Le chef de la junte militaire aux Comores, le colonel Azali Assoumani, a célébré jeudi 3 Mai le deuxième anniversaire de son coup d'Etat, sans évoquer de manière insistante le processus de réconciliation nationale destiné à résoudre les crises séparatistes et constitutionnelles, actuellement bloqué.
Le président comorien, le colonel Assoumani Azali, a dressé un bilan positif de son action à la tête du pays.
Dans un discours, le colonel Azali a indiqué notamment que "l'armée nationale de développement est fière du chemin parcouru depuis le 30 avril 1999, pour avoir su, dans cette marche, faire converger les points de vue des partis politiques et de la société civile, et gagner la confiance de l'immense majorité des Comoriens".
Il a fait remarquer que la liberté de presse est aujourd'hui une réalité vivante dans le pays.
"Les médias, dont je salue la journée internationale, bénéficient chez nous d'une grande liberté d'expression. Ils sont totalement libres", a-t-il dit.
Il a ajouté que "les organes de presse de l'opposition, notamment le journal "La Gazette des Comores" et "Radio Tropic" n'ont jamais été inquiétés, malgré leurs propos diffamatoires systématiques, les désinformations régulières et l'acharnement inconsidéré".
"Aujourd'hui, après deux ans, je peux dire en toute modestie que le chemin que nous avons choisi ensemble n'a pas été le plus mauvais", a-t-il déclaré dans un discours-bilan à Foumbouni, dans le sud de l'île de la Grande Comore.
Devant un millier de personnes venues de la région du Mbadjini et des quatre coins de la Grande Comore, le colonel Azali a insisté sur les équilibres macro-économiques qu'il estime maîtrisés.
"L'assainissement des effectifs de la fonction publique, mené avec rigueur, a permis de se débarrasser des fonctionnaires fantômes et ainsi maîtriser la masse salariale et de renouer avec les institutions financières internationales", a-t-il fait savoir.
Il a annoncé qu'une conférence de bailleurs de fonds en faveur des Comores se tiendrait au mois de juin prochain, car, a-t-il fait observer, la situation économique redevient "encourageante avec une certaine visibilité et une réelle lisibilité"
Le colonel Azali, autoproclamé président après son coup d'Etat du 30 avril 1999, s'est contenté brièvement de "saluer" l'accord de réconciliation nationale signé le 17 février dernier par lui-même, le chef du pouvoir séparatiste de l'île d'Anjouan et les représentants de l'opposition comorienne. Il a affirmé que le dialogue inter-comorien se poursuivrait en vue d'une application "raisonnée et raisonnable de l'accord" et de l'approfondissement d'une réelle réflexion sur l'autonomie des îles et la décentralisation.
Le 16 avril, les autorités anjouanaises avaient suspendu leur participation au comité de suivi de l'accord, chargé de sa mise en application, bloquée depuis. Cet accord vise à mettre en place une nouvelle entité comorienne avec une large autonomie pour chacune des îles et à restaurer, à terme, le pouvoir civil à Moroni, par des élections notamment.
Quelque 2.000 personnes avaient été convoyées, dont la plupart depuis la capitale Moroni, à 50 km au nord, pour assister à la célébration, qui s'est déroulée dans le calme, en présence d'un dispositif de sécurité assez conséquent, rapporte le correspondant de l'AFP.
Avant son arrivée à Foumbouni, des habitants de la troisème ville de la Grande Comore avaient fait circuler une lettre ouverte au chef de l'Etat disant que Foumbouni "ne se sent pas prête à accueillir la commémoration d'un coup d'Etat", souhaitant plutôt "voir toute la classe politique réunie pour fêter l'accord" de réconciliation.