PREPARATION DU PROCHAIN STATUT DE MAYOTTE

L

'Etat français a lancé mercredi 6 septembre avec les forces politiques de Mayotte la préparation de la législation sur les nouvelles institutions de l'île, en présence des deux parlementaires de l'île qui avaient fait campagne contre les grandes lignes du futur statut, approuvé par la population lors d'une consultation le 2 juillet. Participaient également au "comité de suivi" le président du conseil général de Mayotte, Younoussa Bamana, et les dirigeants des principaux partis politiques de Mayotte.

En ouvrant les travaux qui ont pris vendredi 8 septembre, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Paul, a souligné que le projet de loi statutaire devrait être présenté en conseil des ministres en décembre et déposé à l'Assemblée nationale avant la fin de l'année.

Il "s'est félicité" de la présence au "comité de suivi de la loi statutaire" du sénateur (UDF) Marcel Henry et du député (UDF) Henry Jean-Baptiste. Tous les deux avaient fait campagne pour le "non" lors de la consultation en faisant valoir notamment que le nouveau statut proposé de "collectivité territoriale" ne garantissait pas suffisamment l'appartenance de Mayotte, revendiquée par la République Fédérale des Comores à la République française.

Lors de sa "première séance de travail importante dans ses nouvelles fonctions", le ministre a assuré que grâce au nouveau statut qui mettra fin à "25 ans de provisoire", "la place de Mayotte sera renforcée au sein de la République", et "au sein de la communauté internationale". Il convient de rappeler que l'Assemblée Générale des Nations Unies a voté plusieurs résolutions demandant à la France de restituer l'île de Mayotte à l'Etat comorien. Mais jusqu'à ce jour, les différents gouvernements français ont refusé d'appliquer ces différentes résolutions. Le gouvernement de M. Jospin profite donc de l'instabilité qui règne dans la partie indépendante des Comores pour asseoir son emprise dans l'île de Mayotte.

Mayotte avec ses 160.000 habitants présente des retards considérables par rapport au reste de la France. Le SMIC est de l'ordre de 2500 FF, la population, presque uniquement musulmane, augmente de 5,8% par an, les 3/4 d'entre elle ne parlent pas français et 1/3 est illettré. Une bonne partie de la population observe un droit personnel obéissant au droit coranique.

M. Paul a rappelé que "l'objectif affiché était d'étendre le principe d'identité législative à l'horizon 2010" c'est-à-dire que les lois puissent s'y appliquer comme dans le reste de la France. Le gouvernement, qui s'est déjà engagé à verser 4 milliards de FF dans le cadre du contrat de plan en cours, a décidé de créer un fonds de développement et une agence de développement à Mayotte.

Henry Jean-Baptiste a assuré que lui-même et M. Henry participaient aux travaux dans "un esprit de sérénité retrouvée". Il a insisté sur la nécessité de doter Mayotte des instruments législatifs et économiques adaptés afin qu'elle rattrape ses retards. Un objectif essentiel est pour lui de faire évoluer Mayotte de façon qu'elle soit éligible aux fonds structurels européens.

La loi devra notamment fixer un calendrier pour le transfert du pouvoir exécutif du préfet au président du conseil général, pour la réforme du statut des communes, ce qui implique la levée de taxes locales puisqu'elles vivent actuellement de dotations de l'Etat, a souligné le secrétaire fédéral du PS Ibrahim Aboubakar.

Le secrétaire départemental du RPR, Mansour Kamardine, a insisté sur l'importance de la réforme du statut personnel, afin de reconnaître en particulier les droits des femmes qui, par exemple, doivent demander à leur mari l'autorisation de travailler.