LA UNE.
Des militaires mutinés se sont emparés jeudi 9 août des points névralgiques de Mutsamudu, capitale de l'île sécessionniste d'Anjouan, aux Comores après deux jours de soulèvement des militaires contre les nominations arbitraires et le retard de solde. Un haut responsable des douanes proche du lieutenant colonel Abeid a été demis de ces fonctions, il y a quelques jours pour avoir détourné plusieurs millions correspondant aux salaires des militaires.
Cet après midi les militaires ont destitué le colonel Abeid qui s’était autoproclamé président de « l’Etat d’Anjouan » après avoir écarté l’ancien chef séparatiste Abdallah Ibrahim, aujourd’hui réfugié politique en France. Les militaires qui ont pris le pouvoir auraient ont encerclé la résidence du lieutenant colonel Abeid .
Un communiqué de 5 mn a été lu à Radio Ndzuwani par l'adjudant Bacar Malidé "où les raisons d'être de l'Etat d'Anjouan sont revendiqués mais trahies par Abeid de part son sectarisme, son autoritarisme et sa corruption".
Certains collaborateurs du colonel Abeid (Boicho, Ahmed Chahalane et Dhoihirou, le ministre des finances), ministres et membres de la diaspora (Dr zaidou, Zarouki) seraient aussi entre les mains des militaires qui ont pris le pouvoir à Anjouan. Certaines personnes sont encore recherchées. La population continue de vaquer à ses occupations.
Un fait troublant mérite d’être relevé ici, la présence il y a quelques jours à Anjouan de l’attaché militaire de l’ambassade de France à Moroni. Ce dernier aurait eu plusieurs contacts avec certains responsables du mouvement séparatiste anjouanais.
Cette visite de l’attaché militaire avait été précédée le mois dernier par l’organisation à l’hôtel Al-Amal d’une conférence de presse tenue par l’Ambassadeur de France à Moroni où n'étaient conviés que les proches du pouvoir. La presse nationale et internationale n’a pas fait écho des prises de position du diplomate français.
Les éléments durs du mouvement séparatiste regroupés autour d’Abdallah Mohamed, Bagoulam et Saindou Cheikh étaient très actifs ces derniers temps et continuaient à réclamer le départ du colonel Abeid.
Certains observateurs franchissent le pas en disant que le renversement du colonel Abeid va donner un bol d’oxygène aux éléments extrémistes qui s’opposent à toute solution à la crise comorienne. Les militaires qui ont pris le pouvoir seraient très proches du MPA, mouvement dont les chefs sont Saindou Cheikh, Chamasse et Bagoulam.
Il s’agit d’une revanche de ce clan contre les amis d’Abeid soutenu par certains éléments extrémistes de la diaspora anjouanaise qui sont aujourd’hui en état d’arrestation.
Ces dirigeants étaient tous à Anjouan pour participer à la « fête d’indépendance d’Anjouan ».
Des tractations sont en cours pour permettre aux membres de la diaspora anjouanaise ayant la nationalité française de quitter l’île.
Cette prise de pouvoir n’apportera rien de nouveau aux anjouanais, une nouvelle équipe séparatiste qui était à l’écart des affaires de gros sous va remplacer les amis d’Abeid. Il s’agit en fait de compte d’un règlement de compte inter-séparatiste. Le nom du chef séparatiste qui va remplacer Abeid n’a pas d’importance, un séparatiste remplace un autre séparatiste.