M. CHIRAC SALUE l’ESPRIT DE RESPONSABILITE des representants musulmans

Le président Jacques Chirac a salué "l'esprit de responsabilité des représentants de la communauté musulmane et noté leur condamnation unanime du terrorisme", en recevant mercredi à leur demande les membres de la consultation sur l'organisation de l'islam de France.

"Tout en soulignant la détermination de la France dans la lutte contre le terrorisme", M. Chirac "a souligné avec force que la situation créée par les terribles attentats du 11 septembre ne devait en aucune façon conduire à des amalgames, totalement injustifiés, entre islam et terrorisme", précise un communiqué de l'Elysée.

Les participants à cette rencontre de près de deux heures, à laquelle a assisté le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant, ministre des cultes, "ont tous salué la fermeté de l'expression" du président de la République, ajoute le communiqué.

M. Chirac a également rappelé que "chacun a sa place" dans la "République laïque" quelle que soit son origine ou sa religion, et souligné la nécessité de "renforcer la cohésion nationale autour des principes républicains".

A leur sortie, les seize représentants musulmans (fédérations, grandes mosquées et personnalités qualifiées) ont salué unanimement la "position sage et équilibrée de la France" au Proche-Orient et dans les opérations engagées en Afghanistan.

"Nous avons bien dit qu'en aucun cas nous ne soutiendrons des dérapages contre la Syrie, l'Irak ou tout autre pays musulman", a déclaré Assani Faffasi, représentant les associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles.

"Le président de la République nous a bien dit que la France garde son entière liberté d'action et qu'elle ne se laissera pas entraîner dans des engrenages contre sa volonté", a déclaré le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur.

Lahj Thami Breze, président de l'Union des organisations islamiques de France, a exprimé la "désapprobation" de son organisation quant aux frappes américaine sur l'Afghanistan, en ajoutant que "le peuple ne doit pas être puni pour ce qu'ont fait d'autres".

De son côté le mufti de Marseille Soheib Bencheikh a affirmé que "des frappes qui visent uniquement le régime barbare, cruel et moyennageux des talibans, mais qui n'aggravent pas la souffrance de la femme afghane et du berger afghan, cela ne fâche aucun musulman".

"Ce n'est pas l'Orient contre l'Occident, le monde chrétien contre le monde musulman. Il y a un éveil de la conscience internationale pour condamner ce mal qui se nomme barbarie et qui frappe avant tout le monde musulman", a-t-il ajouté.

Cette rencontre, la première entre le président de la République et l'ensemble des membres de la consulation sur l'islam engagée par le ministre de l'Intérieur, a permis d'aborder tous les sujets concernant l'islam, notamment les lieux de culte, la présentation de l'islam dans les manuels scolaires ou la place des femmes, ont indiqué les participants musulmans.