LA REVUE DE LA PRESSE COMORIENNE

PAR Masiwa e-news

L’ouverture officielle des travaux de la commission tripartite a largement inspiré les commentaires des deux principaux journaux comoriens édités à Moroni. Al-watwan et la Gazette des Comores affichent deux perceptions contrastées de cet événement.

Titrant sur l’ouverture officielle de commission tripartite, le journal Al-Watwan annonce un " nouvel Etat en rupture totale avec le passé. "

 Pour ce journal,  la cérémonie d’ouverture des travaux de la commission tripartite est un événement important à plus d’un titre. D’une part, il " oppose un cinglant démenti à ceux qui croient encore que la déclaration de Fomboni est seulement une affaire de Colonels », d’autre part , elle " a montré à quel degré la population, à travers ses représentants, adhère à la nouvelle dynamique du chef de l’Etat.

Dans son éditorial Amad Mdahoma déplore que l’opposition n’ait pas saisi les occasions données, ces "  ponts maintes fois jetés entre elle et le pouvoir, ". Il regrette que " les discussions engagées par le pouvoir et M.Abbas Djoussouf, leader de l’opposition, n’aient pas pu fléchir le front du refus. En attendant, la roue de l’histoire doit continuer à tourner et ce n’est pas en s’arrêtant qu’on avancera. " écrit notre confrère qui soutient que ces " assises se déroulent sous de meilleurs auspices sur le plan international ". Il croit savoir que l’OUA leur prête une attention particulière, que la ligue des Etats arabes exprime son soutien et que l’Organisation internationale de la Francophonie est disposée à concilier les positions dans ce processus…

Al-watwan publie également de large extraits des discours du Colonel Azali qui a eu recours, dans certains passages, au registre de l’ironie : : "  Certains ont cru devoir se moquer de ces colonels sans troupe, de ces commandants sans équipage, de surcroît dépourvus de toute légitimité et qui prétendaient, dans leur inquiétante immaturité, réussir là où avaient échoué des spécialistes de la chose politique et diplomatique, et qui ne manquaient pourtant, ni d’intelligence, ni d’expérience, ni de persévérance " a déclaré notamment le colonel Azali.

En page intérieur, l’hebdomadaire d’état note " qu’aucune fausse note n’a été relevée " dans le discours du Colonel Abeid contrairement au discours de M.Fazuil. " c’était un message de paix, bouleversant de sincérité."

Pour la Gazette des Comores, la cérémonie de Beit Salam n’est rien d’autre qu’un "  Echec qui frise le fiasco " pour citer l’un de ses grands titres de la première page. La Gazette fonde ce jugement sévère sur le fait que " le lieutenant colonel Said Abéid s’est désisté en se faisant représenter par un conseiller de l’ombre, venu simplement lire  un message de félicitations " et que "  le chef séparatiste a exigé et obtenu une fois de plus la démonstration que la République Fédérale Islamique des Comores a cessé d’exister, et que les symboles incarnant l’unité de la nation n’ont plus à ses yeux de signification. Et il a été d’autant plus écouté, poursuit le journal, que pour la première fois dans l’histoire de ce pays, le palais présidentiel de Beit Salam, lieu hautement symbolique de la République, a servi de décor à la reconnaissance officielle des thèses séparatistes ".

Il se demande d’ailleurs " s’il y a vraiment lieu de chanter victoire quand on sait que toute une classe politique et de nombreuses organisations syndicales maintiennent leur position de ne pas s’associer à tout processus qui s’écarterait de l’accord d’Antananarivo ".

Pour le journal d’Allauoi Said Omar, c’est simplement " une tripartite des minorités " parce que " ce forum ne bénéfice toujours pas du quorum attendu et parce que la déclaration du 26 août signée à Fomboni par les deux colonels ne fait pas bonne presse tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, sauf bien sur ceux qui l’ont initiée. "

 Conférence de presse de l’opposition

Al-Watwan rend compte d’une conférence de presse de l’opposition en illustrant l’article d’une photo montrant M. Ali Mroudajé entrouré de Said Ali Mohamed, M.Moustoifa Said cheikh et M.Ali Msaidié. Selon ce journal, ces personnalités exigent, au nom de l’opposition, que les délégués chargés de rédiger l’acte fondamental soit élus par la population.

A cette occasion, rapporte notre confrère,  M.Said Ali Mohamed a plaidé la cause des unionistes qui croupissent dans les prisons à Anjouan pour délit d’opinion " alors que M. "   Moustoifa Said Cheikh fustigeait l’idée d’une représentation tripartite, mettant en avant les entités insulaires, au détriment des représentations nationales, à savoir les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile ".

Au sujet de cette même conférence de presse, la Gazette signale que pour ces leaders de l’opposition, le pays compte désormais deux camps : celui des séparatistes incarnés par le colonel Abeid et le colonel Azali d’un côté et celui des unionistes de l’autre. Citant Moustoifa Said Cheikh, la Gazette écrit : "  la démarche du pouvoir militaire de favoriser les insularités des îles est un sabotage, politique pour détruire d’un seul trait les acquis obtenus dans le processus de résolution de la crise sécessionniste …. "

Car pour M. Moustoifa,  la tripartite est une régression par rapport aux conférences d’Addis-Abéba et Antananrivo : l’Etat fédéral et l’opposition nationale y étaient représentée ce qui n’est le cas avec la tripatite.

 Légion d’honneur

Al-Watwan rend compte d’une cérémonie organisée à l’ambassade de France en l’honneur de Said Kafé, ancien ministre des affaires étrangères et du romancier Mohamed Toihiri, élevés respectivement au rang de commandeur et de chevalier de la légion d’honneur. "  Ce sont deux personnalités bien différentes dans leur carrière et leurs centres d’intérêts que mon pays a décidé d’honorer aujourd’hui, parce qu’ils ont su l’une et l’autre, concilier leurs convictions comoriennes et leur attachement à notre pays et à sa culture dont ils font aussi partie intégrante " a expliqué à cette occasion l’ambassadeur de France, M. Jean- Pierre Lajaunie.

 Grève des enseignants

Al-watwan fait état d’un accord obtenu entre le Conseil d’Etat et les Syndicats des Enseignants, (professeurs et instituteurs). Pour ce journal " cet accord a pratiquement mi-fin la grève ". La Gazette évoque une intervention radiodiffusée du Premier ministre Bianrifi Tarmidi au sujet de la rentrée scolaire. Pour le Premier ministre " le gouvernement a respecté ses engagements, aussi les enseignants endossent-ils la responsabilité d’une (éventuelle) année blanche "

 Sur la route de Mayotte

Al-watwan revient sur " l’hécatombe   dans les aux territoriales comoriennes. Cette semaine encore, écrit notre confrère, trente personnes trouvent la mort en mer entre Anjouan et Mayotte sous administration française " allongeant la liste noire des "  drames qui se déroulent sous nos yeux sans éveiller la moindre réaction " ni des autorités ni de la société civile ni de la presse nationale.

Pourtant, " c’est une situation qui devait en principe interpeller les consciences " estime notre confrère.

 Centre médical de Moroni

La querelle entre le médecin soudanais Salim Ahmed, coordinateur aux Comores de l’Organisation Islamique Internationale de secours (IIRO) et l’Union des associations de Moroni a également retenu l’attention de la Gazette des Comores qui signale qu’au mois de juin, lorsque le gouvernement décide de confier la gestion de ce centre la l’Union des associations de Moroni, , l’Ong vend l’équipement du Centre à l’étranger et s’empare des compte bancaires du Centre ". En Cinq ans de gestion opaque, le coordinateur de IIRO aurait réalisé un chiffre d’affaires 100 millions de francs comoriens selon les estimations de l’Union des associations de Moroni. Mais le médecin soudanais répond que les recettes ont été investies dans la rénovation du bâtiment, l’acquisition d’appareils sophistiqués et l’achat de médicaments. Et puis il payait des salaires et indemnités du personnel. " M.Salim Ahmed se dit disposé à fournir à l’appui tout document et rapport relatif à la gestion des 5 années de son ONG " note le journal.

 Esclavage

Un jeune historien comorien, Abdou Salam Saandi, préparant une thèse de doctorat à Lyon II a remué quelques pages sombres de l’histoire de l’esclavage aux Comores au cours d’une conférence qu’il a donnée au CNDRS. Le Sultan du Bambao Said Ali a offert, avec l’aide du botaniste Humblot, "  une main d’œuvre gratuite aux Français pour s’en servir dans les plantations " rapporte Al-watwan.

 Théatre

Kutu –Kutu tel est le titre d’une pièce de théâtre qui fera parler d’elle, si l’on en croit La Gazette des Comores. Ecrite et mise en scène par l’artiste peintre Modali, cette oeuvre puise dans contes anciennes du terroir et dans les tréfonds de l’imagination comorienne pour faire rêver les spectateurs. Notre confrère a assisté à la générale à l’Alliance franco-comorienne. Il en revient totalement séduit.

 Bonbon Ndjema rattrapé par l’âge

Suite au départ de Papadjo parti tenter sa chance en France et au vieillissement des joueurs, l’Union Sportive de Zilimadjou "  éprouve ces derniers temps des difficultés " concède Jean Buscail qui veut sauver l’équipe créée par son fils Michel. Certes l’ équipe se maintient en tête du championnat mais elle perd progressivement ses moyens a reconnu M. Buscail dans une interview à Al-Watwan.

 

 

BREVES

A méditer

Lundi 13 novembre dernier, un jeune homme originaire d'Anjouan (Sima) victime d'une mesure de reconduite aux frontières et embarqué à bord du Ville de Sima s'est jeté à la mer. Il s'est noyé et à notre connaissance son corps n'a pas été retrouvé .

Les médias mahorais se sont tus sur cette affaire.

C'est en plusieurs centaines de morts qu'il faut compter les victimes. Le recensement que nous avions commencé mais que nous n'avons malheureusement pas pu terminer, compte tenu des événements, avait fait apparaître 356 victimes entre 1995 et 1999 sur un tiers seulement des villages que compte l'île d'Anjouan. Cette liste comporte de nombreux noms d'enfants et de bébés.

Source Habari - GRDC 

Disparition de M. Andhume Houmadi: un grand magistrat comorien.

M. Andhume Houmadi est décédé le vendredi 24 novembre à l'Hôpital El Manrouf de Moroni. Les Comores viennent de perdre l'un de ses plus grands magistrats. En effet, il a occupé de nombreuses responsabilités au sein de l'appareil judiciaire des Comores. Il a occupé au cours des dernières années la fonction de Président du Tribunal de Moroni.

Ce magistrat talentueux avait aussi des engagements politiques. Il a occupé de hautes responsabilités au sein du Front Démocratique. Après l'éclatement de la crise séparatiste, il avait pris position pour la défense de l'unité des Comores.

Celui que le peuple avait surnommé familièrement " Monsieur le Juge" n'est plus. Sa disparition constitue une douloureuse perte pour sa famille et pour l'Etat comorien. Un grand intellectuel vient de nous quitter. Qu'il repose en paix dans sa dernière demeure! 

Un projet concernant la santé sur les Comores a reçu le prix de la coopération internationale.

Dans le cadre de la solidarité internationale, le Premier Ministre Lionel JOSPIN a remis, ce jeudi 23 novembre 2000, à l'hôtel MATIGNON entre 15 heures et 17 heures, le prix de la coopération internationale. C'était pour la première fois en France.

Parmi les 115 projets qui ont été présélectionnés, 9 ont été primés, et 20 ont été nominés, parmi lesquels "SOS hôpital de Foumbouni", projet de développement durable réalisé en partenariat par Médecins du Monde (MDM) Comores et des associations comoriennes d'ici et de là-bas, entre 1996 et 1999. M. Jean Louis BIANCO, ancien ministre et actuel président du Haut Conseil à la Coopération Internationale, a présenté les nominés à la presse, en présence de Charles JOCELYN, ministre délégué à la coopération. Le diplôme de la nomination du projet "SOS Hôpital de Foumbouni" a été remis au Dr Renaud PIARROUX, responsable de mission MDM, qui a été accompagné par M. Ali MDJASSIRI, actuel président du Conseil d'Administration du centre de santé de Foumbouni, et M. Mabadi Ahmédali en tant que responsable de l'association partenaire ACDF.

Ce projet a été défini dans le périmètre du système de santé de Mbadjini, cependant ses protagonistes ont joué un rôle primordial lors de la lutte nationale contre les fléaux du choléra ou du paludisme aux Comores (MDM et ses partenaires de la diaspora comorienne ou des Comores).C'est pour ces raisons que le Dr Renaud PIARROUX pourrait être amené à consolider les premiers acquis, dans le domaine de la lutte contre les maladies tropicales, avec l'appui d'un réseau d'associations comoriennes tournées vers l'aide au développement des Comores.

Pour tous ceux qui veulent participer à relever ensemble le défi de l'éradication du fléau de "ces maladies de la pauvreté", ils peuvent contacter l'association ACDF dont l'adresse E-mail est la suivante: acdf@wanadoo.fr. 

Un article du Monde de l'Education concernant l'éducation aux Comores

Des vérités qui vont faire grincer des dents

Une école publique en pleine déliquescence ; la montée en puissance d'un enseignement prive parfois sous influence coranique ; une jeunesse comorienne très mal formée pour préparer son avenir : telles sont quelques-unes unes des principales idées évoquées dans un article sur l'éducation aux Comores publie dans le numéro du mois de novembre du Monde de l'Education..

Le journaliste, Jean-Luc Clouard qui connaît bien les Comores a rencontré différents responsables du ministère de l'Education, des enseignants, des responsables du groupe scolaire Foundi-Abdoulhamid mais aussi le directeur de l'Ecole française et des responsables de la coopération française.

Avec un ton très critique sur l'efficacité du système éducatif dans le pays, le journaliste dénonce la multiplication des colloques internationaux qui ont été organises ces dernières années pour tenter de trouver des solutions. Il démontre également que seules les familles favorisées ont réellement accès a l'éducation et affirme a voix haute ce que beaucoup de monde pense tout bas : pour la grande majorité des Comoriens, l'accès aux écoles et aux universités françaises reste l'aspiration de tous. Il suffit de savoir ou les enfants des notables sont inscrits a l'école pour savoir qu'il n'a pas tort. On regrettera toutefois que le journaliste n'ait pas dispose pas des dernières statistiques sur les résultats aux examens pour constater que les performances réalisées par les élèves de l'école Abdoulhamid étaient a la baisse. Dommage

Eric LAIGRE (HABARI)

Le Président arroseur

Pour calmer les velléités de l'aile dure rattachiste  du séparatisme anjouanais, Azaly le président de Ngazidja aurait envoyé des primes de bonne conduite comme à l'accoutumée début novembre. Elles s'élèveraient à 3 millions de KMF chacun pour Saindou Cheikh (président de l'assemblée nationale anjouanaise) et Bagoulam (l'intégriste religieux). Le feuilleton Goulam - Abeid a des beaux jours devant lui.

Ainsi dans cette nouvelle réconciliation d'exclusion initiée à Fomboni, seuls les nostalgiques de l'ancien ordre, dit-on, sont réfractaires.

Sources –Wewu 

La France de la culture

Après trois années d'inactivités au pays, surtout à Anjouan, l'alliance franco comorienne, sous l'impulsion de l'ambassade de France située à Moroni,   vient d'organiser une semaine culturelle de la jeunesse du 6 au 12 novembre 2000.

Une somme colossale de 2O. OOO FF a été allouée.

Plus à Anjouan elle revêt une importance fondamentale à cause du fossé d'animosité latente, campagnes-villes, riches-pauvres, aiguisé par le séparatisme au point de faire des particularismes futiles une valeur explosive.

D'entrée lors de l'ouverture le 6/11/00 à 9heures à Mutsamudu dans la salle de ses activités, devant une foule estudiantine d'environ deux cent personnes, le bureau conformément à son statut de neutralité et de lieu de culture a entériné le séparatisme rampant, après les discours de bienvenue habituelle. Même le nom est devenu Alliance franco - Anjouanaise; heureusement qu'une conférence animée par Saindoune Ben Ali, prof de français au lycée, sur l'insertion des jeunes dans la vie active a sauvé la face. Sa clarté, sa rigueur, son franc-parler ont tenu en haleine une salle morose et quasi vide dépassée par le thème et la nouveauté de l'exercice car parler de conférence - débat quand la pensée est un luxe, relève de l'exploit. Ce qu' a pu faire Saindoune au côté de Fundi - député Ahmed Abdallah Sambi. Beaucoup a été dit sur l'irresponsabilité, la myopie de nos dirigeants, la nouveauté de l'enseignement aux Comores (le 1er lycée du pays, lycée Said Mohamed Cheikh date des années 60), la pauvreté, la structure sociologique et politique du pays.

Un concours de dictée, de cuisine ( 1er prix 133 FF  de quoi  enrichir   l'heureux gagnant), différents matches et concerts ont rythmé la très riche semaine. Les jeunes visés sont restés chez - eux en attendant le rattachement à la France promis, synonyme de merveille.

La France de la culture accompagne celle des lobbies qui ont mis à feu et à sec notre pays.

Sources Wewu 

Le séparatisme rapporte

A la veille de la fête nationale du jeune dynamique Etat d'Anjouan (la 3ème ), des tenues militaires providentielles furent distribuées, laissant entendre que le fameux Real, agent des renseignements généraux français à Mayotte, et grand manipulateur serait le généreux donateur. Après les querelles internes et enquêtes, il s'avère qu'elles seraient l'œuvre d'un comorien anjouanais séparatiste retraité de l'union Européenne. Il les aurait achetées pour les revendre à 1.500.000 KMF.

Une fois livrées dans l'euphorie générale et sous l'embargo assassin, le fournisseur patienta un temps. Mais sentant le temps passer et la croissance retrouvée, il demanda son dû. A sa grande surprise une juteuse facture de 5 millions serait présentée et encaissée au trésor par certains défenseurs d'Anjouan. Choqué et menaçant, normal pour un séparatiste généreux qui a vécu longtemps  en Europe, il voudrait son investissement au moins.

Par ailleurs, les tenues seraient distribuées surtout au SIR (Sécurité d'Intervention Rapide, les chiens d'Abeid) moyennant 15.000 KMF sur leur salaire.

Sources Wewu 

L’embargo de la honte

Les anjouanais ces derniers jours savourent gracieusement les fruits de leur lutte. Les bateaux se bousculent au port de Mutsamudu (deux cargaisons de riz de 4000 et 2000 tonnes plus deux cimentiers de 4000 tonnes) sans compter les deux pétroliers, les containers et les  diverses à venir. Depuis la baguette magique de l'ambassadeur de France à Moroni de réunir scandaleusement les putschistes et les rebelles à Fomboni derrière le dos de l'OUA, la croissance est revenue à Anjouan. Les salaires tombent régulièrement (le 4ème mois de 2000 commence d'être versé), AMI (aide médicale internationale, une ONG française) vient d'acquérir des voitures et des motos. Restent les grosses banques et les entreprises françaises pour venir suppléer M. OTTAVIO Erminy avec son bar petit - restau - cambuse, 1er investisseur européen de l'Etat d'Anjouan.

cette lutte, juste et bénie des Dieux, depuis plus de trois ans porte ses fruits à la grande satisfaction des anjouanais meurtris et humiliés dans une République Fédérale bananière. L'essentiel ne réside - t - il pas dans cette venue de ses bateaux ?

Sources Wewu 

Un chef séparatiste à Mayotte rémunéré par l’ « Etat d’Anjouan ».

L’histoire paraît incroyable mais vraie. Des marins en provenance d’Anjouan ont ramené une somme de 4 000 FF destinée à rémunérer l’un des principaux chefs du mouvement séparatiste à Mayotte . Cette situation est d’autant plus scandaleuse dans la mesure où  ce même chef occupe un emploi rémunéré à Mayotte. Compte tenu de ce qui vient de se passer, on n’est en droit de s’interroger si d’autres chefs séparatistes installés à la Réunion, en Afrique Australe ou en France métropolitaine ne perçoivent pas également des salaires versés par « l’ Etat d’Anjouan ». Ces rémunérations occultes pourraient expliquer leur opposition farouche à tout règlement de la crise comorienne sur des bases solides et internationalement reconnues comme ce fût le cas avec l’Accord d’Antanarivo. Les conditions de vie de la population ne cessent de se dégrader depuis que les chefs séparatistes se sont accaparés du pouvoir politique dans cette île comorienne. Mais certains petits arrivistes n’ont pas froid aux yeux de s’enrichir de manière frauduleuse sur le dos de la population. Pendant ce temps, les fonctionnaires à Anjouan accumulent des mois de retard qui battent tous les records.    

Coup de théâtre à la Réunion : Retrait de la BI-DEP.

L’île de la Réunion devrait être divisée en 2 départements à compter du 1er Janvier 2001. Mais un coup de théâtre de dernière minute est intervenu le 16 Octobre 2000 à 2 heures du matin. Alors que tout le monde s’attendait à une adoption de la loi par l’Assemblée Nationale en dernière lecture, M. Elie HOARAU, le député de Saint Pierre, a proposé le retrait des articles 38 et 38 bis du projet de la loi d’orientation sur l’Outre Mer concernant la bi-départementalisation de la Réunion. Il a justifié ce retournement inattendu de situation en expliquant que les 5 députés de la Réunion craignaient une censure du Conseil Constitutionnel pour vice de procédure. Il a expliqué qu’une proposition de loi sera déposé sera déposé dans les meilleurs délais. Les adversaires ont crié victoire et pensent que ce texte sera définitivement enterré. Le gouvernement et les 5 députés de l’île ont-ils agi par prudence juridique ou par calcul politique ? Les arguments avancés pour justifier ce retrait brutal de cette réforme ont laissé sceptiques de nombreux observateurs. Plusieurs sondages d'opinion avaient montré que ce projet n'était pas soutenu par une majorité de la population. Quelque soit l’hypothèse retenue, le débat sur la bi-dép risque d’occuper une place importante lors des prochaines élections cantonales et municipales de Mars 2000. 

Une mission de la Ligue Arabe aux Comores.

Une mission de la Ligue Arabe, conduite par M. Ben Heli Ahmed, Secrétaire général-adjoint des Affaires arabes, est arrivée aux Comores depuis mardi 21 Novembre pour s'enquérir de l'évolution de la situation politique dans l'archipel, a-t-on annoncé mercredi 22 Novembre de source officielle à Moroni.

Selon une source proche du ministère des Affaires étrangères, M. Heli Ahmed a eu mardi, après-midi, un premier entretien avec le Premier ministre, Bianrifi Tarmidi, et a été reçu mercredi au ministère des Affaires étrangères par le Secrétaire général, M. Ahamada Hamadi, en l'absence du ministre en mission à l'étranger.

La mission de la Ligue Arabe devrait rencontrer jeudi l'ancien président Tadjiddine Ben Said Massonde et le chef de l'opposition, M. Abbas Djoussouf, avant un entretien avec le chef de l'Etat, attendu à Moroni jeudi après sa participation au sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) au Qatar, suivie de deux visites en Libye et en France.

La mission séjourne actuellement à Moroni dans le cadre des initiatives visant à résoudre la crise séparatiste et institutionnelle comorienne.

Elle tente notamment de relancer le dialogue entre l'opposition et le pouvoir militaire du colonel Azali Assoumani,  selon l'un des responsables de l'opposition qui ont rencontré la délégation arabe.

Composée d'un Algérien et d'un Egyptien, la délégation de la Ligue des Etats arabes s'est rendue vendredi sur l'île séparatiste d'Anjouan où elle a passé la nuit.

Depuis le début de la crise séparatiste en 1997, et surtout après le coup d'Etat du colonel Azali le 30 avril 1999, la Ligue arabe s'est engagée aux côtés de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) pour rechercher une issue pacifique et négociée à la crise comorienne.

Les deux organisations régionales ont toutefois des positions souvent divergentes sur l'approche de la crise comorienne, mais surtout sur l'appréciation du régime militaire du colonel Azali.

On rappelle que la Ligue Arabe, qui accompagne les Comores, avec l'Organisation de l'Unité Africaine dans la recherche d'une solution au séparatisme anjouanais, qui a éclaté depuis 1997, s'est prononcée en faveur de l'accord de Fomboni, contrairement à l'OUA qui l'a vivement dénoncé.

"Nous notons avec satisfaction que la Ligue Arabe privilégie le dialogue entre Comoriens", a indiqué à la PANA un officiel du ministère des Affaires étrangères.

A Moroni, l'opposition comorienne déplore souvent que contrairement à l'OUA, la Ligue des Etats arabes - dont les Comores sont membres - a une attitude parfois trop complaisante à l'égard du régime militaire du colonel Azali.

Les Comores, rappelle-t-on, sont devenues membres de la Ligue Arabe au cours du mandat du président Saïd Mohamed Djohar. 

Les pêcheurs comoriens ont besoin d'un service de secours.

Quatre pêcheurs comoriens ont disparu en mer depuis plusieurs jours, a annoncé, mercredi, à Moroni, le président du syndicat des pêcheurs Comoriens, M. Younoussa Ali Djaé.

Deux d'entre eux sont originaires de la ville d'Iconi et les deux autres du village de Bangoi lahambou, a précisé M. Djaé.

Ces nouvelles disparitions viennent allonger la liste des pêcheurs comoriens perdus chaque mois dans les eaux du canal de Mozambique.

Les plus chanceux accostent parfois sur les côtes mozambicaines où ils sont généralement arrêtés et placés en détention.

Ces pêcheurs qui, pour la plupart, ne parlent pas d'autre langue que le Kikomor (langue nationale des Comores) et n'ont souvent aucune pièce d'identité sur eux, ne parviennent pas toujours à expliquer leur mésaventure aux gardes côtes des pays voisins.

Ils ont d'autant plus de mal à convaincre que leur embarcation, le ngalawa traditionnel à deux balanciers, ne porte généralement aucune immatriculation officielle.

"Ils sont ainsi souvent pris pour des bandits", a expliqué l'ancien député de Moroni, M. Mohamed Abdoulbak, qui avait réussi, par le passé, à faire libérer certains de ces infortunés des prisons mozambicaines.

Selon M. Abdoulbak, des pêcheurs comoriens que l'on croyait morts sont bel bien en vie et attendent du fond de leur cellule que les autorités comoriennes entament les démarches pouvant aboutir à leur retour au pays.

D'autres sont en liberté mais n'ont pas les moyens de payer le voyage du retour, a-t-il ajouté.

Le syndicat des pêcheurs n'est pas encore suffisamment outillé pour influencer les décisions gouvernementales. Il mène néanmoins des démarches auprès des autorités portuaires pour l'immatriculation systématique de toutes les embarcations et pour que celles-ci soient également dotées d'émetteurs radio pour permettre aux pêcheurs en détresse de se faire localiser par les équipes de secours.

Il n'existe à Moroni aucun service chargé de secourir les pêcheurs en perdition, en dépit de la fréquence des disparitions et des accidents en mer.

Les recherches et les secours sont organisés par les familles et les proches des pêcheurs disparus avec des moyens généralement dérisoires.  

L'Union Européenne octroie un don de 4,89 millions d'euros aux Comores

L'Union européenne a octroyé aux Comores une subvention non remboursable de 2.405.72O.000 francs comoriens (4,89 millions d'euros), selon un communiqué du Bureau de l'Union Européenne diffusé dimanche à Moroni.

Ces fonds sont destinés à soutenir le secteur des produits de rente, principalement la vanille, le girofle et l'ylang-ylang, et les essences essentielles.

Ils doivent permettre également de mener des actions d'appui dites transversales pour assurer la promotion, le contrôle et la qualité des produits, en association avec les divers groupements professionnels concernés.

"Le succès de cet instrument financier dépend... de la bonne volonté et de l'esprit coopératif de tous les intervenants des filières de rente en question", a dit Hans-Jurgen Ottomeyer, représentant de l'Union Européenne à Moroni selon le communiqué.

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   Dernière modification : 19 décembre 2000