UN AIR HONTEUX DE DEPORTATION

Deux ordonnances concernant les conditions de séjour  des étrangers entreront en vigueur à Mayotte à partir de Mai 2001, dans le cadre des mesures prises pour rapprocher le droit de l’île de celui en vigueur en métropole, indiqué hier le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. L’une d’elle fera de l’hébergement et de l’emploi des immigrés clandestins des délits, l’autres étendra à Mayotte l’ordonnance de mai 1945 sur le séjour des étranger en France.

Le maire RPR de la commune de Sada, avait provoqué un début de panique parmi les habitants de la commune, en évoquant lundi la répression dont les clandestins feraient prochainement l’objet. Il demandait à ses gardes champêtres de procéder dès lundi au recensement des domiciles hébergeant des clandestins. Les habitants avaient donc entrepris de chasser les anjouanais illégalement installés chez-eux. La commune de Sada avait d’ailleurs connu un précédent en 1998 avec des rafles perpétrées par certains de ses habitants.

Selon le secrétariat d’Etat à l’Outre-mer, 370 anjouanais sont arrivés mardi à pied et en bus dans la capitale, Mamoudzou, et ont demandé à être rapatriés. Pour faciliter leur retour à Anjouan, à environ 80 kilomètres de Mayotte, le préfet Pierre Bayle a décidé de procéder à la reconduction à la frontière de 470 personnes qui ont, selon lui, expressément demandé à retourner dans leur île d’origine. 

Indemnisation des clandestins. 

La police a, selon la préfecture, procédé l’an dernier à près de 8000 reconduites à la frontière qui consistent en l’occurrence à mettre les clandestins dans un boutre à destination d’Anjouan. Reste que la méthode employée à Sada permet à des employeurs véreux, de se séparer à bon compte de leurs employés, c’est à dire sans les payer. Aussi le Comité de liaison et de soutien d’Anjouan a annoncé qu’il se porterait partie civile pour obtenir l’indemnisation des clandestins en partance.

Plusieurs associations humanitaires se sont élevées contre cette opération plus ou moins préméditée de déportation et menacent de poursuivre en justice les instigateurs de cette de cette chasse à l’homme qui risque de se poursuivre dans d’autres communes.

« Le spectacle du déplacement de la population consécutif au discours et aux mesures xénophobes perpétrés par le maire de Sada le samedi 1er Octobre dernier n’est pas loin de la déportation », dénonce le Groupe de réflexion sur le devenir des Comores (GRDC) qui s’indigne «  de ce que des ressortissants comoriens soient ainsi poussés, sous prétexte de clandestinité, à quitter un territoire qui reste le leur au regard du droit international ». « Tous les habitants de cette île ont droit au respect et à la dignité. Le GRDC lance un vibrant appel à une mobilisation de tous les défenseurs des droits de l’homme. 

F.C.

Quotidien de la Réunion jeudi 5/10/00

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   Dernière modification : 26 octobre 2000