APPEL DE SOUTIEN A LA GAZETTE DES COMORES

Le Collectif pour la Défense de l’Unité et de l’Intégrité Territoriale des Comores a appris avec stupeur le procès qui a été intenté par le pouvoir judiciaire de Moroni à l’encontre de la Gazette des Comores, l’un des journaux indépendants des Comores.

 

                 Ce pouvoir reproche à la Gazette d’avoir publié une information relatant au conditionnel le fait que « des responsables proches du pouvoir en place auraient été impliqués dans l’affaire des faux billets ».

                 Le Tribunal a refusé l’autorisation de plaider à l’avocat constitué par le journal, ce qui constitue une grave atteinte à une liberté fondamentale à savoir celle d’être défendu par un avocat de son choix. Le Tribunal s'est par ailleurs opposé au renvoi de l’affaire demandé par M. Allaoui SAID OMAR, le Directeur de la Publication de la Gazette des Comores, en l’absence de son avocat. Le procès s’est donc déroulé sans la présence de la partie accusée.

                 Le Procureur de la République a formulé un réquisitoire ainsi que des peines sévères à l’endroit du journal et de son Directeur de Publication. Si le Tribunal confirme le 1er Novembre 2001 les peines requises par le Procureur, cela entraînera la mort pure et simple du média incriminé.

                 Considérant qu’il ne peut exister de véritable démocratie sans une presse libre et indépendante, le Collectif pour la Défense de l’Unité et de l’Intégrité Territoriale des Comores dénonce les multiples procès intentés injustement à l’encontre d'un des journaux indépendants des Comores.

                 Il lance un appel à toutes les forces démocratiques du pays, aux organisations de la société du pays et de la diaspora ainsi qu'aux journalistes des pays de la région de l’Océan Indien de se mobiliser afin de défendre la liberté de la presse aux Comores .

 

Fait à  Saint Denis de la Réunion le 29 Octobre 2001  

Le Bureau du Collectif

 

Le Jugement du Tribunal de Moroni concernant la Gazette des Comores

 

Cet appel du Collectif pour l’Unité des Comores n’a pas été entendu par le Tribunal de Moroni. En effet, le directeur de La Gazette des Comores a été condamné jeudi 1er Novembre à six mois de prison avec sursis et à une amende de 50.000 francs comoriens (92 dollars US) avec obligation de publier le jugement dans les colonnes du journal, a-t-on
appris vendredi 2 Novembre à Moroni de source judiciaire. Il convient tout de même de relever que le Tribunal n’a pas suivi les réquisitions sévères du Procureur de la République. Cette condamnation demeure injuste et constitue une entrave à la liberté de la presse aux Comores.
Ce verdict vient conclure l'affaire qui opposait La Gazette à Mahamaoud Soilih dit Lamartine, ancien secrétaire général de la présidence de la République, et à M. Houssein Boinan Boina, ex-conseiller politique du chef de l'Etat. Ces deux personnalités avaient porté plainte contre le journal pour avoir publié des informations donnant à croire qu'elles étaient impliquées dans un trafic de faux billets de banque, rappelle-t-on.
La première audience a eu lieu le 4 octobre en l'absence du directeur de la Gazette, M. Allaoui Saïd Omar, et de son avocat, Me Larifou Saïd, qui étaient pas davantage présent jeudi 1er Novembre lors du prononcé du verdict.
M. Allaoui a protesté contre le fait que son avocat n'ait pas été autorisé à plaider, mais de source judiciaire, on indique que cette décision se justifie par le fait que Me Larifou n'est pas
inscrit au barreau de Moroni.