EDITORIAL: LE PRESIDENT AZALI SERAIT prêt A ALLER AUX ELECTIONS

I

nterrogé par nos confrères de RFI, le Président Azali a affirmé qu’il était prêt à aller aux élections. Il a donné sa version sur le blocage actuel des institutions en expliquant qu’il résulte d’une interprétation abusive de la constitution. Il a expliqué que les Présidents des îles ont voulu exercer leurs compétences dès leurs élections. « Mais ce qu'ils oublient ajoute t-il, c'est que ces compétences-là ne peuvent être définies que par l'assemblée ».

Le raisonnement est acceptable sur un plan purement juridique mais contestable sur un plan politique.

Le dispositif constitutionnel des Comores est certes très compliqué. Le pays dispose d’une constitution de l’Union. Le comité chargé du suivi de l’Accord de réconciliation nationale de Fomboni a cédé à la forte pression des séparatistes qui exigeaient que chaque île dispose de sa propre constitution. Cette superposition de constitutions, n’a fait que compliquer le cadre politique et institutionnel du pays. Cette situation a engendré un bras de fer entre Azali, le Président de l’Union, et les autres Présidents des îles.

Le Président de l’île autonome de la Grande Comore, El Bak, exige les mêmes compétences que son collègue de l’île d’Anjouan, Mohamed Bacar. Il convient, en effet, de souligner que l’île d’Anjouan continue sa voie solitaire et séparatiste. L’autorité de l’Union est pratiquement réduite à néant dans       

  Sommaire :

 

POLITIQUE :

*  Interview du Président Azali

*  L’avocat franco-comorien Said Larifou libéré sous contrôle judiciaire

*  Un des français écroués aurait prôné un « soulèvement » à Moroni

*  Pas de mercenaires à Mohéli selon une source proche de l’enquête

 

ACTUALITES REGIONALES:

*  La France veut promouvoir le développement avec quatre pays d’Afrique dont les Comores

 

SOCIAL :

*  Fin des opérations de recensement de la population comorienne

 

BREVES :

*  La Chine va réhaniliter l’Aéroport Prince Said Ibrahim de Moroni

*  Le Président Azali a rencontré à Paris le ministre français de la Coopération

*  Une nouvelle publication dans les kiosques à Moroni

*  Les Verts demandent la libération de l’avocat franco-comorien Said Larifou

*  Vers l’ouverture d’une ambassade sud-africaine aux Comores

* Des médecins réunionnais à Mohéli

 

Suite de l’édito

 

cette île. Et le Président Azali a perdu son  autorité puisqu’il n’a jamais levé le doigt pour appeler ces dirigeants à faire preuve de  respect envers les prérogatives de l’Union et notamment tout ce qui touche à la diplomatie et aux relations avec les autres Etats.

Les comoriens doivent donc trouver les voies et moyens pour corriger les erreurs commises lors de l’adoption de ce nouveau dispositif institutionnel. Ce cadre passe en l’état actuel par l’élection d’une nouvelle assemblée.

Le Président Azali semble rejeter la responsabilité du blocage des institutions uniquement sur les Présidents des îles. Une analyse objective et honnête de la situation montre que les responsabilités sont partagées.

Le Président Azali devrait donc avoir la modestie de reconnaître sa part de responsabilité sur le blocage actuel qui est vraiment préjudiciable pour le développement économique et social du pays. La conférence des bailleurs des fonds qui devrait permettre au pays de bénéficier d’une aide significative de la communauté internationale compte tenu de ce blocage n’a pas pu se tenir.   

Nos amis et voisins malgaches ont réussi à organiser dernièrement une conférence à Paris qui permettra à Madagascar de bénéficier de nombreuses aides et relancer ainsi de nombreux projets investissements.

Au cours de cette interview, le Président Azali n’a fixé aucune date concernant la tenue des élections législatives. Lors d’un séjour à la Réunion au mois d’Octobre 2002, le Président Azali avait annoncé à une délégation du Collectif pour la défense de l’unité et de l’intégrité territoriale des Comores que les élections devraient se tenir avant la fin de l’année 2002. Il est vraiment regrettable que le dossier concernant la date des élections législatives n’a pas du tout avancé en l’espace d’un an. Et pourtant, l’OUA s’est beaucoup impliquée pour aider les Président de l’Union et des îles à trouver un compromis afin que les élections se fassent rapidement.   

Le Président Azali explique qu’il se bat pour la réalisation de plusieurs projets d’investissement et notamment dans le domaine de l’énergie et la construction d’une Université. Ces projets sont en soi louables. Mais leur réalisation exigera une stabilité politique ainsi qu’un soutien technique et financier de la communauté internationale. Alors, M. Azali, « il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ».

 

La Rédaction

 

LA UNE :

INTERVIEW DU PRESIDENT AZALI AUPRES DE NOS CONFRERES DE RFI « Même demain, je suis prêt a aller aux elections »

Que s'est-il passé exactement ces derniers jours à Moroni ? Y a-t-il eu tentative de coup d'Etat ou non ?

 

Tout a fait. Il y a eu tentative de coup d'Etat. Des gens ont été interpellés, ils sont gardés à  vue; comme toute justice normale, la justice fait son travail. Il y a une ordonnance qui a été sortie pour les inculper. Ils ont fait appel. Et la chambre d'accusation va statuer.

 

Vous faites allusion à Saïd Larifou emprisonné à Moroni avec Philippe Verdon et Pascal Lupart, deux Français. Ils sont soupçonnés d'atteinte à la sûreté de l'Etat, quelles sont les preuves contre eux ?

 

On fait tous les efforts possibles et imaginables pour que la justice fasse son travail aux Comores et ce que moi je fais…, je veille toujours à ce que toutes les garanties soient là. Donc j'ose espérer que Larifou, en tant qu'avocat, aura toute une batterie d'avocats pour aller le défendre.

 

Est-ce que Saïd Larifou, un civil, un avocat qui a plaidé contre Bob Denard en 1999, a réellement le profil d'un putschiste ?

 

Ce n'est pas seulement les militaires qui font les coups d'Etat. Aux Comores, même parmi les tentatives qu’il y a eu, beaucoup d’entre elles ont été dirigées par des civils. Donc, c'est pour vous dire que militaires-civils … je ne pense que cette coloration a un objet particulier. Il y a eu tentative, donc la justice a jugé nécessaire qu’il y a des éléments pour interpeller des gens, les gens sont interpellés. Je pense que maintenant que ce soit Larifou, Abdou ou Madi, c’est à lui maintenant de se défendre vis-à-vis de la justice.

 

Vos opposants disent que votre régime a fait arrêter Saïd Larifou parce que justement il commençait à devenir vraiment populaire; 1.500 manifestants, c'était sans précédent ?

 

Non, non ! Ce n'est pas les chiffres qui m'intéressent. Les chiffres qui m'intéressent, ce sont les chiffres de la croissance, de l'inflation et pas des chiffres des manifestants. Tout ce que je peux vous dire c'est qu’aux Comores et je suis bien placé pour le dire, il n'y a jamais eu de faux coups d'Etat. Ça, je suis bien placé pour le dire puisque j'étais chef militaire. Mais je ne vois pas l'intérêt que j'aurais à créer une tentative de coup d'Etat. Pourquoi faire ?

 

L'intérêt c'est fort justement de pouvoir associer un opposant à des mercenaires blancs et pour pouvoir le stigmatiser, pouvoir l'écarter tout simplement de la course au pouvoir !

 

Peut-être c’est l'intérêt des autres ; mais moi, ce n'est pas ma pratique. Moi ce qui m'intéresse c'est gérer le pays ; essayer de renouer avec la communauté internationale, politique économique. Et je crois que le plus important c'est d'orienter les gens vers le développement.

 

1.500 manifestants dans les rues ne révèlent pas tout de même un mécontentement à Moroni. Dans ce cas, est-ce qu'une réponse purement judiciaire suffit ?

 

Moi j'ai un dossier " énergie", j'ai un dossier " universitaire ". Je vais ouvrir une université pour la première fois. Vous voyez, voilà ma réponse. C'est les projets de développement. Parce que je vous l'ai dit, la tentative, il y en aura.

 

On vous reproche de bloquer les institutions et de refuser le partage du pouvoir ; êtes-vous favorable à la tenue des élections législatives le plus rapidement possible ?

 

Absolument, Madame, si demain les élections devraient être convoquées, je suis prêt à signer le décret pour convoquer les électeurs. Même demain, je suis prêt à aller aux élections.

 

Alors, qu'est-ce qui bloque ?

 

Bien, ce qui bloque c'est une interprétation abusive de la constitution. De quoi s'agit-il? Dès que les présidents des îles sont venus, ils veulent des compétences. Ce que l’on peut, en soi, comprendre. Mais ce qu'ils oublient c'est que ces compétences-là ne peuvent être définies que par l'assemblée. Autrement dit, ils ne peuvent avoir de compétences légalement et légitimement que par rapport à l'assemblée. Donc, on doit tous s'atteler à l'élection de l'Assemblée. On a une crise très profonde. Je crois qu'il ne faut pas se focaliser les élections législatives qui ne sont pas tenues, il faut voir d'où on vient. Il faut voir qu'en un an, on a fait ce que d'autres, pendant cinq, dix ans, n'ont pas fait.

 

Cet été, vous avez annoncé la taxation sur le riz pour financer une université. Pourquoi avoir taxé le riz, le produit de base de la population ?

 

 Justement, c'est ce produit-là qu'il faut taxer. La base, parce qu'il faut que tout le monde participe.  Je vous dis, le mécontentement ce n'est pas la population ; c'est Larifou qui était mécontent. Si la population était mécontente, elle n'avait pas besoin d'attendre Larifou. Elle a tous les moyens de protester. Je vais vous dire que la population comorienne, elle, n'a pas manifesté aucun mécontentement par rapport à cette hausse du riz.

 

Donc c'est Saïd Larifou qui a entraîné des milliers de personnes dans la rue ?

 

Non. C'est faux. C'est Larifou qui est mécontent, lui-même. On peut toujours entraîner des gens mais la preuve en est que la population comorienne, elle, était sereine avant Larifou ; maintenant, elle est sereine.  Vous pouvez le constater sur place.

 

Reparlons de votre voyage aux Etats-Unis. Que vous ont demandé les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ?

 

Ils ont demandé beaucoup plus de vigilance, beaucoup plus de prudence par rapport aux pays de la région pour essayer ensemble de faire en sorte que les terroristes ne se baladent pas, qu'ils puissent être traqués. On a discuté de la coopération entre nos services, bien sûr, au-delà de la coopération contre le terrorisme, on a parlé de la coopération bilatérale.

 

Depuis le 11 septembre, un tournant s'est opéré dans les relations entre Washington et les Comores ; ce rapprochement avec Washington, est-ce qu'il ne risque pas d'être mal perçu par Paris ?

 

Ce qui est vrai c'est que la France étant un partenaire historique, le premier partenaire économique des Comores, nous n’allons pas jouer ce jeu dangereux de privilégier l'un par rapport à l'autre. Nous avons des intérêts qu'on trouve aussi bien vis-à-vis des Français que vis-à-vis des Américains.

 

Source Al-watwan n°798 du 10/10/03

 

 

POLITIQUE :

L’AVOCAT FRANCO-COMORIEN SAID LARIFOU LIBERE SOUS contrôle JUDICIAIRE

L
'avocat et homme politique franco-comorien Saïd Larifou, président du parti d'opposition Ridja, a été remis en liberté mercredi 15 octobre en début de soirée et placé sous contrôle judiciaire, a constaté la PANA à Moroni.
 
Ses compagnons de détention, les Français Pascal Lupart et Philippe Verdon, sont restés en détention. Les trois hommes sont accusés par la justice comorienne d'"attentat à la sécurité de l'Etat et déstabilisation", rappelle-t-on.
 
L'avocat de l'opposant, Me Fahmi Saïd Ibrahhim, s'est déclaré surpris que MM. Verdon et Lupart restent maintenus en prison alors qu'il leur est reproché les mêmes faits qu'à Saïd Larifou, tout en se disant heureux de la libération de son client.
 
Aux termes de l'ordonnance de sa mise en liberté, Saïd Larifou, qui est assigné à résidence, ne pourra pas s'adresser aux journalistes, ni rencontrer des hommes politiques ou quitter l'île de la Grande-Comore.
 
Arrêté le 22 septembre dernier, Me Larifou aura passé au total 21 jours de détention provisoire, compte non tenu d'une garde à vue de 48 heures, après avoir été inculpé le 24 septembre par la juge
Thanay Tasmine pour "complot et atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat".
 
La libération du président du Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie) est intervenue suite à la requête de son avocat qui a qualifié de "contestables" les conditions de sa détention.

 

LES ENQUETEURS VEULENT TOUT SAVOIR SUR LE PARTI RIDJA

L
es autorités comoriennes "cherchent à tout savoir" sur la vie du parti d'opposition Ridja, a affirmé vendredi 10 octobre à Moroni le secrétaire national de cette formation, Ahmed Achrafi, qui a récemment subi un long interrogatoire dans les locaux de la gendarmerie.
 
"D'après l'interrogatoire que j'ai subi à la gendarmerie, où j'ai été gardé pendant près de 12 heures, les enquêteurs voulaient tout savoir de la vie du parti", a confié à la PANA M. Achrafi, qui assure l'intérim de l'avocat Saïd Larifou , actuellement détenu à la prison de Moroni.
 
M. Achrafi, qui avait été interpellé puis relâché mercredi 10 octobre , a affirmé, évoquant les conditions de détention de Me Larifou, qu'il a été possible de lui faire parvenir un matelas, mais qu'il lui a été refusé de pouvoir disposer d'une chaise. "Je suppose donc qu'il s'assoit à même le sol, mais à la vérité il ne m'a pas été donné de voir sa cellule", a-t-il ajouté.
 
Selon lui, le patron du Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie) s'est vu refuser la visite d'un dermatologue -qui n'est autre que le ministre de la Santé de l'île de Ngazidja, le Dr Tadjiri, seul spécialiste des maladies de la peau dans les trois îles.
 
De son côté, Assoumani Saadi, ancien conseiller du président Azali, aujourd'hui en rupture avec ce dernier, déclare regretter ce qui arrive à Me Larifou parce que, a-t-il estimé, "cela va décourager les amis des Comores qui veulent nous soutenir malgré
les difficultés".
 
L'opinion n'a eu connaissance d'aucune preuve tangible pour étayer l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat dont il est poursuivi, a-t-il encore dit, ajoutant: "cela n'est pas dans l'intérêt du pays de donner à chaque fois l'image d'une république bannière".
Il y a quelques jours, l'ancien Premier ministre Ali Mroudjae a été placé en garde à vue simplement pour avoir pris la parole dans un meeting de l'opposition, tandis qu'avant lui, des journalistes ont été emprisonnés, a déploré M. Saadi, ajoutant que de tels faits ternissent l'image du pays et sa respectabilité.

 

 

LE RIdja veut poursuivre jeune afrique-L’ INTELLIGENT POUR CALOMNIE

 

L
e secrétaire général du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja, opposition), Achirafi Ahamed, a vivement protesté vendredi contre ce qu'il qualifie de "calomnies" portées contre son leader Saïd Larifou, par les publications "Jeune Afrique-L'Intelligent" et "Comores Aujourd'hui".
 
Lors d'un point de presse tenu vendredi 17 octobre, deux jours après la libération conditionnelle de Saïd Larifou, M. Ahamed a précisé que son parti va porter plainte contre les deux publications pour calomnie, ajoutant que le Ridja "se battra jusqu'à la libération complète de son chef et usera de tous les moyens juridiques possibles en sa possession pour que Me Larifou soit lavé de tout soupçon".
 
Exprimant sa satisfaction de voir le président du parti retrouver sa liberté, "même si elle n'est pas encore complète", le Ridja, a ajouté Achirafi Ahamed, "maintient son exigence de voir le gouvernement revenir sur sa décision de faire monter les prix".
 
"Ce serait un grand geste politique pour le gouvernement, ce serait une grande fierté pour lui qui aurait à dire au monde entier qu'il écoute son peuple", a ajouté le numéro deux du Ridja.
 
Dans son dernier numéro, le magazine panafricain Jeune Afrique-L'Intelligent présente Saïd Larifou comme un homme qui s'est fait connaître en se plaçant en troisième position lors de sa première participation à un scrutin présidentiel, en février 2002.
 
"Depuis, il combat le régime en place, privilégiant l'action pacifique et non violente sans toutefois faire mystère de sa volonté de renverser le président Assoumani Azali", écrit le magazine basé à Paris.

 

 

 

UN DES Français ecroues AURAIT PRONE un « SOULEVEMENT » A MORONI

U

n des deux ressortissants français écroués à Moroni pour "attentat à la sécurité de l'Etat", avec l'opposant Saïd Larifou, aurait prôné un "soulèvement populaire" dans une conversation enregistrée à son insu, a-t-on appris samedi 4 octobre de source proche de l'enquête.

"L'objectif aujourd'hui, c'est que le peuple comorien prenne le pouvoir", déclare un homme, présenté par les enquêteurs comme Philippe Verdon, dans une conversation avec un officier de l'armée comorienne, le commandant Combo Ayouba, enregistrée sur une cassette qu'un correspondant de l'AFP a pu écouter rapidement.

Il faut "que l'armée pactise avec la population", ajoute l'homme présenté comme Philippe Verdon.

Cela doit être "une opération comoro-comorienne (...), un soulèvement populaire", car "les coups d'Etat ne sont plus dans l'air du temps", poursuit-il.

Philippe Verdon est écroué depuis le 24 septembre à Moroni pour "attentat à la sécurité de l'Etat, déstabilisation, et incitation à la violence", avec un autre Français Pascal Lupar et l'opposant franco-comorien Saïd Larifou.

Ce dernier dirige le parti Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie), qui avait organisé mi-septembre des manifestations pour dénoncer la cherté de la vie.

L'enregistrement de la cassette n'a pas encore été versé au dossier, selon une source proche de l'enquête, mais serait considéré par les autorités comoriennes comme la preuve la plus compromettante contre Me Larifou et les deux Français.

Le président de l'Union des Comores, le colonel "Azali (Assoumani) est parti pour trois semaines, certains officiers de l'armée sont absents, il y a une situation propice", affirme encore dans la cassette l'homme présenté comme Philippe Verdon.

"J'ai vraiment le pressentiment qu'une opportunité se présente, ce serait dommage qu'on la rate", ajoute-t-il.

Les indications contenues dans la cassette laissent penser que l'enregistrement a été effectué le 20 septembre, la veille de l'arrestation de Philippe Verdon.

Dans l'enregistrement entendu par le correspondant de l'AFP, Me Larifou n'est mentionné à aucun moment comme le bénéficiaire de l'opération de "soulèvement populaire" envisagée.

L'homme présenté comme Philippe Verdon dit encore ne pas être envoyé par la France, ancienne puissance coloniale, mais être "en relation avec l'exécutif français". Lors de son interrogatoire, Philippe Verdon aurait reconnu avoir rencontré un officier comorien sans en informer Saïd Larifou, selon une source proche de l'enquête.

Il aurait également déclaré être venu "seulement pour soutenir Me Larifou, prendre les devants pour faire croire aux Comoriens que la France était derrière lui".

Saïd Larifou, actif défenseur des droits de l'Homme, a déclaré tout ignorer de cette rencontre, selon son avocat comorien Me Fahmi Said Ibrahim.

Parallèlement à cette affaire, Mohamed Said Fazul, le président de Mohéli, l'une des trois îles de l'Union des Comores, a confirmé samedi la présence sur son île d'un groupe de personnes soupçonnées d'être des mercenaires. Il n'a pas écarté la possibilité qu'il puisse y "avoir un lien entre ce qui se passe à Mohéli et l'affaire Saïd Larifou".

 

 

PAS DE MERCENAIRES A MOHELI SELON UNE SOURCE PROCHE DE L’ENQUETE A MORONI

I

l n'y a pas de mercenaires sur l'île de Mohéli, dans l'Union des Comores, comme l'avait affirmé la semaine dernière le président de cette île, Mohamed Said Fazul, a assuré lundi 6 octobre à l'AFP une source proche de l'enquête.

"Il s'agit d'un faux, tout cela est archi-faux", a affirmé cette source qui a requis l'anonymat.

"Nous avons relevé plusieurs contradictions" dans les déclarations du chauffeur du taxi-brousse qui avait affirmé avoir été pris en otage le 2 octobre par des hommes armés, à une dizaine de kilomètres à l'entrée sud de Fomboni, la capitale de Mohéli, a-t-il ajouté.

 

Le chauffeur a été de nouveau entendu lundi matin et "devrait être transféré devant le Parquet mardi 9 octobre au plus tard", a précisé le président de l'île, Mohamed Said Fazul, contacté par l'AFP. "C'est vrai qu'il (le chauffeur) a menti, mais il a menti pour déstabiliser, donc il faut continuer les enquêtes", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, l'armée avait mené, en vain, des ratissages à Mohéli à la recherche d'un groupe de huit personnes, "sept Européens et un Noir", soupçonnées d'être des mercenaires selon le président Fazul.

 

En décembre 2001, des mercenaires avaient débarqué sur Mohéli. Plusieurs d'entre eux avaient été abattus et les autres avaient été arrêtés.

Le chauffeur, qui avait affirmé dans un premier temps que son véhicule et lui avaient été pris en otage par des mercenaires à Mohéli, est revenu sur ses déclarations dans le dossier dit des "mercenaires", a indiqué le procureur de la République à Mohéli, Soilih Mahamoud, joint au téléphone mardi 7 octobre par la PANA.

Cet homme a été placé "en détention provisoire" depuis lundi au motif que le parquet de Fomboni le soupçonne d'avoir diffusé des fausses nouvelles, a indiqué le Parquet.

De même source, on indique que ce chauffeur a reconnu avoir dit à un ami que s'il rencontrait des mercenaires, il ne verrait pas d'inconvénient à les prendre à bord dès lors qu'ils paieraient la course.

 

Il aurait également confié à cet ami qu'il répandrait avoir été pris en otage par des mercenaires pour faire peur aux militaires stationnés à Mohéli.

 

S'il reconnaît la première confidence, le mis en cause nie en revanche avoir jamais exprimé une quelconque intention de faire peur à l'armée, d'après le procureur qui le trouve tout de même "inconstant" puisqu'il change de version d'une minute à l'autre.

 

Il règne, en ce moment, une certaine psychose à Mohéli depuis qu'une rumeur sur la présence de mercenaires se fait de plus en plus persistante dans l'île, au point d'avoir été relayée par le président de l'île lui-même, Said Mohamed Fazul.

 

Réagissant à cette rumeur, le président de l'île autonome de Ngazidja (Grande-Comore),  Mzé Abdou Soulé El-Bak, a déclaré à la PANA que "toutes les informations dont (il) dispose donnent à croire que cette histoire est fausse".

 

Pour le président El-bak, cette histoire n'est rien d'autre qu'une vaste "opération de manipulation" imaginée par des hauts responsables pour faire diversion.

 

Contacté par la PANA, le ministre d'Etat, ministre de la Défense, Hamada Madi Boléro, a dit reporter toute déclaration éventuelle sur cette affaire à "un peu plus tard".

 

 

 

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SOCIAL

FIN DES OPERATIONS DE RECENSEMENT DE LA POPULATION COMORIENNE

L
es opérations de recensement général de la population comorienne, qui ont démarré à la mi-septembre, ont pris fin lundi 20 octobre avec le dénombrement des membres de la famille du président de l'union des Comores, le colonel Azali Assoumani.
 
"Je n'ai pas choisi de me faire recenser en dernier. Les devoirs de ma charge m'avaient conduit en mission à l'étranger au moment où débutait le recensement. L'essentiel étant fait, je souhaite que ce recensement serve utilement au développement socio-économique des Comores", a déclaré le colonel Azali à la PANA.
 
Le chef de l'Etat prenait en effet part à la 58è assemblée générale des Nations unis à New York lorsque débutait ce recensement général de la population et de l'habitat aux Comores.
 
Lors de la dernière opération du genre, effectuée en 1991, il fut dénombré sur l'ensemble des îles de la Grande-Comore, d'Anjouan et de Mohéli, une population totale de 453.184 habitants contre 335.150 onze ans plutôt (1980), soit une évolution démographique de 2,8% par an par rapport.
 
Ce taux d'accroissement naturel de la population est en recul par rapport à la période inter censitaire précédente, c'est-à-dire entre le recensement de 1958 et celui de 1980 où il était de 3,3%.
 
L'avant-dernier recensement a révélé une forte concentration de la population en Grande-Comore, qui abritait 52% de la population totale, suivie de l'île d'Anjouan (42,5%), tandis que Mohéli n'abritait que 5,5% des Comoriens.
 
En 1991, on avait relevé une densité nationale de 244 habitants/km², Anjouan détenant le record en la matière avec 454 habitants/km², alors qu'à Mohéli, la densité était de 86 habitants seulement au kilomètre carré.
 
A l'issue du même recensement, on a appris que le pays était caractérisé par une forte fécondité (7 enfants par femme), que l'espérance de vie était de 56 ans à la naissance et que 35% de la population avait moins de 20 ans.
 
"Il est impératif que nous maîtrisions notre démographie, notre population ne cesse de croître alors que le territoire ne s'élargit pas", a notamment déclaré un fonctionnaire du Commissariat général au plan.
 
La superficie totale des Comores, Mayotte non comprise, est de 1.861 km², la Grande-Comore couvrant à elle seule 1.147 km², le reste étant réparti entre Anjouan (424 km²) et Mohéli (290 km²).
 
L'île de Mayotte, sous administration française depuis 1975, n'a pas été prise en compte dans ces recensements. En 1985, on y dénombrait une population totale de 67.998 personnes contre 47.246 en 1978.
 
Le financement du recensement, d'un montant de 1,3 million de dollars, a été assuré par le PNUD, le FNUAP, l'Union européenne et la Banque mondiale, qui a consenti un prêt de 500.000 dollars au gouvernement comorien.
 

 

DEBATS ET OPINIONS LIBRES :

L’opposition déconstruite aux COMORES sous les affres de la misere materielle

P

lus d’un demi-siècle après le naissance, la plupart des pays africains indépendants continuent de vivre sous le règne de l’arbitraire.

L’Etat de droit , ayant disparu de fait, même s’il est maintenu en apparence.

C ‘est le cas des Comores avec plus d’un quart de siècle de décolonisation tardive suivie d’une dégradation des conditions de vie, et d’un recul de la vie politique. L’échec de la démocratie dans l’Afrique francophone indépendante est très récurrent au regard des autres continents du tiers-monde où la démocratie est en marche de manière progressive. Avec le recul du temps, on peut constater que les années de colonisation de notre continent étaient néfastes sur tous les plans, mais essentiellement dans le domaine économique et politique. Il n’y a pas eu à l’occasion un apprentissage de la démocratie pendant la période coloniale, en Afrique francophone, il y a eu des simulacres de pouvoirs démocratiques.

C’est un grand déficit qui, en réalité, ouvre la voie à une sorte de chaos qui n’existe nulle part ailleurs. On peut noter qu’aux Comores et même au niveau du Continent, l’Etat-nation ne signifie rien pour nous, l’Etat africain n’est même pas une réalisation véritable de l’Etat-nation, c’est un avatar, une séquelle du système colonial. Cependant, étant donné qu’au XXéme siècle , il existe une relation de réciprocité entre la nation et l’Etat, tous les pays, qu’ils appartiennent à l’une ou à l’autre catégorie, continuent de vivre les deux crises jumelles de l’identité et de l’autorité à l’époque postcoloniale. La désagrégation de la république fédérale des Comores, sur fond de crise séparatistes, de misères socio-économiques et la naissance de l’union des Comores sous les décombres de cette dernière ne facilite pas l’existence d’une opposition politique ; mais continue de la bâillonner comme dans le passé avec les gouvernements successifs.

Les libertés fondamentales avaient été supprimées sous le règne d’Ali SOILIHI( 1975-1978), restaurées artificiellement sous Ahmed ABDALLAH(1978-1989) et contrôlées mollement sous DJOHAR et TAKI.

L’opposition comorienne est tout temps muselée et fortement réprimée surtout la période qui couvre 1975 à 1989. Nombres d’intellectuels comoriens, en particuliers des enseignants jugés subversifs sont privés de leur emploi et/ou exilés dans des postes où ils ne pouvaient donner la mesure de leurs compétences. Ces pratiques répressives étaient monnaie courante sur la période d’Ahmed ABDALLAH, un peu moins aujourd’hui.

Les médias surveillés, ne peuvent diffuser que les thèses officielles tandis que la censure s’exerce à l’intérieur et au frontière empêchant l’entrée toute publication suspecte aux yeux des autorités en place. Ce constat flagrant, de plomber les médias à coup d’arrestation des journalistes et d’accusation sans fondements présage des années difficiles dans l’avenir pour l’opposition comorienne. Par soucis de prétendre maintenir l’intégrité de l’Etat-nation, les gouvernants de l’Afrique en général, et des Comores en particulier s’opposent à toute action centrifuge en luttant contre les aspirations identitaires et les revendications catégorielles qui menacent leur position.

Aux Comores de tout temps, la lutte pour le pouvoir met aux prises le président en exercice et un groupe d’opposants résidant à l’extérieur pour organiser la résistance. Pour se maintenir au pouvoir, très longtemps, Ahmed ABDALLAH allait consolider sa situation par l’emploi de mercenaires « Les affreux » recrutés en Europe.

Avec l’union des Comores, on assiste à un changement de continuité dans les gouvernements des îles ainsi que celui de l’union.

Dès leur installation au gouvernement, nombre de dirigeants développent des formes de clientélisme afin de s’assurer un soutien populaire dont ils trouvent également la base dans leur région ou île. Disposant des caisses de l’Etat, la plupart d’entre eux assoient leur suprématie sur l’octroi d’avantages financiers et honorifiques tout en accroissant leur propre richesse. Cet usage fut érigé à l’état de système par les gouvernements autocratiques qui ont pratiqué largement la « politique du ventre ». Ces pratiques destructurent la vie politique et provoque la déconfiture de l’opposition.

La patience et le combat politique pou une alternance future ne sont pas une priorité pour les opposants comoriens. La pratique de la pantalonnade pour une survie pousse certains parmi eux à regagner les couloirs du pouvoir car les affres de la misère matérielle sapent le moral aux plus résistants. L’absence à l’intérieur des Comores et à l’extérieur d’une opposition structurée et bien organisée pour une alternance dans les années à venir desepère lamentablement l’avenir de l’archipel. Il revient à la société civile, au pays, au monde associatif comoriens à l’étranger de constituer une force de contre poids pour alerter les institutions internationales ou continentales(O.N.U, U.E, U.A) de l’état de misère et du non respect des libertés fondamentales auxquels les Comores  se trouvent aujourd’hui.

L’insularité des Comores est un facteur positif pour les gouvernants actuels car toute guerre civile sera étouffée ou réprimée dans le sang et la population ne peut se déplacer par voix terrestre pour attirer l’opinion international comme c’est le cas dans les conflits africains (Libéria et Cote d’Ivoire).

L’historien a peut être un point commun avec la sorcière : il aimerait pouvoir prédire l’avenir.

Le XXIéme siècle sera-t-il plus chaotique pour les Comores que le XXème siècle ou plutôt politique et économique dans la mesure ou ces deux notions ne fonctionnent pas du tout aux Comores ?

La réponse demeure évidemment inconnue.

 

Mohamed Ibrahim Mihidjay

Professeur certifié : Académie de Lyon

 

 

POINT DE VUE CONCERNANT LA CONSTRUCTIOND D’UNE UNIVERSITE AUX COMORES

Le projet de l’université est-il la priorité actuelle du pays ou représente t-il un ultime moyen pour espérer se faire une santé politique et financière ? Un Kilogramme de riz peut-il financer une université ?

 

Le projet de l’université semble être décidé par le camp Azali et une campagne fortement médiatisée est ouverte pour impressionner les Comoriens. A entendre en parler et défendre par les ténors du régime de la pseudo-union on pourrait être amené à penser qu’il s’agit là d’un projet extraordinaire hors du commun, en même temps la médiatisation donnée à ce projet pourrait inquiéter plus qu’un. Les plus pessimistes au régime pourrait même se demander si un souffle et une santé électoral du régime Azali ne sont pas recherchés à travers ce grand projet national à l’annonce des prochaines élections législatives. En revanche, au-delà de son aspect politique, ce projet ne mérite t-il pas un débat national pour mieux cerner ses contours ? Car ne s’agit-il pas en réalité de la question du système d’enseignement supérieur comorien d’une manière générale qui est posé à travers l’idée de l’université ? Si tel est le cas où en est-on avec l’enseignement primaire et secondaire ? Ne faut-il pas commencer par consolider ces derniers ? Beaucoup de questions de même nature reviennent à l’esprit des comoriens en parlant de l’université, à commencer par la question des professeurs et des enseignements dispensés en passant par le budget de fonctionnement de cette grande institution. Si des institutions politiques existaient, un débat à l’assemblée aurait eu tout son importance car on aurait assisté à un débat national sur un sujet qui concerne tous les Comoriens, au lieu que l’on observe simplement son improvisation par des mesures fiscales injustes qui alourdissent la vie quotidienne des comoriens. Paradoxalement, comme si le système politique actuel en avait besoin pour survivre, le pays reste depuis bientôt cinq ans sans institutions politiques, alors même qu’une constitution est votée pour diriger la nouvelle configuration de l’archipel. On assiste à un pays dirigé par un exécutif de l’union, court-circuitant tous les pouvoirs des îles, sans pouvoir législatif et sans pouvoir judiciaire par ce que celui-ci dépendant d’un procureur directement nommé pour servir le président de l’union. Ainsi, on se demande compte ténu de la situation politique actuelle si les priorités du pays se situent dans la construction de cette université ou bien si elles se situent d’abord sur la stabilité politique et institutionnelle du pays. Une stabilité sans laquelle aucune véritable initiative de progrès ne peut être mise à profit du pays.                  

 

Quels en sont les moyens et les objectifs de l’université ?

L’idée paraît séduisante en soit, elle est même porteuse d’une santé politique au régime quand on voit à quel point elle est arguée pour justifier la hausse des prix des produits de première nécessité des citoyens comoriens. A la question de savoir si l’idée de l’université est-elle la priorité on peut être amené à répondre à chaud par un oui volontaire compte tenu des difficultés rencontrées par les bacheliers pour s’inscrire aux universités étrangères, néanmoins on relève quelques nuances et quelques interrogations qui inquiètent les pessimistes à la réalisation du projet. Parmi elles figurent d’une part la question fondamentale des enseignements dispensés et des professeurs susceptibles de dispenser ces enseignements. Quelle université pour quel budget, et quel type d’enseignement pour atteindre quel but? Quels sont les choix du gouvernement de l’union en matière de projet de développement de notre pays ? En fonction de ces choix quels sont nos besoins immédiats et avenir en matière de formation et d’éducation des jeunes ? L’université a t-elle une mission précise par rapport aux besoins immédiats ou avenir du pays ? Le pays en a t-il investi pour préparer les professeurs nécessaires pour enseigner dans cette université contrairement à ce qu’avaient fait les promoteurs de l’école nationale supérieure de Vouni, de l’école nationale de santé de Moroni, et de l’école nationale des instituteurs de Mutsamudu au sein desquelles les enseignements étaient dispensés en majorité par des étrangers ? Ainsi, on s’aperçoit bien que la question des objectifs de cette grande institution doive trouver une réponse, aussi on s’en rend compte que le choix des enseignements dispensés est inséparable aux projets du pays en matière de développement économique, politique et sociale. Pour toutes ces raisons il est essentiel qu’un débat ait lieu dans un environnement politique apaisé et que les choix du pays en matière de financement soit intelligemment étudiés.

Et la question fondamentale des institutions politiques  est reléguée au second rang

Mis à part tous ces questionnements qui sont sans réponses à ce jour, l’inquiétude des comoriens repose sur le flou artistique qui caractérise la situation politique du pays. Le désaccord très flagrant qui existe entre le pouvoir de l’union et les pouvoirs des îles autonomes pour mettre en place les institutions politiques du pays. L’intransigeance du pouvoir de l’union de contrôler tout le pays, et toutes les sociétés juteuses de l’Etat, conditionne ce désaccord qui prend des dimensions à la limite du tolérable. Le péché originel de cette situation remonte à plus d’un an lorsque le pouvoir politique comorien à la quasi-unanimité, en adoptant une constitution de blocage, croyait pouvoir se frayer un chemin pour se débarrasser du pouvoir du dictateur. Le départ du dictateur était le préalable, et toute solution pouvant aboutir à ce résultat devrait être utilisée y compris l’extrême solution qui a aboutit à l’adoption d’une constitution de division. Aujourd’hui, la constitution de blocage est adoptée, Azali s’accroche au pouvoir et il en fait de la nouvelle constitution un outil pour semer une confusion politique sans issue. Une politique de chaise vide reste la panacée du gouvernement de la pseudo-union et les arrestations arbitraires pour tentative de coups d’état ses seuls moyens de défense. Comme si le résultat escompté par le pouvoir de la pseudo-union, c’était d’aboutir à un blocage pouvant ramener les Îles à se séparer définitivement. Et cette situation est très probable, d’autant plus probable que lors du dernier discours du 03 août du Président de l’île d’Ajouan, Mohamed BACAR, celui-ci parlait je cite " d’une  union en cours " C’est à dire que l’union adoptée à travers la constitution actuelle peut être mise en cause à tout moment. Donc, de ce point de vue, si une priorité existait aux Comores ce ne serait pas en tout cas celle de l’université, mais celle de la stabilité politique du pays, celle du respect des institutions, et celle du respect de la démocratie et de la chartre des droits de l’homme et des citoyens. Le gouvernement de la pseudo-union fait tout le contraire, et il adopte une politique de surenchère en mettant en avant des projets, telle l’université, susceptibles de détourner l’opinion sur les choses essentielles. En même temps on assiste à une augmentation des prix des produits de premier nécessités et la justification se trouve dans la construction de l’université, selon les propos du ministre de l’union délégué aux finances. Pourtant, le pays a connu une santé économique avec une croissance du PIB moyenne de 2% depuis les cinq dernières années. Où se trouvent cachés les fruits de cette croissance ?

Une hausse des prix était-elle nécessaire pour financer cette université ?  

Le résumé de la politique économique du gouvernement de la pseudo-union est une phrase : demander toujours plus de participation au plus démunis, ceux qui ont du mal à subvenir aux besoins minimums de la vie. En effet, la hausse du prix du riz, du transport, du pain etc. est un mauvais calcul économique qui justifie la politiques économiques aux abois du régime Azali. A chaque fois que le régime veut renflouer les caisses pour fiancer ses voyages, il s’en prend aux plus démunis. Paradoxalement, ces mesures ne font que casser le pouvoir d'achat des ménages, ralentir la consommation, et stopper le rythme de croissance déjà en baisse de l’économie. A l'opposé de ce que font les autres pays, le gouvernement Azali, au lieu de soutenir la croissance, il est entrain d'étouffer l'économie comorienne, alors qu'il n'a pas été en mesure de profiter de la croissance économique de ces cinq dernières années, pour faire des économies, baisser le chômage et investir dans des projets de développement. Est-il nécessaire de rappeler que dans ces 5 dernières années la croissance était au rendez-vous aux Comores comme partout ailleurs dans le monde: 1,2 en 98; 1,9 en 99; -1,1 en 2000; 1,9 en 2001; 2,5 en 2002. En même temps nos produits d’exportations se vendaient bien. La reprise du cours du prix de la vanille depuis 1998 après l’épuisement du stock mondial de 1997, le prix d'un Kg atteignait 6000 FC en 2001 contre 1500 FC en 1997; De même le prix du girofle a connu une hausse considérable depuis 1999 suites à l'effondrement des plantations indonésiennes. Le prix du KG atteignait 3000 FC contre 235 FC en 1998. L'appréciation du dollar aussi a contribué à cette croissance. D’autres raisons existent, car en 2001 un accord de pêche de thon est conclu avec l'union européenne destiné aux programmes techniques et scientifiques pour le développement de la pêche comorienne. Ce programme fait rentrer dans les caisses de l'Etat des centaines de millions de FC. On ne parle pas du projet "269" qui fait rentrer une somme d’à peu près équivalente à celle des accords pêches. On ne veut pas non plus citer les plusieurs milliards de FC qui rentrent suite aux taxes douanières, à la consommation du pétrole, à la consommation du téléphone SNPT, à la consommation de l'électricité Mamwe etc.

Et les dépenses ?

Sous la présidence de Djohar, nous disions que les recettes douanières mensuelles, elles seules, suffisaient à couvrir toute la masse salariale des fonctionnaires qui était évaluée à environ 600 millions FC à l'époque. Tout le monde sait très bien que cette masse salariale mensuelle eut largement supérieure à celle comptabilisée aujourd'hui compte tenu de la baisse significative des salaires constatée depuis l'arrivée du dictateur. En 2001,cette masse salariale était évaluée à 526 millions FC au lieu de 600 millions FC en 1998, alors que pendant et avant cette période on n'a enregistré aucun flux financier entre Anjouan et Moroni, en période de crise séparatiste. Notre étonnement c'est que les dépenses n'ont cessé, cependant, d'augmenter pendant le régime du dictateur, passant par exemple, en millions de FC, de 17617 en 2000 à 22441 en 2001. En même temps l'inflation n'a cessé de croître: 3,5 en 98; 3,5 en 99; 4,8 en 2000; 5,9 en 2001 et elle a semblé être maîtrisée en décembre 2002 à 3%. Aujourd’hui le pays a perdu la maîtrise éphémère de cette inflation suite aux dernières mesures de hausse des prix et des taxes.

 

Le financement de l’université doit être recherché ailleurs

 

On voit bien que l’état dispose d’autres marges de manœuvres économiques pour financer cette université. Les preuves existent et la SNTP en a donné la démonstration en finançant à elle seule le projet du téléphone mobile à hauteur de 3 milliards de FC. Nous attendons impatiemment de la société des hydrocarbures, et de la société de l’eau et de l’électricité, Mamwe, des investissements analogues, dans le même domaine ou dans des domaines économiques différents. Cet exemple de la SNTP montre bien qu’il suffise d’imposer une gestion saine dans les sociétés d’Etat pour dégager des économies monstrueuses pour financer d’autres activités économiques. Nous attendons aussi des explications sur l’utilisation des recettes du projet « accord pêche », et du projet « accord 269. Il semblerait, selon les propos du ministre de l’union délégué aux finances, en réponse aux journalistes, à la question portant sur les dépenses exorbitantes de l’Etat, lors d’une conférence de presse, qu’un ministre ne peut pas marcher à pied. Certes, un ministre ne peut pas marcher à pied mais à condition qu’il remplisse sa mission de servir le pays, ce qui n’est pas le cas de nos ministres. En revanche, il serait respectueux, compte ténu de la situation économique du pays, que les ministres de la pseudo-union et les militaires donnent l’exemple et revoient à la baisse les dépenses exorbitantes de l’Etat. Les voyages inutiles qui ne rapportent rien à l’Etat doivent être revus à la baisse en mettant en place des moyens de communication de la nouvelle technologie actuelle, telle que la vidéoconférence, les courriers électroniques etc. De même les dépenses exorbitantes liées à la consommation du carburant, à l’achat des voitures de fonction de luxe, aux voyages privés, peuvent être revues à la baisse jusqu’à niveau minimal acceptable.

Aussi, tout ceci suppose que l’ultime question des institutions politiques soit résolue et que le gouvernement Azali, et tous les responsables du pays acceptent de s’engager définitivement vers une voie de paix politique, sans laquelle aucun projet sérieux ne peut être mis en oeuvre. Car cette paix conditionne le présent et l’avenir du pays. Si la paix revient le débat sur l’université sera ouvert et les moyens de la financer seront judicieusement étudiés par nos parlementaires. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de prendre des mesures injustes d’augmenter le prix du riz pour financer cette grande institution. Car un kilogramme de riz ne peut pas financer une université de façon durable.

 

Ahamadou MZE SOILIHI

Ingénieur, Paris

 

 

ACTUALITES REGIONALES : 

LA France VEUT PROMOUVOIR LE CO-DEVELOPPEMENT AVEC QUATRE PAYS D’AFRIQUE DONT LES COMORES

Le gouvernement veut mobiliser les migrants de quatre pays d'Afrique (Maroc, Mali, Sénégal et Comores) en faveur du développement de leurs pays d'origine dans le cadre d'une politique de "codéveloppement", a déclaré mercredi le ministre délégué à la Coopération Pierre-André Wiltzer.

 

Le gouvernement "a décidé de donner une plus grande ambition à sa politique de codéveloppement" en canalisant l'épargne des migrants vers l'investissement et en mobilisant "les élites des communautés étrangères en faveur du développement de leurs pays d'origine", a dit M. Wiltzer dans une communication en Conseil des ministres.

 

Le ministre de la Coopération, dont les propos ont été rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a souligné que la France accueillait quelque 3,3 millions d'étrangers en provenance des pays en développement. Il a indiqué que les fonds envoyés par les migrants dans leurs pays d'origine "représentaient des sommes considérables".

 

En liaison avec les banques, "des circuits financiers fiables et des incitations seront mis en place pour aider les migrants à réaliser des investissements dans leurs pays d'origine". Ce dispositif devrait être en place "courant 2004". D'autre part, M. Wiltzer a souligné la nécessité de "mobiliser" les milliers d'enseignants, médecins, chercheurs, ingénieurs, informaticiens formés en France "vers des actions de développement de leurs pays d'origine".

 

Ces deux programmes bénéficieront notamment de financements du ministère des Affaires étrangères.

 

Le choix du Maroc, du Mali, du Sénégal et des Comores est justifié par "l'importance, le degré d'organisation et le dynamisme des communautés en France, mais également par le souhait de leurs pays d'origine de les associer à leurs politiques de développement", a affirmé M. Wiltzer.

 

EXTRAIT : LE COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES

" Le Gouvernement a décidé de donner une plus grande ambition à sa politique de codéveloppement et d'ouvrir à cet effet deux programmes nouveaux : - le premier vise à canaliser l'épargne des migrants vers l'investissement : les fonds envoyés par les migrants dans leurs pays représentent des sommes considérables. En liaison avec la profession bancaire, des circuits financiers fiables et des incitations seront mis en place pour aider les migrants à réaliser des investissements dans leurs pays d'origine. Ces mécanismes et ces nouveaux produits financiers seront élaborés par les réseaux bancaires en partenariat avec les structures de coopération classiques et devraient être disponibles courant 2004 ; - le second s'appuie sur la mobilisation des élites des communautés étrangères en faveur du développement de leurs pays d'origine ; ces élites (enseignants, médecins, chercheurs, ingénieurs, informaticiens) rassemblent en France plusieurs milliers de migrants de haut niveau, formés dans les universités et les grandes écoles françaises. Il s'agit de les mobiliser, selon une démarche volontaire, de les aider à s'organiser et de les accompagner, en particulier à travers le monde associatif, vers des actions de développement de leurs pays d'origine.

Ces deux programmes bénéficieront notamment de financements du Fonds de solidarité prioritaire du ministère des affaires étrangères, qui interviendra en liaison avec l'Agence française de développement.

Dans un premier temps, quatre pays ont été retenus pour la conduite de projets pilotes : le Maroc, le Mali et le Sénégal ainsi que les Comores. Ce choix est déterminé par l'importance, le degré d'organisation et le dynamisme des communautés en France, mais également par le souhait de leurs pays d'origine de les associer à leurs politiques de développement. "

 

 

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NOS BREVES : 

La Chine va réhabiliter l'aéroport Prince Said Ibrahim de Moroni

 

La République populaire de Chine vient de confirmer son engagement à réhabiliter l'aéroport international Prince Said Ibrahim de Moroni, rapporte vendredi 17 octobre le journal gouvernemental Al-Watwan.

 

Le journal, qui évoque un entretien entre l'ambassadeur de Chine à Moroni, Zhao Chumsheng, et le ministre d'Etat Houmed Msaïdié, affirme qu'à l'issue de ces travaux de réhabilitation, "l'Union des Comores disposera, au niveau des pays de l'océan Indien, de la plus belle piste aéroportuaire de la région".

 

"La Chine prend en charge la construction d'un nouvel aérogare d'une superficie de 2.500 m2 et ses annexes notamment des parkings pour avion et voiture ainsi que des voies d'accès", a indiqué le ministre Msaidié, cité par Al-Watwan.

 

Une mission technique chinoise a récemment séjourné à Moroni pour y effectuer les études préalables.

 

Au cours d'une récente visite d'Etat en Chine, le président de l'Union des Comores, Assoumani Azali, avait signé avec les autorités chinoises des conventions de coopération portant essentiellement sur les aéroports et la construction de centrales électriques.

 

La Chine a déjà construit plusieurs infrastructures aux Comores, notamment la Maison de la radio et télévision à Voidjou et le Palais du peuple, qui abrite le Parlement comorien.

 

Le Directeur des Impôts et son Receveur sous mandat de dépôt aux Comores

 

Les gendarmes chargés de l'enquête préliminaire sur une tentative d'incendie du bureau du receveur général des Impôts orientent leurs recherches vers le directeur général des Impôts lui-même, a appris jeudi 16 octobre la PANA à Moroni de source autorisée.

 

Mohamed Djounaïd, qui avait déjà été longuement entendu mardi 14 octobre, a passé toute la journée de jeudi à la brigade de recherches, qu'il n'a quittée qu'en fin de soirée avec l'obligation de s'y présenter de nouveau vendredi matin, précise la même source, ajoutant que sa résidence et son véhicule ont aussi été perquisitionnés.

 

Les enquêteurs n'excluent pas que le directeur ait agi de concert avec le receveur général des Impôts, Saïd Mohamed Saïd, soupçonné quant à lui d'avoir payé des jeunes loubards pour incendier son bureau en vue de faire disparaître des documents comptables compromettants.

Au cours de son audition, Saïd Mohamed Saïd a mis en cause son patron, apprend-on de bonne source.

 

Le correspondant la PANA n'a cependant pu établir le motif précis pour lequel M. Djounaïd, qui fait partie des nouveaux "golden boys" du colonel Azali, se sentirait menacé au point de prendre le risque d'incendier un bureau de l'administration dont il est le patron.

 

Un journaliste comorien qui suit de près ce dossier estime que l'affaire devrait être prise avec beaucoup de précautions parce qu'elle pourrait cacher des manipulations insoupçonnées.

 

D'ores et déjà, les langues se délient au sujet d'une rumeur de plus en plus persistante sur M. Djounaïd, à savoir qu'il aurait créé la surprise à l'ambassade de France à Moroni en faisant une offre jugée inconsidérée pour acquérir coûte que coûte une villa cossue que la chancellerie mettait en vente.

La demeure a fini par être vendue à un commerçant connu, même s'il a été moins disant.

 

Le directeur général comorien des impôts, Mohamed Djounaïd et le receveur principal des impôts, sont placés sous mandat de dépôt, a appris mercredi 22 octobre la PANA de sources policières à Moroni.
 
La mise en détention préventive des ces deux responsables des impôts est intervenue au lendemain de la diffusion d'une émission de Radio Ngazidja sur le "détournement de fonds et la tentative d'incendie", émission au cours de laquelle les auditeurs intervenaient en direct par téléphone.
 
Deux autres personnes ont été arrêtés. On les accuse d'avoir mis le feu aux bureaux de la direction des impôts.
 
Constitué pour la défense de M. Djounaïd, Me Fahmi Saïd Ibrahim interrogé par la PANA estime que "cette accusation est un peu légère".
 
"Je n'ai pas encore vu le dossier", a-t-il dit, avant d'ajouter qu'à son avis, le directeur général des impôts serait "l'objet d'une grande machination".
 
La mise en détention provisoire des présumés coupables semble porter un démenti aux thèses selon lesquelles il y aurait une volonté "d'enterrer l'affaire"

 

Des médecins réunionnais au service des malades mohéliens

 

Une trentaine de médecins réunionnais de différentes disciplines se trouvent actuellement à Mohéli pour une action humanitaire d'une semaine au cours de laquelle ils examineront et traiteront quelque 6.000 patients.

Cette mission humanitaire, dont les activités ont déjà commencé, a failli ne pas se rendre sur l'île suite à la "psychose mercenaire" qui s'y était installée et qui a fait mobiliser les militaires stationnés sur place, renforcés par des éléments dépêchés de Moroni une semaine durant pour une vaine recherche d'"affreux".

On rappelle que l'auteur de l'annonce d'une prétendue présence de mercenaires à Mohéli, Fahari Moegné, se trouve depuis mercredi 8 octobre  sous mandat de dépôt.

Dans les milieux proches de l'enquête, on est de plus en plus convaincu que M. Moegné a menti même s'il persiste à nier avoir répandu des informations selon lesquelles lui et son véhicule auraient été pris en otage par des "affreux".

Cette fausse nouvelle avait suscité le scepticisme, voire l'indifférence parmi la population, mais une grande inquiétude chez les autorités, qui ont pris l'affaire au sérieux comme en ont témoigné l'envoi de troupes en renfort dans l'île, le couvre-feu qui y était instauré et le renforcement des patrouilles à Moroni.

 

Une nouvelle publication dans les kiosques à Moroni

 

L'ancien ministre comorien de l'Information pour une courte période après la chute de Ali Soilihi en 1978, Hadji Hassanali, qui a déjà à son actif La Lettre des Comores, un hebdomadaire ayant cessé de paraître depuis très longtemps pour des raisons financières, a mis un nouveau titre sur le marché, La Tribune des Comores, le dernier né de la presse comorienne.

La nouvelle publication vendue 300 FC (0,6 euro) l'exemplaire, s'intéresse à l'analyse politique, à l'économie et aux problèmes de société.

Elle paraît presque un mois après l'annonce de la disparition de Al-Fajr, un bi-mensuel édité dans l'île d'Anjouan obligé de fermer boutique par le pouvoir local.

Dans les milieux journalistiques comoriens où l'on salue l'arrivée de la nouvelle publication, on reste tout de même sceptique quant aux chances de sa survie, se demandant notamment si elle sera épargnée par les difficultés auxquelles n'ont pas pu échapper les autres journaux comoriens.

A ce jour, le quotidien Le Matin des Comores n'est toujours pas dans les kiosques, trois semaines après la signature d'une convention de financement avec l'ambassadeur des Etats-Unis à Maurice lors de son passage mi-septembre à Moroni.

Une bonne nouvelle, toutefois, pour Le Matin des Comores, à en croire une indiscrétion d'un confrère selon lequel le quotidien aurait épongé ses arriérés auprès de son imprimeur.

La Gazette des Comores, un hebdomadaire né en juillet 1999, a mis la clé sous le paillasson depuis bientôt un an. De sources proches de son directeur actuellement dans l'île de La Réunion, le journal pourrait faire rapidement son retour dans les kiosques, avec une périodicité quotidienne.

 

Vers l'ouverture d'une ambassade sud-africaine à Moroni

 

L'Afrique du Sud, dont les relations avec les Comores sont plutôt bonnes, pourrait ouvrir bientôt une représentation diplomatique au niveau d'ambassade à Moroni, a-t-on appris,  dans la capitale comorienne où séjourne actuellement une mission de Pretoria à cette fin.

Avant de repartir pour Pretoria le 14 octobre, la mission, conduite par le directeur du département "Corne de l'Afrique et des îles de l'océan Indien" au ministère sud-africain des Affaires étrangères, M. D. Wild, procèdera, avec les autorités comoriennes, à l'examen des questions d'ordre technique et consulaire préalables à l'ouverture de cette représentation.

Les Comores ont, des années durant, entretenu des relations très étroites avec Pretoria sous le règne du président Abdallah Ahmed.

Dans le domaine médical, les Comores avaient bénéficié, durant cette période, d'un soutien assez important au travers d'évacuations sanitaires dans les hôpitaux sud-africains.

Sous le règne de M. Abdallah, la garde présidentielle comorienne, commandée par le célèbre mercenaire français Bob Denard, dépendait largement, sur le plan budgétaire, de fonds octroyés par le régime de l'apartheid.

L'Afrique du Sud, qui s'était montrée disposée à peser de tout son poids pour trouver une solution juste et durable à la crise séparatiste comorienne dès son éclatement en 1997, assure actuellement la coordination des efforts de l'Union africaine sur cette question.

En août dernier, le gouvernement sud-africain avait accueilli à Pretoria une réunion ministérielle des pays de la région et de la Troïka de l'Union africaine sur les Comores.

Le président sud-africain, Thabo Mbeki, est attendu à la fin de ce mois à Moroni pour la suite à donner aux conclusions de cette réunion de Pretoria.

"Après l'assassinat d'Abdallah fin 1989 par les hommes de Denard, et l'avènement de la société multiraciale en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela en 1991, Moroni n'a pas su tirer profit de cette nouvelle donne", a déclaré à la PANA, sous couvert de l'anonymat, un conseiller du président Azali, qui a ajouté: "Il nous faut combler cette lacune en renforçant nos relations avec Pretoria.

Les échanges commerciaux entre ces deux pays membres de la COMESA sont très faibles, pour ne pas dire inexistants alors que les opportunités économiques sud-africaines auraient, à elles seules, suffi pour les besoins des Comores.

 

Les Verts demandent la libération de l’avocat franco-Comorien Saïd Larifou

 

Les Verts ont demandé mercredi la libération "immédiate" de l'avocat franco-comorien Saïd Larifou, interpellé le 22 septembre alors qu'il allait organiser à Moroni une manifestation contre la vie chère.

Condamné le 7 octobre à 90 jours de prison dont 75 avec sursis pour outrage à magistrat, M. Larifou est en outre accusé d'"atteinte à la sûreté de l'Etat".

Dans un communiqué, le député de Paris Yves Cochet s'inquiète de cette "arrestation arbitraire" et "exige que les autorités françaises usent de toute leur influence" sur le chef de l'Etat, le colonel Azali Assoumani, "pour la libération immédiate" de l'avocat. Me Larifou dirige aux Comores le parti Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie). Selon son avocat, Me Jean-Gilles Halimi, il ne s'est rendu coupable d'aucune "atteinte à la sûreté de l'Etat" et subit des conditions de détention très précaires.

 

Me Saïd Larifou condamné aux Comores pour outrage à magistrat

 

Le président du parti comorien Ridja, Me Saïd Larifou, a été condamné mardi, pour "outrage à magistrat", à 90 jours de prison dont 75 avec sursis par le tribunal de Moroni qui a vidé son délibéré de l'audience du jeudi 2 octobre 2003.

 

En prononçant cette peine, le tribunal a reconnu l'opposant coupable mais n'a pas totalement suivi le procureur de la République Idi Bazia qui, à l'audience du 2 octobre, avait requis trois mois de prison dont deux avec sursis contre Saïd Larifou.

 

Me Larifou, refusant une ordonnance de mise sous mandat de dépôt prise par la juge Thanay Tasmine le 24 septembre 2003, aurait qualifié le document de "chiffon" ou de "torchon" et aurait traité les Comores de "République bananière".

 

Arrêté le 22 septembre dernier pour "atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat" dans une autre procédure en cours, Saïd Larifou est défendu, entre autres, par le bâtonnier de Saint-Pierre (La Réunion), Me Boithard du barreau de Paris et Me Fahmi Saïd Ibrahim, avocat à la Cour à Moroni.

 

Le président Azali a rencontré à Paris Pierre-André Wiltzer

 

Le président comorien, Assoumani Azali, a rencontré le lundi 6 à Paris le ministre français délégué à la Coopération, Pierre-André Wiltzer, a-t-on appris de source diplomatique française.

 

Le chef de l'Etat comorien et M. Wiltzer ont évoqué les relations bilatérales franco-comoriennes et la situation politique aux Comores, notamment l'évolution du processus de Fomboni, a ajouté la même source.

 

Selon elle, Paris a plaidé pour le parachèvement du processus politique par la tenue d'élections législatives afin de désigner les assemblées des îles, conformément aux accords de sortie de la crise comorienne signés en novembre 2001 sur l'île de Mohéli.

 

Arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat militaire en 1999, Assoumani Azali s'était fait élire président des Comores en décembre 2001 lors d'un scrutin contesté par ses adversaires politiques qui avaient dénoncé "d'énormes irrégularités".

 

Il avait auparavant fait voter par référendum une nouvelle Constitution qui entérine les accords de Fomboni parrainés par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l'Union africaine et la France.

 

COMORES-INFOS

 

Bimensuel d’information régionale édité par Comores-infos

tél.+ fax: 0262.57.92.04.

Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN : 1600-7289

N° Siret : 429 887 326 00016 - Code APE 924Z - N° de commission paritaire en cours.

Directeur de la publication : AHMED Mohamed.

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