LA REVUE DE LA PRESSE COMORIENNE

PAR Masiwa e-news

Les derniers journaux comoriens édités à Moroni se sont arrêtés principalement sur le gouvernement Boléro, l’arrivé à Moroni d’un émissaire de l’OUA, la subvention accordée aux cultivateurs d’oignons par l’AFD,  la prévalence du SIDA aux Comores et la pénurie de gasoil évité de justesse.

 

Le gouvernement Boléro

M.Hamadi Madi Boléro a mis en place un gouvernement de combat., constate le journal Al-Watwan qui croit savoir que la nouvelle équipe aura   «  la lourde tâche  de redresser les finances publiques, de poursuivre le chantier ambitieux de la réconciliation nationale en dotant le pays de nouvelles instituions »

Dans son éditorial, Al-watwan donne une explication au  retard enregistré dans la publication de la liste du  gouvernement : « pendant toute cette période où le temps semblait suspendu à l’attente du nouveau gouvernement, le nouveau Premier ministre et l’opposition s’étaient engagés dans des négociations devant fonder leur implication commune dans toutes les structures qui gèrent la transition y compris le gouvernement »

Pour ce journal, la bonne volonté du pouvoir aura été prouvée  par le fait  que le premier Ministre a accepté  un document élaboré par l’opposition comme base de la discussion.  Ce sont les  hésitations de l’opposition au moment de signer qui ont fait échouer la discussion, selon ce journal. Cette «  histoire rappelle à quelques traits près,  celle du pacte du 5 février 99 où au dernier moment le principal concerné refusé de signer » (NDLR :c’est une allusion au premier ministre d’alors M.Abbas Djoussouf)

Al-Watwan  laisse entendre que  l’ouverture politique est toujours à l’ordre du jour, puisque que le premier ministre a opté de  rendre public son gouvernement tout en poursuivant le dialogue avec l’opposition. Mais le journal n’exclut pas que l’opposition fasse  monter de nouveau les enchères en posant « d’autres exigences notamment celle  de la désignation d’un premier ministre consensuel ».

Mais pour la Gazette des Comores, la nomination de M.Boléro comme premier ministre n’est rien d’autre qu’une manière  d’accentuer le pouvoir personnel  du chef de l’Etat.

« Le Premier ministre sortant même s’il ne pesait pas très lourd dans la prise de décisions de l'Etat pouvait néanmoins se prévaloir du soutien de la Coordination Politico- Administrative » de Mohéli, écrit  la Gazette.

Opposé à la nomination de M. Boléro, le conseiller  privé du président, M. Sultan Chouzour   aurait menacé de démissionner selon toujours ce  journal qui n’hésite pas accuser le nouveau premier  d’être  un partisan de  la confédération.

La Gazette s’attendait à la place à  « un homme d’envergure pouvant rassurer les leaders de l’opposition ».

 

L’émissaire de l’OUA

Pour Al-watwan, « l’envoyé spécial de l’OUA est revenu se faire une idée des avancées  enregistrées du dossier comorien ».

Ce journal rappelle que l’OUA a eu à « dénoncer le processus engagé par le colonel Azali et à mettre   les Comores en garde contre les conséquences de la déclaration  de Fomboni. »

 

L’Appui de l’AFD à la filière oignon

Al-Watwan explique à quoi va servir les 321 millions de francs comoriens accordé à la filière oignons par l’AFD .Ces crédits « vont non seulement permettre de poursuivre la formation de 500 nouveaux maraîchers aux techniques culturales  de l’oignon mais aussi d’assurer aux petits paysans l’écoulement et la conservation de leurs  récoltes par la création d’un fonds de commercialisation  et la mise en place d’un dispositif de stockage » 

 

Mission libyenne

 Al-watwan rend compte d’une récente   mission libyenne aux Comores conduite par le vice-ministre des affaires étrangères chargé du commerce de la Jamahirya, M. Mahamoud Al-Maghribi.

A en croire ce journal,  Tripoli va aider les Comores à exporter des fruits et à mettre en place des projets communs.   

 

Le SIDA

Al-watwan publie une mise au point du Dr Karima, chef du programme de lutte contre le SIDA affirmant  notamment qu’il existe bel et  bien une stratégie nationale de lutte contre la pandémie et que la journée mondiale du SIDA n’a pas été passée sous silence  mais seulement reportée à cause au 13 janvier à cause du ramadan. En réponse, le journal national maintient qu’il y a « relâchement des actions de sensibilisation et que les nouveaux cas de sida constatés ne sont pas surtout dus à la volonté divine ». Et que pour l’instant la lutte contre le Sida ne semble pas être une priorité nationale.  Il aurait fallu pour cela   une certaine prise de conscience  politique et des moyens  importants. On n’en est loin.

La Gazette signale que 51 personnes ont été testées positives au VIH  depuis le début du programme compte non tenu de la situation à Anjouan et à Mohéli qui n’ont pas répondu à l’évaluation. Ce journal regrette que les gouvernements successifs n’aient  jamais accordé à la lutte contre le SIDA la priorité qu’elle mérite. Il faudra  pourtant sensibiliser  la population car «  être bien informée, c’est la bataille à  gagner sur la maladie » écrit encore la Gazette.

 

Libre tribune santé

Le docteur Ahamada Tadjiri, seul dermatologue disponible à Moroni,  publie dans la Gazette une libre tribune consacrée aux sanctions disciplinaires infligées à des médecins notamment le docteur Issulah qui fut chef de service à El- Maarouf pendant plus de 20 ans,  « muté dans un centre de santé comme médecin adjoint. »

« C’est ainsi que nos honorables maîtres qui ont servi pendant plusieurs années et ayant une grande expérience de la santé publique et de la médecine  hospitalière aux Comores sont humiliés » écrit avec amertume le dermatologue.

Le docteur Tadjiri évoque également son propre cas en  présentant comme une victime  «  licencié de la fonction publique pour la seule raison d’avoir défendu le statut du corps médical, en ma  qualité de secrétaire général du syndicat des médecins. »

 

Trafic de passeport

La Gazette des Comores affirme que  certains représentants de l’Etat comorien organisent un trafic de passeports et que ce serait la raison pour laquelle, le pays est confronté régulièrement à des ruptures de stocks des carnets qui servent à établir les passeports.  Ce journal observe que  « les statistiques et les pénuries fréquentes des passeports dans notre pays suffisent à montrer qu’entre le nombre des Comoriens  qui voyage et celui des passeports délivrés, la différence est impressionnantes ». Le journal accuse l’une de nos représentations diplomatiques à l’étranger  de vendre des passeports comoriens à des personnes de nationalité étrangères.

 

Enseignement

Les service du ministère de l’éducation national a dû constater qu’un certain nombre de postes d’enseignants du  primaire comme du secondaire ne sont pas pourvus à ce jour, rapporte Al-watwan.

 

Carburant

La Gazette a cru voir arriver  « encore une fois, une pénurie de gasoil et de pétrole lampant…. Dans un pays normal, cela fait belle  lurette que le patron de la société des hydrocarbures auraient sauté pour incompétence. »

il n’y a pas de raison pourtant de connaître de nouveau une pénurie, selon ce journal,  puisque la société a  procédé une hausse sensible des prix qui devrait  la mettre à

« La précipitation » de résilier le contrat de Total Fina relève de l’irresponsabilité aux yeux de la Gazette des Comores.

 

masiwa e-news

 

BREVES

L’Union européenne donne 4,5 millions d’euros aux Comores

L'Union Européenne a annoncé avoir octroyé aux Comores un don de 4,5 millions d'euros destinés à promouvoir le développement social et la qualité de vie de la population, selon un communiqué du bureau de l'UE à Moroni publié lundi 11 décembre.

Ce don entre dans le cadre d'un "programme pluri-annuel de micro-réalisations" dans les secteurs économiques, social et environnemental, les infrastructures, ainsi que les activités génératrices de revenus, indique le communiqué. "L'approche du programme permettra d'assurer aux associations rurales (...) un appui d'ensemble suffisamment cohérent et durable", indique l'UE.

Le programme financé par l'Union Européenne concerne les trois îles de la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC): Anjouan, la Grande-Comore, et Mohéli. Or, Anjouan a proclamé unilatéralement son indépendance en juillet 1997 et les trois îles se sont engagées récemment dans un processus laborieux de réconciliation qui vise à créer une fédération avec davantage de pouvoirs pour chacune d'elles.

Ni la junte militaire du colonel Azali Assoumani au pouvoir à Moroni après un coup d'Etat le 30 avril 1999, ni le régime militaire séparatiste d'Anjouan ne sont reconnus officiellement pas la communauté internationale.

En novembre, l'Union européenne avait déjà octroyé aux Comores un don de 4,89 millions d'euros, destinés à soutenir le secteur des produits agricoles de rente.

 

Le bide du voyage du colonel Abeid à la Réunion et en France

Le voyage du colonel Abeid à la Réunion et en France a été un échec total. A la Réunion, il n'a rencontré qu'un petit groupe de partisans qui soutiennent encore les idées du séparatisme. En France, il a rencontré ses partisans dans un hôtel à Torcy. Il leur aurait déclaré qu 'il contrôle la situation et que les négociations avancent. Selon nos correspondants en France, la réunion n'aurait rassemblé qu'une vingtaine de personnes. C'est plus qu'un échec pour cet officier de réserve de l'armée française qui rêve de devenir "Président" de l'île d'Anjouan. Le chef séparatiste avait informé ses partisans qu'il allait rencontrer des dirigeants européens à Bruxelles, conclure des contrats et obtenir des aides financières. Selon nos informations, il ne s'est pas rendu à Bruxelles lors de son séjour en France. Aucun contrat n'a donc été signé entre l'Union Européenne et le chef séparatiste. Le mensonge est érigé en art de gouverner dans cette partie du territoire comorien contrôlé par les séparatistes.

 

Foundi Abdallah Ibrahim « convoqué » par les RG à Paris

L'ancien chef séparatiste Foundi Abdallah Ibrahim (qui a un logement d 'asile à Nice) a été récemment convoqué à Paris par les Renseignements Généraux français. Selon les informations parvenues au siège de notre journal, on lui aurait demandé ce qu 'il pense de la situation actuelle à Anjouan et s'il veut y retourner. Apparemment, il souhaite passer du beau temps à Nice malgré la nostalgie du pouvoir. Une voiture avec chauffeur a été mise à sa disposition; il peut l'appeler en tout moment en cas de besoin.

Comme on dit, toute peine mérite salaire.

 

Azali nomme un militaire à la tête de son cabinet

Le chef de l'Etat comorien le colonel Azali Assoumani a nommé le capitaine Mradabi Fakridine directeur de son cabinet, a annoncé lundi 18 décembre Radio Comores (la radio nationale). Le capitaine Fakridine, surnommé Fakri, remplace à ce poste Hamada Madi Boléro, qui vient d'être nommé Premier ministre. Le nouveau gouvernement, dont la formation a été annoncée le 11 décembre, comprend uniquement des partisans du pouvoir en place, malgré des négociations en vue d'une ouverture à l'opposition.

 

Azali se rend à la Mecque

Le chef de l'Etat comorien le colonel Azali Assoumani s'est envolé tôt lundi 18 décembre matin pour les lieux saints de la Mecque où il doit effectuer le "oumra", ou le petit pèlerinage, selon le service de presse de la présidence. Le colonel Azali est accompagné de son épouse et de quelques membres de son cabinet. Il s'agit du deuxième voyage à La Mecque du chef du pouvoir militaire comorien depuis sa prise du pouvoir le 30 avril 1999.

 

Accord dans le domaine de la pêche entre l’Union européenne et les Comores

L'Union européenne et les Comores ont signé un accord de pêche aux termes duquel des navires européens pourront pêcher le thon dans les eaux comoriennes pendant trois ans en échange d'une compensation financière, a annoncé mardi 19 décembre la Commission européenne. Cet accord, qui renouvelle un accord précédent, entrera en vigueur à compter du 28 février 2001, a précisé la Commission dans un communiqué rendu public à Bruxelles. Soixante-cinq navires espagnols, français, portugais et italiens auront le droit de pêcher le thon dans les eaux comoriennes. L'accord précédent portait sur 60 navires. La compensation financière européenne versée à Moroni restera pratiquement inchangée par rapport à l'accord précédent et s'élèvera à 350.000 euros par an, a précisé la Commission.

Cette compensation servira au développement de la pêche locale et à des programmes techniques et scientifiques pour le développement de la pêche comorienne. Reste à savoir si les pêcheurs comoriens qui sont les premiers concernés de cet accord bénéficieront du montant de l’indemnisation.

Après la cession ou location de l’indicatif 269 à une société américaine, voilà que les eaux comoriennes sont l’objet d’une transaction financière avec des pays étrangers. Que reste –t-il à vendre ?

 

Subvention de l’AFD pour la production d’oignons aux Comores

L'Agence française de développement (AFD) a accordé une subvention de 64O.000 euros (321 millions de francs comoriens) à la filière maraîchère du Syndicat national des agriculteurs comoriens (SNAC) pour promouvoir la production d'oignons aux Comores. L'objectif du projet est de parvenir d'ici trois ans à une production d'environ 1.000 tonnes d'oignons par an, soit la consommation annuelle totale du pays. Les Comores économiseraient quelques 450 millions de francs comoriens par an consacrés à l'importation d'oignons sur l'île voisine de Madagascar. La production comorienne d'oignons ne couvre actuellement que 2% seulement des besoins.

La convention signée entre l'AFD et le SNAC doit permettre notamment d'assurer aux agriculteurs l'écoulement et la conservation des récoltes par la création d'un fonds de commercialisation et la mise en place d'un dispositif de stockage.

L'agriculture comorienne représente 43% du Produit intérieur brut (PIB) du pays.

 

La France appelle au dialogue pour régler la crise comorienne

Le dialogue entre îles comoriennes, ainsi qu'entre le pouvoir et l'opposition, peut seul permettre de régler la crise comorienne, a estimé jeudi 21 décembre l'ambassadeur de France à Moroni, Jean-Pierre Lajaunie, lors d'une conférence de presse."Non-ingérence, mais pas indifférence", ainsi a-t-il défini la position française vis-à-vis de l'archipel. "Il faut que les Comoriens recherchent eux-mêmes la solution à la crise (...), c'est la position de notre gouvernement et elle ne changera pas" a-t-il déclaré. La crise "doit se résoudre par le dialogue (...)", que ce soit "entre îles, ou entre le pouvoir et l'opposition", a-t-il précisé. "Nous ne tolérons pas une intervention armée", a-t-il également ajouté, sans autre précision. Pour la France, si "le principe de l'unité et de l'intégrité des Comores ne peut être remis en cause", tout le reste pourra être négocié pour "mettre fin à la crise anjouanaise et institutionnelle avec l'objectif d'un retour à une forme démocratique dans ce pays," a indiqué le diplomate. "Nous soutenons l'Organisation de l'unité africaine (OUA) tout en n'excluant pas d'autres types d'actions" a-t-il poursuivi, précisant que la méthode "empirique" pouvait parfois donner des résultats surprenants.

"La France reconnaît des Etats et non des régimes" a dit M. Lajaunie qui a toutefois précisé que "cela ni signifie pas une approbation de ces régimes." Le colonel Azali Assoumani est arrivé au pouvoir à Moroni par un coup d'Etat, en avril 1999, dans un pays plongé dans une crise séparatiste depuis août 1997 et la déclaration unilatérale d'indépendance de l'île d'Anjouan. L'ambassadeur de France a par ailleurs déclaré que Mayotte "pourrait être en mesure de développer une coopération décentralisée avec les Comores". Mayotte et le département français de la Réunion peuvent devenir des "points d'appui" dans cette politique régionale décentralisée à laquelle la France serait prête à apporter son concours, a-t-il expliqué.

Mayotte, quatrième île de l'archipel des Comores est toujours sous administration française depuis l'accession des Comores à l'indépendance en juillet 1975.

 

Une mission de la Banque mondiale et du FMI à Moroni

Une mission conjointe de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) se trouve à Moroni pour "collecter les données disponibles", afin d'établir un diagnostic de l'état des finances comoriennes, a indiqué vendredi 22 décembre un fonctionnaire du ministère des Finances. Pour la première fois depuis trois ans, la mission s'est rendue sur l'île séparatiste d'Anjouan. En mars 2001, la mission devrait soumettre aux Comores un "Programme de suivi et de surveillance" avec des objectifs quantitatifs précis. Le respect de ces équilibres budgétaires pourrait permettre aux Comores de bénéficier d'un programme d'investissement de la part de la Banque mondiale, indique le ministère des Finances.

Un programme de privatisation des entreprises publiques comoriennes devrait être également abordé au cours de ce séjour.