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EDITORIAL: L’AME DES COMORIENS : LA NATION COMORIENNE

La nation c'est le socle qui unit un peuple donné dans un territoire donné. L'appartenance à une nation consacre les liens noués tout au long de l'histoire d'un peuple tant du point de vue de la langue, de la religion, de la culture et d'autres valeurs. C'est la volonté profonde d’un peuple de vivre ensemble et de partager un destin commun.

Depuis le déclenchement de la crise séparatiste, la nation comorienne est gravement menacée. Les séparatistes ont remis en cause les valeurs millénaires communes du peuple comorien et notamment le partage d'un seul destin.

Si la nation comorienne disparaît, les Comoriens vont perdre l'essentiel de leur patrimoine commun culturel et historique. Les Comoriens continueront à vivre dans des îles dont la haine et la méfiance envers les frères prendront le dessus sur les liens traditionnels de fraternité, de tolérance et de respect mutuel qui les ont toujours rassemblé. Notre pays n'existera plus. L’existence des Comoriens ne suffit pas à elle seule à préserver la nation comorienne. Il faut une volonté commune et active de la majorité des Comoriens pour vivre un seul destin à travers les Comores.

Le premier coup de canon contre la nation comorienne est la séparation du destin du peuple comorien en deux, " Mayotte et les autres îles".

Beaucoup d'arrières pensées dans " tous les Comoriens que vous êtes" lancé par François Mitterrand à Moroni en 1990, justement cela ne suffit pas, le danger aujourd'hui est que les Comoriens peuvent exister sans la nation -Comores- et nous ne voulons pas non plus de frontières 'infranchissables " ou pas entre Comoriens.

Si les Comores disparaissent comme s'y emploient ardemment les chefs séparatistes, elles entraîneront avec elles le seul territoire de survie de tous les Comoriens, nous risquons de connaître la même tragédie que les kurdes. Les Comoriens, qui ont toujours de tout temps, voyagé entre les différentes îles, vont devenir des étrangers dans leur propre pays. Les Comoriens sont déjà refoulés à Mayotte malgré que cette île fasse partie intégrante du territoire comorien. Le comble du paradoxe c'est que des Comoriens ne partageant pas les idéaux rétrogrades et réactionnaires du séparatisme sont régulièrement refoulés d'Anjouan.

Les Comores c'est l'âme des Comoriens, et absolument rien dans tout l'Univers ne justifie que nous laissons perdre notre âme sans sursaut ,sans réagir , et sans combat.

L'enjeu est de taille. La nation comorienne étant en péril, un vaste rassemblement s'impose pour sauver l'unité de notre pays et du peuple comorien. Nous souscrivons à l'appel lancé par les organisations de la société civile comorienne lors des assises du 30 janvier 2000 et celui du Front Démocratique en vue de parvenir à la constitution d'un vaste front-uni regroupant les partis, toutes tendances politiques confondues, les syndicats, les organisations de la jeunesse, les organisations des femmes, les associations culturelles, les organisations de la diaspora, tous les hommes épris de paix, de liberté et de justice afin d'éradiquer le séparatisme, ce cancer qui est en train de démolir les fondements de notre nation. Chacun doit apporter sa part de contribution. Nous devons unir toutes nos forces afin d'éteindre le feu qui est en train de détruire notre nation, le bien le plus précieux qui nous a été légué par les générations précédentes et que nous devons transmettre aux générations futures.

IL faut mener ce combat - pour la nation comorienne jusqu'au bout, ne laissons pas à des chefs extrémistes séparatistes assoiffés de pouvoir et d'argent détruire notre destin commun, bannissons dans nos actes et dans notre rêve le désespoir séparatiste. Faisons nôtre ce mot d'ordre dans notre noble combat : " LA NATION COMORIENNE EST UNE ET INDIVISIBLE."

LA REDACTION

 

POLITIQUE

L’ACTUALITE DU JOUR : QUE CHERCHE AZALI ?

Les sanctions décidées par l'OUA sont mises en oeuvre. Les chefs séparatistes commencent à être embarrassés et paniqués par l'ampleur des mesures qui ont été prises. Elles viennent de produire leurs effets avec la publication d'une liste des personnes sanctionnées, l'obligation absolue des bateaux anjouannais de prendre le départ à Moroni, le refoulement par les autorités malgaches du bateau de Foumbani et le gel des comptes de certains commerçants proches du pouvoir séparatiste. Nous demandons à l'OUA de saisir officiellement les autorités françaises afin qu'elles appliquent de leur côté les sanctions qui ont été décidées. Un enchaînement rapide des sanctions qui doit connaître son point d'orgue avec une intervention destinée à désarmer les chefs séparatistes et leurs milices s'impose afin de parvenir rapidement à mettre un terme final à cette prise d'otages qui a trop duré. Il est paradoxal de constater que le Colonel Azali a décide au cours de cette période de dépêcher à Anjouan le Capitaine AYOUBA COMBO, un de ses bras droits. Ce dernier a été accueilli à sa descente d’avion par des officiers de la garde prétorienne d’Abeid – tous viennent du même coin MIRONTSY -. Le Colonel Azali est en train de mettre le doigt sur un engrenage dangereux. A chaque fois que les séparatistes sont confrontés à une passe difficile, Azali intervient pour leur permettre de leur sauver la face. Le Coup d'Etat du 30 avril 1999 a cassé la dynamique qui a été crée après la signature des Accords d'Antanarivo. En engageant les négociations de Mohéli, il a voulu écarter les parties signataires comoriennes ainsi que l'OUA, le médiateur officiel, dans le processus de règlement de la crise comorienne. Ces négociations de Mohéli se sont soldées par un fiasco. Lors d'une récente Conférence de presse, devant les questions pressantes des journalistes, le Colonel Azali avait fini par concéder que le Colonel ABEID l'avait mené en bateau. Nous mettons sérieusement en garde le Colonel Azali pour toute nouvelle initiative qui viserait à réhabiliter les chefs séparatistes et à leur permettre de gagner à nouveau du temps dans leur entreprise de démolition de la nation comorienne. De même nous demandons à l’OUA de maintenir la pression pour que les putschistes de Moroni retournent dans leurs casernes. Azali est disqualifié pour mettre en place les institutions prévues par l’accord d’Antananarivo.

LA REDACTION

Les partis politiques comoriens ont interpellé M. CHIRAC sur le rôle de la France dans l'enlisement de la crise comorienne. Ce courrier en date du 10 septembre 1999 vient d'arriver auprès de notre rédaction. Les questions soulevées dans cette lettre conservent une actualité brûlante.

LETTRE DES PARTIS POLITIQUES COMORIENS ADRESSEE A M. J. CHIRAC

Partis politiques Moroni le 10 septembre 1999

& Organisations signataires

                          Monsieur le Président
                          de la République Française
                          Palais de l'Elysée
                          Paris. France

                           

Objet : le rôle de la France aux Comores

Excellence,

Nous avons l'honneur d'attirer votre noble attention sur la situation délicate qui prévaut actuellement aux Comores. Notre pays est au bord de l'éclatement, les risques de guerre civile sont considérables. La France, ancienne puissance colonisatrice et premier partenaire des Comores, exerce une forte influence sur les destinées des Comores. Voilà pourquoi, il est de notre devoir de nous adresser aux hautes autorités de l'Etat français et donc à votre excellence.

Monsieur le Président,

L'Histoire a tissé des liens intimes entre les peuples comorien et français. Quand on considère que plus de vingt pour cent de la population comorienne vit en France et possède la double nationalité, on mesure leurs profondeurs et leurs forces.

Malheureusement les vicissitudes de l'Histoire sont venues compliquer cette intimité. A l'accession des Comores à l'indépendance en 1975, à l'issue d'un débat passionné à l'Assemblée Nationale française, la France a décidé de passer outre au principe international de l'intangibilité des frontières héritées de l'époque coloniale et maintient depuis lors, l'île comorienne de Mayotte dans la République Française.

Comme vous le savez mieux que quiconque, cette question empoisonne les relations entre nos deux pays. La situation s'est humainement aggravée depuis 1993, lorsque l'Etat français a imposé un visa d'entrée à Mayotte aux ressortissants des trois autres îles sœurs. Ces dernières semaines, la presse régionale, à Mayotte ("Kwezi") mais aussi à la Réunion ("Journal de la Réunion"), évoque des ratonnades anti comoriennes à Mayotte. On déplore même un décès.

Monsieur le Président,

Le maintient de l'île comorienne Mayotte au sein de la R.F. constitue un handicap qui pèse lourd sur les destinées du jeune Etat comorien. Pour nombres d'analystes internationaux, il faut y chercher et y trouver les raisons réelles de l'instabilité chronique qui prévaut en RFIC depuis 24 ans.

D'un autre coté, il est difficile de cerner les intérêts français qui seraient mis en danger si l'intégrité de l'Archipel des Comores était respectée. C'est tout le contraire. Est-il acceptable qu'une poignée de nostalgiques d'une époque révolue entraîne un grand pays comme la France à malmener un petit pays ami comme les Comores ? Cela vaut-il d'enfreindre les règles de la communauté internationale, de faire l'objet de multiples condamnations universelles pour un pays qui jouit d'un grand prestige international dont celui d'être la patrie de la déclaration universelle des droits de l'homme ?

Il suffirait pourtant d'un peu de bonne volonté pour trouver des compromis acceptables pour toutes les parties et ouvrir une ère de paix et de stabilité dans cette zone du Canal du Mozambique et de l'Océan Indien.

Monsieur le Président,

Il est évident pour tous que le séparatisme anjouannais s'inspire de l'exemple Maorais, bénéficie du soutien multiforme de ceux qui à Mayotte, à la Réunion et en France, voudraient faire croire au monde qu'ils ont eu raison avant l'heure, en séparant Mayotte de ses îles sœurs.

Il est même conforme aux faits de considérer que Mayotte joue le rôle de base arrière du séparatisme anjouannais.

Depuis l'été 1997, le drame du peuple comorien s'est élargi à Anjouan. Et comme en 1975 à Mayotte, les mêmes forces obscures refont surface avec le soutien affiché d'officiels français. A cet égard, l'on ne peut pas ne pas s'interroger sérieusement sur :

  1. L'attitude de votre ambassadeur aux Comores. Son excellence Pierre Yéré, envoyé spécial de l'Organisation de l'Unité Africaine aux Comores, dans son rapport de mission du 10/08/1997 écrit : "ils (l'Ambassadeur et le Premier Conseiller de l'ambassade de France aux Comores) ont relevé les différences d'origine entre les habitants de la Grande Comore et ceux d'Anjouan, les premiers viennent de l'Afrique de l'Est alors que les seconds sont d'origine perse et arabe".
  2. L'attitude du Préfet français de l'époque, Monsieur Boissadam. Dans le journal Kwezi numéro 96, il a osé déclaré : "l'unité des Comores est une construction artificielle de l'histoire coloniale. Il n'y a pas de race comorienne. C'est une vue de l'esprit".

Il est tout à fait compréhensible que de Paris, les événements qui émaillent la vie politique comorienne soient considérés comme des détails mais il n'en reste pas moins que l'Etat français est engagé par l'action de ses fonctionnaires.

Lorsque le 8 septembre 1999 dernier, des forces opposées au séparatisme sont expulsées d'Anjouan à l'issue de négociations âpres dans lesquelles l'Ambassadeur de France aux Comores et le Préfet de Mayotte ont pris une part décisive, lorsqu'on note que la destination des exilés c'est Mayotte, la vérité éclate au grand jour. Non seulement l'Etat français est impliqué dans la gestion quotidienne de la crise comorienne mais aussi il joue un rôle de premier plan qui favorise le séparatisme puisque au bout du compte, Anjouan est épuré de ses opposants au Chef séparatiste ABEID, officier de réserve de l'armée française.

Vous comprenez pourquoi, Excellence, Monsieur le Président, nous nous adressons à la plus haute autorité de l'Etat français pour qu'elle s'exerce, confirmant l'inacceptable pour nous, ce que nous n'imaginons pas un seul instant ou bien prenant les mesures appropriées pour réparer ces injustices criantes que l'on fait endosser à la France

Monsieur le Président,

Nos partis politiques et nos organisations estiment que l'unité du peuple comorien n'est pas une simple question de frontière. Que la jeune nation comorienne ne se soit pas suffisamment édifiée est un fait incontestable qui ne doit pas masquer les indices tangibles de l'unité nationale comorienne à savoir la communauté de langue et de culture. A cela il faut ajouter la communauté de religion. N'est-il pas significatif qu'après près d'un quart de siècle de séparation, Mayotte n'ait rien perdu de sa comorianité. L'insularité ne peut constituer une barrière solide à cette unité fondamentale. Notre culture originale prend place dans les trésors de l'humanité et mérite d'être développée et préservée

Monsieur le Président,

Nos parties sont impliquées par l'Accord d'Antananarivo signé en avril 1999 à l'issue de la Conférence comorienne inter-îles. Cette conférence avait ouvert des perspectives de réconciliation nationale par l'esprit qui y avait prévalu. On s'acheminait vers la signature des accords par la direction anjouannaise lorsque les Colonels comoriens sont entrés en scène.

Avec le soutien de la communauté internationale, en premier lieu l'OUA, partie prenante des accords, nos parties agissent pour que les militaires comoriens retournent dans leurs camps afin de permettre la mise en application des accords dans leur lettre et leur esprit. Nous espérons pouvoir compter sur votre puissant appui.

Dans cette perspective, nous sollicitons votre intervention personnelle pour créer une atmosphère d'apaisement dans le sens :

  1. De la suppression du visa d'entrée à Mayotte pour les ressortissants des trois îles sœurs
  2. De l'annulation d'une consultation d'une partie de la population sur le sort d'une partie du territoire comorien, consultation qui, comme les précédentes sera considérée par la communauté internationale comme nulle et non avenue.
  3. D'exercer votre influence sur les dirigeants séparatistes anjouannais, en particulier sur les officiers de réserve de l'armée française, pour qu'ils signent les accords d'Antananarivo et s'insèrent dans le processus de règlement de la question anjouannaise.

En nous adressant à votre Excellence, nous sommes convaincus de ne pas nous tromper. Notre espoir est de voir les relations d'amitié sincère entre nos deux peuples reposer sur des bases solides et connaître des nouveaux développements.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre haute considération.

Partis politiques et organisations signataires :

CHUMA, FAR, FD, MDP – NGDC, PCDP (Djamnadji), RND(Rénovation), Délégation de Ngazidja, Alliance Mohélienne pour la Démocratie.

 

 

MOBILISATION DE L'OPINION PUBLIQUE COMORIENNE CONTRE LE SEPARATISME

La mobilisation de l'opinion publique contre le séparatisme continue. L'organisation Fraternité comorienne condamne à son tour le référendum séparatiste et demande une intervention militaire de l'OUA pour mettre un terme à la crise séparatiste.

Le Front Démocratique des Comores vient de rendre publique une importante déclaration où il lance un appel à un sursaut national contre le séparatisme.

La jeunesse de Mutsamudu a tenu, malgré l'interdiction du pouvoir séparatiste, un meeting pour dénoncer la corruption généralisée du pouvoir séparatiste. La tenue de cette réunion publique marque un affaiblissement du pouvoir séparatiste.

 

COMMUNIQUE DE " FRATERNITE COMORIENNE "

Le 21 décembre 1999, lors de sa réunion ministérielle à Pretoria, en Afrique du Sud, l'OUA avait appelé les séparatistes anjouanais à signer l'Accord d'Antananarivo avant le 1er février 2000. Mais comme à leur habitude, les chefs séparatistes ont une nouvelle fois répondu par le mépris, en organisant une mascarade de référendum, le 23 janvier dernier. L'association Fraternité Comorienne n'est nullement surprise : depuis bientôt trois ans, les chefs séparatistes ont toujours fait preuve de beaucoup d'arrogance et de provocations. Nous n'avions pourtant pas eu de cesse de révéler, dès le début de la crise, la vraie nature du séparatisme.

Si, malgré tout, à la date fatidique du 1er février, les séparatistes avaient montré quelques signes de panique (voir l'appel de détresse lancé par Abdallah Mohamed à la France, le 1er février dernier), ils apparaissent aujourd'hui un peu plus sereins. Comme nos compatriotes qui se trouvent dans l'île comorienne d'Anjouan, Fraternité Comorienne estime que les sanctions prononcées par l'OUA ne sont pas de nature à inquiéter sérieusement  les chefs séparatistes. En effet, tant que ces derniers peuvent continuer à rafler les rentrées douanières et utiliser leur réseau maffieux, ils pourront tenir longtemps et multiplieront les arrestations et les répressions dans l'île.

Fraternité Comorienne lance donc un appel pressant à :

  • la France pour qu'elle applique immédiatement et sans réserve les premières sanctions préconisées par l'OUA.
  • l'OUA pour qu'elle envisage très rapidement le déploiement d'une force d'intervention en vue d'arrêter les chefs séparatistes et les chefs "embargos", de rétablir la légalité républicaine et d'assurer, jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions nationales, la libre-circulation des biens et des personnes.

Fraternité Comorienne considère que c'est la seule voie qui reste pour sauver la nation comorienne et éviter la dislocation totale des Comores et, par voie de conséquence, la propagation des idées séparatistes et xénophobes dans toute la région.

Pour Fraternité Comorienne et Masiwa

Ahmed-Chamanga

  

APPEL A UN SURSAUT NATIONAL POUR LA RESOLUTION DE LA CRISE DE NDZUWANI

Voilà trois ans que les Comores vivent une crise sans précédent affectant l’intégrité du territoire. Bien qu’ayant éclaté à Ndzuwani au détour d’un conflit social, cette crise au relent d’une recolonisation allant jusqu’à remettre en cause l’identité, l’unité du peuple comorien, trouve sa source profonde dans la question de Maoré.

En effet, si l’Etat comorien disparaît, si la République s’éclate en confédération, qui pourrait revendiquer encore la restitution de l’île comorienne de Mayotte ? D’où la pertinence de cette crise séparatiste et l’urgence d’une solution décisive au lendemain du terme ultime du 1er février 2000 posé par l’O.U.A. à la réunion de Pretoria.

Que ces séparatistes soient indécrottables, ils en ont fourni la preuve à chaque fois qu’on leur a donné l’occasion de se racheter. Au dialogue répété qu’on leur a offert, ils répondent par la provocation, se jouent de l’impuissance de l’O.U.A. qu’ils défient sans vergogne comme c’est le cas récemment avec l’organisation d’un prétendu référendum. La preuve est faite que le dialogue a épuisé sa vertu. L’heure est à la recherche d’une solution plus radicale.

Pour restaurer l’intégrité, pour restituer aux comoriens la fierté de leur identité, pour doter le pays de nouvelles institutions ouvrant la voie à la démocratie, au développement des collectivités locales, régionales, pour le bonheur des citoyens il est impératif, en conjonction avec l’action de l’O.U.A. et des pays de la région de résoudre au plus vite la crise de Ndzuwani.

D’abord fixer les objectifs immédiats :

Il s’agit de désarmer les milices séparatistes dites "embargos", qui ont pris en otage la population et pacifier l’île de Ndzuwani, condition sine qua non pour l’application de l’Accord d’Antananarivo.

L’expérience positive de la Mission militaire dépêchée aux Comores au début de la crise, appelle le redéploiement du contingent de l’O.U.A., qui peut être fourni par les pays de la région. Le désarmement des séparatistes doit être suivi de l’ouverture d’une antenne à Mutsamudu du bureau de l’O.U.A. afin de superviser la pacification complète de l’île.

A cet effet, le devoir des forces armées comoriennes est de se mettre au diapason des attentes du pays qui est de mettre fin à la sécession, défendre la République et sauvegarder l’intégrité territoriale.

Le contexte actuel

Il est indéniable que le coup d’Etat du 30 avril 1999 a rompu l’élan pris à partir d’Antananarivo pour la résolution de la crise comorienne. Mais aujourd’hui que des circonstances nouvelles ont surgi, favorables à l’isolement et à la réduction du groupe de malfaiteurs séparatistes qui se sont emparé de l’île de Ndzuwani, un impératif catégorique s’impose : l’union sacrée de toutes les forces vives du pays pour faire sonner le glas du séparatisme.

Du nord au sud, de Ngazidja à Mayotte, en passant par Mohéli et Anjouan ; de la droite à la gauche, du pouvoir comme de l’opposition : Au-delà de nos différences, conjuguons les forces de nos partis pour libérer l’île de Ndzuwani et ouvrir la voie à l’application de l’Accord d’Antananarivo.

  Les moyens d’action

Il ressort de l’analyse de la situation qui prévaut et des objectifs visés plus haut que les moyens sont de deux ordres :

  1. les forces militaires de l’O.U.A. mais aussi celles du pays
  2. toutes les forces vives nationales : Partis politiques, syndicats, mouvements de masses et en particulier de la jeunesse, mais aussi toute personnalité patriote, les ulémas, le pouvoir comme l’opposition.

L’union fait la force. A l’approche de l’heure de vérité, il importe que les comoriens attachés à leur patrie démontrent aux yeux de tous qu’ils veulent en finir avec le séparatisme.

Tous unis et dans l’action, démontrons à travers des meetings communs et des manifestations de rue communes, notre capacité à transcender les intérêts partisans pour le salut de la nation. Soyons confiants en nous-mêmes. Alors l’apport de l’O.U.A. pour la solution de la crise ne sera que plus décisif.

UKUTRUZI BASI IVO

Fait à Moroni le 1er février 2000

                                      Le Bureau Exécutif National

                                      Du Front Démocratique

 

MOBILISATION DE LA JEUNESSE DE MUTSAMUDU CONTRE LA CORRUPTION DU POUVOIR SEPARATISTE

LE PAIN D’UN HOMME N’EST ASSURE QUE QUANT IL TRAVAILLE POUR L’AVOIR

"Moi je ne suis pas en ville toutes les heures, donc si vous voyez un camion sortir du port à 3h00 du matin avec des marchandises non dédouanées arrêtez ce camion, si vous voyez quelqu'un qui enfreint la loi dites-lui non, que ce n'est pas comme ça qu'on peut développer notre pays" Extrait d'une déclaration du PRESIDENT le Colonel SAID ABEID.

Partout dans le monde, les peuples évoluent dans le sens d'un développement du potentiel économique et d'une plus grande liberté politique. Au lieu d'imiter les autres dans ce sens, Anjouan stagne et pis encore danse la "biyaya" Zéro pas sur place deux pas en arrière. La corruption est partout à la douane, aux Hydrocarbures dans l'administration etc.

Les droits des citoyens sont bafoués les deniers publics dilapidés. Tout le système est devenu corrompu - corrupteur. Nous jeunesse de Mutsamudu disons STOP …

Si nous avons bien compris les causes profondes de la sécession d'Anjouan à savoir ne plus subir les injustices du pouvoir central de Moroni pour enfin permettre aux Anjouanais d'avoir une vie meilleure, c'est tout le contraire que nous constatons.

En effet, comment peut-on laisser une minorité d'individu s'enrichir illégalement au détriment de la majorité ?

Aujourd'hui "On" nous refuse une autorisation de faire un meeting on se demande bien pourquoi ?

Meeting : Réunion publique ayant pour but de discuter une question d'ordre politique ou social.

On nous a dit que nous ne sommes pas en période de vote pour faire un meeting. Nous répondons que ce n'est pas une condition sine qua non pour le faire . c.f : Définition.

Le problème que nous avons à Anjouan c'est l'idée selon laquelle un jeune est toujours considéré comme étant un délinquant. Ma foi, un jeune est un délinquant potentiel mais il n'est pas né délinquant, il le devient. Préparez-lui un avenir meilleur donnez-lui une bonne éducation, laissez le s'exprimer et vous verrez un jeune épanoui qui ne cherchera qu'à faire le bien et non plus le mal. Le jeune ne doit pas être réduit à l'obéissance car toute personne qu'elle soit jeune , adulte ou vieille a le droit d'avoir une opinion, d'entreprendre une bonne action. Donc nous ne laisserons personne nous persuader contre notre volonté, ou nous imposer ses vues au détriment des nôtres, que nous considérons comme étant bonnes pour tous les Anjouanais.

L'histoire est le repère qui nous permet de diriger le cours de notre vie dans la bonne direction ; Ce que nous faisons de valable aujourd'hui inspirera à d'autres leurs actions dans l'avenir.

NON A LA GABEGIE FINANCIERE NON A LA CORRUPTION

JEUNESSE DE MUTSAMUDU

 

L’APPEL DE DETRESSE DES AMIS DE ZAIDOU

Un tract signé une prétendue ASOA, a été lu à la radio des séparatistes sise à Mutsamudu – et publié sur Habari par Anjouan2000 qui est diffusé à partir de la Réunion - mettant en cause les dirigeants de l’AUDEC originaires d’Anjouan. L'organe de propagande du DR ZAIDOU a rapporté que le texte en question a été signé par Zarouki. Or nous savons que ce dernier a pris ses distances avec la tendance dure du mouvement séparatiste dirigé à l’extérieur par l’idéologue en chef, DR ZAIDOU. Après enquête, il s’avère que cette diarrhée verbale est l’œuvre de l’idéologue en chef des séparatistes qui s’est retranché à La Réunion et qui appelle au secours à ses anciens compagnons séparatistes. Il se trouve que beaucoup d’entre eux ont quitté le navire séparatiste en perdition. L’appel de détresse de l’idéologue en chef prouve qu’il se trouve aujourd’hui bien seul à défendre les thèses extrémistes du mouvement séparatiste anjouanais. Il n’arrive plus à mobiliser les anjouannais vivant dans la diaspora dans son entreprise suicidaire. Où sont les Zarouki, Abdouroihamane Bacar, Mohamed Choudjaiddine, Saïfoudine Inzoudine, Mohamed Bousry, etc…

Monsieur l’idéologue en chef, le temps des manipulations est fini. Vous devrez sûrement être amer de vous retrouver avec votre petit carré de nostalgiques de l’indépendance d’Anjouan. Pour notre part, nous vous disons que la vérité finira tôt ou tard par triompher. Continuer votre sale besogne à dénigrer les dirigeants de l’AUDEC, vous nous rendez un " grand service ". Plus vous nous attaquez et plus nous recevons des messages de sympathies et de nouveaux abonnés à Comores-Infos.

DR ZAIDOU a sûrement besoin de porter des lunettes. Il pense que l'AUDEC est la seule organisation à réclamer une intervention militaire pour mettre fin à la prise d'otages qui dure à Anjouan. De nombreuses voix se sont élevées pour réclamer le désarmement des milices et la pacification de cette île comorienne. C'est le cas du GRDC, de SOS DEMOCRATIE, le Collectif des anjouannais de la Réunion, le Collectif des Associations Unionistes de la Communauté anjouanaise de la Grande Comore, les organisations de la société civile comorienne, le Front Démocratique…. Tous les gens honnêtes sont arrivés à la conclusion qu'il n'existe plus d'autre solution car vous avez torpillé toutes les possibilités de règlement pacifique de la crise comorienne. Cette intervention vise à libérer la population de votre prise d'otages. La population n'a rien à perdre; elle attend avec impatience qu'elle soit délivrée de ce calvaire. D'ailleurs, des inscriptions murales avaient envahi il y a une quinzaine de jours les murs de Mutsamudu: " Au secours. Viens vite l'OUA." Ce sont les chefs séparatistes, les preneurs d'otages qui vont perdre leur magot.

A bout d'arguments, DR ZAIDOU a tenu à travers le message diffusé par Anjouan 2000 à diviser les membres de l'AUDEC en opposant les anjouannais et les Grands Comoriens. Peine perdue ! Nous ne pensions pas que le stratège du mouvement séparatiste allait tomber si bas. Les membres de l'AUDEC quels que soient leurs origines insulaires se considèrent avant tout comme des comoriens et se battent de manière unitaire et fraternelle pour préserver l'unité de la nation comorienne, ce bien précieux qui nous tient tous à cœur.

La population comorienne en a marre de cette crise séparatiste sans fin entretenue de manière délibérée par quelques chefs extrémistes, dont DR ZAIDOU occupe un rôle de 1er plan. Cette crise a trop duré et a porté un grand préjudice à l’unité et à l’intégrité territoriale des Comores. La population comorienne dans son ensemble en a assez de ce tintamarre. Malgré les menaces proférées par la Radio d'Anjouan qui constitue le fer de lance de la propagande des extrémistes de tous bords, nous continuerons à dire tout haut ce que beaucoup d'anjouannais pensent tout bas.

 

ACCORD SUR L’AVENIR DE MAYOTTE

LES COMORES INDEPENDANTES DEPUIS 1975: MAYOTTE TOUJOURS SOUS ADMINISTRATION FRANCAISE.

Depuis la signature de l'accord sur l'avenir de Mayotte intervenue le 27 janvier 2000, la question de Mayotte est dans toutes les lèvres. La rédaction de COMORES INFO a décidé de consacrer une série d'articles sur cette question brûlante dont le règlement préoccupe tous les comoriens. Nous abordons les aspects juridiques et historiques de ce problème. Dans notre prochain numéro, nous aborderons les conséquences de la séparation de Mayotte avec ses îles sœurs.

Si l’affaire de Mayotte revêt aujourd’hui un caractère d’actualité, c’est parce le dénouement de la crise comorienne passe par le règlement de ce conflit qui date depuis bientôt 25 ans.

Le problème de Mayotte a démarré en 1961 avec le transfert de la capitale des Comores de Dzaoudzi à Moroni. Ce transfert qui a constitué une mesure brutale des autorités de l'époque a constitué une erreur très regrettable. Elle a plongé l'île dans un profond marasme économique et social et suscité de nombreuses frustrations. Les Comores auraient pu avoir une capitale politique et administrative à Dzaoudzi et une capitale économique à Moroni. C'est le cas de l'Afrique du Sud qui a fixé sa capitale politique à Pretoria alors que la capitale économique se trouve à Johannesburg. Les séparatistes du MPM ( Mouvement Populaire Mahorais ) ont profité de ce faux pas des autorités de l'époque pour engager Mayotte dans un processus de séparation avec ses îles sœurs.

Nous vivons le même drame que celui que les Allemands, les Vietnamiens ou les Yéménites ont vécu pendant de longues années quand leur pays était divisé en deux. Le discours prononcé par M. QUERANNE le 27 janvier 2000 lors de la signature du document élaboré par le gouvernement français constitue une falsification de l'histoire comorienne. C’est pourquoi, il est nécessaire de faire quelques rappels historiques pour permettre à l'opinion publique française et notamment aux élus de bien comprendre les différentes données de ce problème dont le dénouement tient vraiment à cœur l’ensemble des comoriens car il constitue, pour nous, une véritable déchirure.

Les aspects historiques et juridiques de l’affaire de Mayotte

 

LU DANS LA PRESSE

ANJOUAN DANS L’œil DU CYCLONE

" Les sanctions sont en vigueur dès ce 1er février ", lance avec détermination le secrétaire général adjoint de l’OUA, l’Algérien Saïd Djinnit. Six jours plus tard, ces sanctions visant précisément à limiter les déplacements des dirigeants indépendantistes anjouannais et à geler leurs comptes bancaires n’ont pas encore manifestement connu un début réel d’application …

D’où la déception grandissante chez ceux qui attendaient une réaction énergique et rapide de l’OUA en vue de contraindre les dirigeants indépendantistes à une certaine souplesse dans leurs revendications.

Et pourtant, l’Organisation panafricaine n’est pas en reste. " Nous nous attelons à avoir le maximum de soutien dans la mise en œuvre de ces sanctions ", confie au téléphone Sam Ibok, le directeur du département des affaires politiques à l’OUA. " Le Conseil de sécurité ne tardera pas à se pencher sur cette question, " devait-il conclure.

Quant à Salim Ahmed Salim, le secrétaire général de l’OUA, il s’est entretenu mercredi dernier avec l’ambassadeur de France, notamment à travers l’île de Mayotte.

SOMMATION

Dans une déclaration conjointe qu’ils viennent de publier, l’OUA et l’Afrique du Sud (pays coordinateur des efforts régionaux sur les Comores) ont sommé pour la énième fois les dirigeants indépendantistes à signer l’accord d’Antananarivo afin d’éviter  " d’autres sanctions plus sévères ".

Une telle sommation à fini par devenir à la longue une rengaine pour l’homme de la rue à Anjouan.

Mais par contre, il n’en est pas de même, du côté des dirigeants indépendantistes. Une seule question semble les hanter de façon lancinante : que faire pour sortir de ce guêpier sans pour autant perdre la face ? On parle de plus en plus d’une relance du dialogue direct avec les autorités de Moroni après sa brusque suspension en octobre dernier. Mais de l’avis de nombreux observateurs, une telle hypothèse n’a pas, en l’état actuel des choses, de chances de réussir.

D’ores et déjà, les récentes demandes anjouanaises de réouverture du dialogue entre comoriens ont rencontré une fin de non-recevoir polie. " Au stade où l’on se trouve, il n’y a que la signature de l’Accord d’Antananarivo

qui peut débloquer la situation , dit-on du côté de Moroni.

Il est vrai qu’avec de nombreux déboires qu’il continue de connaître après sa décision unilatérale d’ouvrir des pourparlers directs avec les indépendantistes anjouanais tout en ignorant délibérément l’OUA (médiateur dans ce conflit), on voit mal comment le chef de l’Etat comorien, le colonel Azali Assoumani, pourrait oser s’embarquer dans une nouvelle tentative de dialogue direct dont l’issue est incertaine.

D’autant que l’OUA ne lui a pas pardonné d’avoir " cassé la dynamique d’Antananarivo " en décidant, en juillet dernier, de négocier directement avec les indépendantistes anjouanais, malgré ses multiples mises en garde. " Nous sommes en train de payer cher aujourd’hui notre initiative. Nous avions cru au dialogue comoro-comorien car nous avions estimé que les ressources de ce dialogue n’étaient pas épuisées ", confie un dirigeant comorien.

Mais la complexité de ce problème se trouve amplifiée par l’absence de réelle alternative crédible aux yeux de beaucoup d’anjouanais. Ces derniers sont profondément allergiques à toute solution qui ferait jouer un rôle de premier plan les politiciens traditionnels anjouannais basés en Grande Comore et dont la plupart d’entre eux sont (ce n’est un secret pour personne) honnis par la population de cette île qui les tient, responsables de leurs malheurs actuels.

L’un d’eux, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Nidhoim Attoumane s’est fait traiter la semaine dernière de tous les noms par Radio Anjouan pour avoir ouvertement appelé sur les ondes de Radio Comores à un département militaire sur l’île indépendantiste.

" Qu’est ce qu’il a fait pour Anjouan ? Absolument, rien. Si ce n’est de lécher les bottes de ses maîtres, s’est exclamé le commentateur Zélé de Radio Anjouan.

Pendant ce temps, le climat de terreur qui était manifestement ces derniers mois en train de s’atténuer progressivement a refait surface brusquement durant le week-end sur cette île rebelle.

Dans la matinée de samedi dernier, Mutsamudu, sa capitale était subitement entrée en émoi avec le passage à tabac en pleine rue d’un chauffeur de taxi, Saindou Hamid par un groupe de miliciens de la redoutable SIR (Sécurité Intervention Rapide )dirigés par le tristement célèbre Allaoui Bapouroukou.

CHAUFFEUR ROUE DE COUPS

Ce jour-là, ce chauffeur a eu le malheur de se trouver sur son chemin. Accusé d’avoir violé le code de la route, Saindou Hamid fut roué de coups, sous le regard choqué de beaucoup de passants, avant d’être transporté à l’hôpital de Hombo, la tête couverte de sang.

Comme si cela ne suffisait pas, le même Allaoui Bapouroukou allait revenir à la charge, quelque temps après. Accompagné cette fois d’un autre groupe d’éléments armés de la SIR, il s’était rendu, particulièrement excité, à l’hôpital pour manifestement achever ce chauffeur qui est, en fait, un des ex-gardes du corps de l’ancien "  président de l’Etat autoproclamé d’Anjouan  ", Foundhi Abdallah Ibrahim (aujourd’hui en exil en France).

Saindou Hamid n’a dû son salut qu’à l’arrivée à l’hôpital d’un groupe d’ex-miliciens décidés à le protéger sur son lit d’hôpital. L’Inspecteur général de la santé, le Dr Bacar Ahmed a dû partir protester auprès du colonel Abeïd au sujet du comportement de ces miliciens.

Cet incident est considéré comme étant une tentative désespérée de ce chef des milices de saboter le meeting tant attendu des jeunes de Mutsamudu, dans l’après-midi de samedi – 5/2/00 -.

Un meeting qui, consacré à la dénonciation de la corruption rampante avait en fait pour cible de privilégié cet Allaoui Bapouroukou qui symbolise, aux yeux de beaucoup, la gabegie et la corruption rampante qui gangrènent non sans insolence différents sphères de " l’Etat d’Anjouan  ".

Malgré la forte opposition de l’essentiel du leadership indépendantiste, le colonel Saïd Abeid a décidé d’autoriser ces jeunes à organiser leur meeting. "  Il faut laisser ces jeunes s’exprimer à partir du moment qu’ils le font dans le respect de la loi" a dit l’homme fort d’Anjouan, de plus en plus irrité par les incessantes accusations de malversations dont certains services et des collaborateurs font quotidiennement l’objet, et le colonel Abeid d’ordonner à la radio indépendantiste, Radio Anjouan de diffuser ce meeting.

Un geste bien accueilli par les jeunes de Mutsamudu qui ont réclamé des "  actions concrètes en vue de sortir de l’impasse actuelle  ".

JIR - Correspondant aux Comores

Kamardine Mohamed

REFERENDUM A ANJOUAN A 5 JOURS DE L'EXPIRATION DE L'ULTIMATUM DE L'OUA

L'approche de l'ultimatum de l'OUA pourrait précipiter les événements et conduire les chefs séparatistes à vouloir créer dans l'île une situation d'effervescence populaire comme aux premières heures du mouvement.

Les chefs séparatistes anjouannais ont mis à exécution leur projet de référendum. Sans aucune surprise pour les observateurs avertis, le résultat a été conforme à la volonté de ceux - là même qui, depuis août 1997 n'ont jamais raté une occasion de défier la nation et la communauté internationale, en se réfugiant derrière une légitimité populaire dont il est de plus en plus difficile de mesurer le poids en termes d'expression libre et démocratique du suffrage universel. Peut-on donner crédit à un scrutin annoncé et organisé en moins de deux semaines?

Et comment parler de consultation libre et transparente quand on sait qu'il n'y a pas eu de campagne électorale permettant la libre expression des opinions, et que les opérations électorales se sont déroulées dans des conditions pour le moins rocambolesques.

Les dirigeants sécessionnistes ne sont, pourtant pas, à leur première initiative du genre, puisqu'ils ont réussi, en moins de trois ans, à faire d'Anjouan l'île qui détient le record en nombre de consultations électorales. Déjà quatre scrutins dont trois référendums ont eu lieu entre octobre 1997 et janvier 2000. On peut comprendre le besoin de prouver une légitimité, à travers le verdict des urnes, mais si le colonel Said Abeid et son entourage n'avaient rien à craindre du suffrage populaire, pour quel intérêt ont-ils décidé seuls d'organiser ce référendum, en l'absence d'observateurs internationaux, sachant pertinemment que la crise comorienne implique des organisations internationales qui n'en reconnaîtront pas les résultats?

LES DONNEES ONT CHANGE

Sur le plan intérieur, peut-on encore parler de paix civile et de respect des droits de l'homme et de liberté d'expression quand une population continue à vivre dans l'incertitude sous la menace permanente des milices armées?

Autant de questions qui ne sauraient restées longtemps sans réponse, tant il est vrai que l'approche de l'ultimatum de l'OUA pourrait précipiter les événements et conduire les chefs séparatistes à vouloir céder dans l'île une situation d'effervescence populaire comme aux premières heures du mouvement. Ils savent sans doute que les données ont changé, et que le rapport de force peut basculer d'un moment à l'autre en faveur des partisans de l'Accord d'Antanarivo qui opposent une forme de résistance non violente au pouvoir en place, à défaut de pouvoir s'exprimer par d'autres moyens. Une chose est sûre: la panique s'installe et nul ne sait jusqu'où mènera l'intransigeance du clan Abeid. A J-5, des signes révélateurs se manifestent, notamment les départs imprévus de certains responsables du mouvement séparatiste, et surtout le silence du pouvoir.

El-Had Said Omar La Gazette des Comores N° 29 du 27 janvier 2000

 

ECONOMIE

LES COMORES SONT ENFIN ELIGIBLES.

Tous les projets financés par la Banque Mondiale vont redémarrer et les Comores peuvent demander le financement d’autres projets qui touchent à la vie des communautés.

Le vendredi 14 janvier, un fax émanant de la Banque mondiale et signé de Calliiste E. MADAVO, vice-président de la BM, région Afrique, est adressé au ministre des finances M. Soundi Abdou Toybou, confirmant aux autorités la réception des paiements des échéances arriérés. La BM informe le ministre des Finances " que la République fédérale islamique des Comores redevient éligibles à des déboursements au titre des crédits en cours ainsi qu’au titre de nouvelles opérations à compter du 6 janvier 2000 ".

En termes plus clairs, tous les projets financés par la BM vont redémarrer et les Comores peuvent demander le financement d’autres projets qui touchent à la vie des communautés.

Depuis le mois de mai de l’année écoulée, le régime issu du coup d’Etat à inscrit comme priorité de dépenses, le paiement des intérêts de la dette pour permettre aux projets de la banque mondiale de redémarrer en dégelant les décaissements.

Ces projets touchent directement la population, car ils concernent touchent directement la population, car ils concernent des domaines de développement communautaire, le secteur santé et population et l’éducation. De nombreux projets financés par la banque mondiale le FADC (fonds d’appui au développement communautaire) ont rendu les clés et le personnel mis au chômage technique.

Les communautés comptabilisent depuis, la suspension de plusieurs projets d’infrastructures de base comme les écoles, l’adduction d’eau et les postes de santé, alors que l’objectif poursuivi reste l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations les plus démunies. Ces projets s’évaluent à plus de 12 milliards alors que le montant des arriérés ne dépassait pas les 500 millions pour ces projets.

Le 30 novembre 1999, la Banque avait adressé une correspondance aux autorités en place accusant réception du virement de 250 millions au titre des arriérés du paiement de l’IDA. Michael Sarris avait encouragé le pays à payer la totalité des arriérés pour espérer un redémarrage des projets. C’est chose faite. Les arriérés accumulés sous le régime Taki avaient atteint les 500 millions. Il restait à l’Etat de régler avant fin décembre les 150 millions restants.

Du mois de mai jusqu’au 2 décembre 1999, l’Etat a payé à hauteur de 1 milliard 40 millions 8000 mille francs comoriens d’arriérés de la dette et de contributions aux organismes internationaux. Le redémarrage des projets est le résultat de cet effort non négligeable. Cette bouffée d’oxygène profitera en premier à la population.

La Gazette des Comores N°28

Ahmed Ali Amir

 

REORGANISATION DE L'ADMINISTRATION FISCALE EN FRANCE

Christian SAUTTER, le Ministre français de l'Economie et des Finances a annoncé le 27 janvier 2000 une grande réforme de l'administration fiscale en France.

Il s'agit d'offrir, selon le Ministre, aux usagers un meilleur service, des démarches simplifiées, une organisation répondant mieux à leurs besoins et une plus grande justice fiscale. Ce meilleur service se traduira d'abord par une simplification des démarches quotidiennes. L'objectif de la réforme est de faire en sorte que l'usager obtienne une réponse en une seule fois et un seul lieu.

Concrètement, dès cette année, les déclarations de revenus pourront être remplies et envoyées sur Internet. En 2001, les contribuables recevront une déclaration "express" pré-remplie pour la déclaration de leur impôt sur le revenu. Les usagers auront un meilleur accès à l'information par l'élargissement des heures d'ouverture et la mise en place de centres d'appels téléphoniques.

En 2002, avec le début de la mise en place des Hôtels des Impôts des Particuliers (HIP), ils bénéficieront d'une amélioration du service pour les démarches sur place.

Enfin, en 2003, tous les usagers disposeront d'un correspondant fiscal unique et de renseignements accessibles, grâce aux moyens modernes de communication. L'interlocuteur fiscal unique pourra régler l'ensemble de leurs problèmes. Ils s'adresseront à un seul service pour: effectuer leurs déclarations et payer leurs impôts, trouver des solutions à leurs difficultés de paiement; procéder à des changements d'adresse et à des changements de modes de paiement; demander des renseignements sur leur compte et sur le calcul de leurs impôts.

Mais cet objectif de simplification ne doit pas faire oublier celui de justice fiscale. S'il faut simplifier la vie des contribuables honnêtes, il faut aussi compliquer la vie des fraudeurs en dégageant des moyens pour lutter contre la fraude fiscale.

S'agissant des entreprises, elles pourront dès cette année souscrire leurs déclarations par télé-transmission et pourront acquitter leurs impôts par télépaiement.

Dès 2001, elles auront un seul correspondant grâce à la fusion des centres des impôts et des recettes des impôts.

En 2002, il sera procédé à un premier regroupement du paiement des impôts professionnels, le paiement de l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur les salaires s'effectuera à la Direction Générale des Impôts, comme c'est déjà le cas pour la TVA. Un numéro de téléphone unique permettra aux entreprises d'obtenir des informations à caractère général. Les 17000 grandes entreprises bénéficieront, quant à elles, d'un interlocuteur fiscal unique: la direction des grandes entreprises.

Enfin, en 2003, toutes les entreprises bénéficieront d'un correspondant fiscal unique: la DGE pour les grandes entreprises, l'Hôtel des Impôts des Entreprises (HIE) pour les autres. Elles pourront, dans un même lieu, déclarer et payer tous leurs impôts, elles disposeront d'un compte unique avec possibilité de compensation entre les différents impôts et d'un service d'information amélioré, accessible par numéro unique ou Internet, tant pour des informations générales que personnalisées.

Les petites et moyennes entreprises (PME) ont un besoin réel d'information. Leurs attentes sont simples: un service disponible, accessible sur une large amplitude horaire, polyvalent, pour les renseigner et les orienter éventuellement vers un service plus spécialisé, rapide et fiable. Aujourd'hui, les services déconcentrés de huit directions du ministère sont concernés par cette activité et 1500 agents se consacrent à plein temps aux problèmes économiques liés à l'entreprise et principalement aux PME. La mise en place du correspondant économique unique permettra de répondre aux attentes de ces entreprises en regroupant l'action des divers services déconcentrés au sein d'un réseau de correspondants, avec un point d'entée unique qui permette d'orienter de façon simple la PME en fonction de ses besoins.

Cette importante réforme de l'administration fiscale en France a entraîné une vive protestation des syndicats. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 30 000 agents des administrations financières dans la rue le 3 février 2000; 70% de grévistes au Trésor Public; 80% de postes fermés. Ils refusent l'abandon du service public de proximité. La détermination syndicale est là pour rappeler que si le réseau du Trésor Public avec ses 3800 implantations liées aux 36000 communes assure non seulement la tâche du recouvrement des impôts mais aussi la mission de conseil et la tenue des comptes des collectivités territoriales. Selon les syndicats, les décisions prises par le Ministre remettent en cause des fondements essentiels qui permettent d'assurer dans une République, grâce à son administration, l'égalité des citoyens face au service public d'Etat.. Ils considèrent qu'ils vont à l'encontre du principe de prudence qui doit prévaloir en matière de législation financière. Le fait de regrouper au sein d'une même administration, l'assiette et le recouvrement de l'impôt constituent, à leurs yeux, un risque qu'un Etat de droit ne saurait prendre. Ce qui inquiète le plus le Ministre c'est que le travail d'explication des syndicats auprès des élus locaux porte ses fruits. En effet, nombreux sont les élus qui se sont aperçus des risques que la réforme faisait courir au service public de proximité et à l'aménagement du territoire. L'intersyndicale sera reçue par le Ministre de l'Economie et des Finances le jeudi 10 février. Parviendront-ils à trouver une solution de compromis? On le saura prochainement.

 

DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

DEFUNTES COMORES

C’était un certain mois d’août 1973, à New York, à la tribune des Nations-Unies, devant le Comité de Décolonisation, le " Groupe des 24 ". M. Abdou Bacar Boina était présent, il représentait le Molinaco, le Mouvement de libération nationale des Comores. Un mot est lâché : " Indépendance ". Deux années plus tard, le 6 juillet 1975, les Comores proclamaient l’indépendance unilatérale (s’il vous plaît) du territoire sans Mayotte. La suite on la connaît. Ce 6 juillet, à Mutsamudu où l’effervescence bât son plein, des témoignages rapportent qu’un gendarme français fut contraint de grimper au haut du mât, arracher le drapeau bleu-blanc-rouge, avant que l’on ne hisse le drapeau comorien.

Près d’un quart de siècle plutard, le 3 août 1997, au même endroit ou presque, les fils des pères de l’indépendance sont montés eux-même arracher " leur " drapeau national, l’ont piétiné, déchiré, brûlé, avant de hisser celui de la France. Les larmes aux yeux, ils ont imploré et supplié la France de revenir les récoloniser à nouveau, moyennant…quelques ailes de poulets congelés – il paraît que c’était pour attirer sur l’attention internationale de la Communauté internationale sur leur triste sort.

Le 9 mars dernier – 1999 -, à Moroni, à un jet de pierre de la Place de l’Indépendance, des notables " Gds-comoriens " ( la précision est de taille) ont manifesté pour exiger un règlement rapide de la crise séparatiste anjouanaise au besoin, au besoin par une séparation négociée ou définitive. N’eût été son état de santé, M. Abdou Bacar Boina aurait sûrement été de la partie, aux côtés de ses amis du Rnd (et ses nouveaux alliés), le parti du défunt président Taki, qui fut parmi les artisans de la proclamation de l’indépendance unilatérale des Comores.

Mais Mohamed Mbalia était là, on ne sait pas à quel titre mais, il y était.

Point ne s’agit, ni d’accuser, ni d’accabler, mais de fixer ces quelques repères sur cette courbe maléfique de notre histoire récente. De l’espoir au désenchantement.

Echec tragique dans l’édification d’un semblant de nation.

Comme si ici, à cause de nos politiciens véreux qui ont dirigé ce pays depuis l’indépendance et même avant, l’histoire était condamnée à marcher toujours par son mauvais côté. Nous en récoltons aujourd’hui les fruits amers : la dislocation du pays, la haine, la suspicion, etc. Qui l’eût crû ! Le malheur est que les responsables de cette situation non seulement n’ont pas été désarmés, mais ne semblent pas prêt de le faire de sitôt. Le séparatisme n’est pas né comme on le dit en 1997, même si le Président Taki l’a bêtement encouragé. Le séparatisme a été minutieusement quoique inconsciemment préparé et entretenu (L’Archipel N° 164, p.9, 10). On s’en est seulement aperçu lorsqu’il est sorti de terre, on s’en est inquiété un moment, mais vite on s’en est accommodé, puis lassé. Et comme toute mauvaise herbe, le séparatisme a continué à se répandre, et il pousse vite et bien. Cinq mois après avoir fêté le 2 nd anniversaire de " l’indépendance " de leur île (3 août 1997), les divers clans séparatistes anjouanais s’affrontaient entre eux les armes à la main (5/12 déc.1998). Plusieurs morts, des dizaines de blessé, et des déplacés par milliers – on n’ose pas parler de réfugiés. Du jamais vu aux Comores même durant les années sombres des mercenaires. Crise séparatiste et brutale résurgence d’un antagonisme social séculaire toujours vivace sur l’île. Un double drame noué. Et chaque camp ne manque ni de soutiens, ni de conseils qui, parfois, s’avèrent provenir des mêmes.

" Anjouan c’est foutu " prédit un responsable de l’île qui continue malgré tout à y croire à cette unité de l’archipel. Anjouan où mille capitaines-flibustiers se disputent la barre et une destination vers nulle part alors que le navire bât les récifs. Les Anjouanais sont tombés sous le charme narcotique de guides aveugles et sourds, marchands d’images, et qui leur prodiguent à foison les vertus de l’autodestruction. " Nous nous sommes disqualifiés " se désolait récemment l’ancien " chef " de la diplomatie séparatiste, Ali Moumine qui aurait certainement souhaité que la sécession d’Anjouan fut une captivante réussite. Mais qu’il se rassure, le séparatisme est partout. Trente et mois après la sécession d’Anjouan, et celle molle de Mohéli, la Gde-Comore qui avait su résister aux assauts du séparatisme vient d’être contaminée. La dernière digue vient de céder.

Désormais chaque île possède sa mouvance insulaire, ses militants et leaders séparatistes. Le séparatisme a réussi son œuvre. Et maintenant que les îles sont virtuellement séparées, les rivalités inter-régions d’une même île ont commencé à remonter à la surface. Un haut cadre comorien d’un organisme international à Moroni estime que " les grands perdants de cette crise séparatiste sont les grandes villes, notamment Mutsamudu et Moroni ".

Le séparatisme a déjà réussi son œuvre. Tant pis pour ceux qui y croyaient encore à cette unité fraternelle – c’est réparti pour longtemps encore. Nos sanies nous ont conduits à cette délitescence. Maintenant il faut payer la facture, et l’issue est unique : l’autonomie la plus large pour chacune des îles ou rien nombreux brûlent d’y parvenir. Même les esprits sains ont fini par souscrire à l’idée selon laquelle le salut des Comores, le sentiment d’appartenance à un même pays (ne parlons plus de nation) passe désormais par un " chacun pour soi ", c’est à dire un séparatisme mutuellement consenti et non imposé à la mode " embargos ". Chaque " caillou " pourra désormais veiller jalousement sur ses " particularismes " à l’abri des influences délétères de ses vilaines voisines. L’éclatement des Comores est en bonne voie, pire : la perte de leur identité, avec au bout, une humiliation historique.

Ainsi on aura passé toutes ces années à nous mentir mutuellement. Des décennies à nous gaver de menteries. Tous ces discours sonores sur l’indéfectible unité des Comores :un seul peuple, une même langue, la même religion, des liens humains immémoriaux, etc…, tout cela n’était donc que du pipeau, un jeu d’estrade pour des minables politiciens en quête de quoi bouffer, mais qui ne croyaient pas du tout ce qu’ils disaient (…). Peu importe d’ailleurs l’intitulé, l’essentiel est que la boucle de la balkanisation complète et programmée de l’archipel soit enfin bouclée, et, avec le concours direct des Comoriens eux mêmes. Qui a dit que les séparations violentes sont faciles, mais que celles qui se règlent " s’effacent jamais totalement ".

Aboubakar M’Changama

 

CULTURE:

 

ISLAM ET POLITIQUE AUX COMORES

AHMED Abdallah Chanfi vient de publier aux Editions l'Harmattan, dans la collection "Archipel des Comores", un livre intitulé : "Islam et Politique aux Comores", 272 p., Prix 160 FF. ISBN : 2-7384-8208-2 En mettant de côté les quelques erreurs historiques, le livre apparaît très intéressant et bien documenté.

Voici le texte de la quatrième page de couverture :L'Islam aux Comores est non seulement un fait social majeur, il est aussi un enjeu politique dont tous les politiciens, depuis la période coloniale, s'étaient emparés pour en faire un moyen de légitimation politique.

Ce livre se propose de démêler ce processus dans son double aspect social et politique. C'est ainsi qu'on apprend comment, dans ce pays, se transmet le savoir islamique, du foyer familial à l'école coranique et comment l'Islam est vécu dans le quotidien. L'influence qu'a une telle éducation sur les individus et le groupe est ici aussi mise en exergue. Au fil des pages l'analyse nous amène à saisir l'implication de la religion dans la vie politique et les conséquences qui s'ensuivent, notamment l'apparition d'un mouvement politique islamiste. Au-delà du cas des Comores, ce livre traite d'une manière intelligente et originale d'un phénomène commun à beaucoup de sociétés islamiques d'aujourd'hui.

Pour commander le livre, adressez-vous à :

L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS

Tél. (33) 01 40 46 79 10

Bonne lecture !

Chamanga

 

HISTOIRE DE LA FONCTION PUBLIQUE EN FRANCE 

Comme les soldats, les paysans et les marchands, les fonctionnaires ont fait la France: ils ont contribué à fonder un "modèle français". Sous le patronage de la Direction Générale de l'Administration et de la Fonction Publique, une équipe d'universitaires, de hauts fonctionnaires et de chercheurs du C.N.R.S. réunie autour de Marcel Pinet, Conseiller d'Etat et ancien Directeur général de l'Administration, nous donne ici une monumentale Histoire de la Fonction publique en France, jamais réalisée.

Chaque volume comporte d'indispensables annexes : index des noms de lieux et de personnes, bibliographie et chronologie des grandes dates de l'Histoire du service public, rapportées à celles de l'histoire générale.

Cet ouvrage composé de 3 volumes de 1683 pages est un document très précieux qui contient une mine de renseignements sur l'histoire de la fonction publique en France.

 

SANTE:

EXTENSION INQUIETANTE DU CHOLERA A ANJOUAN 

Le choléra ne cesse de se répandre à Anjouan. Le recensement effectué s'élève à 352 cas. Rien que dans la journée du 10 février 2000, 30 cas ont été recensés et hospitalisés à l'hôpital de Hombo sis à Mutsamudu. La ville de Mutsamudu qui était jusqu’alors épargnée est dorénavant touchée. Les foyers d'attaques sont Goungoimwé, Mirontsy, et Pagé. L'heure est grave. L'extension de la maladie constitue le dernier souci des chefs extrémistes qui ont pris la population en otages. Rappelons qu'ils ont refoulé il y a quelques temps une délégation qui a été dépêchée par la Direction Générale de la Santé sis à Moroni. Nous avons reçu un courrier dense nous sollicitant de sensibiliser l'opinion internationale sur cette épidémie qui présente de graves menaces pour la population. Nous renouvelons notre appel aux autorités comoriennes, aux organisations de la diaspora, et aux organisations non gouvernementales afin qu'elles interviennent vite pour sauver la population.

 

NOS BREVES

Le bateau Foubani interdit de toucher le port de Majungua – Madagascar -

Le bateau FOUBANI a été interdit d’appareiller à Mahajungua – le 7/2/00 - par les autorités malgaches. Le bateau est de retour à Mutsamudu le 9-2-00. Les passagers à bord de ce bateau n’ont pas été autorisés à débarquer. L’AUDEC demande à l’OUA de ne pas pénaliser une population déjà traumatisée par le séparatisme mais plutôt tout mettre en œuvre pour que les chefs séparatistes responsables de cette crise soient les seuls visés par les mesures envisagées par l’organisation panafricaine. Nous savons tous que la population d’Anjouan dans sa grande majorité est pour une solution négociée de cette crise, elle doit donc être épargnée.

 

Sanctions de l'OUA: 88 séparatistes interdits de voyage

Le gouvernement comorien a dressé une liste de 88 séparatistes anjouanais "frappés d'interdiction de voyage" au sein de l'archipel des Comores et vers l'étranger, conformément à des mesures préconisées par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).

Cette liste figure dans une note circulaire signée du ministre comorien de l'Intérieur, Mohamed Abdou Soimadou, a indiqué à l'AFP une source proche des autorités.

Le texte précise que la liste entre dans le cadre "des mesures prises à l'encontre des dirigeants séparatistes anjouanais et de leurs familles" par l'OUA après le refus des séparatistes de signer l'accord d'Antananarivo  destiné à mettre fin à la crise comorienne.

La note précise que ces 88 personnes ne peuvent obtenir aucun document ou titre de transport. La liste a été adressée à la police des frontières, aux agences de voyage et aux services de l'immigration.

L’AUDEC demande aux autorités françaises d’appliquer ces sanctions aux ressortissants français qui jouent un rôle important dans la crise actuelle. Nous souhaitons que la population civile victime du séparatisme soit épargnée par ces mesures de représailles.

 

Meeting des jeunes à Mutsamudu – 5/2/00 –

Les jeunes ont pu imposer le meeting prévu à Mutsamudu le 5/2/00. La pouvoir séparatiste après plusieurs tentatives d’interdire le meeting des jeunes a fini par l’autoriser. Il s’agit d’une victoire des forces démocratiques pour imposer un débat sur la gestion par le pouvoir séparatistes des derniers de l’Etat. Lors de ce meeting, les jeunes ont pris la parole pour critiquer le système mis en place par les séparatistes pour détourner les deniers publics. Selon les intervenants, la corruption est un vice qu’il faut traiter radicalement. La justice ne joue pas son rôle. Elle est le siège de la corruption…

Après ce meeting, les jeunes ont demandé l’organisation d’un débat à la radio Ndzuwani. Mais les autorités séparatistes se sont opposées à l’organisation de ce débat en faisant valoir le risque de dérapage… Ainsi va la démocratie dans cette île comorienne prise en otages par les séparatistes.

Nous appelons les jeunes à continuer à dénoncer les détournements de tout genre ainsi que les baffouements des libertés démocratiques dans notre pays.

 

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