EDITORIAL: LIBERATION DE MAITRE SAID LARIFOU

L
’avocat franco-comorien Said LARIFOU a été libéré par les autorités judiciaires comoriennes. Il reste néanmoins sous contrôle judiciaire dans l’attente de l’organisation de son procès.
 
Une forte mobilisation a eu lieu à la Réunion pour demander sa libération. Le comité de soutien de Said Larifou, plusieurs hommes politiques, la Ligue des droits de l’homme de la Réunion ainsi que de nombreux artistes ont uni leurs voix pour réclamer la libération de l’avocat saint pierrois ( nom de la ville de la Réunion où il exerce ses activités professionnelles).
 
Maître Larifou est accusé par les autorités comoriennes d’avoir voulu fomenter un coup d’Etat. Le principal témoin de cette affaire qui est en cours d’instruction judiciaire, Philippe VERDON a fait l’objet d’une libération provisoire et est retourné à la Réunion le lundi 13 janvier 2004. Cette libération a suscité les vives critiques de nos confrères de la Gazette des Comores qui ont estimé que les autorités ont fait preuve de légèreté en libérant le principal témoin de cette affaire. Les Comores ont énormément souffert depuis l’accession à leur indépendance en 1975 de multiples manœuvres de déstabilisation dont les auteurs ont souvent transité par la Réunion et Mayotte. 
 
Il convient de relever que les Etats français et comorien ont signé en 1978 des accords de coopération militaire. C’est la France qui devrait en vertu de ces accords assurer la sécurité extérieure des Comores . Malgré la signature de ces accords, l’Etat français ne s’est jamais préoccupé d’empêcher les manœuvres de déstabilisation en provenance des territoires qu’elle administre.   
 

  Sommaire :

 

POLITIQUE :

*  Plus de 1500 personnes soutiennent Maître Larifou à la Réunion

*  La Région Réunion apporte son soutien à Maître Said Larifou

*  L’avocat franco-comorien Said Larifou confronté à Philippe Verdon

*  Le ministre comorien des affaires étrangères loue le partenariat entre Paris et Prétoria sur la crise comorienne

*  Visite du ministre chinois des affaires étrangères aux Comores

*  Vers l’ouverture d’une ambassade des Comores à Pékin

*  Interview du GRDC

*  Nouveau palier dans la lutte contre les détournements aux Comores

*  Accord sur les dispositions transitoires aux Comores

 

LU DANS LA PRESSE

*  Les premiers pas d’une transition par La Gazette des Comores

 

DEBATS ET OPINIONS LIBRES:

*  Réponse du GRDC au Préfet de Mayotte suite à l’interview accordée au Quotidien de La Réunion

 

 

 

Suite de l’édito

Les comoriens ont le droit de connaître toute la vérité sur cette nouvelle affaire. S’agit il d’une nouvelle affaire de déstabilisation ou d’un complot du pouvoir pour discréditer un opposant politique qui est arrivé en 3ème position lors des dernières élections présidentielles ? Les informations en notre possession ne nous permettent pas de trancher dans un sens ou dans un autre.
 
Dès son retour à la Réunion, Philippe Verdon s'est complètement désolidarisé de l'opposant comorien, l'accusant de manipulation.
 
"Saïd Larifou est le docteur Folamour de la politique aux Comores", a déclaré M. Verdon . Il convient de signaler que M . Verdon est un personnage controversé à qui on prête des contacts avec le célèbre mercenaire français, Bob Denard, connu pour avoir dirigé de nombreux coups d'Etat dans l'archipel comorien. Il a également avoué être intervenu pour soutenir l’ancien Président de Madagascar, Didier Ratsiraka.  
 
"J'ai l'impression aujourd'hui d'avoir servi de cobaye à ses expériences politiques. Saïd Larifou a manipulé tout le monde comme il a manipulé les médias. C'est regrettable que l'on donne autant de crédit à un imposteur. Il se lave les mains de toute cette affaire alors qu'il a mis en danger la vie de nombreuses personnes, dont la mienne", a déclaré le putschiste présumé, dont les propos sont rapportés par le 'Journal de l'Ile' de la Réunion dans son édition du mardi 14 janvier 2004.
 
S'expliquant sur les événements de la mi-septembre à Moroni, il révèle qu'il y a eu effectivement une tentative de coup d'Etat.
 
Le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (RIDJA), le parti de M. Larifou, "a voulu exploiter l'état d'insatisfaction de la population pour marcher sur le Palais présidentiel. L'évolution des manifestations a été très positive, sans doute plus que prévu. La volonté de prendre le pouvoir n'était pas préméditée", a-t-il affirmé.
 
Le pouvoir devrait laisser la justice travailler en toute indépendance afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Mais on ne peut que regretter la libération de M. Philippe VERDON . A partir du moment où le principal témoin de cette affaire avoue ouvertement qu’il y a eu tentative de coup d’Etat, les autorités comoriennes n’auraient pas dû le libérer. Ce personnage qui multiplie sans état d’âme les déclarations à la presse aurait dû s’expliquer devant une juridiction comorienne et subir la sanction prévue par la loi si sa culpabilité est prouvée. La libération de l’auteur présumé du coup d’Etat ne permettra pas l’organisation d’un procès juste et équitable. Les responsables des manœuvres de déstabilisation devraient être jugés et condamnés sévèrement afin de permettre au pays de tourner la page des coups d’Etat et de construire un Etat de droit digne de ce nom.
 

La Rédaction

POLITIQUE: 

Plus de 1500 personnes soutiennent Me Larifou à La Réunion

P

lus de 1500 personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à Saint-Denis, en présence de plusieurs artistes réunionnais et comoriens, pour demander la libération de Me Said Larifou, l'avocat franco-comorien retenu aux Comores et dont l'état de santé se dégrade, a-t-on constaté sur place.

 

Des artistes, des hommes politiques et des proches de Saïd Larifou ont réclamé dimanche après-midi au front de mer de Saint-Denis, la capitale réunionnaise, la libération de l'avocat Saint-Pierrois retenu contre son gré aux Comores depuis plus de 3 mois, où cette personnalité politique d'importance arrivée 3ème à la dernière élection présidentielle est accusée d'avoir voulu attenter à la sûreté de l'Etat.

 

Le temps est compté, car sa santé devient inquiétante suite à ses récents problèmes cardiaques et à ses crises de paludisme. Le président de la Ligue des Droits de l'Homme, Canda Swami-Pillay, était présent et a regretté le "mutisme" du gouvernement français.

 

Pendant la manifestation, plusieurs artistes réunionnais et comoriens de renom, ont interprété des chansons dédiées à Saïd Larifou et à la défense des Droits de l'Homme aux Comores

 

"On est venu parce qu'on veut parler haut et fort. Il n'y a pas de liberté d'opinion et d'expression aux Comores. Said Larifou a osé protester contre cela et contre l'augmentation des prix des denrée de première nécessité" a déclaré à la PANA, un Comorien venu manifester.

 

Selon les déclarations du député-maire de Saint-Denis, René-Paul Victoria, faites lors de la manifestation, la libération de l'avocat serait proche et interviendrait au courant de la semaine prochaine. René-Paul Victoria a pu avoir cette information des conseillers du Président de la République française, Jacques Chirac.

 

La Région Réunion apporte son soutien à Maître Saïd Larifou

L

a commission permanente de la collectivité régionale de La Réunion présidée par Paul Vergès, a apporté ce week-end, son soutien à l'avocat franco-comorien Me Said Larifou en difficulté sanitaire aux Comores et interdit de quitter le territoire comorien en raison d'un strict contrôle judiciaire.

 

L'assemblée réunionnaise qui suit cette affaire depuis quatre mois, a annoncé dans un communiqué transmis dimanche à la PANA, qu'elle œuvre sur le plan diplomatique pour obtenir "par tous les moyens", la libération de l'avocat franco-comorien installé à Saint-Pierre de La Réunion, dans le Sud de l'île.

 

Jusqu'ici, l'institution avait fait preuve d'une certaine retenue vis-à-vis de Saïd Larifou, préférant oeuvrer en silence sur le terrain diplomatique plutôt que d'interférer sur le plan politique.

 

Les prises de position publiques se multipliant ces derniers jours avec deux manifestations mercredi et dimanche, la collectivité est sortie de son silence, soulignant dans un long communiqué, les efforts engagés depuis près de quatre mois par l'assemblée, pour trouver une issue positive à cette affaire.

 

Même si elle affirme qu'elle n'a pas vocation à s'immiscer dans un contentieux opposant les autorités judiciaires d'un pays et l'un de ses ressortissants, la Région rappelle qu'elle s'est attachée depuis le 22 septembre, date à laquelle l'avocat saint-pierrois a été interpellé, à multiplier les contacts avec le régime comorien.

 

Ainsi, le 29 septembre, un collaborateur du président Vergès s'est rendu sur place à Moroni, et a pu rendre visite à Saïd Larifou dans sa prison, précise le communiqué.

 

De même, au dernier conseil des ministres de la Commission de l'Océan Indien qui s'est déroulé en novembre dernier, le vice-président de la collectivité, Antoine Minatchy, représentant La Réunion, a sensibilisé les différents interlocuteurs concernés par ce dossier.

"Chacun comprendra que l'efficacité de ces actions suppose une certaine discrétion, dans le respect des autorités françaises qui ont été sensibilisées pour agir par les voies diplomatiques appropriées", précise le communiqué.

 

La Région souligne encore que ses démarches ont été saluées par Pierre André Wiltzer, le ministre français de la Coopération, et qu'elle tente depuis le début de cette affaire, "d'agir avec esprit de responsabilité, sans démagogie, ni récupération politique" conclut le cabinet du Président Paul Vergès.

 

Maitre Said Larifou, par ailleurs principal opposant du régime du colonel Azali Assoumani, fait l'objet d'un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire comorien, en raison d'une charge de tentative de coup d'Etat pesant contre lui.

 

Hospitalisé depuis trois semaines à Moroni, un vaste mouvement de soutien s'est mobilisé ces derniers jours à La Réunion, pour demander aux autorités réunionnaises, françaises et comoriennes, d'intervenir pour que l'avocat puisse se faire soigner à la Reunion

 

 

L'opposant comorien Saïd Larifou confronté à Philippe Verdon

L

'opposant comorien Me Saïd Larifou et le Français Philippe Verdon, accusés de "complot et d'atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat" en septembre dernier, ont été entendus mardi par la juge Thanay Tasmine.

 

Me Larifou a été assisté par une infirmière, en raison de son état de santé, lors de cette audition de près de cinq heures qualifiée de "dilemme" par Me Fahmi Saïd Ibrahim qui a été commis d'office le même jour pour défendre M. Verdon.

 

Une suspension d'un quart d'heure, rapportent des proches de Saïd Larifou, aurait été demandée et obtenue pour permettre au malade de se reposer.

 

"Je me trouve face à un dilemme mais c'est aussi un cas d'école.

Voilà la difficulté du métier d'avocat. Quand celui-ci est commis d'office, il ne peut se dérober", a dit Me Fahmi constitué pour un des accusés contre l'autre alors qu'il les défendait ensemble, quelques jours plus tôt, dans la même affaire.

 

La confrontation prévue pour lundi mais reportée, s'est tenue deux semaines après ce que des proches du pouvoir, à Moroni, appellent "des révélations accablantes de M. Verdon" qui a changé de version pour charger son ami Larifou.

 

Le 18 décembre Philippe Verdon, qui a toujours soutenu avoir rencontré un officier comorien à l'insu de M. Larifou, est revenu sur ses déclarations, affirmant que l'opposant était au courant de ses rencontres avec le commandant Comba Ayouba.

 

Avocat des deux inculpés dès le début de l'affaire, Me Fahmi s'est dessaisi du dossier le 29 décembre en "apprenant la déposition de Philippe Verdon tendant à élever une contradiction entre lui et Saïd Larifou".

 

"Ne voulant me faire aucun cas de conscience, a écrit l'avocat à Madame la juge, je me dois de me dessaisir de la défense les (Ndlr, Verdon et Larifou), concernant".

 

 

 

LE MINISTRE COMORIEN DES AFFAIRES ETRANGERES loue le partenariat entre paris et pretoria Sur la crise comorienne

 

L

e ministre d'Etat comorien chargé des Relations extérieures, Souef Mohamed El-Amine, s'est félicité, jeudi, de l'implication de la France et de l'Afrique du Sud dans la gestion de la crise comorienne, expliquant que ce partenariat "ouvre de nouvelles opportunités à son pays".

 

"C'est une bonne chose que la France s'implique (dans la crise comorienne) au lieu de laisser l'Union africaine comme elle le faisait jusque-là. La France a des responsabilités historiques dans les pays ayant en usage le français. L'Afrique du Sud est quant à elle une puissance régionale qui aide à régler les conflits", a ajouté M. El-Amine, au cours d'un entretien accordé à la PANA, à Moroni.

M. El-Amine, s'est par ailleurs félicité de la récente ouverture d'une ambassade d'Afrique du Sud aux Comores, la qualifiant d'"avancée majeure" dans la consolidation des relations entre les deux pays. Il a révélé qu'un ambassadeur comorien sera nommé prochainement à Pretoria où les Comores ne disposent actuellement que d'un chargé d'affaires.

 

Evoquant les conditions d'une reprise de relations normales entre les Comores et Madagascar, le chef de la diplomatie comorienne a affirmé que son pays n'a jamais servi de base arrière pour déstabiliser un autre, mais a, au contraire, "toujours été objet de razzias de la part de ses voisins au cours des siècles et, récemment, de crimes de mercenaires qui ont toujours eu des facilités dans ces pays".

 

Les relations entre les Comores et Madagascar traversent une période de froid depuis la crise post-électorale dans la Grande île qui a vu l'avènement du régime du président Ravalomanana.

 

Interrogé sur une reprise éventuelle de la liaison aérienne directe Antananarivo-Moroni, actuellement suspendue, il a indiqué que cela ne dépendait pas de la partie comorienne, ajoutant que cette suspension pénalisait aussi bien les Malgaches que les Comoriens.

 

 

Nouveau palier dans la lutte contre les détournements aux Comores

L

a justice comorienne a saisi une douzaine de véhicules appartenant à des agents de la Banque centrale des Comores et à des hauts fonctionnaires de l'administration financière, actuellement en détention pour détournement de fonds publics.

 

Le travail des enquêteurs se poursuit par un inventaire des biens meubles et immeubles des accusés, indique une source policière contactée mercredi à Moroni par la PANA, mais qui ne confirme ni n'infirme les rumeurs selon lesquelles des comptes bancaires à l'étranger de certains des prévenus auraient été gelés à la demande de la justice.

 

En septembre dernier, rappelle-t-on, le receveur principal des impôts avait été arrêté pour tentative d'incendie et de détournement de fonds. Il devait être rejoint en détention, quelques jours plus tard, par son chef, le directeur général des Impôts Djounaïd Mohamed Soilihi.

 

Quelques semaines après, les autorités mettront au jour un réseau frauduleux au détriment des douanes des Comores et consistant en un trafic de bordereaux, ce qui est à l'origine de l'arrestation d'une employée de la Banque centrale, d'une ancienne stagiaire et de trois commerçants.

 

Peu après, le directeur général des douanes, Raoul Delapeyre, et le receveur des douanes de Moroni seront arrêtés à la suite de plusieurs interrogatoires dans les locaux de la gendarmerie.

 

En novembre, lors d'un contrôle de routine, il est découvert à la Banque centrale un détournement de près de 200 millions de francs comoriens (406.504 euros). Sept des huit caissiers de l'institution ont été arrêtés puis placés sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Moroni.

 

S'exprimant alors au cours d'une conférence de presse, le gouverneur de la Banque centrale des Comores avait indiqué que l'affaire n'était pas de nature à entraîner une dévaluation du  franc comorien, ajoutant ne pas être en mesure de préciser à quand remontent ces opérations frauduleuses.

 

Les arrestations du directeur général des impôts et de son homologue des douanes, deux proches du président Azali Assoumani, et des agents de la Banque centrale, des protégés de hauts dignitaires du régime, semblent témoigner de la volonté, annoncée par le président comorien le 1er juin et réitérée le 26 novembre, "d'éradiquer la délinquance en col blanc" dans l'archipel.

 

 

Vers l'ouverture d'une ambassade des Comores à Pekin

Le ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, Li Zahaoxing, a dévoilé mercredi 14, en présence de plusieurs membres du gouvernement comorien, la plaque de la rue portant désormais le nom de son pays à Moroni.

 

Il avait auparavant déclaré à la presse, au palais présidentiel de +Beit Salam, que les relations entre la Chine et les Comores résisteront à toute sorte de temps, à la pluie et à toutes les températures.

 

Il s'était félicité du fait que ses entretiens avec les autorités comoriennes ont permis aux deux parties de conforter leurs identités de vues sur un certain nombre de questions, soulignant que dans les conférences internationales, les Comores et la Chine défendent toujours les mêmes positions.

 

Dans un communiqué de presse, les deux pays ont "exprimé leur satisfaction vis à vis du développement des relations sino-comoriennes" ainsi que leur intention de "travailler ensemble pour intensifier les échanges et la coopération dans les domaines politique, économique, commercial, éducatif, des échanges d'expérience ainsi que du développement des ressources humaines".

 

"La partie comorienne réaffirme son attachement à la politique d'une seule Chine et son soutien à la grande cause de la réunification pacifique de la Chine.

 

La partie chinoise apprécie hautement cette position comorienne, se félicitant des progrès importants enregistrés dans le processus de réconciliation nationale aux Comores.

 

La Chine souhaite par ailleurs que le problème de Mayotte soit réglé rapidement et pacifiquement.

 

Le ministre comorien des Relations extérieures, Soeuf Mohamed El-Amine, a annoncé à cette occasion la création d'une commission mixte économique et commerciale, placée sous la responsabilité, du côté comorien, de l'ambassadeur Mahamoud Soilih dit Lamartine.

 

Selon M. Soeuf, l'éventualité de l'ouverture d'une ambassade des Comores à Pékin est désormais envisagée.

 

De son coté, le ministre chinois a affirmé devant les journalistes l'engagement de son pays à apporter son soutien à la prochaine ambassade des Comores à Pékin.

 

Au cours de sa visite aux Comores, le ministre chinois a signé une convention de coopération.

La Chine, premier partenaire des Comores pour ce qui est des investissements publics, va réhabiliter, rappelle-t-on, l'aéroport international Prince Said Ibrahim de Moroni Hahaya.

 

 

VISITE du ministre chinois des Affaires étrangères àUX COMORES

 

T

rois heures après son arrivée, mardi après-midi, à Moroni, pour une visite officielle de vingt-quatre heures, le ministre des Affaires étrangères chinois a signé avec son homologue comorien un protocole de coopération économique et technique d'un montant de 15 millions de yuan (1.829.268 euros).

 

Selon Mahamoud Soilihi, ancien représentant des Comores à Bruxelles, ce montant vient compléter celui déjà accordé par Beijing pour la réhabilitation de l'aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni, celle du Palais du peuple et l'extension des locaux du ministère des Relations extérieures, pour un montant de 4.674.797 euros.

 

Lors d'une séance de travail qui a précédé la signature du protocole, les chefs de la diplomatie chinoise et comorienne ont réaffirmé leur volonté de toujours consolider les liens de solidarité unissant les deux pays et leur soutien mutuel dans les forums internationaux.

 

"Les ministres Li Zhao Xing et Souef Mohamed El Amine se sont mutuellement exprimé leur soutien, a confié Mahamoud Soilihi à la PANA, au sujet de l'île comorienne de Mayotte, du Tibet, de Macao et de Hong Kong".

 

Le chef de la diplomatie chinoise, qui aura un entretien avec le président Azali Assoumani dans la matinée de mercredi, quittera Moroni pour Djibouti à 11 heures GMT après un déjeuner qui sera offert par l'ambassadeur de la République populaire de Chine à Moroni.

L'année dernière, rappelle-t-on, le président Azali Assoumani avait effectué un voyage d'Etat de plusieurs jours en Chine.

 
INTERVIEW GRDC

 

Les signataires de cette interview tiennent à rappeler qu' elle est signée du GRDC (Groupe de Réflexion sur le Devenir des Comores),  association de type 1901, née en 1997 en réaction au séparatisme et déclarée en Préfecture de Mayotte le 27 janvier 1998 (N° 05/98/DR/AG), seul groupe autorisé à porter cette appellation dans l'espace comorien. Ne pas confondre donc avec le parti politique du même nom, récemment crée par M.Kaambi Al-Yachourtu et M. Makany ancien séparatiste notoire. En dépit de diverses démarches, auprès de ces "responsables", le GRDC constate que ce parti politique n'a pas changé de nom ce qui montre bien l'honnêteté et le respect qui habitent ses dirigeants. Les citoyens jugeront.

 

 

COMORES INFOS : Trente maisons appartenant à des Comoriens vivant à Mayotte ont été brûlées par des agents municipaux le 27 octobre 2003. Comment expliquez-vous qu’un tel acte ait pu se dérouler le premier jour du mois de Ramadan, un mois sacré pour les musulmans ?

 

GRDC : En ce qui concerne la date précise à laquelle cet acte inqualifiable a été perpétré par des musulmans , il convient sans doute de renvoyer chacun à sa conscience. Tout au plus peut-on remarquer, encore une fois, qu'il y a loin de l'affirmation d'une conviction religieuse à la mise en œuvre de ses préceptes. Le vrai problème est  bien plus de se demander comment on a pu en arriver là. Un cap a-t-il été franchi ? Oui sans doute si l'on considère que cet acte s'inscrit dans une progression qui a pris, ces derniers temps, une allure officielle au gré des discours des plus hautes autorités de l'Etat français. Quand la Ministre de l'Outre-Mer désigne l'immigration clandestine comme le "fléau" qui atteint Mayotte, quand on entend le Secrétaire Général de la Préfecture partir en croisade contre le "viol de la souveraineté française  à Mayotte", quand on assiste, quelques jours plus tard,  via RFO-télé, à l'arraisonnement d'une barque commenté par le Préfet en personne sur le plateau, quand un peu plus tard on diffuse un reportage sur la destruction de barques saisies, en présence du Procureur et du Secrétaire Général de la Préfecture, il devient assez clair pour le citoyen moyen que les plus hautes autorités n'hésitent pas à avoir recours aux grands moyens dans ce qui est qualifié de "guerre" à l'immigration clandestine. C'est d'ailleurs vraisemblablement l'effet recherché. Dans ces conditions, quand la conscience de la légalité n'est pas ce qui habite très clairement le commun des mortels, tout devient possible. Faut-il voir dans Hamouro l'initiative malheureuse d'un individu, fût-il le plus haut magistrat de la commune, encouragée par l'ambiance générale ? Sûrement. Faut-il aller plus loin et considérer que le Maire n'a pas agi sans l'aval de quelque autorité supérieure ? Peut-être. Tout est possible à Mayotte. Espérons seulement que la lumière sera faite et que pour une fois il ne s'agira pas d'un vœu pieux.

 

COMORES INFOS : Comment l’opinion publique a-t-elle réagi face à cet acte injustifiable  ?

 

GRDC : Vous avez fait remarquer plus haut que cet acte a eu lieu le premier jour du Ramadan. Il est donc intéressant de noter qu'aucune condamnation des religieux de Mayotte n'a été entendue à ce sujet. La morale religieuse n'a pas été choquée pas plus d'ailleurs que celle du commun des mortels à Mayotte. Et c'est bien cette banalisation de l'innommable qui est à mettre en cause aujourd'hui. Rares sont les personnes encore capables d'un sursaut d'humanité dans cette île. La tâche des associations des droits de l'homme est difficile : toute réaction humaine est considérée comme hors de propos ou pire comme émanant forcément de ceux qui soutiennent "les clandestins". En tout état de cause on n'a pas entendu un seul de ceux qui se présentent et peuvent être perçus comme Maorais prendre la parole pour dénoncer ces actes. Le discours ambiant, relayé par les médias, habite les uns et les autres. Chacun à sa manière sert d'amplificateur et l'attitude la plus fréquente a été le silence. Si certains habitants dans leur fort intérieur sont troublés par cette situation, il n'est pas de mise de l'exprimer.  Officiellement, le ton a été donné par les politiques qui se sont empressés de soutenir le maire de Bandrelé. Après Hamouro on a donc vu au contraire un ensemble parfait d'interventions reprenant les lieux communs de la pensée officielle. Il faut dire qu'à l'exception de l'intervention de qualité de Maître Fatima Ousseni sur RFO-télé, laquelle aurait aggravé encore l'ire du Préfet, nous avons eu droit ensuite à un black out total imposé par les plus hautes autorités sur tout ce qui aurait pu être manifestation de soutien aux gens de Hamouro. Au contraire, ont été convoqués les faire valoir de la pensée dominante, à savoir Ahmed Attoumani  secrétaire général de l'UMP et Nassur Attoumani l'écrivain local qui se sont appliqués à relayer le discours préfectoral en arguant, l'un de la "peur des Maorais", l'autre d'une manipulation de RFO sur les images de Hamouro, "comme l'a bien dit M. le Préfet". Bref, un ensemble consternant qui montre où en est rendue la conscience "maoraise".

 

 

COMORES INFOS : Croyez vous que les auteurs de cette agression seront sanctionnés par la justice française?

 

GRDC :  Il est difficile de se prononcer sur ce point. La justice a été saisie, les faits ont été reconnus par les responsables, il serait logique que les sanctions tombent. D'un autre côté, la classe politique a fait bloc pour soutenir ces actes et dernièrement encore Mansour Kamardine déclarait qu'il ne saurait être question de condamner le maire de Bandrelé : on peut donc se demander jusqu'à quel point la justice pourra statuer sereinement. Il faudrait garder confiance mais les logiques locales sont résistantes. On est donc tenté d'imaginer une sanction certes mais qui en tout état de cause restera mineure et même symbolique . Attendons.

 

 

COMORES INFOS : Compte tenu du climat de tension qui règne à Mayotte, pensez vous que de telles tragédies peuvent se reproduire ?

 

GRDC : Sans doute. La porte vient d'être ouverte pour de nouvelles actions coup de poings. Mais à vrai dire, ces actes très visibles cachent un fonctionnement quotidien tout aussi tragique qui mérite une analyse fine. Il faut distinguer ce qui est de l'ordre du médiatique de ce qui est la vie réelle des habitants. S'il existait de profonds antagonismes entre les habitants des différentes îles , la situation aurait peut-être dégénéré depuis bien longtemps. La réalité c'est que tous les Comoriens de Mayotte, quelle que soit leur origine et leurs papiers vivent vraiment ensemble. Simplement le référent à l'île natale ou familiale est un prétexte au déclenchement de tous les différents. Il est invoqué systématiquement dès lors qu'un conflit s'installe. Dans le système traditionnel on joue telle famille contre telle autre, tel quartier contre tel autre, telle origine insulaire contre telle autre. Ce mode de fonctionnement ancestral et féodal a été instrumentalisé pour faire exister l'idée même de Mayotte française et aujourd'hui il est le fondement de toute la pensée politique de cette île. La violence qui peut se faire jour en certaines circonstances de vie quotidienne s'exprime dans ce type de conflit. Le problème aujourd'hui est que ce qui a un certain sens dans la logique intime du Comorien est détourné et mis au compte d'un autre système de pensée, entendons le système occidental. Les Maorais ou ceux qui se sentent en position de force parce que titulaires de la nationalité française pensent ainsi pouvoir gagner en jouant contre leurs frères. Mais peu à peu ils entrent en contradiction avec eux-mêmes et sont bientôt entraînés à jouer contre eux-mêmes des cartes qu'ils n'ont pas prévues. La pensée occidentale qui est diffusée par les autorités officielles françaises mais aussi par le plus banal des métropolitains, charge les antagonismes anciens de nouvelles significations tandis que les modes de régulations traditionnels battent en brèche. Dans ces conditions, peu à peu, des conflits d'un nouveau genre peuvent surgir. On a vu ainsi apparaître l'idée que les troubles enclenchés par les jeunes de Majicavo au printemps 2003 étaient le fait de jeunes clandestins, on a même parlé "d'ethnicisation des conflits" donnant corps à une idée totalement incongrue pour Mayotte et évitant ainsi une réelle réflexion sur le malaise des jeunes dans cette île. Prenons un autre exemple simple : celui  de l'occupation des terres. Le sujet du foncier est brûlant dans une île qui manque d'espace. On parle sans cesse d'occupation illégale de terrains, oubliant la coutume qui consiste à s'installer sur un terrain domanial et à régulariser plus tard l'occupation. Le droit foncier traditionnel et le droit foncier occidental se mêlent : chacun joue sa carte, les habitants en "situation régulière" utilisant les habitants en "situation irrégulière" pour  prétendre à des droits sur des terres ou arrondir leurs fins de mois. La lecture occidentale du droit stigmatise les occupants qui traditionnellement ne sont pourtant pas si illégaux, ceux qui connaissent les autres règles se taisent et profitent : c'est la porte ouverte à tous les abus. En résumé Mayotte vit un véritable chaos et les repères qui s'imposent actuellement à travers la notion de droit commun sont de nature à générer toutes sortes de conflits. …

COMORES INFOS : Trente maisons appartenant à des Comoriens vivant à Mayotte ont été brûlées par des agents municipaux le 27 octobre 2003. Comment expliquez-vous qu’un tel acte ait pu se dérouler le premier jour du mois de Ramadan, un mois sacré pour les musulmans ?

GRDC : En ce qui concerne la date précise à laquelle cet acte inqualifiable a été perpétré par des musulmans , il convient sans doute de renvoyer chacun à sa conscience. Tout au plus peut-on remarquer, encore une fois, qu'il y a loin de l'affirmation d'une conviction religieuse à la mise en œuvre de ses préceptes. Le vrai problème est  bien plus de se demander comment on a pu en arriver là. Un cap a-t-il été franchi ? Oui sans doute si

 l'on considère que cet acte s'inscrit dans une progression qui a pris, ces derniers temps, une allure officielle au gré des discours des plus hautes autorités de l'Etat français. Quand la Ministre de l'Outre-Mer désigne l'immigration

 clandestine comme le "fléau" qui atteint Mayotte, quand on entend classiques de l'immigration. La fabrication de "sans papiers" conduit à l'exclusion et nécessairement à une précarité qui encourage les dérives. On a, dès lors, vite fait de conclure, que tous les délits sont imputables à cette catégorie de population. C'est très facile. De sérieuses études ont montré qu'une société a tout intérêt à intégrer les nouveaux venus pour en faire une force de travail et donc à régulariser les situations. Aujourd'hui ce n'est pas l'option choisie et ceci fait bien l'affaire de certains employeurs peu scrupuleux qui se refusent même à déclarer les titulaires de cartes de séjour ! Ainsi le nombre de personnes qui vivent dans les aléas de démarches administratives interminables est tellement stupéfiant que l'on pourrait même s'étonner, au contraire, qu'un plus grand nombre n'ait pas basculé dans une criminalité plus significative. C'est dire à quel point, les Comoriens dans leur ensemble restent dans des logiques de petites combines, où ils se font prendre parfois, mais sont au fond bien loin des pratiques très répréhensibles de ténors de mafias plus organisées venues parfois de l'extérieur. Ceci dit, si l'on considère les conditions difficiles que connaissent tous les habitants confrontés aux tentations d'une société de consommation en pleine expansion incontrôlée, on a tout lieu d'être inquiet quant à l'avenir d'une masse de frustrés ou d'assistés. La prison de Majicavo est trop petite, il faudra l'agrandir et si l'on n'y trouve bientôt que des clandestins, il faudra tout simplement en conclure que cette bonne vieille île de Mayotte aura été désertée de tous ses habitants en situation de partir ! Hôtes des ghettos de la Réunion ou de la métropole le sens commun sera-t-il enfin choqué quand on les rendra responsables de tous les maux de ces espaces ?

 

 

COMORES INFOS : Le Préfet considère que l’arrivée des comoriens à Mayotte sape tous les efforts de développement de cette île. Qu’en pensez vous ?

 

GRDC : N'importe quel observateur de la vie à Mayotte, peut facilement démonter cette position. La vérité saute aux yeux : ce sont, en majorité, les Comoriens des autres îles qui, depuis longtemps, ont construit Mayotte, ce sont eux qui assurent l'activité agricole qui perdure, ce sont eux qui travaillent dans le bâtiment. Récemment, il a fallu lancer une réflexion spéciale pour la régularisation des pêcheurs faute de quoi le poisson allait se faire rare. On a coutume de dire qu'eux seuls veulent travailler… Le phénomène n'est pas nouveau et si Mayotte s'est construite jusqu'alors et se construira demain c'est grâce à la grande majorité de Comoriens ne disposant pas de la nationalité française.  Une bonne partie des autres, qu'ils s'appellent Maorais ou non, quittent Mayotte en masse pour "chercher leur vie" à la Réunion ou en France ! Les jeunes formés à prix d'or à l'extérieur ne rentrent pas ou partent vers d'autres horizons. La situation n'est pas simple mais le trait est commun car si les Anjouanais quittent leur île, ceux que l'on appelle Maorais ne fonctionnent pas autrement . Ils sont tout autant que leurs frères la proie de tous les mirages . Peut-être l'insularité abolit-elle le sens des distances et  favorise-t-elle le goût de l'aventure aussi dérisoire soit-elle. Quoi qu'il en soit, peuple issu de multiples migrations les Comoriens des quatre îles ne sont pas prêts à renoncer à la mobilité !

Le vrai problème du Préfet est peut-être là : la France se retrouve en situation de "développer" un espace qui finalement risque de se trouver peuplé d'une majorité "d'étrangers" au sens administratif français du terme !  C'est peut-être, au fond assez troublant pour l'autorité ! D'où cette agressivité et ce mépris si clairement exprimé ! L'Histoire n'a pas fini de narguer ses acteurs sans doute !

 

COMORES INFOS : Selon le Préfet de Mayotte, 5070 personnes ont été reconduites vers les autres îles des Comores depuis le début de l’année 2003. Pensez vous que le renforcement des moyens policiers permettra de régler le problème du flux migratoire entre Anjouan et Mayotte ?

 

GRDC : A notre avis rien ne pourra régler le problème du flux migratoire entre les îles car ce flux est avant tout une réalité historique encouragée ensuite par les déséquilibres . Les Anjouanais pour ne citer qu'eux n'ont jamais été fixés sur Anjouan à aucun moment de leur histoire et leurs migrations actuelles ne se limitent pas à Mayotte : ils sont nombreux à partir vers la Grande-Comore et même Mohéli dont la réputation n'est pourtant pas faite pour attirer spécialement. C'est dire que l'idée du chacun chez soi est totalement étrangère à la conscience des habitants d'un archipel. Il est donc vain de penser qu'une vague coopération régionale pourra changer les choses. Régler le problème du flux migratoire ne peut avoir qu'un seul sens : permettre la libre circulation des personnes. Cette libre circulation des personnes est le seul moyen d'éviter les trafics humains des passeurs, la culture de l'exploit chez les jeunes qui tentent l'aventure et comptent le nombre de leurs expulsions comme autant de trophées, elle est le seul moyen de couper court aux fantasmes qui naissent automatiquement de la difficulté et de l'interdit. Malheureusement, le chemin pris par Mayotte, c'est à dire son statut de possession française, bientôt sans doute de région ultra-périphérique européenne et donc son développement artificiel totalement décalé par rapport aux fonctionnement des habitants est un facteur de déséquilibre tel que l'on voit mal comment pourrait se mettre en place une ouverture réelle des frontières. Bref, la situation est ingérable dans un tel contexte notamment avec  la fuite en avant de Mayotte qui s'est accélérée depuis la mise en place du nouveau statut en 2000. Et c'est bien cette impasse qu'exprime le discours honteux et ridicule du député Mansour Kamardine à l'Assemblée Nationale Française, lorsqu'il annonce que "700000 Comoriens attendent sur les plages d'Anjouan  d'entrer clandestinement à Mayotte" et lorsqu'il demande au gouvernement français de prendre des mesures ! Quelles mesures efficaces peut-il bien espérer ? Attend-il, comme le laisse imaginer le ton de son discours et ses références aux forces armées, que l'Etat français lui propose de larguer une bombe sur lesdites plages ? Car, à part cette action radicale, on ne voit pas en effet ce qui pourrait bien régler cette situation inextricable ! Au delà de ce fantasme inavouable, l'appel au secours est pitoyable et l'Histoire suit son cours . Mansour Kamardine le sait bien, lui qui se trouve comme un poisson dans l'eau auprès de ses pairs notables lors des grands mariages du mois d'août à Mutsamudu. Etait-il sur la plage avec tous ses frères à cette date-là ?

Il est regrettable que l'on ne puisse pas sortir de la comédie et de la bouffonnerie pour regarder en face une situation où personne n'a à gagner et enfin se mettre à construire.

 

 

COMORES INFOS : Selon les chiffres officiels, 45 000 Comoriens vivent à Mayotte soit 25% environ de la population de cette île qui est estimée à 160 000. Le nouveau statut de Mayotte éloigne encore plus cette île de ses îles sœurs. Que faut-il faire pour que les 4 îles qui composent l’archipel des Comores puissent vivre en paix et dans l’harmonie ?

 

GRDC :    La paix et l'harmonie ne semblent pas, malheureusement, être à l'ordre du jour dans un proche avenir. En effet, l'ensemble de la pensée politique de Mayotte est centrée sur ce faux problème de l'immigration clandestine et il est facile alors de faire passer les Maorais à côté des vrais débats de société qui les concernent. On peut même penser que la focalisation sur "l'immigration" est une arme politique permettant de faire passer n'importe quelle mesure risquant d'être impopulaire. L'Histoire se répète : en 75, les Maorais ont choisi la France contre les autres, aujourd'hui ils se réjouissent du démantèlement de leur système de santé gratuit qui devient une mesure de nature à  éradiquer une des causes de l'immigration clandestine : ils ne réalisent pas que ce sont eux qui vont avoir à payer une part de leurs soins directement ou par le biais des mutuelles et qu'ils seront les grands perdants au final. Aucune information n'est donnée sur cet aspect du problème, aucun débat de fond n'est ouvert , les Maorais se privent encore une fois de leur droit à choisir et à construire leur société en toute lucidité.

Quant aux autres îles, il faut malheureusement répéter que les Comores sont un tout. La crise séparatiste ne parvient pas vraiment à trouver son achèvement. Les récents événements  et les accords du 20 décembre laissent l'amer sentiment que depuis 1997 nous n'avons fait que vivre une parenthèse laquelle n'a rien apporté d'autre que lourdeurs de fonctionnement et esprit pernicieux dans la perception de l'espace étatique. En réalité cette parenthèse a surtout permis la mise en place en toute impunité du nouveau statut de Mayotte et son envol accéléré vers le droit commun et la différenciation avec les îles sœurs. L'Etat comorien est absent sur toutes ces questions et les autorités françaises en place à Mayotte ne se privent pas d'exprimer leur mépris à chaque occasion. Or, l'artifice du développement de Mayotte obère aussi toute possibilité de penser la société comorienne à la mesure de ses moyens . La dynamique de développement est brisée : les compétences fuient le pays qui manque actuellement cruellement de cadres dynamiques et motivés. Mayotte est plus comorienne que jamais et c'est bien ce qui trouble les autorités françaises, mais les forces qui construisent Mayotte française et ne reçoivent en retour que mépris et insultes font défaut aux Comores indépendantes. Entre artifice et marasme il est bien difficile d'espérer la paix et l'harmonie…

Groupe de Réflexion sur le Devenir des Comores (GRDC)

                                                                      

Accord sur les dispositions transitoires aux Comores

Après s'être réunis à Moroni, Union des Comores, le samedi 20 décembre 2003, sous les auspices du Président Thabo Mbeki, Président de la République d'Afrique du Sud et Coordonnateur des efforts des pays de la région et de la Troïka de l'Union africaine (UA) sur la crise comorienne, les parties comoriennes sont convenues de ce qui suit :

 

I. PRINCIPES

 

Les parties comoriennes :

- réaffirment que l'Accord-cadre pour la réconciliation nationale aux Comores, y compris ses structures, la constitution de l'Union des Comores et les Lois fondamentales des Iles autonomes, constituent le cadre approprié pour le règlement de la crise comorienne ;

- s'engagent à œuvrer à la tenue d'élections libres, justes et démocratiques sur toute l'étendue du territoire comorien ;

- s'engagent à créer des conditions favorables pour une compétition électorale organisée dans l'équité et la transparence requises, offrant toutes les garanties nécessaires à cet égard, y compris la nécessité d'un processus qui soit inclusif et qui repose sur l'implication de la communauté internationale ;

- conviennent de la nécessité de parachever rapidement la mise en place des institutions de l'Union des Comores, afin de mettre un terme aux souffrances des populations comoriennes et d'encourager la communauté internationale à débloquer l'assistance technique et financière nécessaire au développement socio-économique du pays.

 

II. REPARTITION DES COMPETENCES

 

Les parties comoriennes rappellent les progrès réalisés lors des discussions de Paris, sous l'égide de l'OIF, et s'engagent à poursuivre leurs consultations en vue d'en soumettre les résultats à l'Assemblée de l'Union, pour décision.

 

III. REGIME TRANSITOIRE

 

Les parties comoriennes conviennent de la nécessité d'une période transitoire qui court de la signature du présent Accord à la mise en place complète de l'Assemblée de l'Union, appelée à voter les lois organiques, et des Assemblées des Iles. Pendant cette période transitoire, les dispositions suivantes s'appliquent :

 

(a) Douane

 

Les parties comoriennes réaffirment la notion d'une douane unique et commune, et les prérogatives régaliennes de l'Etat représenté par le Gouvernement de l'Union. Les parties comoriennes réitèrent la nécessité d'assurer une gestion transparente, indépendante, efficace et objective de la douane. A cet effet, il est institué un Conseil de direction des douanes (CDD) provisoire, chargé de superviser la collecte et le contrôle des opérations de perception des recettes douanières partagées et de préparer les cadres organiques des douanes conformément à la nouvelle architecture institutionnelle. Le CDD est composé de sept (7) membres, à savoir un Directeur général nommé par le Président des Iles et trois Directeurs généraux adjoints nommés par chacun des Présidents des Iles et trois experts internationaux mis à la disposition des Comores par les partenaires internationaux. Le CDD s'organise de manière à pouvoir exercer ses fonctions efficacement aussi bien au niveau des services centraux des douanes que des services douaniers dans les Iles. La gestion des services des douanes relève de la responsabilité d'une Direction des douanes comprenant le Directeur général et les Directeurs généraux adjoints et fonctionnant sur la base du principe de collégialité. Les Directeurs généraux adjoints rendent compte au Directeur général. Dans l'exécution de ses fonctions, la Direction des douanes s'appuie sur les services opérationnels au niveau des Iles, lesquels sont dirigés par des Directeurs régionaux nommés par la Direction des douanes.

La Direction des douanes prend ses décisions par consensus. Faute de consensus, les décisions sont prises par le CDD, à la majorité simple de ses membres, sur la base du Code des douanes.

Les parties conviennent de mettre en place un Comité (ci-après dénommé Comité d'harmonisation) présidé par un représentant de la communauté internationale et composé comme suit : les représentants des Parties comoriennes, le Fonds monétaire internationale (FMI), la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Union africaine, l'Union européenne (UE) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), chargé de veiller à l'harmonisation des normes et des structures douanières, ainsi que des données macroéconomiques. Ce travail doit être achevé au plus tard deux mois après la signature du présent Accord. Dans l'intervalle, les Parties conviennent de la mise en place immédiate, à Anjouan, d'une structure privée internationale recommandée par la Banque mondiale et chargée de veiller à la transparence et au contrôle des opérations douanières. Cette structure aura une obligation de résultat.

 

(b) Budget pour la période transitoire

 

Les parties comoriennes conviennent de ce qui suit :

 

- ouverture d'un compte spécial à la Banque centrale des Comores (BCC) et dépôt, dans  ce compte, des recettes fiscales et non fiscales à partager ;

- transfert automatique, dès la mise en place du mécanisme de perception commune des recettes et après déduction du service de la dette extérieure, sur les comptes individuels des gouvernements respectifs de l'Union et des Iles autonomes d'Anjouan, de Ngazidja et Mwali, selon les quotes-parts ci-après : Union - 28%, Ngazidja - 32,5%, Anjouan - 30,5%, Mwali - 9%.

- le Comité d'harmonisation vérifie dans quelle mesure les budgets soumis par l'Union et les Iles autonomes, sur la base des quotes-parts, correspondent aux besoins respectifs de l'Union et des Iles. Lorsque les charges d'une des Parties ne sont pas proportionnelles à sa quote-part, le Comité d'harmonisation procède à la modification du taux des quotes-parts et, par voie de recours dans la mesure du possible au Fonds fiduciaire à créer. Dans le même temps, les Parties comoriennes conviennent des dispositions suivantes :

- mise en place, à travers le Comité d'harmonisation, d'un mécanisme de contrôle chargé de vérifier la fiabilité et la transparence des dépenses effectuées pendant la période transitoire par l'Union et les Iles autonomes ;

- élaboration, à travers le Comité d'harmonisation, aux fins d'examen et de décision, d'une étude sur les effectifs de fonctionnaires et les masses salariales, étant entendu que les recrutements seront gelés jusqu'à l'identification des besoins de l'Union et des Iles autonomes ;

- en attendant le parachèvement de la mise en place des institutions de l'Union des Comores, en particulier le vote des lois organiques sur la répartition des compétences, le Président de l'Union met en application par décret, deux semaines au plus tard après la signature du présent Accord, le budget transitoire que constituent le budget de l'Union et ceux des Iles autonomes d'Anjouan, de Ngazidja et de Mwali.

 

(C) Dispositions exceptionnelles pour l'Ile de Ngazidja

 

Une dotation exceptionnelle correspondant à la différence entre le montant effectivement versé à Ngazidja et le montant qui aurait dû être versé sera accordé à l'Ile pour couvrir les dépenses occasionnées par le fonctionnement de l'exécutif de l'Ile depuis janvier 2003. Le Comité d'harmonisation sera saisi de cette question.

 

(d) Budget consolidé

 

Dès l'adoption des lois organiques sur la répartition des compétences, les Parties comoriennes conviennent d'adopter un budget consolidé reposant sur le compte spécial mentionné plus haut et un transfert automatique sur les comptes individuels des gouvernements respectifs de l'Union et des Iles autonomes.

 

IV. DISPOSITIONS SECURITAIRES

 

Les Paries comoriennes conviennent de ce qui suit :

- déploiement d'observateurs civils et militaires de l'Union africaine durant toute la période transitoire ;

- le commandement national et le contrôle de la gendarmerie relèvent de la responsabilité de l'Union. Toutefois, durant la période transitoire, et pour le besoin des élections, cette force, qui sera dotée de moyens adéquats, sera mise à la disposition des présidents des Iles, pour emploi, dans sa mission habituelle. Cette mise à disposition ne peut faire l'objet de révocation pendant la période transitoire ;

- durant toute la période électorale, l'emploi de la gendarmerie nationale sera décidé en étroite concertation avec la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) et le groupe d'observateurs militaires de l'UA ;

- la force comorienne de défense ne sera en aucune manière impliquée dans le processus électorale.

 

V. ELECTIONS LEGISLATIVES

 

Les Parties comoriennes conviennent de parachever le processus électoral avant la fin du mois d'avril de l'année 2004 au plus tard. A cet effet, la CNEI élabore un calendrier électoral permettant de respecter cette échéance. Pour leur part, les autorités respectives compétentes de l'Union et des Iles autonomes signent les décrets de convocation du corps électoral dans un délai de deux semaines au plus tard, suivant la signature du présent Accord. Le Comité de suivi prévu au Chapitre VI du présent Accord renouvellera la composition de la Commission d'homologation, laquelle validera les résultats des prochaines élections législatives.

 

VI. SUIVI DE LA MISE EN ŒUVRE DU PRESENT ACCORD

 

En vue d'assurer la mise en œuvre scrupuleuse et de bonne foi du présent Accord, il est mis en place un Comité de suivi comprenant les représentants des Parties comoriennes signataires du présent Accord et ceux de la communauté internationale. Ce Comité de suivi veille au respect des engagements pris et à l'interprétation des dispositions du présent Accord, et prendra toutes les mesures requises à cet effet. Le Comité sera présidé par l'Union africaine (Afrique du Sud, en sa qualité de pays coordonnant les efforts régionaux sur les Comores, et la Commission de l'Union africaine) et comprendra les représentants des pays de la région et de la Troïka de l'UA, de la France, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la Francophonie, des Nations Unies, du FMI, de la Banque mondiale, de la Ligue des Etats arabes et de la Commission de l'Océan Indien. Le Comité adopte son propre Règlement intérieur. A chaque fois que les Parties comoriennes décident de se réunir, le Président du Comité de suivi participe, en tant que besoin, à de telles réunions.

VII. SOUTIEN DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

 

Dès la signature d'un accord entre l'Union et les Iles autonomes, la communauté internationale est invitée à :

- apporter le soutien technique et financier aux opérations électorales ;

- apporter, dans les meilleurs délais, le soutien technique et financier nécessaire aux opérations préliminaires à la tenue des élections (Assemblées générales de la CNEI, réactualisation des listes électorales, recrutement et formation des agents, etc.) ;

- décaisser l'aide promise par les bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale, Réunion des Amis des Comores, etc.) pour appuyer la mise en œuvre du budget de l'Union ;

- accompagner la mise en œuvre du budget de l'Union par une aide spécifique.

 

Fait à Moroni, le 20 décembre 2003

 

 

Modalités d'application de l'Accord du 20 décembre : Les premiers pas d'une transition

 

L

'Union a nommé le nouveau directeur général des douanes en la personne de Oubeidi Mzé Cheikh et le CDD entrera en fonction dans dix jours. Il a été décidé de l'ouverture immédiate du ''Compte spécial'' à la BCC après que le Comité de suivi ait pris note de la mise en application du décret du président de l'Union sur le ''budget consolidé'' de l'Union et des îles. Les prérogatives de Ngazidja en matière de collecte des recettes propres ont été rétablies. Sur les dispositions sécuritaires, l'ambassadeur de France à Moroni a été chargé ''d'entrer en contact avec les différentes parties'' pour faciliter la mise effective de la gendarmerie à la disposition des chefs des exécutifs des îles au plus tard le 20 janvier 2004. Telles sont quelques unes des dispositions phares adoptées à l'issue de la première rencontre du Comité de suivi, avant-hier et rendu public, hier.

 

Lire également ci-contre à droite et en dernière page, de larges extraits du relevé des conclusions des modalités d'application et ci-contre en bas, le calendrier des modalités d’application..

 

Après deux jours et demi de discussions, les membres du  Comité de suivi, réunis du 5 au 7 janvier dernier sous la présidence de Francisco Madeira, ont signé un procès verbal qui consigne les principales modalités d'application de l'Accord du 20 décembre.

 

Sur la gestion de la douane, Le Conseil de direction des douanes (CDD) tiendra sa première réunion le 13 janvier prochain à Moroni et doit commencer à fonctionner dix jours plus tard, le 22 janvier. Le gouvernement de l'Union a, nommé Oubeidi Mzé Cheikh au poste de directeur général des douanes. Les îles devaient nommer les trois directeurs généraux adjoints de chaque île, avant-hier, le 7. Les trois experts internationaux, membres du CDD vont être mis à la disposition des Comores par la France, la Banque mondiale et l'Union africaine. Il a été convenu de l'extension, à Ndzuwani, des services de Cotecna-Inspection avant la fin de ce mois. Le Comité d'harmonisation - qui va fonctionner sous l'autorité du Comité de suivi-, tiendra sa première réunion le 22 janvier à Moroni. Il sera présidé par un expert désigné par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

Sur le ''budget consolidé'', le Comité de suivi s'est mis d'accord sur l'ouverture immédiate du ''Compte spécial'' à la Banque centrale des Comores (BCC). Il a pris note de la mise en application du décret du président de l'Union, signé le 7 janvier et pour une durée de six mois, sur le budget transitoire de l'Union et des îles.

 

 

Calendrier des modalités d'application de l’accord

 

6 au 20 janvier 2004 : Dépôt des candidatures pour les législatives des îles.

13 janvier 2004 : Début du fonctionnement de la direction des douanes.

13 janvier 2004 * : Communication des noms des quatre membres comoriens au Comité de suivi.

20 janvier 2004 * : Mise à disposition de la gendarmerie aux présidents des îles autonomes.

22 janvier 2004 * :Début du fonctionnement  du Conseil de la direction des douanes.

22 janvier 2004 :1ère réunion du Comité d'harmonisation.

31 janvier 2004 * :Déploiement des observateurs de l'UA.

31 janvier 2004 : Installation de la COTECNA  à Anjouan.

1er février 2004 : Perception commune des recettes fiscales et non fiscales à partager et  versement au compte spécial.

13 février 2004 : Ouverture de la campagne électorale pour les législatives des îles.

28 février au 14 mars 2004 : Dépôt des candidatures pour les législatives de l'Union.

12 mars 2004 à minuit : Clôture de la campagne électorale des législatives des îles.

14 mars 2004 : 1er tour des législatives des îles.

21 mars 2004 : 2ème tour des législatives des îles.

24 mars 2004 : Ouverture de la campagne électorale pour les législatives de l'Union.

16 avril 2004 : Clôture de la campagne électorale pour les législatives de l'Union.

18 avril 2004  : Premier tour des législatives de l'Union.

25 avril 2004 : Second tour des législatives de l'Union. (*Au plus tard)

 

Les règles de la transition (extraits)

Douanes :

Les îles autonomes d'Anjouan, de Mohéli et de Ngazidja se sont engagées à communiquer au Comité de suivi, au plus tard le 7 janvier 2004, les noms des directeurs généraux adjoints nommés par leurs présidents respectifs.

La Direction des douanes, constituée du directeur général et des trois (3) directeurs généraux adjoints, tiendra sa première réunion à Moroni, le 13 janvier 2004, et commencera à fonctionner à partir de cette date.

Le Comité de suivi est convenu que les trois experts internationaux membres du Conseil de direction des douanes (CDD) seront mis à la disposition des Comores par la France, la Banque mondiale et l'Union africaine.

Ces experts doivent être identifiés et déployés aux Comores incessamment à partir du 22 janvier 2004, au plus tard, afin que le mécanisme de perception commune des recettes fiscales et non fiscales à partager et de versement au compte spécial soit effectif à la date du 1er février 2004.

Le Comité de suivi a décidé que le Comité d'harmonisation prévu au chapitre III (a) et (b) de l'accord, et qui fonctionne sous son autorité, sera présidé par un expert désigné par l'Organisation international de la francophonie (OIF). L'OIF prendra toutes les dispositions requises pour que ce comité puisse tenir sa première réunion à Moroni ; le 22 janvier 2004. l'OIF, après consultation avec les autres membres internationaux du comité (à savoir le FMI, la Banque mondiale, le PNUD, l'UA et l'UE), communiquera le projet d'ordre du jour aux parties comoriennes.

Comme stipulé dans l'accord, le Comité d'harmonisation doit veiller à l'harmonisation des normes et des structures douanières, ainsi que des données macro-économiques. Il est entendu que ce travail doit être accompli dans le délai prévu par l'accord.

 

 

Les premiers pas d'une transition

L

e gouvernement de l'Union s'est engagé à respecter l'exercice, par l'île autonome de Ngazidja, des prérogatives qui sont les siennes en matière de collecte des recettes propres, comme cela se faisait et continue à se faire à Mwali. Au niveau des dispositions sécuritaires, l'ambassadeur de France a été chargé par le Comité de suivi ''d'entrer en contact avec les différentes parties'' pour faciliter la prise des mesures nécessaires, afin que la gendarmerie soit effectivement mise à la disposition des présidents des îles au plus tard le 20 janvier. Le redéploiement des observateurs civils et militaires de l'Union africaine doit intervenir avant fin janvier.

 

Pour les questions électorales, le Comité de suivi a pris note des décrets signés le 3 janvier, par le président de l'Union, et le 7 janvier par ceux des îles de convocation du corps électoral pour l'élection des assemblées de l'Union et des îles. Une recomposition de la Commission d'homologation a été décidée. Elle va, être, désormais, composée de huit membres dont quatre Comoriens, à raison d'un membre par partie comorienne (Union/îles), et quatre membres internationaux désignés par l'Union africaine, l'Oif, les Nations Unies et la Ligue des Etats arabes.

 

Sur les dispositions exceptionnelles pour Ngazidja, la Commission d'harmonisation, dans sa réunion du 22 janvier, va examiner le montant de la dotation exceptionnelle à verser à l'île.

 

Enfin, concernant la contribution de la communauté internationale, le Comité de suivi s'est félicité de l'initiative de tenir une réunion à Paris, le 21 janvier, en vue de la mise en place du Fonds fiduciaire. Il appelle les donateurs à faire montre de flexibilité dans l'affectation et la mise à disposition de leurs contributions financières.

 

Mmadi Moindjié

Source la Gazette des Comores n°180

 

 

Nouveau palier dans la lutte contre la corruption

L

a justice comorienne a saisi une douzaine de véhicules appartenant à des agents de la Banque centrale des Comores et à des hauts fonctionnaires de l’administration financière, actuellement en détention pour détournement de fonds publics.

Le travail des enquêteurs se poursuit par un inventaire des biens meubles et immeubles des accusés, indique une source policière, mais qui ne confirme ni n’infirme les rumeurs selon lesquelles des comptes bancaires à l’étranger de certains des prévenus auraient été gelés à la demande de la justice.

En septembre dernier, rappelle-t-on, le receveur principal des impôts avait été arrêté pour tentative d’incendie et de détournement de fonds. Il devait être rejoint en détention, quelques jours plus tard, par son chef, le directeur général des impôts Djounaïd Mohamed Soilihi.

Quelques semaines après, les autorités mettront au jour un réseau frauduleux au détriment des douanes des Comores et consistant en un trafic de bordereaux, ce qui est à l’origine de l’arrestation d’une employée de la banque centrale, d’une ancienne stagiaire et de trois commerçants.

Peu après, le directeur général des douanes, Raoul Delapeyre, et le receveur des douanes de Moroni seront arrêtés à la suite de plusieurs interrogatoires dans les locaux de la gendarmerie.

En novembre, lors d’un contrôle de routine, il est découvert à la banque centrale un détournement de près de 200 millions de francs comoriens (406 504 euros). Sept des huit caissiers de l’institution ont été arrêtés puis placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Moroni.

S’exprimant alors au cours d’une conférence de presse, le gouverneur de la banque centrale des Comores avait indiqué que l’affaire n’était pas de nature à entraîner une dévaluation du franc comorien, ajoutant ne pas être en mesure de préciser à quand remontent ces opérations frauduleuses.

Les arrestations du directeur général des impôts et de son homologue des douanes, deux proches du président Azali Assoumani, et des agents de la Banque centrale, des protégés de hauts dignitaires du régime, semblent témoigner de la volonté, annoncée par le président comorien le 1er juin et réitérée le 26 novembre, “d’éradiquer la délinquance en col blanc” dans l’archipel.

 

PUB : COMPTOIR DE L’OCEAN INDIEN (SARL COI)

 

Nous sommes heureux de vous informer la mise en ligne de notre site Internet chez comores-online.com :

A l’adresse suivante : http://www.comores-online.com/Comptoir

L’équipe du Comptoir de l’Océan Indien est à votre disposition pour vous aider dans la réalisation de vos commandes et vous conseiller au mieux de vos intérêts.

Nos partenaires en Asie, Europe, Afrique du Sud et la Réunion seront heureux de vous proposer les meilleurs prix en collaboration avec nos équipes aux Comores.

En 6 mois d’existence : nous avons vendu plus de 40 TC aux Comores

Merci de nous faire-part de vos besoins.

Adresse aux Comores :

BP 208

Bd du Cœlacanthe

Mutsamudu Comores

Tél. : 00269-71-03-20

Fax : 00269-71-14-30

Email : comptoir.oi@wanadoo.fr

 

 

Pour la liberté de la presse, abonnez-vous à Comores-infos. Le premier journal comorien sur internet.

 
DEBATS ET OPINIONS LIBRES :

REPONSE DU GRDC AU PREFET DE MAYOTTE

Réponse à M. le Préfet.

COMPRENONS-NOUS BIEN !

 

Monsieur le Préfet,

 

Dans votre interview au Quotidien de la Réunion du 10/11/03, vous nous demandez :  « Imaginez qu’on installe chez vous une personne qui n’a rien à voir avec vous dans votre maison … » et vous nous dites que « c’est ça le fond de l’affaire ». Sur ce dernier point seulement, Monsieur le Préfet, vous avez raison : c’est bien « ça » le fond de l’affaire ! Car justement, cette personne que vous vilipendez tout au long de cette interview, a tout  à voir avec celui qui habite la maison : elle partage sa langue, sa culture, sa religion et bien souvent de sérieux liens de parenté, elle célèbre les mêmes fêtes et suit les mêmes rituels d’enterrement, et nous nous arrêterons là car la liste pourrait s’allonger encore !

 

Mais vous, Monsieur le Préfet, qu’avez vous de commun avec les habitants de cette île ? Vous ne parlez pas la langue, vous ne connaissez rien à la culture locale, vous ne pratiquez pas la même religion et votre vie et vos préoccupations n’ont rien de commun avec celles des habitants de la maison ! D’ici quelques temps, vous rejoindrez votre propre  maison et votre univers familier.

 

N’oubliez pas que si, à la différence de beaucoup d’habitants de cette île, vous avez des papiers français, vous n’en demeurez pas moins clandestin  à Mayotte au regard du droit international ! Et pourtant, hôte de cette île, vous disposez, comme tout humaain,  du droit au respect, celui-là même que vous déniez à tout une catégorie de la population.

 

N’oubliez pas non plus, que si vous êtes à Mayotte aujourd’hui, c’est à la faveur d’une conjoncture historique et, pour ce qui vous concerne, politique.  Ceci vous permet en tant que Préfet de jouir de vos droits de gouverneur local, mais ne vous autorise nullement à prendre tous les droits, à donner des leçons sur une matière que vous ne maîtrisez pas, à générer la haine et la violence et à vous faire le fauteur de troubles au sein d’une société dont l’histoire millénaire n’a pas commencé avec vous.

 

N’oubliez pas que certains grands théoriciens de l’exclusion, de la xénophobie et du racisme ont pu s’appuyer sur la légalité de leur accession au pouvoir et le soutien populaire, ils n’en étaient pas moins des monstres et ont enfanté des horreurs !

Le GRDC ( Groupe de Réflexion pour le Devenir des Comores )

 

 

COMORES-INFOS

Bimensuel d’information régionale édité par Comores-infos

tél.+ fax: 0262.57.92.04.

Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN : 1600-7289

N° Siret : 429 887 326 00016 - Code APE 924Z - N° de commission paritaire en cours.

Directeur de la publication : AHMED Mohamed.

Abonnements

Abonnement par messagerie électronique 1 an pour 23 euros.

Abonnement sous format papier 1an 40 euros

Le chèque doit être établi au nom de COMORES-INFOS

Envoyez-nous un mail –

E-MAIL: Comores-infos@wanadoo.fr

Site Internet : http://www.comores-online.com/Comores-infosweb/

 

BULLETIN D’ABONNEMENT :

 

Nom :------------------------------------------------------

Prénom:---------------------------------------------------

Adresse:----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ville et code Postal : ----------------------------------

A retourner à : COMORES-INFOS : BP 83  97.432 Ravine des Cabris Ile de La Réunion. Chèque à l’ordre de Comores-infos.

Par virement bancaire à la BFC OI – Agence de St-Pierre – au compte  :

 

N° 18719 00081 00816857800 01

 

Pour la liberté de la presse, abonnez-vous à Comores-infos.

Nos tarifs sont en baisse, profitez de nos promotions.

Abonnez-vous :

- C'est pratique: vous ne manquez aucun numéro. En effet quelques jours après sa parution, la plupart de nos numéros sont introuvables car épuisés.

- Vous nous donnez les moyens de la liberté. Vous le savez, seuls les abonnements garantissent l'indépendance d'une publication.