TRIBUNE ET
OPINIONS LIBRES
La pénétration coloniale française aux Comores remonte à 1841, en brisant le maillon faible d’alors : Mayotte, pour s’étendre aux trois autres îles, Anjouan, Mohéli et Ngazidja. Le premier texte officiel consacrant cette occupation est le décret du 9 Septembre 1889, qui érigeait l’archipel en protectorat français.
Depuis,
les Comores ont partagé le même sort, leur unité politique, administrative et
culturelle n’ayant jamais été remise en
cause par la France, malgré les nombreuses dispositions intervenues au sujet du
statut de l’archipel, qui aboutiront au statut d’autonomie interne, et jusqu’au
référendum d’autodétermination du 22 Décembre 1974, auquel à 96%, le peuple
comorien s’est prononcé pour l’indépendance.
C’est depuis cette époque que la France va monter de toute
pièce le « problème mahorais »,consacrant toute son énergie à
disloquer ce petit archipel. Elle reconnaîtra l’indépendance des trois îles et
occupera illégalement l’île comorienne de Mayotte, et ce, malgré la demande
expresse de l’ONU, l’OUA, la Ligue des Etats Arabes de restituer Mayotte à la
jeune République comorienne.
Et ce sera par Mayotte qu’elle va s’employer à déstabiliser
pendant plus d’un quart de siècle, la jeune Nation comorienne, la plupart du
temps par mercenaires interposés.
Ces
évènements se déroulaient sous le régime de la droite en France. L’arrivée de
la gauche au pouvoir n’a rien changé à cette politique colonialiste et c’est
main dans la main qu’ils vont briser l’unité des Comores.
En ce début du 21ème siècle, l’on aurait pu s’attendre de la
part de l’Etat français qui se targue de « défendre résolument les droits
de l’homme » et de la part du gouvernement Jospin et de la « gauche
plurielle », à la mise en œuvre d’une politique progressiste, respectueuse
du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
En Juillet 2000, l’Etat français a organisé une consultation
à Mayotte concernant son ancrage dans la République française et visant à lui
octroyer un statut de collectivité départementale.
En Avril 2001, la France persiste et signe dans sa volonté
de disloquer l’ensemble comorien : depuis Février 2001, toutes les parties
comoriennes sous l’égide de l’OUA, de l’ONU, de la Ligue des Etats Arabes, et
de l’Union Européenne, ont trouvé un terrain d’entente pour la réconciliation
nationale par la signature de l’accord cadre qui délimite les Comores dans ses
frontières naturelles, les quatre îles Mayotte comprise. La France refusera de
parapher le document et usera de nouveaux stratagèmes pour opposer les parties
comoriennes entre elles.
La volonté de la France est de séparer définitivement
Mayotte des autres îles. Pour cela elle est prête aujourd’hui à développer
rapidement sur cette île des leurres de progrès sociaux tout en gardant
l’essentiel sous sa maîtrise.
L’intérêt essentiel pour la France à Mayotte est d’ordre
stratégique et militaire. En effet , une base d’écoute et d’observation
sur l’océan Indien y prospère.
Il est important que le peuple français soit informé de la
politique que mène ceux qui les gouvernent au delà de leurs frontières, et face
à des pays moins avancés, car l’avancée de ces peuples opprimés passe aussi par
le soutien des peuples des pays oppresseurs.
Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre.
Nous avons besoin de votre soutien pour exiger de l’Etat
français le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
VIVE L’UNITE ET
L’INTEGRITE TERRITORIALE DES COMORES ! ! !
Fait à Paris le 1er MAI 2001
Fédération de
France du Front Démocratique des Comores