ACCORD DE MOHELI SUITE: REUNION DES MILITAIRES COMORIENS A
ANJOUAN
Une
délégation militaire comorienne s'est rendue samedi 7 octobre sur l'île séparatiste
d'Anjouan, pour la première fois depuis un débarquement manqué en septembre 1997, pour
discuter du volet défense du récent accord de réconciliation entre les juntes au
pouvoir à Moroni et Mutsamudu. La
délégation de Grande Comore et de Mohéli, arrivée dans la matinée à Mutsamudu, la
"capitale" anjouanaise, était dirigée par le premier sous-chef d'état-major,
le commandant Ismaël Mogne-Daho, et par le directeur de cabinet chargé de la défense,
Hamada Madhi, dit "Bolero". Elle a discuté pendant plusieurs heures avec des
militaires anjouanais et a été reçue par le dirigeant du pouvoir séparatiste, le
lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdéramane, a constaté une correspondante de l'AFP. La
déclaration de Fomboni (sur l'île de Mohéli), signée le 26 août par le chef du
régime de Moroni, le colonel Azali Assoumani, et par le lieutenant-colonel Abeid,
prévoit la création d'un ensemble comorien respectant les frontières issues de la
colonisation. La défense extérieure doit être exercée par l'ensemble tandis que chaque
île a en charge sa propre sécurité. "Depuis
Fomboni, les choses évoluent favorablement", a déclaré à la presse le
lieutenant-colonel Abeid. "Que les militaires de la gendarmerie nationale anjouanaise
reçoivent leurs homologues qui résident à Moroni, cela montre que Moroni et Anjouan
sont décidés à aller tambour battant vers leurs aspirations légitimes", a ajouté
le leader séparatiste. "Cette
mission montre dans un premier temps qu'il y a désormais libre circulation entre les
îles", a indiqué à l'AFP le capitaine Mahamoud Fakridine, membre de l'état-major
comorien, accueilli avec de grands sourires par ses homologues anjouanais à l'aéroport
d'Ouani, près de Mutsamudu. Anjouan
avait auto-proclamé son indépendance en août 1997. Du 3 au 5 septembre de la même
année, l'armée comorienne avait vainement tenté de débarquer sur l'île. L'opération
s'était soldée par deux morts et une soixantaine de prisonniers dans les rangs de
Moroni, qui avait perdu une grande partie de son armement. Les
discussions de samedi ont porté sur le désarmement de la population civile anjouanaise,
pour lequel les deux délégations ont demandé une aide financière internationale, et
sur l'organisation des structures d'une nouvelle défense commune, a déclaré le
porte-parole de l'armée comorienne, le capitaine Rachidi, résumant une déclaration
commune. "Les
Anjouanais assurent qu'il n'y a plus de milices, d' « embargos », ces groupes
de jeunes favorables à la séparation totale avec Moroni, qui avaient récupéré une
partie des armes de l'armée lors de l'indépendance et de la débâcle du
débarquement", a indiqué un membre de la délégation de Moroni. Cet aspect
est essentiel aux yeux des Grands Comoriens, qui affirment qu'on "ne peut pas avoir
d'élections si on ne désarme pas Anjouan", ajoute-t-il. Selon une
étude réalisée par une organisation humanitaire, sur 900 "embargos", 200 se
sont déjà vu offrir un emploi ou une réinsertion. Pourtant,
reconnaît un militaire anjouanais, il reste des armes au sein des jeunes désuvrés
de l'île. "Sans moyens financiers, ce sera très difficile de les récupérer",
ajoute-t-il. "Ceux
qui les ont, ce sont des desperados. Ils veulent négocier leur restitution",
explique le président de la « chambre des députés » Saindou Cheikh. Pour le
« président » Abeid, la « majorité des armes a été récupérée et
le nettoyage a été fait », après des violences qui avaient suivi l'accord de
Fomboni et à l'issue desquelles une vingtaine de personnes ont été condamnées à des
peines de prison avec sursis après avoir été détenues et, selon elles-mêmes ainsi que
des associations de défenses des droits de l'Homme, torturées. |
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