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EXPULSION
OU DEPORTATION ?
Plus de 300 comoriens originaires d'Anjouan
ont été rapatriés mercredi 4 Octobre à Anjouan, à bord des boutres affrétés par la
représentation du gouvernement français à Mayotte. Ces anjouanais font partie de près
d'un millier de ressortissants comoriens résidant à Sada, une commune du centre de
Mayotte, et qui ont été jetés à la rue à la suite de l'annonce faite par le maire de
cette commune, M. Abdou Said Chanfi, d'un projet d'ordonnance réprimant l'hébergement et
l'emploi de clandestins. Le maire de Sada avait annoncé mardi 3 octobre la mise en
application en l'an 2001 d'un projet d'ordonnance prévoyant de sanctionner toute personne
hébergeant ou employant clandestinement un ressortissant étranger. Les Mahorais qui employaient des
ressortissants comoriens au noir et leur louaient des maisons se sont empressés de les
expulser sans ménagement et, pour beaucoup, sans leur payer leurs salaires, à la suite
de cette annonce. La mairie de Sada est restée sourde à leur demande d'un délai plus
long pour mieux se préparer à quitter le territoire, ce qui a entraîné une longue
marche humaine de Sada à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, où ils ont demandé à contre
coeur la représentation du gouvernement d'assurer leur rapatriement à Anjouan. Ces graves événements posent un problème à
la fois politique, diplomatique et moral. Le Maire d'une commune a t-il le pouvoir de
pousser des centaines de résidents de sa ville à un exil forcé sous le simple prétexte
qu'ils sont originaires des autres îles qui composent l'Archipel des Comores ? Sur le
plan du droit, non. Mais le Préfet a laissé faire. Il a juste regretté la forme qui a
été utilisée sans adresser un rappel à l'ordre au maire concerné pour un strict
respect des droits de l'homme et du citoyen. L' autre question qui revient à l'esprit est
d'ordre diplomatique: les comoriens sont-ils des étrangers à Mayotte? Les Comores
continuent de subir les conséquences dramatiques d'une décolonisation inachevée en
1975. Tous ceux qui connaissent bien le dossier comorien savent que les différentes
instances internationales et notamment l'ONU ont toujours considéré Mayotte comme une
partie intégrante du territoire comorien. En attendant que le contentieux franco-comorien
concernant l'île de Mayotte soit réglé par les 2 Etats, la France devrait respecter les
droits de l'homme et notamment le choix de la résidence ainsi que la libre circulation
des personnes et des biens au sein des 4 îles composant l'archipel des
Comores. Une question d'ordre moral vient enfin se
greffer. Le gouvernement français est directement interpellé par ces graves
évènements. La gauche critique fermement les idées de racisme, d'exclusion et de
xénophobie prônées par l'extrême droite en France. Le gouvernement de la gauche, s'il
ne veut pas perdre son âme, doit intervenir rapidement pour mettre un terme à la montée
inquiétante de la xénophobie à Mayotte et permettre aux différents habitants de
Mayotte quels que soient leurs origines insulaires de vivre en paix. LA REDACTION La
Rédaction |
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