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EDITORIAL: AZALI LA DEMISSION TOTALE

Le coup d'Etat du 30 avril 1999 fomenté par le Colonel Azali n'a pas arrêté la désintégration des Comores. Azali est un accélérateur du processus voulu, entretenu et encouragé par les autorités françaises de l'éclatement des Comores et de l'humiliation du peuple comorien.

Sur la part de la responsabilité historique de la France dans le démembrement sanglant et honteux d'un petit pays, les Comoriens ont un '' droit d'inventaire'', pour reprendre la fameuse expression de Lionel Jospin, qui permet de dire que tous les partis politiques français ayant exercé des fonctions gouvernementales -à l'exception notable du Parti communiste français et des Verts - ont pris des initiatives actives pour mettre par terre les Comores. Sans compter la promesse non tenue de François Mitterrand de réintégrer Mayotte dans son ensemble naturel prise lors des élections présidentielles de 1981, 14 ans passés à la tête de l'Etat, on ne peut pas dire que le temps lui a fait défaut.

Il faut espérer que dans un avenir proche, un chant semblable à celui des Partisans raisonne sur le sol de l'Archipel, pour regrouper les Comoriens dans un combat victorieux contre tous les roitelets qui gouvernent les Comores. Les Comoriens seront fiers d'eux et de leur pays. Un petit peuple peut réaliser un grand destin, les deux plus grands héritages de l'Europe et de l'Occident, la rationalité et le christianisme sont l'œuvre des deux petits peuples de la Méditerranée .

Deux évènements portant une grave atteinte à la souveraineté de l'Etat comorien viennent de se dérouler à quelques jours d'intervalle: il s'agit de la mascarade électorale du 23 janvier 2000 organisée par les séparatistes anjouanais et l'accord concernant l'avenir statutaire de Mayotte signé le 27 janvier 2000 à Paris sans que la junte militaire au pouvoir à Moroni ait bougé d'un pouce.

La mascarade électorale du 23 janvier 2000 s'est déroulée sans qu'elle suscite la moindre condamnation du gouvernement d'Azali. Ce silence marque la continuité d'une politique de trahison engagée dès sa prise de pouvoir par le chef putschiste. Le séparatisme de tout bord a mis les Comores à genoux, et Azali parachève l'humiliation du peuple comorien.

Azali s'est emparé de ce qui reste du pouvoir de l'Etat non pour restaurer l'unité des Comores, mais pour officialiser la gestion séparatiste des Comores, et c'est dans ce sens là, qu'il faut comprendre sa rencontre avec Abeid à Mohéli en juillet 1999 .

La rencontre de Mohéli, pour Azali a surtout servi à envoyer un message clair à Abeid pour qu'il prenne ''en main les choses '' en écartant '' la mode embargos '' ,pour installer rapidement un séparatisme organisé et géré par les colonels .

Ce que font Abeid à Mutsamudu, et à Azali à Moroni relèvent d'une expérimentation consciente d'une gestion complètement séparée des îles. Azali a aidé Abeid à mettre en place rapidement sa propre ''charte'' institutionnelle. Un mois après la rencontre des deux colonels, Abeid a mis en place la chambre fantoche des députés.

Nous relevons qu'au bout de bientôt 10 mois de pouvoir, aucun pas significatif n'a été enregistré dans le règlement de la crise séparatiste. Pire, les négociations secrètes engagées avec le colonel Abeid , en excluant l'OUA et les parties comoriennes signataires, se sont soldées par un véritable fiasco. En faisant semblant de négocier, les séparatistes, Abeid pour l'aile dure et Azali pour les modérés maniant constamment l'intrigue et le mensonge, n'avaient comme seule préoccupation que de gagner du temps dans leur aventure suicidaire. Les négociations entre les deux colonels ont constitué un marché de dupes dont les Comores ont été le dindon de la farce. Azali est un séparatiste modéré -pour le moment - a tout fait pour porter un grave préjudice au calendrier de mise en œuvre des nouvelles institutions prévues par l'Accord d'Antananarivo. Avec Abeid à Anjouan avec la neutralité bien veillante des socialistes français actuels, et Azali à Moroni jouant le '' rempart'' contre les excès du séparatisme de tout poil, on assiste à la mort graduelle et systématique des Comores .

Azali doit partir, les Comoriens doivent se mobiliser pour le faire partir. Il n’a jamais été courageux, sa fuite à l Ambassade de France à Moroni, au moment où des militaires comoriens défendaient le pays les armes à la main contre les mercenaires, est un trait éloquent de ce personnage.

Le colonel Azali avait promis de mettre fin à son mandat dans un délai de 12 mois à compter du 30 avril 1999. Le chef putschiste qui a pris goût pour le pouvoir pose de nouvelles conditions afin de pouvoir jouer les prolongations dans le fauteuil présidentiel. Il clame à qui veut l'entendre qu'il ne quittera pas le pouvoir tant que la crise séparatistes ne sera pas réglée ( sic). L'expérience a prouvé qu'il n'a ni la carrure, ni la volonté politique, ni les capacités à résoudre la crise séparatiste. Le maintien d'Azali au pouvoir constitue le meilleur allié des séparatistes de tout bords. En conditionnant son départ à la résolution de la crise séparatiste, Azali nous montre qu'il continuera à entretenir cette crise pour justifier son maintien à Béit Salam.

L'autre grand événement qui vient de se dérouler concerne la signature de l'accord concernant l'avenir statutaire de Mayotte. Le secrétaire français des DOM-TOM, Jean Jack Queyranne vient d'annoncer que la consultation des mahorais aura lieu d'ici le 31 juillet 2000. M. Queyranne se dit fier d'avoir mené jusqu'au bout le projet de sortir Mayotte de son statut provisoire qui dure depuis 1975. Quelle fierté peut il avoir quand on sait que le parti socialiste vient de renier ses engagements pris dans le passé de réintégrer Mayotte dans son ensemble naturel? Nous n'avons pas la mémoire courte comme M. Queyranne. Nous nous souvenons bien que les députés socialistes avec leurs collègues communistes ont livré une véritable bataille parlementaire afin de s'opposer à la loi du 3 juillet 1975 qui devait conduire à la balkanisation des Comores. Ils ont même saisi le Conseil Constitutionnel en 1975 afin d'obtenir l'annulation de cette loi.

Suite à une question posée par nos confrères du Quotidien de la Réunion en date du 17 février 2000 concernant une réaction éventuelle du gouvernement comorien, le ministre français a répondu: "La France ne reconnaît pas le gouvernement qui est issu de la prise de pouvoir du colonel Azali. Au sommet de la COI, les Comores étaient représentées par un fonctionnaire. Nous ne pouvons que souhaiter que les Comores retrouvent la stabilité des différentes îles qui les composent".

Ces propos constituent un véritable camouflet pour le colonel Azali. Contrairement à tous ses prédécesseurs, il n'a pas réagi face aux projets du gouvernement français d'organiser un référendum à Mayotte, une partie du territoire comorien reconnue en tant que telle par toutes les organisations internationales. Un gouvernement digne de ce nom aurait dû aussitôt adresser une protestation officielle au gouvernement français, saisir l'OUA ainsi que le Conseil de sécurité de l'ONU afin qu'un débat public puisse avoir lieu sur cette question du référendum. Fidèle à ses habitudes, le colonel Azali a gardé un silence surprenant donc complice. En plus, son gouvernement n'étant pas reconnu, la diplomatie comorienne se trouve ainsi paralysée.

Le moment est grave et exige que les Comoriens se mobilisent pour exiger le départ des colonels Azali et Abeid à fin d'arrêter la mise à mort programmée des Comores. Les intérêts personnels et financiers des deux colonels qui guident leur entreprise de démolition de la nation comorienne ne convergeront jamais avec les intérêts supérieurs des Comores et des Comoriens.

LA REDACTION

 

POLITIQUE

L’ACTUALITE DU JOUR : LA VISITE DE QUEYRANNE A MAYOTTE.

Le secrétaire français chargé des DOM-TOM est arrivé à Mayotte le Mardi 15 février vers midi et demi. Après avoir rendu les honneurs militaires à la légion, Jean Jack QUEYRANNE est immédiatement rentré dans le vif du sujet d'actualité de la collectivité territoriale: l'avenir de son statut.

Younoussa Bamana favorable au texte gouvernemental et Marcel Henry qui milite pour un statut de département avaient mobilisé chacun leurs troupes

Ce déplacement ministériel marque donc le point de départ de la campagne électorale qui précédera la consultation prévue avant le 31 juillet 2000. Jean Jack QUEYRANNE a confirmé cette échéance hier: "Dès le lendemain de mon retour à Paris, le 23 février, je déposerai devant le conseil des ministres le projet de loi définissant l'organisation de la consultation. Après le vote de la loi, la consultation devra nécessairement se tenir avant le 31 juillet".

Hier après-midi, les partisans du "oui" ont largement marqué leur domination. Le comité d'accueil de l'aéroport n'était en fait que l'avant-garde des troupes du "oui". Une foule estimée entre 3500 et 4000 personnes s'était massée à Mamoudzou pour apporter son soutien au document signé le 27 janvier 2000 à Paris.

Jean Jack QUEYRANNE a dressé la liste des avantages que le nouveau statut de collectivité départementale allait procurer à Mayotte: une plus forte décentralisation notamment au bénéfice du conseil général qui héritera du pouvoir exécutif actuellement exercé par le préfet, une modernisation du droit, un redécoupage électoral qui permettra par exemple à Mayotte d'élire deux députés au lieu d'un seul actuellement, la mise en place d'un conseil économique et de chambres consulaires.

S'agissant des relations de Mayotte avec ses îles sœurs, le secrétaire d'Etat a évoqué de manière vague la nécessité d'instaurer des relations de bon voisinage dans la région indo-océanique ( sans avoir eu le courage de citer le nom des Comores! ) pour favoriser un climat de paix et de stabilité. II a relevé sans trop s'étendre que l'environnement régional ne représente " pas une menace mais un atout". Peut-on parler honnêtement de la coopération régionale entre Mayotte et les autres îles des Comores tout en annonçant aussitôt un renforcement de l'arsenal répressif pour empêcher les Comoriens de venir à Mayotte? La coopération régionale ne peut, à notre point de vue, se développer que s'il y a une libre circulation des personnes et des biens entre les différentes îles de l'archipel des Comores. Si le gouvernement français souhaite de manière sincère relancer la coopération régionale, il devrait s'efforcer de régler ce litige avec le gouvernement comorien au lieu de continuer de manière arrogante à piétiner la souveraineté d'un petit Etat .Le moins qu'on puisse dire, c'est que la politique du gouvernement français à Mayotte manque de cohérence et de logique.

D'ailleurs, les observateurs ont retenu des annonces ministérielles un renforcement spectaculaire des forces de polices basées à Mayotte pour lutter justement contre la présence à Mayotte des comoriens des autres îles qualifiés de "clandestins". Avec 8000 expulsions opérées en 1999, Mayotte a battu le triste record de 1998 qui approchait le chiffre de 6000. Queyranne a annoncé l'affectation de 80 nouveaux policiers et gendarmes afin de renforcer la vague des expulsions. Nous tenons à dire à M. Queyranne qu'on ne règlera pas le problème du flux migratoire à Mayotte par des mesures répressives. Compte tenu des liens familiaux et amicaux existant entre les différents habitants des Comores, rien ne pourra empêcher les comoriens de circuler entre les différentes îles de l'archipel. Les comoriens qui se rendent à Mayotte n'ont pas le sentiment de se rendre dans un pays étranger. Le renforcement de l'arsenal répressif décidé par les autorités françaises ne peut qu'engendrer de nouveaux drames sans régler pour autant le problème politique de fond: Mayotte étant une terre comorienne, des négociations devraient être engagées entre les Etats comorien et français afin de régler ce contentieux qui dure depuis 25 ans.

Nous rappelons que les Comores ont été reconnues par les instances internationales comme un Etat composé de 4 îles: la Grande Comore, Anjoua, Mayotte et Mohéli. L'OUA, l'ONU, la Ligue des Etats Arabes ainsi que la Conférence des Pays Islamiques soutiennent la juste revendication des Comores concernant le retour en son sein de l'île de Mayotte. Les pays de la région de l'Océan Indien demandent la réintégration de Mayotte dans son ensemble naturel.

Jean Jack QUEYRANNE a signé lors de son récent séjour à Mayotte le 12ème contrat de plan de la collectivité. Selon les chiffres annoncés par le ministre, l'enveloppe dépassera les 4 milliards de francs sur les 5 prochaines années soit 800 millions par an. Ce qui correspond à plus qu'un doublement des dotations de l'Etat, qui s'élevaient ces 6 dernières années à 378 millions de francs par an.

Au moment où le gouvernement français a décidé d'accroître de manière significative son aide financière à Mayotte, elle a bloqué depuis 1997 toutes les aides qu'elle octroyait aux Comores.

Ce qui a eu, pour effet, d'affaiblir l'Etat comorien et de renforcer de manière objective l'aventure suicidaire des séparatistes anjouannais. Au moment où ces chiffres viennent d'être publiés, tout le monde se rappelle de la proposition ridicule qui avait été faite par le gouvernement français de débloquer une somme de 20 millions de francs afin de contribuer au règlement de la crise comorienne. Cette proposition avait fait rire de nombreux participants de la Conférence d'Antananarivo. La politique française dans l'archipel a eu comme conséquence d'accentuer les déséquilibres entre les 4 îles de l'archipel.

Les projets arrêtés par le gouvernement français risquent très fort de plonger les Comores dans de nouvelles turbulences. La gauche française devrait respecter ses engagements passés en favorisant un retour progressif de Mayotte dans son ensemble naturel, seule alternative devant permettre d'instaurer la paix, la stabilité dans l'archipel ainsi qu'un développement de la coopération régionale. La coopération ne pourra réellement se développer que dans un climat détendu et serein.

 

ANJOUAN : LAFUITE EN AVANT

L’actuelle autorité séparatiste de l’île d’Anjouan ne signera pas l’Accord de réconciliation d’Antananarivo. Ce serait naïf de le croire.

En fait, lorsque au sortir de la conférence comorienne inter-îles tenue dans la capitale malgache (19/23 avril 1999) sous les auspices de l’OUA, les représentants anjouanais demandèrent un délai supplémentaire de deux semaines avant de le signer, sous le fallacieux prétexte d’aller expliquer le contenu dudit Accord à la population anjouanaise qui les aurait soi-disant mandaté, ce n’était qu’une dérobade de basse facture.

De retour sur l’île, il eût certes un moment de réel flottement au sein de la direction séparatiste. On se rappelle en effet des propos de M. Abdallah Mohamed, le chef de la délégation séparatiste sur les ondes de la RTA (Radio Télévision d’Anjouan) : " On nous a envoyé chercher 4 kilos de viande, on en a ramené 3,5 kilos ". Comprendre que l’Accord d’Antananarivo était satisfaisant pour Anjouan.

A l’époque, le " président " de l’ " Etat d’Anjouan " s’appelait Fundi Abdallah Ibrahim qui ne comprenait pas la moitié d’un quart d’once de l’Accord en question -préoccupé qu’il était à ce que son présidentiel traitement et tous les avantages liés lui soient régulièrement versés. D’autant que la durée du mandat qu’on lui avait accordé tirait à sa fin ; et que la question de la succession n’était pas réellement abordée. Du coup, durant les semaines qui suivirent, expliquer le contenu de l’Accor d’Antananarivo ne présentait aucun intérêt. D’ailleurs tout semble avoir été fait pour…

Les éléments extrémistes des dirigeants séparatistes, notamment les partisans de Said Omar Chamasse jusqu’alors marginalisés, vont se saisir de cette situation fluctuante d’une période entre-deux pour se rapprocher des postes de prise de décision. Le lieutenant-colonel Abeid parvient à se faire nommer " Coordinateur national " de " l’Etat d’Anjouan ". Le 2 août 1999 au soir, la veille du 3e anniversaire de " l’indépendance " d’Anjouan (3 août 1997), sans tambour ni trompettes, ni cérémonial ni adieu, le premier " président " de l’ " Etat d’Anjouan ", qui avait proclamé " l’indépendance " de l’île et la rupture avec l’Etat comorien, Fundi Abdallah Ibrahim quittait en catimini Mutsamudu -avec un passeport diplomatique comorien délivré par le pouvoir militaire du colonel Azali Assoumani- pour Mayotte pour se rendre en Nlle-Calédonie, avant de trouver l’asile politique( ?) en France où il se trouve jusqu’à ce jour.

Le 3 août, Abeid se retrouvait de facto chef de l’île.. Quelques semaines plus tard, un " congrès populaire " composé des cinq préfets des cinq régions de l’île le nomme président et chef de l’Etat. Saindou Cheikh, le bras droit de Chamasse devient président de l’ " Assemblée nationale " anjouanaise dont l’une des premières mesures sera de rejeter l’Accord d’Antananarivo -bien avant le référendum du 23 janvier dernier.

Les durs du séparatisme s’installaient sans coup férir aux commandes du pouvoir, après avoir chassé des non moins durs, lesquels furent contraints de ramener leurs convictions séparatistes à des proportions politiquement " acceptables ", en troquant " l’indépendance " pour l’autonomie.

Ainsi un Hachim Petit, l’homme des trois " non " (" Les Comores n’ont jamais été unies, ne sont jamais unies, et ne seront jamais unies ", déclarait-il le 3 août 1997) estime aujourd’hui que l’Accord d’Antananarivo est bon. Hier partisan aveugle du rattachement d’Anjouan à la France, M. Charikane dit Charly ne jure plus que par la signature de l’Accord d’Antananarivo, et " le plus rapidement possible ".

Pour l’un comme pour l’autre, et tous les autres qui, soit avaient le pouvoir et l’ont perdu, soit qu’ils avaient cru aux bienfaits du séparatisme et qui n’y croient plus guère, l’Accord d’Antananarivo demeure pour eux la seule issue ; même si certains parmi eux, parfois les mêmes, n’ont pas totalement perdu les réflexes séparatistes.. Leur contenu du séparatisme ne diffère en rien de celui qu’ils défendaient au nom d’un " Etat d’Anjouan " indépendant. Tout le désarroi du séparatisme anjouanais réside dans cette ambivalence.

Les séparatistes de la première heure n’ont pas totalement viré leur cuti sécessionniste. S’ils sont revenus à des positions qu’ils qualifient eux-mêmes de modérées, c’est tout simplement parce qu’ils ont été éjectés du pouvoir par plus séparatistes qu’eux. La surenchère séparatiste ayant atteint ses limites, l’Accord d’Antananarivo demeure la seule voie pour reconquérir le pouvoir perdu et se réconcilier avec la communauté internationale qui s’est liguée contre les dirigeants séparatistes anjouanais actuels. Mais rien ne dit que si Abeid se décidait à leur consentir une toute petite place au soleil séparatiste, ils ne redeviennent encore plus extrémistes qu’ils ne l’étaient hier.

C’est dire que la situation qui prévaut aujourd’hui sur l’île d’Anjouan est des plus confuses. Elle était beaucoup plus claire, du moins en apparence, il y a trois ans., lorsqu’éclata la crise sécessionniste ; puisque à l’époque une majorité de la population de l’île, quoique abusée, se disait favorable au séparatisme et soutenait aveuglement et inconditionnellement les autorités en place.

Aujourd’hui ce n’est plus le cas. La tendance s’est carrément inversée. Une majorité peut-être beaucoup plus grande d’Anjouanais semble contre le système et le pouvoir en place; à cette différence que l’on ne sait pas exactement très bien contre quoi ils sont contre. Car en effet, dans cette nouvelle majorité contestataire mais silencieuse, on y trouve confondus :

  • des anti-séparatistes de la première heure,
  • des séparatistes repentis,
  • les déçus de l’aventure sécessionniste,
  • ceux des séparatistes qui ont perdu le pouvoir sur l’île et qui tentent de le reconquérir, tout ou une partie, en s’alliant avec les personnalités non encore dévoyées organisées autour des partisans de l’ancien Premier ministre Abbas Djoussouf (Mdp-Ngdc),
  • une masse rurale inculte à qui les leaders séparatistes avaient promis mille merveilles français et qui, trois ans après, non seulement ne voit toujours rien venir, mais surtout ne croit plus guère que quelque chose puisse réellement venir.

Les promoteurs de la sécession anjouanaise étaient parvenus à présenter aux yeux des masses rurales que si Anjouan coupait des Comores, elle deviendrait comme Mayotte, tout au moins, elle bénéficierait des mêmes avantages. Un argument qui a eu une terrible efficacité.

Ce rappel n’est nullement anecdotique, puisque aujourd’hui encore, quiconque parvient habilement à faire vibrer cette corde a des chances d’obtenir une adhésion. Le 22 janvier dernier, la veille du référendum organisé par le pouvoir séparatiste anjouanais pour appeler la population de l’île à rejeter l’Accord d’Antananarivo, un groupe de " touristes " français (dont certains avaient pouvaient à peine payer leurs consommations à la Paillotte)conduits par Jean-Claude Vallée, sont arrivés à Anjouan. Le dimanche 23 janvier, jour du référendum, ils firent le tour de l’île, traversant les zones rurales, où ils furent présentés comme les futurs " investisseurs " prêts à s’implanter à Anjouan si l’Accord d’Antananarivo était effectivement rejeté. Après cette mystification, ils sont repartis le lundi 24 janvier, après une réception officielle à la " présidence ".

L’île d’Anjouan se trouve comme prise en otage par une dizaine de personnes tout au plus, politicards et hommes d’affaires, qui se sont partagés les principaux " robinets " d’entrée d’argent dans l’île : port, aéroport, hydrocarbures, importation de riz et autres denrées alimentaires, douanes, etc. Les chefs des diverses milices rackettent à tout va. Dans cette situation, le temps est devenu un facteur capital : plus elle dure, et mieux cela arrange les chefs séparatistes pour amasser le plus d’argent possible.

Si les dirigeants séparatistes anjouanais rejettent l’Accord d’Antananarivo, c’est d’abord parce qu’ils s’opposent farouchement à tout pouvoir central qui pourrait exercer un œil de contrôle sur certaines pratiques florissantes et gêner d’éventuelles activités peu licites. Les chefs séparatistes estiment par exemple que dans un éventuel accord, les relations de coopération avec les partenaires extérieurs et la fiscalité doivent relever du pouvoir de chaque île.

Ce n’est donc pas de sitôt que les dirigeants anjouanais actuels acceptent de signer de leur plein gré l’Accord d’Antananarivo laborieusement négocié par l’OUA. Leur seul refuge réside dans la fuite en avant… " Sans la force on ne signera pas cet Accord " selon un chef milicien qui fait la pluie et le beau temps à Mutsa. D’autant que le chef du pouvoir séparatiste anjouanais, le lieutenant-colonel Abeid (un officier de réserve de l’armée française à la retraite) et le chef du pouvoir putschiste de Moroni, le colonel Azali Assoumani, malgré leurs divergences réelles ou apparentes, plutôt apparentes que réelles, sont au moins d’accord sur un point, écarter l’OUA dans la gestion de la résolution de la crise comorienne.

Surtout depuis que l’Organisation panafricaine et les principaux partenaires extérieurs des Comores dont la France, parlent désormais d’une double crise nouée : la crise séparatiste et la crise institutionnelle. L’OUA avait fixé au 1er février 2000, le dernier délai aux dirigeants séparatistes anjouanais pour signer l’Accord d’Antananarivo, et donné au colonel Azali jusqu’au prochain sommet de l’OUA de Lomé (Togo) pour remettre le pouvoir politique aux civils.

La première échéance est arrivée à terme avec les conséquences que l’on sait : des sanctions. Celui d’Azali est dans quatre mois. Il n’empêche que les deux hommes sont comme embarqués dans le même bateau… ivre.

Par Saïd Mchindra

 

MAYOTTE " COMPLICE " D’ABEID

L’Association pour l’unité et le développement des Comores, qui regroupe des comoriens installés dans notre propre département, envoyait récemment une lettre à Matignon. L’AIDEC invite ainsi le Premier ministre à prendre " des mesures de rétorsion " contre les séparatistes anjouanais. Notamment, leur interdire de poser le pied dans l’ïle Hippocampe –Mayotte -, considérée par l’association comme une " base arrière " anjouanaise.

Faute de réponse de Lionel Jospin, l’Association pour l’unité et le développement des Comores (AUDEC) a choisi de publier son courrier envoyé le 24 décembre dernier à l’attention du Premier ministre.

Alertant Matignon sur " la situation préoccupante des Comores ", cette association comorienne anti-séparatiste, basée à Saint-Pierre, souligne que " les séparatistes anjouanais continuent à narguer la communié internationale en multipliant les entraves à la mise en œuvres de l’accord d’Antananarivo ".

Tout en reconnaissant " la prise de position " du gouvernement français " pour la défense de l’unité et de l’intégrité territoriale ", Mohamed Ahmed, le secrétaire général de l’AUDEC signataire de la lettre, se dit " troublé par les agissements de la préfecture de Mayotte ", qui selon l’association, " traduisent une complicité totale " avec le pouvoir en place à Mutsamudu. " Dès le début de cette crise, les séparatistes se sont servis de l’île de Mayotte pour mener leurs actions de déstabilisation de l’Etat comorien. Ils y ont installé leur base arrière ".

Vrai et faux visas…

Et l’AUDEC de citer la fabrication des bulletins ayant servi " au référendum bidon " de la fin janvier. " Les passagers en provenance d’Anjouan sont régulièrement autorisés à entrer à Mayotte avec un passeport revêtu du cachet " Etat d’Anjouan ", sans aucune valeur juridique, et non du cachet officiel de la République fédérale islamique des Comores, comme cela devrait être le cas.

Plusieurs semaines avant même que le ministre de l’intérieur comorien ne publie une liste de 88 séparatistes ou sympathisants interdits de voyage, l’AUDEC insiste déjà sur le transit de responsables séparatistes par Mayotte, " sans qu’ils aient été inquiétés outre mesure par la police de l’air et des frontières ". " C’est le cas récemment du colonel Abeid, qui a transité par Mayotte pour se rendre à La Réunion le 2 décembre, à la veille de l’ouverture du sommet de la COI, accompagné de deux de ses proches ", écrit l’AUDEC à Lionel Jospin. " Pourquoi ce chef séparatiste a-t-il été autorisé à quitter Mayotte et à entrer à la Réunion, alors qu’il s’oppose de façon farouche à la mise en œuvre d’un accord ayant reçu la caution de la communauté internationale ?

" Pourquoi les chefs séparatistes ont-ils été autorisés à transiter régulièrement par Mayotte, alors que plusieurs d’entre eux ne disposent pas d’un passeport établi par les autorités comoriennes ?

Voilà autant d’exemples qui ont brouillé la politique française aux Comores, permis aux séparatistes d’afficher partout qu’ils bénéficient du soutien actif de la France et jeter un coup de froid dans les relations d’amitié existant entre les peuples comoriens et français ", affirme l’AUDEC au Premier ministre français.

Dans son courrier, l’association comorienne " souhaite " que la France prenne " des mesures de rétorsion " à l’encontre des chefs séparatistes de nationalité française – et notamment du colonel Abeid, actuellement au pouvoir à Anjouan. " Les ressortissants français sont-ils autorisés à entreprendre des actions illégales et subversives dans les pays étrangers, et revenir en France sans qu’ils n’aient aucun compte à rendre à la justice française ", s’interroge l’AUDEC ?

Les anti-séparatistes comoriens réclament en outre que " des directives claires " soient transmises au préfet de Mayotte afin que les autorités mahoraises n’autorisent plus les séparatistes à transiter par l’île Hippocampe, qu’ils aient ou non la nationalité française. Selon l’AUDEC, pareille mesure " dissiperait les malentendus " et " rétablirait un climat de confiance " entre les Comores et la France.

La lettre de l’AUDEC étant jusqu’à aujourd’hui restée sans réponse, l’association a décidé de profiter de la visite de Jean-Jack Queyranne à la Réunion – mais surtout, à Mayotte et à Madagascar – pour publier son courrier. Reste à savoir quel impact cette association – disposant de relais politiques sur la grande comore – aura réellement auprès du gouvernement.

Le Quotidienne la Réunion 17-2-00

 

ACTUALITES REGIONALES: HOMMAGE A NELSON MANDELA

11 Février 1990 - 11 février 2000: Cela fait 10 ans depuis que Nelson Mandela a quitté la prison de Robert Islands.

La date de sa libération constitue un évènement historique. Cette libération qui a été filmée en direct par toutes les télévisions du monde a constitué un grand moment d'émotion pour les peuples d'Afrique et les démocrates du monde entier. Un digne fils du continent africain venait enfin de retrouver sa liberté.

Le chef historique de l'ANC a passé 27 ans en prison. Il a été arrêté en 1963 suite à une insurrection populaire des noirs contre le régime raciste qui prévalait à l'époque en Afrique du Sud. Il a été considéré comme le plus vieux prisonnier politique du monde. Malgré les nombreuses années passées en prison, cet homme politique exceptionnel est resté intègre à ses idéaux et continué son courageux combat contre le régime inique de l'apartheid.

Son combat exemplaire a fait de lui une figure emblématique des noirs sud africains pour une société d'égalité, de justice et de démocratie. Ce qui lui a valu la remise du Prix Nobel de la Paix.

Après sa libération, le leader de l'ANC a entamé des pourpalers avec Frederick de Clerk pour une transition démocratique devant permettre la représentation de la majorité opprimée au niveau des instances politiques du pays.

En 1994, Nelson Mandela a été le premier Président noir de la République sud africaine. Il a quitté le pouvoir en Juin 1999 après un mandat de 5 ans. Il a été remplacé par son ami Tambo Mbéki.

La rédaction de Comores Info rend un hommage appuyé à ce combattant hors pair de l'Afrique et appelle les patriotes comoriens à prendre son exemple.

 

ACCORD SUR L’AVENIR DE MAYOTTE

LES COMORES INDEPENDANTES DEPUIS 1975: MAYOTTE TOUJOURS SOUS ADMINISTRATION FRANCAISE.

Depuis la signature de l'accord sur l'avenir de Mayotte intervenue le 27 janvier 2000, la question de Mayotte est dans toutes les lèvres. La rédaction de COMORES INFO a décidé de consacrer une série d'articles sur cette question brûlante dont le règlement préoccupe tous les comoriens. Nous allons aborder les conséquences de la séparation de Mayotte avec ses îles sœurs. Dans notre prochain numéro, nous aborderons les différents scénarios de règlement de cette question épineuse.

Les conséquences de la séparation de Mayotte de ses îles sœurs

La séparation de Mayotte est l’une des principales causes de l’instabilité chronique des Comores.

Le coup d’Etat du 3 Août 1975 est directement lié avec l’affaire de Mayotte. Il a été fomenté par la France pour justifier son occupation de cette île et sanctionner par la même occasion Ahmed Abdallah pour sa déclaration unilatérale d’indépendance. Les militaires français qui encadraient la Garde des Comores en 1975 ont demandé aux militaires comoriens de rentrer chez eux. Le pouvoir était offert aux commanditaires du 1er coup d’Etat sur un plateau d’argent.

Quand Bob Denard est revenu en 1978 pour renverser le Président Ali Soilihi, les forces militaires françaises stationnées à Mayotte étaient en alerte pour intervenir en cas d’échec du coup d’Etat. Tous les autres coups d’Etat fomentés par Bob Denard ont été réalisés avec la bénédiction de la France. Son avocat n’a t-il pas trahi sa pensée en soutenant devant la Cour d’Assises de Paris que condamner Denard c’est condamner la France. Peut-on être encore plus explicite ?

Plus récemment encore, on peut constater que le mouvement séparatiste anjouannais n’aurait pas pu tenir tête pendant longtemps au gouvernement comorien et à la communauté internationale sans le soutien actif de la Préfecture de Mayotte. Les bulletins ayant servi aux référendums bidon organisés par les séparatistes ont été fabriqués à Mayotte. Certains séparatistes modérés affirment aujourd’hui, en privé, qu’ils ont été manipulés par la France.

Plusieurs révélations ont été faites par les organisations de la société civile comorienne concernant l’implication de la France dans l’encouragement du mouvement séparatiste anjouannais. Par un courrier en date du 10 septembre 1999, les partis politiques ont interpellé M. Chirac sur le rôle de la France dans l'enlisement de la crise comorienne.

M. Rocard a jeté les masques en soutenant ouvertement l’aventure suicidaire des séparatistes anjouannais lors de la Conférence d'Antananarivo. M. Rocard, quand il se trouve à Paris, prône le renforcement de la construction européenne. Quand il vient aux Comores, il prône la balkanisation des Comores. Triste paradoxe.

Certains observateurs, et non les moindres, ont soutenu pendant un certain temps que la France était en train de chercher une issue pour régler l'affaire de Mayotte et permettre une recomposition politique de l'archipel. Cette théorie, de surcroît, séduisante ne tient plus la route. Pourquoi, la France a engagé alors une entreprise de démolition de l’Etat comorien avec le soutien complice, bien sûr, des séparatistes anjouannais ? Si la France a entrepris une déstabilisation d’une telle envergure de l’Etat comorien, c’est pour pouvoir mieux conserver Mayotte et éviter les condamnations massives de la communauté internationale lors du prochain référendum qui aura lieu dans les prochains mois dans cette partie du territoire comorien.

Certains soutiennent que Mayotte a un meilleur niveau de développement économique que les autres îles. Qui peut le nier ? Il faut, cependant, chercher les causes profondes de ce décalage économique. Les nombreuses déstabilisations qu’ont connues les Comores depuis leur indépendance sont liées directement ou indirectement avec l’affaire de Mayotte comme nous venons de le démontrer.

Comment voulez-vous qu’un pays se développe s’il est déstabilisé en permanence par l’ancienne puissance colonisatrice ? L'histoire prouve qu'un pays a besoin de stabilité politique pour pouvoir se développer. Or, c’est ce qui a manqué à notre pays. Nos voisins, l’île Maurice et les îles Seychelles , s’en sortent bien car la Grande Bretagne, l’ancienne puissance colonisatrice, s’est abstenue de s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Notre retard économique est dû aussi à une mauvaise gestion de nos finances publiques ; cela est incontestable. Nous devons tirer les leçons de nos erreurs afin de repartir de bons pieds.

Il convient de citer quelques chiffres. L’aide de la France à Mayotte ( toutes dépenses confondues y compris les salaires des fonctionnaires) avoisine la somme de 1 Milliard de Francs français alors que son aide aux Comores indépendantes représente une somme de 100 Millions de Francs environ ; en plus, celle-ci a été bloquée depuis le déclenchement de la crise séparatiste en Juillet 1997. Comment voulez-vous, dans ces conditions, qu’il n’y ait pas de décalage en matière de développement entre Mayotte et ses îles sœurs ?

Nous sommes convaincus comme beaucoup d’autres comoriens d’ailleurs que les Comores ne pourront connaître une paix et une stabilité durables tant que ce problème de Mayotte ne sera pas réglé. Il faut donc trouver une solution à ce problème épineux afin de permettre aux différentes îles de se développer dans un cadre harmonieux et solidaire.

 

LU DANS LA PRESSE

LA CHRONIQUE D'UNE SEPARATION

La crise séparatiste perdure. Elle est toujours présente et bien réelle dans le quotidien de tout comorien, où qu'il se trouve. Mais ce que l'on a parfois tendance à oublier, c'est qu'à l'origine de cette crise, rien ne laissait présager des événements d'une telle ampleur.

Au-delà du discours simpliste des uns et du silence complice des autres, force est de constater que la classe politique n'a pas su prendre à temps la mesure de la gravité. L'autorité de l'Etat a failli, à la fois sur la plan politique et militaire. Le syndrome du séparatisme ne date pas d'hier, il a émergé dans l'archipel depuis la fin des années 1950 à Mayotte. Est-il besoin de rappeler que si cette quatrième île des Comores se trouve encore sous occupation française, c'est en partie parce que l'accession des Comores à l'indépendance, en 1975, ne s'est pas opérée sous les meilleurs auspices.

Tout passe par Mayotte

Il n'est donc pas fortuit que les principaux acteurs de la sécession d'Anjouan se servent de Mayotte comme repaire et base arrière de leur action. On peut toujours décortiquer les différentes ramifications de ce mouvement, et les appuis extérieurs qu'il bénéficie, mais il n'en demeure pas moins vrai que le fond de l'instabilité permanente dont sont victimes les Comores, restera toujours la recherche d'une solution globale intégrant le statut définitif de Mayotte.

Ill y va de la stabilité de l'archipel, et celle de la sous-région. D'ailleurs à l'issue du dernier sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement de la COI, il a été décidé la mise en gestion commune des îles litigieuses, notamment réclamées par Maurice. La France ne s'y est pas opposée.

Aujourd'hui, rares sont les acteurs politiques qui ont su garder une ligne de conduite à peu près stable.

Comment peut-on expliquer autrement qu'en moins de trois ans, un groupe de séparatistes ait réussi à bouleverser le cours de l'histoire d'un pays, et à défier la communauté internationale, lorsque toute une classe politique se laisse discréditer par ses incohérences manifestes chaque fois qu'elle est interpellée à agir, au nom de l'intérêt national.

On avait cru

On pensait qu'après la Conférence inter-îles, cette classe politique avait compris tous les enjeux de cette crise, pour démontrer à l'opinion internationale sa maturité et sa capacité à transcender ses contradictions internes, dans l'objectif de sauvegarder les principes sacrés de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale du pays.

Elle pouvait d'autant plus y parvenir, par la seule voie pacifique possible d'une gestion consensuelle de la transition, qu'elle aurait le mérite de conduire les Comores vers de nouvelles institutions démocratiques et rénovées. Et cet espoir déçu, laisse aujourd'hui planer le doute dès lors que certains partis politiques n'ont pas su résister à l'aventure suicidaire du putsch du 30 avril.

Car ce dernier n'a pas seulement interrompu un processus historique, mais il a aussi conduit à une radicalisation des positions séparatistes. Le référendum du 23 janvier dernier et les récentes déclarations des autorités de l'île en témoignent.

Entre négociations et enlisement

Tout le problème reste de savoir si après l'expiration de l'ultimatum de l'OUA, il reste encore une chance à la reprise des négociations, par rapport au risque d'un enlisement qui sera sans doute source de nouveaux conflits. Et là où la démarche des participants aux "Assises nationales des forces vives" ressemble à un remake, qu'on reproche souvent à nos hommes politiques, quelque minimisé la gravité et toujours perçue comme le fait de ce groupe de chefs sécessionnistes qui ont déjà fait le choix délibéré de faire disparaître leur propre nation, au nom d'un idéal utopique et égoïste.

EL-HAD SAID OMAR La Gazette des Comores N°31 du 10 février 2000

 

LE STATUT DE LA FEMME MAhoraise decortiquee par l’INSEE

Cinq enfants pour une Mahoraise

Si seulement, 5% des Français se marient entre 15 et 24 ans ce taux grimpe à 38% pour les mahoraises. Quant à l'indice de fécondité il atteint la moyenne de cinq enfants par mère-soit un chiffre deux fois supérieurs à celui de la Réunion…Dans un livret d'une quarantaine de pages publié récemment l'Insee se penche ainsi sur le statut social de la femme mahoraise; une série de statistiques et d'analyses précieuse qui aborde aussi bien les thèmes de la famille que de l'emploi ou de la formation.

Toute matrilinéaire soit-elle la société mahoraise n'en laisse pas moins une place prépondérante à l'homme. En juillet 1998 la délégation territoriale aux droits des femmes suggérait à la collectivité de créer un centre de recherche de documentation et d’information. L'une de ses missions serait de réaliser des enquêtes et d'établir des statistiques dans différents domaines afin de prendre la suite des mesures en faveur de la promotion de la femme. En collaboration avec cette délégation territoriale, l'nsee de Mayotte vient d'éditer un document de synthèse considéré comme une première étape dans la réalisation de ce projet. Avec pour résultat d'offrir une quarantaine de page fourmillant de statistiques concernant l'organisation de la famille, la formation et l'emploi des femmes…

Contrairement aux chiffres métropolitains, on découvre ainsi que la population féminine mahoraise ne représente que 49% de la population globale. " Il naît en général plus d'hommes que de femmes- c'est un phénomène universel; les femmes sont plus nombreuses à s'expatrier hors de Mayotte ( et en particulier à la Réunion); en outre, les hommes sont plus nombreux que les femmes à arriver dans l'île", précise l'Iinsee pour expliquer cette différence. "DE plus, la population mahoraise étant extrêmement jeune, le nombre de femmes de plus de 75 ans est faible et n'est que très légèrement supérieur à celui des hommes".

Selon les chiffres de 1997, les ménages mahorais comptent en moyenne 4,6 personnes, ce chiffre s'avère élevé dès lors qu'on le compare à la Réunion (3,8) et à la métropole (2,6) - d'après le recensement de 1990. "Dans 22% des cas, la personne de référence du ménage est une femme. Parmi elles, plus de la moitié vivent seules avec leurs enfants", souligne encore l'Insee.

Si l'on se réfère à l'année 1997, 60% des femmes de plus de 15 ans ont déjà convolé en justes noces. "Les femmes se marient jeunes; même si la proportion de femmes de 15-24 ans déjà mariées est passée de 55% en 1978 à 38% en 1997, elle est encore nettement supérieure à celle de la métropole, qui n'est que de 5%", précisent les enquêteurs de l'Insee.

La polygamie a tendance à diminuer

Sur les 24 460 familles mahoraises recensées, 18% sont des familles monoparentales dont le chef est une femme. "Près de la moitié d'entre elles se déclarent inactives", ajoute l'Insee. Parmi ces femmes vivant seules avec leurs enfants, une sur deux a trois enfants ou plus. "L'indice de fécondité s'élève encore à 5 enfants par femme, alors qu'il est de 2,3 à la Réunion et de 1,7 en France métropolitaine".

La polygamie est l'une des particularités mahoraises. Sur les 2800 femmes qui se déclarent mariées à un homme polygame, 750 élèvent seules leurs enfants. Ce statut marital est cependant en train de perdre de l'importance. "C'est un statut moins répandu chez les femmes jeunes.

La part des femmes mariées à un homme polygame est inversement proportionnelle à l'âge de la femme", remarque l'Insee.

L'institut national de statistiques insiste sur la stabilité du statut de femme mariée à un homme monogame. "Ce statut reste stable depuis 1978 et constitue environ 50% de l'ensemble des femmes. Alors que la polygamie apparaît en diminution, d'un autre côté, l'augmentation du célibat est très nette. Les femmes se déclarant célibataires sont plus nombreuses qu'en 1985, tous âges confondus".

Selon le document de l'Insee, "les changements intervenus ces vingt dernières années, l'explosion démographique ainsi que la forte monétarisation de l'économie font imploser le modèle traditionnel".

"Désormais, la majorité des femmes qui n'ont pas été scolarisées en temps utile se trouvent écartées de la vie économique. Les jeunes filles qui ont eu la chance de l'être rejettent les rigidités de la famille traditionnelle. Elles ne se contentent plus de l'entretien de l'espace familial et de la cuisine. Elles refusent d'attendre tranquillement à la maison le moment de disposer d'une case construite pour elle par ses parents ou son futur mari". Ce qui n'est pas sans aviver quelque peu le conflit des générations!

84% de femmes n'ont aucun diplôme

Si 38% des hommes mahorais affirmaient en 1997 n'avoir aucun niveau de formation, cette proportion grimpe à plus de la moitié pour les femmes. Bien que le niveau scolaire reste encore bas, il ne cesse cependant de progresser. Six ans plutôt, 65% des femmes et 48% des hommes n'avaient suivi aucune formation.

"Chez les femmes âgées de 15 à 34 ans, ce chiffre est en nette régression, preuve que le niveau de formation s'améliore pour les jeunes générations", note l'Insee. "Cette amélioration ne se traduit pas encore par la progression d'un diplôme, puisque 84% des femmes n'en possèdent aucun ( 76% pour les hommes). Le nombre de femmes possédant le baccalauréat a été multiplié par 3,5 entre 1991 et 1997, soit une progression plus forte que chez les hommes, mais elles ne représentent encore que 38% de l'ensemble des bacheliers mahorais", précisent les enquêteurs de l'Insee.

Bien que l'on tende aujourd'hui à voir presque autant de filles que de garçons décrocher le baccalauréat - 198 filles reçues en 1999, pour 249 garçons - "elles restent largement minoritaires à poursuivre leurs études supérieures". "En 1998, sur près de 700 étudiants bénéficiant de bourses, à peine le tiers était des filles". La situation est néanmoins en passe de s'améliorer, puisqu'elles ne représentaient encore qu'un quart des boursiers en 1995.

Le Quotidien de la Réunion

 

L’UNION SACREE CONTRE LE SEPARATISME

A 48 heures de l’expiration de l’ultimatum lancé aux chefs séparatistes anjouanais pour signer l’accord d’Antananarivo, un grand rassemblement de réflexion anti-séparatiste s’est tenu le 30 janvier au palais du peuple de Hamramba.

A l’origine de cette initiative, la Cogazi, le Collectif des anjouanais et l’Alliance de Mohéli dans le but de " mobiliser contre le séparatisme et sortir de la crise pour l’unité et l’intégrité territoriale ". Voilà le mot d’ordre central sur lequel les participants à cette réunion devaient plancher.

Les nombreuses interventions faites convergent toutes vers le même but, l’unité nationale et l’intégrité territoriale et ne reste qu’à savoir comment assurer la mise en œuvre des propositions issues de cette assise.

Dans ce sens, un comité de suivi a dû être mis en place après l’adoption par les participants d’une résolution condamnant " toute forme de séparatisme " qui sévit à Ndzuwani, soumettant " la population de l’île à une répression aveugle et barbare ".

Les signataires de la résolution qui " adhèrent à l’échéance du 1er février 2000 fixée par l’OUA et les pays de la région soutiennent toutes les mesures que l’OUA est susceptible de prendre dans cette perspective en vue de préserver l’unité et l’intégrité territoriale ".

Les auteurs de la résolution ont démontré " la prise en otage de l’île comorienne d’Anjouan par une poignée de séparatistes voués à des intérêts personnels et étrangers ". Avant de faire appel à l’union sacrée contre le séparatisme, ils " demandent la neutralisation de ce groupe d’aventuriers " qui font la pluie et le beau temps à Anjouan.

Si l’on peut comprendre les raisons qui ont guidé les auteurs de cette initiative – l’unité nationale et l’intégrité territoriale, sans plus parce qu’ils ne sont pas forcément favorables au pouvoir en place –

si l’on peut saluer la volonté des participants à trouver une solution durable à la crise en dépit des divergences politiques des uns et des autres, on s’interroge, en revanche, sur les raisons qui devraient motiver l’absence de certains partis politiques qui ont brillé par leur absence à cette importante rencontre du Palais du Peuple.

Al-Watwan N°606 du 4 au 10 février 2000

Partis politiques et organisations signataires : Alliance (Mohéli) ; Collectif de la communauté anjouanaise ; Congazi ;UDCD ; FACS ; FD

 

GREVE DES MEDECINS

Préalables à l’arrêt de la grève par S. BOUNOU.

La grève des médecins déclenchée le 24 janvier se poursuit encore dans les différents centres hospitaliers de Mohéli et de la Grande Comore. La plate-forme proposée par les médecins n’a pas eu l’approbation des autorités concernées et donc pas signée bien que le principe ait eu l’accord du ministre de la Santé auparavant.

Les rencontres entre membres du gouvernement, de la présidence et du syndicat sont loin d’apaiser la situation. Les syndicalistes se déclarent même " déçus " . Le Synmec hausse le ton et subordonne la reprise du travail à la satisfaction de certaines revendications en attendant la création du statut particulier à l’origine de la grogne. Il s’agit notamment de la révision de la grille indiciaire, l’allocation des indemnités de risque, la considération des titres de spécialiste et la révision de l’age de la retraite (à 65 ans). Le secrétaire général du Synamec, Tadjiri Ahmada, assure que le dialogue n’est pas pour autant rompu. Le Synamec attend la réponse du conseil d’Etat avec qui il est en pourparler.

Le Synamec a bel et bien entendu la déclaration du ministre de la Fonction publique relative à la création des statuts pour les différents corps et qui serait en cours. Mais pour certains, les médecins demeurent intransigeants et restent sur leurs positions, exigeant une satisfaction immédiate de leurs revendications.

Al-Watwan N° 607 du 11 au 17-2-00

 

LE TELEPHONE PORTABLE POUR bientôt " AUX COMORES "

Un appel à candidature a été lancé récemment à Mayotte qui veut se doter de la téléphonie mobile.

La semaine dernière, la SNPT ( Société nationale des postes & télécommunications), à Moroni, lance à sont otur, un appel d’offre pour le même but.

Jusqu’ici épargné de la " folie " de ce type de téléphone qui sonne dans la poche, l’archipel va, désormais, entrer dans le concert des nations où le téléphone portable est devenu une seconde nature pourvu que l’on souhaite et qu’on s’apprête à se faire déranger à tout va.

A Mayotte, les soumissions sont à déposer avant le mars pour être transmises à l’agence de régulation des télécommunications pour avis.

A Moroni, par contre, les offres pour la réalisation de l’étude de faisabilité du projet sont à déposer auprès de la SNPT, au plus tard le 26 février prochain.

De sources dignes de foi, les premières communications téléphoniques sans fil à Mayotte pourraient intervenir au premier semestre de l’année prochaine.

En dépit d’une apparence du marché qui pourrait paraître étroit, le téléphone portable semble être très attendu dans ces îles, par une population évoluant de plus en plus vers un développement économique qui ne saurait se passer de la rapidité de communication offerte par le portable.

Al-Watwan n°606 du 4 au 10-2-00

 

ECONOMIE

QU’EST-CE QUE L’OMC ?

L’organisation mondiale du commerce est née en 1995, suite aux accords de Marrakech, qui concluent le 8°round du GATT (l’Uruguay round) commencé en 1986. C’est une organisation intergouvernementale indépendante de l’ONU.

Elle n’est donc pas engagée par des textes tels que les différentes conventions du Bureau international du travail (BIT), les conventions sur l’environnement (convention de Rio) ou même la Déclaration universelle des droits de l’homme. La Chine et la Russie n’en font pas encore partie.

Sa mission est d’établir des règles commerciales s’appliquant à tous les pays membres (134), fondées sur le postulat que le libre-échange accroît le bien-être collectif

COMMENT FONCTIONNE L’OMC ?

L’organisation de l’OMC dépossède, de fait, les Etats de leurs prérogatives. L’assemblée générale, comprenant les représentants des Etats, se réunit tous les deux ans. Entre temps, ce sont les divers comités de l’OMC – comités des obstacles techniques au commerce, comités des pratiques antidumping, des finances d’exportation, de l’accès aux marchés, de l’agriculture, des mesures concernant les investissements, des mesures sanitaires et phytosanitaires, etc. – qui mènent les affaires courantes, pouvant même proposer au Conseil général des amendements aux annexes à l’accord de Marrakech. Le Conseil général est composé des " ambassadeurs permanents " à l’OMC et des directeurs des comités. Aux côtés du Conseil général se trouvent l’Organe d’examen des politiques commerciales où siègent des représentants du FMI et de la Banque Mondiale et l’Organe de règlement des différents (ORD). L’ORD a un rôle décisif. C’est lui qui, en cas de désaccord entre deux Etats membres, nomme un comité d’experts, un " panel " de trois personnes, chargé de le trancher. Ce comité délibère en secret et n’a aucune obligation de publier ses délibérations.

Parmi les divers comités de l’OMC, le Codex Alimentarius joue un rôle particulièrement important : ses décisions touchent à la santé publique. En effet, il fixe les normes sanitaires pour les aliments – taux de résidus chimiques, adjuvants autorisés, etc.-, ainsi que les règles d’étiquetage pour les produits alimentaires. Les délégations nationales au codex alimentarius se composent des représentants des grandes firmes chimiques, pharmaceutiques et vétérinaires. Les pays du Sud n’ont évidemment pas les moyens de suivre tous les comités et de fait, les décisions sont prises par les pays riches. Ainsi va le monde.

EXTRAITS DE L’APPEL POUR LE CONTROLE CITOYEN DE L’OMC

(…) Censée réguler le commerce international, l’OMC (comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international) a concentré les ressources mondiales entre les mains d’une minorité, aggravé la pauvreté du plus grand nombre et élargi le fossé entre Nord et Sud. Inféodée aux firmes transnationales et à leurs lobbies, l’OMC n’a cessé de promouvoir un modèle non-durable de production, de consommation et d’échange. (…)

Nous réclamons un moratoire sur toutes les négociations qui étendraient la portée et les pouvoirs de l’OMC et une évaluation avec la pleine participation de la société civile, des règles et des pratiques de cette organisation et sa subordination à la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme de 1948 et aux conventions internationales relatives aux questions sociales et environnementales.

Nous exigeons ainsi :

  • le respect de la notion de service public dans les secteurs essentiels tels que l’eau, la santé, l’éducation, la culture, l’audiovisuel, les services de communication, les transports, le logement, l’énergie…
  • le respect systématique du principe de précaution en matière d’écologie (convention de Rio), de santé publique et d’administration ;
  • le refus de tout dumping social, économique et écologique ;
  • la protection des pratiques agricoles vivrières et paysannes, fondement de toute souveraineté alimentaire des populations ;
  • l’interdiction des brevets sur le vivant : Plantes, animaux, micro-organismes et gènes, et a fortiori, de la production et de la distribution des organismes génétiquement modifiés (OGM) ; Permettant ainsi de sauvegarder le droit d’échanger et de sauvegarder le droit d’échanger et de reproduire les semences.

Enfin, nous nous engageons avec les mouvements de nombreux pays, à reprendre l’offensive face à un " nouvel ordre économique mondial " où s’intensifie la circulation des marchandises, des services et des capitaux, hors de tout contrôle social et politique, alors que se multiplient les entraves à la liberté de circulation et d’installation des personnes (article 13 de la déclaration universelle des droits humains) et les discriminations de toutes sortes, notamment à l’encontre des femmes.(…)

Notre association – l’AUDEC - est signataire de l’appel pour le contrôle citoyen de l’OMC. Nous appelons les organisations démocratiques à soutenir cet appel.

 

DIALOGUE : DEBATS ET OPINIONS LIBRES

DRAMATIQUE DELIQUESCENCE DES ETATS EN AFRIQUE

Nous vous proposons un important article de Jean-Pierre OLIVIER DE SARDAN – directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, publié dans le Monde diplomatique de février 2000. Compte tenu de la longueur de ce document, nous nous proposons de le diffuser sur plusieurs numéros.

Les coups d’Etat qui ont affecté plusieurs pays en 1999 – Niger, Sierra Léone, Comores, Côte-d’Ivoire- illustrent le difficile enracinement de la démocratie en Afrique. Pourtant, le continent noir ne souffre pas d’un déficit de culture politique. Les soubresauts des évolutions en cours depuis les conférences nationales des années 80 trouvent leur source dans la décomposition des Etats eux-mêmes, étranglés par les ajustements structurels et gouvernés par des élites en mal d’imagination réformatrice.

Le limogeage du président Henri Konan Bédié par les militaires de Côte d’Ivoire rappelle une fois de plus qu’un coup d’Etat est souvent la conséquence (certes regrettable) de blocages institutionnels profonds, d’impasses politiques majeures, d’une illégitimité de dirigeants, d’un échec de procédures d’alternance, d’une faillite des élites, et, plus profondément, d’un mauvais gouvernement et d’un service public en déroute. Tous ces phénomènes sont particulièrement aigus dans les pays où des coups d’Etat se sont récemment produits (Niger, Sierra Leone, Comores, et Côte d’Ivoire, pour ne parler que de 1999), grande échelle, dans l’ensemble des pays officiellement " démocratiques ".

La situation est beaucoup plus grave qu’on ne le croit en général, car les mises en scènes diplomatiques et les fictions juridiques ou institutionnelles tendent à minimiser le phénomène : les appareils politiques et administratifs des pays africains sont totalement incapables de fonctionner avec le minimum d’efficacité, de transparence, et d’équité que l’on est en droit d’attendre d’un service public.

La crise est d’abord institutionnelle : la " démocratisation " a apporté le multipartisme et une certaine liberté de presse, mais pas le principe fondamental d’acceptation de l’alternance. Le Benin est à ce jour le seul exemple – remarquable – d’alternance véritable par la voie des urnes. Le plus souvent un président, une fois installé au pouvoir (par fois lui-même ancien dictateur vaguement reconverti, mais parfois aussi honorable " démocratie " célébré par la société internationale), n’entend en aucun cas le céder par la voie des urnes. Ses troupes font alors ce qu’il faut pour le garder. Le trucage électoral est massivement pratiqué dans la plupart des pays – avant, pendant ou après l’élection. Chaque scrutin tenu dans de telles conditions, au lieu de renforcer la légitimité de la démocratie, renforce l’illégitimité des gouvernements, voire discrédité la démocratie elle-même (1).

Mais le problème n’est pas qu’électoral. Le multipartisme n’a pas – hélas – engendré une acceptation minimale de règles du jeu partagées, par les responsables politiques au pouvoir d’abord, mais aussi du côté d’oppositions désunies et en crise permanente. La stratégie du bras de fer est la norme. Toute crise politique devient une crise de régime. On a même pu dire que le seul changement entre le multipartisme actuel et le système ancien de parti unique, est que maintenant il y a dans chaque pays plusieurs partis qui se comportent chacun en parti unique.

Il n’y a aucun code, même tacite et réduit à l’essentiel, de bonne conduite politique. Or on voit mal comment un Etat peut se passer d’un minimum de consensus institutionnel.

Tous les coups semblent permis. Les changements de vestes, les intrigues florentines, les croche-pieds sont omniprésents. Les manœuvres de M. Henri Konan Bédié pour exclure M. Alassane Ouattara de la candidature en Côte d’Ivoire l’illustrent bien et ont certainement contribué à son limogeage. Ce n’est pas, comme des idéologues naïfs le croient, d’un manque d’expérience politique dont l’Afrique souffre, mais plutôt d’un excès de stratégies politiciennes (2). Le choc permanent des ambitions se fait aux dépens des idées.

La presse est un bon indicateur de cette indigence. Le grand acquis des récentes démocratisations est la liberté de la presse écrite, qui a permis une floraison des titres. Mais cette presse n’est, à de très rares exceptions près, ni une presse d’investigation ni une presse d’opinion ou de réflexion. C’est une presse de rumeurs, de dénonciation, de diffamation (du pouvoir par l’opposition, de l’opposition par le pouvoir, et de tous par tous), où l’homme politique paie souvent un journaliste pour tirer à vue sur son adversaire. Les télévisions restent aux ordres, et les journaux télévisés sont consternants de servilité.

Tout cela ne laisse guère d’espace à un véritable débat sur la gestion des affaires publiques. Or on assiste à une crise de " gouvernance ". L’incapacité de la plupart des hommes au pouvoir à sortir du système des prébendes, la reproduction d’un régime de pillage des ressources de l’Etat par les détenteurs de hauts postes, la préséance systématiquement accordée aux " recommandations ", et aux " faveurs ", aux " protections " sur la compétence à tous les échelons de la fonction publique, sont des traits communs à la plus grande partie des appareils d’Etat africains.

Quant aux partis de l’opposition, loin de mettre en place un programme de " gouvernance alternative ", ils donnent à l’opinion publique l’impression déplorable que leur principal souci est de chasser les autres pour prendre leur place et s’enrichir à leur tour. Les plates-formes des partis rivalisent de langue de bois dans une consternante indigence de propositions de réformes. Certes, les marges de manœuvre économiques sont faibles : l’ajustement structurel s’est imposé, ainsi que la privatisation des entreprises publiques. De plus, le poids de la dette, le cours des matières premières et la dépendance envers les bailleurs de fonds sont des contraintes majeures.

Pourtant, il existe de sérieux gisements inexploités (fiscaux, sociaux ou politiques) qui permettraient d’améliorer le gouvernement : comment faire pour stopper les multiples évaporations fiscales, pour restaurer un minimum d’intégrité dans la fonction publique, pour que les fonctionnaires soient payés régulièrement et fassent tant soit peu leur travail, pour mettre fin aux rackets des usagers, pour assurer un service de santé de qualité minimale et accessible aux indigents, pour restaurer un peu de confiance dans l’Etat ? Malgré les textes moralisants de la Banque mondiale ou l’Union européenne, les " démocraties " des armées 90 n’ont guère fait mieux que les dictatures précédentes.

Les élites africaines au pouvoir depuis quarante ans ont failli sur le terrain moral (3). Toutes les injonctions occidentales ne serviront à rien, voire seront contre-productives, si des hommes et des femmes véritablement " réformateurs ", au sens profond du terme, ne se dressent pas en Afrique. Ils existent, maison ne les voit ni ne les entend sur la scène publique. Et pourtant, que de cadres et d’intellectuels africains brillants, compétents et honnêtes ont été laissés au bord de la route, les uns tombés dans les consolations dérisoires de l’alcool, les autres repliés dans celles plus douillettes des organisations internationales, laissant, écœurés, leur pays aux arrivistes et aux affairistes !

Les pays occidentaux ont aussi leur part de responsabilité, et la crise est aussi une crise de l’aide. On sait que les pires turpitudes des élites au pouvoir après les indépendances ont été complaisamment avalisées par les deux camps, dans le contexte de la guerre froide. Que, dans les années 70, marquées par l’expansion économique, des facilités de crédit délirantes ont été accordées, en même temps que l’Afrique devenait un cimetière d’éléphants blancs en tout genre, dont nombre d’entreprises du Nord ont abondamment profité. Que l’ajustement structurel, imposé en contre-coup à la fin des années 80, s’est déployé sur le terrain comptable et non sur celui de la bonne administration. Le désengagement croissant des pays occidentaux a aggravé les effets déjà brutaux de la crise et de l’ajustement combinés.

Prenons l’exemple de la France, souvent dénoncée à travers les aspects les plus archaïques de sa politique (nostalgies néocoloniales, et autres manœuvres pétrolières). Le plus grave n’est désormais plus là.

Il réside dans l’incapacité des services officiels (alors que la France reste le principal bailleur de fonds dans la plupart des pays francophones d’Afrique) à élaborer et à mettre en œuvre une autre politique de coopération, à la mesure de la crise des Etats africains. Le coup d’Etat en Côte d’Ivoire, en décembre 1999, l’a montré. Comme du côté des responsables politiques africains, le manque d’idées règne en maïtre. Les effets de manche du sommet franco-africain de La Baule (juin 1990) ne se sont guère traduits que par de vagues pressions auprès de dictateurs notoires pour qu’ils se donnent un vernis démocratique. Aucune stratégie sérieuse d’appui à une meilleure administration n’a été mise sur pied.

Ces crises cachent des phénomènes de plus grande ampleur. Un cercle vicieux s’est mis en place dans les années 80. A mesure que les Etats africains révélaient leurs faiblesses, les bailleurs de fonds, peu désireux de subventionner des services administratifs ou techniques nationaux ayant fait la preuve de leur inefficacité, ont impulsé un système où chaque " projet " de développement, bilatéral ou multilatéral, devenait une sorte de petit îlot de bureaucratie fonctionnelle, bien doté, sous perfusion, avec une surveillance externe rapprochée, dans un océan d’administration locale incapable, misérable et abandonnée à elle-même.

Le remède a donc aggravé considérablement l’état du malade. Les services de l’Etat, de moins en moins dotés et de plus incapables, ont perdu jusqu’aux apparences de la légitimité et aux formes extérieures de l’autorité, face à des " projets " - que ce soient ceux, lourds, de la Banque mondiale, ou ceux des organisations non gouvernementales (ONG) de toute nature – distribuant généreusement subventions, crédits, salaires, indemnités per diem et avantages de fonction. Plus les projets ont eu d’argent, moins l’Etat en a eu.

Le système des projets a ainsi abouti à ce qu’une multitude d’enclaves para étatiques, sous contrôle direct de bailleurs de fonds peu au fait des sociétés locales, assument, dans une sorte de luxe tranquille et insolent, une série dépareillée et non coordonnée de bouts de fonctions de l’Etat. Des fonctions que ce dernier, au bord de la banqueroute, est de plus en plus incapable de remplir correctement et globalement : éducation, santé, foresterie, petite hydraulique, aménagements agricoles, etc. L’Etat ne peut ni freiner le phénomène ni le contrôler. En cette ère de pénurie dramatique de moyens, tout " projet " est bon à prendre (" si je t’offre une poule, tu ne vas pas lui tâter le cul pour voir si elle est grasse ou maigre ") (4).

Les fonctionnaires locaux " détachés " dans un projet bénéficient tout à coup d’un salaire de 3 à 10 fois supérieur à celui qui était de leur dans la fonction publique. Les organisations internationales, les ONG et les coopérations bilatérales présentes dans les pays africains embauchent des nationaux sur la même base que les projets. Quant aux cadres employés par le secteur privé, ou aux consultants et bureaux d’études nationaux ( c’est un marché actuellement florissant), leurs salaires ou honoraires vont encore au-delà.

 

CULTURE:

LES GRANDES EVASIONS DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Cet ouvrage raconte l'évasion du général GIRAUD et celle de nombreux prisonniers de guerre, déportés, résistants anonymes originaires de toutes les régions de France.

Un chapitre est consacré à l'évasion d'un prisonnier qui est devenu célèbre, François MITTERRAND.

…" Après l'échec de ses deux précédentes évasions, le prisonnier François MITTERAND semble avoir cette fois réussi la Belle. Juste au moment où il allait être envoyé dans un camp disciplinaire en Pologne.

Arrivé à Besançon le 13 décembre 1941 en fin de journée, il est pris en charge par des cheminots résistants qui lui offrent un gîte sûr pour la nuit.

Le lendemain après-midi, il embarque à bord d'un train de voyageurs en direction de Mouchard. Cette petite gare située à proximité de la ligne de démarcation mérite hélas! Pour l'heure tristement son nom. Les quais sont en permanence soumis à la surveillance d'agents de la GESTAPO en civil. Ils y arrêtent chaque jour à l'arrivée des trains de nombreux prisonniers évadés ou des malheureux proscrits qui n'ont pas été préalablement avertis des risques qu'ils encourent.

François MITTERRAND a été quant à lui parfaitement informé du danger . On lui a recommandé de sauter sur le ballast en un point situé en amont de la gare, lorsque le convoi ralentira et quand la locomotive sifflera trois fois de suite.

Il n'a aucun mal à reconnaître l'endroit prévu. Le moment venu, ils sont une trentaine à dégringoler des wagons. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont tous des gens traqués par les nazis: prisonniers de guerre évadés, jeunes alsaciens-lorrains fuyant la germanisation, familles juives…

En hâte, chacun récupère ses bagages et s'éloigne en courant des abords de la voie ferrée où les Boches patrouillent souvent avec des chiens.

Tandis qu'une grande partie des fugitifs se dispersent en direction des villages voisins de Champagne-sur-Loue,Port-Lesney, Villers-Farlay, François MITTERRAND et onze hommes, tous évadés comme lui des oflags et des stalags, se retrouvent dans un petit bois. La plupart des prisonniers ne se connaissent pas. Ils se sont repérés les uns les autres à leurs coupes de cheveux et à certains détails vestimentaires. Deux d'entre eux sont d'anciens tirailleurs algériens. Tous se regroupent autour d'un solide gaillard qui se dit être originaire de la région. Il explique que, selon lui, le meilleur point de passage se trouve à proximité des villages d'Ecleux et de Chamblay. Il se fait fort de conduire tout le monde en zone libre la nuit suivante.

Bien que ses précédentes tentatives d'évasions collectives ne se fussent pas révélées concluantes, le charentais se laisse néanmoins convaincre de s'associer à l'expédition prévue. Vers 19 heures, dans la nuit épaisse, par un froid de loup, le petit groupe des évadés quitte le bosquet protecteur et se met en marche à travers des prairies, des labours, des parcs à bestiaux clôturés de fils de fer barbelés. IL faut franchir des talus, des fossés gorgés d'eau. On n'y voit goutte à deux mètres devant soi. Pas une seule lumière à la ronde dans les villages de la région. Le couvre-feu imposé par l'occupant est total. Il n'hésite pas à tirer dans les volets calfeutrés.

De temps en temps, au moment de traverser un chemin, la petite troupe s'immobilise sur un geste du passeur. Pendant un long instant, les hommes retiennent leur souffle, écoutent les bruits environnants. La campagne est étrangement silencieuse. Seul, parfois, le cri strident d'un rapace nocturne déchire la nuit d'hiver, faisant courir un frisson désagréable sur l'échine des évadés.

Puis la marche reprend, à tâton, interminable, ponctuée de jurons étouffés pour un trébuchement sur une taupinière, une glissade dans la boue d'un sillon.

Combien de kilomètres parcourent-ils ainsi à la queue leu leu à travers l'immense plaine qui s'étend d'Arc-et-Senans à Mont-sous-Vaudrey, qu'on appelle ici le Val d'Amour? Ils seraient bien incapables de le dire. Ils ignorent même depuis combien de temps ils progressent à l'aveuglette car il n'est pas question de craquer une allumette pour consulter sa montre. Le chef de colonne les a avertis avant le départ qu'outre leurs postes de surveillance fixes, les Allemands patrouillent dans le secteur et y dressent fréquemment des embuscades. Les nazis sont peut être aux aguets tout près d'ici? Scrutant aussi les ténèbres pour y déceler la présence de clandestins. Beaucoup se sont fait prendre pour avoir imprudemment parlé ou toussé.

Le passeur semble quant à lui connaître le terrain. Il arrête soudain ses camarades au bord d'un ruisseau. Le niveau de l'eau est sans doute haut car il a beaucoup plu les jours précédents. On entend le grondement du courant.

- On va traverser à gué, annonce le guide à voix basse. Tenez-vous par la main. Ne criez surtout pas si vous perdez pied. Cramponnez-vous à un copain. En cas de bruit, les Fritz ne tarderont pas à rappliquer car leur guérite est tout près d'ici, sur un petit pont, à l'entée de la commune d'Ecleux!

Les hommes obéissent en silence. Ils se laissent glisser l'un après l'autre sur le revers d'un tallus et descendent dans le ruisseau. François Mitterrand entre à son tour dans le lit du torrent. Le courant est d'une rare violence. Il a bientôt de l'eau jusque sous les aisselles. Ce bain glacé est fort désagréable. Heureusement, la traversée n'est pas longue. Les prisonniers se retrouvent bientôt sur la rive opposée. Le passeur les compte un à un pour s'assurer qu'aucun d'entre eux n'a été emporté par le torrent. Personne ne manque!

La marche silencieuse reprend durant encore une dizaine de minutes. Puis le Jurassien s'arrête à nouveau. A voix haute cette fois, il annonce triophalement:

- Voilà, les gars ! On est arrivé ! Nous sommes en Chamblay, en zone libre !

Stupéfaits, les fugitifs observent un long instant de silence comme s'ils doutaient de ces paroles. Conditionnés par des mois d'angoisse, d'incertitude, de peur, ils hésitent encore à manifester leur joie.

Finalement, dans un moment d'intense émotion, ils s'étreignent mutuellement , la gorge nouée, des larmes plein les yeux.

François Mitterrand est le premier à craquer une allumette pour consulter sa montre.

Il est 23 heures 05, ce 14 décembre 1941. Un long soupir de soulagement s'échappe de sa poitrine. Il a réussi son pari insensé ! Son incroyable quitte ou double ! Il est à présent redevenu un homme libre!"

A travers ces quelques récits, vous constaterez que ce livre d'André Besson se lit comme un véritable roman d'aventure.

 

 

NOS BREVES

Visite à Alger du Ministre des affaires étrangères comoriens,

Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération des Comores, Mohamed El Amine Soeuf, est arrivé dimanche 13 Février dans la soirée à Alger pour une visite dont la durée n'a pas été précisée. Il est porteur d'un message du Colonel AZALI à son homologue algérien Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président en exercice de l'OUA. Aucune indication n'a été fournie sur la teneur de ce message. Il a été accueilli à l'aéroport d'Alger par son homologue algérien Youcef Yousfi.

 

Encore une nouvelle folie des séparatistes anjouannais.

Les séparatistes anjouannais se lancent à nouveau dans un nouvel acte de folie. Après avoir organisé la mascarade électorale du 23 janvier 2000 qui n'a été reconnue par aucun pays du monde, ils continuent leur provocation en projetant des élections municipales pour le 26 Mars 2000. Cette sinistre comédie va t-elle durer encore combien de temps? Face à cette nouvelle provocation des séparatistes anjouannais, nous pensons qu'il est grand temps pour l'OUA de mettre en œuvre les sanctions prévues en intervenant le plutôt possible à Anjouan pour désarmer les chefs séparatistes et leurs milices, pacifier l'île d'Anjouan afin que la souveraineté de l'Etat comorien puisse être rétablie dans cette île.

 

Les propriétaires de bateaux interdits de travailler

Le chef séparatiste anjouanais Abeid a fait réunir tous les armateurs des boutres et bateaux anjouanais jeudi 17 février 2000. Il leur a brossé la situation des sanctions prises par le gouvernement comorien à la demande de l’OUA. Le colonel " président " a demandé aux armateurs de suspendre toute activité que d’être obligé de transiter par Moroni pour avoir une autorisation. En compensation, le chef séparatiste a promis des exonérations des taxes portuaires. Question toute bête : qui va payer les marins et le manque à gagner pour ses pauvres commerçants pris en otages par le pouvoir séparatiste ?

 

Jean-Jack Queyranne ne répond pas à une question pertinente

Notre confrère Franck Cellier du Quotidien de la Réunion demande au secrétaire d'Etat des DOM-TOM si la présence française à Mayotte n’est pas facteur d’instabilité pour la république comorienne ?

Réponse du secrétaire d'Etat : " cela, c’est un faux prétexte. La réalité, c’est que la France approuve l’accord de Tananarive et les résolutions de l’OUA concernant Anjouan. Donc elle prendra les sanctions que l’OUA a décidées – gel des avoirs à l’étranger et restriction de circulation et du droit de séjour... " Comores-infos vous dit chiche, Monsieur le Ministre. Nous ne manquerons pas de relever les manquements des autorités françaises face à leurs engagements publics.

Par contre le Ministre n’a pas eu le courage de répondre à la vraie question à savoir le rôle actif joué par Mayotte dans la déstabilisation de la république comorienne. Et pourtant, tous les observateurs de la crise comorienne savent que les séparatistes anjouannais n'auraient pas pu défier les autorités comoriennes et l'OUA pendant plus de deux ans s'ils n'avaient pas bénéficié de fortes complicités de la part de la Préfecture de Mayotte.

 

La politique de deux poids et deux mesures pratiquée par M.Jean-Jack Queyranne

Nos confrères du Quotidien de la Réunion ont demandé à M. Queyranne:

" N'est-ce pas contradictoire de respecter les résolutions de l'OUA quand il s'agit d'Anjouan, et les "ignorer" à propos de Mayotte?"  

 Réponse de M. Queyranne:" C'est une histoire déjà ancienne. Depuis un an, je constate une évolution de l'attitude des pays voisins par rapport à Mayotte. Cela vingt cinq ans que Mayotte a choisi de rester dans la République. C'est aujourd'hui un fait acquis et incontestable et qui ne peut pas être utilisé, ni contre la France, ni contre Mayotte."

Tout le monde peut constater que M. Queyranne applique la politique des deux poids et deux mesures. Il se dit prêt à appliquer les résolutions de l'OUA concernant Anjouan ; par contre, il refuse d'appliquer les résolutions de l'OUA et de l'ONU concernant le retour de Mayotte dans son ensemble naturel. Nous demandons au gouvernement français d'appliquer les résolutions de l'OUA qu'elles concernent Anjouan ou Mayotte.

 

Panique dans le clan séparatiste

Dans notre dernier numéro, nous vous avons informé de la visite secrète de Combo Ayuba – capitaine de l’armée comorienne originaire d’Anjouan – à Anjouan. Ce dernier est le numéro deux de la junte militaire qui a pris le pouvoir à Moroni. Depuis son arrivée, le colonel Abeid ne fait plus confiance à sa garde prétorienne – pour la grande majorité proche du clan Combo -. Le colonel ne dort plus chez lui et il se sent obliger de changer régulièrement de résidence pour " sauver sa peau ".

On peut s’interroger que veut Combo Ayuba ? Nous attendons avec impatience la réponse de l’homme fort d’Anjouan ou de sa boîte aux lettres à la Réunion "Anjouan2000 "?.

 

Anjouan à nouveau dans le noir

Faute de carburant – on se demande que fait le mauricien -, les habitants d’Anjouan –du moins ceux qui ont la chance d’avoir de l’électricité – sont privés régulièrement de courant. Le colonel va bientôt monter une cellule de crise pour étudier comment faire venir du carburant à Anjouan. La rédaction de Comores-infos a contacté les industriels amis du colonel à la Réunion, ils prévoient de faire un saut à Anjouan pour aider le colonel à solutionner ce petit problème.

 

" Les anjouanais sont comoriens, mais pas africains "

Question à mille francs FF : Qui a dit que les anjouanais sont des comoriens, mais pas des africains ? Il s'agit bien évidemment du colonel Abeid. La bêtise mêlée à l'ignorance des réalités historiques et géographiques, voilà le trait caractéristique des séparatistes anjouannais.

 

 

 

 

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