LA REVUE DE LA PRESSE COMORIENNE

Par Masiwa e-news

 La presse comorienne   -parue avant la signature de l’accord de Fomboni- a fait ses  manchettes  sur « l’accord marathon » comme le qualifie le journal indépendant l’Archipel qui y voit    « à une course contre la montre contre l’OUA ».D’ailleurs  notre confrère n’a pas manqué de relever « l’activisme du pouvoir militaire » par rapport à cet accord puisque des émissaires ont été envoyés dans plusieurs pays d’Afrique  pour défendre le texte  . Activisme « qui tranche  selon Aboubacar Mchangama, avec la prudence, sinon une attitude pour le moins ambiguë » des séparatistes qui auraient donné leur accord pour faire partie de la délégation qui devait se rendre à Addis-Abéba pour défendre l’accord comoro-comorien avant de se désister au u dernier moment.

« Une chose est certaine, affirme le  journal,   pouvoir militaire, séparatistes et semble-t-il la France (qui ne verrait pas d’un bon œil l’usage de la force pour régler la crise anjoaunaise seraient engagés dans une course de vitesse pour empêcher une   éventuelle action militaire de l’OUA aux Comores pour ne pas dire l’écarter définitivement de la médiation comorienne. »

Pour sa part  le journal Al-Watwan se félicite de cette « réussite » due  au dialogue, indiquant   que cette fois  « la partie anjouannaise , qui avait toujours maintenu sa revendication d’un Etat  indépendant  et son refus de signer l’Accord d’Antananarivo malgré les promesses formulées et sans cesse répétées devant l’ensemble des Comoriens et la communauté international, semble revenir à des meilleurs sentiments. » Il y a  matière à se réjouir, selon l’éditorialiste de l’hebdomadaire national, « pour une population ayant souffert dans sa chair comme dans son sang d’une grave crise sans précédent, mais qui a su placer au-dessus de tout sa grande patience . »

L’éditorialiste veut espérer que les acteurs en présence sauront gérer la transition devant mener un cadre institutionnelle d’avenir .  « A chacun de bien l’amorcer. C’est le vrai pari. » affirme-t-il. 

Mais en page intérieur  le rédacteur en chef du journal se démarque quelque peu  cette  euphorie.  Certes la partie anjouanaise reconnaît  que l’ensemble comorien dans ses frontières internationales  mais ce n’est pour autant que l’état comorien pourra exercer son autorité à Anjouan, laisse entendre notre confrère qui se demande   si on va assister à une transition qui permettre à l’île séparatiste d évoluer en dehors de la sphère de la République. Il souligne  par ailleurs que la viabilité de l’accord dépendra du degré d’adhésion des partis politiques du pays. Dans le même journal chroniqueur de la lettrer de mon petit ironise sur le thème « du bouc émissaire de toujours,  la France » accusée  tantôt de ne pas s’impliquer suffisamment et quand elle fait un geste les mêmes l’accusent de s’impliquer trop. Faut savoir ce qu’on veut ! »

Embargo

Al-watwan évoque les bandes organisées à Mohéli impliquées dans le trafic de carburant à destination d’Anjouan au vu et au su de certains éléments de la force publique.

C’est ainsi par exemple, que le lundi 31juillet 2000 une grande opération a été effectuée dans le quartier Colas de Mbatsé permettant de saisir des  récipients remplis d’essence qui devaient être expédiés à Anjouan où le litre serait vendu à …1500  Fc.

 Le congrès des forces vives

« La plus grosse erreur du colonel Azali après son putsch est de penser pouvoir le légitimer en l’habillant d’attributs démocratiques par des trucages constituionnel. » écrit l’Archipel  qui s’interroge  si vraiment le colonel Azali avait besoin de cela après avoir pris le pouvoir par les armes ? Pour l’Archipel , les tentatives du colonel Azali de légitimer son pouvoir ne pourront  gommer le fait  « qu’il s’est  servi des armes de la République pour accaparer le pouvoir et le confisquer ».

Notre confrère croit avoir identifié  deux ennemis du colonel . Le premier c’est son ambition ou encore sa croyance immodérée à son destin. Son deuxième ennemi, selon l’archipel, ce sont ces amis qui le soutiennent  et le confortent par intérêt. Ces amis qui,  au prochain régime n’auront aucun mal a retourner leurs opinions…

 La justice

L’archipel publie un article sur l’amertume des magistrats qui reprennent le travail après une grève dont « les revendications sont restées lettres mortes » ’On sait que le protocole d’accord signé avec les autorités ne portera pas les fruits escomptés, prédit l’Archipel a compté seulement deux lignes téléphoniques pour tous les magistrats, deux vielles machines à écrire d’avant l’indépendance. L’équipement relève de la préhistoire. Et cela dans un arrière fond   de conflit de génération entre les anciens et les nouveaux magistrats.

L’archipel estime que « l’assainissement de la justice passe nécessairement par une amélioration du cadre de travail. »

 Opposition

L’archipel juge sévèrement « le flop de l’opposition » en d’autres termes  « l’échec dans la mobilisation mais aussi échec le message délivré par les trois orateurs » lors de son dernier meeting à l’ex- SAGC. « Message  apparemment en deçà des attentes d’actions concrètes et musclées… »

La charte

L’Archipel se livre à une « autopsie  de la nouvelle  charte :«  le chef de l’état est désigné par l’Arméé » (art 4.) «  détermine et conduit la politique de la nation »(art 5), « nomme le Premier ministre et les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions » . Ces derniers sont responsables devant le chef de l’état (art 20) Et c’est toujours lui qui « préside le conseil du gouvernement » (Ar8) Et l’archipel de se  demander  alors pourquoi cette kermesse (le congrès) pour en arriver là puisque de  toute manière le colonel Azali n’a  demandé l’avis de quiconque pour organiser son coup d’état.

 Destabilisation

Al-watwan confirme qu’une tentative de déstabilisation a été déjouées et que  le colonel Azali Assoumani serait la cible . « Mais encore une fois les services de renseignements ont été les plus rapides » note le journal.  Cheikh Ali Bacar Kassim, ancien député de Moroni et propriétaire de la radio Tropic FM fait partie des quatre personnes placées en détention provisoire dans le cade de cette affaire.

Examen

Dans l’ensemble , les résultats de l’entrée en 6e sont catastrophiques, estime Al-Watwan. Sur 5085 candidats inscrits dans les deux îles (4985 présents aux épreuves ), seulement 1141 sont déclarés admis, soit un taux de 22,88 en classe de 6ème.

 Imany, top modèle

Al watwan publie une interview de Imany un mannequin comorien exerçant   en France. Le top model précise que ce    métier est loin d’être aussi   facile qu’il en a l’air. Pour Nadia Mladjao.(c’est son vrai nom)    « les traditions et la religion peuvent tout à fait s’accommoder de  la mode » Imany ajoute :  « A ma toute petite échelle, j’essaie à ma manière  de contribuer à la reconnaissance de notre pays… »

Aux jeunes filles tentées par ce métier, elle donne ce conseil : «  Il faut du courage, de la patience et du travail (qu’il soit physique ou mental). Il faut avoir un grand sens du social. Et surtout faire attention à la ligne ! Car, je sais qu’aux Comores la fille mince n’est pas très populaire ».

 Une vie dans le sport

Al-watwan rend hommage au regretté Youssouf Assimak « un homme écouté et respecté dans le milieu du sport où il était considéré comme l’un des plus grands spécialistes  des règles. « La  force de Assimak vient sans doute, de sa longue présence dans le milieu du sport à tous les échelons , mais aussi et surtout de la permanence de ses idées et de son action » écrit le journal..

 Film

L’hebdomadaire national Al-watwan fait état d’un documentaire sur les Comores intitulés « l’école de la rue aux Comores » visant à  faire découvrir l’archipel sous diverses  facettes. Il s’agira d’un document  mettant en image les contes comoriens et des scènes de la vie quotidienne.

Le  film  en cours de réalisation par un groupe de jeunes de Dunkerque   travaillant en étroite collaboration une association  de Domoidjou