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EDITORIAL : LA DEBANDADE DES SEPARATISTES ANJOUANAIS

Le référendum-bidon des séparatistes anjouannais se déroule dans une atmosphère d'indifférence générale. Le mensonge du discours séparatiste ne fait plus recette. Les signes de défiance envers les autorités séparatistes se multiplient. Les chefs séparatistes ont été hués lors d'un meeting tenu à Moya. Par ailleurs le meeting prévu par les autorités séparatistes à Mutsamudu n’a pas pu se tenir suite à l’intervention des jeunes qui s’est dit résolu de perturber le referendum. Selon de nombreuses estimations, la population va largement bouder ce scrutin inutile. On estime que l'abstention va atteindre des taux records à Mutsamudu et dans plusieurs autres villes comme Sima et Moya. En effet, la majorité de la population qui réside dans la capitale est favorable à la signature de l'Accord d'Antananarivo.

En organisant cette mascarade électorale, les chefs séparatistes sont en train de perdre leur pari fou. Pris de panique, ils ont déclenché une vaste campagne de terreur afin d'intimider leurs opposants dont le nombre ne cesse de croître.. C'est ainsi qu'à Tntsébéhou où s'est tenu un meeting organisé par Takiddine Salim, Abdallah Mohamed n'y est pas allé de main morte; il a ordonné publiquement aux milices surnommées "embargos" de réprimer les partisans de l'Accord d'Antananarivo. Drôle de campagne électorale!

Il convient, par ailleurs, de signaler, que le dimanche 16 Janvier 2000, un cadre du Front Démocratique (FD) dans la région de Nyumakele, MOUSSA HOUMADI, un enseignement bien apprécié dans la région a été lâchement tabassé par la milice du Colonel ABEID, la tristement célèbre CIR ( Compagnie d'Intervention Rapide). On le soupçonne de faire campagne contre le référendum. Selon des informations parvenues par différents canaux à notre journal, le mécontentement grandit à Nyumakélé, la région la plus peuplée d'Anjouan. Les habitants de cette région commencent à se rendre compte qu'ils ont été bernés par les chefs séparatistes. En cas d'élections réellement libres et démocratiques, le oui l'emporterait dans cette région.

A Ouani, une station de radio locale a été fermée sur ordre du Préfet, un partisan d'Abdallah Mohamed, car elle synchronisait les informations de la Radio Comores.

Face à cette chute vertigineuse, plusieurs chefs séparatistes ont décidé de quitter le mouvement pendant qu'il est encore temps. Plusieurs fondateurs de l'Association franco-anjouannaise ont décidé de se retirer. Par ailleurs, un des principaux représentants du mouvement séparatiste à Mayotte, en l'occurrence Saiffoudine Inzouddine, a décidé de claquer la porte après avoir tenté vainement de persuader le Colonel ABEID de convoquer toutes les forces politiques afin de trouver une solution de règlement pacifique de la crise actuelle. Aujourd'hui, il ne mâche pas ses mots à l'endroit du Colonel l'accusant de faire fausse route car le pouvoir lui a pris la tête. Bientôt, les chefs extrémistes du mouvement séparatiste, DR ZAIDOU, le Colonel ABEID, Abdallah MOHAMED, Saindou CHEIKH et BA GOULAM vont se retrouver tous seuls dans leur bateau ivre qui est en train de sombrer dans les eaux profondes.

Nous appelons de tous nos vœux à un large rassemblement des forces démocratiques et de tous les hommes de bonne volonté afin d'imposer rapidement la fin de l'expérience tragique du mouvement séparatiste et d'ouvrir une nouvelle page dans l'histoire des Comores qui permettra sa réunification, l'instauration d'un climat de paix et de stabilité, condition sine qua non pour un développement économique et social durable de ces îles.

LA REDACTION

 

LE COLONEL AZALI BROUILLE LES CARTES

Par Aboubacar M’CHANGAMA

Le colonel Azali Assoumani continue à brouiller la piste dans laquelle il a dit avoir engagé les Comores depuis le 30 avril 1999 jusqu’à la victoire… siempre. Du coup il ne parle plus, mais alors plus du tout des engagements qu’il avait pris dans son fameux échéancier monté comme une horloge suisse qu’il avait mis en place après son putsch, et qui devait normalement s’achever le 14 avril prochain; date qui, dans son calendrier, correspond au retour du pouvoir aux civils et à celui des militaires dans leurs casernes.

Le premier jour de son putsch, le colonel Azali avait assuré qu’il n’avait nullement " l’ambition de s’éterniser aux commandes de l’Etat ". A notre confrère " Le Quotidien " de la Réunion du 2 août 1999, il avait déclaré qu’il " n’entend pas jouer les prolongations ", comprendre aller au-delà de la date du 14 avril 2000… Mais depuis quelques temps,, il semble qu’une rallonge de sa présence à Beit-Salam n’est pas pour le déplaire. D’autant qu’il ne voit personne à son horizon ayant les qualités requises pour le succéder. Pas étonnant dans ces conditions qu’il continue à s’auto convaincre que la population entière des Comores l’approuve, se trouve de son côté et le soutient fermement dans ses actions même les plus insensées. La population l’aime bien dit-il. Sur cette position il n’en démord pas. " Une bonne partie de la population comorienne est derrière moi " a-t-il dit-il y a plusieurs mois déjà. Il vient de le répéter encore il y a à peine quelques jours.

Le meilleur c’est lui ou celui qu’il approuvera. Il dit que le bilan de huit mois de pouvoir militaire est bon même s’il est dangereux pour l’avenir. Pour l’instant, il s’attache à dire à la population de ne pas voter aucun des ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Azali joue de la duplicité. " J’entends rappeler… que je ne suis candidat à aucun mandat, et plus vite les élections seront organisées, plus vite je rejoindrai les casernes ". Le 23 novembre1999, au cours de ce que la presse d’Etat avait appelée "une grande réunion de concertation " avec les partis politiques, le colonel Azali avouait pourtant éprouver des sérieuses difficultés à conduire la transition qu’il s’était fixé, et qu’il avait échoué sur la question de la crise séparatiste anjouanaise.

 

SOLIDARITE AVEC NOTRE CONFRERE MOHAMED AHMED CHAMANGA

Nous venons d'apprendre que le procès en appel qui oppose le journal MASIWA à travers son Directeur de publications Mohamed Ahmed-Chamanga et l'Association franco-anjouanaise se déroule le jeudi 20 janvier 2000 au Palais de Justice de Paris

- Cour d'appel -à 13 h 30.

Le Directeur de MASIWA est accusé d'avoir tenu des propos injurieux à l'encontre des responsables séparatistes. A l'origine, un article du journal MASIWA avait qualifié le DR ZAIDOU, toujours lui, de "racaille" à la merci de l'extrême droite française. Ses détracteurs sont aujourd'hui en pleine déconfiture. L'ironie du sort est que même Mohamed Choudjaiddine, le Président de cette association franco-anjouanaise, s'est retiré de ce groupuscule.

La Rédaction de COMORES-INFOS tient à manifester sa solidarité active avec notre confrère qui est poursuivi de manière injuste par les exécutants du DR ZAIDOU. C'est tout à son honneur que d'avoir pris position contre le séparatisme et dénoncé ces conséquences pernicieuses pour notre pays. L'histoire lui a donné raison. Au bout de deux ans et demi de règne, les séparatistes ont plongé l'île d'Anjouan dans une situation chaotique.

 

PROCHAIN REFERENDUM SUR MAYOTTE

Lors de la cérémonie des vœux du 18 janvier 2000, M. Jean Jacques Queyranne, Secrétaire d'Etat des DOM- TOM a relevé qu'après avoir fait le choix, il y a 25 ans, de rester dans la République française, Mayotte vit toujours sous le régime d'un statut provisoire. Mr Queryanne signera en présence des représentants du MPM, du RPR et du PS maorais le document concernant le futur statut de Mayotte le jeudi 27 janvier 2000 à la rue Odino à Paris.

Le Conseil Général et des conseils municipaux qui ont été consultés récemment ont émis un avis favorable au projet gouvernemental.

Le Secrétaire d'Etat a signalé qu'il signera cet accord la semaine prochaine avec les élus mahorais . Un projet de loi visant à organiser la consultation de la population sur cet accord sera présenté au conseil des ministres dans la première quinzaine de février 2000.

Il a déclaré que les mahorais seront consultés d'ici l’été prochain. Si le statut est approuvé par la population, M. QUERANNE a indiqué que le statut de collectivité départementale sera inscrit dans une loi ultérieure qui permettra d'adopter à Mayotte une organisation juridique économique et sociale qui se rapprochera le plus possible du droit commun tout en étant adaptée à l'évolution de la société mahoraise.

La préparation de ce référendum appelle quelques commentaires.

Les socialistes français avaient pris position au moment de l'accession des Comores à l'indépendance pour un retour de Mayotte dans l'ensemble comorien. Cela était clairement dans les propositions du candidat du PS lors des élections présidentielles de 1981.Le Président François MITERRAND lors de son voyage aux Comores en 1990 avait déclaré que la loi séparant Mayotte des Comores est une loi injuste. On constate aujourd'hui avec amertume que sur cette question, le Parti Socialiste Français vient de renier complètement ses engagements.

Il convient de relever que cette affaire de Mayotte fait partie des principales motivations ayant poussé le Président Ahmed ABDALLAH à déclarer unilatéralement de l'indépendance; elle a occupé pendant de longues années la préoccupation majeure de la diplomatie comorienne. Pourquoi le Colonel AZALI se tait sur une question aussi cruciale concernant l'avenir des Comores ?

Penchons-nous enfin sur le rapport entre l'affaire de Mayotte et la persistance de la crise séparatiste. Suite à un entretien avec un émissaire du Colonel AZALI, le Colonel ABEID a déclaré qu'il est un envoyé de la France dans cette histoire d'Anjouan. Il pense avoir toutes les garanties et reste convaincu que la France ne le lâchera pas. La vérité c'est que la France s'est servie de lui pour déstabiliser les Comores dans le cadre de la préparation du référendum de Mayotte. L'objectif étant pratiquement atteint, elle peut le jeter comme un citron qu'on a pressé. Malgré l'expulsion de sa délégation dans des conditions humiliantes par le Préfet de Mayotte, le Colonel ABEID continue à croire naïvement qu'il a toujours le soutien de Paris.

 

LES SALAIRES JUTEUX DES CHEFS SEPARATISTES

Comme nous l'avons déjà évoqué dans nos précédents numéros (N°3 et 4), le refus des chefs séparatistes de signer l'Accord d'Antananarivo est principalement motivé selon les syndicats des enseignants et la Fédération Anjouanaise des Droits de l'Homme, par un enrichissement sans vergogne de leur part. Nous allons illustrer les propos des organisations de la société civile anjouanaise par quelques exemples concrets.

Le Colonel ABEID perçoit un salaire de 1,5 Millions de Francs CFA soit l'équivalent de 20 000 Francs Français. Il touche le double du salaire du Colonel Azali qui s'élève à 700 000 Francs CFA.

Quand à Abdallah Mohamed, l'un des bras droits du Colonel ABEID, il fait la pluie et le bon temps. Il a refusé l'autorisation d'entrer dans l'île de deux anjouanais voulant rentrer chez eux pour célébrer le mariage de leur petite sœur. Il circule avec des gardes corps. Sa femme ne travaille pas mais perçoit chaque mois de la société Hydrocarbure 300 0000 Francs CFA, et réclame deux années et demi de salaires au niveau de la Douane.

Ces chefs séparatistes n'ont pas froid aux yeux quand ils osent encore proclamer qu'ils défendent "les intérêts de la population anjouanaise". Comme vous pouvez le constater, il n’y a que ceux qui profitent du système de la mafia qui ne souhaitent pas une solution à la crise actuelle. Messieurs les séparatistes, vous aurez tôt ou tard des comptes à rendre à la nation comorienne.

 

L’OUA VA CONDAMNER LE REFERENDUM SUR L’ILE SEPARATISTE D’ANJOUAN

L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) va condamner le référendum organisé dimanche 23 janvier par les séparatistes comoriens de l'île d'Anjouan, a-t-on appris mercredi soir à Addis Abeba auprès de sources diplomatiques africaines.

"C'est une question de temps mais comme par le passé, l'OUA va condamner sous peu l'organisation de ce référendum et de toutes les façons, il sera considéré comme nul et non avenu", ont déclaré à l'AFP ces diplomates africains ayant requis l'anonymat.

Un comité de l'OUA comprenant des experts, des diplomates et des militaires s'est réuni à Addis Abeba lundi et mardi pour examiner la situation de l'île séparatiste.

Les Anjouanais sont appelés dimanche à répondre à la question: "voulez-vous signer l'accord d'Antananarivo" accepté en avril 99 par les représentants des deux autres îles comoriennes, Grande Comores et Mohéli.

Anjouan avait déclaré unilatéralement son indépendance en août 1997 de la République Fédérative Islamique des Comores (RFIC).

Le 21 décembre, l'OUA et une dizaine de pays africains réunis à Pretoria avaient sommé les autorités séparatistes anjouanaises de signer, d'ici au 1er février 2000, l'accord d'Antananarivo élaboré en avril dernier et prévoyant d'établir une Union des îles Comores tout en ménageant une large autonomie pour chacune d'elles.

"L'OUA et les pays de la région souhaitent vivement que les éléments anjouanais signent cet accord, seule base viable pour une solution négociée"au sein de l'archipel des Comores, ont réaffirmé ces mêmes sources.

 

QUESTIONS DE FARID IPVESI A ANJOUAN 2000

Voici les questions pertinentes que notre ami Farid, a posé à la boîte aux lettres qu’est Anjouan2000 –sise à Saint-Denis La Réunion-. Mais en l’absence du fameux Dr, le planton de service n’a pas su répondre. Il attend le retour de son chef, et à défaut, il a publié la lettre -tract diffusé à Mutsamudu, car maintenant les chefs séparatistes ont peur du peuple- de menace que son chef diffuse en se cachant sous le nom de l’association franco-anjouanaise de France. En fin de compte à Anjouan aujourd’hui, le séparatisme est devenu une affaire de famille pour ne pas dire une affaire des sous. Nous espérons qu’à son retour le médecin pas comme les autres se donnera la peine d’intervenir sur un sujet brûlant qu’est le choléra à Anjouan.

Bonne lecture

Exprimez plutôt votre point de vue. Que va rapporter ce référendum à l'île d'Anjouan en général et à votre mouvement séparatiste en particulier? Votre leader ne croit-il pas qu'il s'est suffisamment ridiculisé? A-t-il besoin d'autres parades pour s'enfoncer encore davantage? Ne voit-il pas qu'il est devenu la risée de tout le monde? 

En fait dites-nous plutôt une chose!

Que pensez-vous de l'arrestation de Boudouri? Comment avez-vous réagi en lisant cet article où on reprenait les termes d'Abeid qui poussait à l'exil des syndicalistes qui n'ont rien fait de mal que d'exiger leur dû; qui n'ont demandé qu'un minimum de conditions de travail?

Que dites-vous de cette force arbitraire qui s'entête à mettre en prison des jeunes sous le seul chef d'inculpation de gratter quelques mots exprimant leurs maux quotidiens?

Nous vous remercions d'avoir repris cet article du JIR où, encore une fois, le pouvoir séparatiste est montré du doigt mais nous vous serions obligé d'analyser celui que nous avons reproduit la semaine dernière écrit, sur place à Anjouan, par Boudouri et qui montre la brutalité du pouvoir séparatiste. Qu'est-ce-que vous en pensez? Ne vous cachez pas! Ne soyez pas de mauvaise foi! Exprimez votre opinion sur le sujet!

Qu'est-ce-que c'est que cette politique de l'autruche?

Pourquoi vous cachez-vous quand on vous interpelle,

Que dis-je? Quand l'actualité vous interpelle?(vous c'est Anjouan 2000, Vallée et ceux de leur tendance)

Avez-vous peur de la réalité? Quand quelqu'un essaie de rapporter quelque chose qui se serait déroulé à Anjouan, vous êtes prompts à dire qu'il ment. Nous avons fait exprès de vous exposer la réalité brute, sans commentaire. Mais vous ne daignez pas en dire un mot. De quoi ou de qui avez-vous peur?

 

MÉDECINS DU MONDE à ANJOUAN Où S'EST DÉCLARée UNE ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA

Sébastien Louis et Marcel Lacaze, respectivement technicien sanitaire spécialisé en contamination hydrique et infirmier anesthésiste, de retour d'une première mission de sensibilisation dans l'île comorienne avec Médecins du Monde ont déclare:. "L'important n'est pas de savoir combien de personnes ont déjà été victimes de cette épidémie qui fait se déshydrater jusqu'à la mort en 48 heures.

L'urgence est de déterminer la source de chaque nouveau cas qui est détecté, pour prendre les mesures d'hygiène nécessaires et informer la population environnante. Il faut absolument limiter les risques de contamination".

Le premier cas de choléra est apparu dans le district de Ouani, le 11 novembre dernier. L'homme n'avait pas été hospitalisé et son cas est donc resté inaperçu. Près d'une semaine plus tard, le 17 novembre, un malade est recensé au centre de santé de Ouani. La recherche de vibrion en laboratoire est positive le 22 novembre.

Dès le lendemain, les mesures d'hygiène et de chloration d'eau commençaient à Ouani. "Pour l'instant, les districts de Domoni et de Tsembehou sont les plus touchés, explique-t-on à Médecins du Monde.

"De nouveaux cas sont apparus à Mutsamudu, la capitale et s'il n'y a pas encore de déclaration d'épidémie, nous craignons une recrudescence du nombre de victimes". Saison des pluies, eau non chlorée, points d'eau non protégés, système d'adduction de l'eau défectueux, prise de repas communautaire, vente de légumes et de produits frais en provenance des régions contaminées, absence de latrines dans les lieux publics, manque d'hygiène, le tout réuni auprès d'une population mouvante qui connaît mal les risques de maladie, les facteurs de risques s'additionnent en effet dangereusement à Anjouan.

Sans aucune aide institutionnelle, Médecins du Monde peut, pour l'instant, assurer une intervention efficace sur 3 mois, à hauteur de 180 000 francs.

Une somme modeste, qui permet néanmoins à l'ONG française d'équiper deux postes de santé en médicaments pour la prise en charge du choléra et en matériel de désinfection, de développer un programme d'information, d'éducation et de communication (IEC), de rénover le système d'adduction d'eau de Mutsamudu et de Mirontsi et d'aider à l'amélioration des protections de captage de source d'eau. Pour assurer la prévention sur le long terme, Médecins du Monde forme des techniciens à la chloration de réservoirs dans tout le district et sensibilise les populations à l'enlèvement des déchets dans les canaux, les cours d'eau et les plages. "Trois mois d'actions risquent de ne pas suffire, un an serait plus efficace".

Le choléra, présent dans la Grande Comore depuis deux ans s'étend donc sur la zone.

Déclaré à Madagascar en mars dernier, il a déjà "officiellement" tué 600 personnes, "mais la situation réelle est impossible à chiffrer sur un territoire si étendu dans l'état des moyens de communication", précise Médecins du Monde. Tananarive n'est plus épargnée. Les autorités malgaches y déclaraient hier 19 morts depuis le début de l'année.

 

COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES ANJOUANAIS DE LA REUNION

NON AU "REFERENDUM" D'ABEID

"Chaque fois qu'ils concluent un pacte, plusieurs d'entre eux le rejettent : le plus grand nombre d'entre eux ne croit pas. ( Coran, S2 - V100) 

La décision prise par les chefs séparatistes anjouanais d'organiser un "référendum " est grave de conséquences.

Nous rappelons que :

Abdallah IBRAHIM, ancien chef séparatiste (qui n'est pas un enfant de choeur) avait déclaré dans sa lettre adressée à Didier RATSIRAKA, Président de la République malgache, à la veille de la conférence comorienne inter-îles d'Antananarivo"la solution qui sera entérinée par les parties prenantes et garantie par la Communauté Internationale sera le remède de tous nos maux."

Docteur Ahmed ZAIDOU, porte-parole de la délégation anjouanaise à Antananarivo déclarait que "la signature des anjouanais est seulement reportée, c'est un report de signature avant l'explication aux anjouanais."

Said ABEID, le nouveau chef séparatiste anjouanais confiait à Al-WATWAN(N° 575, du 23 juin au 1er juillet 1999) "j'étais d'accord au départ pour signer cet accord. Un discour a été fait par Docteur ZAIDOU qui stipulait qu'il demandait un report de signature. Moi, je me base sur cette phrase. Il fallait d'abord venir expliquer le contenu à la population. Lorsqu'on aura pris une position commune notamment avec le responsable de la délégation... Abdallah MOHAMED je pense que la décision sera arrêtée et le document sera signé avec les usages qui se doivent."

Mohamed NAFION, chargé du suivi de l'Accord d'Antananarivo assurait les Anjouanais et la Communauté Internationale dans ces termes"Maintenant Anjouan est disposée à signer cet accord, prenant ainsi compte des contre propositions faîtes et les réserves émises à Antananarivo." (AL-WATWAN N° 576 du 9 au 15 juillet 1999).

Nous constatons que dans toutes ces déclarations les chefs séparatistes anjouanais n'ont jamais songé à l'organisation

d'un référendum sur l'Accord d'Antananarivo.

Aujourd'hui que les Anjouanais attendent de chefs séparatistes la signature de ce document avant le 1er février 2000, cette poignée de dictateurs ayant pris la population anjouanaise en otage a emprunté encore une fois la voie du ridicule en voulant organiser en cantimini un "référendum" sans aucune valeur juridique.

Reconnaissons que les séparatistes sont devenus maitres dans l'art d'organiser des scrutins sans la participations de la population, sans campagne ni contrôle. Ils en sont à leur quatrième mascarade.

Nous leur rappelons qu'aucune disposition de l'Accord d'Antananarivo ne prévoit un éventuel référendum à Anjouan relatif à ce document cadre. D'autant plus que les membres de la délégation anjouanaise ont pris part à tous les travaux et à la rédaction de ce dit accord. 

Nous condamnons ce "référendum", une autre tentative visant à légitimer le ridicule et l'inconséquence et défier encore une fois la Communauté Internationale.

Nous appelons les anjouanais à s'opposer à la logique suicidaire des séparatistes et exiger la signature de l'Accord d'Antananarivo avant la date butoire du 1er février 2000 afin d'éviter une nouvelle guerre civile que les chefs séparatistes sont en train d'organiser avec le cynisme et l'inconscience qui les caractérisent.

Nous demandons à l'OUA et à la Communauté Internationale d'honorer l'engagement pris à Pretoria afin de neutraliser les chefs séparatistes anjouanais, faire respecter l'ordre et assurer la paix à Anjouan, aux Comores et dans toute la région.

 

LE BUREAU EXECUTIF DU COLLECTIF DES ANJOUANAIS DE LA REUNION

 

PRISE DE POSITION DE L’OUA

Vous trouverez ci-dessous un extrait d'une interview de Vijay Makhan (SG-Adjoint de l'OUA) publié dans "le Mauricien" du 5/01/2000.

(...) Vijay Makhan, secrétaire général adjoint de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), s'est donné une mission bien spécifique sur le continent africain. Reconduit à ses fonctions pour un nouveau mandat de quatre ans et avec les mêmes responsabilités, à savoir le développement, la coopération et l'intégration économiques, il a saisi l'occasion du Sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle pour faire comprendre aux autres major players qu'il faudra désormais compter sur la voix collective de l'Afrique et que le continent noir pèsera de tout son poids dans les décisions susceptibles de remodeler la face économique du monde. Commentant les prises de position de Maurice à Seattle, le secrétaire général adjoint de l'OUA soutient que tout en sauvegardant ses intérêts nationaux, le pays a apprécié à sa juste valeur les enjeux sous-régionaux et continentaux. (...)

Mauricien : Le problème de coups d'Etat ou de prise de pouvoir par des militaires ne date pas d'hier. Il doit y avoir des remèdes à ces excès qui nuisent à l'intégrité africaine. Cependant, le dernier coup en date est intervenu dans un pays longtemps réputé pour sa stabilité, la Côte d'Ivoire. Comment éviter ces dérapages?

Vijay Makhan : Bon nombre d'Etats africains se sont penchés sur la question. Ainsi, lors du dernier Sommet panafricain à Alger, un deadline a été imposé au Nigeria et aux Comores pour un retour à la normale de la situation politique. Si lors du prochain Sommet, il n'y a pas d'évolution sensible dans ces pays, des actions seront entérinées à leur encontre par les Etats membres de l'OUA. Entre-temps, l'organe central du mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits en Afrique élabore actuellement un plan d'action en vue de contrecarrer les tentatives de prise de pouvoir anticonstitutionnelle. Le travail se fait actuellement au niveau des ambassadeurs, avant d'être présenté au Conseil des ministres et ensuite aux chefs d'Etat et de gouvernement.

Cependant, une chose est certaine:les Etats africains doivent assumer leurs responsabilités dans ces circonstances, vu que, malheureusement, la communauté internationale pratique le double standard. Les déclarations condamnant les coups d'Etat sont prises à partir de données bien subjectives et où l'interêt particulier de l'Etat prime avant toute autre considération.

 M : N'empêche que l'OUA est engagée depuis quelque temps déjà dans les démarches pour trouver une solution au problème des Comores suite à un coup d'Etat. Jusqu'ici, très peu de développements encourageants ont été enregistrés…

 VM: D'abord, l'OUA c'est qui? C'est avant tout les Etats membres, qui prennent des décisions. Ils ne peuvent s'éclipser devant leurs responsabilités. Certes, dans les procédures, il y a des délais qui sont accordés aux acteurs dans la mouvance politique aux Comores. Il y a également des intérêts, pour ne pas dire mercantiles, qui dépassent les considérations politiques. Il faut aussi savoir que les leaders politiques autoproclamés ne représentent pas grand chose sur le terrain aux Comores.

Malgré et contre tout, les Anjouanais sont approvisionnés. D'où viennent ces marchandises? Des intérêts particuliers exploitent une situation facile pour des activités illégales et même des pays sont soudoyés. Pour les Comores, toutes les options sont encore ouvertes - même celle d'une intervention militaire. La responsabilité est entre les mains des Etats membres de l'OUA.

M : Que avenir le secrétaire général adjoint de l'OUA voit-il pour cet archipel?

 VM : Comme tel, il n'y a pas d'avenir. Pourtant, avec le soutien des pays de la région, l'archipel des Comores aurait pu envisager l'avenir sous de meilleurs auspices. Ce pays se trouve dans une situation malsaine et ne bénéficie d'aucune sympathie de la part des Etats membres de l'OUA (...)

 

FORUM SUR FEMMES, TRADITIONS, POUVOIRS ET DEVELOPPEMENT AUX COMORES

A l'occasion de la journée internationale de la Femme du 8 mars et dans le cadre de son Programme d'activités qui sera rendu public courant février, le parti Djawabu organise, les 4 et 5 mars prochain, à Marseille, un forum le sujet cité en objet.

Contexte et justification.

La teneur du débat en cours sur la femme comorienne et la liberté mériterait d'être développé et encadré pour servir à quelque chose.

Le sujet interpelle tout le monde. Et particulièrement ceux et celles qui défendent la cause de la femme.

On peut distinguer, dans l'histoire très récente du combat des femmes comoriennes, deux tendances :

-la première est constituée par le rôle qu'a joué l'ASEC qui, à travers ses multiples activités, tant culturelles, sociales que politiques, a mis en avant la jeune fille ou femme étudiante. Certaines ont occupé des places importantes au sein de cette organisation; 

-la seconde concerne Ali Soilih et son régime qui militaient en faveur de la femme. Rappelons-nous bien : la femme dans l'armée, la femme dans les comités, la femme faisait partie intégrante du pouvoir politique. Et le discours à l'époque préconisait qu'il fallait que la femme obtienne son indépendance économique pour la libérer de la tutelle du mari.

Aujourd'hui, on fait un constat : les femmes comoriennes responsables politiques, on n'en voit pas beaucoup. Si dans la société civile, on peut en compter quelques unes, il reste que leur nombre est  insignifiant.

Alors quelques questions demandent des réponses : pourquoi ? Sont-ce nos traditions ? Quelles attitudes adopter pour avoir des femmes combattantes ? au pouvoir ?Doit-on militer pour les quotas ? la parité ?

Puis, comment les faire contribuer au développement de notre pays ? Quelles sont les entraves ?

Bref, c'est pour répondre à toutes ces questions que Djawabu se propose d'organiser cette rencontre qui verront la participation de tous ceux et de toutes celles qui se sentent concernées.

Le Programme.

Il est prévu une plénière (la matinée du 4 mars)au cours de laquelle deux femmes européenne et africaine doivent intervenir pour nous parler de la journée internationale de la femme (luttes, acquis et problèmes) en Europe et en Afrique.

Ensuite, l'après midi et la matinée du 5 mars auront lieu les ateliers sur Femme et tradition, femme et pouvoirs, femme et développement.

La clôture se fera le dimanche 5 en début d'après midi avec la lecture du rapport.

Un texte de réflexion sera publié courant février.

Invitation.

Tous ceux et toutes qui sont intéressés(es) peuvent prendre contact avec les fédérations de Djawabu à Marseille, Lyon et Paris.

Nous comptons sur votre participation.

Cordialement

 

COMMUNIQUE DE SOS DEMOCRATIE

CONTRE LE "REFERENDUM" ORGANISE LE 23 JANVIER 2000 A ANJOUAN ET POUR L ACCORD D 'ANTANANARIVO

Alors que l 'O.U.A et les pays de la troïka exigent la signature de l 'accord d 'Antananarivo par la partie anjouanaise, les responsables sécessionnistes anjouanais ont décidé d 'organiser un "référendum" le 23 janvier prochain.

Ce "référendum" a pour but de s 'opposer aux exigences de la communauté internationale. Le résultat de ce référendum ne sera pas reconnu par aucun pays ni par la communauté internationale. Il sera donc caduque, nul et non avenu.

L 'île d 'Anjouan se trouve dans l 'illégalité depuis la sécession d 'août 1997. Cette île comorienne est contrôlée par plusieurs milices séparatistes. Ces dernières terrorisent la population avec leurs armes et menacent continuellement les anti - séparatistes qui se prononcent contre l 'organisation de ce "référendum".

Un des responsables sécessionnistes, Abdallah MOHAMED a ordonné, lors d 'un meeting à Tsembehou (à 30 km au Nord de Mutsamudu), aux milices de réprimer les partisans du oui à l 'accord d 'Antananarivo. La "Compagnie d 'Intervention Rapide" créée par le colonel Abeïd a procédé illégalement à plusieurs arrestations au mois de décembre 1999. SOS DÉMOCRATIE  dénonce fermement ces violations des droits de l 'homme.

La liberté de la presse est étouffée. Le journal ainsi que la radio Ushababi  et la radio Dzialandzé sont muselés. Boudouri, le correspondant d 'Al - Watwan (journal proche du gouvernement comorien), a été arrêté par la milice d 'Abeïd et risque d 'être exilé à la Grande Comore alors qu 'il est originaire d 'Anjouan.

Ces différentes exactions commises à Anjouan sont contraires à la Déclaration Universelle des Droits de l 'Homme.

Nous rappelons aux responsables anjouanais qu 'ils doivent signer avant le 1 er février 2000 l 'accord d 'Antananarivo. Cela permettra de résoudre cette crise sécessionniste par les moyens pacifiques et évitera à la population anjouanaise  de subir un blocus de la part de la communauté internationale.

La balle est donc dans le camp des responsables sécessionnistes. Ils ont quelques jours pour se ressaisir et doivent donc assumer leurs responsabilités.

SOS DÉMOCRATIE réitère son engagement pour la mise en place de l 'accord d 'Antananarivo.

Paris le 16 janvier 2000

Pour le bureau de SOS DÉMOCRATIE, le président, AHMED Abdou Rahamane.

LES SEPARATISTES PERSISTENT DANS LEUR VOLONTE D’INDEPENDANCE

Les séparatistes au pouvoir à Anjouan organisent dimanche 23 janvier 2000 un référendum pour entériner leur indépendance de la République Fédérative Islamique des Comores (RFIC) proclamée unilatéralement il y a plus de deux ans et l'imposer à la communauté internationale.

Les quelque 200.000 anjouanais sont appelés à répondre à la question: "voulez-vous signer l'accord d'Antananarivo" paraphé en avril dernier dans la capitale malgache par les représentants des deux autres îles de la RFIC, Grande Comores et Mohéli. Cet accord soutenu par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) et la communauté internationale prévoit la création de l'Union des îles Comores laissant une très large autonomie à chaque île.

La consultation a été annoncée le 11 janvier dernier pour répondre à l'OUA et une dizaine de pays africains qui, réunis à Pretoria le 21 décembre dernier, ont sommé les autorités séparatistes de signer l'accord d'Antananarivo d'ici au 1er février 2000.

Les séparatistes, en revanche, ont réclamé en vain à l'organisation panafricaine d'organiser elle-même un référendum sur l'île.

Mardi soir, les habitants de Mutsamudu, la "capitale" de l'île, n'avaient toujours pas reçu les cartes d'électeurs, ont témoigné des habitants contactés par téléphone depuis Moroni. Aucun d'entre eux ne savait concrètement comment et où il devait voter dimanche.

Le "président" désigné par le pouvoir séparatiste, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderamane, bat activement la campagne ces derniers jours en faveur du "non".

En revanche, les quelques rares figures politiques locales qui tentent de défendre-le "oui" sont intimidées ou carrément empêchées, selon les partisans de l'accord.

Des partisans de la "réconciliation", qui ne souhaitent pas être nommés, se plaignent d'être "interdits de campagne", une information confirmée par des commerçants et autres notables de Mutsamudu qui ont tous requis l'anonymat. Faux, a affirmé Abdallah Mohamed, conseiller du lieutenant-colonel Abeid.

Il a assuré mardi par téléphone à l'AFP que les partisans du oui menaient campagne, mais que l'immense majorité des hommes politiques de l'île militaient pour le "non". Aucun incident n'a jusqu'alors émaillé la campagne, selon lui.

Cinq habitants de l'île contactés par téléphone ont cependant assuré qu'un membre du parti Front Démocratique (FD), Moussa Houmadi, a été violemment battu et emprisonné "dans le courant de la semaine dernière" alors qu'il faisait campagne pour le "oui" dans la région de Nioumakélé (sud).

La tension monte à l'approche du référendum. Un meeting des "séparatistes" prévu lundi 17 janvier au marché de Mutsamudu a dû être annulé en raison de l'hostilité des habitants, assurent plusieurs habitants de la capitale.

L'enjeu est important pour le pouvoir, qui aspire à une reconnaissance de la communauté internationale jusqu'à maintenant refusée.

Anjouan subit depuis son "indépendance" le 3 août 1997 un véritable isolement politique mais aussi économique et financier.

Outre la réunification de l'archipel, l'OUA exige, sans toutefois en faire un préalable, le "retour à l'ordre constitutionnel" à Moroni, ne reconnaissant pas la junte militaire dirigée par le colonel Azali Assoumani qui a pris le pouvoir le 30 avril dernier.

 

LE TOP 10 DE L’AIDE PUBLIQUE FRANCAISE AU DEVELOPPEMENT

Le hit parade de l'aide

L'aide publique bilatérale française au développement s'est élevée, en 1997, à environ 28 milliards de FF. Les pays africains demeurent, et de loin, les plus importants bénéficiaires de cette aide, et le continent a reçu, au total, plus de 16 milliards.

Si l'on excepte la Polynésie française (2 milliards de FF en 1997) et la Nouvelle-Calédonie (1,9 milliards), territoires français, et Mayotte (597 millions), curieusement comptabilisés dans l'APD, les dix premiers bénéficiaires de l'aide française sont africains. Le Top 10 des pays aidés par la France serait tout autre si l'on prenait pour critère, plutôt que le montant de l'aide, celui de l'APD française par habitant.

1. Madagascar : 1,8 milliards de FF en 1997, soit 130 FF par habitant

2. Egypte : 1,6 milliards de FF, 28 FF par habitant.

3. Congo : 1,4 milliards de FF, 472 FF par habitant.

4. Cameroun : 1,1 milliards de FF, 83 FF par habitant.

5. Maroc : 900 millions de FF, 32 FF par habitant.

6. Sénégal : 830 millions de FF, 92 FF par habitant.

7. Algérie : 798 millions de FF, 28 FF par habitant.

8. Côte d'Ivoire : 780 millions, 52 FF par habitant.

9. Niger : 552 millions de FF, 55 FF par habitant.

10. Tanzanie : 465 millions de FF, 15 FF par habitant

Francine Quentin –RFI-

 

APPEL DE L’AUDEC POUR UN LARGE RASSEMBLEMENT CONTRE LE NATIONAL SEPARATISME.

Des messages de plus en plus nombreux nous parviennent d'Anjouan où le combat contre les idéologues du national séparatisme -DR ZAIDOU –Said ABEID – ABDALLAH MOHAMED- SAINDOU CHEIH -BA GOULAM se renforce. Des comités d'action contre le national séparatisme et pour la signature de l’Accord d’Antananarivo sont déjà crées.

Désormais sur le plan concret du combat politique, la ligne de démarcation avec le national séparatisme se fait à travers la volonté et la nécessité de signer l’Accord d’Antananarivo.

Nous appelons tous les démocrates à se rassembler et à soutenir les actions en cours pour mettre définitivement hors d'état de nuire les idéologues du national séparatisme.

Nous appelons toutes les forces vives de notre Nation qui combattent le national séparatisme à considérer les chefs séparatistes comme étant disqualifiés à participer à toute négociation présente ou future sur l’avenir de notre Nation.

Ces derniers se sont complètement démasqués aux yeux du peuple comorien et de la communauté internationale comme des traîtres à la Nation comorienne. Il faut désormais les isoler et les empêcher de parler au nom d’Anjouan et des anjouanais.

Ces chefs séparatistes sont des comploteurs contre la Nation comorienne. Ils portent une lourde responsabilité sur la situation catastrophique auquelle notre pays est actuellement plongée.

Les organisateurs du parti OPIA, dont font partie les chefs séparatistes cités ci-dessus doivent être jugés pour leurs responsabilités dans les deux guerres civiles causées par le national séparatisme.

Nous renouvelons ici notre appel à toutes les victimes des actions du national séparatisme à s'organiser et à rassembler tous les éléments de preuve indispensables à l'organisation des procès des idéologues et lieutenants du national séparatisme.

Nous renouvelons notre appel à tous les démocrates comoriens à participer activement à la constitution d'un large front-uni contre le séparatisme et pour la signature de l’Accord d'Antananarivo.

LA NATION COMORIENNE VAINCRA.

Le Bureau de l’AUDEC

Saint-Pierre Le 21/01/2000

 

PAS D’ELECTIONS AVANT LE RETOUR D’ANJOUAN, SELON LE COLONEL AZALI

Le chef de l’Etat comorien, le colonel AZALI Assoumani, a écarté toute idée d’élection aux Comores tant qu’une solution n’aura pas été trouvée à la crise séparatiste anjouanaise.

Selon le colonel AZALI, qui s’exprimait lors d’une cérémonie de présentations de vœux à l’occasion de la fin du Ramadan, le mois de jeune musulman, il ne faut pas commettre de nouveau l’erreur qui a permis le détachement de l’île de Mayotte en 1975.

Il assuré que tout sera mis en œuvre pour que les consultations se tiennent dans les meilleurs délais dès qu’Anjouan aura signé l’Accord d’Antananarivo.

Le colonel s’accorde un délai de trois mois, expliquant qu’il ne voyait pas de raison de changer le gouvernement de large consensus avant l’expiration de ce délai.

Le chef de l’Etat comorien a, par ailleurs, déploré la " politique de deux poids deux mesures " concernant les coups d’Etat en Afrique, faisant allusion à la situation en Côte d’Ivoire ou, selon lui, les putschistes semblent bénéficier d’une meilleure compréhension.

PANA- le 15/1/2000

 

MORONI : OPERATION " DEMOLITION "

Le pouvoir militaire a engagé depuis le 1 novembre 1999 une opération " démolition " des maisons bâties sur des terrains illégalement acquis appartenant à l’Etat. Plusieurs habitations et locaux commerciaux ont été rasés. A vue d’œil, l’opération pourrait être salutaire si elle respectait une procédure adéquate.

L’Etat peut et doit récupérer les biens de l’Etat spoliés, réquisitionner, etc., si le besoin et l’intérêt général s’en font sentir. Mais à la seule condition d’observer les règles élémentaires de la loi et de l’équité. C’est-à-dire engager au préalable une action d’indemnisation lié au préjudice subi si préjudice il y a, et non pas se réfugier derrière l’arbitraire et la force des armes.

Mais puisque le pouvoir a choisi l’option de démolir purement et simplement les maisons, il faudrait qu’il aille jusqu’au bout de sa logique et ne pas se limiter à quelques cas d’exemples pour frapper les esprits. Il y aurait plusieurs dizaines de ces habitations dans la capitale qui devraient subir la loi des bulldozers, sans parler de toutes celles, légales, mais construites en dehors des normes de l’aménagement urbain.

L’opération " démolition " s’avère donc une opération à hauts risques. On ne sait pas par exemple jusqu’à quelle période le pouvoir compte remonter dans le temps pour régler ce problème. Et puis, pour que la mesure soit réellement efficace, il faudrait remonter toute la chaîne des responsabilités coupables qui ont conduit à cette situation.

Mais aussi s’assurer que parmi ces militaires qui se présentent aujourd’hui comme des redresseurs de torts sans peur ni reproche, certains ne traînent pas quelques part quelques mauvaises casseroles dont on a vite étouffé le bruit. Ou si certains d’entre eux ou leurs proches ne sont pas mouillés dans des abus identiques.

 

LA TONTE, LES JUGES ET LES MUNITIONS

Se faire raser le crâne parce qu’on a manifesté non pas pour refuser son licenciement pour réclamer ses droits de licenciement et ses impayés de salaires, voilà un sujet qu’il ne faudrait pas manquer d’évoquer lors de la prochaine consultation UE/ACP. C’est inédit. Je ne sais pas ce qu’en pensent les juges et la justice, mais leur avis serait très intéressant. De son vivant, le président Taki estimait que notre justice marchait " à l’allure d’une tortue ", atteinte d’une hémiplégie héritée du " système de procédure de la justice occidentale ", française notamment. Et pour y remédier, il avait demandé au président du Conseil des Ulémas de lui " désigner six cadis compétents et confirmés pour…renforcer notre justice…selon les recommandations de Dieu " afin de " mettre un terme à l’insécurité ". Et sans consulter quiconque il décréta verbalement la Loi du Talion pour les cas les plus graves ; et pour les délits mineurs, il énonça la directive suivante aux forces de l’ordre : " Administrez-lui une bonne raclée…et laissez-le partir ". C’était cela la justice idéale selon Taki. On ne sait pas ce qu’en pensent les juges d’une telle conception de la justice. Le colonel Azali lui aussi se dit gravement préoccupé par les " dysfonctionnements " de notre système judiciaire, lesquels, selon lui, proviennent des " structures, des codes de procédure copiés sur le modèle français ".

Azali est même allé jusqu’à parler d’une véritable conspiration contre l’institution " judiciaire, et " invite les hommes de loi, dont les cadis et les théologiens, à réfléchir très sérieusement sur ce problème grave et à proposer des solutions adaptées ". Des solutions que le chef de l’Etat souhaiterait " respectueuses de toutes les garanties d’objectivité, d’équité et de justice que chaque citoyen est en droit d’exiger dans un pays libre et démocratique " à l’image des Comores( ?). Le phraser est beau…

Quelques jours après cette déclaration le pouvoir militaire inaugurait la tonte comme sanction pénale( ?), à moins qu’elle ne soit tout juste une activité récréative pour nos bleus troupiers. Certes la tonte est physiquement moins douloureuse que la matraque dont on sait l’affection que lui portent les forces de l’ordre. On ne sait pas ce qu’en pensent les hommes de loi. Quant à Anjouan, elle a proclamé son " indépendance " le 3 août 1997.

A cette date les armes et les munitions disponibles étaient celles fournies par Moroni. La pieuse expédition " Goro " (5/9 septembre 1997) a certes permis au pouvoir séparatiste et aux diverses milices de l’île d’accroître leurs réserves. Mais entre-temps il y a eu ces affrontements armés que l’on sait : le conflit MUTSA-Mirontsy fin 98, celui récent entre les hommes d’Abeid et la milice de Kokignon. Mais surtout il ne se passe pas une nuit sans que des tirs n’éclatent à Mutsa. On tire pour le plaisir, pour se défouler, pour menacer, bref on tire tout le temps et pour rien et n’importe quoi. Et à balles réelles on tire. Depuis cette date, il est arrivé d’entendre les anjouanais se plaindre de manquer de ceci ou de cela, de pétrole, de riz, etc. Jamais par contre de munitions. Jamais. Il faut bien croire que quelqu’un quelque part veille scrupuleusement à ce qu’il n’y ait aucune rupture dans l’approvisionnement.

Logba Loki Xango – L’Archipel

 

LE BLUES DES ARMEES AFRICAINES

Le putsch du 24 décembre – en Côte d’Ivoire- inflige un démenti de plus à ceux qui, au début des années 90, pensaient que les armées africaines n'interviendrait plus dans la vie politique. L'arrivée au pouvoir des soldats dans un pays sans tradition de coup d'Etat, montre que la place des militaires reste encore à définir en Afrique subsaharienne.

Au début des années 90, l'un des mots d'ordre du mouvement de démocratisation entamé en Afrique subsaharienne était la fin des interventions de l'armée dans la vie politique. Depuis les indépendances, cette partie du monde totalisait un nombre record de coups d'Etat militaires. Le retour des soldats dans les casernes était donc une condition de l'instauration de systèmes démocratiques.

Une décennie plus tard, le putsch du 24 décembre, paradoxalement dans un pays où l'armée n'avait jusque-là jamais joué un rôle central, montre que les militaires africains ont encore du mal à rester à leur place. Car l'arrivée au pouvoir du général Robert Gueï, succède à d'autres coups de forces récents, en Guinée-Bissau, au Niger et aux Comores. Le nouvel homme fort de Côte d'Ivoire jure certes qu'il entend seulement faire le ménage dans la maison ivoirienne avant la tenue d'élections transparentes et démocratiques. Certains comparent d'ailleurs déjà cette révolution des Œillets à l'ivoirienne, à celle intervenue au Mali en 1991, lorsque le colonel Amadou Toumani Touré, tombeur du président Moussa Traoré, avait conduit son pays à la démocratie lors d'une transition modèle.

De plus, à Bissau comme à Niamey, les militaires ont accepté de rendre le pouvoir au terme de scrutins pluralistes. Mais ces événements, à relier à d'autres mutineries ou coups de force ayant échoué de justesse en Centrafrique et en Guinée, en 1996, sont la preuve que le rôle des armées africaines est encore à définir.

Jusqu'à la fin des années 80, les militaires avaient généralement deux vocations. Soit, ils symbolisaient l'indépendance de nations encore jeunes, soutenant activement un président et un parti unique, soit, ils prenaient carrément le pouvoir pour le garder, quitte, comme ce fut longtemps le cas au Nigeria, à le perdre au profit d'autres hommes en uniformes.

Les temps ont changé. Les militaires savent aujourd'hui que les bailleurs de fonds, plus regardant qu'autrefois sur la nature du pouvoir en place, refusent d'accorder leur soutien à un régime putschiste. Sauf dans le cas exceptionnel où l'armée intervient pour mettre fin à l'incurie en donnant des gages solides d'un prompt retour à la démocratie. D'ailleurs les officiers qui sont encore aux affaires, comme les présidents togolais, burkinabé, guinéen ou ghanéen, ont généralement veillé à organiser des élections pluralistes pour se refaire une virginité.

Mais si le contexte a évolué, il s'est souvent accompagné d'une dévalorisation du statut des militaires, qui comme les fonctionnaires ont vu leur solde fondre et, avec elle, leur prestige. Sauf que contrairement à d'autres corps de l'Etat, les premiers disposent de moyens radicaux pour se faire entendre.

D'autre part, nombre de dirigeants du continent noir ont eu tendance à tribaliser l'armée, plaçant aux postes clefs des ressortissants de leur ethnie. Certains présidents ont peut-être oublié les frustrations qu'entraînent de telles pratiques.

En Côte d'Ivoire, le renversement d'Henri Konan Bédié a débuté avec des revendications pécuniaires et les protestations de militaires se sentant méprisés par les dirigeants. Même chose en Centrafrique, où les trois mutineries de 1996-1997, tout en ayant d'évidents aspects politiques, n'auraient peut-être pas eu lieu si le président Ange-Félix Patassé avait réalisé plutôt le danger potentiel que représente une armée clochardisée et traversée de conflits ethniques. Nul doute en tous cas que la chute d'Henri Konan Bédié, dans une Côte d'Ivoire sans tradition de putschs, va faire réfléchir plus d'un chef d'Etat au sud du Sahara.

Christophe Champin

DESARMER LES MARCHES-

      Par IGNACIO RAMONET – Le Monde Diplomatique –

       

Le typhon sur les Bourses d'Asie menace le reste du monde. La mondialisation du capital financier est en train de mettre les peuples en état d'insécurité généralisée. Elle contourne et rabaisse les nations et leurs Etats en tant que lieux pertinents de l'exercice de la démocratie et garants du bien commun.

La mondialisation financière a d'ailleurs créé son propre Etat. Un Etat supranational, disposant de ses appareils, de ses réseaux d'influence et de ses moyens d'action propres.

Il s'agit de la constellation Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces quatre institutions parlent d'une seule voix - répercutée par la quasi- totalité des grands médias - pour exalter les " vertus du marché ".

Cet Etat mondial est un pouvoir sans société, ce rôle étant tenu par les marchés financiers et les entreprises géantes dont il est le mandataire, avec, comme conséquence, que les sociétés réellement existantes, elles, sont des sociétés sans pouvoir. Et cela ne cesse de s'aggraver.

Succédant au GATT, l'OMC est ainsi devenue, depuis 1995, une institution dotée de pouvoirs supranationaux et placée hors de tout contrôle de la démocratie parlementaire. Une fois saisie, elle peut déclarer les législations nationales, en matière de droit du travail, d'environnement ou de santé publique, " contraires à la liberté du commerce " et en demander l'abrogation. Par ailleurs, depuis mai 1995, au sein de l'OCDE, et à l'écart des opinions publiques, se négocie le très important Accord multilatéral sur les investissements (AMI), qui devrait être signé en 1998, et qui vise à donner les pleins pouvoirs aux investisseurs face aux gouvernements.

Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique majeur si l'on veut éviter que le monde du siècle à venir ne se transforme en une jungle où les prédateurs feront la loi.

Quotidiennement, quelque 1 500 milliards de dollars font de multiples allers et retours, spéculant sur des variations du cours des devises.

Cette instabilité des changes est l'une des causes de la hausse des intérêts réels, qui freine la consommation des ménages et les investissements des entreprises. Elle creuse les déficits publics et, par ailleurs, incite les fonds de pension, qui manient des centaines de milliards de dollars, à réclamer aux entreprises des dividendes de plus en plus élevés. Les premières victimes de cette " traque " du profit sont les salariés, dont les licenciements massifs font bondir la cotation boursière de leurs ex- employeurs. Les sociétés peuvent-elles longtemps tolérer l'intolérable ? Il y a urgence à jeter des grains de sable dans ces mouvements de capitaux dévastateurs. De trois façons : suppression des " paradis fiscaux " ; augmentation de la fiscalité des revenus du capital ; taxation des transactions financières.

Les paradis fiscaux sont autant de zones où règne le secret bancaire, qui ne sert qu'à camoufler des malversations et d'autres activités mafieuses. Des milliards de dollars sont ainsi soustraits à toute fiscalité, au bénéfice des puissants et des établissements financiers. Car toutes les grandes banques de la planète ont des succursales dans les paradis fiscaux et en tirent grand profit. Pourquoi ne pas décréter un boycottage financier, par exemple, de Gibraltar, des îles Caïmans ou du Liechtenstein, par l'interdiction faite aux banques travaillant avec les pouvoirs publics d'y ouvrir des filiales ?

La taxation des revenus financiers est une exigence démocratique minimale. Ces revenus devraient être taxés exactement au même taux que les revenus du travail. Ce n'est le cas nulle part, en particulier dans l'Union européenne.

La liberté totale de circulation des capitaux déstabilise la démocratie. C'est pourquoi il importe de mettre en place des mécanismes dissuasifs.

L'un d'entre eux est la taxe Tobin, du nom du Prix Nobel américain d'économie qui la proposa dès 1972. Il s'agit de taxer, de manière modique, toutes les transactions sur les marchés des changes pour les stabiliser et, par la même occasion, pour procurer des recettes à la communauté internationale. Au taux de 0,1 %, la taxe Tobin procurerait, par an, quelque 166 milliards de dollars, deux fois plus que la somme annuelle nécessaire pour éradiquer la pauvreté extrême d'ici au début du siècle.

De nombreux experts ont montré que la mise en oeuvre de cette taxe ne présente aucune difficulté technique. Son application ruinerait le credo libéral de tous ceux qui ne cessent d'évoquer l'absence de solution de rechange au système actuel.

Pourquoi ne pas créer, à l'échelle planétaire, l'organisation non gouvernementale Action pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens (Attac*) ? En liaison avec les syndicats et les associations à finalité culturelle, sociale ou écologique, elle pourrait agir comme un formidable groupe de pression civique auprès des gouvernements pour les pousser à réclamer, enfin, la mise en oeuvre effective de cet impôt mondial de solidarité.

______________

(*)ATTAC a été fondée en France le 3 juin 1998 autour de la plate-forme réunissant des citoyens, des associations, des syndicats et des journaux. L'idée de cette initiative est née d'un éditorial d'Ignacio Ramonet : "Désarmer les marchés", publié dans Le Monde diplomatique en décembre 1997. Depuis, l'association française a contribué à la naissance du mouvement international ATTAC tout en collaborant avec de nombreux partenaires dans le monde.

 

REUNION D’UN COMITE DE L’OUA SUR L’ILE SEPARATISTES D’ANJOUAN

Un comité de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) s'est réuni à Addis Abeba lundi et mardi pour examiner la situation de l'île séparatiste comorienne d'Anjouan où la population doit se prononcer dimanche par référendum sur l'avenir de l'île, a-t-on appris mardi auprès de diplomates africains.

Le 21 décembre, l'OUA et une dizaine de pays africains réunis à Pretoria avaient sommé les autorités séparatistes anjouanaises de signer, d'ici au 1er février 2000, l'accord d'Antananarivo élaboré en avril dernier et prévoyant d'établir une Union des îles Comores tout en ménageant une large autonomie pour chacune d'elles.

Anjouan avait déclaré unilatéralement son indépendance en août 1997 de la République Fédérative Islamique des Comores.

Le comité de l'OUA, comprenant des experts, des diplomates et des militaires doit formuler sous peu des recommandations, ont précisé les diplomates qui ont requis l'anonymat.

Les îles de Mohéli et de la Grande Comore ont ratifié l'accord d'Antananarivo, que les autorités d'Anjouan refusent de signer. Le 11 janvier, les autorités anjouanaises ont annoncé la tenue dimanche d'un référendum pour que la population se prononce pour ou contre l'accord d'Antananarivo.

Les autorités anjouanaises avaient à plusieurs reprises demandé à l'OUA d'organiser ce référendum.

Par ailleurs, le comité des ambassadeurs de l'OUA doit se réunir mercredi, à Addis Abeba, afin d'examiner les modalités de "retour à l'ordre constitutionnel" sur l'archipel des Comores. L'OUA ne reconnaît pas la junte militaire dirigée par le colonel Azali Assoumani qui a pris le pouvoir le 30 avril dernier.

 

NOS BREVES

Envoi d'un émissaire d’AZALI à Anjouan

De source autorisée, Azali aurait envoyé un émissaire (un lieutenant) un certain Inzou de Ouani pour négocier un débarquement sur Anjouan à la douceur avec le pouvoir séparatiste. En échange, il épargnerait toutes les grosses têtes du mouvement qui bénéficieraient d'une certaine immunité. (Question de sauver la face d'après-lui au militaire Abeid qui risque selon l'émissaire d’Azali de se faire sauvagement zigouiller par les "wachendzi"-comprendre les militaires de l’OUA qui risquent d'être à la tête de l'intervention militaire éventuelle à Anjouan-.

 

Interdiction aux Anjouanais indésirables de se rendre à Anjouan

Certains anjouanais résidants à la Grande Comore se voient refuser par le pouvoir séparatiste " l’autorisation d’entrer à Anjouan ". En cette période de mascarade électorale, les séparatistes n’ont pas envie de voir des éléments perturbateurs. La démocratie à Anjouan, c’est très simple :

Où tu appliques les consignes du DR ZAIDOU et tu as droit à la parole, où tu t'opposes et tu subis de plein fouet l'arsenal répressif du mouvement séparatiste.

 

Création d'un parc de protection du cœlacanthe

Les COMORES possèdent une richesse unique dans le monde: le cœlacanthe. Afin de protéger cette espèce rare en voie de disparition, des scientifiques français ayant séjourné récemment dans notre pays ont proposé un parc de protection du cœlacanthe.

Nous ne pouvons qu'encourager une telle initiative qui aura des retombées positives tant sur le plan de la protection de l'environnement, du tourisme et de la recherche scientifique.

 

Climat de terreur à Anjouan

L'équipe Abeid a ouvert " la campagne électorale "pour le non. Le lundi 17/1/2000 dans la région de Moya ils ont rencontré de difficultés, la population s'est moquée d'eux. Et bientôt on s'attend à des arrestations et des tortures. Cela a déjà commencé à Nioumakélé avec l'arrestation musclée de M. Moussa Houmadi. Cet enseignant très apprécié par ses collègues et la population a été sérieusement molesté par les milices contrôlées par les chefs séparatistes. Ainsi va la démocratie à Anjouan: la campagne électorale signifie une campagne de bafouement des libertés démocratiques et des droits de l'homme. Nous nous joignons avec SOS DEMOCRATIE pour condamner énergiquement cette répression aveugle du pouvoir séparatiste. Nous venons d’apprendre que 4 jeunes de Pagé –village proche de Mutsamudu- ont été expulsés à Mohéli pour avoir hissé le drapeau comorien.

 

Boicho, chef de la propagande des séparatistes,

Abdouroihamane Adinane dit Boicho est chargé par le chef séparatiste ABEID de s’occuper de la propagande de l'OPIA. Cet ancien dirigeant du Front Démocratique est intervenu sur les ondes de "Rradio Anjouan " -la voix de son maître- pour accuser les partisans de l’Accord d’Antananarivo de militer pour le retour à la RFIC. Le même Boicho qui il y a quelques mois expliquait à qui voulait l’entendre qu’il n’y avait pas d’issue possible à la crise comorienne sans la signature du fameux accord. Le Colonel ABEID ne tenait-il pas le même discours devant certains interlocuteurs? Il est vrai qu’entre temps, Boicho a été bombardé conseiller spécial de son maître et comme l’argent coule à gogo au sein de la clique dirigeante du mouvement séparatiste, son revirement paraît être motivé pour des mobiles purement financiers. C’est vraiment honteux pour quelqu’un qui a connu les prisons de Bob Denard en défendant à l’époque la démocratie et le développement des Comores de manger aujourd'hui dans la même soupe que les chefs extrémistes anjouannais soutenus par l'extrême droite française. En voilà un qui a fait un virage de 180° sans avoir le moindre vertige.

 

Malaise au sein de l’armée séparatiste,

Au niveau de l'armée séparatiste, un problème sérieux se pose. Le commandant Mohamed Bacar veut mettre une bonne partie des anciens militaires à la retraite puis fusionner la gendarmerie, la CIR et l'armée. Ce projet divise l'armée. Les militaires qui risquent de se voir appliquées ces mesures de retraite anticipée peuvent constituer une source de rébellion. Une trentaine de militaires aurait été reçue par le Colonel séparatiste afin de calmer les esprits. Affaire à suivre car elle pourrait connaître de nouveaux rebondissements.

 

 

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