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’arrestation de Maître Larifou, avocat franco-comorien installé à la
Réunion et l’un des opposants du pouvoir du colonel Azali, a suscité une vive
émotion tant aux Comores qu’à l’île de la Réunion.
Ses partisans évoquent une manœuvre d’intimidation du pouvoir du
Président Azali Assoumani. En effet, son parti RIDJA avait organisé à Foumbouni
une manifestation ayant rassemblé 1500 sympathisants afin de protester contre
la hausse du coût de la vie aux Comores. Maître Larifou avait alors
annoncé qu'il s'agissait de la première d'une série de marches similaires
destinées à "canaliser le mécontentement populaire" contre le pouvoir
du colonel Azali Assouman . Le pouvoir
aurait il paniqué devant l’ampleur des manifestations ?
La thèse de l’intimidation a été d’ailleurs évoquée clairement par Maître Larifou dans
une lettre remise à l’agence PANA à Moroni.
Dans cette missive rédigée du fond de sa cellule, Me Larifou écrit: "Ils ont essayé de m'intimider, de faire pression pour que j'accepte l'inimaginable. Naturellement j'ai refusé de coopérer à une quelconque cuisine malsaine (...) Ma détermination militante s'est davantage renforcée".Me Larifou, qui qualifie sa cellule de "cage à rats", réaffirme sa volonté de continuer à "combattre le système mafieux instauré par Azali", ce qui constitue pour lui une "obligation
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Sommaire : POLITIQUE :
DEBATS ET OPINIONS
LIBRES:
BREVES :
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Suite de l’édito
morale" tant il éprouve, écrit-il encore, du "ressentiment envers le système dictatorial" qu'il considère comme une "grave injustice"En vérité, je suis plus déterminé que jamais", poursuit le leader du parti d'opposition Ridja, qui ajoute ne pas vouloir "accepter de rester simple témoin de l'oppression, divers crimes et tragiques injustices dont mon peuple est la victime"."Ma situation d'aujourd'hui est l'expression, l'illustration de la justesse de notre combat, je l'admets, l'accepte fièrement (...) Le chemin de la justice est très long et périlleux. J'accepte de l'emprunter doucement mais sûrement avec la détermination de conduire mon pays vers la liberté, la justice la démocratie", conclut-il.On rappelle que Me Saïd Larifou a été arrêté le 22 septembre et inculpé le 24 septembre pour atteinte à la sûreté de l'Etat et incitation à la violence avec deux ressortissants français, Paul Verdon et Pascal Lupart.
Les autorités comoriennes ont affirmé de leur côté disposer de "preuves compromettantes" contre les deux Français et l'opposant politique franco-comorien, Saïd Larifou, écroués pour "attentat à la sécurité de l'Etat et déstabilisation".
Selon une source gouvernementale qui a requis l'anonymat, un officier de l'armée comorienne a remis à ses supérieurs une cassette audio contenant l'enregistrement d'une discussion que le militaire aurait eue avec au moins l'un des deux Français, samedi 20 septembre dans un grand hôtel de Moroni.
Les autorités évoquent, par ailleurs, les liens existant entre M.
Philippe VERDON, l’un des français arrêtés et le célèbre mercenaire français
Bob DENARD dont les différents coups d’Etat ont plongé le pays dans une
profonde instabilité.
Toute la lumière doit être faite sur cette affaire. Maître Larifou ainsi que les deux français arrêtés doivent être jugés rapidement afin qu’un débat public et contradictoire puisse se dérouler librement. Maître Larifou qui est actuellement défendu par 3 avocats venant de France, de la Réunion, de Maurice et 2 avocats comoriens a droit à un procès équitable. Coup d’Etat ou intimidation du pouvoir ? Le peuple comorien doit connaître toute la vérité sur affaire .Le pouvoir devra au moment du procès fournir des preuves objectives et incontestables et respecter les droits de la défense. C’est ainsi qu’on pourra s’acheminer progressivement vers un Etat de droit digne de ce nom.
La Rédaction
POLITIQUE:Le parti d'opposition comorien du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) a exigé vendredi 26 septembre "la libération" de son dirigeant, Saïd Larifou, écroué et inculpé cette semaine pour "attentat à la sécurité de l'Etat".
Le secrétaire général du Ridja, Ahamada Achirafi, a par ailleurs rejeté, lors d'un point de presse à Moroni, le chef d'inculpation porté contre Saïd Larifou, affirmant qu'"il n'a jamais été question pour le Ridja de prendre le pouvoir par la force".
"Nous voulons accéder au pouvoir, mais par des voies légales, par des élections, et nous sommes confiants", a affirmé Ahamada Achirafi.
Il a estimé que la décision d'arrêter Saïd Larifou "vise à stopper l'enracinement du Ridja au sein de la population, surtout à l'approche des élections législatives", dont la date n'a pas encore été fixée.
"Depuis quelque temps, Larifou est devenu le seul leader qui a de l'audience, donc il fallait déstabiliser le parti", a affirmé le secrétaire général du Ridja.
Saïd Larifou était arrivé en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle de la Grande-Comore, une des trois îles de l'Union des Comores, en avril 2002. Ahamada Achirafi a ajouté que son parti allait engager, "par les voies légales", une initiative pour obtenir la libération de Saïd Larifou.
Il a confirmé la tenue d'une manifestation samedi à Foumbouni, village natal de Saïd Larifou (Grande-Comore), et a annoncé une manifestation pour lundi à Mbéni (Grande-Comore) et un sitting à Moroni, à une date qui n'a pas encore été arrêtée.
"Nous avons déjà obtenu les autorisations pour les deux premières manifestations par les préfets", a précisé Ahamada Achirafi.
"Nous avons choisi d'organiser un sitting (plutôt qu'un défilé, nldr) à Moroni parce que certains de nos militants sont particulièrement surexcités depuis l'arrestation de Larifou, et nous ne sommes pas certains qu'on pourra les maîtriser en cas de nouvelles provocations", a-t-il précisé.
"Notre action est non violente", a-t-il insisté.
Saïd Larifou a été inculpé mercredi aux Comores, avec deux Français, d'"attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence".
Des avocats et magistrats réunionnais, ainsi que des partis et mouvements politiques de La Réunion ont dénoncé mercredi 24 septembre "l'arrestation arbitraire" et l'emprisonnement à Moroni de Me Saïd Larifou, avocat au barreau de Saint-Pierre et chef d'un parti politique d'opposition comorien.
Président du parti comorien du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja), Me Larifou est en garde à vue depuis lundi 22 septembre à la gendarmerie de Moroni où il était allé s'informer du sort du journaliste français Morad Aït-Habbouche, interpellé dans la matinée à son hôtel.
L'audition de M. Aït-Habbouche avait été décidée à la suite de l'interpellation, la veille à Moroni, de deux autres ressortissants français considérés comme des proches de Me Larifou qui organisait, au nom de son parti, une grande manifestation contre la cherté de la vie dans l'archipel.
Les avocats du barreau de Saint-Pierre de La Réunion, dans le Sud de l'île, ont exprimé, dans un communiqué suite à une réunion tenue mardi, leur "soutien à leur confrère dans l'épreuve difficile qu'il traverse" et "sollicité les représentants de l'Etat et les parlementaires afin d'obtenir sa libération".
Une pétition signée par de nombreux avocats et magistrats déplore "les violations graves à la liberté d'opinion et de la presse" et réclament la libération des personnes emprisonnées.
De son côté, le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste réunionnais, Michel Vergoz, "dénonce l'arrestation arbitraire de Me Saïd Larifou à Moroni" et "considère que les droits de l'homme et la démocratie sont bafoués dans cette affaire".
Il demande aux autorités françaises "d'agir au plus vite" pour obtenir sa libération. Le Parti fédéraliste réunionnais (autonomiste) demande également, au travers d'un communiqué de presse transmis à la PANA, sa "libération immédiate" et "l'intervention des organisations internationales pour éclaircir cette sombre affaire". Le Parti Communiste Réunionnais (PCR), au pouvoir à la Région Réunion, a demandé jeudi au gouvernement comorien d'intervenir pour la libération de l'opposant comorien Me Said Larifou, arrêté depuis lundi et détenu dans une prison de Moroni pour "tentative de coup d'Etat".
"Le PCR estime que tout doit être fait pour que les Comoriens trouvent une issue à la crise ouverte et, ce, de manière à préserver le processus de réconciliation et d'apaisement mis en oeuvre. Dans ces conditions, et au-delà même des principes, la libération de Maître Saïd Larifou s'impose", a indiqué un communiqué émanant du bureau de presse du PCR, transmis jeudi soir à la PANA.
De même, l'opposition à la Région Réunion, par le biais de son porte-parole Cyril Melchior, a demandé au président de la Région, Paul Vergès, de cesser instamment toute relation et toute coopération régionale avec le régime du colonel Azali en signe de protestation face à ces atteintes aux droits de l'homme", lors d'une intervention télévisée mercredi soir sur Télé Réunion.
Les collègues avocats de Me Larifou comptent ne pas en rester là et organisent la riposte. "Nous sommes décidés à agir vite et à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour obtenir, dans les plus brefs délais, la libération de notre confrère", a déclaré à la PANA le bâtonnier des avocats de Saint-Pierre, Me Djalil Gangate.
"Agir vite et bien, cela signifie se rendre à Paris le plus tôt possible afin d'obtenir une rencontre avec les différents services ministériels pouvant intervenir par voie diplomatique", a-t-il conclu.
Un des deux ressortissants
français écroués à Moroni pour "attentat à la sécurité de l'Etat",
avec l'opposant Saïd Larifou, aurait prôné un "soulèvement populaire"
dans une conversation enregistrée à son insu, a-t-on appris samedi 4 octobre de
source proche de l'enquête.
"L'objectif aujourd'hui,
c'est que le peuple comorien prenne le pouvoir", déclare un homme,
présenté par les enquêteurs comme Philippe Verdon, dans une conversation avec
un officier de l'armée comorienne, le commandant Combo Ayouba, enregistrée sur
une cassette qu'un correspondant de l'AFP a pu écouter rapidement.
Il faut "que l'armée pactise
avec la population", ajoute l'homme présenté comme Philippe Verdon.
Cela doit être "une
opération comoro-comorienne (...), un soulèvement populaire", car
"les coups d'Etat ne sont plus dans l'air du temps", poursuit-il.
Philippe Verdon est écroué depuis
le 24 septembre à Moroni pour "attentat à la sécurité de l'Etat,
déstabilisation, et incitation à la violence", avec un autre Français
Pascal Lupar et l'opposant franco-comorien Saïd Larifou.
Ce dernier dirige le parti Ridja
(Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie),
qui avait organisé mi-septembre des manifestations pour dénoncer la cherté de
la vie.
L'enregistrement de la cassette
n'a pas encore été versé au dossier, selon une source proche de l'enquête, mais
serait considéré par les autorités comoriennes comme la preuve la plus
compromettante contre Me Larifou et les deux Français.
Le président de l'Union des
Comores, le colonel "Azali (Assoumani) est parti pour trois semaines,
certains officiers de l'armée sont absents, il y a une situation propice",
affirme encore dans la cassette l'homme présenté comme Philippe Verdon.
"J'ai vraiment le
pressentiment qu'une opportunité se présente, ce serait dommage qu'on la
rate", ajoute-t-il.
Les indications contenues dans la
cassette laissent penser que l'enregistrement a été effectué le 20 septembre,
la veille de l'arrestation de Philippe Verdon.
Dans l'enregistrement entendu par
le correspondant de l'AFP, Me Larifou n'est mentionné à aucun moment comme le
bénéficiaire de l'opération de "soulèvement populaire" envisagée.
L'homme présenté comme Philippe
Verdon dit encore ne pas être envoyé par la France, ancienne puissance
coloniale, mais être "en relation avec l'exécutif français".
Lors de son interrogatoire,
Philippe Verdon aurait reconnu avoir rencontré un officier comorien sans en
informer Saïd Larifou, selon une source proche de l'enquête.
Il aurait également déclaré être
venu "seulement pour soutenir Me Larifou, prendre les devants pour faire
croire aux Comoriens que la France était derrière lui".
Saïd Larifou, actif défenseur des
droits de l'Homme, a déclaré tout ignorer de cette rencontre, selon son avocat
comorien Me Fahmi Said Ibrahim.
Parallèlement à cette affaire, Mohamed Said Fazul, le président de Mohéli, l'une des trois îles de l'Union des Comores, a confirmé samedi la présence sur son île d'un groupe de personnes soupçonnées d'être des mercenaires. Il n'a pas écarté la possibilité qu'il puisse y "avoir un lien entre ce qui se passe à Mohéli et l'affaire Saïd Larifou".
Un important parti d'opposition aux Comores, dont le dirigeant est écroué depuis mercredi avec deux Français pour "attentat à la sûreté de l'Etat", a dénoncé vendredi la "logique de répression" du pouvoir.
Le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) a également appelé ses sympathisants à manifester pour obtenir la libération de son dirigeant Saïd Larifou, un avocat franco-comorien basé sur l'île française de La Réunion.
La première manifestation est prévue samedi à Foumbouni, la ville natale de M. Larifou, 39 ans, dans le sud de l'île de la Grande-Comore.
Le 15 septembre, le Ridja avait rassemblé 1.500 sympathisants dans une marche pacifique contre le président de l'Union des Comores, également à Foumbouni. Me Larifou avait alors annoncé qu'il s'agissait de la première d'une série de marches similaires destinées à "canaliser le mécontentement populaire" contre le pouvoir du colonel Azali Assoumani, élu en avril 2002 à la présidence après avoir pris le pouvoir lors d'un putsch le 30 avril 1999.
Interrogé par l'AFP, le secrétaire général du Ridja, Ahamada Achirafi, a déclaré qu'il n'était pas étonné de l'arrestation de M. Larifou, connu pour son engagement dans la défense des droits de l'Homme. Cela s'inscrit dans la logique de répression du colonel Azali Assoumani contre l'opposition", a-t-il estimé.
"Aujourd'hui, le Ridja apparaît comme le principal parti d'opposition et le colonel Azali veut casser son enracinement, surtout en prévision des prochaines législatives", a-t-il poursuivi. Le président Azali est actuellement en voyage aux Etats-Unis. Il a également affirmé que "les deux ressortissants français (inculpés et écroués pour les mêmes motifs que M. Larifou) n'ont aucun lien avec le Ridja".
Philippe Verdon et Pascal Lupar, arrêtés dimanche à Moroni, ont été inculpés et écroués, tout comme M. Larifou, pour "attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence".
Mercredi au cours de leurs interrogatoires, les deux Français ont par ailleurs rejeté les accusations portées contre eux, qualifiant de "ridicules" les preuves ayant motivé leur inculpation, selon une source proche de l'enquête.
Selon les deux Français, cités par cette source, ces preuves seraient "une paire de chaussures de randonnée, un canif, une trousse de médicaments, et un pantalon de grosse toile présenté comme un treillis militaire".
Les autorités comoriennes avaient pourtant affirmé jeudi 25 septembre disposer de "preuves compromettantes" contre les trois hommes.
Une autre source gouvernementale, qui avait requis l'anonymat, avait également assuré que M. Verdon avait eu "des relations avec Bob Denard lors du procès" de ce dernier à Paris en 1999. L'ancien mercenaire français avait été acquitté en 1999 dans son procès pour l'assassinat en 1989 du président des Comores Ahmed Abdallah.
Contacté vendredi par l'AFP depuis Paris, Bob Denard a confirmé qu'il connaissait Philippe Verdon, mais pas Pascal Lupar. Il a déclaré avoir rencontré "plusieurs fois" M. Verdon à Paris mais il a dit ne savoir ni quand ni par qui il lui a été présenté. M. Verdon n'est, selon lui "pas un soldat" mais un homme qui "faisait des affaires", sans donner plus de détail.
Selon des sources policières à Paris, M. Verdon, 45 ans, a été proche de l'ancien président de Madagascar Didier Ratsiraka, exilé en France depuis juillet 2002, et aurait exercé des responsabilités locales au sein de l'ex-RPR (parti gaulliste).
Par Aboubacar M'CHANGAMA -
AFP
Saïd Larifou, avocat franco-comorien, actif défenseur des droits de l'Homme et écroué aux Comores pour "attentat à la sûreté de l'Etat", s'est récemment imposé comme l'un des principaux opposants au président de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani.
Peu connu du grand public jusqu'à il y a environ trois ans, il crée la surprise en arrivant en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle de la Grande-Comore, une des trois îles de l'Union des Comores, en avril 2002. Il obtient 8,71% des suffrages exprimés.
Il a été inculpé mercredi 24 septembre, avec deux Français, d'"attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence".
Cet avocat est basé à La Réunion, île française de l'océan Indien, où il est rattaché au barreau de Saint-Pierre, après avoir longtemps milité dans les organisations de défense des droits de l'Homme.
Son premier grand procès est celui du jeune franco-comorien Ibrahim Ali, tué à Marseille (sud de la France) en février 1995 par des colleurs d'affiches du Front national, le parti français d'extrême droite de Jean-Marie Le Pen.
Il est actuellement l'avocat de l'ancien ministre de l'Intérieur comorien (1996-1997), Saïd Achim Achirafi, opposant au régime, exilé en France et mis en examen dans l'enquête sur une tentative de coup d'Etat aux Comores en décembre 2001.
Parmi ses thèmes favoris, figurent la situation des Comoriens de l'étranger, les injustices et les inégalités. "Faire la politique autrement et proprement" est son credo.
Saïd Larifou dirige le parti comorien du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja), créé après le déclenchement de la crise provoquée par la sécession de l'île d'Anjouan en août 1997. Cette formation développe les thèmes de la justice sociale et de la lutte contre les inégalités.
Au cours du premier congrès du Ridja, en 2002 aux Comores, il déclare: "Nous sommes déterminés à contribuer à rétablir l'image de la politique dans notre pays et à redonner l'espoir aux Comoriens".
A l'annonce de sa candidature à la présidentielle de la Grande-Comore, en février 2002, il dénonce le "discrédit des hommes politiques" et estime qu'"on ne peut pas faire du neuf avec du vieux".
Il lance le 15 septembre dernier une série de manifestations pacifiques pour dénoncer la hausse des prix et accuse le président de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, de "considérablement aggraver" les "difficiles conditions d'existence" des Comoriens.
Elancé et élégant, sourire avenant, partisan de l'action non violente, Me Larifou recrute la grande majorité de ses militants parmi les jeunes qui voit en lui un justicier et un modèle de réussite.
Ses détracteurs lui reprochent d'être orgueilleux et hautain, mais surtout s'interrogent sur l'origine des moyens dont dispose le chef du Ridja.
Né le 1er octobre 1964 à Foumbouni, dans le sud de la Grande-Comore, Saïd Larifou, est marié et père de deux enfants.
Un important parti d'opposition aux Comores a appelé vendredi 26 septembre ses sympathisants à manifester dès samedi afin d'obtenir la libération de son dirigeant, M. Saïd Larifou, écroué depuis mercredi pour "attentat à la sûreté de l'Etat et déstabilisation".
Dans une déclaration signée par son secrétaire général Ahamada Achirafi, le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) appelle à des "manifestations pour la recherche de la justice" destinées à faire libérer son leader.
La première manifestation est prévue samedi 27 septembre à Foumbouni, la ville natale de M. Larifou, dans le sud de l'île de la Grande-Comore.
Interrogé par l'AFP, le secrétaire général du Ridja a déclaré qu'il n'était pas étonné de l'arrestation de M. Larifou: "Cela s'inscrit dans la logique de répression du colonel Azali Assoumani (président de l'Union des Comores) contre l'opposition", a-t-il estimé.
"Aujourd'hui, le Ridja apparaît comme le principal parti d'opposition, et le colonel Azali veut casser son enracinement, surtout en prévision des prochaines législatives", a-t-il poursuivi. "Pour cela il veut casser l'image de M. Larifou qui n'a jamais pensé prendre le pouvoir par la force", a ajouté M. Achirafi.
Il a affirmé que "les deux ressortissants français (inculpés et écroués pour les mêmes motifs que M. Larifou) n'ont aucun lien avec le Ridja".
"M. Larifou les a connus à Paris au cours d'un colloque qu'il avait organisé à l'Assemblée Nationale française en juin 2003 conjointement avec +Comores Espoir+", une organisation non gouvernementale de la diaspora comorienne en France, a-t-il conclu.
L'opposant Saïd Larifou, écroué et inculpé mercredi 24 septembre aux Comores pour "attentat à la sûreté de l'Etat et déstabilisation", a dénoncé une justice "au service d'une République bananière", a-t-on appris vendredi auprès d'une source proche de l'enquête.
Il a tenu ses propos devant la juge d'instruction, Thanai Tasmine, qui l'entendait mercredi, et a refusé de signer le procès-verbal de son inculpation, qu'il a jeté au visage de la juge en le qualifiant de "chiffon", selon la même source.
Vendredi matin, Saïd Larifou a été entendu par les gendarmes pour "outrage à magistrat", selon la même source. Il doit ensuite être présenté devant un juge pour ce délit.
Saïd Larifou dirige le parti comorien du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) et bénéficie de la double nationalité franco-comorienne. Il a été inculpé mercredi pour "attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence", avec deux Français, Philippe Verdon et Pascal Lupar.
Ils ont tous les trois été écroués à la maison d'arrêt de Moroni. Les autorités comoriennes ont affirmé jeudi disposer de "preuves compromettantes" contre eux.
Me Larifou était arrivé en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle de l'île de la Grande-Comore (une des trois îles de l'Union des Comores), en mai 2002.
Il avait lancé le 15 septembre dernier une série de manifestations pacifiques pour dénoncer la hausse des prix et avait accusé le président de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, de "considérablement aggraver" les "difficiles conditions d'existence" des Comoriens.
Par Aboubacar M'CHANGAMA
Les autorités comoriennes ont affirmé jeudi disposer de "preuves compromettantes" contre les deux Français et l'opposant politique franco-comorien, Saïd Larifou, écroués la veille pour "attentat à la sécurité de l'Etat et déstabilisation".
L'un des deux Français a par ailleurs rencontré le mercenaire français Bob Denard, déjà impliqué dans des coups d'Etat aux Comores, selon une source gouvernementale comorienne qui a requis l'anonymat. Les trois hommes inculpés mercredi fomentaient, selon les autorités comoriennes, un coup d'Etat dans cet archipel de l'océan Indien.
Il s'agit de la quatrième tentative de coup d'Etat que les autorités affirment avoir déjoué depuis l'arrivée au pouvoir du colonel Azali Assoumani, en avril 1999, qui a lui-même accédé à la présidence après un coup d'Etat.
"Nous disposons de preuves compromettantes" contre les trois hommes, a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'Union des Comores, Ali Msaidié Houmed, sans toutefois préciser la nature des preuves.
Selon une source gouvernementale qui a requis l'anonymat, un officier de l'armée comorienne a remis lundi soir à ses supérieurs une cassette audio contenant l'enregistrement d'une discussion que le militaire aurait eue avec au moins l'un des deux Français, samedi soir, dans un grand hôtel de Moroni.
Lors de ce rendez-vous, ils se seraient entretenus d'un "coup d'Etat", selon la même source.
Une autre source gouvernementale, qui a requis l'anonymat, a par ailleurs révélé l'identité des deux Français: Philippe Verdon et Pascal Lupar.
Le premier "a eu des relations avec Bob Denard lors du procès" de ce dernier à Paris en 1999, a déclaré à l'AFP cette source. Bob Denard avait été acquitté en 1999 dans son procès pour l'assassinat en 1989 du président des Comores Ahmed Abdallah.
Les gendarmes ont fouillé lundi soir les chambres de Philippe Verdon et Pascal Lupar dans un grand hôtel de Moroni, et ont saisi l'ordinateur de Philippe Verdon, selon une source diplomatique.
Par ailleurs, un troisième Français arrêté dans ce dossier puis libéré mercredi mais placé sous contrôle judiciaire, Morad Aït-Habbouche, doit se présenter tous les mardis à la justice, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.
Ce cameraman qui travaille pour la chaîne française Canal Plus s'est en outre vu confisquer sa caméra, selon la même source.
Philippe Verdon, Pascal Lupar et Saïd Larifou ont été inculpés mercredi pour "attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence".
Les deux Français sont considérés comme proche de Saïd Larifou, qui dirige le parti comorien du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) et bénéficie de la double nationalité franco-comorienne.
Depuis son indépendance de la France en 1975, les Comores ont connu une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives, dont quatre réussis. La dernière tentative de coup d'Etat remonte à décembre 2001.
La situation qui prévaut ces derniers temps dans notre pays vient rappeler encore une fois que le cauchemar des mauvais jours est loin d’être passé.
L’on se surprend en effet à constater que les Comores, au lieu de s’acheminer vers la tenue des législatives nationales et locales pour parachever les institutions de l’Union, retournent dans les années sombres où l’arbitraire était le moyen ordinaire pour l’Etat de se maintenir face aux luttes revendicatives légitimes de la population, notamment celles de la hausse des prix, et les accusations d’atteinte à la sécurité de l’Etat, comme l’instrument dissuasif et efficace pour priver aux citoyens actifs leur liberté d’expression et de manifestation.
Les graves emprisonnements de personnalités civiles et politiques, incarcérées ces derniers mois sans le moindre respect des procédures régulières judiciaires et qui plus tard, ont été libérées dans la plus grande confusion, confirment la montée inquiétante de l’insécurité dans le pays.
Les emprisonnements aussi arbitraires que les libérations, de journalistes de Radio Ngazidja, du Ministre de l’Intérieur de l’île de N’gazidja, d’un ancien Premier ministre, de l’interdiction du journal El Fadjr à Anjouan et de la quasi-impossibilité d’expression publique des leaders politiques locaux sans se sentir menacés, de la fermeture d’une radio libre à Mohéli ; tout cela vient rappeler que personne n’est à l’abri où qu’elle se trouve sur l’ensemble du territoire national.
En outre, les arrestations récentes du Président du parti Ridja, de 2 journalistes et un juriste français, semblent s’inscrire dans la même logique qui consiste plus à intimider, humilier et embastiller qu’à rechercher les moyens d’appliquer le droit.
Le pays actuellement ne dispose pas toujours de la façade institutionnelle de la démocratie, caractérisée en particulier par la présence même symbolique de pouvoir législatif et judiciaire capable de contrôler directement et indirectement les pouvoirs exécutifs.
Les citoyens sont donc dépourvus de tout moyen de recours sérieux et crédible pour défendre dans la légalité leurs droits civils, économiques, sociaux, politiques et juridiques.
Aussi, la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) et l’Initiative Citoyenne des Comores (ICC) :
- à respecter les principes des Droits de l’Homme, de la démocratie, conformément aux Constitutions de l’Union des Comores et des Îles autonomes, aux pactes et conventions que les Comores ont ratifiés,
- à mener une véritable politique de dialogue sincère et non factice avec tous les acteurs du développement du pays et de la communauté internationale, seule gage d’une paix civile et d’un développement durables
Moroni le 27 Septembre 2003
M
A un moment où les Comores s’acheminent vers la tenue des
législatives et des municipales pour parachever les Institutions de l’Union des
Comores, l’on assiste à un regain de la dictature dans le pays.
En effet, la situation qui prévaut ces derniers temps dans
l’Archipel vient rappeler encore une fois que le cauchemar des mauvais jours
est loin d’être passé.
L’on se surprend en fait à constater que les Comores sont
entrain de revivre les années sombres où l’arbitraire était le moyen ordinaire
pour l’Etat de se maintenir face aux luttes revendicatives légitimes de la
population, et les accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat, comme
l’instrument dissuasif et efficace pour priver aux citoyens actifs leur liberté
d’expression et de manifestation.
Les graves emprisonnements de personnalités civiles et
politiques, incarcérées ces derniers mois sans le moindre respect des
procédures régulières judiciaires et qui plus tard, ont été libérées dans la
plus grande confusion, confirment la montée inquiétante de l’insécurité dans le
pays :
Les emprisonnements aussi arbitraires que les libérations
du journaliste de Radio Ngazidja, du Ministre de l’Intérieur de l’île de
N’gazidja, des hautes personnalités politiques viennent rappeler à tout le monde
que personne n’est à l’abri.
La presse est
muselée à Anjouan. C’est le cas du
journal ALFADJR. Une Radio Libre à Mohéli est fermée. Tout ceci entre dans la
logique d’asseoir une véritable dictature dans l’Archipel.
Les partis politiques sont réduits à néant. Les leaders
Politiques sont constamment menacés de représailles … C’est pour
cette raison que la crise comorienne persiste jusqu’à présent.
Chose qui compromet l’instauration de l’Etat de Droit aux
Comores.
En outre, l’arrestation récente du Président du parti
Ridja, Maître Larifou et de 3 journalistes français semblent s’inscrire dans la
même logique qui consiste plus à intimider, humilier et embastiller qu’à
rechercher les moyens d’appliquer le droit.
Le pays actuellement ne dispose pas toujours de la façade
institutionnelle de la démocratie caractérisée en particulier par la présence
même symbolique de pouvoir législatif et judiciaire capable de contrôler
directement et indirectement les pouvoirs exécutifs.
Les citoyens sont, donc, dépourvus de tout moyen de recours
sérieux et crédible pour défendre dans la légalité leurs droits civils,
politiques, sociaux, économiques et juridiques.
Aussi, la FCDH:
Ø
interpelle les Autorités politiques à respecter les
principes des Droits de l’Homme et de la Démocratie conformément aux
Constitutions de l’Union des Comores et des Iles Autonomes et aux pactes et
conventions que les Comores ont ratifiés d’une part et à mener une politique de
dialogue avec tous les acteurs du développement du pays d’autre part ;
seule gage d’une paix civile et d’un développement durables.
Ø
exige la libération
immédiate de tout emprisonnement n’ayant pas respecté les règles du droit.
Ø
lance un appel à tous les citoyens, aux Organisations de la
Société Civile et aux partis politiques dans son ensemble pour prendre en main
toutes leurs responsabilités face aux périls qui guettent le pays
Mutsamudu le 29 septembre 2003
Le Président de la FCDH - Ahmed Mohamed Allaoui
La remarque nous parait légitime, et peut être nécessaire, du moment où les cadres étatiques sont fragmentés, affaiblis par la désintégration nationale sans fin. Mais où l’on situe ce processus de la recherche du modèle ?
Tout abord, avant 1975, l’indépendance apparaît aux yeux de tous les Comoriens comme une réponse globale aux problèmes globaux. Il n’y a, il ne peut y avoir, des problèmes dans l’ordre du nouvel Etat indépendant à construire que la persistance d’un injuste et irrationnel d’un système colonial qui maintient dans son sillage, les formes d’oppressions et de domination. Et les Comoriens, conscients du sens qu’ils donnent au combat de libération nationale, se sont unis contre la « menace impériale ». Le 6 juillet 1975, l’indépendance est déclarée. La République est née, et avec elle, la vocation de l’unité.
Depuis, les Comores devenues maîtres de leur destin, sont à la marche de la construction de leur Histoire, et à la quête d’un modèle : La République fédérale semblait donner sens à ce modèle du nouvel Etat. Or Ahmed Abdallah, qui semblait incarner à lui seul, l’indépendance, se voyait aussi pour l’unité. La République doit veiller à l’unité, pensait- t-il. Tel l’esprit d’un parti unique, l’expression de la consolidation d’elle. On contrôle les libertés par le Policier au nom de la République. On « consolide » l'uniformité en étouffant la diversité. On encourage l’ « unité » au détriment de la pluralité. Car si l’une stabilise, l’autre désagrège. Car si le« Zi’ib », le loup, attaque les partisans de celle-ci dans la diversité au sens de dispersion, sa menace ne vient jamais à bout aux adeptes de celle-là. Ainsi, pour contenir ses opposants, ennemis potentiels contre l’unité sacrée, le père de l’indépendance achète le silence à des prix exorbitants, à des postes de captation, à des privilèges d’allégeance communautaire, et contre la volonté du peuple quand il n’emprisonne ou n’assassine toutes les personnes qui se refusent à s’incliner, il centralise tous les pouvoirs pour sauver, dit-on, l’unité. Delà, loin que la République serve à rassembler la nation, à œuvrer pour l’unité autour du pourvoir de légitimité qui l’exprime, elle affecte celui-ci par le contraste entre le désir de l’unité et la restriction des libertés politiques, entre les droits qu’elle ouvre et les privilèges qu’elle offre, entre la liberté qu’elle autorise et la critique qu’elle interdit.
Mais que vaut cette fameuse République si elle ne laisse pas entendre la voix du peuple qui l’a fait roi ? N’est-elle pas un leurre dès lors qu’elle n’arrive pas à satisfaire les conditions de la nombreuse majorité du peuple exclu, alors que la minorité est privilégiée ? Quelle légitimité tient-elle alors que le désir du peuple ne se traduit pas comme manifestation de l’intérêt général ? « La République part du peuple, elle revient à lui ». Révèlent les révolutionnaires. Il faut alors renverser cette République qui viole ce qu’elle défend, qui affecte la légitimité du peuple qu l’assoit, quitte par les armes. Car si Abdallah est « élu » par les représentants du peuple, il n’en demeure pas moins un despote. Donner le pouvoir aux jeunes, au peuple, seul, à même de construire son Histoire reflète à l’idée qu’on se fait de l’Etat.
La légitimité n’est plus dans l’ancienneté des choses, ni dans la tradition, ni dans les particularismes, ni dans un ordre extérieur à l’homme, elle est en l’homme, sujet de son histoire, citoyen de sa nation et non pas membre de sa région ou de son île. Ebranler les traditions, rompre avec les préjugés, donner l’autonomie à la femme comme à l’homme, construire un modèle révolutionnaire populaire, tel est le projet d’Ali soilihi, artisan du modèle révolutionnaire laïcisant. Avec ce quoi advient un monde où on déloge le pouvoir du religieux, du traditionnel pour le situer à l’homme du temps moderne qui transcende sa petitesse natale et villageoise, qui élargit son pré carré et occupe un espace plus rationnel, plus civilisé, plus citoyen parce que national plutôt que villageois ou insulaire. Affranchis de tout lignage, dégagés de tous particularismes, les citoyens du modèle révolutionnaire n’avaient à s’excuser ni à rougir à tout mal qu’ils semblent exercer contre qui clame sa petitesse natale ou la hiérarchie des ordres. Ils n’avaient pas à se plaindre de leur appartenance nouvellement construite : leur nom plus qu’un nom, devient l’emblème de la nation, leur territoire plus qu’un village ou une île, il est réduit à l’archipel. Etre comorien c’est mieux qu’être mayottais, mohéliens, grand-comoriens ou Anjounais. De ce modèle, des femmes et des hommes se battent contre vent et marées, avec parfois, une férocité redoublée. Et dans leur route, on peut lire les traces des promesses d’un lendemain enchanté, des cohérences idéologiques, et des épiphanies d’antan d’Adoulatuf Msafumou symbole d’un Juste souffrant pour sa nation. Avec ce modèle apparaît un Etat où l’on ne parle plus du villageois ou de l’insulaire, mais du national sans et contre le langage du « maître, la France », chassé de son emprise (et qui est allé envahir l’île Mayotte).
Viennent alors les restaurateurs, conservateurs et
adversaires de ce modèle. Au lieu de quoi, ils répondent : « je
règne, et je viens de quelque part ; par l’ébranlement de la tradition, je
n’affirme pas mon autonomie, je trahis mon origine et ma famille…» Seul un décret
traditionnel est en mesure de dégager la bassesse de l’homme et de l’arracher
au mépris de son clan, et de garder l’harmonie des îles. Seul un compromis avec
le « maître » peut sauver l’unité. Seul le retour du mythe et de la
tradition peut protéger l’homme de l’angoisse de son temps et peut être ciment
contre le désenchantement produit par cet « athée » Ali soilihi,
disent les conservateurs. Depuis, le modèle révolutionnaire a reçu des coups
durs et échoué ; les Comores souffrent d’un modèle.
De la fédération à la confédération, les Comoriens tâtonnent à la recherche d’un modèle. Mohamed Taki a annoncé un concept de « Rehemani » comme modèle qui promettait tant qu’il a tenu si peu. Le concept de Rehemani comme mode de gouvernement, précisant le chemin vers l’union, va être considéré alors tellement fabuleux, relevant presque des contes de fées, comme si la réalité du terrain (hostilité du capital Moroni où il avait dit vouloir semer des bananiers… dégradation du niveau de vie… esquisse du séparatisme anjouanais) ne pouvait rien étouffer ni reculer son application. Les traitements médiatiques de ce concept révélant d’un modèle, patronnés par les tenants du « Takisme utopique » ont donné l’impression que la Cité idéale dont les Comores aspirent trace son chemin sur tous les médias de l’archipel. Le « modèle idéal » autant médiatisé renforce la conviction générale. « Surprise divine » ! Clament les partisans de Taki. En vain, rebelle à la réalité, ce concept a été comme une coquille vide de sa substance. Sans fond ni méthode de pratique, tout a amené au séparatisme. La démultiplication des espaces politiques implose l’Etat. L’éclatement des allégeances villageoises rend beaucoup plus difficile la possibilité de fonctionnement de modes de régulations classiques. Le rapport entre l’Etat et les citoyens bascule vers le lien entre le membre et son village. La confiance entre le Comorien et l’Etat est moins que son affinité avec son village ou son île. On parle plus de l’insulaire que du national. Avec ce pays vide d’un modèle adviennent, pour la première fois aux Comores, et parce que les pourvoyeurs de sens se sont tus, laissant derrières eux les prophètes du séparatisme, du désordre, du chaos, des femmes et des hommes pris à des campagnes de haines, et de « guerres », sans but, sans enjeux idéologiques clairs, sans mémoire qu’il devient très difficile à dire à des hommes avides d’argent et de pouvoir, où sont le sens et les valeurs.
La tentative de Saïd Mohamed Djohar de prôner la démocratie a heurté à la réalité des réseaux mafieux, et affairistes. Le mercenariat et la corruption sont légion, et devenus comme mode de gouvernement. L’Etat est en déclin, en faillite, en ruine, et livrant les Comores dans une absence totale de modèle, et d’une entité chaotique ingouvernable. Azali, quant à lui, pensant que dans un Etat, chaque île poursuivant « égoïstement » ( par autonomie) ses propres intérêts mettrait en place une harmonie adéquate, une union solide ; que chaque île vivant de sa propre autonomie éviterait les excès et servirait le bien commun, s’est trompé de modèle. Les résultats sont alarmants.
Parce qu’avec cela, c’est la victoire de l’insularité sur la nationalité, d’un monde qui se bat pour celle-là contre celle-ci, d’un monde où l’on a rompu avec les guerres de sens parce que de libération, et qui se bat pour une cause de désolation radicale, de souffrance inutile, vide de sens et de ciel parce que de division et d’éclatement d’allégeance communautaire.
En tout état de cas, les Comores si elles veulent rechercher un modèle qui unit plus q’il ne divise doivent passer nécessairement au divorce des allégeances villageoises et insulaires, pour rester dans le socle des allégeances citoyennes, voie royale pour construire un Etat de droit. C’est le défi de notre société si nous voulons promouvoir une « éthique de citoyenneté » promotrice d’un Etat phare au cœur de l’Océan indien, parce que fondé sur des valeurs à même d’amener les Comores dans l’arène du système internationale.
DEBATS ET OPINIONS LIBRES: Par, Mohamed
IBRAHIM Mihidjay
Le pluralisme d’opinions est en panne dans les régimes politiques en
Afrique. Aux Comores, un citoyen qui
émet des idées qui ne font pas plaisir aux dirigeants en place risque d’un
moment à l’autre de se trouver en taule. Cette parodie de démocratie durant les
périodes de vote dans l’archipel est anachronique au regard du pluralisme
politique et d’opinions dans les régimes réputés autoritaires.
On assiste dans la quinzaine du mois de septembre à l’arrestation
arbitraire de Maître Elarif, de l’ancien premier Ministre ALI
Mroudjaé et d’un journaliste de France 2 à Moroni ;
suite aux manifestations pacifiques contre la vie chère aux Comores. Les
séquelles d’une indépendance ratée en 1975 continuent de jeter de l’ombre et
aggravent les facteurs d’instabilité de l’archipel.
Beaucoup de pays les moins avancés du tiers monde se redressent à petit
pas pour sortir dans l’ornière de la misère et des coups d’Etat à répétition.
En revanche les Comores continuent inexorablement de glisser dans une pente
abyssale avec au sommet de l’Etat des hommes politiques lassants et véreux. La
communauté internationale de concert avec une classe politique Comorienne usée
et sans vision d’avenir croyait qu’il suffisait d’enterrer la République des
Comores et mettre à la place un gadget de l’union des Comores pour amuser les
galeries pour que les tensions internes soient éteintes. L’échec de pourparlers
entre les élus des îles et le président de l’Union précipite dans un avenir
proche la désagrégation de l’Union des Comores.
L’économie du pays est en ruine,
avec une panne d’électricité permanente. L’inexistence d’un secteur privé
moderne pour renflouer les caisses de l’Etat au niveau des recettes fiscales
fragilise davantage le prétendu équilibre budgétaire de l’archipel. Les affres
de la cherté de vie, liés à la dévaluation du franc Comorien en 1994 sous le
gouvernement d’Edouard Balladur, en France, l’inflation galopante, sans
réajustement des salaires et le chômage privant certaines familles de
ressources font monter les tensions et les mécontentements populaires.
La junte militaire est prise de vitesse par ces troubles sociaux d’une
population traditionnellement docile.
Or AZALI décide non
seulement de résoudre les problèmes posés mais de briser le mouvement en
arrêtant les chefs. En réalité la démocratie
se révèle fragile dans notre pays et ceux qui prétendent d’exercer le
métier de politique à l’heure actuelle doivent nuancer explicitement la critique d’une action gouvernementale et
celle de l’individu.
ACTUALITES REGIONALES : Les principaux états-majors politiques de La Réunion se sont félicités lundi 29 septembre de l'accession de Paul Bérenger à la tête du gouvernement de Maurice, qui constitue, à leurs yeux, une occasion de relancer la coopération entre les deux îles jugée jusqu'ici embryonnaire. La prise de fonction, prévue mardi 30 septembre de Paul Béranger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM, principal parti de gauche à Maurice), en tant que Premier ministre est suivie avec beaucoup d'intérêt par les hommes politiques et les autorités de La Réunion. D'un point de vue global, la classe politique réunionnaise, de la droite comme de la gauche, de la majorité régionale comme de l'opposition, l'accession, pour la première fois dans l'histoire post-coloniale de l'île, d'un non-hindoue au poste de Premier ministre est considérée comme un progrès de la démocratie. Pour Jean-Paul Virappoullé, sénateur et président de la Relève, le principal parti de l'opposition à la Région Réunion, cela constitue "l'aboutissement d'un véritable processus démocratique" conclu il y a trois ans lors d'un accord électoral entre Sir Anerood Jughnauth, l'actuel Premier ministre, et Paul Bérenger. "A partir de ce moment-là, nous Réunionnais, nous avons un seul souhait a formuler: c'est que l'unité du peuple mauricien et la prospérité de Maurice soient renforcées par la concrétisation de cet accord", a-t-il déclaré lors d'un entretien avec la PANA. La même satisfaction est affichée par le Parti communiste réunionnais qui dirige la majorité régionale. "Le fait que ce soit Paul Bérenger qui devienne Premier ministre est la démonstration de l'expression de la démocratie à Maurice", a déclaré à la PANA le secrétaire général du PCR, Elie Hoarau, estimant que cela est "une leçon qui a valeur d'exemple pour le monde entier". Outre les déclarations de félicitations et d'encouragement, les élus réunionnais semblent espérer de cette accession un coup de fouet dans les relations, jusqu'à maintenant restées timides, entre les institutions des deux îles.Ainsi, Paul Bérenger connaît bien La Réunion pour y avoir noué, dans les années 1970, de solides liens avec les dirigeants politiques de gauche, et notamment le PCR. "Nous considérons cette nomination comme un évènement très important. C'est l'aboutissement de plusieurs années de lutte et cela vient couronner tout un effort qui a été fait par lui-même et par l'ensemble de son parti pour Maurice", a-t-il poursuivi. Le PCR et le MMM ont mené ensemble des combats depuis très longtemps, a rappelé Elie Hoarau, pour qui l'idée même de la coopération régionale entre les îles de l'océan Indien est à mettre sur le compte de ces partis alors que la création de la Commission de l'océan Indien (COI) est une initiative de Maurice à un moment où des membres du MMM dirigeaient la diplomatie mauricienne. "Paul Bérenger a été l'une des chevilles ouvrières de la coopération régionale entre les îles du Sud-Ouest de l'océan Indien. Maintenant qu'il devient Premier ministre, il est certain qu'il va pouvoir tout faire pour aider à atteindre les objectifs de développement de la coopération régionale. Nous pouvons donc espérer que des conditions positives sont réunies pour un essor de cette coopération entre les deux pays", a-t-il encore dit. Le Parti socialiste de La Réunion souhaite également une relance de cette coopération, selon son porte-parole, Gilbert Annette. "Nous souhaitons que la Région Réunion franchisse un véritable palier dans la coopération avec notre île soeur. Il y a des grands discours, mais pas de véritable concrétisation politique. Il y a souvent des manifestations d'intention, mais lorsque l'on regardeles niveaux d'échanges, ce niveau n'a pas changé depuis des décennies", a déclaré M. Annette tout en se réjouissant de l'accession au plus haut niveau à Maurice d'un "homme progressiste". Alors que Maurice a nommé, il y a un mois, un consul honoraire à La Réunion, les relations commerciales entre les deux pays restent, quant à elles, très déséquilibrées. La Réunion importe de plus en plus de produits de l'île Maurice, mais ne parvient pas, en retour, à "imposer" les siens. En 2002, les exportations réunionnaises à destination de Maurice ont atteint 5,17 millions d'euros, en baisse de 2,4% par rapport à l'année précédente. Un chiffre qui fait de la Réunion le 46-ème fournisseur de l'île soeur, derrière l'Ukraine et la Turquie... Depuis trois ans, le marché mauricien demeure marginal pour les entreprises réunionnaises, ce qui n'est pas le cas des entreprises mauriciennes. Les exportations mauriciennes dans l'île ont dépassé l'année dernière la barre des 25 millions d'euros, ce qui représente une augmentation de 17% par rapport à 2001. La Réunion est devenu ainsi le septième client de Maurice, derrière l'Allemagne et l'Italie, un signe que le nouveau Premier ministre mauricien ne pourra pas négliger, estiment les observateurs.
NOS BREVES : Les Français arrêtés aux Comores sont "bien traités"
selon le Quai d’Orsay
Les trois Français et le chef d'un parti politique
d'opposition comorien arrêtés à Moroni sont "bien traités", a indiqué
mercredi 24 septembre la porte-parole adjointe du ministère des Affaires
étrangères, Cécile Pozzo Di Borgo. "Le consul adjoint français aux Comores
"a pu rendre visite à nos compatriotes, lundi 22 septembre dans
l'après-midi pendant leur période de garde à vue. Selon ses indications, ils
sont bien traités", a affirmé Mme Pozzo Di Borgo.
Cette dernière a précisé que l'avocat Me Saïd
Larifou, président du parti comorien du Rassemblement pour une initiative de
développement avec une jeunesse avertie (Ridja) avait la double nationalité
franco-comorienne. "Cette affaire est suivie avec attention par notre
ambassade. Nous attendons les résultats de l'enquête judiciaire en cours",
a encore dit cette porte-parole.
M. Larifou a été interpellé par la gendarmerie lundi
à Moroni, dans une opération où trois ressortissants français, dont un
caméraman travaillant pour la chaîne française de télévision Canal +, sont
entendus eux aussi.
Il a été retenu à la gendarmerie de Moroni quand il
est venu s'y informer du sort du caméraman Morad Aït-Habbouche, interpellé dans
la matinée à son hôtel. L'audition de M. Aït-Habbouche avait été décidée à la
suite de l'interpellation la veille à Moroni de deux autres ressortissants
français considérés comme des proches de Me Larifou. Me Larifou avait annoncé
sur place qu'il s'agissait de la première d'une série de marches similaires
destinées à "canaliser le mécontentement populaire" contre le pouvoir
du colonel Azali, élu en avril 2002 à la présidence de l'Union des Comores
après avoir pris le pouvoir lors d'un putsch le 30 avril 1999.
L'avocat d'un
Français arrêté aux Comores se rendra vendredi 3 octobre à Moroni
Me Alexandre Varaut, avocat d'un des trois Français
arrêtés mercredi 24 septembre dernier à Moroni pour "attentat à la
sécurité de l'Etat", devrait partir vendredi 26 septembre aux Comores pour
voir son client et tenter de rencontrer le président comorien, a-t-il indiqué
mardi 23 septembre . "Mon souci aujourd'hui est de voir le président Azali
et de lui demander d'agir avec sagesse et clémence", a déclaré Me
Varaut, en espérant "au moins une libération provisoire" de son
client, Philippe Verdon, emprisonné à Moroni. M. Verdon a été arrêté mercredi
avec Saïd Larifou, un opposant politique franco-comorien, et un autre Français,
Pascal Lupar, pour "attentat à la sécurité
de l'Etat et déstabilisation".
Un troisième Français, Morad Ait-Habbouche,
journaliste à Canal +, avait été également interpellé
avant d'être libéré et de quitter les Comores samedi.
"Verdon n'a jamais participé à un coup armé où que ce soit. Ce n'est pas
un militaire, il fait du commerce et de la politique" dans l'Océan indien,
a déclaré Me Varaut sans plus de détail. "Il a été arrêté alors qu'il
était en civil, sans arme, parfaitement en règle", a poursuivi l'avocat,
en présentant son client comme étant "le conseiller politique de Saïd
Larifou". "Il n'y a rien dans le dossier judiciaire", a
déclaré l'avocat, démentant l'existence d'une cassette dans laquelle M. Verdon
aurait invité un général de l'armée comorienne à se soulever. Selon lui,
l'arrestation de son client, qui avait participé à des manifestations pour
dénoncer la hausse des prix, est le résultat "d'un affolement du
pouvoir" face à la contestation sociale et alors que le président Azali
n'était pas aux Comores.
MM. Verdon, Lupar et Larifou sont "détenus
séparément" dans la prison de Moroni, et, selon Me Varaut, citant des
sources à Moroni, "ils ont été pas mal tabassés".
Depuis son indépendance de la France en 1975, les
Comores ont connu une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives, dont quatre réussis.
La dernière tentative de coup d'Etat remonte à décembre 2001.
L'avocat de l'opposant écroué à Moroni dénonce des "pratiques
staliniennes" L'avocat de l'opposant
franco-comorien, Saïd Larifou, écroué pour "attentat à la sécurité de
l'Etat et déstabilisation", a dénoncé lundi 29 septembre "les
pratiques staliniennes destinées à étouffer" le parti de son client et à
"compromettre" ce dernier. "C'est un dossier vide, un dossier
bidon, de la fiction, mais de la mauvaise fiction", a déclaré lors d'une
conférence de presse à Moroni, Me Rama Valayden, qui assure la défense de Saïd
Larifou, le dirigeant du Rassemblement pour une initiative de développement
avec une jeunesse avertie (Ridja, opposition).
"L'arrestation de Me Larifou ne m'a pas surpris
parce que, il faut oser le dire, il n'existe pas un Etat de droit aux Comores
(...). Par contre, l'accusation d'attentat à la sécurité de l'Etat porté contre
lui m'a profondément choqué car Larifou est un grand démocrate", a affirmé
Me Rama Valayden.
Arrivé samedi à Moroni, l'avocat mauricien a précisé
n'avoir obtenu qu'"un visa de transit de deux jours", qui l'oblige à
quitter les Comores lundi. Il a toutefois pu rencontrer son client à la maison
d'arrêt de Moroni, où il l'a trouvé "serein". "S'il y a encore
un minimum de justice dans ce pays, Larifou sera libéré, mais s'il s'exerce des
pressions politiques, alors j'ai vraiment peur pour lui et pour le Ridja",
a ajouté Me Rama Valayden. "Je suis venu, j'ai vu, et je repars le coeur
lourd. J'ai vu des Comoriens qui souffrent des difficultés et de la
dictature", a-t-il lancé.
Saïd Larifou est écroué depuis mercredi, avec deux
Français, Philippe Verdon et Pascal Lupar, pour "attentat à la sécurité de
l'Etat, déstabilisation et incitation à la violence".
Un quatrième homme arrêté dans ce dossier, un
cameraman français qui travaille pour la chaîne de télévision Canal Plus, Morad
Aït-Habbouche, a en revanche été libéré mercredi. Il a quitté les Comores
samedi après-midi vers la France
Un Français écroué aux Comores aurait rencontré Bob Denard
Un des deux Français écroués aux Comores pour
"attentat à la sécurité de l'Etat et déstabilisation" a rencontré
l'ancien mercenaire français Bob Denard, déjà impliqué dans des coups d'Etat
dans ce pays, a affirmé jeudi une source gouvernementale comorienne.
Le Français "Philippe Verdon a eu des relations
avec Bob Denard lors du procès" de ce dernier à Paris en 1999, a déclaré à
l'AFP une source gouvernementale comorienne qui a requis l'anonymat. Bob Denard
avait été acquitté en 1999 dans son procès pour l'assassinat en 1989 du
président des Comores Ahmed Abdallah.
Selon la même source, les deux Français écroués
mercredi, avec un chef de l'opposition politique comorienne Saïd Larifou, pour
"attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation et incitation à la
violence" sont Pascal Lupar et Philippe Verdon. Les autorités comoriennes
disposent de "preuves compromettantes" contre les trois hommes en
question, a déclaré jeudi 25 septembre le porte-parole du gouvernement de
l'Union des Comores, Ali Msaidié Houmed.
L'avocat d'un Français arrêté aux Comores dénonce la détention de
son client
L'avocat de Philippe Verdon, l'un des trois Français
détenus aux Comores depuis mercredi pour "attentat à la sûreté de
l'Etat", en a appelé lundi dans un communiqué au président comorien, le
colonel Azali Assoumani, pour "qu'il mette un terme à cette situation
malheureuse". "Durant toute cette période, le président comorien
était absent de l'île. A l'occasion de son retour imminent, la défense de Philippe
Verdon fait appel à lui pour qu'il mette personnellement un terme à cette
situation malheureuse", a déclaré Me Alexandre Varaud qui tiendra mardi à
14H30 une conférence de presse à son cabinet (9, rue Alfred de Vigny, Paris
75008). Me Varaud a également dénoncé une détention "dans des conditions
précaires, notamment en raison des violences subies". Les autorités
comoriennes ont affirmé jeudi disposer de "preuves compromettantes"
contre les deux Français - Philippe Verdon, Pascal Loupart - et l'opposant
politique franco-comorien, Saïd Larifou, écroués la veille pour "attentat
à la sécurité de l'Etat et déstabilisation".
"Le Français Philippe Verdon intervenait comme
conseiller politique de Saïd Larifou. M. Verdon ne peut en aucune manière être
assimilé à un mercenaire puisqu'il était en civil, sans arme, logé dans un
hôtel de Moroni et en situation régulière sur le territoire comorien", a
poursuivi Me Varaud dans son communiqué.
Création d’un
Observatoire des droits de l’homme dans la zone de l’Océan indien
Les participants à un colloque organisé récemment à Madagascar par l'Union interafricaine des droits de l'homme (UIDH) ont décidé de la création d'un Observatoire régional pour la zone de l'océan Indien, a appris mardi soir la PANA à Saint-Denis de source officielle.Le premier Colloque international des droits de l'homme et de la culture de la paix pour l'intégration régionale et le développement durable des îles africaines de l'océan Indien, organisé sur l'initiative de l'UIDH dans le cadre de son plan stratégique pour la promotion, la protection et la défense des libertés fondamentales et les droits humains en Afrique, s'est déroulé du 25 au 30 août dernier à Antananarivo.Le président de la Fédération communautaire de l'océan Indien (FCOI), Paul Hoarau, a participé à ce colloque à l'issue duquel quatre décisions d'action d'importance ont été prises, indique le bulletin de la FCOI transmis mardi soir à la PANA à Saint-Denis de La Réunion.Outre la constitution d'un réseau des sociétés civiles pour les droits de l'homme par les ONG et les associations, les participants ont créé un Observatoire régional des droits de l'homme et de la démocratie dont les 25 membres se réuniront, sous l'égide de l'UIDH, au cours du premier trimestre 2004, précise-t-on de même source.Ils ont également décidé d'oeuvrer pour la suppression des visas et l'institutionnalisation d'un passeport régional commun facilitant la circulation des personnes et des biens en vue de l'intégration régionale et, au-delà, de l'unité africaine dans le contexte de la mondialisation.On signale que le secrétariat de la FCOI est basé à La Réunion. Une délégation des manifestants reçus au Ministère de la Sécurité
La manifestation prévue samedi aux Comores pour
obtenir la libération d'un chef de l'opposition, M. Saïd Larifou, écroué depuis
mercredi pour "attentat à la sûreté de l'Etat" a été annulée, a-t-on
appris auprès du parti de l'opposant.
La manifestation a été annulée "pour ne pas
contrarier l'initiative" d'une vingtaine de personnes représentant
Foumbouni, village natal de l'opposant, où était prévue la manifestation, qui
se sont rendus à Moroni pour rencontrer les autorités, a indiqué à l'AFP un
responsable du parti.
M. Larifou, avocat franco-comorien et dirigeant du
Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie
(Ridja) a été inculpé et écroué, avec deux ressortissants français, pour
"attentat à la sûreté de l'Etat, déstabilisation et incitation à la
violence".
Les autorités les soupçonnent d'avoir préparé un coup
d'Etat ce qu'ils nient catégoriquement.
La délégation de représentants de Foumbouni, sur
l'île de la Grande-Comore, a été reçue samedi par M. Hamada Madi Boléro,
ministre de la Défense et de la Sécurité du territoire, a indiqué à l'AFP le
maire de Foumbouni, M. Said Hassane Said Hachime.
Selon un membre de la famille de Larifou, "la
délégation est allée voir Boléro pour demander que Me Larifou soit jugé le plus
rapidement possible, et ne pas le laisser moisir en prison sans jugement comme
c'est souvent le cas". "Il s'agit d'une initiative de la population
de Foumbouni pour leur fils", a expliqué à l'AFP un responsable du Ridja.
Depuis le 15 septembre, ce parti a lancé à travers
l'île une série de marches pacifiques de protestation contre la vie chère et la
hausse des prix de première nécessité, notamment le riz.
Depuis l'incarcération des deux Français, les
autorités françaises se sont refusées à tout commentaire.
Le secrétaire général du Ridja, Ahamada Achirafi,
avait rejeté vendredi, lors d'un point de presse à Moroni, le chef
d'inculpation porté contre Saïd Larifou, affirmant qu'"il n'a jamais été
question pour le Ridja de prendre le pouvoir par la force". "Nous
voulons accéder au pouvoir, mais par des voies légales, par des élections, et
nous sommes confiants", avait-il affirmé.
La presse pro-gouvernementale a par ailleurs
commenté abondamment cette nouvelle affaire des "déstabilisation"
dans un archipel habitué aux tentatives de coup d'Etat.
L'éditorial de l'hebdomadaire gouvernemental
Al-Watwan évoque ainsi "une véritable opération de déstabilisation".
"Tout porterait à croire que ces manifestations (du Ridja contre la vie
chère) ne seraient qu'un paravent qui devait dissimuler une véritable opération
de déstabilisation", écrit le directeur et éditorialiste de la
publication, Amad Mdahoma. A propos de l'inculpation des deux ressortissants
français, l'hebdomadaire s'interroge "sur le rôle exact" de "ces
compagnons français".
Pour sa part, le directeur de "Comores
Aujourd'hui", un autre hebdomadaire proche du pouvoir, Nourdine Nourhani,
écrit dans son éditorial que "l'opération de déstabilisation était connue
des services comoriens" de sécurité. "Larifou est financé par des
forces occultes qui n'ont jamais été pour la prospérité des Comores", affirme-t-il.
Paul Bérenger, nouveau Premier ministre de MauriceLe Premier ministre mauricien, Sir Anerood Jugnauth, a cédé, ce mardi matin, le pouvoir à son adjoint, le vice-Premier ministre Paul Bérenger en démissionnant de ses fonctions, selon un accord électoral conclu en septembre 2000, a-t-on constaté à Port-Louis. Dans son dernier discours au Parlement, M. Jugnauth a rappelé le chemin parcouru par le pays depuis 1982, quand il était devenu Premier ministre pour la première fois.Il a dit que beaucoup de progrès ont été accomplis par le pays pendant ces deux dernières décennies."D'un PIB par tête d'habitant de 11.300 roupies (environ 383 dollars US), nous sommes arrivés à 128.000 roupies (environ 4.340 dollars US). C'est une grande réussite qui place notre pays au premier rang sur le continent africain. En 1982, nos réserves en devises n'étaient même pas suffisantes pour payer nos importations. Aujourd'hui, nous avons des réserves de 48,1 milliards de roupies, de quoi payer 42 semaines d'importations", a fait ressortir le Premier ministre sortant.M Jugnauth a ajouté qu'outre les quatre piliers de l'économie de l'île, que sont le sucre, le textile, le tourisme et les services financiers, "nous avons ajouté un cinquième pilier: les technologies de l'information et de la communication (TIC)". Selon lui, ce dernier pilier devrait offrir pas mal d'emplois aux jeunes Mauriciens dans les années à venir. Il a fait remarquer qu'il n'y a, aujourd'hui, aucune différence entre les villes et les villages sur le plan infrastructurel. "L'eau, le téléphone et l'électricité couvrent toute l'île. L'Etat-providence a été consolidé, de même que la démocratie. Aujourd'hui, il est pratiquement impossible de renvoyer les élections générales, ni mêmes les élections partielles dans l'île", a-t-il souligné.M. Jugnauth a dit qu'il laisse le pays entre de bonnes mains "car M. Bérenger est un homme de conviction" qui "mérite pleinement de diriger notre pays vers plus de prospérité". Après son discours, le Premier ministre sortant s'est rendu à la Présidence pour remettre sa lettre de démission au président de la République, avant de démissionner comme parlementaire.Le nouveau Premier ministre, Paul Bérenger, prêtera serment à la salle Vaghjee, à Port-Louis, dans l'après-midi.M. Jugnauth a été magistrat dans les années 60, puis député et leader de l'opposition de 1976 à 1982. Il a ensuite occupé les fonctions de Premier ministre de 1982 à 1995 et de 2000 à ce jour.
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