DROIT DE REPONSE DE LA DIASCOM A JEUNE AFRIQUE

REPONSE A L'ARTICLE DE "L'INTELLIGENT" DU 5 SEPTEMBRE 2000

 

TOUS LES MOYENS NE SONT PAS BONS

 

Non, tous les moyens ne sont pas bons pour sortir la République fédérale islamique des Comores de la crise à laquelle elle est  confrontée depuis trois ans. Les accords de Fomboni, signés par Azali et Abeid le 26 août 2000, sont dangereux pour  les Comores. Ils menacent purement et simplement l’existence de la nation comorienne. En réalité, les dispositions prévues ne résoudront pas le problème posé par cette crise sans précédent; ils l'aggraveront au contraire.

Les accords de Fomboni donnent malheureusement raison aux séparatistes de l'île comorienne d'Anjouan qui se sont rebellés pour des motifs qui n'ont rien à voir avec la supposée non attention du gouvernement central envers cette île. En effet, ceux-ci ont obtenu par ces accords la disparition programmée de la nation comorienne.

 

Contrairement à ce qui est annoncé par la junte militaire au pouvoir, les séparatistes n'ont pas renoncé loin de là, à la sécession. En réalité, avec le durcissement de l'embargo qui devenait de plus en plus pressant, les séparatistes ont voulu tout simplement faire diversion pour obtenir un répit ou une levée de cet embargo.

De son côté, le colonel Azali avait pris le pouvoir avec comme unique objectif d'appliquer les accords d'Antananarivo. Pendant plus d'un an, il n'a rien fait dans ce sens et le voilà maintenant qui court au secours d'Abeid. Quant à l'OUA, elle ne pouvait qu'encourager le dialogue entre les comoriens, mais jamais cette organisation n'a demandé à des soit disant responsables comoriens d'aller enterrer le pays. Elle a d'ailleurs, comme indiqué dans l'article de "JA L'intelligent" condamné ces accords par un communiqué on ne peut plus clair

 

Aucun mérite ne revient aux négociateurs de Fomboni. Il est toujours facile de détruire et c'est ce que ces messieurs sans scrupule ont fait à Mohéli. Comment peut-on oser féliciter des gens qui sont allés négocier et enfin brader le pays avec Abeid, lui qui n'a pas voulu descendre de son avion parce que le drapeau comorien flottait sur le bâtiment qui abritait les délégations. Nous ne pouvons que condamner les négociateurs qui nous ont ramené des  accords dont l’objectif est de saper définitivement l'unité et l'intégrité territoriale des Comores.

 

Les accords d'Antananarivo, négociés par des délégations issues des îles de la Grande Comore, Mohéli et Anjouan et arrangés à la convenance des séparatistes, ont été signés le 23 avril 1999 en présence des officiels.  Défiant la communauté internationale, les séparatistes sont ensuite revenus sur leur parole. Même si ces accords ne sont pas parfaits loin de là, ils constituent un cadre minimum, accepté par plusieurs partis comoriens et par la communauté internationale, pouvant mener au règlement de la crise comorienne. Avec cette initiative de Fomboni, nous sommes  très loin du compte et nous nous éloignons de plus en plus de notre véritable objectif: l'unité et l'intégrité territoriale des Comores.

 

Dans le préambule des fameux accords, les signataires prétendent tenir compte des aspirations légitimes des populations des îles. Mais qu'en pensent justement ces populations? Ce qui est sûr c'est que les dispositions prévues ne viennent pas des aspirations des comoriens. Ces accords sont condamnés par la majorité des comoriens de l’intérieur et de l’extérieur Une pétition en ce sens (dont vous trouverez une copie jointe) est en circulation. Plusieurs comoriens et associations, notamment celles de la diaspora comorienne, ont déjà signé cette pétition. En France c'est la mobilisation générale contre les accords de Fomboni. Plusieurs actions suivront cette pétition. L'objectif est de faire échec à l'application des dispositions qui y sont prévues. D'ailleurs, aujourd'hui le doute persiste sur le contenu et les dispositions qui vont être réellement mises en place par la commission tripartite prévue dans ces accords.

 

Azali a pris le pouvoir par la force et entend le conserver par tous les moyens, c'est sa seule préoccupation; le retour à l'ordre constitutionnel, exigé par l'OUA et les partis politiques comoriens, n'est pas à l'ordre du jour. Le colonel Azali va essayer de convaincre les responsables de l'organisation panafricaine du bien fondé de ses accords. Nous encourageons vivement l'OUA à tenir une position de fermeté contre ces accords de Fomboni.

 

Le bureau de la DIASCOM ( Coordination des Associations de la Diaspora comorienne )