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EDITORIAL: LE POUVOIR DES COLONELS AZALI ET ABEID SERIEUSEMENT EBRANLE. La convocation de cette réunion a ravivé les
rivalités entre les différents chefs séparatistes. Une véritable course pour le contrôle du
pouvoir est engagée entre le colonel Abeid et les 2 autres chefs séparatistes, Ba Goulam
et "Les
décisions arrêtées au cours du soi-disant Congrès du 8 octobre 2000 sont non conformes
à la constitution et donc frappées de nullité", ont affirmé les députés dans
une résolution transmise mardi 10 octobre à la presse et signée par le "président
de la chambre des Députés" Saindou Cheikh et ses trois secrétaires. Selon eux, le
mandat du "chef de l'Etat" va jusqu'au 31 décembre 2000 et seuls les députés
et conseillers municipaux élus depuis la sécession peuvent modifier ce mandat. Saindou
Cheikh, originaire de la ville de Domoni, sur la côte est d'Anjouan, est considéré
comme un proche du leader séparatiste Said Omar Chamasse, partisan du rattachement
d'Anjouan à l'ancienne puissance coloniale française. Dans un
"discours à la nation" retransmis par la radio des séparatistes, le colonel
Abeid a aussitôt répliqué en accusant "la chambre des députés" d'avoir
tenté de "déstabiliser le pays". Il a décidé la mise en place prochaine d'un
"Conseil d'Etat". Il convient de rappeler que l'indépendance proclamée par les
séparatistes anjouannais ainsi que les élections qui y ont été organisées pour mettre
en place la "chambre des députés" n'ont été reconnues par aucun pays ou
organisation internationale. Le torchon brûle actuellement entre le
colonel Abeid et les 2 autres chefs séparatistes. Immédiatement après la diffusion du
décret aux ondes de la radio séparatiste, l'extrémiste Ba Goulam s'est dirigé à la
maison du colonel en le menaçant d'instabilité chronique. Aucun garde corps ne s'est
interposé pour l'empêcher de pénétrer dans le domicile du colonel Abeid. L'entretien a
été houleux. Selon plusieurs témoignages en provenance de Mutsamudu, Ba Goulam aurait
tenu des propos menaçants à l'endroit du colonel Abeid : "Ton tour viendra bientôt
et tu quittera ce poste. Tu n'es le président de personne car même chez toi à Mutsamudu
tu es banni". Une autre rencontre a eu lieu entre le colonel Abeid et Saindou Cheikh.
Rien n'a filtré de leur entretien. Quand à Mr Chamasse chef de laile dure
du mouvement séparatiste, il a surpris tout le monde en signant à Mayotte une
plate-forme pour la gestion et la résolution de la crise institutionnelle des îles des
Comores avec Mr SAID SAID pour le PRD, Mzingara, Mr Taki Mboreha pour le parti Nguzo et Mr
Said LARIFOU pour la société civile. Dans cette déclaration les signataires adoptent la
formation dun comité national de salut public et invite lensemble des
responsables politiques des îles Comores à adopter leur plate-forme voir
lintégralité du texte -. La
population est très inquiète de ce bras de fer engagé entre les différents chefs
séparatistes dont le contrôle du pouvoir reste l'enjeu principal. Elle a été
traumatisée par la guerre civile ayant opposé plusieurs factions séparatistes en
décembre 1998. Au moment où le régime du colonel Abeid est
affaibli par les graves dissensions du mouvement séparatiste, le régime du colonel
Azali, l'autre signataire de l'Accord de Mohéli, subit les soubresauts d'une grogne
sociale qui ne cesse de s'amplifier. Les enseignants ainsi que les employés de la BIC
sont en grève. La situation qui prévaut à Moroni est quasi-insurrectionnelle. Les
jeunes manifestent leur mécontentement face à la série de hausse de prix de l'essence,
du pétrole lampant et des produits de première nécessité. La police comorienne a
arrêté samedi 14 octobre à Moroni une vingtaine de personnes lors d'une manifestation
de protestation contre la junte au pouvoir, selon un journaliste de l'AFP. Les forces de
sécurité ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui tentaient
de se rendre aux bureaux de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA). En début
d'après-midi, des jeunes ont érigé des barricades le long d'une route sur le front de
mer à Moroni. Les forces armées, soutenues par des soldats, ont immédiatement réagi,
pénétrant dans les maisons à la recherche de jeunes et utilisant des gaz lacrymogènes.
Il est surprenant de relever qu'à Mtsangani quartier de Moroni -, la police est
entrée dans une mosquée pendant la prière et a arrêté un homme, lançant des gaz
lacrymogènes à l'intérieur du lieu de culte. Des hommes ont été emmenés dans des
véhicules militaires. Un mois et demi après la signature de
l'Accord de Mohéli, le pouvoir du colonel Abeid est sérieusement ébranlé par les
rivalités internes du mouvement séparatiste et celui du colonel Azali par une grogne
sociale qui prend l'allure d'une véritable révolte. Au lieu de s'entêter à se
maintenir à tout prix aux affaires, les deux colonels devraient accepter de remettre,
comme l'exige la communauté internationale, le pouvoir à un gouvernement civil qui
aurait pour missions de reprendre les négociations avec l'OUA, d'assurer la transition,
de préparer la nouvelle constitution et éviter ainsi le pays de sombrer dans la
somalisation. Les militaires qui gouvernent les Comores de manière illégale auront-ils
l'intelligence de privilégier les intérêts suprêmes du pays par rapport à leurs
intérêts personnels en s'effaçant de la scène politique pour permettre un règlement
rapide de la crise comorienne? La
Rédaction |
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