BREVES PAR MASIWA E-NEWS ET COMORES-INFOS

 L'organisation USHABABI critique la politique française aux Comores

La mission de la francophonie de passage à Anjouan le 21/10/00, a laissé entendre qu’une nouvelle synergie verra le jour.

M. André SALIFOU, professeur à l’Université de Niger et conseiller spécial du secrétaire général Boutros Boutros GHALI, accompagné de M. Ntole KAZADI, conseiller chargé du secrétariat général de la francophonie, ont signifié qu’une nouvelle table de négociations devrait être tenue les jours à venir car plus de 90% des comoriens rejettent l’accord de Foumboni (Mwali).

USHABABI, l'une des composantes de l'opposition à Anjouan, a souligné à l'occasion de la rencontre avec la mission de la Francophonie "l’obstacle que présente la France et son implication face à cette crise comorienne qui persiste depuis plus de 3 ans".

Cette organisation a relevé que "cet accord de Foumboni, initié par l’Ambassadeur de France résident actuellement à Moroni, montre que la France ne veut pas entendre parler de l’accord d’Antananarivo et l’a même rendu caduc. Or, ce dernier est soutenu par la communauté internationale et surtout par l’OUA. Et la France ne cesse de crier qu’elle est derrière l’OUA".

Selon cette organisation, "la remise en cause de l’accord d’Antananarivo est un fait accompli. Aux yeux de tout le monde, la France soutient le séparatisme et ne veut pas que cette crise soit résolue".

Cette mission de la Francophonie se rendra à Addis-Abeba et déposera son rapport avant la tenue du sommet des chefs d’Etat prévu à la fin du mois d’octobre 2000.

 Le CNSP envisage d'organiser des manifestations aux Comores

Selon notre confrère du quotidien de la Réunion, le comité national de salut public compte organiser une « marche pacifique » dans chacune de trois îles des Comores. « Nous entendons exprimer notre attachement à l’unité des Comores et nous exigeons le retour immédiat  l’ordre constitutionnel, seule condition appropriée pour une transition démocratique et apaisée », explique dans un communiqué transmis à nos confrères du quotidien de la Réunion l’un des responsables de ce comité, l’avocat SaÎd Larifou. « Nous voulons par ailleurs exprimer notre refus de l’anarchie aux Comores, notre attachement à l’accord d’Antananarivo comme base de négociation, ainsi que notre opposition à la déclaration de Fomboni », ajoute le représentant du CNSP. Les manifestations sont prévues le 15 novembre à Anjouan et le 21 novembre à Mohéli comme Moroni. Dans une déclaration redue publique à Mayotte, l’autre membre du CNSP, Monsieur Chamasse avait mis en garde le colonel Abeid de quitter le pouvoir avant la date fatidique du 15 novembre. Cette déclaration de M. Chamasse avait suscité une inquiétude au sein de la population qui reste traumatisée par la guerre de décembre 98, entre clan séparatiste, et qui avait fait beaucoup de victimes.

 

« L’Observatoire de l’Emigration Clandestine Anjouanaise (OECA) fonctionne sur le mode d'un réseau. Il est ouvert, à tous ceux, ONG, associations ou chercheurs qui sont concernés par les questions relatives à l’émigration des habitants de l’île d’Anjouan vers Mayotte, la 4 ème île de l'archipel des Comores qui est pour l'instant sous administration française. L'OECA a été créée à l’instigation de quatre ONG : ID (Initiative Développement) - MDM (Médecins du Monde - délégation de La Réunion) - AMI (Aide Médicale Internationale) et CAP (ONG comorienne partenaire de ID à Anjouan). » - OECA. Nous invitons vivement nos lecteurs à lire cette lettre d’information et à réagir face ce douloureux problème qui entraîne régulièrement des pertes de vies humaines lors de nombreux naufrages qui ont été évoqués par Comores Infos et la presse régionale.

 Le tribunal administratif annule les restrictions de circulation entre Mayotte et Anjouan

Le tribunal administratif a décidé, mardi 7, d'annuler le décret du préfet de Mayotte, Pierre Bayle, du 21 août, restreignant la liberté de circulation entre Mayotte et Anjouan et imposant aux ressortissants français et aux binationaux franco-comoriens l'obligation de passer de Mayotte par Moroni avant de se rendre à Anjouan.

Le sénateur RPR de l'île française voisine de La Réunion, Edmond Lauret, avait déposé un recours auprès du tribunal administratif pour attaquer ce décret préfectoral. Le tribunal administratif composé de deux juges administratifs de La Réunion et de deux juges du tribunal supérieur de Mayotte, a rendu son jugement mardi matin. "Le délibéré qui a été pris collégialement par les magistrats, annule purement et simplement la décision du préfet de Mayotte", a précisé le commissaire du gouvernement Pierre Thomas, qui a ajouté que "cette décision restreint la liberté des Français et des Français comoriens de se rendre directement à Anjouan sans passer par Moroni.""L'interdiction est déclarée nulle et la décision prise est par conséquent applicable immédiatement", a-t-il conclu.

Cette décision du Tribunal Administratif aura malgré tout des répercussions politiques. En effet, les séparatistes anjouannais ainsi que les différents réseaux d'extrême droite qui les soutiennent se sont servis de l'île de Mayotte pour mener leur entreprise de déstabilisation de l'Etat comorien. La décision de la juridiction administrative leur permettra de nouveau de continuer leurs manœuvres.    

 Les professeurs du secteur public comorien poursuivent leur grève

Les enseignants du secteur public comorien poursuivaient mercredi un mouvement de grève entamé depuis un mois en raison de retards de salaires, a constaté un correspondant de l'AFP. Les pouvoirs publics avaient annoncé que la rentrée, qui n'a pas eu lieu comme prévu le 2 octobre, aurait lieu lundi mais les grévistes ont poursuivi leur mouvement. Les syndicats des instituteurs et des professeurs des collèges et des lycées ont appelé à une grève illimitée.  Les enseignants réclament le paiement de la totalité des arriérés de salaires de l'année 2000, ainsi qu'une revalorisation de la profession.

 Léger regain d’activité du volcan Kartala, aux Comores

Le volcan Karthala, sur l'île de la Grande Comore, connaît un léger regain d'activité depuis quelques jours, a indiqué mercredi à l'AFP à Moroni un responsable de l'observatoire de ce volcan dont la dernière grande éruption était survenue en avril 1977.

Des bouillonnements de lave ont été observés et mardi, 32 mouvements sismiques ont été enregistrés, a précisé ce responsable, qui a requis l'anonymat. Aucune fumée ne se dégage toutefois du volcan. L'observatoire du volcan Karthala travaille avec le Centre national de recherche scientifique des Comores, situé à Moroni.

 Vite dit :

·          La Banque Mondiale subordonne désormais son aide aux Comores à l’élaboration d’un seul budget consolidé des trois îles d’une part et à la mise en place d’une seule administration, quand bien même elle est décentralisée. Selon des sources informées, la masse salariée  à Anjouan dépasse le cap des 300 millions par mois, soit un niveau comparable à la masse salariale de la Grande Comore et de Mohéli réunies. Ces dérapages inquiètent   autant les autorités financières de Moroni que la BM…

·          M. Charles Kadoux , professeur de droit constitutionnel à l’Université d’Aix en Provence, séjourne actuellement aux Comores , « à l’invitation du gouvernement » précise-t-il. Il va aider à la rédaction de la constitution du Nouvel Ensemble Comorien

·          Le chef de l’Etat, le Colonel Azali a clairement laissé entendre à Mvouni samedi que le spectre d’une  année blanche n’était plus  à écarter  si les enseignants maintenaient leur position. Rappelons que les enseignants (instituteurs et professeurs) réclament le paiement des arriérés de salaires, le dégel des avancements et l’indexation des salaires sur le coût de la vie.

·        Une rencontre entre le Colonel  Azali et le lieutenant Colonel Abeid qui devait se tenir au milieu de cette semaine à Mohéli a été reportée  officiellement  à cause du décès   du père de M. Saindou Cheikh. Ce dernier se considère encore comme le président du la chambre des députés d’Anjouan, dissoute par le Colonel Abeid.

·          Le Girma d’Ahmed  Charicane fait savoir qu’elle n’entend pas   participer à la délégation anjouanaise  devant représenter l’île à la commission tripartie.

·          Chamasse Ben Said Omar maintient son ultimatum adressé au colonel  Abeid : M.Chamasse demande à l’homme fort d’Anjouan de quitter le pouvoir de l’île avant le 15 novembre. Passé ce délai, il usera de la force. Des témoins disent que chacune des deux parties se prépare à la guerre.

·          La direction du mouvement anjouanais a refusé de prendre possession d’un lot de passeports vierges de la RFIC que les autorités de Moroni voulaient  leur remettre afin de faciliter les démarches des Anjouanis désireux de voyager.

·          Un militant du Girma qui a été torturé par les hommes du colonel Abeid dans les prisons anjounaises a déclaré que ses camarades et lui prenaient des dispositions pour poursuivre  le Colonel Abeid en justice en France, pays dont il est citoyen et officier de l’armée.

·          L’Arabie saoudite a suspendu ses liaisons téléphoniques automatiques avec les Comores, selon des Comoriens vivant dans ce pays. Désormais, les appels téléphoniques en direction des Comores nécessitent l’intervention manuelle d’un opérateur. Des Comoriens vivant aux Etats Unis signalent par ailleurs qu’il leur est impossible d’appeler les Comores à partir d’Amérique. D’autre tracasseries ont été signalées par des Comoriens résidant en Egypte. De là à croire que ces problèmes sont liés aux transactions commerciales concernant l’exploitation du   code 269, il n’y a qu’un pas…

·          Commentant la rencontre entre le Colonel Azali et M. Abbas Djoussouf, le porte-parole de l’opposition, Houmed Msaidié a déclaré à Moroni cette semaine que « l’atmosphère est propice pour que les différentes parties s’assoient autour d’une table sur la base de l’existant pour   projeter l ’avenir ». Une rumeur qui fait son chemin  à Moroni donne à penser  que l’opposition et le pouvoir pourraient  envisager de participer à une assemblée constituante. Il reste que la démarche de M.Abbas a été vivement critiquée par certains grands leaders de l’opposition.

·          La sismicité du Karthala a atteint en début de semaine la barre des 57 tremblements de terre contre 3 à 4 en temps ordinaire. La courbe est redescendue depuis, mais les risques d’une éruption demeurent élevés. Selon les techniciens de l’observatoire de volcanologie, la station sismique  vandalisé a été remplacée. C’est ce qui leur a permis de localiser les tremblements actuels qui se situeraient   sous la caldeira.

·          L’association gestionnaire du Centre Médical de Moroni a engagé un bras de fer avec le représentant de l’IIRO (Organisation International de Secours Islamique). Suite à « l’opacité » de la gestion de ce centre, l’association veut maintenant en assurer directement la gestion, dans l’esprit  de la réforme sanitaire.  Mais le Dr Salim Ahmed de l’IIRO entend enlever les équipements fournis par son ONG si son contrat de gestion du Centre ne peut  pas être renouvelée. L’association lui demande alors de présenter un bilan de sa gestion,  l’accusant à   mots couverts  de détournement de fonds.

·          Le village de Mvouni a inauguré samedi le Centre Médical Karthala construit principalement avec des ressources de cette localité et des villages environnant notamment Dzahani la Tsidjé. Ce centre dont le coût global se chiffre à 112 millions  a bénéficié du soutien de  la diaspora de Mvouni résidant tant à  Mayotte, à la Réunion qu’en  France. C’est le chef de l’état, le Colonel Azali, qui a coupé le ruban.

 

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   Dernière modification : 19 décembre 2000