REPRISE DE CONTACT ENTRE L’OUA ET LES SEPARATISTES ANJOUANAIS

Une mission de l'OUA salue à Anjouan la réconciliation comorienne

 

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e chef d'une mission de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) aux Comores a salué le 11/1/2001 dans l'île séparatiste d'Anjouan le processus de "réconciliation nationale engagé" dans l'archipel. La mission de l'OUA, arrivée mercredi 10 janvier à Anjouan, est la première à se rendre dans l'île séparatiste depuis un an.

"Les Comoriens eux-mêmes sont les premiers responsables pour résoudre la crise", a déclaré mercredi soir le Mozambicain José Francisco Madeira Caetano, envoyé spécial du secrétaire général de l'OUA Salim Ahmed Salim.

"Le principe de la réconciliation nationale est engagé et nous nous en réjouissons", a ajouté M. Madeira lors d'un dîner en présence du chef des séparatistes anjouanais, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderemane.

"Toutes les parties comoriennes acceptent le besoin de préserver l'unité nationale et l'intégrité du territoire", a-t-il poursuivi.

Le chef de l'Etat comorien, le colonel Azali Assoumani, et le lieutenant-colonel Abeid ont signé en août à Fomboni, sur l'île de Mohéli, un accord de réconciliation nationale pour mettre fin à trois années de crise séparatiste provoquée par l'indépendance unilatérale de l'île d'Anjouan, en août 1997. Mais cet accord a été vivement critiqué par de nombreux partis politiques comoriens et des organisations de la société civile car il favorise objectivement la balkanisation des Comores.

"Les Comores sont entrées dans une nouvelle ère, où les gens circulent librement avec leurs biens, se mêlent, discutent et vivent ensemble", a déclaré le dirigeant séparatiste.

La déclaration de Fomboni "est un pas historique franchi dans la recherche d'une solution durable et pacifique de la crise", a-t-il ajouté.

La mission de l'OUA est composée de hauts fonctionnaires des pays de la région et de la Troïka de l'Organe central de l'organisation. Les ambassadeurs de France, de Chine et de Libye aux Comores ont également fait le déplacement à Mutsamudu, la capitale de l'île.

Des rencontres avec l'opposition anjouanaise ont eu lieu jeudi 11 janvier.

 

Rencontre avec le chef séparatiste d’Anjouan

 

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'émissaire de l'OUA, M.José Francisco C.Madeira, s'est entretenu mercredi 10 janvier avec le colonel Saïd Abéid, "président d'Anjouan", à Mutsamudu, en présence de l'ambassadeur de France aux Comores, M. Jean-Pierre Lajaunie.

Les deux hommes étaient arrivés le matin sur l'île avec le ministre comorien des Affaires étrangères, Soeuf Mohamed Elamine, le représentant de l'Union Européenne (UE), une délégation de la Banque mondiale et les ambassadeurs de Libye, de Chine et de Russie.

Les institutions spécialisées des Nations Unies présentes à Moroni n'ont pas répondu à l'invitation du gouvernement de se joindre aux autres missions étrangères.

M. Madeira, qui effectue une mission d'observation aux Comores, notamment à Anjouan, tentera d'évaluer les résultats réels de la déclaration de Fomboni sur l'île, comme l'a suggéré une réunion ministérielle des pays de la région, tenue à Pretoria en fin décembre 2000.

L'émissaire de l'OUA devra déterminer s'il est opportun de lever les mesures imposées à l'île et à ses dirigeants par l'organisation panafricaine, même si en réalité elles ont perdu de leur acuité depuis que Moroni a levé l'embargo qui frappait Anjouan.

Selon un diplomate en poste à Moroni, "cette mission de l'OUA à Anjouan ne peut être qu'une bonne chose. Elle permettra de se rendre compte de la réalité au lieu de colporter des rumeurs depuis Moroni ou Addis-Abéba".

La délégation de l'OUA et des missions diplomatiques à Anjouan, ont assisté à l'ouverture de la première session plénière de la commission tripartite, chargée de proposer un projet d'acte fondamental du Nouvel Ensemble Comorien.

A cette occasion, le colonel Abéid a prononcé un discours conciliant, demandant aux participants d'élaborer un texte qui garantisse l'unité, la solidarité et la fraternité des habitants des îles Comores.

Le pouvoir de Moroni voit dans cette attitude du colonel Abeid une avancée notable dans la voie de la réconciliation. Mais, la plupart des opposants interrogés mercredi 10 janvier affichaient une certaine méfiance concernant la sincérité des nouvelles positions du chef du mouvement anjouanais.

"Pour nous, les mots n'ont aucune signification", a déclaré à la PANA M. Houmed Msaidié, ancien ministre, proche de l'ancien Premier ministre, Abbas Djoussouf.

"Ce qui est important pour nous, c'est de parvenir à déterminer un échéancier pour l'élaboration de la Constitution et pour les élections. Nous attendons de voir dans quelle mesure le colonel Abéïd s'y engagera", a-t-il ajouté.

M. Msaidié a ajouté que de toute manière la dynamique séparatiste n'avait plus d'issue possible depuis un moment.

Il a déclaré que la fermeté des gouvernements successifs, la solidarité internationale et le caractère utopique des promesses faites par les séparatistes, à savoir le rattachement à la France et à défaut l'indépendance de l'île, ont eu raison du mouvement anjouanais.

Une mission de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) qui avait quitté l'île séparatiste comorienne d'Anjouan vendredi 13 janvier  y est retournée dans le cadre de la médiation dans les crises séparatiste et institutionnelle aux Comores.

Elle devait se rendre au préalable dès lundi sur la troisième île des Comores, Mohéli, dans le même but, selon le bureau de liaison de l'OUA à Moroni.

Elle doit présenter aux autorités séparatistes de l'île un projet d'accord destiné à mettre fin à la double crise, a indiqué le bureau de liaison de l'OUA, qui ne donne aucun détail sur le contenu de cet accord, se contentant de préciser qu'il a été élaboré par les médiateurs de l'OUA après plusieurs mois de négociations avec toutes les parties impliquées à Moroni et à Anjouan.

Le colonel Abeid a profité de la visite à Anjouan de plusieurs diplomates qui accompagné la mission de l’OUA pour essayer de se faire une santé en déclarant à l’AFP que la mission de l’OUA est venue à Anjouan constater l’indépendance de l’île séparatiste.

Cet accord de réconciliation, signé le 26 août 2000 par le chef des séparatistes au pouvoir, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane, et le chef de la junte militaire au pouvoir à Moroni, le colonel Azali Assoumani, prévoit, à terme, une union de type confédéraliste des trois îles des Comores.