NOS BREVES

Paris n'a pas digéré la mention de Mayotte dans l'accord-cadre

Selon nos confrères de la Lettre de l'Océan Indien, la diplomatie française n'a pas digéré la référence de Mayotte dans l'accord-cadre (article 28 page 9) pour la réconciliation nationale aux Comores, signé le 17 février. Selon une source diplomatique à Moroni, cette mention inscrite à l'initiative de l'opposition comorienne "a indispose la France et l'Union européenne lui a exprimé sa solidarité". Du coup, Paris a donné instruction à son ambassadeur à Moroni, Jean-Pierre Lajaunie, pour qu'il ne signe pas l'accord-cadre (contrairement à ce qu'ont fait les délégués de l'OUA et de l'Organisation internationale de la francophonie) et pour qu'il ne siège pas au comité de suivi mis en place pour assurer la concrétisation dudit accord. Paris souhaite que la question de Mayotte ne soit pas posée en terme politique (réintégration de l' île dans l'ensemble comorien) mais appréhendée sous l'angle de l'accroissement des relations entre l'Ensemble comorien et Mayotte en matière économique, sanitaire, sportif et culturel. Par ailleurs, les diplomates français à Moroni sont d'avis que le comite de suivi de l'accord-cadre devrait être coordonne par l'OUA, ce que le président Assoumani Azzali a finalement admis le 18 mars. Mais ils estiment que l'opposition comorienne a "commis une maladresse" en faisant de ce point une exigence et un préalable à sa participation au comité de suivi, car cela a eu pour effet de piquer au vif les représentants du gouvernement de Moroni et ceux d'Anjouan. Pour sa part, l'opposition a haussé le ton, le 15 mars, en accusant le président Azali de vouloir violer l'accord -cadre avec le soutien actif de l'ambassadeur de France à Moroni et de l'émissaire de l'OIF, Andre Salifou.

 

Un émissaire d'Abbasse Djoussouf rencontre Abeid à Mayotte

Un émissaire de M. Abbasse Djoussouf, l'un des chefs de l'opposition comorienne a rencontré le colonel Abeid dans un hôtel à Mayotte suite à sa participation à la réunion du 4 Avril tenue à la Réunion. Cet émissaire a voulu négocier avec le colonel Abeid des possibilités d'un déplacement de M. Abbasse Djoussouf dans l'île comorienne d'Anjouan. Cette démarche a apparu quelque peu surprenante dans la mesure où l'accord-cadre signé le 17 Février consacre la libre circulation des personnes et des biens au sein de l'ensemble de tout le territoire comorien.

 

L'initiative de coopération régionale entre la Réunion et les Comores critiquée par M. Said Ali Mohamed 

Dans un communiqué publié à Mayotte le 9 Avril, M. Said Ali Mohamed, Ancien Ministre et l'un des chefs actuels de l'opposition, a critiqué l'initiative de coopération régionale entre la Réunion et les Comores en ces termes:

" comment peut-on expliquer l’organisation d’une réunion sous le couvert de la soi disant coopération régionale au cours de laquelle, la France, par le biais du département de la Réunion, a invité officiellement les pouvoirs séparatistes et putschiste de Mutsamudu et de Moroni tout en mettant en relief la triple représentation des Comores, île par île, alors que, dans le pays, les Comoriens se battent contre marées et vents pour mettre en application les premières recommandations de l’accord cadre dont le texte est paraphé le 17 février 2001 par l’ensemble des acteurs politiques des Comores, notamment l’Opposition Nationale et les détenteurs du pouvoir à Ngazidja et à Ndzuwani sous  l’égide de la Communauté internationale en l'occurrence l’OUA?"

 

Les communistes français lancent une campagne contre le SIDA en Afrique

Selon l'Agence PANA, le Parti communiste français (PCF) a lancé jeudi 12 Avril aune campagne nationale et européenne visant à mobiliser les parlementaires français et leurs homologues de l'Union européenne (UE) en faveur de l'adoption d'une loi internationale autorisant la production, l'importation et l'exportation de médicaments anti-rétroviraux moins chers.

Le secrétaire national du parti, Robert Hue, a déclaré que cette campagne militera en faveur de l'adoption d'une politique de coopération qui préconise une aide en direction des programmes de recherche mis sur pied par le Sud dans la lutte contre cette maladie incurable.

Lors d'une conférence de presse au siège du PCF à Paris, M. Hue a exhorté en particulier les 39 multinationales à retirer leurs plaintes contre le gouvernement sud-africain. Rappelons que les multinationales veulent empêcher Pretoria d'acquérir des médicaments génériques pour les personnes vivant avec le VIH, dont le nombre est estimé à 4 millions en Afrique du sud.

Dévoilant le slogan de cette campagne contre le SIDA "Ensemble pour l'Afrique", M. Hue a dit que l'ampleur des conséquences graves de cette pandémie sur les pays en développement devrait suffire à "toucher la corde sensible des firmes pharmaceutiques afin qu'elles donnent la priorité au droit à la vie avant le profit". Il a rappelé que sur les 36 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde, 25 millions se trouvaient en Afrique.

M. Hue a affirmé qu'alors que la lutte contre le SIDA en Afrique ne nécessitait que 3 millions de dollars par an, les Etats-Unis dépensaient 52 millions de dollars pour combattre l'obésité. Il a dit que son parti profitera de la prochaine conférence internationale sur le SIDA, qui se tient en juin, pour appuyer les demandes en faveur de la satisfaction des besoins prioritaires des pays en développement en matière de santé, et notamment en matière de lutte contre le SIDA.

Le PCF a également parlé des stratégies qu'il allait poursuivre au Parlement européen en vue de pousser l'UE à envisager une politique de coopération qui facilitera le développement du Sud dans le domaine de la santé.

Par ailleurs, le député européen Fodé Sylla a suggéré que le renforcement des capacités des pays africains à acquérir les traitements anti-sida moins chers devrait être accompagné du développement des infrastructures sanitaires, y compris des centres médicaux bien équipés et un personnel auxiliaire de santé bien formé. Il a souligné l'urgence à annuler la dette extérieure de l'Afrique pour permettre au continent d'orienter davantage de ressources en direction de l'éducation, de la santé, y compris la prévention contre le Sida. M. Sylla a rappelé aux firmes pharmaceutiques qui ont intenté un procès contre Pretoria que "le droit d'accéder aux médicaments anti-sida pouvant sauver des vies humaines devrait supplanter la course au profit".

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