NOS BREVES

 Brève visite d’une délégation de l’île séparatiste d’Anjouan à Moroni

Une délégation du pouvoir séparatiste d'Anjouan a effectué mercredi 30 août, pour la première fois depuis trois ans, une visite d'une journée à Moroni, a constaté le correspondant de l'AFP sur place.

Cette visite était destinée à poursuivre les négociations entamées le 29 juillet entre le pouvoir militaire du colonel Azali Assoumani et l'île séparatiste, et à "élaborer le projet de nouvelle Constitution et concevoir les aménagements pratiques à apporter durant cette transition", a expliqué le ministre comorien des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Mohamed Soeuf Elamine à l'AFP.

La période de transition doit "s'étaler sur une période de 12 mois au maximum", selon le calendrier établi par la " Déclaration commune " signée le 26 août dernier à Fomboni, capitale de l'île de Mohéli, entre le chef de la junte militaire de Moroni le colonel Azali et le chef du pouvoir séparatiste d'Anjouan, le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane.

Un communiqué, publié mercredi en fin d'après-midi à Moroni par les représentants de l'île d'Anjouan, souligne que cette rencontre visait à "examiner les mesures les plus appropriées pour le renforcement des avancées significatives dans la voie de la réconciliation, notamment la libre circulation des personnes et des biens".    "Les deux parties ont convenu de tout mettre en oeuvre pour redémarrer dans les meilleurs délais les liaisons aériennes et maritimes inter-îles, à une fréquence compatible avec le règlement de tous les problèmes y afférents " précise le communiqué.

Le communiqué indique en outre que les deux parties "ont également convenu de libérer (...) les liaisons téléphoniques inter-îles et inter-urbaines " interrompues depuis le 1er février 2000 à la suite des mesures d'embargo décrétées par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) contre l'île séparatiste d'Anjouan.

La délégation séparatiste, composée de MM. Kamardine, Takidine, Mahamoud Salim et Bacar Zaidou a quitté Moroni en fin de journée pour Anjouan.

 Tirs nocturnes d’armes automatiques depuis plusieurs jours à Mutsamudu

Des tirs nourris d'armes automatiques sont entendus chaque nuit depuis trois jours à Mutsamudu, capitale de l'île d'Anjouan, mais n'ont jusqu'à maintenant pas fait de victimes, selon des témoignages d'Anjouanais recueillis à Moroni.

Ces tirs nocturnes ont commencé au lendemain de la signature à Fomboni, sur l'île de Mohéli, d'un accord de réconciliation entre le pouvoir militaire de Moroni et les autorités séparatistes de l'île d'Anjouan.

Selon les mêmes sources, ils impliqueraient des éléments du mouvement séparatiste les plus opposés à l'accord de Fomboni, qualifié de "trahison".

Sont notamment évoqués, les hommes de Said Omar Chamasse, l'un des chefs historiques de la sécession anjouanaise et farouche partisan du rattachement de l'île d'Anjouan à la France.

 Moroni lève son embargo contre l’île séparatiste d’Anjouan

Le pouvoir militaire de Moroni a décidé de ne plus appliquer l'embargo imposé par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) contre Anjouan depuis le 1er février 2000, a-t-on appris de source officielle.

Cette décision intervient près d'une semaine après la signature par le chef de la junte militaire au pouvoir à Moroni, le colonel Azali Assoumani, et le chef des séparatistes anjouanais, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane, de la déclaration de Fomboni. Ce texte pose les bases d'une réconciliation entre Moroni et l'île séparatiste d'Anjouan.

Le premier vol commercial entre Anjouan et Moroni a eu lieu jeudi après-midi et un premier bateau, le " SAFINA II " est arrivé à Moroni vendredi matin en provenance d'Anjouan avec plusieurs dizaines de passagers à son bord, a constaté le correspondant de l'AFP.

Le rétablissement des liaisons téléphoniques entre Grande Comores et Anjouan devait intervenir vendredi "une fois résolus quelques problèmes techniques mineurs", selon un responsable de la SNPT (Société nationale des postes et télécommunications) à Moroni.

"Nul ne doit être insensible à la détresse d'autrui", a déclaré à l'hebdomadaire gouvernemental Al-Watwan paru vendredi le conseiller politique privé du chef de la junte comorienne Sultan Chouzour pour justifier cette décision.

Une délégation anjouanaise était arrivée à Moroni le 30 août, trois jours après la signature de l'accord pour "examiner les mesures les plus appropriées" pour permettre "la libre circulation des personnes et des biens" entre les îles, rétablir "dans les meilleurs délais les liaisons aériennes et maritimes inter-îles" et "les liaisons téléphoniques inter-îles et inter-urbaines".

Deux jours avant la signature de l'accord en question, l'OUA avait rejeté l'arrangement entre les deux îles, produit d'une année de négociations entre deux régimes qu'elle n'a pas reconnu.

Pour l'organisation panafricaine, la déclaration de Fomboni "sape l'unité et l'intégrité territoriale des Comores".

 Arrestation et tortures à Anjouan

Une quinzaine de personnes environ, arrêtées depuis lundi, seraient torturées sur l'île d'Anjouan, où plusieurs incidents armés ont été rapportés, selon des témoignages de voyageurs arrivés dans la capitale fédérale.

Selon des sources anjouanaises opposées au pouvoir en place à Anjouan, un ou deux mercenaires européens encadreraient la milice du chef des séparatistes anjouanais, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane.

La plupart des personnes arrêtées appartiennent au GIRMA, (Groupe d'initiative pour le redressement du mouvement anjouanais), farouchement opposé au lieutenant-colonel Abeid. Des partisans de Saïd Omar Chamasse, un chef historique du mouvement séparatiste anjouanais favorable au rattachement d'Anjouan à la France, figurent parmi les personnes arrêtées, selon ces mêmes sources.

Le président du GIRMA, M. Charikane, ainsi qu'un autre responsable du Groupe, Said Ali Chahalane, auraient été arrêtées et torturées. D'autres sources affirment que ce dernier serait activement recherché.

Une jeune femme a été grièvement tabassée et violée à plusieurs reprises et serait "dans un état critique", ont affirmé des proches résidant à Moroni à l'AFP.

Ces arrestations interviennent au lendemain de la signature, le 26 août dernier à Fomboni, sur l'île de Mohéli, d'un accord de réconciliation entre la junte militaire au pouvoir à Moroni et les séparatistes de l'île d'Anjouan.

Depuis la signature de la déclaration de Fomboni, plusieurs incidents armés ont été signalés à Mutsamudu, la "capitale" d'Anjouan.

 Dispersion d’une marche de protestation de l’opposition à Moroni :

Une marche de l'opposition à Moroni a été rapidement dispersée samedi à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l'ordre moins d'une minute après son départ, a constaté un journaliste de l'AFP.

Aucun blessé n'a été signalé lors de la dispersion de cette manifestation, qui réunissait environ 200 personnes, en majorité des jeunes.

Les manifestants voulaient dénoncer l'accord de réconciliation signé le 26 août dernier entre le régime militaire au pouvoir à Moroni et les séparatistes Anjouanais. Cet accord est considéré par l'opposition comme une "trahison" et un "bradage" du pays, a indiqué l'un des manifestants.

 

L’embargo contre Anjouan appliqué tardivement à Mayotte :

Le mercredi 23 août, 16 passagers titulaires d’un passeport français ont été débarqués du bateau Ville de Sima à Dzaoudzi – Mayotte-. Ils ont été remboursés de leur billet et n’ont pas pu se rendre à Anjouan, leur destination. Cette intervention de la Police des airs et de frontières (PAF) fait suite à une circulaire du Préfet de Mayotte datée du 21 août, stipulant que les ressortissants français doivent obligatoirement passer par Moroni pour se rendre à Anjouan. Cette circulaire n’est qu’un rappel des conditions de transports liées à l’embargo qui touche l’île séparatiste depuis mars. Jusqu’ici, ces mesures n’avaient été appliquées qu’en pointillé par les autorités de Mayotte. A quelques jours de la signature de l’accord de deux colonels, cette circulaire a suscité la réaction du sénateur réunionnais Mr E. Lauret qui envisage de poursuivre cette circulaire devant le tribunal administratif. Par contre le même sénateur qui a été viré par la direction nationale du RPR de la fédération réunionnaise de ce parti est restée bien silencieux des dernières arrestations orchestrées par ses nouveaux amis anjouanais. Il est vrai que Mr Lauret n’est plus écouté à Paris.