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INTERNATIONAL CNUCED
: Dette ET DEVELOPPEMENT des pays pauvres.
La Conférence des Nations
Unies pour le Commerce et le Développement ( CNUCED ) plaide pour "un New
Deal" en faveur des 48 pays les plus pauvres du monde (PMA), encourageant "les
synergies" entre politiques d'aide et de réaménagement de la dette, faute de quoi
l'écart se creusera encore avec les autres pays. Plus de 45% de ces Etats, qui vont de la
Sierra Leone à l'Afghanistan, ont connu stagnation ou régression dans les années 1990.
Trois quarts de leur population de 640 millions d'habitants vivent avec moins de 2 dollars
par jour, souligne la CNUCED. D'ici 2015, seuls 4 de ces
pays auront réduit leur mortalité infantile des deux tiers, une des objectifs essentiels
de développement de l'ONU. Dans son rapport annuel, la
CNUCED estime que les différents volets du partenariat entre pays riches et pays les
moins avancés -aide, régime commercial, remise de dette, mesures pour attirer les
capitaux privés-devraient être bien mieux articulés pour avoir de meilleures chances
d'efficacité. "Les pays les moins
développés et leurs donateurs-créditeurs sont pris dans un piège de l'aide et de la
dette, dans lequel de hauts niveaux d'endettement empêchent l'aide effective. Une aide
non effective empêche une solution au problème de la dette", relève ce rapport
pour l'an 2000. Le "piège", pour
ces 48 pays, c'est aussi une croissance faible qui "empêche un augmentation des
niveaux d'épargne, ce qui a un impact négatif sur l'investissement intérieur".
"La seule voie d'échappement est alors le financement extérieur", selon la
CNUCED. Or, les augmentations de
flux de capitaux privés sont ciblés sur quelques pays pauvres --la CNUCED cite
l'Ouganda, la Tanzanie, le Cambodge et le Laos--. De plus, ces augmentations, quand elles
existent, ne compensent pas le déclin de l'aide. L'afflux en termes réels de capitaux à
long terme par habitant dans les pays les plus défavorisés a reculé d'au moins 30%
depuis 1990, selon le rapport. L'agence onusienne note
aussi l'effet négatif des aides non coordonnées, qui perturbent les politiques
financières et affaiblissent les capacités des Etats. Concernant l'allègement de
la dette, la CNUCED estime que l'initiative PPLE a fait "l'objet de prévisions à
moyen terme trop optimistes" et que les attentes sont "irréalistes". Cette
initiative "Pays pauvres lourdement endettés" (PPLE) lancée par la Banque
mondiale et le Fonds monétaire international, avec l'appui des pays développés, permet
des remises de dettes parallèlement à l'engagement d'entreprendre des réformes
structurelles. "Ce n'est pas
seulement que l'effort vient trop tard et trop lentement, mais l'ampleur de l'assistance
est simplement trop faible", affirme la CNUCED qui relève que pour deux tiers des 48
pays, la dette extérieure est un fardeau "insupportable". La CNUCED appelle les
donateurs à comprendre l'ampleur du problème et à relever leur aide au développement :
"davantage d'aide est la condition préalable à une aide efficace, et cette aide
efficace est nécessaire pour la croissance, la réduction de la pauvreté et le
développement". |
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