BREVES
Un émissaire d’Azali à Anjouan pour
rencontrer le nouveau pouvoir
Le capitaine Fakridine Mradabi, directeur de cabinet du chef de l'Etat comorien Azali Assoumani, est arrivé mardi à Anjouan pour s'entretenir avec le nouveau pouvoir sur l'île comorienne.
Il s'agit du premier contact officiel direct entre les nouvelles autorités militaires anjouanaises et le pouvoir central de Moroni, depuis le renversement, le 9 août, de l'ancien chef de l'Autorité de l'île d'Anjouan, le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane.
"Je suis venu pour savoir," a déclaré laconiquement à l'AFP le capitaine Fakridine, qui rencontrait en début d'après-midi à la "présidence" anjouanaise les principaux chefs militaires de l'île, membres de la Commission politico-militaire de transition au pouvoir.
Depuis le début des événements, les deux pouvoirs ont eu plusieurs contacts téléphoniques, a assuré une source anjouanaise. Mais le régime du colonel Azali n'a toujours pas exprimé de réaction.
Le chef de l'Etat comorien avait toujours présenté l'ancien chef de l'Autorité d'Anjouan comme son "frère d'armes", "un homme de confiance et de conviction".
Le colonel Azali est lui-même arrivé au pouvoir par un coup d'Etat militaire le 30 avril 1999.
La Banque Mondiale gèle un crédit
d’urgence destiné aux Comores
La Banque mondiale a gelé la signature, prévue jeudi 16 Août, d'un "crédit d'urgence et de redressement économique" qu'elle comptait verser aux Comores en raison de la situation anjouanaise, indique une lettre de l'organisation transmise à l'AFP.
"Etant donné la situation incertaine à Anjouan suite au coup d'Etat (...), la signature du Crédit d'urgence et de redressement économique qui était prévue le jeudi 16 août" a été reportée à une date ultérieure, précise la lettre, datée du 10 août.
La Banque affirme regretter "ce contretemps" et assure vouloir garder "un contact régulier" avec les autorités comoriennes.
Une fois de plus, c'est la population qui va payer le prix de cette nouvelle déstabilisation des Comores.
Le 9 août dernier, l'armée anjouanaise a renversé l'ancien chef de l'Autorité de l'île, le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane qui dirigeait l'île depuis deux ans.
La musique de l'Océan Indien présente
au festival de Saint Nazaire
Les Escales de Saint-Nazaire ont fêté cette année leur dixième anniversaire aux sons des musiques des îles avec des musiciens venus de Cuba, La Réunion, Madagascar, les Comores, Porto-Rico ou la Jamaïque, qui se sont produits sur les quais du port de Loire-Atlantique.
Les organisateurs de ce festival, qui a accueilli l'an dernier 40.000 personnes, ont cependant donné la vedette aux musiques de la Réunion et de Cuba.
L'ancienne Ile Bourbon a été représentée par sa plus grande voix: Danyéle Waro qui brandit depuis trente ans ses chants de révolte sur fond de maloya, ce rythme lourd importé par les esclaves noirs et toujours joué par les ouvriers des plantations.
L'autre principal porte-drapeau du maloya, Granmoun Lele, est aussi à l'affiche. Cet ancien coupeur de canne interprète, à la tête de sa troupe familiale, un maloya plus brut, celui que l'on entonne dans les "kabares", lieux de réunion nocturne des ouvriers agricoles réunionnais.
Plus douces sont les rengaines de l'accordéoniste René Lacaille, réunionnais de 55 ans, dont le sega se teinte de musette, de blues ou de swing manouche. Tam Tam des Cools, une formation du Chaudron, un quartier populaire de Saint-Denis, adepte du ragga, a représenté la nouvelle génération.
Du matériel arrivé à Anjouan en provenance
de la Réunion
Selon nos correspondants à Anjouan, 4 conteneurs qui appartiendraient au Général PECHE et qui devaient être réembarqués matin pour la Réunion suite au coup d'Etat ayant renversé le colonel Abeid ont été saisis par les nouvelles autorités de l'île sous la pression des jeunes de Mutsamudu.
En effet ces conteneurs contiendraient des fournitures données gracieusement par des chefs d'entreprise proches des séparatistes d'Anjouan dont le Général Pêche . Mais après avoir appris le renversement de son ami , M. Pêche aurait décidé de récupérer son matériel. La question que les gens se posent en ce moment à Anjouan est la suivante: Pêche est-il un ami des Anjouanais ou plutôt un partenaire de circonstance d'Abeid pour des affaires juteuses . En effet, on peut citer l'Affaire "SATEL" dont les deux hommes sont les promoteurs et des commissions conséquentes leurs sont versées par CELL TEL, la société américaine opératrice en téléphonie mobile.
Les conteneurs saisis contiendraient entre autres du matériel pour la Radio Anjouan essentiellement des bandes magnétiques et des cassettes audio, des équipements pour l'ex-S.I.R ( la milice du colonel Abeid ) mais surtout la fameuse Mercedes que Pêche avait offerte à son ami Abeid.
Certains observateurs soutiennent à Anjouan que ce n'est que la partie visible de l'Iceberg.
Les amis séparatistes de la Réunion
proches d’Abeid ont voulu boycotter les opérations du bac à Anjouan
Dr
Zaidou, le chef des séparatistes à la Réunion, a quitté précipitamment l'île
d'Anjouan suite au coup du 9 Août. Evincé du pouvoir, le chef des séparatistes
de la Réunion est passé à la contre-attaque. Il a donc décidé d'arrêter toute
la logistique qu'il avait mise en place pour contribuer à l'organisation de la
présente session du baccalauréat à Anjouan: envoi d'une équipe pédagogique
chargée de superviser les épreuves ainsi que de divers matériels.
La décision
de boycott prise par les séparatistes de la Réunion n'a cependant pas empêché
l'organisation du baccalauréat dans cette île comorienne.
Il n'est
inutile de rappeler que DR Zaidou a voulu se faire passer comme le champion de
la défense des intérêts d'Anjouan. Cette initiative malheureuse du chef des
séparatistes de la Réunion a entraîné une forte déception et plus
particulièrement au niveau des jeunes. Ils se demandent si l'implication de ce
médecin pour Anjouan n'était pas liée à la défense des intérêts purement
partisans et non pas la recherche de l'intérêt général.
Le
commandant Mohamed Bacar a écrit au sénateur réunionnais Edmond Lauret
Selon
nos confrères du Quotidien de la Réunion, le commandant Mohamed Bacar a écrit
au sénateur réunionnais Edmond Lauret
" L'armée anjouannaise ne souhaite pas rester au pouvoir plus
longtemps que nécessaire et compte regagner les casernes dès que possible,
écrit le commandant Mohamed Bacar. Néanmoins, elle conduira la courte
transition politique avec le souci de restaurer l'unité des Anjouannais et la
légalité, mais aussi d'impulser l'épanouissement de la démocratie et des droits
de l'homme. Vous ne pouvez donc imaginer combien votre soutien, ainsi que celui
des "amis d'Anjouan" en général, nous est indispensable pour mener à
bien cette noble mission".
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Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN :
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