EDITORIAL : LES COMORES TOUJOURS DANS L’IMPASSE APRES L’ECHEC DE LA DERNIERE REUNION DE LA TROIKA

Une réunion de la troïka regroupant les pays de la zone de l’océan indien s’est tenue à Moroni du 16 au 18 juillet 2003. Cette réunion ministérielle des pays de la région et de la troïka de l'Union africaine présidée par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères a pris fin à Moroni vendredi 18 juillet matin, sans avoir obtenu un accord entre les présidents des îles et les responsables de l'Union des Comores embourbés, depuis un an dans un conflit de compétences qui paralyse complètement le processus de réconciliation nationale.
Le communiqué publié à la fin de la réunion cache à peine l’aveu d’un échec. Il se contente d’ appeler "les représentants des différentes parties comoriennes à continuer à réfléchir sur les propositions et à prendre part à une réunion qui se tiendra prochainement pour finaliser ces propositions" sans précision de date. 
Les ministres de l'Union africaine ont pourtant soumis des propositions, notamment sur les principaux points d'achoppement à savoir l'administration des douanes, le budget et la sécurité des futures élections législatives.
Après la fin des travaux, les présidents des îles autonomes de Mohéli, d´Anjouan et de la Grande Comore ont souligné, dans un 

   Sommaire :

 

POLITIQUE :

*  Après la réunion de la Troika, le doute persiste aux Comores

*  Déclaration de la FCDH  à la réunion de la Troika à Moroni

*  Fête nationale aux Comores sur fond de divergences politiques

*  Réactions contrastées à Mayotte sur l’abolition de la polygamie

 

LU DANS LA PRESSE:

*  Rencontre De Villepin-El Amine Soeuf : la concession de Mayotte à la France

 

ACTUALITES REGIONALES:

*  Un comité des sages plane sur l’avenir de la COI

*  La COI organise la lutte contre le SIDA sur le plan régional

 

BREVES :

* Le GSM bientôt disponible aux Comores

*  Ravalomanana attendu sur l’ouverture d’un consulat à la Réunion

*  Les malgaches pensent que la corruption recule dans leur pays

*  Anerood Jugnauth cédera le pouvoir à Paul Bérenger le 30 septembre 2003

 

 

Suite de l’édito

 

communiqué, que "tous les apports techniques tant nationaux qu´internationaux susceptibles de contribuer au dénouement de la crise ont été épuisés".
Dans ce texte publié simultanément dans les trois îles où le terme "échec" a été soigneusement évité, les auteurs voulant se dédouaner précisent c: "seule une volonté politique des chefs des exécutifs des
îles et de l´Union demeure le dernier recours".
Il est vraiment déplorable que cette réunion ait abouti à un échec. Nous avons déjà évoqué dans nos colonnes le risque de lassitude de l’Union Africaine et plus particulièrement des pays de la région de l’océan indien qui se sont beaucoup investis pour parvenir à un règlement de la crise comorienne.
On a le sentiment que les dirigeants actuels de l’Union et des îles préfèrent privilégier leurs intérêts personnels avant les intérêts suprêmes du pays. 
 Les dirigeants des îles reconnaissent leur part de responsabilité en évoquant clairement dans leur communiqué que seule une volonté politique peut permettre de débloquer la situation actuelle.
M. Azali Assoumani, en tant que Président de l’Union, a une responsabilité particulière. C’est lui qui a œuvré pour la mise en place du nouveau dispositif institutionnel dont nous avons déjà évoqué  la complexité et le caractère irréaliste compte tenu du fait qu’on se trouve dans un petit pays ayant des ressources limitées. Et aujourd’hui, il freine des quatre fers la mise en place des institutions prévues par l’accord-cadre de Fomboni de février 2001.
 M. Azali est il conscient qu’il ne lui reste plus que 3 ans de mandat ? En effet,  son mandat est limité à 4 ans.
Sa 1ère année de présidence a été marquée par le conflit de compétences qui continue d’opposer les instances de l’Union à celles des îles. Si ce bras de fer nuisible pour le pays continue encore pendant un an voire plus, M. Azali aura complètement raté son mandat présidentiel. Il risque donc de quitter dans 3 ans le pouvoir par la petite porte.
Cette situation d’impasse politique bloque les perspectives de développement économique du pays. Tous les projets de coopération avec les organisations internationales ou avec les pays de la zone sont suspendus voire annulés.
Face à une telle situation, le vrai et ultime recours est le peuple souverain. Il devrait faire pression auprès des dirigeants afin qu’ils arrêtent leur jeu de poker actuel. La priorité consiste à organiser les élections afin de sortir de l’instabilité juridique et institutionnelle. Et si les citoyens concluent au  travers de l’expérience vécue que la nouvelle constitution devient inapplicable, ils pourront demander à leurs élus de la modifier . Il ne faut exclure aucune hypothèse pour sortir de l’imbroglio politique actuel.
Le destin des Comores appartient aux comoriens eux mêmes. Malgré la forte implication de l’Union Africaine, la crise persiste. Il incombe donc aux comoriens de prendre en main l’avenir de leur pays et d’influer sur leurs dirigeants pour qu’ils arrêtent leur combat fratricide qui cause un tort incalculable au développement politique, économique , social du pays et à son rayonnement au niveau de notre région de l’océan indien. Comme dit le proverbe : « Aide-toi, le ciel t’aidera « . 
 
La Rédaction 
 

 

LA UNE:

APRES LA REUNION DE LA TROIKA, LE DOUTE PERSISTE AUX COMORES

Quelques jours après la réunion ministérielle des pays de la région et de la Troïka de l'Union africaine (UA), tenue du 16 au 18 juillet à Moroni sur la crise comorienne, le doute prévaut quant à la capacité de la classe politique à sortir le pays d'une situation que "semblent entretenir certains", selon un homme d´affaires comorien visiblement agacé par ce qu'il appelle "une crise qui n´a que trop duré".

 

S´il y a comme une sorte d´unanimité, pour toutes les parties, à ne pas parler d´échec, les présidents des îles autonomes de Mohéli, d´Anjouan et de la Grande Comore soulignent, dans un communiqué, que "tous les apports techniques tant nationaux qu´internationaux susceptibles de contribuer au dénouement de la crise ont été épuisés".

 

Dans ce texte publié simultanément dans les trois îles où le terme "échec" a été soigneusement évité, les auteurs précisent: "seule une volonté politique des chefs des exécutifs des îles et de l´Union demeure le dernier recours".

 

Et les présidents des trois îles de reprendre ainsi en chœur les propos de Jean-Pierre Lajaunie, ambassadeur de France à Moroni cité par l´hebdomadaire gouvernemental Al-Watwan de vendredi: "au niveau actuel de la situation, il n´est pas du ressort des spécialistes des douanes de trouver des solutions. Il faut une volonté politique".

 

Dénonçant à demi-mot l´absence de volonté, les présidents des îles soulignent, dans leur communiqué, "le refus des autorités de l´Union d´une rencontre ultime de la commission technique

proposée par l´Union africaine".

 

Samedi en début d´après-midi, apparemment en réaction à la conférence de presse tenue la veille par le ministre des Affaires étrangères des Comores, le chef de l´Exécutif de la Grande Comore, Mzé Abdou Soulé Elbak, a convoqué son gouvernement en conseil extraordinaire duquel rien n´a filtré.

 

 

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ACTUALITE NATIONALE :

Vers une réunion de la Troïka de l'UA sur la crise comorienne

La ministre sud- africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, est attendue mardi 15 juillet à Moroni pour prendre part à la réunion de la Troïka de l'Union africaine (UA) sur la crise aux Comores.

 

L'annonce en a été faite mardi à Moroni par le ministre mozambicain des Affaires étrangères, Leonardo Simao, émissaire du président en exercice de l'UA, arrivé lundi aux Comores pour les besoins de cette rencontre de la Troïka avec les pays de la région.

 

Selon le ministre mozambicain, ses homologues de Madagascar, de Maurice et des Seychelles participeront à cette rencontre censée "mettre sur les rails le processus de réconciliation nationale" aux Comores.

Bien connu aux Comores, M. Madeira suit le dossier de la crise comorienne depuis plusieurs années pour le compte des patrons successifs de l'organisation panafricaine depuis la période où Salim Ahmed Salim assurait le secrétariat général de l'OUA.

 

A ce titre, il a pris une part active dans les négociations ayant conduit à l'accord de Fomboni, qui a permis de voter des constitutions et d'élire le président de l'union et les présidents des îles, lesquelles ne parviennent cependant pas à s'entendre sur leurs prorogatives respectives.

 

L'Afrique du Sud est le pays qui coordonne les efforts de l'UA aux Comores. A ce titre, son chef de la diplomatie, Mme Dlamini-Zuma, a effectué plusieurs visites aux Comores dans le sillage de son prédécesseur.

 

La Troïka et les pays de la région arrivent au moment où l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), également impliquée dans la recherche d'une solution à la crise comorienne, est en train de fermer son bureau à Moroni comme l'a confirmé son représentant à Moroni, le général Rabemanjara.

 

En même temps circule à Moroni une rumeur de plus en plus insistante qui attribue au président comorien Azali l'intention de mettre en place un gouvernement d'union nationale ouvert à des personnalités de l'opposition comme l'ex-Premier ministre Abbas Djoussouf ou encore l'actuel numéro 2 de l'opposition, le Dr Mtara Maecha.

 

 

FIN DE LA REUNION DE LA TROIKA A MORONI

La réunion ministérielle des pays de la région et de la troïka de l'Union africaine a pris fin à Moroni vendredi 18 juillet matin, sans avoir obtenu un accord entre les présidents des îles et les responsables de l'Union des Comores embourbés,

depuis un an dans un conflit de compétences qui paralyse le processus de réconciliation nationale.

 

Initialement prévue pour s'achever jeudi à midi, cette réunion s'est prolongée jusqu'au petit matin de vendredi à l'hôtel de Moroni pour aboutir à un communiqué laconique qui appelle "les représentants des différentes parties comoriennes à continuer à réfléchir sur les propositions et à prendre part à une réunion qui se tiendra prochainement pour finaliser ces propositions".

 

Cette réunion coordonnée par la ministre sud-africaine, le Dr. Nkosana Dlamini Zuma, avec la participation de Marcel Ranjeva, chef de la diplomatie malgache, et de son homologue mauricien, Anil Gayan, ainsi qu'un ministre tanzanien de la présidence et le vice-ministre des Affaires étrangères du Mozambique a estimé que

ces discussions devraient se poursuivre par un "autre round".

 

Après avoir entendu tour à tour les présidents des îles, le président de l'Union, le Comité de suivi de l'accord cadre de Fomboni et la Commission électorale, les ministres de l'Union africaine ont soumis des propositions, notamment sur les principaux points d'achoppement à savoir l'administration des douanes, le budget et la sécurité des futures élections législatives.

 

Les ministres proposent par exemple le déploiement d'observateurs militaires de l'Union africaine durant toute la période des élections, tandis que les présidents des îles demandent le transfert pur et simple aux îles du commandement de la gendarmerie et de la police, ce que refuse l'Union.

 

Quant à la proposition sur la mise en place d'un conseil provisoire des douanes chargé de superviser la collecte et le contrôle des opérations de perception des recettes douanières, il ne semble pas avoir eu non plus l'assentiment de l'Union.

 

La délégation de l'Union, conduite par le ministre des Affaires étrangères Souel Mohamed El-Amine, a aussitôt rejeté, dans une conférence de presse donnée à Moroni, toute idée de gouvernement d'union nationale de transition l'assimilant à un "coup d'Etat".

 

Elle ne voit pas en quoi le budget en cours délesterait les autorités des îles puisque aussi bien les fonctionnaires des îles que les dépenses de fonctionnement son payés sauf pour Ngazidja, cette île n'ayant pas été en mesure de justifier à ce jour, des ressources précédemment allouées, selon le ministre Houmed Msaidie.

 

Au cours de cette conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères Soefou Mohamed El-Amine, se référant à l'accord cadre de Fomboni et à la Constitution de l'Union, a insisté par ailleurs sur la nécessite d'organiser rapidement les élections législatives puisque seuls les députés sont habilités à prendre les lois organiques régissant la répartition des compétences.

 

On rappelle que cette réunion ministérielle intervient après que le sommet de Maputo eut officiellement encouragé les parties comoriennes à parapher la mise en place des institutions de l'Union des Comores dans l'esprit de l'accord de Fomboni du 17

février 2001.

 

 

DECLARATION de la FCDH A La Délégation dE LA Troïka de l’Union Africaine à Moroni

 

La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme a l’honneur de vous rappeler que depuis l’accession à sa souveraineté internationale le 6 juillet 1975, les Comores ont connu une instabilité politique et économique engendrant les coups d’Etat, des régimes dictatoriaux non constitutionnels protégés par le mercenariat bafouant ainsi les principes universels des  Droits de l’Homme, de la Démocratie et de la Bonne Gouvernance.

Depuis  le 3 août 1997 les Comores ont connu à nouveau les moments les plus tragiques de leur histoire caractérisés par la Crise Séparatiste Anjouanaise menaçant le principe de l’Etat -Nation  et entretenant une crise de confiance entre les Comoriens.

Grâce aux efforts déployés par la Communauté Internationale, notamment l’Union Africaine, l’on a abouti à l’Accord Cadre de Réconciliation Nationale  de Fomboni (Mohéli) le 17 février 2001, l’adoption des Constitutions de l’Union des Comores et des Iles Autonomes ainsi que les élections des Présidents de l’Union des Comores et des Iles Autonomes.

Nous en sommes très reconnaissants.

Malgré le processus engagé depuis plus de deux (2) ans, la situation politique et institutionnelle reste toujours dans le statu quo. Car les Autorités Politiques de l’Union comme celles des Iles Autonomes n’ont pas la volonté de régler cette crise qui enfonce le pays dans la misère et dans la pauvreté.

 

Excellences Messieurs les Délégués du Troïka de  l’Union Africaine à Moroni,

 

            Il n’est secret pour personne que les Comores risquent de subir la SOMALISATION si cette Crise perdure. L’Union Africaine en tant que première initiatrice de la Réconciliation Nationale aux Comores a un rôle indispensable à jouer dans le dénouement définitif de la Crise Comorienne.

 

 

C’est pour cette raison que nous, en tant qu’élément principal de la Société Civile Comorienne, nous lançons un vibrant appel à l’Union Africaine pour :

1-       Multiplier ses efforts dans l’aboutissement du processus de Réconciliation et de Démocratisation Institutionnelle dans les plus brefs délais.

2-       Persuader les Autorités du Gouvernement Central et celles des Iles Autonomes à respecter les engagements pris devant la Communauté Internationale et à organiser les élections prévues dans la Constitution pour le dénouement définitif du processus en cours et cela librement et démocratiquement pour qu’enfin finissent la dictature,  la corruption et l’impunité et que l’Etat de droit soit une réalité aux Comores.

3-       L’implication effective de la Société Civile digne dans tout le dialogue politique d’une part et dans tout le processus électoral d’autre part auquel elle est déjà absente dont nous regrettons.

4-       La tenue d’une Conférence Nationale regroupant les Autorités Politiques de l’Union comme celles des Iles Autonomes, les Partis Politiques d’opposition et la Société Civile Digne pour définir les modalités de la tenue démocratique des élections  législatives et municipales et un plan national de développement et de garantie de l’Unité de l’Etat – Nation.

5-       La tenue de la Conférence des Bailleurs de fonds pour enfin réduire effectivement la pauvreté comorienne.

 

Très haute considération.

 

Mutsamudu, le 16 juillet 2003

Le Président de la  FCDH  Ahmed Mohamed Allaoui

 

 

Fête nationale aux Comores sur fond de divergences politiques

La célébration, dimanche 6 juillet, de la fête nationale des Comores, a mis en évidence, une fois de plus, les profondes divergences qui existent entre l'exécutif de l'Union et les présidents des îles, tous trois absents de la tribune officielle, place de l'indépendance pendant le défilé militaire à Moroni.

 

Pour la deuxième fois consécutive le président de la Grande Comore, Mze Abdou Soule El-bak, a préféré boycotter les cérémonies officielles patronnées par le président Azali Asoumani pour aller "fêter", à sa manière, en région, en l'occurrence dans le village de Gnumadzaha, dans la Bambao.

 

Il avait auparavant donné des instructions strictes à ses ministres et aux préfets pour qu'ils restent dans leur région.

 

Dans un message lu par les préfets dans les chefs-lieux des régions expliquant les motifs des accords entre lui et le président de l'Union, M. El-bak affirme avoir privilégié le dialogue et le consensus pour aboutir à l'élaboration d'un budget consolidé pour l'année 2003.

 

Selon lui, ce budget aurait eu l'avantage d'intégrer l'île d'Anjouan, de donner aux îles les moyens d'existence et de permettre à l'Union d'assurer ses missions.

 

Mais la proposition de budget acceptée par Anjouan et parrainée par le Fonds monétaire international (FMI) a été rejetée, selon lui, par le colonel Azali qui a reconduit, unilatéralement, le budget 2002 lequel n'a pas prévu le fonctionnement des îles autonomes.

 

Le président El-bak déplore, en outre, la mise en veilleuse du comité de suivi de l'accord cadre de Fomboni et l'annulation de la conférence des présidents comoriens initialement prévus à Maurice.

 

Il épingle l'arrestation de deux de ses ministres en février juste à la veille de la signature d'un accord sur le partage des compétences.

 

Selon lui, l'Union fait obstruction à tous les efforts de l'Organisation de la francophonie qui a organisé à Paris deux réunions techniques pour tenter d'aider à régler la crise institutionnelle.

 

El-bak dénonce le "bradage" du patrimoine de l'Etat et le recul de la diplomatie comorienne par rapport à la question de Mayotte.

 

On signale que 28 ans après l'accession des Comores à l'indépendance, la revendication territoriale Comorienne sur l'île de Mayotte n'a pas trouvé un début de solution.

 

Au contraire, tout porte à croire que l'île s'arrime davantage au sein de la République française malgré l'existence d'une commission franco-comorienne sensée étudier la question.

 

On note que face l'attentisme, pour ne pas dire le retrait de ses partenaires traditionnels, l'Union des Comores doit relever des défis tout aussi importants les uns que les autres : la réconciliation nationale piétine malgré l'autosatisfaction officielle sur l'unité retrouvée. Dans les faits, l'autorité centrale n'exerce aucune autorité à Anjouan.

 

Un an après l'élection des présidents de l'Union et des îles, les assemblées nationale et régionale ne sont pas en place, la grande Comore est plongée dans l'obscurité faute d'électricité, la corruption a atteint un niveau inquiétant comme l'a reconnu le président de la République récemment à Mbeni tandis que la justice a dû mal à s'affranchir de la main mise du pouvoir politique.

 

La pauvreté gagne du terrain. Selon des estimations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la moitié des Comoriens vivra en dessous du seuil de pauvreté, d'ici à 25 ans.

 

Une récente mission de la Banque mondiale a choqué lorsque, devant un aréopages de hauts responsables, elle laissé entendre publiquement, que certains des dirigeants comoriens n'avaient pas toujours conscience de l'ampleur de la crise qui frappe leur pays lequel ne doit escompter aucune aide financière dans la situation actuelle.

 

EXTRAITS DU MESSAGE RADIDIFFUSE PRONONCE PAR MOHAMED BACAR PRESIDENT DE L’ILE AUTONOME D’ANJOUAN LE JUIN 2003 

« …C’est un moment difficile, porteur de choix décisif. Il s’agit pour Anjouan d’affirmer le destin qu’elle souhaite pour elle-même et pour la nouvelle Union des Comores.

Dans ces circonstances qui soudent la population Anjouanaise, elle nous appartient d’affirmer notre unité dans la diversité.

Je suis en effet convaincu, qu’au moment où les individus oscillent entre une identité locale et un destin global dans un monde soumis à la parcellisation, Anjouan a fait le choix d’être solidement ancrée dans l’Union des Comores, car il n’y a pas d’autre choix possible.

Ceci est clair pour tous. Après l’accord politique du 17 février 2001 à Fomboni, il y a aujourd’hui le problème de la gestion de cet accord qui se pose avec acuité.

La situation de blocage que connaît la nouvelle configuration comorienne nous interpelle tous.

Chacun d’entre nous doit s’attacher à l’essentiel. C’est une attitude politique et morale, qui signifie ouverture d’esprit, respect d’autrui, volonté de transcender les différences, volonté surtout de faire passer l’intérêt général, celui de notre Ile avant les intérêts catégoriels ou personnels.

Ces valeurs ont plus que jamais leur place dans les débats des prochaines semaines.

Les Anjouanais attendent de nous une formulation claire, attractive, centrée sur leurs préoccupations au quotidien et qui constitue pour eux notre programme de gouvernement.

Créons un climat favorable à l’audace, à l’effort, à l’initiative, à l’ambition, à la prise de risque, si l’on veut motiver ceux qui espèrent pour eux et leurs enfants qu’Anjouan tirera le meilleur profit de la nouvelle Union des Comores. 

Notre île pénalisée par les conflits des compétences tourne au ralenti. Son élan est freiné. Cette situation à la longue risque de menacer la cohésion de notre société.

Aujourd’hui pour retisser le lien entre les hommes et retrouver notre dynamisme, nous avons besoin d’un retour au calme, d’un retour au droit, d’un retour au respect ».

 

« … L’entreprise Coca-Cola, seule multinationale, qui a pu se maintenir aux Comores depuis l’Indépendance, est devenue aujourd’hui un partenaire sérieux pour notre développement.  Grâce à la paix retrouvée, elle a repris confiance. Elle prospère et se développe.

L’entreprise MOREL, spécialiste de la charpente en aluminium et en baie vitrée est présente à Mirontsy et génère des nombreux emplois.

La Société Anjouanaise de Tourisme, (S.A.T) a repris et rénové l’hôtel  Al-Amal, qu’elle a rehaussé au rang de trois étoiles.

La société multinationale SOGEA, spécialisée sur la construction des routes et l’adduction d’eau,  s’apprête incessamment à s’installer à Pagé.

La Société  Anjouanaise de Matériaux et de Travaux publics, (S.A.M.T) venue de Mayotte, est à pied d’œuvre pour parachever les travaux d’agrandissement de l’hôtel Al-Amal, la salle de Conférence et la salle des Jeux.

Pour le développement de notre élevage, une unité de production de provende vient de s’installer à Patsy, permettant ainsi à nos éleveurs de se ravitailler en aliment à moindre coût.

Depuis six mois, la compagnie  de manutention A.S.C (Anjouan Stevedoring Company) opère au port de Mutsamudu et facilite le transbordement de nos marchandises.

Une société de négoce internationale, sera opérationnelle dès le début du mois de septembre, d’après son Président Directeur Général, Monsieur Michel VANNIN, qui a séjourné dans notre Ile, ce début du mois.

D’ici la fin de l’année selon la Direction Générale des Investissements, nous attendons d’autres partenaires économiques, qui ont déjà déposé leur demande d’installation et d’agrément… »

 

« … La question aujourd’hui est de savoir comment Anjouan, l’Union des Comores et l’Océan Indien francophone et français peuvent s’insérer et s’affirmer dans l’émergence d’un nouvel ordre international qui se cherche et dont les données sont en pleine mutation.

La Région de l’Océan Indien dans le cadre d’une concertation interne permanente, doit procéder à la définition d’une stratégie commune, face aux différentes instances internationales.

C’est pour moi la seule manière de faire face positivement, au défi mondial  du 21 éme siècle.

Avec l’élection des exécutifs des Iles,   Anjouan est une vraie démocratie.

Quiconque organise aujourd’hui l’opposition illégale, conspire ou va jusqu’à utiliser des moyens terroristes ou le sabotage, peut être sur qu’il ne pourra pas compter sur notre indulgence.

Notre priorité aujourd’hui, reste la paix civile et le développement économique. Sans la sécurité il n’y a pas de développement… »

 

Moroni et la Grande Comore s'enfoncent peu à peu dans l'obscurité

La ville de Moroni est totalement privée d'électricité et offre l'aspect d'un gros village de campagne, surtout le soir lorsqu'elle est complètement plongée dans l'obscurité.

Ecouter la radio, regarder la télévision, lire son journal chez soi le soir sont devenus autant de besoins de luxe quasi impossibles à satisfaire dans la capitale comorienne pour le commun des citoyens.

 

Seuls ceux qui peuvent s'offrir un groupe électrogène, c'est-à-dire très peu de gens dans ce pays qui est l'un des plus pauvres du monde, arrivent encore à s'offrir ce luxe de s'éclairer pendant que les autres se morfondent dans le noir.

 

Dans certains quartiers de la capitale, l'électricité n'est disponible que peu de temps une fois tous les trois ou quatre jours, alors que dans les villes secondaires comme Iconi, Mitsoudjé ou Mitsamiouli, on rêve de lumière comme d'autres rêvent de gagner au loto.

 

El lorsque la lumière jaillit, elle est accueillie par les ménagères et les enfants aux cris de "wudja, wudja" ("elle est arrivée").

"Ce n'est plus des délestages que nous faisons. Nous avons à faire face à une crise majeure de l'électricité due au fait que plusieurs moteurs ne fonctionnent plus, faute d'entretien", explique un technicien de la Mamwe (la société nationale), visiblement excédé par ce qu'il appelle lui-même "l'incurie" de ses chefs.

 

Selon cet homme, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, la puissance disponible sur l'île est passée de six à deux mégawatts, alors que la demande de la ville de Moroni se chiffre à quatre mégawatts.

 

Deux groupes de 800 et de 1.200 kVa offerts par l'émirat de Sharjah pour parer au plus pressé sont bien arrivés à Voidjou (site de la centrale de la Mamwe) depuis près d'un mois, mais ils n'ont pu être installés au motif que le matériel accessoire n'est pas encore disponible.

 

En fait, des rumeurs persistantes laissent entendre que le matériel se serait égaré quelque part entre les Seychelles et Dubaï.

 

"Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est un problème de gestion", explique un électricien qui évolue dans le privé, faisant observer que les bons ingénieurs sont mis au placard au ministère de l'Energie au lieu d'aller au charbon. "A la centrale de Voidjou, dit-il, vous ne trouverez  pas un seul ingénieur".

 

Pour sa part, un entrepreneur français s'étonne que la direction de la société soit confiée non pas à un ingénieur, mais à un militaire.

 

Selon un témoin rencontré dans le quartier de la mini-zone industrielle de Mavouna, des appareils électroménagers ont été grillés suite à un problème de tension, ce qui constitue l'énième accident provoqué par ces délestages sauvages qui ont même tué récemment un ouvrier de la Mamwe.

 

Il reste que cette situation, vécue comme une catastrophe nationale par la population et les entreprises, n'inquiète que modérément les plus hautes autorités du pays si elle ne les laisse pas complètement indifférentes.

 

Les observateurs ont relevé, par exemple, qu'à l'occasion de son discours de plusieurs heures prononcé lors de l'anniversaire de son accession au pouvoir, le président Azali n'a pas mentionné une seule fois la question de l'électricité.

 

23 JUIN 03

 

 

Le bateau saisi en Italie ne pouvait pas battre pavillon comorien selon le gouvernement de l’Union

Le gouvernement des Comores a opposé un démenti catégorique aux informations selon lesquelles le bateau arraisonné près de la Sicile, le "Baltic Sky", avec à son bord 680 tonnes de marchandises explosives destinées au Soudan, battait pavillon comorien.

 

Le document présenté par ce bateau aurait expiré depuis le 2 juin 2003, selon le ministre de la Défense des Comores, Hamadi Madi Boléro, qui a remis mardi à la PANA, à Moroni, des documents officiels donnant à croire que l'embarcation avait été cette fois immatriculée à Malte.

 

Selon un rapport du ministère du Développement des infrastructures, des postes et télécommunications et des Transports internationaux, une note a déjà été adressée à la branche anglaise d'inspection maritime MCA et à l'agence de garde-côtes sise à Southampton, en Angleterre, pour leur signifier  la suspension de l'immatriculation comorienne du "Baltic Sky".

 

Selon le gouvernement comorien, le propriétaire du bateau avait été dûment informé de la décision de lui retirer le pavillon comorien depuis le 02 juin 2003. "Le même jour, l'agence maritime de garde-côte MCA, en Angleterre, a été saisie par l'administration maritime de l'INSB (International Naval Survey Bureau) pour signifier que le bateau ne pouvait pas jouir de l'immatriculation comorienne.

 

Le "Baltic Sky", qui était parti de Tunisie pour se rendre au Soudan, appartient à Alfa Shipping Inc des îles Marshall. Selon La lettre de l'océan Indien, une publication éditée à Paris et généralement bien renseignée, l'Otan a décidé d'accroître la surveillance des bateaux battant pavillon comorien en Europe.

 

24 JUIN 03

 

 

 

Le Sénat interdit la polygamie aux jeunes Mahorais se mariant à partir de 2005

 

Le Sénat a décidé mercredi, à l'unanimité, de supprimer de façon "progressive" la polygamie à Mayotte, en interdisant cette pratique aux jeunes Mahorais atteignant l'âge légal du mariage à partir du 1er janvier 2005, mais "sans porter atteinte aux situations en cours".

Les sénateurs ont approuvé ce dispositif par le vote d'un amendement gouvernemental au projet de loi programme d'outre-mer, présenté par la ministre de l'Outre-mer Brigitte Girardin.

L'amendement stipule que "nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents". Il interdit aussi "la répudiation unilatérale" de la femme par son époux, soulignant que "le mariage est dissous par le décès de l'un des conjoints ou le divorce ou la séparation judiciairement prononcée".

Ces deux mesures s'appliquent "aux personnes accédant à l'âge requis pour se marier au 1er janvier 2005", soit 18 ans pour les hommes et 15 ans pour les femmes.

Jusqu'à présent, en application de l'article 75 de la Constitution, les Mahorais jouissaient d'un statut civil personnel de droit local, dérogatoire au droit commun, en vertu duquel la polygamie et la répudiation étaient autorisées.

Les sénateurs ont également mis fin aux "discriminations entre enfants devant l'héritage, fondées sur le sexe ou sur le caractère légitime ou naturel de la naissance". Ce dispositif s'applique aux jeunes Mahorais nés après la promulgation de cette loi programme.

 

 

Réactions contrastées à Mayotte sur l'abolition de la polygamie

 

L'abolition à terme de la polygamie dans la collectivité départementale de Mayotte, prévue dans le projet de loi pour l'Outremer, suscite dans l'île de nombreuses réactions, notamment chez les plus réfractaires à cette réforme.

Ainsi le grand Cadi de Mayotte, Mohammed Hachim, farouchement hostile à cette mesure, a-t-il déclaré sur RF0 Radio Mayotte que tout règlement et toute loi en contradiction avec le Coran ne pouvaient être imposés à une population à 90 % musulmane.

"La loi fondamentale du musulman permet la répudiation et aucune loi ne peut l'interdire," a expliqué le grand cadi.

Il a également défendu le partage de la succession fixé par le Coran à savoir un tiers pour la fille et deux tiers pour le garçon alors que la future loi pour l'Outre-mer prévoit l'égalité entre les sexes.

En revanche, Dalil Boubakeur, ancien recteur de la Mosquée de Paris et actuel responsable du Conseil français du culte musulman, a indiqué, également sur RFO Radio Mayotte, que l'islam, dès le début, n'était pas spécialement une religion permissive.

"La polygamie a été tolérée mais compte tenu de l'esprit de justice qui doit être celui du mari, la monogamie est conseillée," a ajouté M. Boubakeur. Selon lui, revenir à la monogamie lui paraît être une chose naturelle et normale.

"Ce n'est pas le bon Dieu qui nous ordonne d'épouser quatre femmes, ce qui serait un comble et un paradoxe", a-t-il dit avant de conclure que la seule institution véritablement fondatrice de progrès, c'est celle où un homme et une femme acceptent de vivre ensemble".

 

 

LA UNE DE LA PRESSE COMORIENNE : 

Après la visite des présidents des îles en Afrique du Sud
''Nous sommes mieux compris par les autorités sud-africaines''

Le président de Ngazidja, Mzé Abdou Soulé Elbak, a tenu une conférence de presse, le samedi dernier à la présidence de l'île après la visite des présidents des îles en Afrique du Sud. Le président de Ngazidja a traité ce bilan sur deux aspects : économique et politique.

 

Au niveau de ce dernier, Elbak considère qu'il a été positif sur deux plans : L'Afrique du Sud ''adopte, désormais, une nouvelle vision plus en conformité avec celle de l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif), de la Banque mondiale et du FMI, dans le processus pour parvenir à une sortie de crise. Deuxième acquis, par rapport à ce processus, les îles ''parlent, désormais, d'une même voix, ont un même point de vue et adoptent un même comportement.'' Pour ''démontrer la nouvelle volonté des autorités sud-africaines, le chef de l'exécutif de Ngazidja a précisé que ''ces autorités ont pris l'engagement de s'entretenir, bientôt, avec les responsables de l'Union des Comores.'' Elbak a, dans la foulée, annoncé qu'une délégation sud-africaine est attendue à Moroni entre le 16 et le 17 juillet prochain pour s'entretenir avec les parties concernées par la crise. Le président de Ngazidja ''espère'' que, cette fois-ci, la situation pourra se débloquer : ''Si le président de l'Union continue à refuser le consensus obtenu et appuyé par la communauté internationale, la démonstration sera faite, selon Elbak, que c'est lui qui ne veut pas des élections et il appartiendra, donc, aux Comoriens d'en tirer les conséquences.'' Il a expliqué qu'en ce qui le concerne ''contrairement à ce qu' on essaie de faire croire certains,'' il veut bien la tenue des élections ''au plus vite'', mais il ''insiste sur le fait qu'elles doivent se dérouler dans la transparence totale et dans des conditions d'égalité de chance pour toutes les parties.'' Le président, ''en tant que démocrate'', se dit ''toujours disposé'' à discuter avec le président Azali Assoumani, ''s'il cela débouchera sur quelque chose de positif pour le pays.''

 

Dans le domaine économique, le président ''assure'' que leur voyage a été bénéfique pour les îles et le pays. Les chefs des exécutifs des îles auraient discuté, dans le cadre de la coopération décentralisée, avec des opérateurs économiques sud-africains des secteurs touristiques et industriels ''qui ont exprimé leur volonté d'investir dans les îles de l'Union des Comores.'' Au niveau de l'enseignement, les présidents auraient obtenu l'accord des autorités et des institutions d'enseignement supérieur de ce pays, d'accueillir des étudiants comoriens pour y effectuer des formations. Elbak a, au cours de sa conférence de presse, évoqué, aussi, les conditions financières de son voyage. Il n'a, a-t-il dit, reçu aucun sous de l'Etat en frais de voyage, pour son déplacement et celui de sa délégation en Afrique du Sud. Il aurait sollicité une aide de la représentante du Pnud (par le biais du vice-président, Cambi), laquelle lui aurait accordé environ 350.000 fc. Il a, par la suite rejeté les ''informations'' parues dans l'hebdomadaire, ''Comores-Aujourd'hui'', qui ont fait état de plusieurs millions de francs accordés à l'île de Ngazidja par l'Union et ''dont l'utilisation n'aurait pas été transparente.'' Elbak considère ces informations comme étant ''des mensonges qui ne visent qu'à discréditer l'autorité de Ngazidja.'' Il a, par la suite, ''donné quelques précisions sur l'utilisation et la gestion des financements accordés par l'Etat, qu'il juge très en deçà des besoins de l'administration de l'île, et des autres fonds de Ngazidja. ''Je suis toujours pour la transparence.''

 

Le Matin des Comores – 30 JUIN 03

 

 

LU DANS LA PRESSE : 

Rencontre De Villepin -El Amine souef : La concession de Mayotte à la France

Le ministre des Relations extérieures, Mohamed EL Amine Souef , a eu, à Paris, dans l'après midi du jeudi 15 mai, un entretien en tête à tête avec son homologue français, Dominique de Villepin. " Cet échange s'inscrit dans le cadre des relations étroites entre la France et les Comores, fondées sur une histoire commune, la proximité de Mayotte, la présence d'une forte communauté comorienne en France et le souhait partagé de renforcer la coopération dans l'océan Indien. Cet entretien permettra de poursuivre le dialogue engagé pour assurer la réussite du processus de Fomboni qui doit aboutir à la tenue des élections législatives. La relance de la commission de l'océan Indien et la participation des sportifs mahorais aux prochains jeux des îles devraient également être abordés ", souligne le porte parole du Quai d'Orsay dans sa déclaration rendue publique le 13 mai à Paris.

Dramatique, suite à cette rencontre, Mohamed El- Amine Souef a reconnu tacitement que " Mayotte est française ". Il l'a dit de sa propre bouche : " les athlètes mahorais pourront participer aux jeux des îles avec ceux de la Réunion et cela dans le cadre de la France de l'océan Indien ". Ce qui veut dire, selon les propos du ministre, que Mayotte est une France de l'océan Indien et non une île comorienne. Une première dans les annales de la politique étrangère comorienne. Il ne restait plus aux princes qui nous gouvernent que ça : la capitulation. Pire, c'est sans contre partie que notre ministre a fait cette concession qui frise la trahison. Par exemple, les visas d'entrée à Mayotte seront maintenus…

La seule contrepartie obtenue pour le pouvoir de l'Union, c'est la rencontre annoncée : Azali- Chirac. Si ce rendez-vous se confirmait, le cadeau fait à la France par El- Amine Souef aurait servi de clé d'entrée au colonel Azali à l'Elysée. Lui qui fait le pied de grue depuis un certain temps pour rencontrer le Président français. Nous avions vu juste lorsque nous écrivions dans notre précédente édition qu' "il n'est un secret pour personne, le colonel Azali chercherait à éviter un " Marcoussis " qui pourrait, conformément à la constitution, le mettre à sa juste place : celle " d'une reine d'Angleterre ". Pour contourner le sommet de Paris, le colonel Azali serait prêt à monnayer la participation de Mayotte aux Jeux des îles à Maurice contre un soutien de Paris à sa thèse : “aller aux élections sans transfert des compétences » .

Il est important de rappeler aussi que c'est le même Souef El-Amine qui avait suscité la colère de certains membres de la délégation française lors du sommet France-Afrique, en février dernier. Le ministre comorien des Relations extérieures avait prononcé son allocution en arabe à la session plénière des ministres des Affaires étrangères.

A quel dessein obéissait-il en procédant ainsi ce jour là ? Une chose est sûre, Souef El-Amine fait, aujourd'hui, les yeux doux à la France. De l'avis unanime : " l' Union a franchi le Rubicon en faisant don de Mayotte à la France ".

Le seul aspect qui calme un peu les Comoriens c'est le fait que le Président français recevrait le colonel Azali après la conférence des présidents qui doit se tenir à Paris sous l'égide de l'Organisation internationale de la Francophonie .(O I F) et surtout après qu'un accord politique aura été signé par les quatre présidents . Ce qui donne à penser que le colonel Azali prendra part à la réunion de Paris. Pendant ce temps, l'O I F et la France veilleraient à ce que la " feuille de route " pour le règlement de la crise liée au transfert des compétences soit respectée. Le peuple comorien peut ainsi espérer une sortie rapide du tunnel, les enjeux du moment étant de sauvegarder l’unité nationale et engager le développement économique des Comores.

 

Hadji Hassanali

La Gazette des Comores n°162

 

 
ACTUALITES REGIONALES : 

UN COMITE DES SAGES PLANE SUR L’AVENIR DE LA COI

 

Une réunion technique de la Commission de l'océan Indien s'est réunie en début de semaine dernière à Moroni (Comores) en présence de tous les officiers

permanents de liaison (représentants administratifs des Etats et territoire membres).

 

Selon un communiqué de presse transmis ce week-end au bureau de la PANA à Saint-Denis de La Réunion, cette rencontre annonçait le démarrage des consultations du Comité des sages, chargé d'étudier le futur institutionnel et diplomatique de l'organisation régionale de l'océan Indien.

 

Les débats, tenus en présence du secrétaire général de la COI, Wilfrid Bertile, et du représentant de l'Union européenne, Flavio Bello, ont porté d'abord sur la mise en oeuvre des décisions du Conseil des ministres qui s'était tenu aux Seychelles en février dernier.

 

Les grandes échéances de la COI ont dominé la réunion, indique le même communiqué, précisant que le Comité des sages, chargé de réfléchir à de nouvelles orientations stratégiques pour l'organisation, commencera ses travaux qui feront l'objet d'un premier examen par un Conseil des ministres extraordinaire de la COI, prévu fin octobre à Moroni.

 

Ce conseil aura lui-même comme principal objet la préparation d'un sommet des chefs d'Etat et de Gouvernement des pays de la COI, qui se tiendra au début de 2004 aux Comores.

 

Fruit des résolutions votées en début d'année aux Seychelles lors du dernier Conseil des ministres, le Comité des sages devra affiner et renforcer les propositions d'un rapport sur l'avenir de la COI produit par des experts d'une firme de consultants.

 

Outre l'adhésion de nouveaux membres, comme l'île autonome tanzanienne de Zanzibar et les Maldives, le rapport préconisait l'utilisation de l'anglais au sein de la COI, l'établissement d'un plan d'action, la réorganisation du secrétariat et des structures de coordination nationale et l'amélioration de la stratégie de communication.

 

Ces objectifs comprennent le renforcement du rôle politique et diplomatique de la COI, l'affirmation de son identité indianocéanique, ainsi que l'aide aux Etats membres et aux opérateurs pour faire face aux défis de la mondialisation, indiquent les experts.

 

Dans cette perspective, le rapport suggère que les actions de la COI soient prioritairement centrées sur des secteurs où la commission peut apporter de la valeur ajoutée: la coopération économique et la coopération en matière d'environnement avec, en particulier, les ressources marines et côtières.

 

La réunion technique, qui s'est déroulée mardi 15et mercredi 16 juillet derniers, a aussi été l'occasion de faire le point des différents programmes en cours de réalisation.

 

Ceux-ci portent principalement sur l'environnement (Education à l'environnement, protection des végétaux, surveillance des récifs coralliens, gestion durable des ressources marines et côtières, notamment le thon, suivi du Sommet de Johannesburg, lutte contre les marées noires...)

 

Dans les domaines social et culturel sont mis en oeuvre un plan régional de lutte contre le sida, un projet sécurité civile, un projet santé axé sur la formation, la création d'un Observatoire des droits de l'enfant dans l'océan Indien en partenariat avec

l'Unicef, la définition d'une politique culturelle régionale incluant la pérennisation du Festival culturel tournant de l'océan Indien, dont la première édition a eu lieu à Maurice du 28 avril au 4 mai dernier.

 

Plus globalement, la mise en oeuvre des financements régionaux provenant du Fonds européen de développement, l'établissement d'un partenariat avec l'Organisation météorologique mondiale, la préparation des négociations internationales (réunion de l'Organisation mondiale du commerce à Cancun, au Mexique, en septembre prochain) ont également fait l'objet d'échanges et de

décisions, a-t-on indiqué de même source.

 

        

 

la coi organise la lutte contre le sida sur le plan REGIONAL

La Commission de l'océan Indien (COI) a organisé récemment à Antananarivo la première réunion du

Groupe thématique régional (GTR) sur le VIH/SIDA en collaboration avec le système des Nations unies et le secrétariat de l'ONUSIDA.

 

Selon un communiqué officiel transmis vendredi à la PANA à Saint-Denis, la rencontre a été l'occasion, pour les organisations participantes, d'appeler à renforcer le rôle de lobbying de la COI auprès des instances internationales dans ce domaine.

La COI regroupe les Comores, Madagascar, La Réunion, l'île Maurice et les Seychelles, rappelle-t-on.

 

La réunion de travail, qui s'est tenue les 19, 29 et 21 juin dernier, a été présidée par le ministre malgache de la Santé, le Pr Andry Rasamidrakotroka, par ailleurs vice-président du Comité national de lutte contre le VIH/SIDA.

 

Elle a rassemblé les membres du gouvernement et Parlement, ainsi que des chefs de mission diplomatique, les représentants des pays membres de la COI et des représentants des agences de coopération bilatérale et multilatérale.

 

S'exprimant à cette occasion, le représentant résident du PNUD à Madagascar, Bouri Sanhouidi, a souligné l'importance qu'accorde le système des Nations unies au partenariat et à la coopération régionale dans le cadre du suivi de la Déclaration du Millénaire, adoptée en septembre 2000 et de la Déclaration d'engagement issue de la session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU sur le VIH/sida, tenue à New York du 25 au 27 juin 2001.

 

La réunion a permis la concrétisation des objectifs suivants: établir la compréhension et les orientations communes de ce partenariat, actualiser la connaissance des membres du GTR sur la situation épidémique et sur les réponses nationales de chaque Etat membre et actualiser le plan d'activités à court terme, indique le communiqué du secrétariat de la COI.

 

Dans son discours de clôture, la représentante de l'UNICEF pour la zone océan Indien et présidente du Groupe thématique des Nations unies sur le VIH/SIDA à Madagascar, Barabara Bentein, a fait l'éloge de la qualité de l'atelier tout en soulignant les

deux grands axes qui ont retenu l'attention des participants.

 

Ces deux grands axes sont l'urgence d'une action concrète pour prévenir et soulager les personnes infectées et affectées, ainsi que l'adoption d'une démarche stratégique et politique visant à donner plus de visibilité et de poids à la lutte contre le VIH/SIDA dans les pays à faible prévalence.

 

Dans cette même perspective, Mme Bentein a encouragé la participation de la COI dans les actions de plaidoyer et de lobbying international pour l'accès aux médicaments (antirétroviraux et autres) et l'organisation d'une réunion des pays à faible prévalence dans le cadre de l'initiative de l'océan Indien contre le VIH/SIDA afin d'en faire un levier d'échange entre les îles de l'océan Indien et les autres pays à faible prévalence.

 

Le Groupe thématique régional est un organe consultatif dont la présidence et le secrétariat sont assurés par la COI. Cette activité s'inscrit dans le cadre du protocole d'accord signé entre le système des Nations unies et la COI en février 2002.

 

Ce partenariat vise à renforcer les capacités des pays à mettre en oeuvre, de façon efficace, les actions prioritaires de lutte telles que définies dans les plans nationaux.

 

 

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NOS BREVES : 

Le GSM bientôt disponible aux COMORES

La pose de la première pierre des travaux du chantier du téléphone mobile a bel et bien eu lieu dans la matinée du samedi 5 juillet,  à Alkamar. La cérémonie solennelle, organisée pour la circonstance a été honorée de la présence du chef de l'Etat, Azali Assoumani, des membres de son gouvernement, plusieurs représentants des organismes internationaux et des membres du corps diplomatique accrédités à Moroni. ''Huri, ce réseau mobile de la Snpt, sera opérationnel d'ici mi-septembre''. C'est ce qu' a affirmé le Directeur général des postes et télécommunications, Oumar Mgomri évoquant le démarrage des travaux de construction du réseau téléphonique des portables. Refusant toute objection que le cellulaire est un produit de luxe, le patron de la Snpt a laissé entendre que ce nouveau moyen de communication reste ''un service complémentaire offert à la population pour améliorer ses moyens de communications aussi bien professionnels que privés''. Le personnel de la Snpt se déclare fier pour avoir manifesté une telle volonté à la réalisation de ce projet de grande envergure pour le développement des télécommunications aux Comores. Surtout quand le téléphone cellulaire contribuera sans doute à désenclaver l'archipel des Comores en matière des communications. Une bonne manière de combler le vide et les problèmes techniques du téléphone fixe. ''Malgré les efforts déployés par la Snpt pour l'extension du téléphone fixe, la liste d'attente pour l'installation d'une ligne téléphonique a atteint des proportions inquiétantes.'' Inutile de lister les semaines d'attente des clients pour les dérangements.

Le financement du projet mobile est rendu possible grâce aux fonds propres de la Snpt d'une part, et par ses dividendes ''évaluées ces quatre dernières années à 1 milliard 500 millions'', d'autre part. Le Directeur général de la Snpt se dit préoccupé de ce projet nécessaire pour l'Etat. Autant  signifier aux comoriens que des efforts doivent être fournis pour trouver d'autres moyens de financement que ceux en provenance de l'extérieur pour concourir au développement du pays. Une manière de lutter contre la dépendance économique et financière. Selon Mgomri, cette idée a été initiée par le chef de l'Etat qui, après quelques difficultés liées à la recherche d'un partenariat stratégique et financier de ''HURI'', leur a conseillé de démarrer par leurs propres moyens. Ainsi, au lieu du Comcell, le duel Comores-Libye, on décolle avec Huri, grâce à la ''collaboration exceptionnelle'' de la société française des télécommunications, Alcatel, pour un capital de plus de trois milliards de nos francs. Un coût dépassant largement les dépenses de la construction de la station terrienne et du centre de transit international financés respectivement par le Japon et l'union européenne.

Dans cette cérémonie de lancement officiel des travaux de construction du mobile cellulaire comorien, le ministre des postes et télécommunications, Houmed Msaidié, a affirmé que le mobile est le fruit de plusieurs engagements du gouvernement comorien à servir son peuple. '' les centres régionaux'' seront en premier lieu servis avant que me projet se vulgarise pour se trouver enfin dans les foyers. M. Msaidié a vivement rendu hommage au personnel de la Snpt des efforts qu'il déploie au service de sa nation. Ce nouveau “joujou” des communications, sera-t-il accessible à tous. Le directeur général de la SNPT promet d’en tenir compte.

( Source Al Watwan )

 

 

Ravalomanana attendu sur l’ouverture d’un consulat à la Réunion

 

La visite du Président malgache Marc Ravalomanana jeudi 24 et  vendredi juillet 2003 à La Réunion est attendue par une diaspora malgache particulièrement attentive au dossier de la réouverture du Consulat de la Grande Ile fermé depuis 1999 par l'ancienne équipe au pouvoir.
 
La position du Président Marc Ravalomanana sur ce dossier est vivement attendue par les associations malgaches qui se sont regroupées dans un "Collectif pour Madagascar" depuis les crises politiques de l'année dernière dans la Grande Ile.
 
A ce sujet, une rencontre entre Marc Ravalomanana et la communauté malgache de l'île est prévue jeudi après-midi, dès le premier jour, à l'Hôtel de ville de Saint-Denis.
 
Les autorités de La Réunion s'apprêtent de leur coté à renforcer leurs relations avec les autorités malgaches, à l'occasion de cette visite qui devrait être marquée par la signature de plusieurs accords de coopération avec les collectivités réunionnaises, la Région et le Département, mais aussi l'Etat français.
 
Selon Ranajivoson Henri, le chef du bureau politique du Président, joint au téléphone par la PANA depuis Saint-Denis de la Réunion, la visite qu'effectuera le président malgache dans l'île est "très importante car elle entre dans le cadre de l'intégration économique et régionale".
 
"Les relations entre Madagascar et La Réunion sont très importantes à tous les niveaux. Nous voulons créer un climat de confiance et d'investissement sain et fiable. C'est dans ce cadre que le président a souhaité se rendre à La Réunion", a-t-il déclaré à la PANA.

 

 

Les malgaches pensent que la corruption recule dans leur pays

 

La bonne note attribuée à Madagascar en matière de bonne gouvernance par les bailleurs de fond internationaux, en premier lieu le FMI, c'est au tour

de la population de la capitale d'estimer que les pratiques corruptrices ont fortement diminué dans la Grande Ile.

 

Selon une enquête bimensuelle réalisée par ATW Consultants pour le journal L'Express de Madagascar et dont une synthèse a été transmise à la PANA, la pratique de la corruption est en diminution, selon une large majorité (75%) des habitants d'Antananarivo où ce sondage a été réalisé.

 

La répartition de ceux qui constatent une régression de ces pratiques donne le résultat suivant: A plutôt diminué (39%), A diminué (29%), A fortement diminué (7%). Cependant, 16% des sondés ne sont pas de cet avis, soutenant que la pratique de la corruption reste inchangée.

Même constat totalement négatif, au contraire, pour une partie de l'échantillon (5%), qui trouve que la corruption est en hausse depuis une année. Les sans opinion sur la question sont de l'ordre de 4%.

Les sondés de sexe masculin constatent beaucoup plus de baisse de la corruption depuis un an que les femmes, tandis qu'en ce qui concerne l'âge, ce sont les tranches de 15 à 24 ans et celles de 25 à 34 ans qui affirment le plus avoir constaté un changement positif de la corruption.

 

Enfin sur le plan des revenus, ce sont surtout les personnes appartenant aux foyers possédant des revenus mensuels entre 1.500.000 francs malgaches (230 dollars US) et 2.500.000 FM (380 USD) qui estiment que la corruption a diminué.

 

Par ailleurs, aucune menace ne pèse sur l'unité nationale pour 62% de la population tananarivienne, alors que 34% des interrogés pensent le contraire, précisant que l'unité nationale sort fragilisée de la crise qu'a traversée le pays à la suite de la présidentielle de fin 2001.

 

En outre, 4% des sondés restent muets face à la question sur l'état de l'unité nationale. La question posée par les sondeurs fait allusion aux menaces de l'opposition demandant la démission du Premier ministre Jacques Sylla pour "incompétence".

 

Anerood Jugnauth cédera le pouvoir à Paul Bérenger le 30 septembre 2003

 

Premier ministre mauricien, Sir Anerood Jugnauth, démissionnera de son poste et du Parlement le 30 septembre prochain, laissant le pouvoir au vice-Premier ministre actuel, Paul Bérenger, a-t-on appris, dimanche 20 juillet à Port-Louis.

 

Selon une source au siège du Gouvernement, il y aura une séance spéciale du Parlement le 30 septembre prochain au cours de laquelle M. Jugnauth s'adressera aux parlementaires, avant de

soumettre sa démission comme Premier ministre et comme premier député de la circonscription de Piton/Rivière du Rempart.

 

Le vice-Premier ministre, Paul Bérenger, lui succèdera le même jour.

 

La PANA a également appris que la démission de l'actuel président de la République, Karl Offmann, est prévue à la même date.

 

M. Jugnauth sera appelé à prendre les fonctions de président de la République le lundi 6 octobre 2003, après que le nouveau Premier ministre, M. Bérenger, aura proposé une motion dans ce sens lors d'une séance spéciale du Parlement.

 

 

Réforme des entreprises off-shore aux Seychelles

 

Les parlementaires seychellois ont voté, mardi 15 juillet , de nouvelles lois pour dynamiser l'industrie off-shore de l'archipel, a-t-on appris mercredi 16 juillet de source officielle.

 

La Companies (Special Licences) Bill, la Limited Partnership Bill, la Protected Cell Companies Bill et la Interactive Gambling Bill, sont présentées comme l'illustration de la volonté du gouvernement "de libéraliser complètement l'économie seychelloise et d'offrir de nouveaux avantages aux compagnies off-shore intéressées" par le paradis fiscal seychellois.

 

Près de 12.000 compagnies off-shore sont enregistrés à la Seychelles International Business Autority (SIBA), l'organisme officiel seychellois qui vérifie la compétence et la moralité des agents d'enregistrement des sociétés, avant de leur délivrer une licence d'exploitation.

 

"Avec la Companies (Special Licenses) Bill, on crée une nouvelle façon d'enregistrer les sociétés. Les taxes qu'elles payent seront d'un niveau extrêmement bas (1,5%); elles auront la possibilité d'avoir un certain niveau de confidentialité, et il y aura des informations qui seront publiées et certaines retenues par l'autorité de régulation", a expliqué à la PANA, le directeur du marketing de la SIBA, John Esther, joint au téléphone depuis Saint-Denis de La Réunion.

 

Parmi les nouvelles activités autorisées à se faire domicilier aux Seychelles, il y a les jeux sur Internet. Le Interactive Gambling Bill permettra à toute société opérant dans le monde des jeux de hasard et des jeux virtuels de se faire enregistrer dans l'archipel.

 

Pour M. Esther, cette réglementation sera plus ou moins un système de surveillances des activités de ces sociétés "pour que les joueurs et les personnes qui gèrent ces jeux soient protégés".

 

Il a révélé que plusieurs sociétés européennes et asiatiques sont sur une liste d'attente pour leur enregistrement.

 

La Protected Cell Companies Bill autorise la formation de sociétés désireuses de conduire des activités diverses. Cette loi permettra à une compagnie off-shore d'être constituée d'une ou plusieurs cellules, chacune d'entre elles ayant un objet commercial spécifique et son propre capital.

 

La dernière loi, la Limited Partnership Bill, introduit l'idée d'un partenariat limité pour des sociétés off-shore menant leurs affaires hors des Seychelles.

 

De telles compagnies pourront être constituées, d'une part, avec des partenaires dont la responsabilité sera illimitée quant à ses dettes et ses obligations et, d'autre part, avec des "partenaires limités" qui ne pourront pas être tenus pour responsables de l'endettement ou d'autres obligations non-respectées par ladite société.

 

Nelson Mandela continue sa longue marche à 85 ans       

 

Nelson Mandela a célébré vendredi 18 juillet son 85ème anniversaire au cours d'une journée qu'il a passée entouré de sa famille et de ses proches amis, dans sa maison de Johannesburg.

 

Malgré son âge, Mandela ne manifeste aucun signe laissant penser qu'il a l'intention de ralentir.

Il est activement impliqué dans la promotion de la cause sud-africaine dans le monde et son avis sur les questions internationales est très sollicité.

 

Plus de 13 ans sont passés depuis que le prisonnier politique le plus célèbre du monde a franchi en homme libre les portes de la Prison Victor Verster, non loin de la ville du Cap, et immédiatement commencé à faire avancer le pays de l'apartheid vers la démocratie, la liberté et la réintégration au sein de la communauté internationale.

 

En tout juste quatre ans, Mandela a réussi à défier le sort et contribué à éloigner le pays d'une véritable guerre raciale.

 

Après ses 27 ans passés derrière les barreaux, les Sud-Africains ont été déconcertés par l'absence de toute amertume chez Nelson Mandela, sa maîtrise des questions qui traumatisent l'Afrique du Sud et ses qualités de visionnaire qui lui ont permis de sortir la nation du néant en cinq ans.

 

Suite à sa libération, il y avait eu une féroce lutte de pouvoir avant la tenue des premières élections démocratiques du pays.

 

Des milliers de personnes avaient trouvé la mort, mais de nombreuses vies avaient été sauvées quand la majorité des Sud-Africains s'est mise à écouter la voix de la raison par la bouche de Mandela.

 

Trois ans après sa sortie de prison, il était élu Prix Nobel de la Paix en compagnie de l'ancien président blanc de l'Afrique du Sud, Frederik de Klerk.

 

Le leader du Congrès national africain avait été triomphalement élu à la tête du pays en 1994, au milieu d'une grande euphorie populaire.

 

Il a consacré la plupart des quatre années de son mandat présidentiel à travailler à l'union de la société sud-africaine divisée et il est resté déterminé à oeuvrer à l'élimination de la criminalité, de la pauvreté et de la corruption dans son pays.

 

Lorsque, en 1999, il a passé le témoin au nouveau président Thabo Mbeki, il s'était déjà fait reconnaître comme l'un des chefs d'Etat les plus respectés de l'histoire.

 

Malgré les succès remportés par Mandela, sa vie familiale a considérablement souffert de sa longue incarcération.

 

Son mariage avec Winnie battait de l'aile peu de temps après sa libération et lorsque les allégations au sujet de l'infidélité de l'épouse ont été connues de la presse, il s'en était suivi un divorce dans des conditions difficiles.

 

Le Nobel sud-africain est peut-être l'un des leaders les plus populaires du monde. Il n'en demeure pas moins qu'il était très seul après la rupture de son mariage.

Cependant, l'histoire a connu un dénouement heureux, Mandela ayant rencontré l'ancienne première dame du Mozambique, Graça Machel, dont il est tombé amoureux. Ils se sont mariés, au cours d'une cérémonie secrète, dans son domicile de Johannesburg, au moment où le monde célébrait son 80ème anniversaire.

 

Avant sa retraite, Mandela avait exprimé le souhait de se faire un peu oublier pour parcourir les collines de son village de Qunu, dans le sud-est du pays, où il a vu le jour et grandi.

 

Les choses ne se sont pas passées exactement comme cela. En effet, Mandala reste plus occupé que jamais, sa vie étant consacrée au règlement des conflits et à l'amélioration de la vie des démunis de l'Afrique du Sud et d'autres parties du monde.

 

Le Sénat adopte le projet de loi-programme pour l'Outre-mer

Le Sénat a décidé mercredi, à l'unanimité, de supprimer de façon "progressive" la polygamie à Mayotte, en interdisant cette pratique aux jeunes Mahorais atteignant l'âge légal du mariage à partir du 1er janvier 2005, mais "sans porter atteinte aux situations en cours".

Les sénateurs ont approuvé ce dispositif par le vote d'un amendement gouvernemental au projet de loi programme d'outre-mer, présenté par la ministre de l'Outre-mer Brigitte Girardin.

L'amendement stipule que "nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents".

Il interdit aussi "la répudiation unilatérale" de la femme par son époux, soulignant que "le mariage est dissous par le décès de l'un des conjoints ou le divorce ou la séparation judiciairement prononcée".

Ces deux mesures s'appliquent "aux personnes accédant à l'âge requis pour se marier au 1er janvier 2005", soit 18 ans pour les hommes et 15 ans pour les femmes.

Jusqu'à présent, en application de l'article 75 de la Constitution, les Mahorais jouissaient d'un statut civil personnel de droit local, dérogatoire au droit commun, en vertu duquel la polygamie et la répudiation étaient autorisées.

Les sénateurs ont également mis fin aux "discriminations entre enfants devant l'héritage, fondées sur le sexe ou sur le caractère légitime ou naturel de la naissance". Ce dispositif s'applique aux jeunes Mahorais nés après la promulgation de cette loi programme.

 

 

Nous informons nos abonnés ainsi que notre aimable clientèle qu’en raison de la période des vacances, notre journal sera suspendu pendant un mois . Le prochain numéro sortira dans la 2ème quinzaine du mois d’Août.

Nous vous souhaitons de passer de bonnes et agréables vacances

 

 

 

COMORES-INFOS

Bimensuel d’information régionale édité par Comores-infos

tél.+ fax: 0262.57.92.04.

Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN : 1600-7289

N° Siret : 429 887 326 00016 - Code APE 924Z - N° de commission paritaire en cours.

Directeur de la publication : AHMED Mohamed.

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