L’OPPOSITION EXIGE UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE

L'opposition à la junte militaire au pouvoir aux Comores a justifié son refus de participer jeudi à une commission sur les futures relations entre les trois îles en réclamant notamment comme condition préalable la tenue d'élections pour une assemblée constituante. Une commission tripartite de représentants des îles de la Grande Comore, de Mohéli et d'Anjouan doit commencer ses travaux jeudi à Moroni pour définir un nouveau statut des îles qui composent actuellement la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC), en crise depuis qu'Anjouan a proclamé unilatéralement son indépendance en août 1997.

"Le pouvoir militaire doit procéder à l'organisation d'élections à la proportionnelle pour former une (assemblée) constituante", a insisté Ali Msaidié Houmed, porte-parole d'un groupe rassemblant les principaux partis d'opposition à Moroni, au cours d'une conférence de presse mardi soir.

"L'opposition a décidé de ne pas participer" à la commission tripartite destinée à créer un "nouvel ensemble comorien", a rappelé Ali Mroudjaé, l'un des principaux responsables de l'opposition à la junte militaire dirigée par le colonel Azali Assoumani depuis le coup d'Etat du 30 avril 1999, invoquant, comme les dirigeants des autres mouvements, l'absence d'une légitimité qui puisse l'autoriser à organiser une quelconque réunion sur le statut des îles.

Chaque île doit être représentée par 25 personnes "afin d'assurer une meilleure représentation de l'ensemble des opinions existantes," précise le décret signé le 4 novembre par le colonel Azali mais la délégation de la Grande-Comore ne compte que les 14 représentants du pouvoir militaire, l'opposition ayant refusé d'y prendre part.

A Anjouan, deux places ont été réservées à l'opposition, mais celle-ci a récusé les personnalités nommées pour la représenter.

L'autorité de la commission tripartite se trouve donc affaiblie dès le départ. En effet, elle ne regroupe que des représentants désignés par les colonels Abeid et Azali. Les 2 colonels ne représentent qu'une petite frange de l'opinion publique comorienne. Il serait paradoxal qu'ils s'octroient le privilège de décider en petit comité de l'avenir politique et institutionnel du pays.

C’est dans ce contexte que les deux colonels s’apprêtent à imposer une solution de sortie à la crise comorienne à une majorité silencieuse des comoriens qui rejettent massivement le choix anti-démocratique de représentants de chaque île au sein de cette commission tripartite. Monsieur Azali a toujours suit profiter des réactions mesurées des partis politiques d’opposition au régime militaire pour imposer ses choix sans que ces partis parviennent à se mobiliser pour s’opposer efficacement au choix du colonel en place à Moroni.

Quand à Abeid, il a trouvé une solution pour imposer les thèses séparatistes à Anjouan. L’usage de la force a jusqu’à maintenant permis au chef séparatiste de s’imposer comme étant le seul à pouvoir décider du sort d’Anjouan. Il a réussi jusqu’à maintenant à écarter tour à tour de la vie politique de l’île tous ces opposants. Tous les observateurs de la vie politique anjouanaise se demandent quelle va être la réaction des derniers « lieutenants séparatistes » écartés du pouvoir qui sollicitent maintenant l’aide de l’OUA pour l'envoi d'une force d’interposition pour séparer les deux clans ennemis de la mouvance séparatiste.

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   Dernière modification : 19 décembre 2000