EDITORIAL : UN SCRUTIN NUL ET NON AVENU
La comédie électorale des séparatistes a pris fin. Les rideaux sont tombés. Les séparatistes n'ont pas réussi à mobiliser la population pour soutenir leur cause perdue. A Mutsamudu et dans plusieurs autres villes, les bureaux ont été carrément désertés. Selon le correspondant d'ANTENNE REUNION, une chaîne de télévision privée, un électeur venait voter en moyenne toutes les demi-heures. Le compte est vite établi. Après la mascarade électorale, l'île est replongée à nouveau dans l'insécurité. La situation à Anjouan s 'est dégradée depuis le "référendum du 23/01/00". Le lendemain et le surlendemain, des tires de kalachnikovs ont raisonné pendant plusieurs nuits consécutives à Mutsamudu. Les tirs avaient pris une allure très grave par des tireurs cagoulés. Une roquette a été lancée à partir de la montagne Bandrakoa à Mutsamudu. Des inscriptions murales ont envahi Mutsamudu: "au secours O.U.A, vite O.U.A. Nous sommes prêts à t 'aider...". Mais la Compagnie d'Intervention Rapide, la milice d 'Abeïd les a effacées le matin.
Malgré un faible taux de participation, les séparatistes n'ont pas hésité à procéder à un bourrage des urnes et à proclamer des résultats n'ayant aucun rapport avec la réalité politique de l'île.
L'Accord d'Antananarivo qui était pourtant l'objet du prétendu référendum n'a même pas été évoqué lors du soit disant campagne électorale. Les séparatistes ont mis les bouchées doubles pour mener une campagne haineuse, chauvine et démagogique. Comme au début de la crise, ils n'ont pas eu froid aux yeux pour accuser les frères grands comoriens d'être les responsables de tous les maux dont souffre Anjouan. Ils ont déversé tous les jours des tonnes de mensonge à travers la Radio Ndzouani. Cette radio rappelle la sinistre Radio des Milles Collines qui lançait des appels d'incitation à la haine et a joué un rôle décisif lors du déclenchement de la guerre civile au Rwanda. Les séparatistes sont restés fidèles à leur discours rétrograde et réactionnaire. Depuis la fin du référendum, ils accentuent les menaces d'exil, d'emprisonnement et même d'après les propos tenus par le bras droit du Colonel Abeid, de mort à l'égard des partisans du oui.
Ce référendum démontre à l'évidence que les séparatistes ont décidé d'anéantir toutes les chances d'un règlement pacifique de la crise comorienne. Ils portent une lourde responsabilité devant les générations présentes et futures de notre pays. Ils ont pris bel et bien la population en otage et lont embarqué par la force des armes dans une opération de suicide collectif. Ils reviennent à leur rhétorique d'une Union d'Etats indépendants. Cette proposition a été clairement rejetée par les parties signataires comoriennes lors des Conférences d'Addis-Abéba et d'Antananarivo. De même la communauté internationale refuse de manière unanime de reconnaître la pseudo indépendance d'Anjouan.
Face à cette nouvelle provocation des séparatistes anjouanais, nous constatons avec amertume le silence complice du gouvernement de Moroni. Il est déroutant de constater que le gouvernement putschiste n'a publié le moindre petit communiqué pour condamner cette initiative dangereuse des séparatistes anjouanais. Comme on dit, " Qui ne dit rien, consent". On assiste à un partage macabre des rôles entre les deux colonels : Abeid joue activement le rôle de fossoyeur de la nation comorienne et Azali est parfaitement complice. Quel triste spectacle ! On est en droit de se demander si les Comores sont encore gouvernées. Jamais un chef d'Etat dans le monde n'a assisté aussi passivement face à des manuvres de dislocation de son pays.
Face aux graves menaces qui planent sur l'avenir des Comores, nous appelons les forces patriotiques et démocratiques de se rassembler et de s' opposer bec et ongles aux plans machiavéliques de démantèlement de notre pays concoctés d'un commun accord entre les Colonels Abeid et Azali.
Nous appelons les partis politiques à se ressaisir, à placer l'intérêt suprême du pays avant les petits calculs politiciens afin de ne pas laisser le champ libre aux deux colonels pour enterrer notre pays.
A l'approche de l'échéance fixée par l'OUA, le camp du peuple doit se mobiliser afin de soutenir les efforts inestimés et inestimables de l'organisation panafricaine destinés à rétablir la souveraineté de l'Etat comorien sur l'ensemble de son territoire, pacifier l'île d'Anjouan qui est aujourd'hui livrée à la mafia et aux milices de tout acabit et rétablir l'ordre constitutionnel dans notre pays. Le moment est venu pour que le peuple comorien dans son ensemble prenne en main son destin.
La Rédaction
La crise séparatiste aux Comores (CHRONOLOGIE)
L'archipel des Comores est confronté depuis août 1997 à la sécession de l'île d'Anjouan, où la population doit se prononcer par référendum dimanche sur l'avenir de l'île.
-1997-
- 3 août: Déclaration unilatérale de l'indépendance d'Anjouan.
- 5 août: Les séparatistes élisent Abdallah Ibrahim président de l'"Etat d'Anjouan".
- 11 août: Les séparatistes de Mohéli proclament l'indépendance de leur île, qui réintégrera le gouvernement central en 1998.
- 3-5 septembre: L'armée fédérale débarque à Anjouan pour y rétablir l'ordre. L'intervention échoue devant la résistance des séparatistes: un militaire tué selon le gouvernement, une quarantaine selon les séparatistes. Plus de 80 sont faits prisonniers.
- 9 septembre: Le président comorien Mohamed Taki Abdoulkarim assume les pleins pouvoirs.
- 26 octobre: Les séparatistes organisent un référendum qui, affirment-ils, se solde par 99,47% de "oui" à l'indépendance.
- 10-13 décembre: Echec d'une conférence de réconciliation sous l'égide de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).
-1998-
- 25 février: Les Anjouanais adoptent une constitution séparatiste, qui déclare l'indépendance de l'île et met en place de nouvelles institutions.
- 9 novembre: Tadjidine ben Saïd Massounde, devenu président comorien par intérim après le décès de Mohamed Taki Abdoulkarim, appelle à l'unité des Comores. Le 10, les séparatistes affirment que l'indépendance d'Anjouan est "irréversible", mais se déclarent favorables à "l'établissement de liens entre Etats indépendants".
- 26 novembre: Le "président" Abdallah échappe à une tentative d'assassinat.
- 5-12 décembre: Violences entre séparatistes rivaux à Anjouan, où la tension qui règne depuis des mois se transforme en mini-guerre civile: plusieurs dizaines de morts et blessés.
-1999-
- 19-23 avril: Conférence inter-îles à Antananarivo (Madagascar), sous l'égide de l'OUA, pour tenter de mettre fin à la crise d'Anjouan. Les représentants de la Grande Comore et Mohéli signent un accord créant l'Union des îles Comores, un futur Etat doté d'une large autonomie et dont les institutions doivent se mettre en place d'ici un an.
- 26-27 avril: Manifestations, parfois violentes, contre la communauté anjouanaise de Grande Comore.
- 30 avril: L'armée, dirigée par son chef d'état-major, le colonel Azali Assoumani, prend le pouvoir à Moroni. Le 6 mai, il prête serment comme chef de l'Etat sur une constitution qu'il a lui-même promulguée.
- 18 mai: Reprise de la guerre des clans séparatistes anjouanais.
- 1er juillet: Le colonel Azali Assoumani et le représentant des séparatistes anjouanais, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderamane, s'engagent à "oeuvrer ensemble pour une solution durable à la crise".
- 3 août: Le "président" Ibrahim termine son "mandat" et désigne le lieutenant-colonel Abeid Abderamane comme "coordinateur national", à la tête d'un "comité exécutif" qui fait office de gouvernement.
- 4 sept: Interpellation de leaders de l'opposition au lendemain de manifestations à Moroni.
- 3-5 sept: Combats de rues à Mutsamudu, "capitale" d'Anjouan, qui s'achèvent par l'exil forcé d'un chef de milice anti-séparatiste vers l'île voisine de Mayotte.
- 7 septembre : Le " coordinateur national et les délégués généraux " ont signé un décrêt interdisant de séjour sur le territoire dAnjouan pendant un an en attendant une décision définitive de la " justice " : Ahmed Fouad, Wakidou Bourhane, Zainou Mouhdine, Ibrahim Charif, Saïd Ali Chahalane, Djaffar Salim, Milka Mahmoud et Daniel Hoaro.
- 25 sept. :Le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), Salim Ahmed Salim, a rencontré à Addis Abeba des représentants de partis politiques des Comores pour évoquer de la médiation dans la crise séparatiste de cet archipel de l'Océan indien. L'OUA, qui n'a pas reconnu le nouveau pouvoir, continue de réclamer un "retour à l'ordre constitutionnel" à Moroni, selon le communiqué.
- 8 novembre : 21 partis politiques comoriens signent le Manifeste pour une sortie de la crise comorienne.
- 26 novembre : lassociation AUDEC Association pour lUnité et le Développement des Comores- demande une clarification de la politique française dans la crise séparatiste comorienne et appelle aux pays membres de la COI à soutenir les actions de lOUA en vue de trouver une solution à la crise séparatiste.
- 3 décembre:. Le 2ème sommet de la Commission de l'Océan indien (COI) a adopté vendredi à Saint-Denis une déclaration finale exprimant son "attachement à l'unité et à l'intégrité territoriale" de la République fédérale islamique des Comores et demandant le "rétablissement de l'ordre constitutionnel". La COI a invité "la partie anjouanaise à signer rapidement l'accord d'Antananarivo, cadre approprié pour le règlement pacifique de la crise". Le "président" Abeid appelle à une "médiation" de plusieurs organisations Internationales pour régler la crise
- 17 décembre : Le colonel SAID ABEID en compagnie d'ABDALLAH MOHAMED, SAINDOU CHEICK et de IBRAHIM BACHIR ont quitté le port de Mutsamudu vendredi 17/12/99 locale à destination de Mayotte. Arrivée au port de Dzaoudzi ABDALLAH MOHAMED et SAINDOU CHEICK possédant des laissée-passées de " l'état d'Anjouan " sont interdits de descendre à Mayotte par manque de visa. Ils ont repris le bateau en compagnie 53 expulsés.
- 21 décembre: L'OUA et une dizaine de pays africains réunis à Pretoria somment la junte de ramener "l'ordre constitutionnel" dans l'archipel. Ils exigent qu'Anjouan signe d'ici le 1er février 2000 l'accord d'Antananarivo.
- 24 décembre le pouvoir séparatiste décide de dissoudre toutes les organisations syndicales.
- 25 décembre : La Fondation anjouanaise des Droits de l'Homme (FADH), ONG reconnue par la FIDH et le PNUD a dénoncé dans un communiqué demande aux chefs séparatistes de revenir sur leurs décisions de violation des Droits de l'Homme et des libertés démocratiques.
- 31 décembre: Le chef séparatiste Abeid critique laccord dAntananarivo, qui, affirme-t-il, risque de faire revenir Anjouan "sous l'autorité de Moroni et des Grands Comoriens".
LES REACTIONS SUR LE REFERENDUM BIDON DES SEPARATISTES ANJOUANAIS :
PARIS RENOUVELLE SON ATTACHEMENT A LINTEGRITES COMORES
La France a renouvelé lundi son attachement à "l'intégrité territoriale" de la République fédérale islamique des Comores (RFIC), après le référendum organisé dimanche sur l'île comorienne d'Anjouan.
Cette consultation, selon le pouvoir séparatiste, s'est traduite par une écrasante majorité en faveur de l'indépendance.
"Nous renouvelons notre attachement à l'intégrité territoriale de la RFIC, ainsi que notre soutien au processus de réconciliation inter-îles dans le cadre de l'accord de Tananarive. Nous appelons les Anjouanais encore une fois à signer sans tarder cet accord. La consultation organisée le 23 janvier 2000 ne saurait remettre en cause cet objectif", a déclaré le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères François Rivasseau.
Les Anjouanais devaient dire par oui ou par non s'ils souhaitaient que les autorités auto-proclamées signent l'accord d'Antananarivo, paraphé en avril 1999 dans la capitale malgache par les deux autres îles de la RFIC (Grande-Comore et Mohéli).
Cet accord, parrainé par l'Organisation de l'unité africaine (OUA), prévoit une nouvelle fédération avec une large autonomie pour chacune des îles.
Selon un responsable anjouanais, "le non à la signature de l'accord d'Antananarivo a recueilli environ 90% des suffrages".
"La France appuie les efforts déployés par l'OUA pour mettre un terme à la double crise séparatiste et institutionnelle qui frappe la RFIC", a ajouté le porte-parole du Quai d'Orsay.
L'OUA a annoncé lundi qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats du référendum.
L'OUA REFUSE DE RECONNAITRE LE REFERENDUM ORGANISE PAR LES SEPARATISTES.
L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) a annoncé lundi qu'elle ne reconnaîtra pas les résultats du référendum qui a eu lieu dimanche sur l'île comorienne d'Anjouan et qui s'est traduit, selon le pouvoir séparatiste, par une écrasante majorité en faveur de l'indépendance.
"L'OUA a déjà condamné vendredi l'organisation de ce référendum et ne reconnaîtra en aucune circonstance ses résultats" quand ils seront publiés par les autorités d'Anjouan qui ont proclamé unilatéralement l'indépendance de leur île du reste des Comores en août 1997, a déclaré à l'AFP Ibrahim Dagash, le porte-parole de l'organisation panafricaine dont le siège est à Addis Abeba.
Selon le haut responsable anjouanais, "le non à la signature de l'accord d'Antananarivo (qui prévoit l'instauration d'une nouvelle fédération des Comores) a recueilli environ 90% des suffrages". "Les résultats officiels ne sont pas encore publiés mais la tendance est irréversible", a-t-il assuré dans la matinée.
Les Anjouanais devaient dire par oui ou par non s'ils souhaitaient que les autorités auto-proclamées signent l'accord d'Antananarivo, paraphé en avril 1999 dans la capitale malgache par les deux autres îles des Comores (Grance-Comore et Mohéli). Cet accord, parrainé par l'OUA, prévoit une nouvelle fédération avec une large autonomie pour chacune des îles.
Le référendum avait été annoncé le 11 janvier en réponse à l'OUA et une dizaine de pays africains qui ont sommé Anjouan de signer l'accord d'Antananarivo avant le 1er février 2000.
Aucun pays ni aucune organisation internationale n'a reconnu à ce jour l'Etat auto-proclamé d'Anjouan. Les séparatistes au pouvoir ont clairement annoncé au cours de leur campagne pour le non que ce référendum avait pour but de démontrer à l'OUA et, au delà, à la communauté internationale, que la majorité des quelque 250.000 Anjouanais ne souhaitaient pas retourner dans une fédération dirigée par Moroni.
DU GROUPE DE REFLEXION SUR LE DEVENIR DES COMORES
Le GRDC considère qu'il n'est même pas nécessaire de commenter le référendum qui devrait avoir lieu demain 23 janvier 2000 à Anjouan. Tous les esprits avertis savent bien sûr qu'il s'agit d'une manipulation de plus des séparatistes pour légitimer leur conduite suicidaire et conserver le pouvoir.
Rappelons toutefois que les récentes informations en provenance d'Anjouan montrent que si en août 99 la population d'Anjouan s'était contentée de bouder les pseudos " législatives", aujourd'hui la résistance est nettement plus marquée puisque les autorités ont été empêchées de tenir leur meeting prévu à Mutsamudu le 20 janvier 2000 et que des incidents auraient éclaté dans le Nyumakélé et à Moya, tandis que des jeunes ayant hissé le drapeau comorien à Pagé ont été expulsés vers Mohéli.
Il va falloir encore une fois que les séparatistes aient recours aux traditionnelles méthodes de pression et de trucage des résultats pour s'assurer d'un score conforme à leurs souhaits.
Gageons qu'ils seront bien conseillés puisqu'ils auront à leurs côtés Jean Claude Vallée embarqué ce matin samedi 22 janvier depuis Mayotte à destination d'Anjouan accompagné de messieurs Bosviel, Hubert, Arthmise, Foucque, Emery, Fornes, Fontaine et Hassanaly prétendument journalistes pour la plupart ou qui sait pseudos investisseurs...
22/01/2000
DECLARATION DU F.D. SUR LE REFERENDUM SEPARATISTE DU 23 JANVIER 2000
Une mascarade de plus, que dire une provocation de plus, un acte de mise à mal de lunité nationale, telle est lépreuve que les séparatistes font subir au peuple comorien en prenant en otage lîle de Ndzuwani.
Défi à la communauté internationale ; cest en effet lexplication de cette fuite en avant séparatiste. Cest à Pretoria, en décembre 99 que cette nouvelle spirale de laventure séparatiste a été relancée. A la sommation de lO.U.A. de signer laccord DAntananarivo, ABEID, Abdallah Mohamed et Saindou Chehi prétendent le faire ratifier par une consultation de la population. Une hypothèse inadmissible donc rejeté par lOrganisation Continentale qui, devant les faux-fuyants séparatistes, pose léchéance du 1er février pour la signature de lAccord. Cest pour échapper à leurs responsabilités des crimes quils commettent que les chefs séparatistes vont organiser cette prétendue consultation populaire du 23 janvier 2000 dont le déroulement de la campagne, comme du scrutin lui-même, est un témoignage accablant de la prise en otage de la population de lîle.
En effet, on est loin des années 97 où les séparatistes avaient pu embrigader la population. Point de cela aujourdhui. Lenthousiasme a cédé la place au désenchantement. Cest une foule clairsemée qui assiste aux meetings où les maîtres chanteurs séparatistes distillent leur haine et menacent de représailles ceux qui vont à lencontre de leurs volontés. Pour tenir leurs meetings à Mutsamudu, mercredi, les séparatistes ont dû transformer la ville en garnison avec démonstration de force des embargos en patrouille à tous les coins de rue. Et pour compléter le tableau ils livrent la chasse à tout ce qui bouge, aux patriotes comme cest le cas du militant F.D., lex député du Nyumakélé, Moussa Houmadi qui a été molesté par les embargos pour soit disant " avoir reçu largent pour distribuer en faveur du oui aux accords dAntananarivo ".
Quant au déroulement du scrutin, labsence disoloir est déjà symbolique du peu de confiance que les séparatistes accordent à la population. Il faut noter surtout le fait que la population elle-même a boudé les urnes qui vont donc être bourrées par les séparatistes.
Résultat prévisible, plus de 90% enregistré contre les accords dAntananarivo.
Il ressort de ces considérations que pour le F.D. :
- le scrutin séparatiste du 23 janvier 2000 qui nest, ni prévu par la constitution comorienne, ni par les Accords dAntananarivo, est nul et non avenu.
- Par cet acte de défiance, les séparatistes viennent de démontrer lépuisement du rouleau des formes pacifiques de résolution de la crise.
Alors, la question se pose : va-t-on laisser plus longtemps encore une poignée de hors la loi au service dintérêts étrangers prendre en otage la population de lîle de Ndzuwani, mettant en danger lintégrité du territoire national ? Il est temps que lO.U.A. prenne la mesure de cette fuite en avant séparatiste et quà la date buttoir du 1er février elle adopte les sanctions propres à restaurer lintégrité des Comores. Il faut pacifier lîle de Ndzuwani dont la population est martyrisée par une mafia sans foi ni loi.
Moroni le 24 janvier 2000
Le B.E. du F.D.
REFERENDUM A ANJOUAN VU PAR LA PRESSE
OCEAN INDIEN : LES ANJOUANAIS ONT IMPOSE LE NON AU REFERENDUM JIR -
Les séparatistes au pouvoir sur l'île comorienne d'Anjouan espèrent profiter de leur écrasante victoire dimanche lors d'un référendum qu'ils ont étroitement contrôlé pour imposer sur la scène diplomatique leur indépendance proclamée unilatéralement.
En fin d'après-midi lundi, les autorités de Mutsamudu, "capitale" de l'"Etat" d'Anjouan, n'avaient toujours pas publié les résultats officiels mais un de leur haut responsable a assuré que les partisans de l'indépendance l'avaient emporté à une très large majorité.
Toutefois, la reconnaissance de l'indépendance, proclamée début août 1997, paraissait mal engagée lundi: l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), qui mène la bataille internationale contre Mutsamudu, a annoncé qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats de la consultation.
"Le non à la signature de l'accord d'Antananarivo a recueilli environ 90% des suffrages", a assuré le haut responsable anjouanais. "Les résultats officiels ne sont pas encore publiés mais la tendance est irréversible", a-t-il assuré.
Les anjouanais devaient dire s'ils souhaitaient ou non que les autorités auto-proclamées signent l'accord d'Antananarivo, paraphé en avril 1999 par les deux autres îles de la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) -- Grande-Comore et Mohéli--. Parrainé par l'OUA, l'accord prévoit une nouvelle fédération avec une large autonomie pour chaque île.
Aucun chiffre concernant la participation n'avait été publié en fin d'après-midi. Anjouan compte quelque 250.000 habitants. Les séparatistes ont milité massivement pour le non tout en empêchant par intimidation les partisans du oui de mener campagne, selon de nombreux témoignages.
Le référendum, qui s'est déroulé en l'absence de tout observateur international, avait été annoncé le 11 janvier en réponse à l'OUA et une dizaine de pays africains qui ont sommé Anjouan de signer l'accord d'Antananarivo avant le 1er février 2000.
"L'OUA avait condamné vendredi l'organisation de ce référendum et ne reconnaîtra en aucune circonstance ses résultats", a déclaré à l'AFP lundi Ibrahim Dagash, le porte-parole de l'OUA à Addis Abeba.
Pendant leur campagne, les séparatistes au pouvoir ont clairement annoncé que le référendum devait démontrer à l'OUA et à la communauté internationale, que la majorité des anjouanais ne souhaitaient pas retourner dans une fédération dirigée par Moroni.
Dimanche soir, Mutsamudu avait déjà annoncé que lundi serait férié et décrété "journée de la victoire". Dans la matinée, alors que les résultats n'étaient pas officiellement connus, un concert populaire a rassemblé plusieurs centaines de personnes pour fêter la "victoire" dans le centre de Mutsamudu, a constaté le correspondant de l'AFP.
"Nous allons inviter l'OUA à reconsidérer sa position", a déclaré à l'AFP Abdallah Mohamed, conseiller du "président" anjouanais, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderamane. "Nous allons reformuler nos propositions pour une confédération des îles comoriennes, une vraie confédération d'Etats", a-t-il ajouté, contacté à Mutsamudu depuis Nairobi.
Les séparatistes proposent de conserver leur indépendance en concédant que la défense, la diplomatie (sauf les relations bilatérales), la monnaie, la culture, la religion, et la nationalité comorienne demeurent du ressort de l'autorité confédérale. "Pas question", a rétorqué le porte-parole de l'OUA, martelant: "Il leur était proposé une plus large autonomie à travers l'accord d'Antananarivo. Ils doivent avancer seulement sur cette voie".
De son côté, la France, ancienne autorité coloniale aux Comores, a rappelé son attachement à "l'intégrité territoriale" de la RFIC et à l'accord d'Antananarivo. "La consultation" de dimanche "ne saurait remettre en cause cet objectif", a estimé Paris.
Le message des sécessionnistes s'est mérité un large appui dans les régions rurales d'Anjouan, malgré une certaine opposition dans la capitale, Mutsamudu. La victoire des forces du " non " était largement attendue. Certains électeurs ont cependant contesté l'écart des voix séparant les vainqueurs des vaincus.
" Je connais beaucoup de gens qui étaient en faveur de l'accord d'Antananarivo, a affirmé lundi un habitant de Mutsamudu. Ce scrutin n'était pas équitable. "
La Commission électorale anjouanaise n'est pas indépendante et aucun observateur étranger n'a pu surveiller le déroulement du scrutin. Les membres du personnel électoral insistent pourtant sur le caractère démocratique du scrutin tenu.
Le colonel Abeid a déclaré que ce référendum avait été " un moment historique pour nous tous " et il a ajouté qu'il fallait en respecter les résultats. " Il était important de permettre à notre peuple de s'exprimer. "
Une assemblée ministérielle de l'OUA a exhorté le mois dernier Anjouan à appuyer l'entente intervenue à Antananarivo avant le 1er février, et a recommandé l'imposition de sanctions économiques si elle s'y refusait.
Lundi, l'OUA a condamné " l'intransigeance des dirigeants séparatistes ". Elle a déclaré qu'elle s'affairait à mettre en oeuvre les mesures envisagées... en cas de rejet, par Anjouan, de l'accord d'Antananarivo.
Depuis qu'elles ont obtenu leur indépendance de la France, en 1975, les Comores ont souffert d'un état quasi permanent de crise politique; ont subi 18 coups ou tentatives de coups militaires.
LES SÉCESSIONNISTES REJETTENT LE PLAN DE PAIX REUTERS-
L'île de Mohéli a accepté le plan de paix, qui prévoit notamment une rotation à la présidence de la République entre les trois îles de l'archipel. Les leaders d'Anjouan ont pour leur part jugé que le plan ne ferait que rétablir la domination de la Grande Comores.
Le message des sécessionnistes s'est mérité un large appui dans les régions rurales d'Anjouan, malgré une certaine opposition dans la capitale, Mutsamudu. La victoire des forces du " non " était largement attendue. Certains électeurs ont cependant contesté l'écart des voix séparant les vainqueurs des vaincus.
" Je connais beaucoup de gens qui étaient en faveur de l'accord d'Antananarivo, a affirmé lundi un habitant de Mutsamudu. Ce scrutin n'était pas équitable. "
La Commission électorale anjouanaise n'est pas indépendante et aucun observateur étranger n'a pu surveiller le déroulement du scrutin. Les membres du personnel électoral insistent pourtant sur le caractère démocratique du scrutin tenu.
Le colonel Abeid a déclaré que ce référendum avait été " un moment historique pour nous tous " et il a ajouté qu'il fallait en respecter les résultats. " Il était important de permettre à notre peuple de s'exprimer. "
Une assemblée ministérielle de l'OUA a exhorté le mois dernier Anjouan à appuyer l'entente intervenue à Antananarivo avant le 1er février, et a recommandé l'imposition de sanctions économiques si elle s'y refusait.
Lundi, l'OUA a condamné " l'intransigeance des dirigeants séparatistes ". Elle a déclaré qu'elle s'affairait à mettre en oeuvre les mesures envisagées... en cas de rejet, par Anjouan, de l'accord d'Antananarivo.
Depuis qu'elles ont obtenu leur indépendance de la France, en 1975, les Comores ont souffert d'un état quasi permanent de crise politique; ont subi 18 coups ou tentatives de coups militaires.
REFERENDUM A ANJOUN : CONTRE UNE FEDERATION AVEC LES COMORES.
Les habitants d'Anjouan ont voté par référendum dimanche à 94,47% contre la signature de l'accord d'Antananarivo qui prévoit le rattachement de l'île séparatiste au reste des Comores au sein d'une fédération, selon les chiffres officiels publiés mercredi soir.
Ce référendum, organisé par les séparatistes au pouvoir sur cette île de l'Océan indien qui a proclamé unilatéralement son indépendance des Comores le 3 août 1997, a enregistré un taux de participation de 90,31%, selon les chiffres de la commission d'homologation reçus par l'AFP à Nairobi. Dimanche pourtant, un correspondant de l'AFP a constaté que l'affluence avait été relativement faible dans 25 bureaux de vote visités sur les 187 officiellement ouverts, aussi bien dans la "capitale" d'Anjouan, Mutsamudu, que dans les campagnes.
Sur 149.407 électeurs inscrits, 134.935 (90,31%) ont voté et 127.479 (94,47% des votants) se sont prononcés pour le "non" à la signature de l'accord d'Antananarivo, selon les résultats officiels.
Lundi, un responsable du pouvoir séparatiste à Mutsamudu, qui avait étroitement contrôlé la campagne et le scrutin et appelé à voter "non", avait assuré à l'AFP que les partisans de l'indépendance s'étaient prononcés pour le "non" à près de 90%.
Les séparatistes avaient organisé dans la hâte ce référendum annoncé le 11 janvier pour répondre à l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) et une dizaine de pays africains qui ont sommé Anjouan de signer l'accord d'Antananarivo avant le 1er février 2000.
Paraphé en avril 1999 par les deux autres îles de la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) -- Grande-Comore et Mohéli-- et parrainé par l'OUA, il prévoit une nouvelle fédération avec une large autonomie pour chaque île.
Dès le lendemain de la consultation, l'OUA avait annoncé qu'elle n'en reconnaîtra "en aucune circonstance" les résultats.
Les séparatistes ont usé de l'intimidation pour empêcher les partisans du "oui" de mener campagne, selon de nombreux témoignages dans la semaine qui a précédé la consultation.
Faux, rétorque le "président" auto-proclamé d'Anjouan, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderemane, dans une déclaration datée de mercredi et reçue par l'AFP à Nairobi: "Tous les Anjouanais étaient invités à s'exprimer durant la campagne", explique M. Abeid. L'OUA, l'ONU, l'Organisation internationale de la Francophonie, la France et tous les pays de la région avaient été invités à envoyer des observateurs pour le référendum, a rappelé le "président" anjouanais, déplorant qu'aucun ne soit venu. Aucun pays, aucune organisation internationale n'a reconnu à ce jour l'indépendance d'Anjouan.
"Les autorités anjouanaises constatent donc l'échec de la médiation de l'OUA dont le manque d'objectivité, l'obstination à imposer une solution préconçue et l'obsession de son secrétaire général à faire du dossier comorien une affaire personnelle (...) et demandent donc, avec force, à toutes les instances concernées que ce dossier soit retiré à l'OUA pour être confié à l'ONU", réclame le lieutenant-colonel Abeid dans sa déclaration.
Les séparatistes au pouvoir refusent "l'Union des îles Comores" prévue à Antananarivo et proposent une "confédération des îles comoriennes, une vraie confédération d'Etats", afin de conserver leur indépendance tout en concédant que la défense, la diplomatie (sauf les relations bilatérales), la monnaie, la culture et la religion ainsi que la nationalité comorienne demeurent du ressort de l'autorité confédérale.
-AFP-LE 27/1/00
ANJOUAN, AZALI ET L'OPPOSITION CACOPHONIE? QUAND TU ME TIENS....
Après avoir misé sur les concertations de Mohéli, les séparatistes sont pris de panique et semblent vouloir prendre pour cible les putschistes. Il ne fait pourtant aucun doute qu'en couvrant les discussions et en se référant aux communiqués de Mohéli, les chefs séparatistes ont légitimé le pouvoir du colonel de Moroni. Ce dernier, après une vingtaine d'années passées dans les plus hautes sphères de l'armée, cherche à se laver de toute responsabilité dans la gestion du pays en se posant comme simple témoin de l'histoire. Pendant ce temps, l'opposition se prend de plus en plus les pieds dans des discussions interminables sur les choix politiques et les stratégies de lutte. Cacophonie quand tu me tiens
Dans un communiqué rendu public le 30 décembre, Hadji Said Abdallah, agissant en qualité de ministre des affaires étrangères de "l'Etat d'Anjouan" exprime les regrets des autorités anjouanaises à propos du communiqué de l'Organe Central du Mécanisme de l'OUA pour la Prévention, la Gestion et le Règlement des conflits en date du 27 décembre 1999.
Les autorités d'Anjouan déplorent les termes de la résolution: "l'OUA somme les anjouanais à approuver cet accord avant le 1er février prochain alors qu'une illégalité règne dans la capitale grande comorienne sous son il protecteur".
"L'OUA prouve une fois de plus, à la communauté internationale sa politique de deux poids deux mesures". Après avoir misé sur les concertations de Mohéli entre les deux colonels, Anjouan fait feu de tous bois et semble prendre pour cible les putschistes de Moroni qu'ils avaient jadis légitimé en couvrant les discussions et en se référant aux communiqués de Mohéli.
" Je vais jouer les prolongations"
Abeid, acculé par la communauté internationale veut convaincre qu'au delà du problème sécessionniste de l'île d'Anjouan, la légalité républicaine est un sujet de premier ordre auquel devait se préoccuper l'organisation panafricaine au lieu de s'attaquer directement aux dirigeants séparatistes.
Pendant ce temps, le chef de la junte militaire qui avait, dans un premier temps, donné l'illusion de mener des négociations sérieuses avec Anjouan, vient de découvrir qu'Abeid le mène en bateau.
En effet, il vient de confirmer dans une conférence de presse, qu'Abeid est animé de mauvaise foi. Le colonel de Moroni semble vouloir rester aux commandes de l'Etat, assumer lui-même la transition jusqu'aux prochaines élections présidentielles. Il entend donc, contrairement à ses affirmations, "jouer les prolongations". Il a quitté depuis un mois le treillis militaire et s'exhibe en public en costumes ou en boubou traditionnel. "Je suis là, et je reste", lance-t-il désormais, après le fameux "Je suis là et bien là" de Mitsamiouli. Un défi à ceux qui avaient cru qu'il allait regagner les casernes de son plein gré. Or si la signature des anjouannais intervenait avant le 1er juillet, elle mettra en selle l'accord d'Antanarivo. Celui-ci recommande, une rencontre d'urgence de la Commission Chargé de la Mise en uvre de l'Accord d'Antanarivo et tient comme incontournable la formation immédiate d'un nouveau gouvernement représentatif des formations politiques impliquées dans la crise.
L'art de mélanger les pédales
Azali aura beau expliquer que son gouvernement est représentatif des partis, les données vont fondamentalement changer, les rapports de force aussi. On ne compte dans ce nouveau gouvernement Bianrithi que trois signataires de l'accord qui se sont ralliés au putsch, la coordination mohélienne, le FNJ et le PASOCO.
L'opposition, s'il n'a pas encore de défection grave des partis traditionnels, ne semble pas devoir trouver de si tôt ses repères et son souffle. Pour la première fois en face d'un gouvernement militaire, elle se prend les pieds dans des discussions interminables sur les choix politiques à venir, surtout sur les formes de lutte. Si certains d'entre eux envisagent une fin de carrière honorable en assurant la gestion de la transition, d'autres plus animés d'ambitions présidentielles ont du mal aujourd'hui à arrêter les formes de lutte plus actives. Azali dans son discours de la Ide el-fitr a cru bon rechercher la confrontation au lieu d'appeler à la paix et à la concorde, comme le veut la coutume. Il a préféré accabler ses opposants civils de tous les maux, en les culpabilisant moralement et en maintenant, comme l'épée de Damoclès, la menace d'une éventuelle ouverture de la boîte de pandore notamment en ordonnant des enquêtes sur les détournements présumés de l'argent public.
La question est de savoir si après avoir été, une vingtaine d'années durant, dans les plus hautes sphères de l'armée, peut-on facilement s'en laver les mains et se poser en témoin de l'histoire?
Ahmed Ali Amir La Gazette des Comores N°27 du 13/01/2000
TRIBUNE LIBRE: CRISE SEPARATISTE QUELLE SOLUTION?
Les points de vue exprimés dans notre rubrique " TRIBUNE LIBRE" n'engagent que leurs auteurs et non pas la rédaction du journal. Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, nous vous invitons à prendre connaissance de la contribution d'Ali Mohamed GOU MASIWA N°23-24/12/99.
La Rédaction
Le temps passe, et le cauchemar anjouannais persiste. Il y a déjà sept mois depuis que Azali a pris le pouvoir par les armes pour "sauver le pays du chaos" en prônant une politique favorable à la réconciliation nationale. Dans les différents discours qu'il prononce ces derniers temps, le colonel est sûr de sa bonne direction et présente un bilan d'auto-satisfaction: il continue à penser qu'Anjouan signera les Accords d'Antananarivo. Après une longue période d'hésitation et de tâtonnement, le colonel se montre donc déterminé à trouver une solution négociée à la crise politique.
Si Azali a réussi à éviter l'éclatement d'une guerre civile qui aurait été fatale pour le pays entier en avril dernier, il faut reconnaître qu'il a échoué sur le dialogue inter-comorien. La position des chefs séparatistes anjouannais qui détiennent le pouvoir réel dans l'île est toujours inchangée. Dans ce contexte de blocage, on voit mal comment le chef de Kandani peut réussir sa mission dans les cinq mois à venir sans détermination et fermeté devant l'intransigeance des indépendantistes à Ndzuani.
La mise en place d'un gouvernement représentatif de la classe politique comorienne avec un Premier Ministre placé sous le contrôle du colonel est-elle la solution appropriée? Les partis signataires du Manifeste du 8 novembre 1999 y croient. Mais l'on oublie rapidement que le vrai problème est d'impliquer Abeid et ses hommes dans une formation gouvernementale représentative des courants en conflits.
Mais si l'intransigeance persiste, ne serait-il pas grand temps d'envisager sérieusement une solution militaire pour sauver l'unité nationale et lancer enfin une vraie politique de reconstruction économique, équilibrée et durable. " Ba mondroa ba ". L'on ne peut, sous prétexte d'une crainte de dégâts matériels ou pertes humaines continuer à sacrifier toute une partie de la population comorienne. Chaque jour qui passe le nombre des victimes innocentes ne fait qu'augmenter. La population, complètement désorientée, attend la solution miracle.
LE HOLD-UP
Par Aboubacar MCHANGAMA
L'armée a pris le pouvoir le 30 avril dernier "pour sauver le pays du chaos" a dit le chef de la junte militaire, le colonel Azali Assoumani. Le nouvel homme fort de Moroni a déclaré qu'il n'entend pas s"éterniser aux commandes de l'Etat", assurant qu'il rendrait le pouvoir aux civils le 14 avril de Ian 2000.Laccélérateur
Simple en apparence, le putsch du colonel Azali Assoumani n'en demeure pas moins énigmatique. Et ce ne sont pas les explications -certaines fantaisistes- fournies par son auteur pour le justifier qui pourraient l'éclaircir. Bien au contraire.
Une chose au moins paraît acquise : le coup d'Etat du 30 avril présenté comme une action de sauvetage de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale, participa au contraire au processus de désagrégation en cours du pays. Mieux, sinon pire, il et y joue un rôle maîtresse à la fois d'accélérateur et de "stabilisation" du mouvement ; lequel désormais ne devrait plus être anarchique à la mode "embargos" (L'ARCHIPEL n°175, p.5) ; mais maîtrisé, co-piloté par deux militaires, Abeid et Azali qui, chacun à sa manière, à Moroni et à Mutsamudu, ont pris presque simultanément le pouvoir ; et semblent s'être entendus pour aller le plus rapidement possible vers ce séparatisme mutuellement consenti, "avec le souci" dira le colonel Azali, "de s'affranchir de toute ingérence". Comprendre celle de l'OUA. Tout au moins qu¹elle soit la plus limitée possible pour ne pas contrecarrer ce que les deux hommes, dans leur communiqué commun de Mohéli, appellent " les aspirations des populations " (sic) des Iles Comores. Hier avec Mayotte, aujourd'hui pour Anjouan, la même formule lisse pour les trahisons coupables.
La première victime du coup d'Etat du colonel Azali n'est pas la démocratie comme on pourrait le penser. C'est l'armée elle-même. Légaliste et censé être apolitique, dont l'un des devoirs est la loyauté envers le pouvoir légalement établi, l'armée vient de franchir un pas décisif. Elle s'est investie dans la politique... par la force des armes de la République quelle était censée obéir et servir. L'armée n'est plus neutre. Plus personne ne pourra plus faire confiance à cette armée d'ailleurs peu glorieuse. A l'image d'un pays divisé, l'armée est désormais cassée. Et ce n'est pas le seul paradoxe de ce putsch.
Le 30 avril dernier, soit une semaine après la signature de l'Accord d¹Antananarivo consacrant la disparition de l'entité "l'archipel des Comores", et instituant I'"Union des Iles Comores ", le colonel Azali prenait le pouvoir à Moroni ; dénonçant lincapacité des civils à gérer le pays. On sattendait donc à un pouvoir kaki. Surprise : non seulement ce nouveau pouvoir militaire est presque exclusivement dirigé par des civils dont certains, et non des moindres, ont déjà servi les régimes passés et sont loin d'être des modèles d'efficacité et de probité, de confiance surtout ; au point de dérouter certains militaires à l'esprit bidasse qui ne comprennent rien à cette situation. C'est que selon un officiel lessentiel du changement intervenu le 30 avril visait avant tout à "mettre définitivement à l'écart une catégorie d'hommes politiques", et favorise l'émergence d'une "nouvelle génération", d'une "nouvelle classe politique" dira le colonel Azali. Un proche du nouveau homme fort de Moroni avouera d'ailleurs "Tous ces politiciens qu'on voit depuis des années, il faut les changer(..). Nous on a chassé nos vieux dans l'armée, maintenant les jeunes doivent dégager les vieux politiciens"(sic). L'auteur du putsch lui-même insiste énormément sur cette "nouvelle génération " comme gage de réussite de son putsch: "Il faut faire confiance à cette nouvelle génération de citoyens comoriens plus ouverts aux réalités modernes", laquelle, à ses yeux, devrait constituer le socle autour duquel sorganiserait la classe politique dirigeante de demain, capable de piloter une conception nouvelle de l'Etat que les aînés seraient incapables de comprendre, d'accepter et d'appliquer. Azali: "C'est peut-être pour n'avoir pas compris cela que d¹autres classes politiques ont failli compromettre, voire tuer notre précieux Etat encore à l'état embryonnaire et effectivement inachevé ".
Et lorsque le colonel Azali jure qu'il n'a nullement l'intention de s'éterniser aux commandes de l¹Etat", et qu'il remettra le pouvoir aux civils le 14 avril de l'an 2000 ; gageons que dans son esprit il authentifie un segment particulier de ces civils; et que rien ne sera négligé pour barrer la route à tous ces " vieux " qu¹il vient de démobiliser sans coup férir pour impéritie. Et pour mieux les mettre hors détat de nuire, Azali ne s'est pas seulement contenté de les mettre à la retraite politique anticipée. Il s'est également mis en charge de dépouiller leurs partis de quelques-uns de leurs figures emblématiques. A lexception du MDP-NDGDC et, du FAR, aucun parti na pu résister à l'appel aux armes. Y compris le Shuma. Du coup les partis politiques se retrouvent déstabilisés de l'intérieur et discrédités aux yeux d'une certaine opinion. Le commun des Comoriens qui a goûté la potion mercenaire d'Ahmed Abdallah, gorgé de la gendocratie mafieuse de Djohar, et gavé des délices vénéneuses du "Réhémani" de Taki, et qui de surcroît ne comprend que dalle à la fumeuse "théorie de la complexité" (FD), pour ce Comorien-là, "la politique n'est rien d'autre que de la foutaise" dit ce taximan, "que ce soit un civil ou un militaire, un jeune ou un vieux, pour ces gens-là (ndlr: les politiciens), l'essentiel c'est d'avoir un bon poste avec un bon "robinet" et s'en mettre bien plein les poches ". Parole d'un épicier. Scepticisme et lassitude ont frayé le chemin à toutes les démissions. Et c'est tout bénéfice pour le nouveau pouvoir. Neuf ou pas, le colonel Azali a besoin d'une génération d'hommes "sans complexe, sans parti pris idéologique, confiante en elle-même". Mais surtout sans état d'âme. Sultan Chouzour et Abdou Soefou ont montré la voie. Ces nouveaux mousquetaires on ira les chercher dans les "organisations représentatives de la société civile, des régions, des associations à vocation économique et sociale ". Priorité au politique.
Le 3 août 1997, Anjouan avait engagé la rupture institutionnelle et politique avec Moroni. L'Accord d'Antananarivo a enterré l'entité "l'archipel des Comores". Les manifestations anti-anjouanaises d'avril dernier, précédées par le rassemblement du 9 mars, ont porté un coup décisif à l'existence d'un même peuple comorien. La future architecture institutionnelle qui selon Azali, "garantirait aux entités géographiques la plus grande liberté de gérer leurs propres affaires" serait tellement molle qu'on ne pourra plus guère parler de pays. Dans cette future UIC l'unité ne serait que factice. De pure forme. A prendre ou à laisser. Et toutes ces péripéties en cours ressemblent fort à une opération d'appontage pour " nous ramener dans le droit chemin" selon le colonel Azali. Et le plus vite possible. D'aucuns parlent de certaines échéances mahoraises dont il faudrait tenir compte. En l'état actuel des choses la revendication comorienne sur Mayotte na plus aujourd'hui guère de sens. Aucun pouvoir, national ou insulaire, na Iautorité politique ou morale suffisante pour la formuler. Voilà au moins un problème de virtuellement " réglé ".
LETTRE DE LAUDEC AU PREMIER MINISTRE FRANCAIS EN DATE DU 24/12/99
Nous avons respectueusement l'honneur de solliciter votre attention sur la situation préoccupante des Comores.
Comme vous le savez, les Comores sont confrontées depuis le 3 août 1997 à une grave crise séparatiste ; celle-ci a plongé ce pays dans une situation périlleuse et risque de déstabiliser l'ensemble de la région de l'Océan indien. Malgré les efforts déployés par la communauté internationale et notamment par l'OUA et la COI, la crise n'est toujours pas réglée. Les séparatistes anjouannais continuent à narguer la communauté internationale en multipliant les entraves à la mise en uvre de lAccord d'Antananarivo qui constitue un cadre de règlement pacifique de la crise comorienne.
Le gouvernement français a publié plusieurs communiqués prenant position pour la défense de l'unité et de l'intégrité territoriale des Comores. Nous ne pouvons que nous réjouir de ses prises de position officielle. Et pourtant, nous sommes plus que troublés par les agissements de la Préfecture de Mayotte qui traduisent une complicité totale avec la mésaventure des séparatistes anjouannais.
Dès le début de cette crise, les séparatistes se sont servis de l'île de Mayotte pour mener leurs actions de déstabilisation de l'Etat comorien. Ils y ont installé leur base-arrière. Les exemples sont abondants. Nous allons en prendre quelques-uns pour illustrer nos propos. Les bulletins ayant servi aux référendums bidon organisés par les séparatistes ont été fabriqués à Mayotte. Les passagers en provenance d'Anjouan sont régulièrement autorisés à entrer à Mayotte avec un passeport revêtu du cachet " Etat d'Anjouan" et non du cachet officiel de la RFIC ( République Fédérale Islamique des Comores ) comme cela devrait être le cas. Par ailleurs, les responsables séparatistes chargés d'aller faire la propagande de "l'Etat d'Anjouan" ont toujours transité par Mayotte sans qu'ils aient été inquiétés outre mesure par la Police de l'Air et des Frontières. C'est le cas récemment du Colonel ABEID qui a transité par Mayotte pour se rendre à la Réunion le 2 décembre 1999 à la veille de l'ouverture du sommet de la COI, accompagné de deux de ses proches. Pourquoi ce chef séparatiste a t-il été autorisé à quitter Mayotte et à entrer à la Réunion alors qu'il s'oppose de manière farouche à la mise en uvre d'un accord ayant reçu la caution de la communauté internationale dans la capitale malgache en avril 1999? Pourquoi les chefs séparatistes ont -ils été autorisés à transiter régulièrement par Mayotte alors que plusieurs d'entre eux ne disposent pas d'un passeport établi par les autorités comoriennes? Voilà autant d'exemples qui ont brouillé la politique française aux Comores, permis aux séparatistes d'afficher partout qu'ils bénéficient du soutien actif de la France et jeter un coup de froid dans les relations d'amitié existant entre les peuples comorien et français.
Nous venons d'apprendre que le Préfet de Mayotte a décidé de refouler le vendredi 17 décembre 1999 deux chefs séparatistes car ils voyageaient avec un laisser-passer établi par "l'Etat d'Anjouan" donc n'ayant aucune valeur juridique car cet Etat imaginaire n'a été reconnu par aucun pays du monde. Cette décision a été accueillie avec soulagement par la forte communauté comorienne installée en France métropolitaine et à la Réunion. C'est la première fois que des chefs séparatistes ont été refoulés par le Préfet de Mayotte. Nous souhaitons qu'il ne s'agisse pas d'une simple mesure de circonstance mais qu'elle traduit un réel engagement de votre gouvernement de contribuer à un règlement rapide de la crise comorienne.
Nous souhaitons, Monsieur le Premier Ministre, que des mesures de rétorsion soient également prises à l'encontre des chefs séparatistes possédant la nationalité française. C'est le cas notamment du Colonel ABEID et de M. Chamasse Saïd Omar, deux militaires français qui se sont accaparés du pouvoir politique à Anjouan et qui font la navette entre Mayotte et Anjouan sans qu'ils soient du tout inquiétés par les autorités préfectorales. Est-il admissible que des ressortissants français qui ont pris la population d'Anjouan en otages, imposent leur pouvoir par la terreur exercée par les milices, bafouent ouvertement un accord accepté par les parties signataires comoriennes et la communauté internationale, puissent agir en toute impunité? Les ressortissants français sont-ils autorisés à entreprendre des actions illégales et subversives dans les pays étrangers et revenir en France sans qu'ils n'aient aucun compte à rendre en la justice de leur pays ? Vous en conviendrez que si une telle doctrine est officiellement admise, cela serait extrêmement préjudiciable à l'image et au rayonnement d'une grande puissance comme la France. Afin d'influer pour un dénouement rapide de la crise comorienne, nous vous demandons de transmettre des directives claires au Préfet de Mayotte afin que les chefs séparatistes anjouannais qu'ils aient la nationalité comorienne ou française ne soient plus autorisés à transiter par Mayotte pour entreprendre leurs actions de déstabilisation de l'Etat comorien. Une telle mesure permettrait de clarifier la politique française face à la crise comorienne, de dissiper les malentendus et de rétablir un climat de confiance entre les deux pays.
En attendant qu'une solution politique puisse être trouvée entre les Etats comorien et français au sujet du conflit de souveraineté qui les oppose au sujet de l'île de Mayotte, nous réclamons des mesures d'allégement pour les ressortissants comoriens qui désirent se rendre dans cette île pour des raisons d'ordre sanitaire ou familial. Nous souhaitons que le visa leur soit octroyé à l'entrée du territoire sans quils soient soumis à des démarches longues et pénibles d'obtention d'un visa. Nous souhaitons qu'on applique le même dispositif que pour le cas des Mauriciens qui viennent à la Réunion. Cela permettrait de mettre un terme aux nombreux drames engendrés par les tentatives d'entrée clandestine à Mayotte. Nous pensons que seule une libre circulation des personnes et des biens entre les 4 îles de l'archipel permettrait de réduire de manière significative ces nombreuses tragédies qui défraient la chronique.
En vous remerciant d'avance pour l'attention que vous accorderez à notre présente demande, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de nos hommages les plus respectueux.
Pour le bureau de lAUDEC
Le secrétaire Général
Mohamed AHMED
COMMUNIQUE DE PRESSE DE LAUDEC
Le référendum organisé par les séparatistes anjouannais vient de s'achever. Le résultat est sans surprise car il était connu d'avance. Ce scrutin sans enjeu véritable n'a été précédé par aucun débat démocratique. Les séparatistes ont largement fait campagne pour le non, alors que les partisans du oui en ont été empêchés, par intimidation.
Les opérations de vote se sont déroulés dans la confusion la plus totale: les électeurs devraient d'abord se renseigner auprès des assesseurs pour savoir où déposer leur bulletin, aucune liste électorale n'ayant été publiée; ils devraient ensuite présenter une ancienne carte d'électeur, les autorités séparatistes n'ayant pas eu le temps d'en distribuer de nouvelles. Si le votant n'en n'avait pas, on lui demandait simplement son nom, les assesseurs vérifiaient s'il figurait sur les listes électorales et il pouvait voter, sans nécessairement avoir à justifier son identité. Un tel cafouillage au niveau de l'organisation du scrutin a donné lieu à toutes les fraudes imaginables.
Tous les organismes internationaux ont refusé de cautionner ce qui s'apparente comme une manuvre politicienne des séparatistes.
Le gouvernement français et l'OUA ont publié ce jour des communiqués condamnant ce scrutin qui n'a aucune valeur politique ou juridique.
Nous condamnons énergiquement cette mascarade électorale qui vise tout simplement à saboter les efforts déployés par les parties signataires comoriennes et la communauté internationale visant à parvenir à un règlement pacifique de la crise comorienne. Ce référendum traduit une nouvelle fuite en avant des chefs séparatistes qui préfèrent privilégier leurs intérêts personnels au détriment des intérêts majeurs de la population. Ils préfèrent maintenir l'île d'Anjouan dan un Etat de non droit afin de continuer à s'enrichir de manière inconsidérée.
C'est la 3ème fois que les séparatistes organisent un référendum à Anjouan. Mais la communauté internationale a à chaque fois considéré les résultats qui ont été proclamés par les chefs séparatistes suite aux scrutins illégaux qu'ils ont organisé comme nuls et non avenus. Cette élection, loin de résoudre la crise comorienne, complique inutilement une situation qui est déjà très complexe. Les séparatistes ont renié leurs engagements publics pris devant la capitale malgache en avril 1999. Et pourtant, ils ont pris une part active à l'élaboration de l'Accord d'Antananarivo. Comment peut-on négocier avec des gens qui passent leur temps à faire un pas en avant et deux pas en arrière? Nous pensons que les chefs séparatistes ont décidé de tromper la population en l'emmenant dans une voie de garage. Depuis qu'ils ont confisqué le pouvoir à Anjouan, l'île ne bénéficie plus des projets de coopération internationale et les conditions de vie la population ne cessent de se détériorer.
Nous demandons à l'OUA de faire preuve de fermeté devant la désinvolture des chefs séparatistes et d'appliquer intégralement les mesures qui ont été prises le 21 décembre 1999 par les pays de la région.
Nous lançons un appel à tous les pays de la région de l'Océan Indien de soutenir le juste combat du peuple comorien pour préserver son unité, garant d'un développement harmonieux des Comores et d'un atout pour le développement de la coopération régionale.
Fait à Saint-Pierre le 24 janvier 2000
Le Bureau de l'AUDEC Association pour l'Unité et le Développement es Comores ( A U D E C ) 6 Rue Augustin Archambaud 97410 Saint Pierre Tél/ Fax: 57 92 04
LA REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES (FICHE TECHNIQUE).
La République fédérale islamique des Comores, dont les séparatistes de l'une de ses îles, Anjouan, a organisé dimanche 23/1/2000 un référendum, est dirigée par le colonel Azali Assoumani depuis le coup d'Etat du 30 avril dernier.
Le pouvoir du colonel Azali n'a pas été reconnu par les instances internationales.
SITUATION GEOGRAPHIQUE: A l'embouchure du canal du Mozambique, cette République de 1.870 km2 regroupe trois des quatre îles de l'archipel: la Grande Comore, Anjouan et Mohéli. La quatrième île, Mayotte, est une collectivité territoriale rattachée à la France.
La République des Comores, dans l'océan Indien, est confrontée depuis août 1997 à la sécession d'Anjouan.
POPULATION: 632.000 habitants.
CAPITALE: Moroni, sur la Grande Comore.
LANGUES: Comorien, français, arabe.
RELIGION: majorité musulmane, minorité chrétienne.
HISTORIQUE-REGIME: Islamisées depuis le XIIème siècle, administrativement rattachées à Madagascar pendant la colonisation française, les Comores proclament leur indépendance en 1975 sous la présidence d'Ahmed Abdallah. La même année Ali Soilih prend le pouvoir.
En mai 1978, un coup d'Etat, organisé par le mercenaire français Bob Denard, rétablit à la tête de l'Etat Ahmed Abdallah qui est assassiné en novembre 1989. En mars 1990, Saïd Mohamed Djohar remporte la première élection présidentielle démocratique.
En septembre 1995, des putschistes conduits par Bob Denard lancent un coup de force contre le président Djohar. Une intervention militaire française met un terme au coup d'Etat. En mars 1996, Mohamed Taki Abdoulkarim est élu président et remplace Djohar, écarté du pouvoir après la tentative de coup d'Etat.
Après le décès du président Taki, en novembre 1998, le président du Haut conseil de la République, Tadjidine ben Saïd Massounde, assure l'intérim de la présidence. Il a été renversé le 30 avril dernier lors du coup d'Etat, le 18ème --dont quatre réussis-- dans l'archipel, après plusieurs jours de manifestations hostiles à la communauté anjounaise de Grande Comore. Le 23 avril à Antananarivo (Madagascar), les représentants de la Grande Comore et Mohéli avaient signé un accord créant une Union des îles Comores, un futur Etat doté d'une large autonomie et dont les institutions doivent se mettre en place d'ici un an.
ECONOMIE : L'économie est en ruine, en raison notamment de la baisse des prix des exportations traditionnelles, comme la vanille et l'huile de ylang-ylang (plante utilisée pour la parfumerie de luxe).
MONNAIE: franc comorien zone franc -
PNB/hab: 400 dollars par habitant (Banque mondiale, 1998).
DETTE EXTERIEURE : 197 millions de dollars (1997)
FORCES ARMEES/ Environ 1.200 hommes, 600 soldats et 500 à 600 gendarmes.
SERVICE DE LA DETTE : 3,9% des exportations
CROISSANCE : -1,5% (1997-1998)
Espérance de vie : 58,8 ans
IDH : 139e rang mondial sur 176 pays recensés par le PNUD
SOURCES : La plupart des pays du monde sont régulièrement analysés par les économistes de la Banque mondiale et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Nous reprenons ici le cas des Comores, pour l'ensemble des 174 pays étudiés par le PNUD, plusieurs chiffres-clés : superficie, population, économie, développement (indicateurs du développement humain et de la participation des femmes, budget de l'éducation, espérance de vie, mortalité infantile) et place de la défense (d'après l'International Institute for Strategic Studies, Londres). Cet outil permet à chacun (étudiant, enseignant et tout public intéressé) de disposer d'un ensemble cohérent de points de repères. La sélection d'indicateurs que nous avons effectuée ne se veut pas exhaustive - un lien vers les sources de ces informations permet au spécialiste d'accéder directement à des séries de chiffres plus complètes
DOSSIER SUR LA QUESTION DE MAYOTTE
Compte tenu de l'évolution de l'actualité concernant l'avenir de Mayotte, nous consacrons un premier dossier sur cette question . Nous aurons l'occasion de revenir dans nos prochaines éditions sur cette question brûlante qui préoccupe à juste titre tous les comoriens vivant dans les 4 îles. Le présent dossier aborde l'accord qui a été signé le Jeudi 27 Janvier 2000 entre le gouvernement français et les élus de Mayotte. Face aux projets concoctés par les autorités françaises, une première réaction d'une organisation comorienne vient de nous parvenir: c'est celle du GRDC. Une des conséquences dramatiques de la séparation de Mayotte avec ses îles surs concerne l'expulsion dans des conditions humiliantes des comoriens vivant dans cette île.
Le gouvernement signe avec Mayotte un accord sur l'avenir politique de l'île
Le gouvernement a signé hier avec les représentants politiques de Mayotte un accord visant à clore 25 ans de statut provisoire, moderniser cette île musulmane de l'océan Indien et confirmer son appartenance à la France.
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Jean-Jack Queyranne a rappelé que Mayotte, qui avait lors du référendum de 1976 rejeté l'indépendance par une majorité de 99,4% n'a depuis "eu de cesse de voir définitivement consacrée son appartenance à la République". "Nous sommes réunis, a souligné M. Queyranne, pour réaffirmer l'enracinement de Mayotte dans la République".
Il a rappelé "un contexte international marqué dès l'origine par une revendication territoriale sur Mayotte de la République fédérale islamique des Comores". Le maintien de son appartenance à la France a également été condamné par l'Organisation de l'Unité Africaine et l'ONU.
Le statut de Mayotte est resté provisoire en dépit des promesses du gouvernement de consulter la population sur son avenir, une situation qui a "incontestablement pesé sur le développement économique" de l'île, a reconnu le ministre.
L'accord fait suite à plusieurs mois de négociations avec le conseil général et tous les partis politiques de l'île qui l'avaient déjà approuvé en août dernier, puis à l'acceptation exprimée par une grande majorité des conseillers généraux et des conseils municipaux.
OPPOSITION DES DEUX PARLEMENTAIRES
Dans une première étape, les Mahorais seront invités à approuver par référendum, d'ici la fin juillet, un statut intérimaire faisant de cette collectivité territoriale une "collectivité départementale". Un nouveau statut qui donne à l'île dix ans pour combler avec l'aide de la métropole ses retards dans les domaines administratif, législatif, fiscal, social, judiciaire, économique.
Dans une seconde étape, après 2010, un nouveau projet de loi sur son "avenir institutionnel" sera soumis au parlement.
Le président du conseil général de Mayotte Younoussa Bamana, le secrétaire général du Mouvement populaire Mahorais (MPM), principal parti politique de l'île, Madi Ahamada, le secrétaire départemental du RPR Mansour Kamardine, le premier secrétaire de la fédération du PS Ibrahim Aboubakar, signataires de l'accord, ont souligné que celui-ci avait le soutien quasi général des forces politiques mahoraises.
Les deux parlementaires de l'île cependant, le sénateur UC Marcel Henry et le député UDF Henry Jean-Baptiste, ont dénoncé ce texte en faisant valoir qu'il ne prévoyait pas explicitement la possibilité pour les Mahorais de choisir le statut de département. "Nous devons leur opposer notre cohésion et notre unité au succès de notre généreuse aventure commune", a déclaré à leur intention le secrétaire départemental du RPR.
Le Grand Cadi de Mayotte Mohamed Hachim, présent à la cérémonie au secrétariat à l'Outre-mer, tout en soulignant qu'il "n'était pas un politique", a pour sa part exprimé son opposition à un passage du texte qui prévoit que "le rôle des cadis sera recentré sur les fonctions de médiation sociale". "Je ne suis pas d'accord" avec cet article, a-t-il dit à l'AFP, car "je veux que la justice cadiale garde ses compétences".
JIR - Vendredi 28 janvier 2000
REACTION FACE A L'AVENIR INSTITUTIONNEL DE MAYOTTE
GROUPE DE REFLEXION SUR LE DEVENIR DES COMORES
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Suite aux décisions gouvernementales annoncées par M. J.J.Queyranne le 18/01/2000 lors de la cérémonie des vux au Ministère des Dom-Tom, le GRDC rappelle que depuis 1975 la France bafoue, par sa présence à Mayotte, le droit international, les résolutions de l'ONU et de l'OUA. C'est pourtant ce même droit international qu'elle n'hésite pas à invoquer pour justifier ses interventions en Irak et au Kosovo par exemple.
Monsieur J. Chirac, Président de la République Française a, lui-même, tout récemment reconnu, l'autorité de l'ONU puisqu'il a déclaré, le 3/12/99 lors de sa conférence de presse à l'issue du 2ème sommet des chefs d'Etats et de gouvernements de la COI, que "le retour à l'ordre constitutionnel aux Comores relève aujourd'hui de la médiation de l'OUA et de l'ONU."
Or le GRDC rappelle que l'ONU, dans sa résolution n°3385 du 12.11.1975, "relative à l'admission des Comores à l'ONU [ ] a réaffirmé la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'Archipel des Comores composé des îles d'Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli."
C'est aussi l'ONU qui dans sa résolution n° 31/4 du 21.10.76 :
" 1- condamne les référendums du 8 février et du 11 avril 76 organisés dans l'île comorienne de Mayotte par le gouvernement français et les considère comme nuls et non avenus, et rejette:
a)toute autre forme de référendum ou consultation qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France .
b) toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte.
2- condamne énergiquement la présence française à Mayotte qui constitue une violation de l'unité nationale de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la république indépendante des Comores."
Ainsi, quoi que fasse la France, Mayotte reste partie intégrante de la nation comorienne . En toute logique, M. Chirac et le gouvernement français doivent renoncer à toute consultation de la population de l'île comorienne de Mayotte, à toute confirmation de l'ancrage dans la République Française et uvrer aux côtés de l'ONU et de l'OUA à la recherche d'une solution réelle et durable pour la réintégration de Mayotte dans son ensemble naturel et la fin de la crise séparatiste engendrée, entre autres, par l'erreur historique de 1975.
LE GRDC.
(21.01.2000)
LES EXPULSIONS A MAYOTTE
Vous trouverez ci-joint un article du Quotidien de la Réunion du 6/8/99 qui parle des expulsions à Mayotte. Les chefs séparatistes ont claironné un peu partout qu'ils étaient les meilleurs défenseurs de la population anjouanaise. Aujourdhui, les anjouannais vivant à Mayotte font l'objet d'expulsions arbitraires et humiliantes. Aucun chef séparatiste na élevé la voix pour les défendre. Voilà une preuve supplémentaire de leur mensonge. Seules 2 associations patriotiques installées à Mayotte se sont mobilisées pour les défendre. Si nous avions un Etat comorien fort, il aurait pu taper du poing sur la table en demandant au gouvernement français d'arrêter ces rafles d'un âge révolu. On se rappelle en 1994 de la réaction ferme du gouvernement comorien suite à l'instauration d'un visa d'entrée à Mayotte. L'affaiblissement de l'Etat comorien a entraîné une fragilisation de la protection des comoriens vivant à Mayotte composés en grande majorité par des anjouannais. Il est vraiment illusoire de penser qu'on peut régler le problème du flux migratoire vers Mayotte par des méthodes policières. Seule une politique de développement harmonieux et solidaire englobant les 4 îles dans un même ensemble politique est à même de régler ce problème.
Bonne Lecture
IMMIGRES CLANDESTINS A MAYOTTE
Critiques contre les "rafles"
MAyotte détient l'un des records français en matière de "reconduite aux frontières".Des opérations de contrôle d'identité sont régulièrement organisées pour lutter contre l'immigration clandestine. Des voix s'élèvent dans l'île contre ces procédures, jugées irrégulières.
L'immigration clandestine demeure l'un des thèmes de société les plus évoqués à Mayotte. Dans l'une des dernières éditions du journal Kwézi, un Mahorais racontait récemment l'interpellation d'un groupe de personnes surprises par la police à proximité de la barge qui relie Dzaoudzi à Mamoudzou..."Ils empruntaient le trottoir le boulevard des Crabes, le pas pressé, en direction de la barge.Derrière eux,une jeep de la gendarmerie s'approchait lentement. "Papiers, messieurs!" Les agents ne s'étaient pas trompés. Les piétons n'avaient pas de pièce d'identité. Ils ont été immédiatement interpellés."
Cette scène est somme toute très banale dans la capitale mahoraise. En 1998, environ 6000 immigrés clandestins ont ainsi été reconduits à la frontière, le plus souvent sur l'île d'Anjouan, à une soixantaine de kilomètres des côtes de Mayotte pour 98% des expulsés. Les autres ont pour la plupart été rapatriés sur Madagascar.
"Les riverains du marché de Mamoudzou assistent réguièrement à des opérations coup de poing",reprend Kwézi. "Ces rafles déclenchent des courses-poursuites se terminant parfois dans des situations rocambolesques, où des clandestins n'hésitent pas à se jeter dans le lagon pour ne pas tomber aux mains de la police". Parfois, au risque de se blesser.
Au moment où les contrôles d'identité se font de plus en plus nombreux, sous la pression même de l'opinion publique, le bihebdomadaire dénonce plusieurs cas de procédures irrégulières, notamment en matière de contrôles effectués à l'intérieur de domiciles privés. Et le journal de citer " les perquisitions de domiciles à Petite Terre comme à Labattoir, où des jeunes gens affirmaient, il y a peu que des gendarmes qui avaient bouclé le quartier de Bouyouyou ont pénétré dans la cour, frappé à la porte de leur chambre avant de leur demander de présenter leurs papiers d'identité". 3Ces derniers, un peu somnolents, se sont exécutés sans panique. Ils avaient sur eux leur carte nationale d'identité", lisait-on dans Kwézi le 16 juillet dernier...
Plusieurs procédures irrégulières
"Dans un autre quartier de la même commune, une femme qui se trouvait dans la cour de son banga-une case en terre et en bois-a juste eu le temps de laisser son bébé de deux mois à une voisine, avant d'être expulsée vers Anjouan", ajoute le bihebdomadaire mahorais.
"Il est fréquent que les services d'ordre pénètrent à des heures indues dans les demeures afin de traquer les clandestins", remarque pour sa part le président du Groupe de réflexion sur le devenir des Comores, dans un courrier envoyé au Préfet de mayotte. Et cette association d'évoquer "le drame de Mtsangamouji, au cours duquel mourut un jeune clandestin hébergé et travaillant pour le maire de la commune". " Ce drame a précisément résulté de ce type de contrôles intempestifs. les gendarmes s'étaient en effet présentés avant les premières lueurs de l'aube, tirant de leur sommeil les employés du premier magistrat. L'un d'eux, pris de panique, tomba dans le vide et perdit la vie".
Pour cette association basée à Mayotte, "il est plus que temps d'arrêter ce type de pratiques, aucunement nécessaires dans le cadre de la gestion des flux migratoires".
"Le viol des domiciles"
Le Comité de soutien et de liaison d'Anjouan, également basé à Mayotte, évoque carrément le "viol des domiciles" dans une lettre envoyée au Préfet. le Comité dénonce "l'interpellation des personnes sans leur bien, parfois sans leurs enfants, détenues dans des conditions indignes de la République française avant d'être expulsées". Si les forces de l'ordre peuvent vérifier à tout moment l'identité d'une personne sur la voie publique, celles-ci ne peuvent cependant intervenir dans une résidence privée sans disposer d'une réquisition du procureur de la République. Or, selon Kwézi, les autorités policières n'ont pas nécessairement l'aval de la justice à l'heure d'exécuter leurs "rafles".
"L'abscence de plainte dûment déposée auprès du tribunal de Mamoudzou sur ces agissements ne permet pas aux autorités judiciaires d'engager des procédures en vue de vérifier ces griefs contre les agents chargés de la lutte contre l'immigration", noté également Kwézi.
Le journal, tout en soulignant "l'ampleur du phénomène de l'immigration clandestine" à Mayotte, déplore néanmoins, à l'instar du Procureur de la République, que les dispositions légales en vigueur "n'ont connu aucune évolution depuis 1932, contrairement au reste du territoire national régi par les ordonnances de 1945, beaucoup plus protectrices des libertés individuelles". Collectivité territoriale oblige...
RETOUR DES AMIS DE J.C. VALLEE
De retour d'Anjouan où il venait d'organiser le "référendum" sur les accords d'Antanarivo, J. C. Vallée et une dizaine "d'entrepreneurs" réunionnais, sans doute ceux dont parlait le marionnette Abeid lors de son humiliant passage à l'île de la Réunion, ont refusé de se plier aux exigences de la direction de la santé de Mayotte. Cet organisme procède en effet à une prise de sang pour toute personne arrivant d'Anjouan afin de voir si elle n'est pas porteuse du palu. Mais Vallée ne voulait pas l'entendre de cette oreille, pas plus d'ailleurs qu'il ne voulait pas voir les caméras de Télé-Mayotte. Il évoquait des raisons colonialistes qui poussent les responsables de la santé mahoraise à procéder à ce genre d'examens. Finalement Vallée et ses amis ont signé une décharge après plusieurs heures de négociations.
Invité par Télé-Réunion pour commenter les résultats du référendum, Mohamed Mansoïb plus connu sous le nom de Pompidou s'est emmêlé les pinceaux. Il n'a pas su répondre à la question très simple du journaliste qui voulait savoir quel sens les séparatistes voulaient donner à la nouvelle entité comorienne. Pompidou venait de dire qu'il n'était pas contre l'intégrité comorienne qui peut s'observer à travers la culture, la religion... En réalité la prestation de Pompidou était significative de tout le discours séparatiste: les séparatistes ne savent plus où donner de la tête.
Après le rattachement dont ils se sont rendu compte du caractère ridicule et infamant, ils ne savent pas quel sens donner à leur mouvement. Et à chaque fois qu'ils s'expriment publiquement, ils disent tout et n'importe quoi; ils disent tout et son contraire.
Parfois, ils se cachent derrière des discours incompréhensibles au style décousu(témoin le message signé par l'association anjouanaise fondée par Zaidou et dont la présidence assurée aujourd'hui par Pompidou a fait l'objet d'un combat très rude qui a failli tourner à la division il y a deux ans, le séparatisme a réparé...)
De notre ami Farid Ipvesi
HISSENE HABRE " LE PINOCHET DE LAFRIQUE "
Comme le général Pinochet, mais pour la première fois en Afrique, lancien président du Tchad, Hissène Habré, vient dêtre rattrapé par son passé de dictateur, et cela à Dakar où il vivait en exil depuis dix ans. Plusieurs organisations de défense des droits de lhomme et neuf ressortissants tchadiens, victimes de la police politique de lancien dictateur, ont en effet déposé plainte mardi devant un tribunal de Dakar pour " crimes contre lhumanité et actes de torture " contre Hissène Habré, 57 ans. Celui-ci avait obtenu lasile politique au Sénégal après sa destitution en 1990 par le président Idriss Déby.
En vertu du principe de la compétence universelle, ces organisations ont demandé à la justice sénégalaise dordonner larrestation de lancien président tchadien, présenté comme " le Pinochet de lAfrique ", " au nom de centaines de victimes de tortures, dassassinats politiques et de disparitions ", quand il était au pouvoir entre 1982 et 1990. Les plaignants ont fourni au tribunal " des informations détaillées sur 97 cas dassassinat politique, 142 cas de torture et 100 cas de disparitions ", selon un communiqué signé de sept organisations.
Les neuf Tchadiens et lAssociation tchadienne des victimes des crimes et répression politique (AVCRRP), représentant " 792 victimes " de lancien régime, se sont constitués parties civiles dans cette affaire qui, selon les observateurs, ne peut quembarrasser les autorités sénégalaises.
" 40.000 victimes "
Celles-ci, au départ, lui avaient accordé le droit dasile pour des raisons politiques et humanitaires, et elles nont pas réagi au dépôt de la plainte, un dossier de plusieurs centaines de pages, qui était examiné hier par le procureur de la République, Abdoulaye Gaye.
A lappui de leur plainte, les plaignants font valoir que le Sénégal a signé, dès 1986, la convention internationale sur la torture et quil a été le premier pays à ratifier le traité sur la future Cour pénale internationale. En janvier 1998, le gouvernement tchadien avait annoncé son intention de demander au Sénégal lextradition davoir détourné 7 milliards FCFA soit 70 millions FF et davoir fait tuer 40 000 personnes par sa police politique.
Selon les plaignants, Hissène Habré porte " une responsabilité personnelle et directe " dans les exactions commises au Tchad entre 1982 et 1990, où selon leur enquête, " plus de 40 000 personnes auraient été exécutées ou seraient mortes en détention et 200 000 autres soumises à la torture ".
Pour Me Baboukounta Diallo, avocat de la partie civile, cette plainte est " parfaitement recevable " au Sénégal, " au nom de la compétence universelle ", selon laquelle un pays ayant signé ces conventions est compétent, quelle que soit la nationalité des prévenus.
Cest au nom de cette règle que lancien président chilien Augusto Pinochet est poursuivi en Grande Bretagne et que le capitaine mauritanien Ould Ely a été inculpé à Montpellier (France).
Si le procureur de la République décide louverture dune information judiciaire, le juge dinstruction devrait entendre Hissène Habré pour lui notifier son éventuelle inculpation.
Il pourrait alors être traduit devant les tribunaux sénégalais, à moins quil ne soit extradé au Tchad, pour y être jugé.
En janvier 1998, le gouvernement tchadien, qui a créé une Cour criminelle spéciale pour le juger, avait annoncé son intention de demander au Sénégal son extradition.
Hissène Habré, qui a deux épouses et qui réside dans deux villas luxueuses de Dakar, a refusé hier matin tout contact avec la presse.
Les plaignants ont enfin demandé au procureur de la République de prendre des mesures conservatoires pour empêcher lancien président tchadien, qui dispose de moyens importants, de quitter le territoire sénégalais.
Le Quotidien de La Réunion le 27/1/00
Commentaires :
Nous rappelons aux chefs séparatistes de tous poils que toutes exactions (crime, tortures ) commises à létranger peuvent être poursuivies en France. Ce pays a en effet signé la convention internationale sur la torture et comme le Sénégal, la France a ratifié le traité sur la future Cour pénale internationale. Sils vous arrivent, Messieurs les tortionnaires, à prendre la fuite après le 1/2/00, nous vous invitons à bien choisir le pays daccueil.
NOS BREVES
La Convention sur le terrorisme ouverte à la signature des Etats.
Le lundi 10 janvier 2000. La Convention internationale pour la suppression du financement du terrorisme est ouverte à la signature de tous les pays au siège de l'ONU à New York. Les Ambassadeurs auprès des Nations Unies, de la Finlande, de la France, des Pays-Bas et du Sri Lanka, Malte, du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont signé l'instrument juridique le 10 janvier 2000. Les Comores ont signé la dite convention. Le document, qui engage les Etats à adopter des mesures visant à prévenir le financement des activités terroristes, avait été approuvé par l'Assemblée générale le 9 décembre 1999. Il entrera en vigueur 30 jours après avoir été ratifié par 22 pays.
Le referendum séparatiste vu par un habitant dAnjouan.
J'ai eu la "chance" de vivre la campagne électorale ainsi que scrutin proprement dit. Je t'assure que la situation est, cette fois-ci, sérieusement inquiétante. Il n'y a eu ni campagne ni élection. Ils n'ont rien fait pour expliquer à la population "les accords de Tana" mais ils avaient mis le paquet pour que les gens votent pour le "non". Les discours de la campagne tournaient sur les mensonges, le mépris et la démagogie. C'est vraiment honteux. Hier plus du 3/4 de la population ne s'est pas présentée aux bureaux de vote mais toujours est-il que les caisses étaient pleines. Les opposants au pouvoir ne parlent pas peut-être pour éviter les répressions des milices d'Abeid. Mais beaucoup de gens sont sérieusement conscients des dangers qui pèsent sur l'île à partir du mois de février. Des bandits "royalistes" se trouvent maintenant dans l'île. Selon Abeid, ce sont des "investisseurs" mais nous savons quen réalité c'est encore la démagogie, c'est la mafia.
Les amis de Vallée ont bien fait campagne
Les amis de JC Vallée et de Zaidou arrivés à Anjouan le jour du referendum ont sillonné lîle dAnjouan. A Nyumakélé, on les présentait comme étant des représentants de lUnion Européenne venus superviser le référendum organisé par les séparatistes. Ils ont quand même pris la précaution de ne pas cette fois-ci se faire passer pour des envoyés spéciaux du gouvernement français. Lancien Directeur des RG de Mayotte aujourdhui à la retraite- farouche partisan de lindépendance dAnjouan na pas été du voyage. On se rappelle que dernièrement il avait pris la largesse disons lhabitude- de ramener Abeid à Anjouan, après son échec cuisant à La Réunion lors du sommet de la COI-, ce Monsieur à son retour à Mayotte a eu à sexpliquer avec les autorités préfectorales. Du coup maintenant, ce sont les amis de Vallée le chef blanc pour reprendre l'expression de nos confrères du Quotidien de la Réunion,- qui ont pris le relais.
Ce beau monde a pris la précaution de quitter Anjouan avant le 1/2/2000. Les mauvaises langues disent à Mutsamudu que le médecin pas comme les autres sera du voyage. Lui qui "aime" tant Anjouan ferait bien dattendre la force dinterposition à Mutsamudu et non à La Réunion.
Parfum de corruption à Anjouan
Certains commerçants triés par le chef séparatiste Abeid ont été confiés le lundi 24 janvier 2000 à 10 h 30 à lhôtel Al-Amal. Lobjet de cette réunion et nous citons linvitation " de jeter les bases solides dun développement durable et par là, promouvoir le secteur privé à Anjouan, le chef de " lEtat " et son gouvernement vont accueillir un groupe dInvestisseurs potentiels expatriés ". Disons que lobjet de linvitation était de remercier les amis de JC Vallée davoir accepter de donner un coup de main au chef séparatiste. Cela fait deux ans et demi que Dr Zaidou et son ami J.C. VALLEE promettent à la population vivant à Anjouan que des entrepreneurs installés à la Réunion vont venir investir dans l'île. Les gens ne croient plus à ces investissements imaginaires.
Un des amis de J.C. VALLEE a offert au Colonel Abeid une voiture Citroên pour le remercier de son accueil. Comment doit on qualifier cet acte? De la corruption murmurent les gens à Mutsamudu. Effectivement, il faut appeler un chat, un chat.
Quelle mouche a piqué les séparatistes ?
Il y a une chose qui nous échappe. Pour des gens qui viennent de gagner " un scrutin avec une écrasante majorité " selon les dires des séparatistes, dès le départ de la délégation de M. Vallée et Cie, le bras droit dAbeid Ibrahim Bachir connu à Mutsamudu sous le pseudo de Rambo menace les opposants du pouvoir en place de faire le choix entre la prison, lexil ou bien la mort. Ainsi Aboubacar Chahassu a été menacé car il est sur RFI. Ainsi va la démocratie au pays des séparatistes, grands vainqueurs des scrutins truqués qu'ils ont organisé.
Rira bien qui rira le dernier
Les exécutants du Dr Zaidou ont publié un communiqué précisant que leurs opposants ne dépassent pas une dizaine. L'ironie du sort c'est que les opposants à la politique séparatiste à la Réunion se comptent par milliers alors que le dernier carré du Dr Zaidou ne dépasse pas une dizaine de personnes. Rira bien qui rira le dernier.
Le chef de la propagande Boicho à luvre
Le chef de la propagande a su sentourer ces derniers jours dun Mbaldé et Mtrétrézi qui nest autre que son neveu pour intervenir sur Radio Anjouan pour expliquer à ceux qui veulent encore les entendre de la " justesse de la lutte pour lindépendance dAnjouan ". Pour des gens qui viennent de "gagner des élections", cest quand même curieux de revenir sur le même sujet. Pourquoi ne pas expliquer aux anjouanais quavec le séparatisme, Anjouan na pas pu bénéficier des aides des organismes internationaux électrification de la région Mutsamudu Sima par des fonds européens - et ce ne sont pas les soit disant investisseurs amis de Vallée qui vont sortir lîle dAnjouan de son isolement. La vérité finit toujours par triompher. Mais pour les chefs séparatistes, il ny a que limmédiat qui compte. Senrichir de manière considérable et tant pis pour ces pauvres anjouanais qui vivent dans des conditions déplorables.
Le désarroi des chefs séparatistes
Tous les jours, des réunions de crise se multiplient à la " présidence " .D'après plusieurs sources, des commissions sont montées pour étudier comment faire face aux conséquences des mesures de rétorsion de lOUA. Plus la date fatidique du 1/2/00 approche et plus les chefs séparatistes sont préoccupés sur léventuelle perte de leur pouvoir et donc de leur portefeuille. Quand un citoyen de base interpelle les amis des Zaidou-Vallée sur les mesures prises pour défendre l'île dun débarquement éventuel des forces sud africaines, les chefs séparatistes perdent leur sang froid et commencent à brandir des menaces. Abdallah Mohamed, l'un des chefs extrémistes du mouvement séparatiste, n'a t-il pas demandé à l'OUA lors de la réunion de Pretoria d'appliquer immédiatement les sanctions prévues? Alors, messieurs les chefs séparatistes, ayez un minimum de logique. Ne passez pas votre temps à dire une chose la veille et son contraire le lendemain.
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