier prochain si leurs revendications n’étaient pas satisfaites. Le 27 décembre dernier, en guise de réponse, le chef séparatiste de l’île, le lieutenant-colonel Said Abeid a menacé les syndicalistes de vouloir fomenter des troubles et les a invité à "s’exiler et à aller vivre à la Gde-Comore " s’ils voulaient continuer à revendiquer de la sorte.

Encore un referendum pour rien à Anjouan :

Le leadership indépendantiste envisage d'organiser le 23 courant un référendum sur l'Accord de Paix d'Antananarivo. Selon son entourage, le Colonel Abeid devrait annoncer officiellement la date dudit référendum lors de son discours, le jour de l'Ide. Par ailleurs, le groupe d'experts ( militaires, diplomates, juristes, économistes etc... ) prévu par la réunion ministérielle des pays de la Région et la Troïka de l'OUA du mois dernier à Pretoria doit se réunir le 17 et 18 de ce mois à Addis Abeba. Ce groupe est censé examiner dans le détail les sanctions qui seraient éventuellement imposées aux indépendantistes anjouannais à l'expiration de l'ultimatum du 1er février. Quant aux ambassadeurs de l'Organe Central de l'OUA, ils doivent se réunir le 19 à Addis Abeba pour entériner les sanctions à mettre en oeuvre.

Mesures de représailles à l’encontre de certains fonctionnaires :

Le mercredi 5 janvier 2000, un certain nombre de fonctionnaires se sont vus refuser le paiement de leurs salaires à Mutsamudu –Anjouan-. Après avoir menacé les représentants des syndicats d’enseignants de les expulser, voilà que le pouvoir séparatiste a choisi la saisie sur salaires pour faire pression sur les enseignants. Il s’agit d’une mesure discriminatoire et dangereuse. La dérive totalitaire du pouvoir séparatiste anjouanais n’est plus à démontrer. Nous appelons tous les démocratiques à se rassembler pour faire barrage à la dictature.

La Banque Mondiale félicite la gestion d’Azali.

Le régime militaire des Comores a été félicité par la Banque mondiale pour certaines des réformes mises en oeuvre depuis sa prise de pouvoir l'année dernière.

Dans une lettre adressée au Colonel Azali Assoumani, homme fort du pays, la Banque mondiale exprime son "plaisir de constater les progrès accomplis récemment par votre pays dans les domaines économique et financier".

Dans cette lettre, le vice-président de la Division Afrique de la Banque mondiale déclare : "Soyez assurés de notre disponibilité à soutenir vos efforts de réconciliation nationale durable dans un avenir proche et de reconstruction sociale et économique de votre pays".

Depuis son accession au pouvoir à la suite d'un coup d'État en avril dernier, le Colonel Assoumani a comprimé les effectifs de la fonction publique et les salaires des hauts fonctionnaires,  réduisant la masse salariale globale de 24 % environ..

Les compressions dans le secteur public constituent une exigence clé des bailleurs de fonds. Le coup d'État survenu dans l'Archipel des Comores, situé dans l'Océan Indien, a été condamné par la communauté internationale, mais le Colonel Assoumani a promis de quitter le pouvoir dès qu'il aura fait le ménage dans l'administration publique et réalisé les réformes nécessaires.

Le Premier Ministre Bianrifi Tarmidi déclarait récemment à Reuters : ''En quittant le pouvoir, nous voulons avoir la conscience tranquille d'avoir fait quelque chose de bon pour le pays."

Prochain Statut de Mayotte

Comme Jean Jack QUERANNE l'avait annoncé au mois de décembre 1999, les 16 communes de Mayotte ont été consultées sur le prochain statut de Mayotte. Quinze communes sur seize ont approuvé le projet gouvernemental d'ériger Mayotte en collectivité départementale. Une commune proche du sénateur Marcel Henry a émis un avis défavorable. La consultation annoncée par le gouvernement français avant la tenue du référendum qui doit avoir lieu au cours de ce premier trimestre suit son cours sans que cela suscite la moindre réaction du gouvernement comorien ou des partis politiques comoriens. Ont-ils décidé de classer l'affaire de Mayotte dans les oubliettes de l'histoire ?

Les putschistes de Moroni soutiennent les amis ivoiriens :

Les militaires ivoiriens, qui ont pris le pouvoir par un coup d'Etat, ont peut-être évité une "guerre civile", a déclaré le ministre des Affaires étrangères des Comores, Souef Mohamed El-Amine, lui-même membre d'un gouvernement issu d'un putsch militaire.

"Les coups d'Etat, même s'ils sont condamnables, peuvent dans certaines situations prévenir des désastres et éviter à la population des situations d'anarchie et d'insécurité", a déclaré le ministre, dans une déclaration transmise vendredi par fax à l'AFP à Nairobi.

Selon lui, "l'essentiel est de consulter rapidement les électeurs pour un retour à l'ordre constitutionnel".

"La situation en Côte d'Ivoire était bloquée, une guerre civile n'était pas à exclure", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie comorienne a appelé la classe politique comorienne à prendre exemple sur la classe politique ivoirienne, dont il a loué la "maturité".

Un coup d'Etat militaire, mené par le général Robert Gueï, a renversé le 24 décembre le régime du président ivoirien Henri Conan Bedié.

Le 30 avril 1999, le colonel Azali Assoumani, chef d'état-major de l'armée, avait pris le pouvoir à Moroni, renversant le président par interim Tadjidine Ben Saïd Massounde

Qui se rassemble s’assemble !

L’OUA dénonce la répression à Anjouan :

La soixante deuxième session de l’organe central de l’OUA a tenu une cession le 27/12/99 pour examiner la situation en République de Côte d’Ivoire après le coup d’Etat.

Concernant les Comores l’organe central a exprimé à juste titre " sa profonde préoccupation devant le rapport faisant état d’intimidation dirigés contre ceux qui, à Anjouan, sont en faveur de la signature de l’accord d’Antananarivo " La réunion d’Addis Abeba a également approuvé les autres mesures envisagées à Pretoria concernant " le retour rapide à l’ordre constitutionnel aux Comores ".

Limogeages des hauts fonctionnaires originaires d’Anjouan :

Selon la lettre de l’océan indien du 4/9/99 " plusieurs hauts fonctionnaires originaires d’Anjouan ont été limogés de leur fonction à Moroni, parmi lesquels le secrétaire général de la Fonction publique, Ahmed MAHAMOUD , le directeur général des finances, Mohamed Yahaya et le directeur de l’ONICOR (structure qui gère la distribution du riz), Abdoul Hamid Affraitane ". Qui disait qu’Azali est l’allié principal du pouvoir séparatiste anjouanais.

 

Toute l'équipe de la Rédaction de COMORES INFOS souhaite à l'ensemble de nos compatriotes des 4 îles une bonne fête de l'Ide après ce mois de jeûne, de prières et de méditation. Bonne Fête à tous et à toutes!!!

 

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