POLITIQUE.

LES TRAVAUX de la Commission tripartite pour la réconciliation PIETINENT

La Commission tripartite pour la réconciliation nationale comorienne se réunit pour la première fois dimanche 20 mai à Fomboni, sur l'île de Mohéli.

La Commission est chargée notamment d'élaborer la nouvelle Constitution comorienne et du ramassage des armes actuellement entre les mains des milices anjouanaises.

La Commission tripartite pour la réconciliation est le principal organe de l'accord-cadre de réconciliation. Elle est composée de représentants du gouvernement de Moroni, de l'Autorité d'Anjouan, de l'opposition, et de la société civile, sur une base paritaire.

La Commission tripartite rassemblera quelque 80 délégués.

L'ouverture des travaux de la Commission s’est fait en présence de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et de la Ligue des Etats arabes.

L'OUA est engagée dans une action de médiation pour tenter de trouver une issue pacifique à la double crise comorienne. Un accord-cadre de réconciliation a été signé le 17 février visant à la mise en place d'un nouvel ensemble institutionnel comorien.

L'Organisation panafricaine est soutenu dans ses efforts par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), l'Union européenne, et la Ligue des Etats arabes.

 

L'opposition a accusé le pouvoir de "violer" l'Accord de réconciliation

 

L'opposition a accusé dimanche 20 mai le pouvoir comorien de "violer" l'accord de réconciliation, lors de la cérémonie d'installation de la Commission Tripartite pour la réconciliation nationale.

"Le Gouvernement n'est pas concerné par cette réunion", a déclaré à l'AFP le représentant de l'opposition, Mr Mouzawar Abddallah, en protestant contre l'intervention du Premier ministre, Hamada Madi Boléro, au cours de la cérémonie.

La Commission tripartite pour la réconciliation nationale comorienne, qui réunit des représentants du gouvernement de Moroni, de l'Autorité d'Anjouan, de l'opposition, et de la société civile, sur une base paritaire, est réunie à Fomboni, sur l'île de Mohéli. Elle doit élaborer la nouvelle Constitution comorienne et doit s'occuper du ramassage des armes actuellement entre les mains des milices anjouanaises.

"L'intervention exclusive que voulait se réserver le chef du gouvernement dans cette réunion constitutive de la Commission Tripartite a pour seul objectif de faire de la récupération, cela revient à violer l'Accord, c'est inacceptable" a affirmé l'ancien ministre comorien des Affaires étrangères.

Pour sa part, le chef du gouvernement a justifié son intervention en indiquant que le gouvernement était "à l'initiative de cet Accord".

Et Mohamed Abdou Madi, représentant le pouvoir, a estimé que l'intervention du Premier ministre se justifiait par le fait que le gouvernement est "le principal bailleur de fonds" du processus de réconciliation en cours. C'est le premier accroc sérieux lié à la mise en place de la Commission Tripartite, le principal organe de l'Accord-cadre de réconciliation aux Comores signé le 17 février dernier à Fomboni.

Cet Accord doit mettre fin à la double crise séparatiste et institutionnelle comorienne qui agite l'archipel depuis bientôt près de quatre ans.

 

Les divergences sur l'opposition ralentissent encore la réconciliation

 

Les divergences sur la représentation de l'opposition continuent de ralentir le processus de réconciliation aux Comores, ses protagonistes ayant arraché péniblement lundi un accord sur une direction provisoire de la commission chargée de sa mise en oeuvre, rapporte le correspondant de l'AFP.

Une Commission Tripartite chargée notamment d'élaborer une nouvelle constitution a finalement été installée avec un jour de retard lundi à Fomboni, le chef-lieu de Mohéli, l'une des trois îles des Comores, mais avec à sa tête une direction provisoire, remettant ainsi à plus tard le réglement des divergences, selon des participants qui ont requis l'anonymat.

L'opposition à Moroni souhaite que l'opposition soit représentée dans son caractère national, c'est-à-dire unique pour les trois îles. Le pouvoir séparatiste d'Anjouan ainsi que la junte militaire au pouvoir à Moroni souhaitent, eux, une représentation insulaire de l'opposition. "Il y aura trois délégations, une pour chaque île, et chaque délégation sera composée de trois parties: pouvoir, opposition et société civile", a assuré lundi à l'AFP le commandant Halidi Charif, chef de la délégation anjouanaise, ajoutant: "Il n'est pas question de parler d'une opposition nationale".

La commission est prévue par l'accord de réconciliation nationale signé le 17 février dernier à Fomboni par Moroni, le pouvoir anjouanais et l'opposition comorienne. Elle doit réunir en théorie les représentants de ces trois parties sur une base paritaire.