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EDITORIAL: L'HEURE DE VERITE APPROCHE

A compter du 1er février 2000, la crise comorienne va connaître un nouveau tournant. L'ultimatum fixé par l'OUA est arrivé à échéance.

L'OUA vient d'annoncer une première série de mesures à l'encontre des dirigeants séparatistes. Mais pour que ces mesures puissent produire leur efficacité maximale, il faudrait que la France s'implique de manière sincère et loyale dans le règlement de la crise en n'autorisant pas les chefs séparatistes, même ceux possédant la nationalité française, à transiter par Mayotte pour aller mener leurs actions de déstabilisation de l'Etat comorien. Dans une lettre adressée le 24 décembre 1999 à M. Lionel JOSPIN, Premier ministre du gouvernement français, l'AUDEC lui a demandé : " Afin d'influer pour un dénouement rapide de la crise comorienne, nous vous demandons de transmettre des directives claires au Préfet de Mayotte afin que les chefs séparatistes anjouannais qu'ils aient la nationalité comorienne ou française ne soient plus autorisés à transiter par Mayotte pour entreprendre leurs actions de déstabilisation de l'Etat comorien. Une telle mesure permettrait de clarifier la politique française face à la crise comorienne, de dissiper les malentendus et de rétablir un climat de confiance entre les deux pays."

L'heure de vérité approche pour le gouvernement français. Il a publié plusieurs communiqués précisant qu'il soutenait les efforts déployés par l'OUA en vue de parvenir à un règlement de la crise comorienne. Le gouvernement français ne peut plus donc continuer à jouer de manière hypocrite au chat et à la souris comme il l'a fait jusqu'à maintenant: faire dans la pratique le contraire de ce qui est annoncé officiellement. S'il soutient réellement les efforts de l'OUA, il doit s' associer ouvertement dans la mise en œuvre des sanctions prévues en empêchant concrètement aux chefs séparatistes de ne plus utiliser l'île de Mayotte comme leur principale base arrière. Le gouvernement français ne peut plus se retrancher sur des déclarations de bonnes intentions. Il doit lier la parole aux actes . Selon nos confrères de la Lettre de l'Océan Indien, l'OUA aurait demandé à la France de soutenir cet embargo en fermant l'axe Anjouan/Mayotte. Tous les observateurs de la crise comorienne savent que si les séparatistes ne peuvent plus se servir de l'île de Mayotte dans leurs actions subversives, leur pouvoir va s'écrouler comme un château de cartes.

L'heure de vérité approche aussi pour l'OUA. L'organisation panafricaine a fixé un ultimatum aux séparatistes pour signer l'Accord d'Antanarivo avant le 1er février 2000. Au lieu d'adopter une attitude consciente et responsable, les séparatistes ont choisi ,comme d'habitude, la fuite en avant. Ils ont organisé leur mascarade électorale du 23 janvier 2000 qui n'a convaincu personne. Par ailleurs, ils ont publié plusieurs communiqués qui démontrent de manière évidente leur mauvaise foi, leur arrogance et leur désinvolture. Ils multiplient les insultes envers l'organisation panafricaine et ont pris pour cible son Secrétaire Général. L'OUA doit donc relever le défi et mettre en œuvre toutes les sanctions prévues à la réunion de Pretoria et qui doivent permettre de libérer la population comorienne vivant à Anjouan de cette intenable prise d'otages. Si l'OUA fait marche arrière, elle perdra inévitablement la face ainsi que sa crédibilité face aux parties signataires et aux organisations de la société civile comorienne qui attendent avec impatience le dénouement de la crise actuelle. Si l'OUA fait preuve de fermeté et va jusqu'au bout de sa logique, son autorité sortira grandie tant vis à vis du peuple comorien mais aussi des autres peuples du continent et plus particulièrement de la région de l'Océan Indien qui suivent le règlement de cette crise avec beaucoup d'attention.

L'heure de vérité approche aussi pour les forces patriotiques et démocratiques de notre pays. Elles doivent se mobiliser pour imposer un rapport de forces favorables à la paix et à la réconciliation de nos îles sœurs. Le rassemblement contre le séparatisme que nous avons appelé de nos vœux est en train de se mettre en place. Nous saluons chaleureusement la déclaration commune des organisations de la société civile comorienne du 14 janvier 2000 ainsi que la tenue des assises nationales des forces vives de la nation comorienne au Palais du Peuple le 30 janvier 2000. Il convient également de relever la position courageuse de la section anjouannaise du Syndicat National des Professeurs qui demande à l'OUA une intervention militaire pour mettre fin à cette prise d'otage.

La constitution de ce vaste rassemblement contre le séparatisme combiné aux sanctions prises par l'OUA devrait permettre de libérer l'île d'Anjouan des griffes des chefs séparatistes et permettre la réunification de nos îles sœurs. Tel est le principal enjeu de la période qui vient de s'ouvrir.

LA REDACTION

 

POLITIQUE

 

SANCTIONS DE L'OUA, LA FRANCE DOIT CLARIFIER SA POSITION

L’Organisation de l'unité africaine (OUA) a décidé d'imposer aux dirigeants séparatistes anjouanais des sanctions portant sur leurs déplacements et leurs finances, a annoncé mercredi 2 février 2000 un communiqué de l'organisation panafricaine publié à Pretoria.

Ces sanctions visent à forcer les séparatistes à s'engager dans des négociations sur le futur de l'île, indique le texte signé du Secrétaire général de l'OUA, le Tanzanien Salim Ahmed Salim, et du ministre sud-africain des Affaires étrangères, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma.

Mme Dlamini-Zuma, qui dirige le comité de l'OUA sur la question comorienne, et M. Salim ont stigmatisé à juste titre les séparatistes anjouanais d'avoir fait marche arrière après avoir promis de signer avant le 1er février un accord qui ouvrirait la porte à des discussions sur le devenir des Comores.

Ces sanctions, qui affecteront les dirigeants et partisans du mouvement séparatiste, prévoient notamment le gel de leurs comptes bancaires et le refus de reconnaissance de leurs titres de voyage dans les pays membres de l'OUA. Ces sanctions ont l’avantage de ne toucher que les vrais responsables de la crise séparatiste. Une liste de personnes ainsi ciblées sera transmise à tous les pays membres, indique le communiqué. La population anjouanaise qui dans sa grande majorité est favorable à une solution négociée de cette crise est pour cette fois ci épargnée. On se rappelle la déclaration commune des syndicats et de la FADH qui demandait à l’OUA d’épargner la population anjouanaise dans le cas où l’organisation panafricaine envisagerait une action contre les séparatistes.

C’est la première fois depuis le début de cette crise que l’organisation panafricaine engage des sanctions à l’encontre des séparatistes qui ont pris en otage toute une population. Tous les observateurs politiques s’accordent à dire que les sanctions envisagées ne seront efficaces que dans l'hypothèse où les autorités françaises les appliqueraient aux binationaux qui sont les vrais chefs de l’organisation pour l’indépendance d’Anjouan (OPIA). Ces binationaux utilisent Mayotte comme base arrière de l’Etat bidon d’Anjouan. Ils ont bénéficié jusqu'à présent de fortes complicités de certains fonctionnaires français travaillant à la Préfecture de Mayotte. On s’en souvient de nombreux déplacements de M Chamasse à l’époque chef de guerre entre Mayotte et Anjouan. Les autorités françaises ont été, à maintes reprises, saisies des de l'officier de réserve Saïd Abeid par plusieurs organisations comoriennes, ainsi que celles de M. Chamasse Said Omar. Face aux révélations gênantes, elles ont choisi de garder le silence. Qui ne dit rien consent ! Le chef séparatiste Abeid enfonce le clou en déclarant, à qui veut encore l'entendre, qu’il " est en mission à Anjouan ". Jusqu'à ce jour, le gouvernement français n'a publié aucun démenti de ces propos. On est en droit de se demander les raisons de ce mutisme.

Il est grand temps pour le gouvernement français de clarifier sa position. Va-t-il une fois de plus chercher à protéger ses anciens militaires ? ou bien va-t-il effectivement se mettre en conformité avec la communauté internationale en soutenant les actions de l’OUA pour trouver une issue à la crise comorienne? Notre journal reste très vigilant et ne manquera pas de relever les faits prouvant l’implication de la France dans l'enlisement de la crise comorienne.

Cette crise a assez duré et a porté un grand préjudice à l’unité et à l’intégrité territoriale des Comores. On relève une immense lassitude de la population comorienne face à une crise dont on n’arrive pas à avoir le bout du tunnel. La population comorienne a payé de lourds sacrifices dus à une suspension de nombreux projets de coopération internationale. Elle en a marre du jeu hypocrite pratiqué par certains fonctionnaires français – à Mayotte et à Anjouan qui prennent le contre pied des positions affichées par la diplomatie française. Un sentiment d'exaspération face à l'encouragement explicite ou implicite du séparatisme par la France commence à prendre de l'ampleur. Les Comoriens ne sont pas dupes. Ils savent que le gouvernement français a décidé de provoquer cette profonde instabilité afin d'empêcher que les Comores ne puissent pas protester contre le référendum qui va être organisé dans les prochains mois à Mayotte. Nous rappelons que l'OUA, l'ONU, la Ligue Arabe et la Conférence des Pays Islamiques ont toujours condamné les différents scrutins organisés par la France à Mayotte et considéré que Mayotte est une île comorienne. La France a donc pris le risque de déstabiliser profondément les Comores dans le seul et unique objectif d'officialiser son occupation contestée par la communauté internationale de l'île de Mayotte. En entretenant cette déstabilisation d'une grande ampleur, elle prend le risque de déstabiliser l'ensemble de l'archipel, y compris Mayotte, ainsi que l'équilibre de toute la zone de l'Océan Indien. Nous ne pouvons qu'alerter les plus hautes autorités françaises sur les effets pervers d'une telle politique.

MOBILISATION DE L'OPINION PUBLIQUE COMORIENNE CONTRE LE SEPARATISME

Le rassemblement contre le séparatisme vient d'enregistrer un regain d'activités. Plusieurs organisations de la société civile comorienne ont publié une déclaration comorienne. Il convient, en outre, de relever que le Collectif des associations unionistes de la communauté anjouanaise vivant à la Grande Comore, malgré le climat de terreur qui prévaut à Anjouan, vient de durcir le ton contre le séparatisme. Le GIRMA et ce Collectif viennent de décider d'unir leurs forces dans le cadre de la lutte contre le séparatisme. Le point d'orgue de ce rassemblement contre le séparatisme a été marqué par la tenue des assises nationales des organisations de la société civile au Palais du Peuple – à Moroni - le 30 janvier 2000.

 

ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE COMORIENNE DECLARATION COMMUNE

Nous, Organisations de la Société civile comorienne, signataires de la présente déclaration, réunies le 14 janvier 2000 à Moroni, sommes conscientes de:

  • la grave crise que traverse notre pays, caractérisée en particulier par le séparatisme et la montée du chauvinisme ;
  • la nécessité de prendre une part active à la réflexion pour la recherche de solutions durables dans le respect des valeurs de tolérance, de solidarité et d’unité qui ont toujours caractérisé le peuple comorien ;
  • l’impérieuse nécessité de redonner de l’espoir et des perspectives nouvelles à la société comorienne, tenant compte des réalités du millénaire qui commence ;
  • l’urgence de promouvoir l’esprit de paix et de concorde civile dans la nation comorienne ;
  • des droits et devoirs des citoyens que représente la Société civile.

Avons pris la résolution de:

  • unir nos efforts en vue de lutter contre le séparatisme ;
  • entreprendre des activités en commun dans le cadre des objectifs énumérés ci-dessus ;
  • mettre en place une structure de coordination pour harmoniser nos analyses et nos activités ;
  • soutenir les efforts de la communauté internationale, de toute personne ou organisation nationale qui recherche des solutions justes et durables pour le progrès et le développement des Comores ;
  • sensibiliser la population comorienne sur la nécessité de défendre ces principes.

Restons ouverts à toute organisation de la Société civile défendant ces mêmes objectifs.

    • Alliance des organisations unionistes Mohéliennes
    • Association Comorienne des Droits de l’Homme (ACDH)
    • Collectif des associations unionistes de la communauté anjouanaise à Ngazidja
    • Fraternité Comores-Madagascar (FRACOMA)
    • Initiative citoyenne pour le renouveau des Comores
    • NG7
    • Union des femmes Comoriennes pour la démocratie (UFCD)

Fait à Moroni le 14 janvier 2000

 

COLLECTIF DES ASSOCIATIONS UNIONISTES DE LA COMMUNAUTE ANJOUANAISE A LA GRANDE COMORE

DECLARATION A L’OCCASION DES ASSISES NATIONALES DES FORCES VIVES COMORIENNES.

Palais du Peuple le 30 janvier 2000

Après 25 ans d’indépendance, les Comores traversent une crise complexe et d’une ampleur sans précédent. Loin d’être simplement institutionnelle, cette crise recouvre en réalité différents aspects qui vont du social, à l’économique, en passant par le politique et touchant au système de valeurs de notre jeune nation comorienne.

En effet, sur le plan social, les valeurs de patriotisme, de citoyenneté et de nationalisme sont souvent battues en brèche par le repli sur soi qui s’exprime par le chauvinisme, la xénophobie et l’anarchie. Sur le plan économique, le pays continue à dépendre de l’aide extérieure. Le décollage économique tant espéré n’est toujours pas à l’ordre du jour. Le chômage prend des proportions inquiétantes touchant même des cadres de haut niveau. Sur le plan politique, aucun projet original de société n’a été donné au peuple.

On comprend que nous sommes en face d’une crise de société dont le séparatisme est une des manifestations. Plus que simplement redéfinir, encore une fois, le cadre institutionnel, il s’agit de fait de réfléchir ensemble sur un projet de société qui puisse nous mobiliser et nous donner foi en l’avenir. Ce projet de société à inventer doit émaner du génie propre des comoriens, prendre racines dans les valeurs qui fondent la société comorienne tout en étant résolument tourné vers l’avenir.

La résolution de la crise symptomatique actuelle et les défis à relever interpellent tous les comoriens. C’est pourquoi dés le début de cette crise des citoyens ordinaires se sont organisés au sein de groupes de la société civile en marge des partis politiques traditionnels. Ces organisations ont pris le parti de s’engager dans la défense des valeurs positives d’union, de fraternité, de progrès et de réfléchir à l’avenir de notre pays.

Récemment le 14 janvier dernier les organisations de la société civile que sont: l’Association Comorienne des Droits de l’Homme (ACDH), L’Alliance, le Front d’Action contre le Séparatisme (FACS), Fraternité Comores Madagascar (FRACOMA), le NG7, Initiative citoyenne pour le renouveau national et le Collectif des Associations Unionistes de la Communauté Anjouanaise ont publié une déclaration commune. Ces organisations ont décidé d’unir leurs efforts dans la lutte contre le séparatisme et pour la réhabilitation des valeurs de tolérance, de solidarité et d’unité qui ont toujours caractérisé le peuple comorien.

Le Collectif n’a jamais cessé d’œuvre pour l’union de la classe politique et à la société civile pour faire barrage au séparatisme. C’est pourquoi le collectif s’est associé sans arrière pensée avec le CONGAZI, le CPA et l’Alliance pour organiser ces assises nationales. Plus que jamais l’heure est à l’union, il convient de taire nos divisions de circonstances pour sauver l’essentiel c’est à dire le devenir même des Comores.

A l’issue de la réunion ministérielle de l’OUA tenue le 21 décembre 1999 à Pretoria, en Afrique du Sud, sur la situation politique aux Comores, l’OUA a officiellement appelé les séparatistes d’Anjouan à signer l’Accord d’Antananarivo avant le 1er février 2000. Elle a aussi reconfirmé le mois de juillet 2000 comme délai de rétablissement de l’ordre constitutionnel dans l’ensemble du pays.

Comme d’habitude la réponse des séparatistes a été la fuite en avant et le défi à la communauté internationale, par l’organisation d’un pseudo référendum le 23 janvier 2000 sous la menace des armes et sous les intimidations. Il est évident qu’aucun crédit ne peu être accordé à une telle mascarade. Ce référendum a été unanimement condamné par la communauté internationale.

Le collectif lance un appel à l’OUA de rester ferme dans ses positions et de mettre résolument en oeuvre les mesures qui ont été décidées contre le mouvement séparatiste anjouanais. Mais la lutte contre le séparatisme ne commence pas le 1er février 2000 et ne s’achève pas à cette date. Il s’agit d’un combat qui engage d’abord tous les comoriens et qu’il convient d’organiser sur le long terme.

Nous devons soutenir les efforts de l’OUA en luttant contre les attitudes chauvines qui deviennent trop courantes ici même dans la capitale fédérale et qui font le lit du séparatisme. Tous les comoriens qui se rangent du côté de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire nationale doivent se sentir en sécurité sous le drapeau de la République. Le 1er février 2000 qui annonce le début de la fin du séparatisme à Anjouan doit aussi être le début de l’union sacrée de tous les unionistes contre le séparatisme sous toutes ses formes.

La signature de l’accord d’Antananarivo par le partie anjouanaise doit intervenir en dehors des séparatistes extrémistes car c’est la volonté de la grande majorité de la population anjouanaise. En effet, partie anjouanaise ne signifie pas partie séparatiste. Cette signature marquera le début de la sortie de crise tant attendue de nous tous.

Le collectif vous souhaite de bons travaux et des résultats fructueux.

Vive les Comores.

ASSISES NATIONALES DES FORCES VIVES COMORIENNES Palais du Peuple le 30 janvier 2000

RESOLUTION

Les organisations signataires de la présente résolution réunies le 30 janvier 2000 au Palais du Peuple;

Communiqué conjoint DU GIRMA ET DU COLLECTIF

Le Collectif des Associations Unionistes de la Communauté anjouanaise à la Grande - Comore (Le COLLECTIF) et le Groupe d’Initiative pour le Redressement du Mouvement anjouanais (GIRMA) se sont rencontrés en vue d’examiner le dernier développement de la crise comorienne et ses conséquences à la suite du prétendu référendum organisé à Anjouan le 23 janvier 2000 par le dirigeant séparatiste, Colonel Said ABEID.

 

Fait à Moroni le 30 janvier 2000

Pour le COLLECTIF

M.Naquidine ABDOU 

Pour le GIRMA

M.Antoy ABDOU

 

A PROPOS DU COMMUNIQUE CONJOINT DU COLLECTIF-GIRMA

Il y a quelques mois l’opinion comorienne a appris la création du Groupe d’Initiative pour le Redressement du Mouvement anjouanais (GIRMA) dirigé par M. Charikane. L’avènement de ce Groupe marque une dissension importante à l’intérieur du mouvement séparatiste. Dissension qui porte notamment sur la signature de l’Accord d’Antananarivo mais aussi sur la politique autocratique du Colonel ABEID. Le GIRMA, en effet, estime qu’il convient que la partie anjouanaise signe l’Accord et que tous les enfants d’Anjouan se retrouvent autour d’une table pour réfléchir ensemble librement de l’avenir de l’île. Pour la première fois donc, des éléments ayant soutenu le séparatisme reviennent à des positions raisonnables d’autonomie élargie dans le cadre de l’unité et de l’intégrité territoriale des Comores.

Parallèlement, la faction extrémiste constituée du Colonel ABEID, d’Abdallah Mohamed, de Saindou Cheikh..., sous la houlette du gourou Baha Goulam et du rattachiste Chamasse, continue sa fuite en avant et persiste dans son refus obstiné de signer l’Accord d’Antananarivo. Cette faction a pris en otage l’ensemble de l’île d’Anjouan en y installant un régime de terreur à la Duvalier et en pillant les maigres recettes de l’île. En outre, l’équipe d’ABEID continue d’entretenir des relations étroites avec l’extrême droite française royaliste et nostalgique de la colonisation (cf. la visite d’ABEID à la Réunion en décembre dernier et la visite à Anjouan d’une délégation de royalistes français lors du pseudo référendum du 23 janvier 2000).

Les contradictions entre les tendances ont atteint une telle ampleur qu’un des leaders du GIRMA, M. Antoy Abdou, menacé d’arrestation a dû quitter précipitamment l’île et se réfugier à la Grande Comore.

A son arrivée à Moroni, M. Antoy Abdou a eu de nombreux entretiens avec le Collectif des Associations Unionistes de la Communauté anjouanaise à la Grande Comore (Le Collectif). Malgré des divergences sur l’analyse des causes profondes de la crise socio-économique qui a frappé les Comores notamment l’île d’Anjouan au cours des années 80 - 90 et sur le bilan de trois ans de régime séparatiste à Anjouan, il est apparu une convergence de vue sur certains points:

  • le pseudo référendum organisé le 23 janvier 2000 à Anjouan est une mascarade honteuse auquel aucun crédit ne peut être accordé;
  • il doit être mis fin au régime d’ABEID et de sa clique honnie par les anjouanais;
  • l’Accord d’Antananarivo doit être signé au plus vite et mis en application.

Sur la base de ces points, le Collectif et le Girma ont décidé de signer un communiqué conjoint et de mettre en place un comité paritaire de coordination. Le Collectif continue à penser que le séparatisme aux Comores est une erreur monstrueuse qui n’apportera que le malheur à sa population, mais l’élargissement du front anti-extrémiste est aussi une nécessité qu’il convient d’aborder résolument.

La Coordination du Collectif

Moroni le 30 janvier 2000

Commentaire de la rédaction :

Nous saluons la prise de position du collectif. L’AUDEC s’associe pleinement à l’appel du collectif et du GIRMA pour la constitution d’un rassemblement contre le séparatisme. Nous sommes convaincus que c’est l’unique moyen de faire reculer les idées rétrogrades qui ont fait surface ces derniers temps dans notre pays. Nous sommes disposés à soutenir toute action commune allant dans le sens de ce rassemblement. Notre journal COMORES-INFOS – diffusé sur le net et bientôt sur kiosque – sera ouvert à toute organisation ou personne souhaitant contribuer à ce large rassemblement.

 

COMMUNIQUE DU GIRMA EN DATE DU 3 FEVRIER 2000

La date buttoir du 1er février fixée par l’OUA pour la signature de l’Accord d’Antananarivo par la partie anjouanaise ayant participé à la conférence d’Antananarivo sur la crise comorienne du 19 au 23 avril a pris fin. Devant leur refus systématique entériné par le prétendu référendum du 23 janvier 2000 de signer cet Accord, les dirigeants séparatistes anjouanais ont lancé un défi sans précédent à la classe politique comorienne, à la Communauté Internationale et plus spécialement à l’OUA, à la COI et à la France, pays ami qui a entretenu et entretient toujours des relations privilégiées tous azimuts avec les Comores.

Le GIRMA invite toutes les forces démocratiques comoriennes et plus spécialement anjouanaise à s’unir pour relever le défi lancé par le dirigeant séparatiste irresponsable, Colonel Said ABEID et ses tortionnaires et à s’engager résolument pour la reconstruction de l’île d’Anjouan qui connaît actuellement des difficultés énormes dans tous les domaines de développement.

Le GIRMA remercie l’OUA et les autorités françaises de leurs déclarations respectives relatives à la signature de l’Accord d’Antananarivo par la partie anjouanaise.

Le GIRMA, pour une normalisation rapide de la situation à Anjouan, sollicite l’implication de l’OUA, du Gouvernement comorien, de la classe politique comorienne et des autorités françaises dans l’établissement et l’application des mesures devant aboutir à un dénouement rapide de la crise comorienne.

Moroni le 3 février 2000

Le Conseiller Politique du GIRMA

Antoy ABDOU

 

DECLARATION DU PARTI R.I.D.J.A.

FEDERATION DE NGAZIDJA

- En référence à la lettre ouverte du 29 novembre 1999 adressée par le RIDJA à Messieurs les Chefs d’Etat et Chefs de Gouvernement des pays de la C.O.I .

- Tenant aux recommandations de la conférence de la commission de l’Océan Indien tenue à la Réunion et des décisions prises par l’O.U.A à Pretoria, en Afrique du Sud, en vue de résoudre pacifiquement la crise séparatiste.

- Tenant compte de la prise en otage de la population d’Anjouan durant deux ans et demi par ABED et ses milices.

- Considérant que l’organisation par les séparatistes du pseudo référendum à Anjouan sur les accords de Tananarive, a été dictée en réalité par les intérêts d’un groupe de personnes soutenues par des groupes organisés extérieurs pour perpétuer la dislocation des Comores.

- Considérant qu’au service de leur entreprise, les séparatistes utilisent les moyens de répression avec l’assistance technique des groupes organisés extérieurs.

-Considérant qu’au nom des intérêts d’Anjouan, mythe démagogique et pompeux, la confiscation des libertés démocratiques essentielles se trouve aggravée, situation qui se caractérise par :

    • Des arrestations des journalistes.
    • Intimidation et interdiction de toute opposition.
    • Des jeunes embrigadés de force.
    • Suppression de toute presse ou moyen de communication opposée aux séparatistes.
    • Considérant que l’échec du règlement et prolongation de la crise séparatiste est de nature à menacer sérieusement la paix et la sécurité dans l’Archipel des Comores, dans la Région de l’Océan Indien , donc la sécurité internationale.

LE PARTI RIDJA

Moroni le, 27 janvier 2000.

LE PARTI RIDJA

POUR LA FEDERATION DE NGAZIDJA

Monsieur Chadhouili ABDOU, député sortant d’Anjouan

 

LES ANJOUANAIS NE RESTERONT PAS LES BRAS CROISES, DIT LE CHEF SEPARATISTE

Le chef des séparatistes au pouvoir sur l'île comorienne d'Anjouan a assuré que "les anjouanais ne resteraient pas les bras croisés" en cas d'"ingérence" de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), qui a décrété des sanctions contre les dirigeants de l'île.

"Les Anjouanais ne resteront pas les bras croisés si d'aventure l'OUA venait à s'ingérer dans les affaires internes d'Anjouan", a répondu mercredi soir le "président" désigné par les séparatistes, Saïd Abeid Abderemane, interrogé par l'AFP depuis Moroni sur l'éventualité d'une intervention militaire de l'OUA.

Mercredi, l'OUA a annoncé des sanctions contre les dirigeants séparatistes anjouanais portant sur leurs déplacements et leurs avoirs à l'étranger.

"La question d'une possible intervention militaire sera discutée à la prochaine conférence ministérielle dans un mois", avait précisé un haut responsable de l'OUA.   Le 22 décembre 1999 à Pretoria, l'OUA et une dizaine de pays africains avaient posé un ultimatum aux séparatistes anjouanais, leur donnant jusqu'au 1er février pour parapher l'accord d'Antananarivo, parrainé par l'OUA, et qui prévoit la création d'une nouvelle fédération entre les trois îles des Comores, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan.

Le 23 janvier, un référendum organisé et étroitement contrôlé par les séparatistes avait rejeté à 94,47% la signature de cet accord. L'OUA a refusé de reconnaître ce référendum, estimant qu'il s'était déroulé dans un "climat de terreur".

Anjouan a proclamé unilatéralement son indépendance de la République fédérale islamique des Comores (RFIC) le 3 août 1997. L'OUA a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de ramener l'île dans le giron de Moroni.   Les sanctions prévoient notamment le gel des comptes bancaires et le refus de reconnaître les titres de voyage dans les pays membres de l'OUA.

"J'espère que l'OUA saura qu'aujourd'hui tout se règle par la diplomatie", a déclaré le lieutenat-colonel Abeid, ajoutant: "Le référendum était destiné à montrer à tout le monde que ce ne sont pas les dirigeants qui ne voulaient pas signer l'accord d'Antananarivo mais la population toute entière".   "Je pense que l'OUA doit être consciente de ce qu'elle dit", a-t-il ironisé: "Cela fait deux à trois ans que l'Etat d'Anjouan est soumis à un embargo total,  deux à trois ans que l'Etat d'Anjouan n'a reçu aucune aide extérieure".

Totalement isolé diplomatiquement --aucun pays ni aucune organisation n'a reconnu son indépendance--, la petite île de l'Océan indien est également presque coupée du monde économiquement et financièrement.   Après avoir réclamé à plusieurs reprises à l'OUA de l'aider à organiser son référendum, sans jamais obtenir de réponse, Mutsamudu, la "capitale" d'Anjouan, reproche également à l'organisation panafricaine de se montrer "moins pressante" face aux militaires au pouvoir à Moroni.

Outre la réunification de l'archipel, l'OUA exige --sans toutefois en faire un préalable à la réintégration d'Anjouan--, le "retour à l'ordre constitutionnel" à Moroni, ne reconnaissant pas la junte militaire dirigée par le colonel Azali Assoumani, qui a pris le pouvoir le 30 avril dernier.   Selon le "président" Abeid, la prochaine étape pour "débloquer la situation" avec Moroni et les instances internationales, "pour que nous puissions vivre ensemble", serait de "se mettre autour d'une table, mettre en place des commissions tripartites Mohéli/Anjouan/Grande-Comore, que l'OUA vienne, avec l'Union Européenne (UE) et la Ligue arabe".   Les séparatistes anjouanais persistent à refuser la solution fédérale. "On ne peut pas revenir en arrière", assène M. Abeid, qui se prononce pour "une confédération", au sein de laquelle "chaque île ou Etat aura ses droits légitimes, son administration, son armée" et "pourra s'associer avec d'autres pays étrangers" pour assurer son développement économique propre.

 

ACCORD SUR L’AVENIR DE MAYOTTE

Nous reviendrons dans notre prochaine édition sur une analyse du discours prononcé le 27 janvier 2000 par M. Jean Jack QUERANNE, Secrétaire d'Etat des DOM-TOM qui méconnaît totalement les aspects juridiques et historiques concernant le conflit opposant la France et les Comores soutenues par toute la Communauté internationale concernant l'île de Mayotte. Il constitue, par ailleurs, un revirement total des positions que le PS avait prises concernant un retour de cette île dans l'ensemble comorien.

Nous tenons d'ores et déjà, à relever le silence injustifiable et injustifié du gouvernement comorien face à une question capitale concernant la souveraineté de l'Etat comorien. La communauté internationale a toujours soutenu de manière unanime la juste revendication des Comores concernant le retour en son sein de l'île de Mayotte. Mais ce soutien ne risque t-il pas de s'effriter si le gouvernement d'Azali adopte, comme il l'a fait jusqu'à maintenant, une politique de démission nationale?

 

LU DANS LA PRESSE

 

PANIQUE GRANDISSANT A LA VEILLE DE L’ENTREE EN VIGUEUR DES SANCTIONS.

Décidément, les sanctions brandies par l'OUA et les pays voisins des Comores sont dans tous les esprits ici. D'où la panique généralisée qui s'est emparée de nombreux habitants d'Anjouan qui se demandent désespérément à quelle sauce ils vont être mangés par l'OUA et les pays de la Région. Et depuis quelques jours, beaucoup de gens ont commencé à se ruer vers les magasins pour s'approvisionner en produits de première nécessité. Et notamment le riz, la nourriture de base, du pétrole lampant et des bougies, de peur d'un embargo. Il en est de même pour ce qui est de la seule banque commerciale des Comores, la Banque pour l'industrie et le commerce des Comores. Sa succursale d'Anjouan est également prise d'assaut par beaucoup de gens qui veulent retirer leurs économies. Cependant, certains à Anjouan continuent à croire que la France ne va pas laisser l'OUA leur faire du mal. On parle de plus en plus dans les milieux gouvernementaux comoriens d'un isolement des dirigeants indépendantistes, dans un premier temps.

Une décision qui s'applique également à ceux porteurs de passeports français (mais d'origine anjouanaise) qui tenteraient de passer par l'île de Mayotte, la seule porte de sortie des indépendantistes anjouanais. De son côté dans une déclaration surprenante publiée dimanche à Mutsamudu, la capitale d'Anjouan, par Abdallah Mohamed, l'éminence grise du mouvement indépendantiste anjouanais, le leadership indépendantiste a accusé l'Organisation panafricaine de mener des actions subversives à Anjouan et aussi d'avoir une attitude hostile à l'égard de la France malgré le financement par celle-ci de certaines activités en rapport avec la médiation sur la crise comorienne. Cette attitude hostile à l'égard de la France viendrait des autorités comoriennes à l'époque où ils étaient en négociation. Des autorités comoriennes qui auraient mis sur écoute les téléphones du Bureau de liaison de l'OUA à Moroni et qui leur auraient fait écouter un de ses enregistrements. Pour l'heure, c'est le mutisme total du côté des autorités de Moroni et aussi de l'OUA.

De l'avis de nombreux observateurs, l'organisation panafricaine fait face à un dilemme. Soit elle impose des sanctions graduelles jusqu'à contraindre les indépendantistes anjouanais à signer l'accord de Paix d'Antananarivo, soit les suspendre et perdre la face aux yeux des autres protagonistes de la crise comorienne qui ont déjà signé cet accord. Cependant, du côté de l'organisation panafricaine où on a mal digéré la décision anjouanaise d'organiser, le mois dernier un référendum sur cet accord et l'on affiche une détermination sans faille à mener à bien ces sanctions jusqu'à leur terme.

Pendant ce temps, les unionistes comoriens d'origine anjouanaise se mobilisent pour contrecarrer les manœuvres des hommes du colonel Saïd Abeid. Le principal mouvement d'opposition à l'homme fort d'Anjouan, le GIRMA et le Collectif des anjouanais de la Grande Comore ont décidé dimanche dernier à Moroni "d'unir leurs efforts en vue de la recherche des voies et moyens adéquats pour que la signature par la partie anjouanaise soit apposée sur l'Accord d'Antananarivo au plutôt possible". Un Comité paritaire de coordination a déjà été mis en place.

K.M.

JIR - Mardi 1er Février 2000

 

LES INDEPENDANTISTES ANJOUANAIS CONFRONTES A L’ULTIMATUM DE L’OUA.

L’heure des sanctions est arrivée.

Les sanctions brandies depuis décembre dernier contre les dirigeants indépendantistes par l'OUA et les pays de la région au cas où ils ne signeraient pas l'accord de paix d'Antananarivo avant le 1er février sont entrées en vigueur depuis avant-hier soir à partir de minuit, à en croire le siège de l'Organisation panafricaine à Addis-Abéba.

Ces sanctions visent précisément le président de l'Etat autoproclamé d'Anjouan et les membres de son gouvernement, le président de l'assemblée indépendantiste et les membres de ladite assemblée, les dirigeants des milices et autres groupes armés, les dirigeants de l'appareil administratif, les hommes d'affaires les plus influents liés aux indépendantistes, les membres de la diaspora anjouanaise fournissant un appui ou alliés aux indépendantistes. Elles s'appliquent aussi aux membres de leurs familles respectives à quelque niveau que ce soit.

Ces sanctions sont de deux sortes. D'abord, les restrictions dans leurs déplacements en dehors d'Anjouan, en n'accordant aucune reconnaissance à leurs documents de voyages. Et pour de nombreux observateurs, dès lors que certains dirigeants indépendantistes ont la double nationalité, c'est-à-dire comorienne et française, et surtout que la seule porte de sortie d'Anjouan demeure l'île française de Mayotte (mais revendiquée par les autorités comoriennes), ces sanctions n'auront aucun effet si les autorités françaises ne les appliquent pas. Selon un document qui fut envoyé aux Etats membres de l'OUA, des contacts devraient être établis avec la France à ce sujet. Mais selon les autorités préfectorales de Mayotte que nous avons contactées hier en début d'après-midi, elles nous ont confié qu'elles n'ont reçu aucune instruction venant de Paris, au sujet de la mise en oeuvre de ces sanctions. Ensuite, la deuxième catégorie de sanctions concerne le gel des avoirs des personnes susmentionnées (à l'intérieur et à l'extérieur des Comores) et aussi le blocage des rapatriements de fonds en leur faveur en provenance des membres de leurs familles, leurs alliés et leurs sympathisants.

Il est également prévu un largage à Anjouan de pamphlets expliquant les positions de l'OUA. D'ores et déjà, une liste des personnes visées par ces sanctions est envoyée aux Etats membres de l'OUA et à un certain nombre d'organisations internationales telles que la Ligue des Etats arabes, l'organisation de la Conférence islamique, l'Union européenne, etc. D'autres sanctions seront examinées par la conférence ministérielle de l'OUA qui se tiendra à Addis-Abéba au début du mois prochain. Elles incluront un renforcement des mesures censées être déjà mises en oeuvre. Par ailleurs, après avoir fait montre d'une certaine nervosité teintée de panique au sujet des sanctions brandies par l'OUA et les pays de la Région, les dirigeants indépendantistes paraissent brusquement confiants depuis quelques jours.

Et ce, à la surprise de beaucoup de gens ici. La question que l'on se pose ici est la suivante : d'où les dirigeants indépendantistes tirent-ils leur soudaine confiance ? Pour l'heure, difficile de le dire. Et de son côté, dans une déclaration faite avant-hier, lundi devant les militaires au camp militaire de Kandani, le chef de l'Etat comorien, le colonel Azaly Assoumani a exhorté ces derniers à rester plus que jamais vigilants dans leur mission de maintien de la paix civile. Un appel qui laisse transparaître, aux yeux de nombreux observateurs, une crainte de troubles en Grande Comore. Il a également répété qu'il ne va pas quitter le pouvoir aussi longtemps que la crise indépendantiste restera sans solution.

De notre correspondant

à Moroni,

Kamardine Mohamed

JIR-Mercredi 2 février 2000

 

LES SYNDICATS ANJOUANNAIS CONTRE LE POUVOIR SEPARATISTE

C'est la première fois que les syndicalistes s'en prennent ouvertement aux autorités, et manifestent leur hostilité au séparatisme au point de demander à l'OUA une intervention militaire pour mettre fin à cette "prise d'otage".

La section anjouanaise su Syndicat National des Professeurs (SNPC) a adressé le 15 janvier au Secrétaire Général de l'OUA une lettre dans laquelle elle considère que les dirigeants séparatistes "ne méritent pas l'attention qu'on leur accorde".

Les professeurs anjouannais, qui ont refusé de reprendre leur poste le 19 janvier, date fixée pour la rentrée scolaire, ont même durci le ton en qualifiant les chefs séparatistes de "hors la loi", qui "soufflent le chaud et le froid".

C'est la première fois depuis deux ans que les syndicalistes de l'île s'en prennent aussi ouvertement aux autorités, et manifestent leur hostilité au séparatisme au point de demander à l'OUA une intervention militaire pour mettre fin à cette prise d'otage dont est victime la population anjouanaise. La lettre précise que la situation actuelle de l'île justifie cette intervention, d'autant plus que la population a compris qu'elle a été trompée. Le syndicat estime que les conditions sont favorables et que l'OUA "ne court pas le risque de s'enfoncer dans un bourbier", ce qui, selon lui, n'était pas le cas au début de la crise, lorsque la population anjouanaise s'était rangée "naïvement" derrière les chefs sécessionnistes.

Mais ce qui a fait monte d'un cran la tension, c'est sans doute l'approche de la date fatidique du 1er février, au-delà de laquelle tout peut arriver. L'ultimatum de l'OUA, tel un épée de Damoclès suspendu sur la tête des dirigeants séparatistes, ne pouvait que pousser ces derniers temps vers leur dernier retranchement, et à déployer tous azimuts la machine répressive contre des adversaires intérieurs de plus en plus nombreux à exprimer leur hostilité au pouvoir en place.

Mascarade électorale

Le sundicat n'a pas hésité d'ailleurs à dénoncer la campagne de terreur qui a pris pour cible la presse (fermeture de la Radio Ushababi, emprisonnement du correspondant d'Al-Watwan,etc.). A en croire le témoignage de certains observateurs sur place, la panique gagne chaque jour la population, qui ne cache plus sa peur d'une nouvelle épreuve de force.

Le dernier discours du lieutenant-colonel Said Abeid loin d'apaiser la tension déjà très vive, a plutôt été perçu comme une déclaration de guerre contre les partisans de l'Accord d'Antanarivo.

C'est ainsi que les actes d'intimidation et de privation des libertés se sont multipliés de façon inquiétante en début de semaine, dans la perspective de l'organisation dimanche prochain d'un référendum sur les Accords d'Antanarivo.

Une consultation qualifiée de "mascarade" par le syndicat, dès lors qu'elle ne permettra pas à la population anjouanaise de "s'exprimer librement". Selon lui, "le caractère populaire du mouvement" a volé en éclat.

El Had Said Omar La Gazette des Comores N°28 du 20 janvier 2000

 

GRANDE- COMORE: Des jeunes passés à tabac par des militaires

Plusieurs membres des forces comoriennes, armés et cagoulés, ont investi un quartier de Moroni dans la nuit du 19 janvier dernier afin de venger l'un de leurs camarades qui soupçonnait sa maîtresse d'avoir eu des relations intimes avec l'un des jeunes du quartier. Huit riverains de Badjanani, des jeunes gens pour la plupart, ont ainsi été blessés.

Quatre jours plus tôt, le militaire jaloux, vêtu en civil, était stationné dans ce quartier, à bord d'un véhicule banalisé de l'armée, aux côtés d'autres camarades en civil. Apercevant celui qui lui dispute les faveurs de sa dulcinée au milieu d'un groupe de jeunes, il interpelle son rival. S'ensuit alors une échauffourée… Un militaire brandit bientôt son armée de service face à ce jeunes jusqu'alors persuadés de n'avoir affaire qu'à un groupe de jeunes d'un quartier voisin…

Force faisant loi, les militaires embarquent alors plusieurs jeunes à bord du véhicule pour les amener dans leur caserne de Mdé. Sans enquête ni procès, ils les passaient ensuite à tabac, pour les relâcher au petit matin.

"Les jeunes sont tellement habitués à ce genre d'altercations qu'ils ont fini par s'en accommoder", remarque la Gazette des Comores dans l'une de ses dernières édition.

Dans la journée du 19 janvier, les jeunes rouent de coups l'un de leurs tortionnaires, après l'avoir reconnu alors qu'il marche dans la rue. Suivant le principe de l'escalade, plusieurs militaires aux visages dissimulés par des cagoules déboulaient quelques heures plus tard à Badjanani, munis de différentes armes, afin de mener une "expédition punitive.

"Ce genre d'action est monnaie courante; les quartiers de la capitale ont été victimes à maintes reprises de ces descentes nocturnes de militaires en cagoule, sans éveiller la curiosité de la justice ou des chefs de l'armée, ajoute La Gazette des Comores. L'impunité dont a toujours bénéficié ces hommes contribue sans doute à encourager ces escadrons de la nuit…"

 Le Quotidien de la Réunion du 31/1/2000 Source: un article de la Gazette des Comores

 

LA COOPERATION REGIONALE METEOROLOGIQUE EXISTE

Depuis 1989 la COI (commission de l’océan indien) a mis en place un programme de coopération météorologique concernant les cyclones tropicaux. Dans un communiqué, la COI précise qu’un nouveau projet, d’une durée de quatre ans (dont le coût est estimé à 1.8 million d’euros, financés par des fonds européens), vise à améliorer le système d’observation régional, le système de communication régional et le système de traitement des données (prévisions et recherche).

Avec la mise en service, cette année, des satellites météostat nouvelle génération, un nouveau système de transmission, entièrement numérique, doit être mis en place progressivement pendant trois ans.

L’équipement des stations HRTP (permettant de recevoir les images des satellites à défilement, pour l’analyse de la structure des masses nuageuses surtout celles associées aux cyclones tropicaux) doit également être améliorer à Madagascar. Pour la maintenance des équipements un réseau d’expertise réunissant des techniciens en chef de chaque service national va être crée.

Afin d’améliorer le système de traitement des données tous les services nationaux doivent être informatisés. Ceux des Comores, de Madagascar et des Seychelles vont dont être complétés.

Des formations proposées

Par ailleurs des formations sont proposées. Ainsi tous les ans pendant la période cyclonique le CMRS (centre météorologique régional spécialisé) cyclones tropicaux de La Réunion accueillera des météorologistes des pays voisins pour leur permettre d’acquérir une formation pratique sur des techniques et du matériel de haut niveau.

Tous les deux ans un stage de prévision numérique ou d’interprétation de l’imagerie satellitale y sera organisé, ainsi qu’un stage de prévision cyclonique. Des bourses (une par pays) seront attribuées pour suivre le Master à l’école nationale de météorologie à Toulouse. Enfin le CMRS de la Réunion, dotée d’une cellule de recherche cyclonique depuis août 1998, accueillera chaque année deux chercheurs ou stagiaires de la région pendant quatre mois.

Le Quotidien de La Réunion du vendredi 4 février 2000

 

ECONOMIE

Aux COMORES, on a assisté à la publication d'un communiqué des opérateurs économiques demandant à l'Etat de permettre au secteur privé de jouer son rôle.

En France, l'actualité de ce début d'année a été marquée par la publication du rapport annuel de la Cour des Comptes.

 

COMMUNIQUE DES OPERATEURS ECONOMIQUES DES COMORES.

Le secteur privé comorien s'adresse solennellement à l'opinion publique et tout particulièrement aux plus hautes autorités comoriennes pour les informer si besoin était et surtout d'appeler leur attention sur les dérives arbitraires constatées ces dernières semaines.

En effet, les mesures prises en dehors du bon sens à l'encontre du secteur privé par certaines administrations et certaines sociétés d'Etat viennent en opposition contre la politique de relance de la croissance et du développement économique dans une dynamique de concertation et de partenariat.

Le secteur privé comorien considère et reste convaincu que les méthodes employées (interpellations, astreintes physiques, saisies exécution et autres démolitions, etc.) en violation flagrante des lois et procédures judiciaires de notre République pour renflouer les caisses de l'état n'atteindront pas ce noble objectif auquel nous souscrivons tous.

En revanche, ces persécutions et ces humiliations que le secteur privé considère comme gratuites hypothèquent la paix sociale et le développement économique de notre pays ; elles ont par ailleurs instauré un climat délétère avec pour conséquences particulières :

  • une méfiance à l'égard de la communauté comorienne des affaires
  • un sérieux discrédit et une déstabilisation de l'ensemble des opérateurs économiques comoriens,
  • une atteinte inadmissible de l'indépendance de la justice et donc de l'état de droit,- à décourager sinon éloigner de notre pays tout investisseur potentiel.

Pour toutes ces raisons et restant convaincu qu'un environnement social, économique et politique serein est la seule garantie tangible pour un développement harmonieux et durable de notre pays, le secteur privé comorien appelle expressément les plus hautes autorités du pays à bien vouloir dans les meilleurs délais :

  • entreprendre des mesures réelles capables de sortir le pays du marasme et à relancer la croissance économique,
  • reprendre la dynamique de concertation, de négociation et de partenariat provisoirement suspendue,
  • bannir ces pratiques et ces procédures d'un autre âge.

Fait à Moroni le 27 janvier 2000

 

PUBLICATION DU RAPPORT ANNUEL DE LA COUR DES COMPTES EN FRANCE  

Pierre JOXE, le Président de la cour des Comptes, aura beau dire que l'objectif légitime de la Cour est la transparence, dans l'intérêt des citoyens comme dans celui des fonctionnaires. Il aura beau assuré qu'il n'est pas question de jeter la pierre à la fonction publique. C'est un véritable réquisitoire contre l'Etat-employeur que dresse la Cour dans le rapport sur "la fonction publique de l'Etat", rendu public lundi 10 janvier 2000.

Le constat est vertigineux. D'un bout à l'autre des 400 pages de ce premier rapport, l'Etat apparaît comme un employeur déplorable. Aucun des ministères passés au crible n'échappe à la volée de bois vert: la gestion des personnels de l'Etat, encadrée en apparence par des statuts très centralisés, est en réalité d'une extraordinaire hétérogénéité selon les ministères ou les services d'un même ministère. Non seulement il n'existe pas de comptabilité normalisée des emplois et des effectifs mais, à l'intérieur de chaque ministère, la connaissance de la situation réelle des effectifs est déficiente ou lacunaire.

Ce rapport sur "la fonction publique de l'Etat" résulte d'une enquête approfondie menée sur le terrain pendant deux ans par une trentaine de magistrats de la Cour, porte sur la gestion des effectifs et le système de rémunérations dans sept ministères: l'économie et les finances, la justice, l'intérieur, l'emploi et la solidarité, l'équipement, l'agriculture et l'éducation nationale.

L'état des lieux dressé par ce rapport décrit les carences de l'Etat dans les gestions de ses personnels. L'absence de "système de pilotage fiable et précis" des effectifs est une constante dans tous les ministères contrôlés. L'Etat ne connaît même pas le nombre exact de ses agents. Cette lacune "est un obstacle tant à la maîtrise des dépenses qu'à la gestion prospective", note la Cour. De nombreuses pratiques ( surnombres, mises à dispositions, etc.) permettent aux ministères d'échapper, partiellement, au contrôle du Parlement à l'occasion du vote du budget.

Le rapport est encore plus critique sur les systèmes "complexes" et "opaques" de rémunération des agents de l'Etat. Le ministère de l'économie et des finances est particulièrement épinglé. Les agents de Bercy, rigoureux contrôleurs des autres ministères, se sont octroyé, au fil des ans, des primes spécifiques très nombreuses et des avantages particuliers.

Certains des plus hauts fonctionnaires de ce ministère bénéficient, par exemple, d'exonérations fiscales sur le quart environ de leur rémunération. Bon nombre ce des rémunérations "accessoires" ne reposent sur aucune base juridique solide et constituent autant d'irrégularités au regard des règles budgétaires. Le parlement n'est pas en mesure d'exercer pleinement son contrôle sur l'affectation des crédits qu'il vote.

Ces arrangements de toutes sortes sont comme sédimentés, le plus souvent, la création d'une indemnité a été le moyen, ministère par ministère, d'acheter la "paix civile", mais ils conduisent à un empilement de dispositions coûteuses et dont le lien avec les missions du service concerné est "souvent au moins discutable".

Opacité malsaine, pilotage à l'aveugle, irrégularités choquantes, affranchissement partiel du contrôle parlementaire, consens tacite de tout le monde: le constat dressé par la cour des comptes est accablant. Au regard de l'efficacité que de la démocratie.

 

DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

 

Le ridicule ne tue pas

Le 23 janvier 2000, les séparatistes anjouanais ont procédé pour la N éme fois à une pseudo consultation de la population anjouanaise pour dire oui ou non à la signature de l'Accord d'Antananarivo. Quand on sait dans quelles conditions s'est passé en fait ce référendum, quand on sait dans quel calvaire se trouve aujourd'hui cette population consultée, on est en droit de se demander la valeur réelle qu'accordent les séparatistes à celle-ci, et surtout le véritable intérêt de cette consultation si ce n'est que réconforter leur amour-propre. Comment des soi-disant responsables peuvent pendant deux ans et demi voire bientôt trois ans bâtir toute leur politique sur le mensonge et la démagogie ? On se demande vraiment de quelle école sont-ils sortis. Avant-hier et hier c'était le pèlerinage et le BAC ( enfin le BAC "ZAROUK" QUOI .........). Aujourd'hui, c'est le référendum pour le rejet de l'Accord. Ca c'est le summum, on ne pense pas qu'il y'en aura encore pire. Quoi que si............ quand on entend des énergumènes comme celui qui a prétendu à RFI qu' Anjouan est bien capable de se gérer dans son indépendance la plus totale car elle a les potentialités requises, on se dit qu' on n' est pas au bout des conneries. Potentialités mon oeil ( Excusez-moi du terme ) quand on sait que Monsieur l'intervenant à RFI n’est finalement tantôt que facteur dans les postes de Paris, tantôt garçon de l’hôtel ou plutôt coursier ( au sens de garçon de commission ) et dire que cela fait plus de 10 ans qu'il n'a pas foutu ses petits pieds de moustiques à Anjouan. Il devait quand même prendre le soin de s’informer un peu sur un certain nombre de choses élémentaires qui sont nécessaires pour qu’un pays puisse prétendre se prendre entièrement en charge.

Mais en fait, son intervention illustre bien l’étroitesse de son esprit qui correspond d' ailleurs à la petitesse de son corps, puisque vivant pleinement le phénomène de la mondialisation, il prétend et soutient activement l'indépendance d' Anjouan ( Quel amour pour son île préféré 10 ou 12 d' absence. De grâce, cultivez-vous un peu Messieurs les séparatistes expatriés ! Arrêtez un peu de mentir à la population anjouanaise et surtout de l’humilier et souiller son image ! Venez vivre la réalité à Anjouan avec les anjouanais ! Au fait non ! Pas tout de suite car vous-même qui prétendez aimer Anjouan et sa population, vous êtes encore les mêmes à être trempés dans les malversations ( financement du journal VIA de J.C VALLEY Dr ZAIDOU, financement des BAC Zarouck et Makany, confection des cartes d' électeurs par DADA etc............. la liste est longue ). En tout cas, nous autres faisons confiance à l'histoire et elle seule sera juge de nos actes.

Un lecteur

 

Les mensonges des séparatistes par Mahmoud IBRAHIME

De nouveau les séparatistes sont acculés, ils sentent qu'ils pourraient bientôt perdre des plumes, et ils ressortent leur meilleure arme : le mensonge.

CITATION

FIN DE CITATION

L'OUA a pris en charge la question des Comores en août 1997. Cela fait donc deux ans et cinq mois. Combien de personnes ont lu votre communiqué avant qu'il ne devienne public ? Ignorent-ils tout le dossier comorien, ou s'agit-il simplement de faire croire que cela fait longtemps que les séparatistes vivent hors-la-loi sans être punis par la justice comorienne ?

CITATION

 FIN DE CITATION

Tout le monde sait, sauf les membres de l'Association franco-anjouanaise que l'OUA (comme la plupart des associations de la société civile comorienne) a condamné cette intervention qui a été préparée en quelques jours, et sans concertation avec nos partenaires diplomatiques dans la région. Tout le monde sait aussi que l'Association Franco-anjouanaise, en créant un lien entre l'Action française et les séparatistes sur place, ce qui a laissé certains de nos frères croire que la France soutenait le mouvement, porte une lourde responsabilité quant à la mort de nombreux de nos frères que ce soit en septembre 1997 ou en décembre 1998. J'espère que lorsque les Comores retrouveront leur stabilité, les citoyens n'oublieront pas ce que vous avez fait, et que vos actes ne resteront pas impunis.

CITATION

FIN DE CITATION

Si réellement ce texte a été imposé aux séparatistes, pourquoi ne pas l'avoir condamné immédiatement, mais s'être engagé à le signer plus tard ? Qu'est-ce qui vous a empêché de présenter votre propre texte. Quelle hypocrisie !

Voici ce qu'écrivait Abdallah Bourhane, membre influent de l'Association franco-anjouanaise dans habari le 2 juin 1999 :

CITATION

Mon angoisse avait baissé d'un cran après la conférence d'Antananarivo, et j'avoue avoir ressenti, après lecture du texte des accords, un certain soulagement dans la mesure où de nouvelles institutions tenant compte de la plupart des revendications des anjouanais allaient être mises en place, des fonds allaient être débloqués, l'application de ces accords était garantie par les organisations internationales, enfin et surtout, Anjouan allait sortir de son isolement.

Voilà pourquoi j'étais et reste favorable à la signature de ces accords.

FIN DE CITATION

D'où vient qu'aujourd'hui les membres de la même Association franco-anjouanaise peuvent prétendre que l'OUA leur a imposé un texte ?

CITATION

FIN DE CITATION

Vous savez très bien que l'OUA conformément à la parole donnée à Antananarivo s'est engagée à prendre en compte les réserves de toutes les parties (y compris la partie de Ngazidja qui avait ses propres réserves). Mais c'était des réserves consignées à la fin de cet Accord. Les séparatistes anjouanais, prétendant parler au nom de tous les Anjouanais, sont allés rédiger d'autres propositions (celles que le docteur Zaïdou a appelé les "contre-propositions") qui n'avaient rien à voir avec les réserves formulées par les séparatistes à Antananarivo.

Mais le plus gros de vos mensonges le voici :

CITATION

FIN DE CITATION

Pourquoi aimez-vous tant vous ridiculiser ? Pourquoi ne vous renseignez-vous pas avant d'écrire de telles inepties ? Tout le monde, sauf l'Association franco-anjouanaise sait que Salim Ahmed Salim est un Tanzanien, pour ne pas dire un Zanzibarite. Je crois que c'était Abdouroihamane Bacar qui dans Comoronet avait déjà sorti cet argument en 1997. Je lui avais alors expliqué que si Salim Himidi dit que c'est son frère, c'est parce qu'ils ont vécu ensemble à Zanzibar quand ils étaient enfants. Salim Himidi est bien un Comorien de Ngazidja, mais Salim Ahmed Salim (qui n'est pas son frère de sang) n'est pas un Comorien.

Revenez-nous avec de vrais arguments, mais il est vrai que ce n'est pas votre fort. Vous préférez la violence, comme vous avez tenté d'agresser l'un de nous au Palais de Justice de Paris, parce qu'il vous a pris en photo. Heureusement que votre avocat était là pour vous faire une petite leçon de droit français, en ce qui concerne la prise de photos sur un lieu public.

Les séparatistes sont très peu fiers des opinions qu'ils défendent, ils n'aiment donc pas qu'on les reconnaisse, c'est pourquoi ils n'aiment ni les photos ni signer leurs écrits.

 

CULTURE:

UN CRI D’ESPOIR

" UN CRI D'ESPOIR", le combat d'une mère contre la mucoviscidose. Préface du professeur CABROL.

Odile LAURENT-SEGUIN, Inspecteur du Trésor, agent comptable de l'Ecole Polytechnique à Palaiseau, vient de publier un livre intitulé "Un cri d'espoir" aux Editions "Le Pré aux Clercs", consacré à son combat de tous les jours contre la mucoviscidose dont est atteint son fils Pierre-André.

En France, il naît chaque jour un enfant atteint de cette terrible maladie qui oblige à des soins sans cesse répétés, notamment de kinésithérapie respiratoire. C'est la maladie génétique grave la plus fréquente: on estime qu'un individu sur vingt est porteur de ce gène, soit plus de deux millions de personnes.

Grâce à ce récit très fort, rédigé avec des mots simples et sincères, on découvre les doutes, les joies, et les peines de cette mère. Mais surtout son irrésistible confiance en l'avenir: le gène responsable de la maladie a été découvert en 1989, quatre joursq après la naissance de Pierre-Antoine, et dix ans après commence à se dessiner tout un arsenal de thérapeutiques, permettant d'espérer une amélioration significative des traitements.

Le livre d'Odile LAURENT-SEGUIN est à la fois une immense preuve d'amour pour son fils, une formidable leçon de courage et de lutte très clair sur les mécanismes génétiques. Ce livre devrait être lu par tous les parents afin de leur faire mesurer leur force intérieure et leur capacité à répondre aux coups du destin.

C'est enfin et surtout un cri d'espoir à son fils, aux autres malades, aux chercheurs, au personnel médical, à ceux qui un jour pourraient être concernés et à tous ceux qui souhaitent les aider.

Un livre passionnant et émouvant.

Prix du livre: 99 Francs Français.

 

NOS BREVES

Disparition le 3/2/2000 de M. Abdellahi Mohamed, Ancien Premier Ministre des Comores.

M. Abdellahi Mohamed est décédé le 3 février 2000 à Mutsamudu à Anjouan. Il a occupé durant la période coloniale de nombreuses responsabilités dans la fonction publique et notamment le poste stratégique de Commissaire au Plan. Il a été nommé Préfet de l'île d'Anjouan 6 mois avant l'accession des Comores à l'indépendance. Après la proclamation de l'indépendance, Il a été nommé Premier Ministre pendant le règne du Président Ali Soilihi. Il a été reconduit dans son poste de Premier Ministre par le Président Ahmed Abdallah et occupé par la suite plusieurs fauteuils ministériels notamment ceux de la Justice et de l'Agriculture. Après avoir quitté les fonctions gouvernementales, il a été nommé ambassadeur auprès de l'Etat comorien d'une organisation islamique.

Cet homme public qui a servi pendant de nombreuses années la fonction publique puis l'Etat comorien vient de nous quitter. Paix à son âme.

 

Nouveau scandale à Anjouan

Plusieurs membres de la famille de M. Abdellahi Mohamed étant originaires de la Grande Comore ainsi que certains de ses amis n'ont pas osé, compte tenu du climat d'anarchie et de terreur qui prévaut à Anjouan, venir prendre part à ses obsèques qui ont eu lieu à Mutsamudu le 3/2/2000 vers 12H30. Il convient de relever que ceux qui se sont résolus à venir à l'enterrement ont été confrontés à de nombreuses tracasseries à l'aéroport d'Ouani avant de pouvoir être autorisés in extremis à la suite de plusieurs interventions, le comble, à entrer dans l'île d'Anjouan. C'est le cas notamment de Messieurs Hassane Mohamed et Amine Moumine. Nous rappelons que ces deux personnes sont originaires d'Anjouan. Les bêtises des séparatistes sont inqualifiables.

Abeid place ses amis

Un certain Boinayou qui travaillait à Moroni comme comptable à l'ex EEDC aujourd'hui CEE s'est installé définitivement à Anjouan depuis les manifestations anti-anjouanaises de Moroni. Depuis son retour, il courtisait les sympathisants d'Abeid. Il a fait partie des organisateurs de l'accueil des amis de Zaïdou-JCV – comprendre investisseurs de passage à Anjouan pour faire campagne -. Aujourd'hui il est récompensé par le colonel. Ce jeune " cadre dynamique " a été bombardé directeur général adjoint des hydrocarbures. Abeid est en train de remercier le dernier carré de ses amis en attendant la fin du séparatisme.

Crise séparatiste : en attente d’une clarification de la position française

Depuis l’annonce des mesures envisagées par l’OUA à l’encontre des chefs séparatistes, les amis d’Abeid disent qu’ils ont le soutien ferme des autorités françaises. Les démocrates anjouanais qui subissent tous les jours la répression du chef séparatiste, ancien militaire français de surcroît, se demandent si le pays de la déclaration des droits de l’homme va effectivement continuer à soutenir une bande armée qui a pris tout un pays en otage. Le moment est venu pour que le gouvernement français clarifie sa position face à la clique qui s’est accaparée du pouvoir à Anjouan. Dans nos prochains numéros, nous ne manquerons pas de relever le non respect par la France des décisions prises par l’OUA.

Mobilisation de la jeunesse contre la corruption du pouvoir séparatiste

Les jeunes de Mutsamudu ont demandé une autorisation à la préfecture pour organiser une assemblée à Pangahari le samedi 5/02/00 à 16h00 afin d'expliquer à la population le degré de corruption qui sévit dans l'île d'Anjouan. Les autorités séparatistes ont refusé mais les jeunes sont déterminés à organiser leur réunion publique.

Nous encourageons les initiatives de la jeunesse destinées à dénoncer les malversations du pouvoir séparatiste.

Interpellation d'un journaliste à Moroni

Lors de la Conférence de presse organisé par le Colonel Azali, le rédacteur en chef du journal d'Etat Alwatwan, Mohamed Hassane, réagissant sur l'éventualité de poursuites judiciaires contre les auteurs de malversations et de détournements de fonds publics, le journaliste s'est interrogé sur le sérieux de la justice dans le traitement des dossiers de corruption. Trois jours après, le journaliste est convoqué à la gendarmerie et poursuivis par la justice pour diffamation de l'institution judiciaire.

L'équipe de rédaction de Comores-Info dénonce cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse et demande à ce que notre confrère soit relaxé purement et simplement.

Côte d’Ivoire : les footballeurs de la " honte "

Le chef de la junte au pouvoir en Côte d’Ivoire, le général Robert Gueï, a accusé le jeudi 2/2/00 les joueurs de l’équipe ivoirienne de football d’avoir apporté la " honte " sur le pays, les avertissant que c’était " la dernière fois " qu’un tel comportement serait toléré. Les " Eléphants ", consignés dans un camp militaire en province depuis leur élimination le 31 janvier de la coupe d’Afrique des nations dès le premier tour, ont été " libérés " en début de journée du 2/2/00. Selon les autorités ivoiriennes, les joueurs ont chacun reçu 5 millions de francs CFA (50.000 FF) par avance. Après l’allocution du général Gueï, les joueurs ont chanté l’hymne national, avant de repartir libres, la plupart en taxi. Quand on sait les " liens d’amitié " qui lient le général Gueï et le colonel putschiste de Moroni, les sportifs comoriens devraient faire très attention.

Retour de Mr JC Vallée

Après une si courte, mais bienvenue absence de Son Excellence Mr JCV (pas JVC cette très bonne marque Hi-Fi) notre ami à tous, celui qui aime trop les anjouanais, est de retour sur Habari. Vous trouverez dès cette semaine son inépuisable et ô combien indispensable contribution pour la consolidation de la fuite en avant. A commencer par son rapport de mission à Anjouan ce mois-ci où, il a eu à organiser, superviser et observer le déroulement du très populaire "référendum" du 23/01/2000. Il paraît que lui et peut-être également ses "investisseurs" de circonstance ont voté. Ce qui est d'ailleurs normal puisqu'il a s'est déjà octroyé sa future "nationalité" anjouanaise.

Longue vie à Mr VC.

Lu sur Habari de Zain El Abidine

 

 

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