DEBATS ET OPINIONS LIBRES

 

Nous avons reçu un important document du GRDC. Ce document qui a établi un tableau précis et détaillé sur la situation politique, économique, sociale et sanitaire qui prévaut dans l'île d'Anjouan  contient des révélations accablantes contre le règne des séparatistes qui dure maintenant trois ans. Le bilan s'avère désastreux et ce, dans tous les domaines.

 

SITUATION A ANJOUAN ENTRE LE 6 ET 18 MAI 2000

 

Il est toujours possible de se rendre à Anjouan au départ de Mayotte, par le Tratringa ou le Ville de Sima II. Par contre, il est officiellement impossible de charger un bateau de fret à destination d'Anjouan au port de Longoni. Cependant l'application des règles est toujours assez fluctuante car tout dépend des personnes. Les stratégies de contournement sont nombreuses et bénéficient de multiples complicités ; les autorités le savent bien mais il faut faire comme si l'embargo était vraiment respecté... C'est ainsi qu'il arrive que l'on enregistre une cargaison à destination de Mohéli ou de la Grande Comore et que l'on décharge en fait à Anjouan…c'est ainsi que les marchandises en souffrance pour le transbordement vers Anjouan ont miraculeusement quitté le port de Longoni…

Les passagers au départ de Dzaoudzi peuvent emmener des bagages globalement sans problème même si à une ou deux occasions il a été question de restrictions. Actuellement les voyageurs sont peu nombreux. En effet, les gens qui étaient entrés "clandestinement" et qui profitaient ensuite du système des "départs volontaires" (départ sans papiers mais en payant le billet) pour rentrer en ramenant des marchandises, renoncent pour le moment à quitter Mayotte dans la crainte de l'embargo.

Par contre la politique d'expulsion bat son plein : n'oublions pas que c'est à Mayotte que se réalise un tiers de toutes les expulsions de tout le  territoire français disséminé à travers le monde. Les bateaux battant pavillon comorien restent donc au service de la politique française de refoulement des Comoriens au point de modifier leurs horaires de départ au gré des volontés du Silec mahorais …

 

Vie économique à Anjouan :

 

Il est évident qu'actuellement l'activité est réduite à Mutsamudu et dans l'ensemble de l'île.

Ce qui manque c'est l'essence. Il en arrive cependant clandestinement par petite quantité et le marché noir propose alors le litre à 1000 FC (13.33 FF), rarement moins cher. Dans ces conditions les voitures ne circulent plus à l'exception de celles qui fonctionnent au gasoil. Ce carburant arrive en effet grâce aux bateaux qui remplissent systématiquement leurs cuves à Mayotte et embarquent des fûts à l'insu des autorités mahoraises ou avec leur indulgence bienveillante (toujours cette question de personnes…) De fait, les taxis sont très rares voire inexistants ou presque et on peut faire le tour de l'île sans rencontrer plus de quatre ou cinq voitures. Le principal problème des gens est donc la difficulté de communication. Les villages se replient sur eux-mêmes ce qui a favorisé la lutte contre le choléra qui s'est trouvé ainsi circonscrit à des espaces bien délimités.

On en trouve plus de pétrole, sauf au marché noir comme pour l'essence. Dans ce cas le litre peut coûter plus de 400 FC. Les gens riches font des stocks chez eux. Pour les autres c'est la cuisine au bois qui s'impose. C'est un facteur grave de déforestation ; rappelons que l'île a déjà connu une longue pénurie de pétrole en 97-98 et que dans les campagnes on abat les arbres sans compter pour tirer quelques revenus : vente du bois pour la construction, la menuiserie, la production du charbon de bois…

Durant la période qui concerne ce bilan il ne manquait de rien du point de vue alimentaire ou matériel dans l'île. Le prix des oignons a flambé : 1250 FC le kg.  Et le vrai problème des gens est de trouver l'argent pour acheter. On s'achemine forcément vers l'extinction des stocks de riz. Les spéculations de ceux qui ont les moyens de stocker ne vont pas manquer. Beaucoup de commerçants ont des conteneurs achetés à Dubaï ou ailleurs bloqués à Mombasa ou dans d'autres ports. Ces conteneurs chargés de denrées périssables vont être perdus à terme et le pire de la crise est donc à venir.

Les banques sont fermées comme on le savait déjà.

L'ambiance est très morose.

Les gens sont épuisés.

 

Situation sanitaire :

 

L'hôpital de Mutsamudu est actuellement géré par l'association AMI (Aide Médicale Internationale) financée par l'Union européenne. Cette association est apparue sur le terrain dans la foulée d'Humanis, c'est elle qui a envoyé le communiqué mettant en cause l'embargo. Un chirurgien français à la retraite officie mais l'ensemble de l'hôpital fonctionne au jour le jour. Les infirmiers ne sont pas payés et sont obligés d'assurer des soins à domicile quand c'est possible, pour se garantir une petite rentrée d'argent. Les tensions sont grandes au sein du personnel. Faute de toucher leur salaire, les gens ne sont pas toujours à leur poste. Au moindre conflit surgit l'antagonisme ville / campagne qui détruit toute cohésion et toute confiance. Les médicaments ne semblent pas manquer vraiment mais c'est difficile à juger. La présence du personnel "mzungu" attire les malades qui sont plus nombreux qu'autrefois à venir en consultation à l'hôpital.

Le choléra pour la période concernée par ce bilan était globalement jugulé. Il n'y avait plus de cas à Mutsamudu, et dans la plupart des autres secteurs, seuls quelques cas très isolés à Domoni ou Tsembehou. Cependant, une pluie d'une journée, le lundi 15, a suffi à déclencher quatre cas à Mutsamudu. CARE livre une campagne de prévention en passant dans les villages prescrire les conseils d'hygiène et distribuer du savon et de la javel dans les écoles et les madrasses. En général, les gens réagissent bien mais ils manquent de moyens pour s'acheter le savon par exemple. Faire bouillir systématiquement l'eau reste lourd et coûteux. Certains ont renoncé.

 

            Situation sociale et politique à Anjouan :

 

Une grande tension régnait durant toute la période concernée. Il n'existe aucune liberté d'expression et toutes les forces syndicales ou politiques sont muselées. Les bruits les plus fous circulent et alimentent des palabres interminables. Le moindre petit fait peut déclencher une grande agitation. Un matin, suite à des rumeurs de débarquement, les conteneurs ont été mis en place sur le port. A midi, ils étaient dégagés. Trois touristes, de jeunes routards avec sac à dos et tente de camping, présentés comme Israéliens (mais rien n'est sûr à ce sujet) ont été arrêtés puis expulsés vers Mayotte manu militari pour avoir pris des photos. Les militaires étaient très fiers au port de dire comment ils les avaient fouillés pour leur confisquer leurs pellicules et un séparatiste de déclarer : "c'est parce qu'Anjouan n'a pas signé d'accords avec Israël", tandis que les badauds trouvaient très grave ce que ces jeunes avaient fait !

En fait, d'une manière générale, il s'agit pour les uns et les autres de se donner de l'importance, de s'occuper et de faire durer l'illusion, ceci dans la plus grande anarchie.

Chaque parcelle de pouvoir est avidement convoitée et le moindre poste à responsabilité entraîne son détenteur dans toutes sortes de projets. Le maire de Mutsamudu réunit ses conseillers le soir et se lance dans des programmes d'éclairage de tel ou tel quartier comme si les gens ou la ville avait les moyens de financer ce type d'infrastructure. Le "conseil des ministres" se réunit tous les jeudis pour se "pencher sur des dossiers" : organisation du Bac, journée du chiromani, tenue unique au monde marquant la spécificité anjouanaise (28 mai), journée mondiale de l'environnement (4 juin)… Le "ministre de l'éducation" prévoit une réforme de l'enseignement de l'arabe qui devrait être enseigné depuis le primaire et cherche des  gens pour présider les jury du bac 2000… La Chambre de commerce prévoit sa grande exposition pour la fin juillet …Chacun dans son domaine "fait comme si"

 

Dans le même temps, il faut maintenir la terreur, désigner des ennemis et détourner l'attention : on dresse des listes de personnes à arrêter, listes qui se concoctent sous la pression des uns et des autres et où se mêlent les noms de véritables opposants au séparatisme, de simples mécontents ou "grandes gueules". On rédige des convocations, on perquisitionne. Chaque jour la population se demande qui sera la prochaine victime. Bien souvent, les autorités qui reçoivent les gens convoqués ne savent pas pourquoi on les leur a envoyés. Les gendarmes eux-mêmes sont fatigués et certains rêvent à haute voix en disant que s'ils étaient à Moroni ils seraient payés… Cependant, on incarcère des gens et, là encore, on joue, on menace de tortures ou on passe à l'acte tout simplement. Il faut redouter d'être envoyé dans les locaux du SIR où les "jeux" sont beaucoup plus violents si l'on en croit le sort réservé à X morte entre les mains de ceux qu'Allaoui Bapouroukou avait chargés de son redressement. Les personnes qui avaient été arrêtés en février dernier et qui ont été libérées pansent encore leurs blessures. L'une d'entre elle est encore incarcérée. Trop souvent le jeu peut être dangereux et tout dépend au fond de ceux en face de qui on se trouve.

On a envie de se demander qui détient le pouvoir dans cette île et force est de constater que de jeux d'influence en conseils ou mauvais conseils, tout le monde fait un peu la pluie et le beau temps. Mais pendant que certains rêvent d'être président ou d'avoir tel ou tel poste, d'autres s'activent plus efficacement dans l'ombre ou sans vergogne au grand jour.

Notons toutefois que les maîtres du trafic douanier, Ibrahim Bachir ou Allaoui Bapouroukou pour ne citer qu'eux sont extrêmement moroses et même fâchés ces derniers temps : ils n'ont plus de matière à leurs trafics… les temps sont durs !

A Hombo, Octavio, l'italien, proche de Jean Claude Vallée et des pseudos investisseurs, n'en finit pas de réfectionner la maison appartenant à l'état comorien qu'il a su se faire concéder par Abeid. Son office du tourisme anjouanais est sous la garde de militaires, il a réhabilité le gouvernorat pour que l'on puisse y installer le SIR qui s'annonce à l'entrée par deux canons pris aux établissements Ahmed Abdallah et une ancre de marine, décoration dans le plus pur style légion étrangère française. Il réhabilite les locaux de Radio Comores maintenant Radio Ndzuani. Il gère son "Café de Paris" et peut-être les machines à sous sont-elles installées. Pas de doute la SACO (Société Anjouanaise de Construction) est très active à Anjouan. Cependant il arrive qu'Octavio se fâche ou soit déçu : lui qui voulait continuer à faire le bien d'Anjouan en se plaçant dans le si lucratif marché du riz aurait très mal pris de ne pas avoir été admis à jouer avec les gros …

De nouvelles têtes à Mutsamudu : costume cravate, mallette … ce sont souvent des conseillers ou de nouveaux nommés venus d'autres régions de l'île.  Des militaires circulent, sans compter les hommes du SIR. Mais aussi des gens bizarres : quelques mzungus égarés : chemise blanche, mallette dont on a bien du mal à cerner les activités mais qui n'ont rien de touristes ou d'humanitaires … Le plus célèbre dernièrement est bien évidemment Philippe, celui là même qui accueillait Saïd Saïd à Mayotte il y a peu et qui s'est fait expulser le jeudi matin 18/05/00 sur ordre dit-on du ministre des affaires étrangères qui n'a sans doute pas apprécié le projet qu'il venait vendre !

Bref, à Anjouan, il ne se passe rien et il se passe tout … la formule n'a jamais été aussi vraie.

Globalement l'état d'esprit de la population est à la contestation. Les critiques fusent facilement, les gens sont fatigués. Le pouvoir changeant facilement de main, et ce à tous les niveaux, les évincés deviennent virulents et les tensions sont grandes.

Il reste encore un drapeau français à Tsembehou, la cuvette continuant à faire figure de bastion fort du séparatisme. A Moya, certains contestent et reprochent par exemple au maire de s'être affiché avec des touristes français pour relancer auprès de ses administrés l'idée de la venue de la France. Partout les avis sont variés ou varient en fonction des interlocuteurs. Les gens ne sont pas contents mais ils ont souvent du mal à penser au-delà du séparatisme. Tous sont inquiets car ils sentent bien que l'avenir est bouché.

A Mutsamudu, ce n'est plus la grande agitation du matin à Mroni, mais il faut bien poursuivre les plans de survie, les rêves de lendemain meilleur. Pour oublier, on s'absorbe dans les séries télévisées tant que c'est encore possible (on dit qu'il n'y aura plus de carburant à compter de fin mai), si on peut on fait un pique nique : il faut bien faire comme si on avait encore le cœur à s'amuser.

Dans les campagnes, on continue du soir au matin les travaux des champs ; rien n'a changé apparemment si ce n'est qu'il n'y a plus d'argent excepté celui que ceux qui sont à Mayotte peuvent encore envoyer. Les produits sont là mais qui peut encore acheter des carottes, des navets et des fraises ? Les pêcheurs rapportent toujours du poisson en abondance mais  les clients ne se précipitent pas. Comment acheter quand on accuse, pour bon nombre 15 à 16 mois d'arriérés de salaire (et ce sans compter les 10 mois de Taki) ?

Quel espoir reste-t-il ?  Qu'espérer pour tous les enfants puisqu'il n'y a plus d'école digne de ce nom, plus de perspective d'études et de réussite ?  Pourtant on a mis au programme du "pseudo" Bac, L'aventure ambiguë et Antigone, deux ouvrages qui à eux seuls, s'ils étaient bien compris et bien expliqués, pourraient faire réfléchir les élèves et changer nombre de façons de penser. Mais là encore on fait comme si… Peu importe le sens pourvu que l'on croie enseigner et étudier. Un élève de seconde méprise le métier de bijoutier : "il faut que je réussisse mes études, je ne peux pas perdre mon temps à apprendre des choses pareilles…" mais il est incapable de poser et d'effectuer correctement une simple addition de trois chiffres… Où va la jeunesse ? Etudes virtuelles, enseignement virtuel, Bac virtuel, perspectives virtuelles et les années passent …

Dans ces conditions, il faut se persuader que l'on continue à vivre ; les intrigues, les palabres, les luttes d'influences sont de bons moyens d'avoir le sentiment d'exister avec toujours l'espoir d'un petit profit, d'un stratagème qui permettra de tenir jusqu'à la prochaine fois. La nouvelle du jour est un tremplin pour le lendemain : dans la vaste comédie chacun tient son rôle !

 

En guise de conclusion :

 

Anjouan va mal quoi qu'en disent ceux qui continuent encore à vendre l'illusion d'une nécessaire traversée du désert pour des lendemains qui chantent… Anjouan va mal et elle ira demain encore plus mal … "On a régressé de trente ans" disent certains, et le mouvement loin de s'inverser s'accélère. Anjouan ira mal parce qu'Anjouan ne construit rien, ne prépare rien sinon la condamnation de ses propres enfants déjà trop nombreux ! Anjouan ira mal parce que ceux qui prétendent la diriger se sont installés dans une fiction dont ils ne tiennent même plus les rennes, aveugles affolés, prisonniers de leur avidité et de leurs mensonges, ils glissent sur la pente du gouffre.

Alors, faut-il aussi parler de l'embargo ?  Bien sûr l'embargo fait mal, bien plus d'ailleurs à tous ceux qui tiraient profit de leur nouveau pouvoir bien mal acquis, qu'à l'Anjouanais ordinaire  qui continue comme auparavant à vivre au jour le jour.

Mais l'embargo ne date que de deux mois à peine et l'assassinat de toute la population a commencé il y aura bientôt trois ans…

Les arriérés de salaires datent-ils de deux mois ?

Les faux bacheliers sont-ils apparus il y a  deux mois ?

L'embargo est-il responsable des affrontements de décembre 1998 dont certains ne se sont toujours pas remis ?

L'embargo est-il responsable des tensions graves entre habitants des villes et des campagnes ?

L'embargo est-il responsable de la fin de la liberté d'expression ? De la terreur exercée par tous ceux qui détiennent un misérable pouvoir sur tous ceux qui les entourent ?

L'embargo est-il responsable des problèmes sanitaires et du choléra apparu en novembre 1999 dans l'île ?

La population d'Anjouan a-t-elle commencé à souffrir depuis deux mois seulement ?

 

Il est temps d'accepter de regarder la vie en face et de cesser de se cacher derrière les mots : Grands Comoriens, Taki, OUA, embargo … Les boucs émissaires ne règlent pas les problèmes, on les vend au peuple pour mieux le manipuler.

Il est temps de comprendre que Vallée, Réal et bien d'autres jouent depuis longtemps et gagnent à tous les coups,  que la consultation à Mayotte aura lieu le 2 juillet et que la France peut maintenant prendre des mesures contre Anjouan tandis que Mansour Kamardine répète la leçon  de son maître en déclarant sans vergogne : " il n'y a jamais eu de peuple comorien ".

Il est temps de comprendre que l'on s'est joué d'Anjouan avec la complicité de tous les aveugles avides de pouvoir et d'avantages.

Il est temps de comprendre qu'il y a des choses avec lesquelles on ne joue jamais sans terribles conséquences : l'identité et l'avenir des gens.

Il est temps de comprendre que le plus grand ennemi d'Anjouan n'est pas Abeid, misérable pion sur l'échiquier comme d'autres avant lui, mais que ce qui tue Anjouan c'est la fiction dans laquelle elle s'est installée.

 

Il est temps de dire haut et fort, sans concessions, sans ménagements :

·         que l'indépendance est une fiction

·         que la confédération est une fiction

·         que la signature des Accords ne sera pas la solution miracle !

·         que le monde entier se moque parfaitement d'Anjouan, de Mayotte et de toutes les Comores réunies

·         que l'on ne doit attendre l'aide de personne qu'être Anjouanais, Mohélien, Grand comorien ou Mahorais ne compte pas.

 

Il est temps de regarder loin dans le passé et dans l'avenir et de reconnaître :

·         que les Comoriens sont un peuple

·         que les Comores sont quatre îles où la nature est généreuse

·         que les Comores sont faites pour vivre ensemble.

 

Il est temps de raisonner, de refuser le défaitisme et les complexes, de regarder loin et d'admettre que la seule solution, à la mesure des enjeux et des moyens des Comores, est un état unitaire décentralisé.

 

Il est temps de devenir Homme avant tout.

Mais à regarder le présent, on a le droit de dire que l'on aurait voulu plus radical que l'embargo afin de commencer au plus vite la construction du pays. On a le droit de dire que l'on tremble de colère et de tristesse devant tout ce gâchis, on a le droit de pleurer  sur les Comores et de se désespérer.

 

A regarder le présent, on a tous les droits, sauf celui de renoncer et de mentir encore.

 

Un membre du GRDC. 28/05/00