GREVE DE LA FONCTION PUBLIQUE A MAYOTTE

L'Union territoriale FO (UTFO), bien représentée au sein de la fonction publique mahoraise et dans les entreprises publiques et semi-publiques, a appelé ses adhérents à une grève générale illimitée à partir du 16 octobre, pour réclamer de meilleures conditions de travail.

"Le syndicat part en guerre. Ce qui nous fera arrêter, ce sont des réponses pouvant être apportées localement et des arbitrages ministériels", a affirmé Mohamed el Hadi, secrétaire général de l'Union mahoraise de Force Ouvrière, sur Télé Mayotte vendredi soir.

Ce dernier a ajouté que la grève se poursuivrait jusqu'à la visite à Mayotte du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Paul, à l'occasion du congrès de l'Association des communes et départements d'Outre-mer (ACDOM) prévue le 25 octobre.

Mardi 16 Octobre, une marche de contestation était prévue dans les rues de Mamoudzou, a ajouté le secrétaire général de l'UTFO.

Les revendications portent essentiellement sur "les inégalités dans les régimes indemnitaires et du complément de rémunération, la revalorisation du SMIC à 3.000 francs, l'application du Code du travail et de la médecine pour tous".

La grève devrait être bien suivie, notamment dans l'enseignement où deux syndicats sur trois, celui des instituteurs de Mayotte (SIMA) et la branche mahoraise du SE-FEN (SE-FEN collectivités), participent au mouvement.

La section FO d'Electricité de Mayotte (EDM) a également appelé à la grève.

La perspective de cette grève générale inquiète le Medef Mayotte qui vient de saisir par courrier le préfet pour qu'il "envisage d'encadrer les manifestants afin que la liberté du travail soit respectée et éviter d'éventuelles dérives." Le président de l'organisation patronale, Serge Castel, rappelle que lors de la grève générale du 15 janvier dernier, "des manifestants de FO se sont introduits dans les entreprises pour obliger le personnel à suivre leur mouvement."

Les services publics étaient sérieusement perturbés mercredi pour la seconde journée consécutive en raison d'une grève lancée par Force ouvrière pour réclamer de meilleures conditions de travail.

L'ordre de grève a été lancé indépendamment de la journée d'action organisée le mardi 16 octobre en métropole, selon Mohamed el Hadi Soulaïmana, secrétaire général de UT FO.

Mardi près d'un millier de personnes (2000 à 3000 selon les organisateurs) ont manifesté à Mamoudzou, sous la bannière de FO. Les mairies ont été fermées. Plusieurs services administratifs ont tourné au ralenti et la barge reliant Grande et Petite Terre n'effectuait une traversée que toutes les deux à trois heures au lieu de toutes les 30 minutes.

L'enseignement du premier degré a été le plus touché avec plus de 65% des établissements primaires fermés, selon le vice-rectorat de Mayotte.

Près de sept heures de négociations entre la direction du syndicat et le préfet Philippe de Mester ont abouti à une série de propositions que les grévistes devaient examiner mercredi. Elles portent sur la revalorisation des minima de vieillesse, les questions statutaires des agents publics, notamment les instituteurs, leur reconstitution de carrière, leur régime indemnitaire et de la demande de titularisation des agents.

Le préfet a indiqué que des dossiers demandant des arbitrages ministériels feront l'objet d'une réunion le 26 octobre prochain avec les collaborateurs du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Paul.

La direction du syndicat Union territoriale Force ouvrière (UTFO) et le préfet, Philippe de Mester, qui se sont rencontrés pour la deuxième fois mercredi 17 octobre au cours de l’après-midi, ont conclu un protocole de fin de conflit qui suspend dès mercredi la grève générale lancée le 16 octobre dans le service public.

Dans son communiqué annonçant la fin de la grève, l'UTFO souligne "l'engagement du préfet de revaloriser sans délai les retraites et d'adresser avant la fin de l'année le plan de titularisation des agents horaires des collectivités".

Les deux parties ont également arrêté le calendrier pour la mise en oeuvre progressive de la nouvelle ordonnance du 5 septembre 1996, concernant la restructuration de la fonction publique territoriale, principale revendication des agents de la collectivité départementale de Mayotte.

S'agissant des dossiers nécessitant des arbitrages ministériels, tels les instituteurs qui réclament leur prise en charge par l'Etat et le réexamen du statut des entreprises publiques et semi-publiques, ils feront l'objet de négociations directes avec le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, M. Christian Paul, dont la visite est prévue à Mayotte le 24 octobre.

Pour le secrétaire général de l'UTFO, Mohamed el-Hadi Soulaïmana, le dénouement de ce premier conflit social de la rentrée "est une victoire du dialogue constructif instauré par le nouveau préfet de Mayotte", Philippe de Mester, qui s'est félicité pour sa part "du retour de la confiance" dans l'île.