DOSSIER CONCERNANT LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL AUX COMORES

LA France SOUHAITE LA MISE EN PLACE RAPIDE DES INSTITUTIONS AUX COMORES

La France souhaite que se mettent en place le plus vite possible les institutions aux Comores, où un référendum constitutionnel est prévu le 23 décembre, a déclaré jeudi 11 octobre l'ambassadeur de France à Moroni, Jean-Pierre Lajaunie.

Il a également souhaité, lors d'une conférence de presse, que les élections prévues dans le cadre de cette Constitution "interviennent dans des délais assez rapprochés".

Selon le diplomate, c'est une des conditions pour permettre la reprise de la coopération et "pouvoir enfin s'occuper des véritables problèmes des Comores, les problèmes de développement".

M. Lajaunie a salué le projet de nouvelle Constitution des Comores: "C'est le choix des Comoriens, c'est le meilleur qui a pu sortir de la situation actuelle des Comores" a déclaré le diplomate français.

Lors d'une conférence de presse à Moroni, M. Lajoinie a déclaré que ce projet de Constitution qualifié de "bon consensus" était "le meilleur qu'on pouvait obtenir en un moment donné".

L'adoption ou le rejet de ce texte, a-t-il ajouté, serait "un test de représentativité des mouvements qui l'ont élaboré".

Le diplomate français a estimé que si "une partie de la population n'acceptait pas ce projet de Constitution, ce serait gênant parce que cela signifiera retourner loin en arrière".

Il a fait remarquer que le texte renvoyait beaucoup à des lois organiques auxquelles il faut réfléchir dès à présent.

Selon l'ambassadeur, la mise en oeuvre de cette Constitution, qui met l'accent sur la décentralisation, "peut être un peu plus coûteuse, mais c'est la loi de la démocratie".

L'ambassadeur n'a pas exclu que la France puisse apporter son appui à l'opération de désarmement des anciens jeunes miliciens sur l'île séparatiste d'Anjouan dans le cadre d'une initiative de la communauté internationale. "La France serait disposée à appuyer une telle d'opération", tout en précisant que l'apport de la France "n'est pas encore défini." Parlant de la question du ramassage des armes et l'insertion des miliciens, M. Lajoinie a indiqué que la France pourrait apporter un soutien au processus "puisqu'on ne peut tenir des consultations électorales avec des armes qui circulent librement dans le pays".

"Il appartient d'abord à la commission d'experts désignés d'évaluer sur le terrain la forme de soutien nécessaire", a-t-il dit.

Il a souhaité que les "élections interviennent dans des délais rapprochés pour donner aux Comores la stabilité sans laquelle les partenaires au développement ne viendront pas dans le pays".

"Ni la conférence des bailleurs de fonds, ni la commission mixte franco-comorienne ne pourront se tenir tant que des institutions définitives n'auront pas été mises en place", a-t-il dit.

Au sujet de la lutte contre le terrorisme, l'ambassadeur a affirmé avoir pris bonne note du souci des Comoriens, dans une ambiance d'amalgame, de ne pas être "indexés" comme de potentiels terroristes.

"Nous connaissons suffisamment les Comoriens pour éviter les amalgames entre Islam et terrorisme", a laissé entendre M.

Lajoinie.

On rappelle que l'élaboration d'une Constitution acceptée par les îles des Comores (Anjouan, Mohéli et Grand Comore) constitue l'une des étapes de l'application de l'Accord-cadre de Fomboni du 17 février 2001 qui règle également la transition dans l'archipel

confronté à une double crise séparatiste et institutionnelle.