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I |
nterrogé
par nos confrères de RFI, le Président Azali a affirmé qu’il était prêt à aller
aux élections. Il a donné sa version sur le blocage actuel des institutions en
expliquant qu’il résulte d’une interprétation abusive de la constitution. Il a
expliqué que les Présidents des îles ont voulu exercer leurs compétences dès
leurs élections. « Mais ce qu'ils oublient ajoute t-il, c'est que ces
compétences-là ne peuvent être définies que par l'assemblée ».
Le
raisonnement est acceptable sur un plan purement juridique mais contestable sur
un plan politique.
Le
dispositif constitutionnel des Comores est certes très compliqué. Le pays
dispose d’une constitution de l’Union. Le comité chargé du suivi de l’Accord de
réconciliation nationale de Fomboni a cédé à la forte pression des séparatistes
qui exigeaient que chaque île dispose de sa propre constitution. Cette
superposition de constitutions, n’a fait que compliquer le cadre politique et
institutionnel du pays. Cette situation a engendré un bras de fer entre Azali,
le Président de l’Union, et les autres Présidents des îles.
Le
Président de l’île autonome de la Grande Comore, El Bak, exige les mêmes
compétences que son collègue de l’île d’Anjouan, Mohamed Bacar. Il convient, en
effet, de souligner que l’île d’Anjouan continue sa voie solitaire et séparatiste.
L’autorité de l’Union est pratiquement réduite à néant dans
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Sommaire : POLITIQUE :
ACTUALITES
REGIONALES:
SOCIAL :
BREVES :
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Suite
de l’édito
cette
île. Et le Président Azali a perdu son
autorité puisqu’il n’a jamais levé le doigt pour appeler ces dirigeants
à faire preuve de respect envers les
prérogatives de l’Union et notamment tout ce qui touche à la diplomatie et aux
relations avec les autres Etats.
Les
comoriens doivent donc trouver les voies et moyens pour corriger les erreurs
commises lors de l’adoption de ce nouveau dispositif institutionnel. Ce cadre
passe en l’état actuel par l’élection d’une nouvelle assemblée.
Le
Président Azali semble rejeter la responsabilité du blocage des institutions
uniquement sur les Présidents des îles. Une analyse objective et honnête de la
situation montre que les responsabilités sont partagées.
Le
Président Azali devrait donc avoir la modestie de reconnaître sa part de
responsabilité sur le blocage actuel qui est vraiment préjudiciable pour le
développement économique et social du pays. La conférence des bailleurs des
fonds qui devrait permettre au pays de bénéficier d’une aide significative de
la communauté internationale compte tenu de ce blocage n’a pas pu se
tenir.
Nos
amis et voisins malgaches ont réussi à organiser dernièrement une conférence à
Paris qui permettra à Madagascar de bénéficier de nombreuses aides et relancer
ainsi de nombreux projets investissements.
Au
cours de cette interview, le Président Azali n’a fixé aucune date concernant la
tenue des élections législatives. Lors d’un séjour à la Réunion au mois
d’Octobre 2002, le Président Azali avait annoncé à une délégation du Collectif
pour la défense de l’unité et de l’intégrité territoriale des Comores que les
élections devraient se tenir avant la fin de l’année 2002. Il est vraiment
regrettable que le dossier concernant la date des élections législatives n’a
pas du tout avancé en l’espace d’un an. Et pourtant, l’OUA s’est beaucoup
impliquée pour aider les Président de l’Union et des îles à trouver un
compromis afin que les élections se fassent rapidement.
Le
Président Azali explique qu’il se bat pour la réalisation de plusieurs projets
d’investissement et notamment dans le domaine de l’énergie et la construction
d’une Université. Ces projets sont en soi louables. Mais leur réalisation
exigera une stabilité politique ainsi qu’un soutien technique et financier de
la communauté internationale. Alors, M. Azali, « il ne faut pas mettre
la charrue avant les bœufs ».
La Rédaction
LA UNE :Que s'est-il passé exactement ces derniers
jours à Moroni ? Y a-t-il eu tentative de coup d'Etat ou non ?
Tout a
fait. Il y a eu tentative de coup d'Etat. Des gens ont été interpellés, ils
sont gardés à vue; comme toute justice
normale, la justice fait son travail. Il y a une ordonnance qui a été sortie
pour les inculper. Ils ont fait appel. Et la chambre d'accusation va statuer.
Vous faites allusion à Saïd Larifou
emprisonné à Moroni avec Philippe Verdon et Pascal Lupart, deux Français. Ils
sont soupçonnés d'atteinte à la sûreté de l'Etat, quelles sont les preuves
contre eux ?
On fait
tous les efforts possibles et imaginables pour que la justice fasse son travail
aux Comores et ce que moi je fais…, je veille toujours à ce que toutes les
garanties soient là. Donc j'ose espérer que Larifou, en tant qu'avocat, aura
toute une batterie d'avocats pour aller le défendre.
Est-ce que Saïd Larifou, un civil, un avocat
qui a plaidé contre Bob Denard en 1999, a réellement le profil d'un putschiste
?
Ce n'est
pas seulement les militaires qui font les coups d'Etat. Aux Comores, même parmi
les tentatives qu’il y a eu, beaucoup d’entre elles ont été dirigées par des
civils. Donc, c'est pour vous dire que militaires-civils … je ne pense que
cette coloration a un objet particulier. Il y a eu tentative, donc la justice a
jugé nécessaire qu’il y a des éléments pour interpeller des gens, les gens sont
interpellés. Je pense que maintenant que ce soit Larifou, Abdou ou Madi, c’est
à lui maintenant de se défendre vis-à-vis de la justice.
Vos opposants disent que votre régime a fait
arrêter Saïd Larifou parce que justement il commençait à devenir vraiment
populaire; 1.500 manifestants, c'était sans précédent ?
Non,
non ! Ce n'est pas les chiffres qui m'intéressent. Les chiffres qui
m'intéressent, ce sont les chiffres de la croissance, de l'inflation et pas des
chiffres des manifestants. Tout ce que je peux vous dire c'est qu’aux Comores
et je suis bien placé pour le dire, il n'y a jamais eu de faux coups d'Etat.
Ça, je suis bien placé pour le dire puisque j'étais chef militaire. Mais je ne
vois pas l'intérêt que j'aurais à créer une tentative de coup d'Etat. Pourquoi
faire ?
L'intérêt c'est fort justement de pouvoir
associer un opposant à des mercenaires blancs et pour pouvoir le stigmatiser,
pouvoir l'écarter tout simplement de la course au pouvoir !
Peut-être
c’est l'intérêt des autres ; mais moi, ce n'est pas ma pratique. Moi ce qui
m'intéresse c'est gérer le pays ; essayer de renouer avec la communauté
internationale, politique économique. Et je crois que le plus important c'est
d'orienter les gens vers le développement.
1.500 manifestants dans les rues ne révèlent
pas tout de même un mécontentement à Moroni. Dans ce cas, est-ce qu'une réponse
purement judiciaire suffit ?
Moi
j'ai un dossier " énergie", j'ai un dossier " universitaire
". Je vais ouvrir une université pour la première fois. Vous voyez, voilà
ma réponse. C'est les projets de développement. Parce que je vous l'ai dit, la
tentative, il y en aura.
On vous reproche de bloquer les institutions
et de refuser le partage du pouvoir ; êtes-vous favorable à la tenue des
élections législatives le plus rapidement possible ?
Absolument,
Madame, si demain les élections devraient être convoquées, je suis prêt à signer
le décret pour convoquer les électeurs. Même demain, je suis prêt à aller aux
élections.
Alors, qu'est-ce qui bloque ?
Bien,
ce qui bloque c'est une interprétation abusive de la constitution. De quoi
s'agit-il? Dès que les présidents des îles sont venus, ils veulent des
compétences. Ce que l’on peut, en soi, comprendre. Mais ce qu'ils oublient
c'est que ces compétences-là ne peuvent être définies que par l'assemblée.
Autrement dit, ils ne peuvent avoir de compétences légalement et légitimement
que par rapport à l'assemblée. Donc, on doit tous s'atteler à l'élection de
l'Assemblée. On a une crise très profonde. Je crois qu'il ne faut pas se
focaliser les élections législatives qui ne sont pas tenues, il faut voir d'où
on vient. Il faut voir qu'en un an, on a fait ce que d'autres, pendant cinq,
dix ans, n'ont pas fait.
Cet été, vous avez annoncé la taxation sur le
riz pour financer une université. Pourquoi avoir taxé le riz, le produit de
base de la population ?
Justement, c'est ce produit-là qu'il faut
taxer. La base, parce qu'il faut que tout le monde participe. Je vous dis, le mécontentement ce n'est pas
la population ; c'est Larifou qui était mécontent. Si la population était
mécontente, elle n'avait pas besoin d'attendre Larifou. Elle a tous les moyens
de protester. Je vais vous dire que la population comorienne, elle, n'a pas
manifesté aucun mécontentement par rapport à cette hausse du riz.
Donc c'est Saïd Larifou qui a entraîné des
milliers de personnes dans la rue ?
Non.
C'est faux. C'est Larifou qui est mécontent, lui-même. On peut toujours
entraîner des gens mais la preuve en est que la population comorienne, elle,
était sereine avant Larifou ; maintenant, elle est sereine. Vous pouvez le constater sur place.
Reparlons de votre voyage aux Etats-Unis. Que
vous ont demandé les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme
?
Ils ont
demandé beaucoup plus de vigilance, beaucoup plus de prudence par rapport aux
pays de la région pour essayer ensemble de faire en sorte que les terroristes
ne se baladent pas, qu'ils puissent être traqués. On a discuté de la
coopération entre nos services, bien sûr, au-delà de la coopération contre le
terrorisme, on a parlé de la coopération bilatérale.
Depuis le 11 septembre, un tournant s'est
opéré dans les relations entre Washington et les Comores ; ce rapprochement
avec Washington, est-ce qu'il ne risque pas d'être mal perçu par Paris ?
Ce qui
est vrai c'est que la France étant un partenaire historique, le premier
partenaire économique des Comores, nous n’allons pas jouer ce jeu dangereux de
privilégier l'un par rapport à l'autre. Nous avons des intérêts qu'on trouve
aussi bien vis-à-vis des Français que vis-à-vis des Américains.
Source
Al-watwan n°798 du 10/10/03
POLITIQUE :L |
'avocat et homme politique franco-comorien Saïd Larifou, président du parti d'opposition Ridja, a été remis en liberté mercredi 15 octobre en début de soirée et placé sous contrôle judiciaire, a constaté la PANA à Moroni. Ses compagnons de détention, les Français Pascal Lupart et Philippe Verdon, sont restés en détention. Les trois hommes sont accusés par la justice comorienne d'"attentat à la sécurité de l'Etat et déstabilisation", rappelle-t-on. L'avocat de l'opposant, Me Fahmi Saïd Ibrahhim, s'est déclaré surpris que MM. Verdon et Lupart restent maintenus en prison alors qu'il leur est reproché les mêmes faits qu'à Saïd Larifou, tout en se disant heureux de la libération de son client. Aux termes de l'ordonnance de sa mise en liberté, Saïd Larifou, qui est assigné à résidence, ne pourra pas s'adresser aux journalistes, ni rencontrer des hommes politiques ou quitter l'île de la Grande-Comore. Arrêté le 22 septembre dernier, Me Larifou aura passé au total 21 jours de détention provisoire, compte non tenu d'une garde à vue de 48 heures, après avoir été inculpé le 24 septembre par la jugeThanay Tasmine pour "complot et atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat". La libération du président du Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie) est intervenue suite à la requête de son avocat qui a qualifié de "contestables" les conditions de sa détention.
L |
es autorités comoriennes "cherchent à tout savoir" sur la vie du parti d'opposition Ridja, a affirmé vendredi 10 octobre à Moroni le secrétaire national de cette formation, Ahmed Achrafi, qui a récemment subi un long interrogatoire dans les locaux de la gendarmerie. "D'après l'interrogatoire que j'ai subi à la gendarmerie, où j'ai été gardé pendant près de 12 heures, les enquêteurs voulaient tout savoir de la vie du parti", a confié à la PANA M. Achrafi, qui assure l'intérim de l'avocat Saïd Larifou , actuellement détenu à la prison de Moroni. M. Achrafi, qui avait été interpellé puis relâché mercredi 10 octobre , a affirmé, évoquant les conditions de détention de Me Larifou, qu'il a été possible de lui faire parvenir un matelas, mais qu'il lui a été refusé de pouvoir disposer d'une chaise. "Je suppose donc qu'il s'assoit à même le sol, mais à la vérité il ne m'a pas été donné de voir sa cellule", a-t-il ajouté. Selon lui, le patron du Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie) s'est vu refuser la visite d'un dermatologue -qui n'est autre que le ministre de la Santé de l'île de Ngazidja, le Dr Tadjiri, seul spécialiste des maladies de la peau dans les trois îles. De son côté, Assoumani Saadi, ancien conseiller du président Azali, aujourd'hui en rupture avec ce dernier, déclare regretter ce qui arrive à Me Larifou parce que, a-t-il estimé, "cela va décourager les amis des Comores qui veulent nous soutenir malgréles difficultés". L'opinion n'a eu connaissance d'aucune preuve tangible pour étayer l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat dont il est poursuivi, a-t-il encore dit, ajoutant: "cela n'est pas dans l'intérêt du pays de donner à chaque fois l'image d'une république bannière".Il y a quelques jours, l'ancien Premier ministre Ali Mroudjae a été placé en garde à vue simplement pour avoir pris la parole dans un meeting de l'opposition, tandis qu'avant lui, des journalistes ont été emprisonnés, a déploré M. Saadi, ajoutant que de tels faits ternissent l'image du pays et sa respectabilité.
L |
e secrétaire général du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja, opposition), Achirafi Ahamed, a vivement protesté vendredi contre ce qu'il qualifie de "calomnies" portées contre son leader Saïd Larifou, par les publications "Jeune Afrique-L'Intelligent" et "Comores Aujourd'hui". Lors d'un point de presse tenu vendredi 17 octobre, deux jours après la libération conditionnelle de Saïd Larifou, M. Ahamed a précisé que son parti va porter plainte contre les deux publications pour calomnie, ajoutant que le Ridja "se battra jusqu'à la libération complète de son chef et usera de tous les moyens juridiques possibles en sa possession pour que Me Larifou soit lavé de tout soupçon". Exprimant sa satisfaction de voir le président du parti retrouver sa liberté, "même si elle n'est pas encore complète", le Ridja, a ajouté Achirafi Ahamed, "maintient son exigence de voir le gouvernement revenir sur sa décision de faire monter les prix". "Ce serait un grand geste politique pour le gouvernement, ce serait une grande fierté pour lui qui aurait à dire au monde entier qu'il écoute son peuple", a ajouté le numéro deux du Ridja. Dans son dernier numéro, le magazine panafricain Jeune Afrique-L'Intelligent présente Saïd Larifou comme un homme qui s'est fait connaître en se plaçant en troisième position lors de sa première participation à un scrutin présidentiel, en février 2002. "Depuis, il combat le régime en place, privilégiant l'action pacifique et non violente sans toutefois faire mystère de sa volonté de renverser le président Assoumani Azali", écrit le magazine basé à Paris.
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U |
n des
deux ressortissants français écroués à Moroni pour "attentat à la sécurité
de l'Etat", avec l'opposant Saïd Larifou, aurait prôné un
"soulèvement populaire" dans une conversation enregistrée à son insu,
a-t-on appris samedi 4 octobre de source proche de l'enquête.
"L'objectif
aujourd'hui, c'est que le peuple comorien prenne le pouvoir", déclare un
homme, présenté par les enquêteurs comme Philippe Verdon, dans une conversation
avec un officier de l'armée comorienne, le commandant Combo Ayouba, enregistrée
sur une cassette qu'un correspondant de l'AFP a pu écouter rapidement.
Il faut
"que l'armée pactise avec la population", ajoute l'homme présenté
comme Philippe Verdon.
Cela
doit être "une opération comoro-comorienne (...), un soulèvement populaire",
car "les coups d'Etat ne sont plus dans l'air du temps", poursuit-il.
Philippe
Verdon est écroué depuis le 24 septembre à Moroni pour "attentat à la
sécurité de l'Etat, déstabilisation, et incitation à la violence", avec un
autre Français Pascal Lupar et l'opposant franco-comorien Saïd Larifou.
Ce
dernier dirige le parti Ridja (Rassemblement pour une initiative de
développement avec une jeunesse avertie), qui avait organisé mi-septembre des
manifestations pour dénoncer la cherté de la vie.
L'enregistrement
de la cassette n'a pas encore été versé au dossier, selon une source proche de
l'enquête, mais serait considéré par les autorités comoriennes comme la preuve
la plus compromettante contre Me Larifou et les deux Français.
Le
président de l'Union des Comores, le colonel "Azali (Assoumani) est parti
pour trois semaines, certains officiers de l'armée sont absents, il y a une
situation propice", affirme encore dans la cassette l'homme présenté comme
Philippe Verdon.
"J'ai
vraiment le pressentiment qu'une opportunité se présente, ce serait dommage
qu'on la rate", ajoute-t-il.
Les
indications contenues dans la cassette laissent penser que l'enregistrement a
été effectué le 20 septembre, la veille de l'arrestation de Philippe Verdon.
Dans
l'enregistrement entendu par le correspondant de l'AFP, Me Larifou n'est
mentionné à aucun moment comme le bénéficiaire de l'opération de
"soulèvement populaire" envisagée.
L'homme
présenté comme Philippe Verdon dit encore ne pas être envoyé par la France,
ancienne puissance coloniale, mais être "en relation avec l'exécutif
français". Lors de son interrogatoire, Philippe Verdon aurait reconnu
avoir rencontré un officier comorien sans en informer Saïd Larifou, selon une
source proche de l'enquête.
Il
aurait également déclaré être venu "seulement pour soutenir Me Larifou,
prendre les devants pour faire croire aux Comoriens que la France était
derrière lui".
Saïd
Larifou, actif défenseur des droits de l'Homme, a déclaré tout ignorer de cette
rencontre, selon son avocat comorien Me Fahmi Said Ibrahim.
Parallèlement
à cette affaire, Mohamed Said Fazul, le président de Mohéli, l'une des trois
îles de l'Union des Comores, a confirmé samedi la présence sur son île d'un
groupe de personnes soupçonnées d'être des mercenaires. Il n'a pas écarté la
possibilité qu'il puisse y "avoir un lien entre ce qui se passe à Mohéli
et l'affaire Saïd Larifou".
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I |
l n'y a
pas de mercenaires sur l'île de Mohéli, dans l'Union des Comores, comme l'avait
affirmé la semaine dernière le président de cette île, Mohamed Said Fazul, a
assuré lundi 6 octobre à l'AFP une source proche de l'enquête.
"Il
s'agit d'un faux, tout cela est archi-faux", a affirmé cette source qui a
requis l'anonymat.
"Nous
avons relevé plusieurs contradictions" dans les déclarations du chauffeur
du taxi-brousse qui avait affirmé avoir été pris en otage le 2 octobre par des
hommes armés, à une dizaine de kilomètres à l'entrée sud de Fomboni, la
capitale de Mohéli, a-t-il ajouté.
Le chauffeur a été de nouveau entendu lundi matin et
"devrait être transféré devant le Parquet mardi 9 octobre au plus
tard", a précisé le président de l'île, Mohamed Said Fazul, contacté par
l'AFP. "C'est vrai qu'il (le chauffeur) a menti, mais il a menti pour
déstabiliser, donc il faut continuer les enquêtes", a-t-il ajouté.
La semaine dernière, l'armée avait mené, en vain, des
ratissages à Mohéli à la recherche d'un groupe de huit personnes, "sept
Européens et un Noir", soupçonnées d'être des mercenaires selon le
président Fazul.
En décembre 2001, des mercenaires avaient débarqué sur
Mohéli. Plusieurs d'entre eux avaient été abattus et les autres avaient été
arrêtés.
Le chauffeur, qui avait affirmé dans un premier temps que
son véhicule et lui avaient été pris en otage par des mercenaires à Mohéli, est
revenu sur ses déclarations dans le dossier dit des "mercenaires", a
indiqué le procureur de la République à Mohéli, Soilih Mahamoud, joint au
téléphone mardi 7 octobre par la PANA.
Cet homme a été placé "en détention provisoire"
depuis lundi au motif que le parquet de Fomboni le soupçonne d'avoir diffusé
des fausses nouvelles, a indiqué le Parquet.
De même source, on indique que ce chauffeur a reconnu avoir
dit à un ami que s'il rencontrait des mercenaires, il ne verrait pas
d'inconvénient à les prendre à bord dès lors qu'ils paieraient la course.
Il aurait également confié à cet ami qu'il répandrait avoir
été pris en otage par des mercenaires pour faire peur aux militaires stationnés
à Mohéli.
S'il reconnaît la première confidence, le mis en cause nie
en revanche avoir jamais exprimé une quelconque intention de faire peur à
l'armée, d'après le procureur qui le trouve tout de même "inconstant"
puisqu'il change de version d'une minute à l'autre.
Il règne, en ce moment, une certaine psychose à Mohéli
depuis qu'une rumeur sur la présence de mercenaires se fait de plus en plus
persistante dans l'île, au point d'avoir été relayée par le président de l'île
lui-même, Said Mohamed Fazul.
Réagissant à cette rumeur, le président de l'île autonome de
Ngazidja (Grande-Comore), Mzé Abdou
Soulé El-Bak, a déclaré à la PANA que "toutes les informations dont (il)
dispose donnent à croire que cette histoire est fausse".
Pour le président El-bak, cette histoire n'est rien d'autre
qu'une vaste "opération de manipulation" imaginée par des hauts
responsables pour faire diversion.
Contacté par la PANA, le ministre d'Etat, ministre de la
Défense, Hamada Madi Boléro, a dit reporter toute déclaration éventuelle sur
cette affaire à "un peu plus tard".
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SOCIAL
L |
es opérations de recensement général de la population comorienne, qui ont démarré à la mi-septembre, ont pris fin lundi 20 octobre avec le dénombrement des membres de la famille du président de l'union des Comores, le colonel Azali Assoumani. "Je n'ai pas choisi de me faire recenser en dernier. Les devoirs de ma charge m'avaient conduit en mission à l'étranger au moment où débutait le recensement. L'essentiel étant fait, je souhaite que ce recensement serve utilement au développement socio-économique des Comores", a déclaré le colonel Azali à la PANA. Le chef de l'Etat prenait en effet part à la 58è assemblée générale des Nations unis à New York lorsque débutait ce recensement général de la population et de l'habitat aux Comores. Lors de la dernière opération du genre, effectuée en 1991, il fut dénombré sur l'ensemble des îles de la Grande-Comore, d'Anjouan et de Mohéli, une population totale de 453.184 habitants contre 335.150 onze ans plutôt (1980), soit une évolution démographique de 2,8% par an par rapport. Ce taux d'accroissement naturel de la population est en recul par rapport à la période inter censitaire précédente, c'est-à-dire entre le recensement de 1958 et celui de 1980 où il était de 3,3%. L'avant-dernier recensement a révélé une forte concentration de la population en Grande-Comore, qui abritait 52% de la population totale, suivie de l'île d'Anjouan (42,5%), tandis que Mohéli n'abritait que 5,5% des Comoriens. En 1991, on avait relevé une densité nationale de 244 habitants/km², Anjouan détenant le record en la matière avec 454 habitants/km², alors qu'à Mohéli, la densité était de 86 habitants seulement au kilomètre carré. A l'issue du même recensement, on a appris que le pays était caractérisé par une forte fécondité (7 enfants par femme), que l'espérance de vie était de 56 ans à la naissance et que 35% de la population avait moins de 20 ans. "Il est impératif que nous maîtrisions notre démographie, notre population ne cesse de croître alors que le territoire ne s'élargit pas", a notamment déclaré un fonctionnaire du Commissariat général au plan. La superficie totale des Comores, Mayotte non comprise, est de 1.861 km², la Grande-Comore couvrant à elle seule 1.147 km², le reste étant réparti entre Anjouan (424 km²) et Mohéli (290 km²). L'île de Mayotte, sous administration française depuis 1975, n'a pas été prise en compte dans ces recensements. En 1985, on y dénombrait une population totale de 67.998 personnes contre 47.246 en 1978. Le financement du recensement, d'un montant de 1,3 million de dollars, a été assuré par le PNUD, le FNUAP, l'Union européenne et la Banque mondiale, qui a consenti un prêt de 500.000 dollars au gouvernement comorien.
DEBATS ET OPINIONS LIBRES :|
P |
lus
d’un demi-siècle après le naissance, la plupart des pays africains indépendants
continuent de vivre sous le règne de l’arbitraire.
L’Etat
de droit , ayant disparu de fait, même s’il est maintenu en apparence.
C ‘est
le cas des Comores avec plus d’un quart de siècle de décolonisation tardive
suivie d’une dégradation des conditions de vie, et d’un recul de la vie
politique. L’échec de la démocratie dans l’Afrique francophone indépendante est
très récurrent au regard des autres continents du tiers-monde où la démocratie
est en marche de manière progressive. Avec le recul du temps, on peut constater
que les années de colonisation de notre continent étaient néfastes sur tous les
plans, mais essentiellement dans le domaine économique et politique. Il n’y a
pas eu à l’occasion un apprentissage de la démocratie pendant la période
coloniale, en Afrique francophone, il y a eu des simulacres de pouvoirs
démocratiques.
C’est
un grand déficit qui, en réalité, ouvre la voie à une sorte de chaos qui
n’existe nulle part ailleurs. On peut noter qu’aux Comores et même au niveau du
Continent, l’Etat-nation ne signifie rien pour nous, l’Etat africain n’est même
pas une réalisation véritable de l’Etat-nation, c’est un avatar, une séquelle
du système colonial. Cependant, étant donné qu’au XXéme siècle , il existe une
relation de réciprocité entre la nation et l’Etat, tous les pays, qu’ils
appartiennent à l’une ou à l’autre catégorie, continuent de vivre les deux
crises jumelles de l’identité et de l’autorité à l’époque postcoloniale. La
désagrégation de la république fédérale des Comores, sur fond de crise séparatistes,
de misères socio-économiques et la naissance de l’union des Comores sous les
décombres de cette dernière ne facilite pas l’existence d’une opposition
politique ; mais continue de la bâillonner comme dans le passé avec les
gouvernements successifs.
Les
libertés fondamentales avaient été supprimées sous le règne d’Ali SOILIHI(
1975-1978), restaurées artificiellement sous Ahmed ABDALLAH(1978-1989) et contrôlées
mollement sous DJOHAR et TAKI.
L’opposition
comorienne est tout temps muselée et fortement réprimée surtout la période qui
couvre 1975 à 1989. Nombres d’intellectuels comoriens, en particuliers des enseignants
jugés subversifs sont privés de leur emploi et/ou exilés dans des postes où ils
ne pouvaient donner la mesure de leurs compétences. Ces pratiques répressives
étaient monnaie courante sur la période d’Ahmed ABDALLAH, un peu moins
aujourd’hui.
Les
médias surveillés, ne peuvent diffuser que les thèses officielles tandis que la
censure s’exerce à l’intérieur et au frontière empêchant l’entrée toute
publication suspecte aux yeux des autorités en place. Ce constat flagrant, de
plomber les médias à coup d’arrestation des journalistes et d’accusation sans
fondements présage des années difficiles dans l’avenir pour l’opposition
comorienne. Par soucis de prétendre maintenir l’intégrité de l’Etat-nation, les
gouvernants de l’Afrique en général, et des Comores en particulier s’opposent à
toute action centrifuge en luttant contre les aspirations identitaires et les revendications
catégorielles qui menacent leur position.
Aux
Comores de tout temps, la lutte pour le pouvoir met aux prises le président en
exercice et un groupe d’opposants résidant à l’extérieur pour organiser la
résistance. Pour se maintenir au pouvoir, très longtemps, Ahmed ABDALLAH allait
consolider sa situation par l’emploi de mercenaires « Les affreux »
recrutés en Europe.
Avec
l’union des Comores, on assiste à un changement de continuité dans les
gouvernements des îles ainsi que celui de l’union.
Dès
leur installation au gouvernement, nombre de dirigeants développent des formes
de clientélisme afin de s’assurer un soutien populaire dont ils trouvent
également la base dans leur région ou île. Disposant des caisses de l’Etat, la
plupart d’entre eux assoient leur suprématie sur l’octroi d’avantages
financiers et honorifiques tout en accroissant leur propre richesse. Cet usage
fut érigé à l’état de système par les gouvernements autocratiques qui ont
pratiqué largement la « politique du ventre ». Ces pratiques
destructurent la vie politique et provoque la déconfiture de l’opposition.
La
patience et le combat politique pou une alternance future ne sont pas une
priorité pour les opposants comoriens. La pratique de la pantalonnade pour une
survie pousse certains parmi eux à regagner les couloirs du pouvoir car les
affres de la misère matérielle sapent le moral aux plus résistants. L’absence à
l’intérieur des Comores et à l’extérieur d’une opposition structurée et bien
organisée pour une alternance dans les années à venir desepère lamentablement
l’avenir de l’archipel. Il revient à la société civile, au pays, au monde
associatif comoriens à l’étranger de constituer une force de contre poids pour
alerter les institutions internationales ou continentales(O.N.U, U.E, U.A) de
l’état de misère et du non respect des libertés fondamentales auxquels les
Comores se trouvent aujourd’hui.
L’insularité
des Comores est un facteur positif pour les gouvernants actuels car toute
guerre civile sera étouffée ou réprimée dans le sang et la population ne peut
se déplacer par voix terrestre pour attirer l’opinion international comme c’est
le cas dans les conflits africains (Libéria et Cote d’Ivoire).
L’historien
a peut être un point commun avec la sorcière : il aimerait pouvoir prédire
l’avenir.
Le
XXIéme siècle sera-t-il plus chaotique pour les Comores que le XXème siècle ou
plutôt politique et économique dans la mesure ou ces deux notions ne
fonctionnent pas du tout aux Comores ?
La
réponse demeure évidemment inconnue.
Mohamed
Ibrahim Mihidjay
Professeur
certifié : Académie de Lyon
Le
projet de l’université est-il la priorité actuelle du pays ou représente t-il
un ultime moyen pour espérer se faire une santé politique et financière ?
Un Kilogramme de riz peut-il financer une université ?
Le
projet de l’université semble être décidé par le camp Azali et une campagne
fortement médiatisée est ouverte pour impressionner les Comoriens. A entendre
en parler et défendre par les ténors du régime de la pseudo-union on pourrait
être amené à penser qu’il s’agit là d’un projet extraordinaire hors du commun,
en même temps la médiatisation donnée à ce projet pourrait inquiéter plus
qu’un. Les plus pessimistes au régime pourrait même se demander si un souffle
et une santé électoral du régime Azali ne sont pas recherchés à travers ce
grand projet national à l’annonce des prochaines élections législatives. En
revanche, au-delà de son aspect politique, ce projet ne mérite t-il pas un
débat national pour mieux cerner ses contours ? Car ne s’agit-il pas en
réalité de la question du système d’enseignement supérieur comorien d’une
manière générale qui est posé à travers l’idée de l’université ? Si tel
est le cas où en est-on avec l’enseignement primaire et secondaire ? Ne faut-il
pas commencer par consolider ces derniers ? Beaucoup de questions de même
nature reviennent à l’esprit des comoriens en parlant de l’université, à
commencer par la question des professeurs et des enseignements dispensés en
passant par le budget de fonctionnement de cette grande institution. Si des
institutions politiques existaient, un débat à l’assemblée aurait eu tout son
importance car on aurait assisté à un débat national sur un sujet qui concerne
tous les Comoriens, au lieu que l’on observe simplement son improvisation par
des mesures fiscales injustes qui alourdissent la vie quotidienne des
comoriens. Paradoxalement, comme si le système politique actuel en avait besoin
pour survivre, le pays reste depuis bientôt cinq ans sans institutions politiques,
alors même qu’une constitution est votée pour diriger la nouvelle configuration
de l’archipel. On assiste à un pays dirigé par un exécutif de l’union,
court-circuitant tous les pouvoirs des îles, sans pouvoir législatif et sans
pouvoir judiciaire par ce que celui-ci dépendant d’un procureur directement
nommé pour servir le président de l’union. Ainsi, on se demande compte ténu de
la situation politique actuelle si les priorités du pays se situent dans la
construction de cette université ou bien si elles se situent d’abord sur la
stabilité politique et institutionnelle du pays. Une stabilité sans laquelle
aucune véritable initiative de progrès ne peut être mise à profit du pays.
L’idée
paraît séduisante en soit, elle est même porteuse d’une santé politique au
régime quand on voit à quel point elle est arguée pour justifier la hausse des
prix des produits de première nécessité des citoyens comoriens. A la question
de savoir si l’idée de l’université est-elle la priorité on peut être amené à
répondre à chaud par un oui volontaire compte tenu des difficultés rencontrées
par les bacheliers pour s’inscrire aux universités étrangères, néanmoins on
relève quelques nuances et quelques interrogations qui inquiètent les
pessimistes à la réalisation du projet. Parmi elles figurent d’une part la
question fondamentale des enseignements dispensés et des professeurs
susceptibles de dispenser ces enseignements. Quelle université pour quel budget,
et quel type d’enseignement pour atteindre quel but? Quels sont les choix du
gouvernement de l’union en matière de projet de développement de notre
pays ? En fonction de ces choix quels sont nos besoins immédiats et avenir
en matière de formation et d’éducation des jeunes ? L’université a t-elle
une mission précise par rapport aux besoins immédiats ou avenir du pays ?
Le pays en a t-il investi pour préparer les professeurs nécessaires pour
enseigner dans cette université contrairement à ce qu’avaient fait les
promoteurs de l’école nationale supérieure de Vouni, de l’école nationale de
santé de Moroni, et de l’école nationale des instituteurs de Mutsamudu au
sein desquelles les enseignements étaient dispensés en majorité par des
étrangers ? Ainsi, on s’aperçoit bien que la question des objectifs de
cette grande institution doive trouver une réponse, aussi on s’en rend compte
que le choix des enseignements dispensés est inséparable aux projets du pays en
matière de développement économique, politique et sociale. Pour toutes ces
raisons il est essentiel qu’un débat ait lieu dans un environnement politique
apaisé et que les choix du pays en matière de financement soit intelligemment
étudiés.
Mis à
part tous ces questionnements qui sont sans réponses à ce jour, l’inquiétude
des comoriens repose sur le flou artistique qui caractérise la situation
politique du pays. Le désaccord très flagrant qui existe entre le pouvoir de
l’union et les pouvoirs des îles autonomes pour mettre en place les
institutions politiques du pays. L’intransigeance du pouvoir de l’union de
contrôler tout le pays, et toutes les sociétés juteuses de l’Etat, conditionne
ce désaccord qui prend des dimensions à la limite du tolérable. Le péché
originel de cette situation remonte à plus d’un an lorsque le pouvoir politique
comorien à la quasi-unanimité, en adoptant une constitution de blocage, croyait
pouvoir se frayer un chemin pour se débarrasser du pouvoir du dictateur. Le
départ du dictateur était le préalable, et toute solution pouvant aboutir à ce
résultat devrait être utilisée y compris l’extrême solution qui a aboutit à
l’adoption d’une constitution de division. Aujourd’hui, la constitution de
blocage est adoptée, Azali s’accroche au pouvoir et il en fait de la nouvelle
constitution un outil pour semer une confusion politique sans issue. Une
politique de chaise vide reste la panacée du gouvernement de la pseudo-union et
les arrestations arbitraires pour tentative de coups d’état ses seuls moyens de
défense. Comme si le résultat escompté par le pouvoir de la pseudo-union,
c’était d’aboutir à un blocage pouvant ramener les Îles à se séparer
définitivement. Et cette situation est très probable, d’autant plus probable
que lors du dernier discours du 03 août du Président de l’île d’Ajouan, Mohamed
BACAR, celui-ci parlait je cite " d’une union en
cours " C’est à dire que l’union adoptée à travers la constitution
actuelle peut être mise en cause à tout moment. Donc, de ce point de vue, si
une priorité existait aux Comores ce ne serait pas en tout cas celle de
l’université, mais celle de la stabilité politique du pays, celle du respect
des institutions, et celle du respect de la démocratie et de la chartre des
droits de l’homme et des citoyens. Le gouvernement de la pseudo-union fait tout
le contraire, et il adopte une politique de surenchère en mettant en avant des
projets, telle l’université, susceptibles de détourner l’opinion sur les choses
essentielles. En même temps on assiste à une augmentation des prix des produits
de premier nécessités et la justification se trouve dans la construction de
l’université, selon les propos du ministre de l’union délégué aux finances.
Pourtant, le pays a connu une santé économique avec une croissance du PIB
moyenne de 2% depuis les cinq dernières années. Où se trouvent cachés les
fruits de cette croissance ?
Le
résumé de la politique économique du gouvernement de la pseudo-union est une
phrase : demander toujours plus de participation au plus démunis, ceux qui
ont du mal à subvenir aux besoins minimums de la vie. En effet,
la hausse du prix du riz, du transport, du pain etc. est un mauvais calcul
économique qui justifie la politiques économiques aux abois du régime Azali. A
chaque fois que le régime veut renflouer les caisses pour fiancer ses voyages,
il s’en prend aux plus démunis. Paradoxalement, ces mesures ne font que casser
le pouvoir d'achat des ménages, ralentir la consommation, et stopper le rythme
de croissance déjà en baisse de l’économie. A l'opposé de ce que font
les autres pays, le gouvernement Azali, au lieu de soutenir la croissance,
il est entrain d'étouffer l'économie comorienne, alors qu'il n'a pas été en
mesure de profiter de la croissance économique de ces cinq dernières années,
pour faire des économies, baisser le chômage et investir dans des projets de
développement. Est-il nécessaire de rappeler que dans ces 5 dernières
années la croissance était au rendez-vous aux Comores comme partout ailleurs
dans le monde: 1,2 en 98; 1,9 en 99; -1,1 en 2000; 1,9 en 2001; 2,5 en
2002. En même temps nos produits d’exportations se vendaient bien. La
reprise du cours du prix de la vanille depuis 1998 après l’épuisement
du stock mondial de 1997, le prix d'un Kg atteignait 6000 FC en 2001
contre 1500 FC en 1997; De même le prix du girofle a connu une hausse
considérable depuis 1999 suites à l'effondrement des plantations indonésiennes.
Le prix du KG atteignait 3000 FC contre 235 FC en 1998. L'appréciation du
dollar aussi a contribué à cette croissance. D’autres raisons existent, car en
2001 un accord de pêche de thon est conclu avec l'union européenne
destiné aux programmes techniques et scientifiques pour le développement
de la pêche comorienne. Ce programme fait rentrer dans les caisses de
l'Etat des centaines de millions de FC. On ne parle pas du
projet "269" qui fait rentrer une somme d’à peu près
équivalente à celle des accords pêches. On ne veut pas non plus citer les
plusieurs milliards de FC qui rentrent suite aux taxes douanières, à la
consommation du pétrole, à la consommation du téléphone SNPT, à la
consommation de l'électricité Mamwe etc.
Sous la
présidence de Djohar, nous disions que les recettes douanières mensuelles,
elles seules, suffisaient à couvrir toute la masse salariale des fonctionnaires
qui était évaluée à environ 600 millions FC à l'époque. Tout le monde sait
très bien que cette masse salariale mensuelle eut largement supérieure à celle
comptabilisée aujourd'hui compte tenu de la baisse significative des salaires
constatée depuis l'arrivée du dictateur. En 2001,cette masse salariale était
évaluée à 526 millions FC au lieu de 600 millions FC en 1998, alors que pendant
et avant cette période on n'a enregistré aucun flux financier entre
Anjouan et Moroni, en période de crise séparatiste. Notre étonnement c'est que
les dépenses n'ont cessé, cependant, d'augmenter pendant le régime
du dictateur, passant par exemple, en millions de FC, de 17617 en
2000 à 22441 en 2001. En même temps l'inflation n'a cessé de croître: 3,5 en
98; 3,5 en 99; 4,8 en 2000; 5,9 en 2001 et elle a semblé être maîtrisée en
décembre 2002 à 3%. Aujourd’hui le pays a perdu la maîtrise éphémère de cette
inflation suite aux dernières mesures de hausse des prix et des taxes.
On
voit bien que l’état dispose d’autres marges de manœuvres économiques pour
financer cette université. Les preuves existent et la SNTP en a donné la
démonstration en finançant à elle seule le projet du téléphone mobile à hauteur
de 3 milliards de FC. Nous attendons impatiemment de la société des
hydrocarbures, et de la société de l’eau et de l’électricité, Mamwe, des
investissements analogues, dans le même domaine ou dans des domaines
économiques différents. Cet exemple de la SNTP montre bien qu’il suffise
d’imposer une gestion saine dans les sociétés d’Etat pour dégager des économies
monstrueuses pour financer d’autres activités économiques. Nous attendons aussi
des explications sur l’utilisation des recettes du projet « accord
pêche », et du projet « accord 269. Il semblerait, selon les propos
du ministre de l’union délégué aux finances, en réponse aux journalistes, à la
question portant sur les dépenses exorbitantes de l’Etat, lors d’une conférence
de presse, qu’un ministre ne peut pas marcher à pied. Certes, un ministre ne
peut pas marcher à pied mais à condition qu’il remplisse sa mission de servir
le pays, ce qui n’est pas le cas de nos ministres. En revanche, il serait
respectueux, compte ténu de la situation économique du pays, que les ministres
de la pseudo-union et les militaires donnent l’exemple et revoient à la baisse
les dépenses exorbitantes de l’Etat. Les voyages inutiles qui ne rapportent
rien à l’Etat doivent être revus à la baisse en mettant en place des moyens de
communication de la nouvelle technologie actuelle, telle que la
vidéoconférence, les courriers électroniques etc. De même les dépenses
exorbitantes liées à la consommation du carburant, à l’achat des voitures de
fonction de luxe, aux voyages privés, peuvent être revues à la baisse jusqu’à
niveau minimal acceptable.
Aussi,
tout ceci suppose que l’ultime question des institutions politiques soit
résolue et que le gouvernement Azali, et tous les responsables du pays
acceptent de s’engager définitivement vers une voie de paix politique, sans
laquelle aucun projet sérieux ne peut être mis en oeuvre. Car cette paix
conditionne le présent et l’avenir du pays. Si la paix revient le débat sur
l’université sera ouvert et les moyens de la financer seront judicieusement
étudiés par nos parlementaires. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de prendre des
mesures injustes d’augmenter le prix du riz pour financer cette grande institution.
Car un kilogramme de riz ne peut pas financer une université de façon durable.
Ahamadou MZE SOILIHI
Ingénieur, Paris
ACTUALITES REGIONALES : Le gouvernement veut mobiliser les migrants de quatre pays
d'Afrique (Maroc, Mali, Sénégal et Comores) en faveur du développement de leurs
pays d'origine dans le cadre d'une politique de "codéveloppement", a
déclaré mercredi le ministre délégué à la Coopération Pierre-André Wiltzer.
Le gouvernement "a décidé de donner une plus grande
ambition à sa politique de codéveloppement" en canalisant l'épargne des
migrants vers l'investissement et en mobilisant "les élites des
communautés étrangères en faveur du développement de leurs pays
d'origine", a dit M. Wiltzer dans une communication en Conseil des
ministres.
Le ministre de la Coopération, dont les propos ont été
rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a souligné
que la France accueillait quelque 3,3 millions d'étrangers en provenance des
pays en développement. Il a indiqué que les fonds envoyés par les migrants dans
leurs pays d'origine "représentaient des sommes considérables".
En liaison avec les banques, "des circuits financiers
fiables et des incitations seront mis en place pour aider les migrants à
réaliser des investissements dans leurs pays d'origine". Ce dispositif
devrait être en place "courant 2004". D'autre part, M. Wiltzer a
souligné la nécessité de "mobiliser" les milliers d'enseignants,
médecins, chercheurs, ingénieurs, informaticiens formés en France "vers
des actions de développement de leurs pays d'origine".
Ces deux programmes bénéficieront notamment de financements
du ministère des Affaires étrangères.
Le choix du Maroc, du Mali, du Sénégal et des Comores est
justifié par "l'importance, le degré d'organisation et le dynamisme des
communautés en France, mais également par le souhait de leurs pays d'origine de
les associer à leurs politiques de développement", a affirmé M. Wiltzer.
" Le Gouvernement a décidé de donner une plus grande
ambition à sa politique de codéveloppement et d'ouvrir à cet effet deux
programmes nouveaux : - le premier vise à canaliser l'épargne des migrants vers
l'investissement : les fonds envoyés par les migrants dans leurs pays
représentent des sommes considérables. En liaison avec la profession bancaire,
des circuits financiers fiables et des incitations seront mis en place pour
aider les migrants à réaliser des investissements dans leurs pays d'origine.
Ces mécanismes et ces nouveaux produits financiers seront élaborés par les
réseaux bancaires en partenariat avec les structures de coopération classiques
et devraient être disponibles courant 2004 ; - le second s'appuie sur la
mobilisation des élites des communautés étrangères en faveur du développement
de leurs pays d'origine ; ces élites (enseignants, médecins, chercheurs,
ingénieurs, informaticiens) rassemblent en France plusieurs milliers de migrants
de haut niveau, formés dans les universités et les grandes écoles françaises.
Il s'agit de les mobiliser, selon une démarche volontaire, de les aider à
s'organiser et de les accompagner, en particulier à travers le monde
associatif, vers des actions de développement de leurs pays d'origine.
Ces deux programmes bénéficieront notamment de financements
du Fonds de solidarité prioritaire du ministère des affaires étrangères, qui
interviendra en liaison avec l'Agence française de développement.
Dans un premier temps, quatre pays ont été retenus pour la
conduite de projets pilotes : le Maroc, le Mali et le Sénégal ainsi que les
Comores. Ce choix est déterminé par l'importance, le degré d'organisation et le
dynamisme des communautés en France, mais également par le souhait de leurs
pays d'origine de les associer à leurs politiques de développement. "
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NOS BREVES : La Chine va
réhabiliter l'aéroport Prince Said Ibrahim de Moroni
La République populaire de Chine vient de confirmer son
engagement à réhabiliter l'aéroport international Prince Said Ibrahim de
Moroni, rapporte vendredi 17 octobre le journal gouvernemental Al-Watwan.
Le journal, qui évoque un entretien entre l'ambassadeur de
Chine à Moroni, Zhao Chumsheng, et le ministre d'Etat Houmed Msaïdié, affirme
qu'à l'issue de ces travaux de réhabilitation, "l'Union des Comores
disposera, au niveau des pays de l'océan Indien, de la plus belle piste
aéroportuaire de la région".
"La Chine prend en charge la construction d'un nouvel
aérogare d'une superficie de 2.500 m2 et ses annexes notamment des parkings
pour avion et voiture ainsi que des voies d'accès", a indiqué le ministre
Msaidié, cité par Al-Watwan.
Une mission
technique chinoise a récemment séjourné à Moroni pour y effectuer les études
préalables.
Au cours d'une récente visite d'Etat en Chine, le président
de l'Union des Comores, Assoumani Azali, avait signé avec les autorités
chinoises des conventions de coopération portant essentiellement sur les
aéroports et la construction de centrales électriques.
La Chine a déjà construit plusieurs infrastructures aux
Comores, notamment la Maison de la radio et télévision à Voidjou et le Palais
du peuple, qui abrite le Parlement comorien.
Le Directeur
des Impôts et son Receveur sous mandat de dépôt aux Comores
Les
gendarmes chargés de l'enquête préliminaire sur une tentative d'incendie du
bureau du receveur général des Impôts orientent leurs recherches vers le
directeur général des Impôts lui-même, a appris jeudi 16 octobre la PANA à
Moroni de source autorisée.
Mohamed Djounaïd,
qui avait déjà été longuement entendu mardi 14 octobre, a passé toute la
journée de jeudi à la brigade de recherches, qu'il n'a quittée qu'en fin de
soirée avec l'obligation de s'y présenter de nouveau vendredi matin, précise la
même source, ajoutant que sa résidence et son véhicule ont aussi été
perquisitionnés.
Les
enquêteurs n'excluent pas que le directeur ait agi de concert avec le receveur
général des Impôts, Saïd Mohamed Saïd, soupçonné quant à lui d'avoir payé des
jeunes loubards pour incendier son bureau en vue de faire disparaître des
documents comptables compromettants.
Au
cours de son audition, Saïd Mohamed Saïd a mis en cause son patron, apprend-on
de bonne source.
Le
correspondant la PANA n'a cependant pu établir le motif précis pour lequel M.
Djounaïd, qui fait partie des nouveaux "golden boys" du colonel
Azali, se sentirait menacé au point de prendre le risque d'incendier un bureau
de l'administration dont il est le patron.
Un
journaliste comorien qui suit de près ce dossier estime que l'affaire devrait
être prise avec beaucoup de précautions parce qu'elle pourrait cacher des manipulations
insoupçonnées.
D'ores
et déjà, les langues se délient au sujet d'une rumeur de plus en plus
persistante sur M. Djounaïd, à savoir qu'il aurait créé la surprise à
l'ambassade de France à Moroni en faisant une offre jugée inconsidérée pour
acquérir coûte que coûte une villa cossue que la chancellerie mettait en vente.
La
demeure a fini par être vendue à un commerçant connu, même s'il a été moins
disant.
Le directeur général comorien des impôts, Mohamed Djounaïd et le receveur principal des impôts, sont placés sous mandat de dépôt, a appris mercredi 22 octobre la PANA de sources policières à Moroni. La mise en détention préventive des ces deux responsables des impôts est intervenue au lendemain de la diffusion d'une émission de Radio Ngazidja sur le "détournement de fonds et la tentative d'incendie", émission au cours de laquelle les auditeurs intervenaient en direct par téléphone. Deux autres personnes ont été arrêtés. On les accuse d'avoir mis le feu aux bureaux de la direction des impôts. Constitué pour la défense de M. Djounaïd, Me Fahmi Saïd Ibrahim interrogé par la PANA estime que "cette accusation est un peu légère". "Je n'ai pas encore vu le dossier", a-t-il dit, avant d'ajouter qu'à son avis, le directeur général des impôts serait "l'objet d'une grande machination". La mise en détention provisoire des présumés coupables semble porter un démenti aux thèses selon lesquelles il y aurait une volonté "d'enterrer l'affaire"
Des médecins
réunionnais au service des malades mohéliens
Une trentaine de médecins
réunionnais de différentes disciplines se trouvent actuellement à Mohéli pour
une action humanitaire d'une semaine au cours de laquelle ils examineront et
traiteront quelque 6.000 patients.
Cette mission humanitaire, dont
les activités ont déjà commencé, a failli ne pas se rendre sur l'île suite à la
"psychose mercenaire" qui s'y était installée et qui a fait mobiliser
les militaires stationnés sur place, renforcés par des éléments dépêchés de
Moroni une semaine durant pour une vaine recherche d'"affreux".
On rappelle que l'auteur de
l'annonce d'une prétendue présence de mercenaires à Mohéli, Fahari Moegné, se
trouve depuis mercredi 8 octobre sous
mandat de dépôt.
Dans les milieux proches de
l'enquête, on est de plus en plus convaincu que M. Moegné a menti même s'il
persiste à nier avoir répandu des informations selon lesquelles lui et son
véhicule auraient été pris en otage par des "affreux".
Cette fausse nouvelle avait
suscité le scepticisme, voire l'indifférence parmi la population, mais une
grande inquiétude chez les autorités, qui ont pris l'affaire au sérieux comme
en ont témoigné l'envoi de troupes en renfort dans l'île, le couvre-feu qui y
était instauré et le renforcement des patrouilles à Moroni.
Une nouvelle
publication dans les kiosques à Moroni
L'ancien ministre comorien de
l'Information pour une courte période après la chute de Ali Soilihi en 1978,
Hadji Hassanali, qui a déjà à son actif La Lettre des Comores, un hebdomadaire
ayant cessé de paraître depuis très longtemps pour des raisons financières, a
mis un nouveau titre sur le marché, La Tribune des Comores, le dernier né de la
presse comorienne.
La nouvelle publication vendue 300
FC (0,6 euro) l'exemplaire, s'intéresse à l'analyse politique, à l'économie et
aux problèmes de société.
Elle paraît presque un mois après
l'annonce de la disparition de Al-Fajr, un bi-mensuel édité dans l'île
d'Anjouan obligé de fermer boutique par le pouvoir local.
Dans les milieux journalistiques
comoriens où l'on salue l'arrivée de la nouvelle publication, on reste tout de
même sceptique quant aux chances de sa survie, se demandant notamment si elle
sera épargnée par les difficultés auxquelles n'ont pas pu échapper les autres
journaux comoriens.
A ce jour, le quotidien Le Matin
des Comores n'est toujours pas dans les kiosques, trois semaines après la
signature d'une convention de financement avec l'ambassadeur des Etats-Unis à
Maurice lors de son passage mi-septembre à Moroni.
Une bonne nouvelle, toutefois,
pour Le Matin des Comores, à en croire une indiscrétion d'un confrère selon
lequel le quotidien aurait épongé ses arriérés auprès de son imprimeur.
La Gazette des Comores, un
hebdomadaire né en juillet 1999, a mis la clé sous le paillasson depuis bientôt
un an. De sources proches de son directeur actuellement dans l'île de La
Réunion, le journal pourrait faire rapidement son retour dans les kiosques,
avec une périodicité quotidienne.
Vers
l'ouverture d'une ambassade sud-africaine à Moroni
L'Afrique du Sud, dont les
relations avec les Comores sont plutôt bonnes, pourrait ouvrir bientôt une
représentation diplomatique au niveau d'ambassade à Moroni, a-t-on appris, dans la capitale comorienne où séjourne
actuellement une mission de Pretoria à cette fin.
Avant de repartir pour Pretoria le
14 octobre, la mission, conduite par le directeur du département "Corne de
l'Afrique et des îles de l'océan Indien" au ministère sud-africain des
Affaires étrangères, M. D. Wild, procèdera, avec les autorités comoriennes, à
l'examen des questions d'ordre technique et consulaire préalables à l'ouverture
de cette représentation.
Les Comores ont, des années
durant, entretenu des relations très étroites avec Pretoria sous le règne du
président Abdallah Ahmed.
Dans le domaine médical, les
Comores avaient bénéficié, durant cette période, d'un soutien assez important
au travers d'évacuations sanitaires dans les hôpitaux sud-africains.
Sous le règne de M. Abdallah, la
garde présidentielle comorienne, commandée par le célèbre mercenaire français
Bob Denard, dépendait largement, sur le plan budgétaire, de fonds octroyés par
le régime de l'apartheid.
L'Afrique du Sud, qui s'était
montrée disposée à peser de tout son poids pour trouver une solution juste et
durable à la crise séparatiste comorienne dès son éclatement en 1997, assure
actuellement la coordination des efforts de l'Union africaine sur cette
question.
En août dernier, le gouvernement
sud-africain avait accueilli à Pretoria une réunion ministérielle des pays de
la région et de la Troïka de l'Union africaine sur les Comores.
Le président sud-africain, Thabo
Mbeki, est attendu à la fin de ce mois à Moroni pour la suite à donner aux
conclusions de cette réunion de Pretoria.
"Après l'assassinat
d'Abdallah fin 1989 par les hommes de Denard, et l'avènement de la société
multiraciale en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela en 1991,
Moroni n'a pas su tirer profit de cette nouvelle donne", a déclaré à la
PANA, sous couvert de l'anonymat, un conseiller du président Azali, qui a
ajouté: "Il nous faut combler cette lacune en renforçant nos relations
avec Pretoria.
Les échanges commerciaux entre ces
deux pays membres de la COMESA sont très faibles, pour ne pas dire inexistants
alors que les opportunités économiques sud-africaines auraient, à elles seules,
suffi pour les besoins des Comores.
Les Verts
demandent la libération de l’avocat franco-Comorien Saïd Larifou
Les Verts ont demandé mercredi la libération
"immédiate" de l'avocat franco-comorien Saïd Larifou, interpellé le
22 septembre alors qu'il allait organiser à Moroni une manifestation contre la
vie chère.
Condamné le 7 octobre à 90 jours de prison dont 75 avec
sursis pour outrage à magistrat, M. Larifou est en outre accusé
d'"atteinte à la sûreté de l'Etat".
Dans un communiqué, le député de Paris Yves Cochet s'inquiète
de cette "arrestation arbitraire" et "exige que les autorités
françaises usent de toute leur influence" sur le chef de l'Etat, le
colonel Azali Assoumani, "pour la libération immédiate" de l'avocat.
Me Larifou dirige aux Comores le parti Ridja (Rassemblement pour une initiative
de développement avec une jeunesse avertie). Selon son avocat, Me Jean-Gilles
Halimi, il ne s'est rendu coupable d'aucune "atteinte à la sûreté de
l'Etat" et subit des conditions de détention très précaires.
Me Saïd
Larifou condamné aux Comores pour outrage à magistrat
Le président du parti comorien Ridja, Me Saïd Larifou, a été
condamné mardi, pour "outrage à magistrat", à 90 jours de prison dont
75 avec sursis par le tribunal de Moroni qui a vidé son délibéré de l'audience
du jeudi 2 octobre 2003.
En prononçant cette peine, le tribunal a reconnu l'opposant
coupable mais n'a pas totalement suivi le procureur de la République Idi Bazia
qui, à l'audience du 2 octobre, avait requis trois mois de prison dont deux
avec sursis contre Saïd Larifou.
Me Larifou, refusant une ordonnance de mise sous mandat de
dépôt prise par la juge Thanay Tasmine le 24 septembre 2003, aurait qualifié le
document de "chiffon" ou de "torchon" et aurait traité les
Comores de "République bananière".
Arrêté le 22 septembre dernier pour "atteinte à
l'autorité et à la sûreté de l'Etat" dans une autre procédure en cours,
Saïd Larifou est défendu, entre autres, par le bâtonnier de Saint-Pierre (La
Réunion), Me Boithard du barreau de Paris et Me Fahmi Saïd Ibrahim, avocat à la
Cour à Moroni.
Le président
Azali a rencontré à Paris Pierre-André Wiltzer
Le président comorien, Assoumani Azali, a rencontré le lundi
6 à Paris le ministre français délégué à la Coopération, Pierre-André Wiltzer,
a-t-on appris de source diplomatique française.
Le chef de l'Etat comorien et M. Wiltzer ont évoqué les
relations bilatérales franco-comoriennes et la situation politique aux Comores,
notamment l'évolution du processus de Fomboni, a ajouté la même source.
Selon elle, Paris a plaidé pour le parachèvement du
processus politique par la tenue d'élections législatives afin de désigner les
assemblées des îles, conformément aux accords de sortie de la crise comorienne
signés en novembre 2001 sur l'île de Mohéli.
Arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat militaire en
1999, Assoumani Azali s'était fait élire président des Comores en décembre 2001
lors d'un scrutin contesté par ses adversaires politiques qui avaient dénoncé
"d'énormes irrégularités".
Il avait auparavant fait voter par référendum une nouvelle
Constitution qui entérine les accords de Fomboni parrainés par l'Organisation
internationale de la Francophonie (OIF), l'Union africaine et la France.
Bimensuel d’information régionale édité par Comores-infos
tél.+ fax: 0262.57.92.04.
Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN : 1600-7289
N° Siret : 429 887 326 00016 - Code APE 924Z - N° de
commission paritaire en cours.
Directeur de la
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