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e chef de la junte comorienne, le colonel Azali Assoumani, n’a
pas participé au sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) du 10 au
12 juillet qui s’est tenu à Lomé (Togo).
Le colonel n’a pas donné plus de précisions. Lors de son 35ème
sommet en juillet 1999 à Alger, l'OUA avait condamné l'usage de la force et
menacé les auteurs de coups d'Etat d'exclusion.
Un autre dirigeant africain, le chef de la junte ivoirienne, le
général Robert Gueï, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 24 décembre 1999,
a déjà annoncé en mai qu'il ne se rendrait pas à Lomé, rappelle-t-on.
Il s’agit là d’un échec cuisant pour le chef putschiste en place
à Moroni. Ce dernier profite de l’intransigeance des séparatistes anjouanais
pour se maintenir au pouvoir. Ces mêmes séparatistes anjouanais dénoncent aujourd’hui
la présence des militaires au pouvoir à Moroni et critiquent l’OUA d’être
« attentif à l’égard des militaires ».
Les observateurs de la vie politiques comoriennes s’accordent à
dire que la prise du pouvoir d’Azali a permis à Abeid d’effacer ses opposants
et s’accaparer du pouvoir à Anjouan pour imposer un régime sans partage et sans
opposants.
La mission dirigée par l'envoyé spécial mozambicain Francisco
Caetano Madeira a tenté, en six jours de discussions, de résoudre ce que l'OUA
appelle la "double crise comorienne, constitutionnelle et
séparatiste": d'une part, convaincre la junte militaire à Moroni de rendre
le pouvoir aux civils et, d'autre part, mettre fin à la crise séparatiste
anjouanaise.
Mais l’échec des négociations patronnées par l’ambassadeur de
France « conciliateur », dans un conflit qui dure depuis trois ans
laisse apparaître un certain énervement au sein de la délégation de l’OUA qui
s’est menée en bateau par un diplomate de haut rang d’une puissance très
influente dans la zone océan indien.
De deux choses l’une. Soit Son excellence, Mr l’ambassadeur
savait d’avance qu’Abeid et sa clique venaient à Mohéli pour faire du cinéma
pour ne pas dire de la figuration. Et dans ce cas, l’OUA se doit de se méfier
de ce nouveau conciliateur.
Ou bien, c’est Abeid qui est maintenant l’otage de la clique des
séparatistes pires et durs qui cherchent par tout moyen à en découdre avec la
communauté internationale par OUA interposé pour arracher une
« indépendance totale » d’Anjouan. Si cette deuxième éventualité est
la bonne, la France se doit de tirer toutes les conséquences de cette nouvelle
donne et prendre le devant pour clarifier sa position avec les chefs
séparatistes en soutenant sans réserves les décisions qui seront prises par le
36ème sommet de l’OUA.
Une décision a été prise à Lomé afin d'isoler davantage les
séparatistes. La France doit coopérer avec l'OUA afin de contraindre les chefs
séparatistes à mettre un terme à leur aventure suicidaire.
Ni la junte militaire du colonel Azali Assoumani à Moroni, ni le
régime anjouanais dirigé par le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane, ne
sont reconnus par l'OUA, ni par la communauté internationale.
Il est grand temps pour ces deux colonels de s’effacer, sinon il
faudra leur montrer la porte de sortie…