« NOUS RESTONS FIDELES A L’ACCORD DE MOHELI »

Interrogé sur l'évolution du processus de réconciliation en cours qui par ailleurs traîne les pieds, le lieutenant-colonel Abeid a réfuté les propos accusant la partie anjouanaise de retarder sa mise en place. "S'il y a des problèmes de logistique, il ne faut pas les attribuer aux Anjouanais".

Quant à la non-participation d'Anjouan à la fête de l'indépendance, Abeid estime que "depuis les Accords d'Antananarivo, on ne parle plus de la République fédérale islamique des Comores. Il faudra donc que toutes les parties restent fidèles à l' Accord signé le 17 février à Mohéli qui lui seul doit définir le Nouvel ensemble comorien" (NEC).

Concernant son maintien ou pas au pouvoir après la mise en place des institutions du NEC, la réponse du lieutenant-colonel Abeid est moins précise que celle de son frère d'arme de Moroni, le Colonel Azali. "Je suis un enfant anjouanais. On m'a confié une mission, je me suis attaché à ce qu'elle soit remplie au mieux. Je crois avoir respecté le choix des Anjouanais. C'est à eux de savoir s'ils me reconduisent ou pas. Je ferai connaître ma décision à ce moment là".

Avant de s'envoler cet après-midi pour Anjouan, le chef anjouanais devrait rencontrer ce matin le président Younoussa Bamana qui a reporté l'entrevue programmée hier matin pour raison de calendrier. Hier après-midi, le lieutenant-colonel Abeid devait s'entretenir également avec le président du conseil d'administration du Centre hospitalier de Mayotte, le Dr Martial Henry sur les modalités d'une coopération au niveau sanitaire, "une des causes de la forte immigration des Anjouanais vers Mayotte" a affirmé le leader anjouanais. Sur ce sujet, Saïd Abeid Abdérémane a indiqué qu'il partage les orientations affirmées par les autorités mahoraises de résoudre, en amont, les causes de cette immigration à travers une coopération sanitaire et économique. Celle-ci devant s'articuler en priorité autour des échanges agricoles entre les deux îles a insisté le colonel.

KES

Mayotte-hebdo

13/07/2001