EDITORIAL: LES ATTEINTES AUX DROITS DE L’HOMME PRENNENT UNE TOURNURE DRAMATIQUE A MAYOTTE

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es Comores ont accédé à l’indépendance, le 6 Juillet 1975. Elles ont été admises à l’ONU comme un pays composé de 4 îles à savoir la Grande Comore, Anjouan, Mayotte et Mohéli. Mais la France s’est maintenue à Mayotte violant ainsi de manière flagrante les règles du droit international rappelées par les différentes résolutions de l’ONU consacrées à l’affaire de Mayotte.

Les comoriens vivant à Mayotte sont considérés par les autorités françaises comme des « clandestins ». Ils ne le sont pas si on se base sur le droit international. Les juristes savent que le droit international prime le droit interne des Etats en matière de hiérarchie des normes.

Les différents gouvernements français, de droite comme de gauche, ont toujours attisé la haine entre les comoriens et désigné le prétendu « clandestin » comme étant le responsable de tous les maux dont souffre Mayotte. Ce qui rappelle de manière étrange la campagne haineuse et calomnieuse de Jean Marie LE PEN contre les immigrés.

Des événements d’une exceptionnelle gravité se sont déroulés à Mayotte le 27 octobre 2003.

Des employés communaux ont mis le feu à une trentaine des cases de comoriens dans le

  Sommaire :

 

NOTRE DOSSIER :

 

*  Abomination à Mayotte. Un petit village Hamouro est incendié par des employés municipaux

*  Lettre de la SCDEN-CGT au cabinet de la Ministre de l’Outre Mer

*  Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de Mayotte suite aux événements de Hamouro

 

POLITIQUE:

 

*  La FIDH préoccupée par la situation d’un opposant comorien

*  Le RIDJA dénonce la sévérité du contrôle imposé à Saïd Larifou

*  Réunion extraordinaire des ministres de la COI à Moroni les 30 et 31/10/2003

*  Déclaration des Etats membres de la COI

*  Communiqué de l’Initiative Citoyenne Comorienne ( ICC )

 

BREVES :

*  Wilfrid Bertile démissionne de la COI

*  Bouygues s’intéresse au port de Moroni

*  Alcatel choisi pour le réseau du GSM aux Comores

*  Un des enfants de la Creuse témoigne dans un livre poignant

 

Suite de l’édito

 

village d'Hamouro, commune de Bandrele à Mayotte. Les hommes avaient quitté le village suite à une vaste rafle lancée sur ordre du Procureur selon le Préfet de Mayotte. Les gendarmes qui étaient sur place ne sont pas intervenus pour empêcher les agents municipaux d’effectuer des actes illégaux. Leur commandant gêné par la tournure dramatique des événements a déclaré que la gendarmerie a été manipulée dans cette affaire. 

Les maisons ont été brûlées et aucune tente, aucun repas n’a été fourni aux victimes. De nombreuses organisations de la société civile  ont été indignés devant de tels actes mettant à la rue des familles entières, dépourvues du peu de bien qu'elles avaient. Ces actes se sont déroulés dans une partie du territoire comorien qui continue d’être administrée par la France.

Si le droit français était appliqué à Mayotte, le Procureur aurait dû ouvrir une enquête et engager des poursuites pénales à l’encontre du Maire de Bandrele qui a donné à ses employés l’ordre de brûler des maisons appartenant à des citoyens. Cette affaire est plus grave que l’affaire des paillotes en Corse car les maisons ont été brûlées et le commanditaire est connu de tous.

Les gouvernements français sont toujours prompts à donner des leçons aux autres pays sur le non respect des droits de l’homme. Brûler la maison d’une personne constitue une très grave atteinte au droit de la propriété et de la dignité humaine. Les autorités françaises devraient, si elles veulent rester crédibles, engager des poursuites pénales à l’encontre du Maire de Bandrélé. Ce Maire a fait plus fort que Le Pen ; en effet, le Front National malgré ses attaques verbales n’a jamais incendié des maisons appartenant à des immigrés.

Ces tristes évènements se sont déroulés en plein mois de Ramadan, un mois sacré, faut-il le rappeler, pour les musulmans, la religion pratiquée par l’immense majorité des comoriens vivant dans les 4 îles.

Il est vraiment regrettable que le gouvernement comorien n’ a pas osé élever la moindre protestation pour condamner ces actes scandaleux. On se demande les raisons d’être d’un gouvernement qui n’est pas capable de défendre ses ressortissants.

Le gouvernement français a une lourde responsabilité dans cette affaire. Il a le devoir de réprimer sévèrement de tels actes afin d’éviter que Mayotte ne plonge dans des pratiques illégales et fascisantes .

Mayotte ne se développera pas dans la haine, l’exclusion et la xénophobie. C’est tout le contraire qui risque d’arriver.

 

La Rédaction

NOTRE DOSSIER: 

ABOMINATION A MAYOTTE UN PETIT VILLAGE, HAMOURO, EST INCENDIE PAR DES EMPLOYES MUNICIPAUX

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e 27 octobre 2003, la gendarmerie française arrête tous les hommes de Hamouro, un petit village maorais situé à 5 km de Bandrele au motif de « recherche d’immigrés clandestins ». Vidé de ses hommes, Hamouro fut incendiée par les employés municipaux de Bandrele. Un reportage télévisé par RFO montre les employés municipaux de Bandrele brûlant sélectivement les maisons des « comoriens » avec leurs pauvres mobiliers ; on les voit attiser les flammes sur les taudis en bambou, pisé et autres feuilles tressées ; et tout cela sous le regard impassible des « forces de l’ordre ». Femmes, enfants et vieillards hagards assistent impuissants au forfait tout en versant des chaudes larmes. Le reportage s’attarde sur un vieillard qui hurle son incompréhension et témoigne de l’unité de la population comorienne.

Cet acte odieux a suscité une forte réprobation, y compris dans la communauté des expatriés français de Maore. Une plainte serait même entrain d’être déposée pour crime contre l’humanité.

Le FD et les patriotes comoriens à Mayotte sont entrain de rassembler leurs forces pour réagir face à l’ignominie induite par la politique criminelle de la France à Mayotte. Car il s’agit bien des conséquence de la culture de la haine contre « l’immigré », c'est-à-dire le comorien non originaire de Mayotte, qui a pris ces derniers mois des proportions hallucinantes. La France demande aux maorais de « faire le ménage » chez eux pour « mériter de devenir français ». La voie est pavée pour tous les forfaits. Le Pen est dépassé dans le délire anti-immigré.

Et pendant ce temps c’est le black-out complet dans l’Union des Comores qui semble se désintéresser complètement du sort réservé à la nation comorienne et à ses ressortissants :

§         Le Ministère d’Etat chargé des Relations Extérieures de l’Union continue son train-train quotidien comme si Mayotte n’existait pas.

§         Le Chef de l’Etat continue à parler de la sécurité des comoriens en ignorant Mayotte.

Ceux qui ont les rennes de l’Etat comorien semblent avoir capitulé face au projet colonial français de départementalisation définitive de l’île comorienne Mayotte et ont abandonné toute résistance. Pire, même la défense humanitaire des comoriens ne fait pas partie de leurs soucis, jamais on les a entendus sur les centaines de morts sur le bras de mer Anjouan – Mayotte, jamais ils n’ont levé le petit doigt quand des comoriens sont malmenés à Mayotte. Par contre, ils se sont illustrés en agréant l’intégration de l’île comorienne Mayotte dans une soi-disant France de l’Océan Indien.

Le Front Démocratique conscient de la complexité de la question de l’île comorienne Mayotte appelle à un sursaut national. Nous n’avons pas le droit d’abandonner la partie et ce faisant aliéner l’avenir des générations futures. Dans cette perspective, le FD :

 

§         Invite toutes les forces attachées à un règlement pacifique et équitable de la question du retour de Mayotte dans l’Union à se rassembler dans le cadre du comité MAORE pour mobiliser, organiser des protestations, amener les autorités aux divers échelons à s’associer à cette lutte nationale et aboutir à la création d’une commission nationale MAORE

§         Demande aux hautes autorités de l’Union à

o        Exiger de la France qu’une enquête officielle et publique soit diligentée sur l’incendie du petit village traditionnel comorien HAMOURO

o        Exiger la suppression du visa qui se trouve à la base de ces nombreux drames humains.

 

Le Bureau Exécutif du FD Moroni le 31/10/2003

 

Messieurs les chef et secrétaire de Cabinet de Madame la Ministre de l'Outre Mer.

 

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es employés municipaux de Bandrele viennent de brûler le village d'Hamouro !

 

Hamouro est un petit village de Mayotte qui dépend de la ville de Bandrele située à 5 km. Hamouro a un tort : il est habité en grande partie par des Anjouanais, population immigrée souvent clandestine.

 

D'après le journaliste de RFO qui a réalisé le reportage télévisé, la gendarmerie venait de vider Hamouro  de ses hommes. Restaient les femmes, les enfants et les personnes âgées.

 

N'écoutant que leur courage, c'est dans ce contexte que les employés municipaux ont brûlé sélectivement les maisons des Anjouanais, avec leurs pauvres mobiliers. On les voit attiser les flammes sur les maisons de bambou, de pisé et de végétaux tressés. La caméra glisse sur des chats carbonisés et des forces de l'ordre apparemment passives. Un des plus beaux villages traditionnels de Mayotte n'est plus.

 

Cette mère de 12 enfants n'a plus rien et pleure son désespoir, ce vieillard hurle son incompréhension et témoigne que beaucoup de Mahorais sont eux mêmes descendants d'Anjouanais...

 

Ces actes de xénophobie sont ignobles, odieux dans leur contexte particulier, à tel point qu'on peine à trouver les mots pour exprimer son dégoût...

 

Il n'y a pas si longtemps qu'un enfant malade était sorti d'un dispensaire à Mayotte, que des pogroms étaient organisés dans certains villages où, à coups de haut parleurs, on sommait les "étrangers de partir sous huit jours".

 

Nous demandons à Madame la Ministre de donner les instructions nécessaires pour qu'une enquête soit immédiatement diligentée, que des décisions énergiques soient prises, afin de montrer que , dans ce futur département français, ces actes de barbarie, contraires aux droits de l'homme les plus élémentaires, contraires à la loi, ne seront plus tolérés.

 

Jean-claude Genest, secrétaire du syndicat SCDEN-CGT-Mayotte

 

 

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PREFET  DE MAYOTTE SUITE AUX EVENEMENTS DE HAMOURO

FONDATION COMORIENNE DES DROITS DE L’HOMME

B.P. 328   Hapandré Mutsamudu Anjouan Union des Comores fcdh@snpt.km; fondation_adh@yahoo.fr

Tel : 269 71 15 43 Fax : 269 71 12 11

 

Monsieur le Préfet,

 

 

La Fondation Comorienne des Droits de l’Homme en tant qu’ ONG de défense des Droits de l’Hommes a l’honneur de vous informer qu’elle suit de près la façon dont l’autorité mahoraise traite les comoriens  originaires d’Anjouan, de Mohéli et de la Grande Comore.

 

Les traitements sont caractérisés par des violations des Droits de l’Homme d’une part et par une culture manifeste de la haine et de la xénophobie à l’encontre des soit disant immigrants comoriens depuis que Mayotte s’est retirée des Comores.

 

            Monsieur le Préfet,

 

            Vous n’êtes pas sans savoir que toutes les Comoriennes et tous les Comoriens d’Anjouan, de Mohéli, de la Grande Comore et de Mayotte sont tous et toutes des frères et sœurs de sang, d’origine, d’histoire, de culture et de religion. Ce qui suppose que le fait de développer une culture de haine et de xénophobie entre des frères et sœurs constituent une violation des Droits de l’Homme.

 

            La FCDH vous fait connaître, Monsieur le Préfet, que  même si Mayotte est sous administration française comme étant une situation de fait, rien ne légitime en aucune manière, ces actes de violation des Droits de l’Homme et de xénophobie.

 

            Comment peut-on développer une coopération régionale avec une telle attitude de restriction à outrance de circulation des biens et des personnes ?

 

            Les évènements criminels et tragiques d’incendie volontaire des 28 paillotes où vivaient plusieurs familles d’immigrés comoriens commis dans le village de Hamouro, le lundi 27 octobre 2003, 1er jour de Ramadan, jour sacré pour les musulmans, par le  Maire de Bandrele et ses complices, témoignent les actes inhumains, cruels, dégradants brefs de violation des Droits de l’Homme que commettent quotidiennement les Autorités Mahoraises à l’encontre des comoriens résidant à Mayotte. Alors que la France est l’une des grands défenseurs des Droits de l’Homme et de la démocratie au niveau mondial.

 

            A ce propos, la FCDH demande avec fermeté à ce que :

 

le Maire de Bandrélé et tous ses complices soient traduits en justice.

 

La FCDH pourrait se constituer partie civile au Tribunal Pénal International de La Hayes  si ce dossier est classé sans suite.

 

            Mutsamudu, le 29 Octobre 2003

 

Le Président de la FCDH - Ahmed Mohamed Allaoui

 

 

POLITIQUE: 

La FIDH préoccupée par la situation d'un opposant comorien

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a Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) se dit "fortement préoccupée" par la situation actuelle de l'opposant comorien Said Larifou, soumis, selon elle, à "un traitement aussi peu respectueux des dispositions internationales relatives à la protection des droits de l'homme".

 

M. Larifou, avocat, avait été arrêté le 22 septembre à Moroni, suite à une manifestation organisée par son parti, le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja), pour dénoncer la hausse des prix des produits de première nécessité décidée par le gouvernement de l'Union des Comores.

 

Il avait été remis en liberté le 15 octobre sous contrôle judiciaire et attend son procès.

 

Dans des lettres ouvertes adressées à Dominique de Villepin, ministre français des Affaires étrangères, et à Azali Assoumani, président de l'Union des Comores, la FIDH dénonce le "sévère contrôle judiciaire" obligeant Saïd Larifou à se présenter chaque jour devant le juge, avec interdiction de parler aux journalistes et aux hommes politiques.

 

L'organisation affirme également qu'il lui est en outre interdit de quitter l'île de la Grande Comore, ce qui l'empêche d'exercer sa profession d'avocat au barreau de St Pierre de La Réunion et de rejoindre sa famille, alors "qu'aucune preuve tangible ne semble à présent étayer l'accusation d'atteinte à la sécurité de l'Etat et de déstabilisation".

 

 

Le Ridja dénonce la sévérité du contrôle imposé à Saïd Larifou

L

e secrétaire général du Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja, opposition) a dénoncé une nouvelle fois la rigueur du contrôle judiciaire imposé au président de ce parti, Saïd Larifou.

 

S'exprimant au cours d'une conférence de presse donnée jeudi dans la capitale comorienne, Achirafi Ahamed a qualifié de "complot contre le parti et son président" l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'Etat de retenue par les autorités contre Me Larifou.

Il a notamment dénoncé l'interdiction faite au président du Ridja de se rendre à la mosquée et même d'assister, tout récemment, à l'enterrement d'un de ses neveux, décédé à Foumbouni, sa ville natale.

 

Le secrétaire général du Ridja s'est inscrit en faux contre les déclarations des services de renseignement qui laissent entendre que Me Larifou préparait un plan pour s'évader et quitter les Comores.

 

"Cela est faux. Me Larifou respecte la loi. Ces allégations nous inquiètent au point que nous avons demandé aux autorités d'assurer la sécurité de Me Larifou", a-t-il dit.

 

Dans le cadre de cette affaire de complot, la confrontation qui devait avoir lieu ce jeudi entre le commandant Combo Ayouba et le Français Philippe Verdon n'a pas eu lieu, la juge Thanay Tasmine l'ayant renvoyée à plus tard.

 

M. Verdon est l'un des deux Français accusés avec Saïd Larifou de "complot et d'atteinte à la sûreté de l'Etat". Un autre Français, Pascal Lupart, également impliqué dans la même affaire, a été remis en liberté la semaine dernière et placé sous contrôle judiciaire.

 

Officier de l'armée comorienne dont il est membre de l'état-major, le commandant Combo Ayouba est celui qui aurait dénoncé Philippe Verdon après l'avoir enregistré son insu, mais l'enregistrement n'a jamais été versé au dossier d'enquête malgré la demande de l'avocat des mis en cause.

 

 

Un fond fiduciaire pour les Comores

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n groupe informel dénommé "les Partenaires des Comores" envisage la mise en place, en cas d'accord entre l'Union et les îles autonomes, d'un fonds fiduciaire, auquel tous les partenaires pourront contribuer, excepté le Fonds monétaire international (FMI), selon une déclaration adoptée par les participants à la réunion de Paris cette semaine, et dont copie est parvenue à la PANA jeudi.

 

Le groupe, que constituent la Banque mondiale, la Commission européenne, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Fonds monétaire international (FMI), l'Afrique du Sud,  l'Ile Maurice et la Françe, se dit convaincu que la poursuite du dialogue entre l'Union et les îles autonomes est la seule approche prometteuse permettant de parvenir rapidement à un accord sur les arrangements de la période transitoire et d'achever le processus de Fomboni.

 

Le groupe s'est aussi engagé à appuyer le parachèvement et le fonctionnement des institutions issues du processus de Fomboni pendant la période de transition et à soutenir l'organisation des élections législatives.

 

Il promet également de travailler avec toutes les parties, après l'achèvement de processus de Fomboni et la tenue des élections législatives, au développement des Comores et à la lutte contre la pauvreté.

 

 

La capitale anjouanaise presque sevrée d'Internet

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'accès à l'Internet est devenu un privilège quasi inaccessible pour les citoyens ordinaires de Mutsamudu, capitale de l'île autonome d'Anjouan, depuis que l'unique cybercafé de Mahamoud El-Arif, situé à Chitsangani, a fermé ses portes.

 

Ce commerçant autodidacte avait été à l'origine d'une "révolution technologique" dans la ville en offrant une connexion haut débit directement à partir d'un satellite, sans passer par l'unique fournisseur d'accès du pays: la Société nationale des postes et télécommunications (SNPT), qui jouit d'une situation de monopole pour les produits de télécommunications.

 

"C'était le paradis ici, dit-un internaute plein d'amertume, tandis qu'un autre souligne que même des personnes qui avaient accès à l'Internet chez eux se rendaient chez El-Arif, tant c'était rapide.

 

Mahamoud El-Arif a dû fermer son cybercafé suite à la cessation d'activité de la société Anjouan Phone Plus. Cette société mixte, dont l'île autonome d'Anjouan détenait des parts, s'était vite mise à dos à la fois le gouvernement de l'île et la SNPT. Le premier l'accusait de malversations, et la seconde défendait son monopole.

 

Anjouan Phone Plus avait tenté de mettre en place un service de vente de cartes prépayées, ainsi qu'un éphémère réseau de téléphonie mobile et c'est elle qui offrait à Mahamoud El-Arif l'accès au satellite qui avait fait le bonheur des internautes de Mutsamudu avant qu'ils n'en soient sevrés.

 

Depuis la disparition d'Anjouan Phone plus, la SNPT est redevenue le passage obligé pour l'accès à l'Internet à Anjouan comme en Grande-Comore et à Mohéli. Mais à Anjouan, tous les usagers se plaignent de lenteurs inexpliquées et de coupures intempestives qui rendent la navigation quasiment impossible.

 

Des petits commerçants qui ont tenté de "vendre de l'Internet" ont vite abandonné, comme ce revendeur de vêtement de Fokudjuwu.

"J'avais voulu offrir un service Internet, mais j'abandonne parce que la ligne téléphonique est presque toujours saturée, il y a trop de coupures et puis le débit est trop lent", explique-t-il.

 

Résultat, il devient impossible d'envoyer le moindre e-mail à partir de Mutsamudu, sauf pour ceux qui ont leur propre équipement et leur propre ligne téléphonique, c'est-à-dire très peu de gens.

 

Mais d'ores et déjà, Mahamoud El-Arif pense à une "autre solution technologiquement satisfaisante" sur laquelle il ne veut pas s'étendre pour le moment.

 

 

Pascal Lupart libre mais sous contrôle judiciaire aux Comores

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ascal Lupart, le deuxième français après Philippe Verdon accusés de "complot et d'atteinte à l'autorité et à la sûreté  de l'Etat", a retrouvé sa liberté mais placé sous contrôle judiciaire, a constaté la PANA sur place, à Moroni.

 

Les deux Français amis de Saïd Larifou, ont été arrêtés à leur hôtel dans la nuit du 21 septembre, la veille de la marche pacifique qu'avait organisée le Ridja, le parti de l'avocat franco-comorien Saïd Larifou, pour manifester contre la cherté de la vie le 22 septembre à Moroni.

 

A la maison d'arrêt de Moroni, se trouve encore en détention dans le cadre de cette affaire, Philippe Verdon qui pourrait, assure-t-on de sources bien informées, retrouver bientôt sa liberté.

 

Ce dernier pourrait rencontrer jeudi, pour les besoins d'une confrontation devant le juge, le commandant Combo Ayouba annoncé comme son principal accusateur qui aurait enregistré à son insu une conversation qu'ils auraient eue quelques jours avant la manifestation du 22 septembre.

 

Comme Me Saïd Larifou, Pascal Lupart est soumis à un sévère contrôle judiciaire l'obligeant à se présenter chaque jour devant le juge, avec interdiction de parler aux journalistes et aux hommes politiques.

 

"S'ils doivent comparaître un jour, dit-on dans les milieux proches de l'enquête, les trois accusés pourraient être jugés pour incitation et trouble à l'ordre public, "l'attentat et l'atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat" qui leur sont reprochés étant susceptibles d'être requalifiés.

 

 

COMMUNIQUE L’Initiative Citoyenne des Comores (ICC)

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’Initiative Citoyenne des Comores (ICC) se félicite de la réunion extraordinaire des Ministres de la Commission de l’Océan Indien (COI) qui se tient actuellement à Moroni, et adresse ses remerciements chaleureux à tous les pays membres d’avoir accepté l’invitation de l’Etat comorien.

 

L’’ordre du jour porte en particulier, sur la lutte contre les déversements des déchets d’hydrocarbures dans les eaux de notre région, l’approche commune et complémentaire contre le sida, ainsi que la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes. Il est garni de sujets essentiels pour la sécurité collective de nos pays, de nos populations et de notre patrimoine commun qu’est l’environnement.

 

La réussite de ces objectifs ne doit comporter aucun maillon faible, et nécessite une forte volonté effective des Etats, de chaque Etat, au delà des discours de circonstance prononcés à l’occasion de telles rencontres internationales ou régionales.

 

L’ICC saisit cette opportunité pour saluer les pays de la région qui ont entrepris depuis longtemps des actions pour aider les Comores à sortir de cette longue crise. Les Accords d’ Antananarivo, jusqu’à ceux plus récents de Paris, ainsi que les interventions constantes des autres pays, sont là pour rappeler cet engagement de la communauté régionale de la COI en faveur de notre pays.

 

Malgré cet acharnement constructif de la communauté internationale et régionale, l’on ne peut que constater que la réconciliation nationale longtemps promise n’est pas seulement en panne, mais connaît en plus des phénomènes aggravants, que ni la première phase d’usurpation du pouvoir, ni celle suivante d’élections contestées n’ont apporté de véritables réponses.

 

La crise de confiance qui, initialement, était confinée dans une île, s’est en effet généralisée dans l’ensemble de l’archipel et continue de se répandre dans l’ensemble de la communauté internationale. Et pourtant, la durée qui a manqué aux régimes politiques précédents pour aborder avec efficacité cette crise était bien disponible dans le système actuel, mais a davantage servi aux égoïsmes politiques au détriment de l’intérêt général national.

 

C’est ainsi que notre pays est enfoncé dans une tourmente politico sociale inconnue dans le répertoire des crises comoriennes antérieures. Elle est caractérisée par une corruption endémique, une centralisation à outrance du pouvoir politique concentré aux mains d’un clan, voire d’une personne, un usage public du double langage en fonction des interlocuteurs, et une relégation des Comores au rang d’unique pays de la région à ne pas disposer d’assemblée législative élue.

 

Aussi, l’ICC estime que la tenue d’un sommet des Chefs d’Etat de la Région aux Comores, doit être impérativement précédée par la tenue d’élections législatives régulières, transparentes et reconnues par l’Union et l’ensemble des îles autonomes.

 

Moroni le 31 octobre 2003

 

Route de Daché

Pangadjou

Tél : (269) 73 09 33

E-mail : iccomores@yahoo.fr                

 

 

Réunion extraordinaire des ministres de la COI, jeudi à Moroni

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a Commission de l'océan Indien (COI) tient son conseil des ministres extraordinaire jeudi et vendredi à Moroni, où se trouve déjà le ministre seychellois des Affaires étrangères, Jérémie Bonnelame, attendant ses homologues de France-Océan Indien (La Réunion), Madagascar et Maurice.

 

S'entretenant mercredi avec la presse, M. Bonnelame a loué les mérites de l'organisation régionale, citant en exemple "le travail de qualité" réalisé au cours des derniers mois entre les Comores et les Seychelles dans la délimitation des zones économiques exclusives entre les deux pays.

 

Interrogé sur la réalité de la COI du point de vue économique, Jérémie Bonnelame a d'abord relevé le Programme régional intégré des échanges (PRIDE) financé par l'Union européenne (UE) qui a pris fin il y a plus d'un an.

 

Se félicitant de l'objectif du PRIDE, il s'est néanmoins interrogé sur sa consistance: "la faiblesse du programme est d'avoir peut-être mis l'accent sur les échanges commerciaux alors qu'il manquait d'un volet production", a-t-il dit.

 

La session ministérielle de la COI, qui aura été précédée de la réunion des officiers permanents de liaison (OPL), doit notamment préparer la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation, prévue l'an prochain  à Moroni, à une date qui sera fixée par la présente rencontre des ministres.

Même si très peu de choses ont filtré de la réunion des OPL, certains observateurs croient savoir qu'en dehors de la crise comorienne, qui ne manquera pas d'être au centre des débats, le renforcement des relations entre les pays membres de la COI sur le plan économique occupera une bonne partie des discussions.

 

On rappelle que la présidence en exercice de la Commission de l'océan Indien est assurée actuellement par les Comores

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE coi suite a la session extraordinaire des ministres de la COI les 30 et 31 octobre 2003

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a réunion extraordinaire du Conseil des Ministres s’est tenu les 30 et 31 octobre 2003 aux Comores sous la présidence de SE M Souef El amine, Ministre d’Etat comorien chargé des Relations Extérieures, de la Coopération, de la Francophonie et des Comoriens de l’étranger.

 

Ont pris part aux travaux les Ministres :

 

 

Ainsi que MM Hugues SALVAN, vice-président du Conseil Général de La Réunion et Antoine MINATCHY, vice-président du Conseil Régional de La Réunion, Gonthier FREDERICI, Préfet de la Région Réunion, Wilfrid BERTILE, Secrétaire Général de COI.

 

Ils ont approuvé le relevé de décision et ont adopté la déclaration commune ci-après.

 

RELEVE DE DECISION

Point 2  Questions nécessitant une décision d’ordre politique

 

Point 2.1           Plan régional de lutte contre le déversement des hydrocarbures

 

Le Conseil des Ministres décide de signer le Mémorandum d’entente du plan régional de lutte contre le déversement des hydrocarbures selon la version proposée à l’issue de ses travaux.

 

Le Conseil des Ministres se prononce pour la localisation du Centre Régional de Coordination du plan régional de lutte contre le déversement des hydrocarbures à Madagascar.

 

Le Conseil des Ministres demande que les formations soient organisées dans les différents pays en fonction des besoins.

 

Point 2.2           Désignation de la COI comme structure régionale de coordination dans le cadre du Plan d’Action de la Barbade

 

Le Conseil des Ministres se réjouit du rôle internationale confié à la COI par l’ONU comme structure de coordination (mécanisme intérimaire régional) des petits Etats insulaires de la Méditerranée (Malte et Chypre), de l’Atlantique (Cap-Vert, Guinea-Bissau, Sao Tomé et Principe), de l’océan Indien (Union des Comores, Maurice, Seychelles, Maldives, Bahrain) et du Sud de la mer de Chine (Singapour).  Il donne un avis favorable à cette désignation.

Les coûts des travaux en cours sont supportés par les organisations du système des Nations Unies, mais à terme cette orientation forte de la COI devra être intégrée dans les orientations stratégiques de l’organisation.

 

 

Point 3  Examen des résultats des premiers travaux du « Comité de Sages »

 

Le Conseil des Ministres prend acte des grandes lignes de ce rapport d’étape, et remercie le « Comité de Sages » pour son travail.  Il adopte une note de cadrage ci-joint concernant les travaux de ce Comité.

 

 

Point 4  Préparation du Sommet des Chefs d’Etat ou de Gouvernement

 

Le Conseil des Ministres, dans la perspective de la tenue à brève échéance du prochain Sommet des Chefs d’Etat ou de Gouvernement, arrête les points proposés à l’ordre du jour du Sommet.

 

Le Conseil des Ministres a également adopté la déclaration ci-jointe.

 

 

Point 5  Questions Diverses

 

Point 5.1           Partenariat COI-UNICEF (Observatoire des Droits de l’enfant de l’Océan Indien)

 

Le Conseil des Ministres se prononce favorablement sur ce projet, étant entendu que s’agissant de la France/Réunion, celle-ci fera connaître ultérieurement les modalités de son association au projet.

 

Point 5.2           Renforcement des capacités des Etats membres de la COI dans le domaine de l’urgence et de la lutte contre le SIDA

 

Le Conseil des Ministres se prononce favorablement sur la mise en œuvre d’un projet financé par la France de renforcement des capacités des Etats membres de la COI dans le domaine de l’urgence et de la lutte contre le SIDA et décide de sa mise en œuvre, dans le prolongement de sa décision favorable du Conseil des 12 et 13 février derniers.

DECLARATION DES ETATS MEMBRES DE LA COMMISSION  DE L’OCEAN INDIEN

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es Etats membres de la Commission de l’Océan Indien réunis à Moroni les 30  et 31 octobre 2003 remercient Son Excellence, Monsieur Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores pour la chaleur de l’accueil réservé à cette session extraordinaire du Conseil des Ministres et la qualité de la préparation et de la conclusion des travaux de la présidence comorienne, avec l’appui du Secrétaire Général, M. Wilfrid Bertile.

 

Cette session constitue un succès pour l’esprit indianocéanique permettant notamment de progresser sur  trois  points importants :

 

-adoption d’un plan régional de lutte contre les déversements d’hydrocarbures en mer,

-renforcement du secrétariat général,

-préparation du sommet des Chefs d’Etat ou de Gouvernement.

 

Cette session a également été l’occasion pour les Etats membres d’exprimer leur solidarité à l’égard de l’Union des Comores. A cet égard, les Etats membres souhaitent marquer leur pleine confiance dans l’issue positive  du dialogue entre l’Union et les îles autonomes pour achever rapidement le processus de Fomboni.

 

Ils se félicitent à ce titre, de la décision prise par les partenaires des Comores réunis à Paris, le 23 octobre, d’appuyer la médiation sud-africaine au nom de l’Union Africaine et d’envisager  la création d’un fonds fiduciaire destiné,  en cas d’accord entre l’Union et les îles autonomes, à  :

 

-soutenir la finalisation et le fonctionnement des institutions constitutionnelles pendant la période restant à courir jusqu’à l’achèvement du processus de Fomboni,

 

-appuyer l’organisation des élections législatives

 

-combattre la pauvreté et à favoriser le développement des Comores à l’issue du processus de Fomboni.

 

Après le succès de cette session extraordinaire, le Conseil des Ministres se réunira en session normale, à nouveau aux Comores, début 2004,  sous la présidence de l’Union des Comores, pour prendre les décisions qui assurent le renouveau de la COI, le renforcement et le renouvellement du Secrétariat général et la tenue à brève échéance du prochain Sommet des Chefs d’Etat ou de Gouvernement.

 

 

Madagascar propose une réforme en profondeur de la COI

M

adagascar a proposé une reforme en profondeur de la Commission de l'océan Indien (COI), lors du Conseil des ministres de l'organisation régionale des îles africaines du Sud Ouest de l'océan Indien qui s'est tenu les 30 et 31 octobre 2003 à Moroni, aux Comores.

 

Une des propositions malgaches tend à trouver un autre système pour la désignation du secrétaire général de la COI.

"On devrait abandonner le système tournant au profit de la recherche de compétence et de la mise en valeur du background de la personnalité qui devrait tenir cette fonction", a dit Emile Ralaisoa Rakotomahanina, membre du Comité des sages de la COI, cité par le journal 'L'Express de Madagascar' du vendredi 31 octobre.

"Madagascar, grâce à ses énormes potentialités, et à la qualité de ses ressources humaines devrait détenir une place de leadership au sein de la COI", a-t-il ajouté.

 

La Grande Ile était représentée par son ministre des Affaires étrangères Marcel Ranjeva et M. Rakotomahanina à ce conseil consacré essentiellement à l'avenir de l'organisation régionale, la présentation des premières propositions des Sages en vue de réformer la COI et également la préparation du sommet des chefs d'Etat en 2004.

 

Emile Ralaisoa Rakotomahanina a indiqué que "les questions étudiées au cours de ce conseil de Moroni ont trait, entre autres, au rôle politique et diplomatique de la COI, à la coopération et l'intégration économique, à la spécificité de la COI, à la participation de La Réunion aux activités de l'organisation et au processus d'intégration économique auquel participe la COI, ainsi qu'à l'utilisation de l'anglais".

 

Le Comité des sages, créé les 12 et 13 février 2003 aux Seychelles, a été mis sur pied pour entreprendre une réflexion sur de nouvelles orientations de la COI.

 

 

Fin de la session extraordinaire des ministres de la COI à Moroni

L

a réunion extraordinaire des ministres de la Commission de l'océan indien (COI), qui s'est tenue à Moroni (Comores), les 30 et 31 octobre, sur la question des déversements d'hydrocarbures, a décidé d'installer à Madagascar le Centre régional de coordination du plan de lutte de l'océan Indien contre le déversement des hydrocarbures.

 

Cette décision, importante pour la COI, a été prise à la suite de la signature par cette session extraordinaire du mémorandum d'entente du Plan de lutte régional contre le déversement des hydrocarbures dans cette partie sud-ouest de l'océan Indien.

 

La session de Moroni s'est réjouie du rôle assigné à l'organisation régionale par les Nations unies pour servir de structure de coordination des petits Etats insulaires de la Méditerranée à l'Atlantique, en passant par l'océan Indien.

 

Une réunion internationale sur les petits Etats insulaires en développement est prévue à l'Ile Maurice en septembre 2004, indique-t-on.

 

Si aucune date n'est encore retenue pour le Sommet des chefs d'Etat ou de gouvernements en 2004, le conseil souhaite que cette rencontre ait lieu le plus tôt possible et se retrouvera, début 2004, en session ordinaire à Moroni, qui assure la présidence de la COI, probablement pour arrêter une date précise.

 

Les ministres de la COI ont exprimé leur soutien à la décision des partenaires des Comores, réunis le 23 octobre 2003 à Paris, d'apporter leur soutien aux efforts de l'Afrique du Sud au nom de l'Union africaine (UA), pour une issue favorable à la crise comorienne.

La réunion de Paris, rappelle-t-on, a mis sur pied un fonds fiduciaire pour appuyer la tenue des élections aux Comores et la finalisation des institutions du pays.

 

Un volet important de ce fonds pouvant être alloué à la réduction de la pauvreté, en supposant qu'un accord sera obtenu entre les îles autonomes et l'Union des Comores déchirées, depuis plus d'un an, par un conflit de compétences.

 

 

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DEBATS ET OPINIONS LIBRES :

L’université est posée à même le sol, le plus stratégiquement  possible pour tuer discrètement  son peuple.

C

’est peu après un moment difficile que l’on prendrait encore les mesures les plus dures : cette fois-ci, on peut estimer avec beaucoup de fermeté en ce qui concerne le projet universitaire dont le président dictateur vient de projeter. Personne, ne peut en effet, porter des critiques terribles pour un éventuel projet  qui s’impose comme le théorème mathématique pour résoudre l’équation le plus difficile. Il s’agit bien attendu du sort de nos bachelier qui au pays se multiplient  chaque année de plus ou moins favorables. Outre les multiples décisions et initiatives qu’un gouvernement comme le notre aurait prendre en considération, étaient autant de signaux forts en faveur de la promotion estudiantine, dans l’équité des meilleurs conditions à pouvoir faire des études supérieurs locale. Le gouvernement n’a pas hésite à intervenir pour  les épargner d’une baguette magique et en les soumettant en espèce l’université « Azaliste » qui à mon avis, source de déchirement autour de cette question. Cette décision  ne témoigne que le despotisme dont souffre le pays avec son tirant batteur et justifie par conséquent que tout valait de son mieux. Et, en réalité cette université est posée à même le sol, le plus stratégiquement  possible pour tuer discrètement son peuple. Vous pouvez le constater avec la hausse de tous les prix des produits alimentaires en supposant vouloir  financer le fonctionnement de l’université. Tout en considérant la naïveté de son peuple, il retrace à chaque pas, sa politique trompeuse. Hier s’était avec la vanille et aujourd’hui, avec l’université. Je ne pouvais imaginer que ce bruit, soudain qui appel  les Comores à se doter de son université. Certes, il serait plus étroite d’en avoir une. Mais, je croyais que s’était une chose importante et qui demande vraiment, le temps qu’il faut au sens d’une réflexion non hâtive, comme le laisse entendre l’université qui se créée  du jour au lendemain.

Si non, je me demande comment l’Etat peut se vanter à investir à un tel, projet important alors que l’école primaire et secondaire restent pétrifier. D’abord, ne faudrait-il pas les refondre ? Je comprends mal  l’idée de cette université pendent que l’itinéraire scolaire impose le primaire et le secondaire avant  de fréquenter le monde universitaire. Qui  seront les prétendus étudiants de cette université alors que ces deux dernières sont farouchement écrasées et même complètement disparues ? C’est aussi assez  drôle pour comprendre l’autorité suprême, persuasive  qu’elle soit mais ainsi qu’elle s’en fuite d’être avisée des besoins et des nécessités  de son peuple. Pourtant, on fait toujours des idées exagérées de ce que l’on aurait besoin. Je veux constater le contraire que le pays a besoin en premier lieu d’ une grande école professionnelle plutôt qu’une université s’agissant d’un vrai plan qui vise le début d’un développement durable. Avec par exemple, les services public en périls, on doit former des techniciens à la place des théoriciens. Je pense que tout le monde peut le constater de la même façon que le professionnalisme devient un besoin universel. Les Comores aussi a besoin de ces professionnels dignes, comptant des électriciens, des spécialistes en commerce international, dans le secteur de la télé communication  et le tourisme, des agronomes qualifié ainsi que dans le service bancaire etc.…tout ce monde sera alors les  nouveaux cadres  intellectuels dont  le pays a  besoin.

 

Mohamed lhad ahamada

 

Etudiant comorien au Royaume du Maroc

 

 

NOTRE REGION : 

OUVERTURE A MAURice DE LA 97EME CONFERENCE DES PRESIDENTS DES PARLEMENTS EUROPEENS

L
e Premier ministre mauricien, Paul Bérenger, a appelé jeudi 6 novembre à Port-Louis les présidents des Parlements africains à jouer un plus grand rôle pour aider leur continent à sortir des situations conflictuelles qui le traversent.
 
M. Bérenger, qui s'exprimait ainsi à l'ouverture de la neuvième conférence des présidents des Parlements africains, a évoqué le Sommet de l'Union africaine tenu à Maputo en juillet dernier au cours de laquelle une proposition avait été faite pour la mise en place d'un Organe africain d'opération de soutien à la paix (African Peace Support Operation Facility).
 
La semaine dernière, a-t-il ajouté, la Commission européenne a signifié son intention de financer, pour un coût de 250 millions d'euros, les opérations de maintien de la paix en Afrique incluant le déploiement rapide des forces de maintien de la paix sur le continent.
 
"Les Etats africains devront y contribuer eux aussi, et dès que cet accord de financement est signé entre l'Union africaine et l'Union européenne, une allocation de 50 millions d'euros sera faite à l'organisation panafricaine", a-t-il indiqué.
 
Selon M. Bérenger, il n'y a pas de doute que cette initiative représente une percée majeure dans les efforts de résolution des conflits en Afrique.
 
"Nous savons tous que l'aide aux pays africains et le soutien aux efforts de développement ont été bloqués en de nombreuses occasions en raison des conflits. Il est à espérer que ce développement aura un impact direct sur l'allègement de la pauvreté et le développement soutenu en Afrique", a-t-il déclaré.
 
Parlant de la conférence des Nations unies sur la corruption, qui se tient le mois prochain au Mexique, Paul Bérenger a indiqué que le moment est venu pour adresser un message fort à la communauté internationale.
 
"Là aussi, j'invite les speakers et les présidents des Parlements en Afrique de jouer un plus grand rôle dans le combat contre la fraude et la corruption", a-t-il dit.
 
Pour le speaker (président de l'Assemblée nationale) mauricien Dev Ramnah, cette conférence de Port-Louis est un forum approprié pour discuter des problèmes pratiques qui se posent durant les débats dans les différents parlements en Afrique.
 
Tout en maintenant son objectif de promouvoir la connaissance et la compréhension de la démocratie parlementaire, cette rencontre s'est élargie en s'intéressant à des thèmes liés aux intérêts nationaux et internationaux tels que l'allègement de la pauvreté, la globalisation et les changements technologiques, l'engagement des parlements dans les instances de décision au niveau internationale et la résolution des conflits.
 
Les assises de Port-Louis, qui prendront fin lundi, visent à encourager les présidents de parlement dans leur impartialité, mais aussi à assurer la promotion de la connaissance et de la compréhension de la démocratie parlementaire sous diverses formes et le développement des institutions parlementaires.
 
SOCIAL : 

Le choléra, de nouveau signalé dans l'île de la Grande-Comore

N

euf cas de choléra sont traités au Centre hospitalier régional El-Maarouf de Moroni, où trois personnes se trouvent encore au pavillon cholérique de l'établissement.

 

"Tous les cas recensés, à l'exception d'un seul, sont venus essentiellement du Nord-Ouest de l'île", a assuré à la PANA, le chef du service du pavillon.

 

Selon lui, la seule personne non originaire du foyer contaminé a sûrement contracté la maladie, en rendant visite à un ami malade au pavillon cholérique.

 

Le chef du pavillon cholérique du CHR El-Maarouf a assuré à la PANA que les lieux d'habitation d'où sont originaires les patients traités dans ses services ont tous été désinfectés par les volontaires du Croissant Rouge comorien.

 

L'année dernière, grâce à l'apport de la Plate-forme d'intervention régionale de l'Océan indien (PIROI) basée à La Réunion, les Comoriens ont pu limiter les dégâts d'une épidémie dont l'intensité n'avait d'égal que le pessimisme d'une population qui s'était cru frappée par la fatalité.

 

En pleine crise de choléra début avril 2002, le nombre de cas cumulés dès le déclenchement de l'épidémie en décembre 2001 était de 650 dont 24 morts (taux de létalité : 3,69 %). C'était la deuxième réapparition de la maladie avec la même fulgurance qu'en 1998.

 

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NOS BREVES : 

 

Alcatel choisi pour déployer le premier réseau GSM aux Comores

 

Alcatel a signé la semaine dernière un contrat de plusieurs millions d'euros avec la société nationale des postes et télécommunications (SNPT), l'opérateur de télécommunications national de l'Union des Comores, pour le déploiement du tout premier réseau GSM du pays. Les trois îles de l'archipel sont encore reliées par des moyens de transport traditionnels et seulement 12 300 lignes fixes sont raccordées au réseau, d'une capacité de 20 000 lignes. Selon les termes du contrat, Alcatel fournira sa solution globale mobile Evolium. Le groupe a précisé avoir été choisi “après des mois de compétition” et “grâce aux relations de confiance établies au cours d'une collaboration de longue date avec la SNPT”.

 

Bouygues s'intéresse au port de Moroni

 

Lors de son récent séjour à Paris, le président Assoumani Azali a rencontré le directeur général adjoint de la société Bouygues Travaux Publics, Olivier Bonnin, au sujet du port de Moroni. M. Azali voudrait faire aménager ce port pour y accueillir de gros bateaux afin de ne plus être dépendant du seul port international des Comores, celui de Mutsamudu (Anjouan).

Des discussions à ce sujet avec l'Union européenne (UE) ayant avorté, Azali s'est tourné vers Bouygues afin que cette firme privée finance ces travaux en contrepartie d'un contrat de gestion du port.

Le dossier n'en est qu'à sa phase préliminaire. M. Bonnin a confirmé au président comorien que sa société acceptait d'étudier la faisabilité de la privatisation du port de Moroni, mais à condition que le montant du trafic espéré rende l'affaire commercialement viable. Le problème n'est pas seulement de faire des travaux pour permettre l'arrivée de gros bateaux à Moroni, mais de s'assurer également que le trafic commercial, aujourd'hui très faible, pourra ensuite augmenter de manière substantielle.

Bouygues a demandé à M. Azali que lui soient transmises les informations nécessaires à la réalisation d'une étude de faisabilité et que, pendant ce temps, le gouvernement comorien assure cette société de l'exclusivité de la privatisation du port. Une des questions auxquelles cette étude devra répondre est de savoir si le port actuel doit être agrandi ou s'il faut trouver un nouveau site. Une mission de Bouygues devrait se rendre à Moroni début 2004. (LOI)

 

Les souvenirs d'un pilote

 

Nous avions rencontré Henri Roth à Maurice en octobre 1995. Il était l’invité de la représentation locale d’Air France qui commémorait le cinquantenaire du premier vol Alger - Plaisance via 14 escales dont Tananarive et la Réunion en 43 heures. Aux commandes du Lockheed C. 60 assurant le vol inaugural, Henri Roth.

Au tour d’une bonne bouteille de Beaujolais nouveau, il avait déroulé pour nous ses souvenirs. Une évocation passionnante. Nous lui avions alors conseillé d’écrire ses mémoires. Claude Leymarios, fils d’un de ses anciens compagnons de vol, est parvenu à le convaincre de laisser ce témoignage ô combien précieux.

Henri Roth entre en aviation comme on entre en religion en 1922. Il a 17 ans et le voici apprenti mécano à l’école Blériot. L’adolescent y devient pilote sur le même type d’avion de chasse que Guynemer. En 1930, on le retrouve à Air Union qui en 1933 fusionne avec quatre compagnies pour donner naissance à Air France.

Henri Roth va piloter aux côtés de figures légendaires de l’aviation française, Delaunay, Reine, Guillaumet, Mermoz. Il connaîtra à ses débuts le Farman Goliath qu’il pilote à l’air libre, pour finir sa carrière sur le plus prestigieux des avions à hélices, le Super Starliner.

L’Atlantique Sud, l’Afrique, l’Extrême-Orient, Henri Roth a parcouru le monde entier, mais l’océan Indien occupe une place à part. Il va accompagner de bout en bout le développement des lignes d’Air France dans ce secteur.

Après le premier Alger

- Maurice d’octobre 1945, Henri Roth passe du Lockeed C. 60 au Junkers 52. Le 26 avril 1947, il est le commandant de bord du premier vol en Douglas DC. 4.

à partir de février 1948, Henri Roth prend ses quartiers à Madagascar. D’abord avec le DC. 4, puis le Constellation, le Super Constellation et enfin le Super Starliner, il effectue les bretelles sur la Réunion et Maurice où il se posera 600 fois. Parallèlement, il vole également en DC. 3 sur le réseau intérieur malgache et vers les Comores. Le 28 septembre 1963, il pose pour la dernière fois son Super Starliner à Ivato.

Henri Roth, un pilote d’exception du Spad au Super Starliner se lit comme un roman. Abondamment illustré, riche en anecdotes, il raconte une page d’histoire méconnue des ailes françaises dans l’océan Indien.

 

Wilfrid Bertile démissionne de la COI

 

L’Express de Maurice annonce que vous allez démissionner de la COI pour vous présenter aux prochaines échéances électorales de l’année prochaine à la Réunion, est-ce vrai ?

C’est vrai. Il ne m’est pas possible d’être absent des débats électoraux qui s’ouvrent et qui vont engager l’avenir de la Réunion pour de longues années.

 

Quand partirez-vous ?

 

D’ici à la fin de l’année, je vais écrire aux ministres de la Commission de l’océan Indien pour expliquer ma démarche. Au Conseil des ministres de février, pourra ainsi être lancée la procédure destinée à me remplacer. Si besoin est, je resterai à mon poste jusqu’à l’arrivée de mon successeur.

 

Vous partez parce que vous estimez votre travail à la COI non satisfaisant ou parce que vous avez d’autres aspirations ?

 

Mes fonctions à la COI m’ont énormément apporté au plan intellectuel, mais je pars parce que la Réunion me manque, que ses problèmes se transforment en impasses et que je veux de nouveau m’engager pour que les choses changent. Il ne faut pas manquer ces échéances.

 

Ces échéances, ce sont les cantonales ou les régionales ?

 

Il est difficile de les séparer puisqu’elles vont avoir lieu le même jour.

 

Les échéances électorales qui engagent la Réunion pour plusieurs années, ce ne serait pas les régionales plutôt ?

 

(rires)

 

Quels sont pour vous les enjeux primordiaux de ces élections ?

 

Il y a en 2004 des élections cantonales, européennes et régionales. Ce sont sans doute les régionales qui ont le plus d’impact puisque la Région “prépare l’avenir” quand le Département “gère le quotidien” selon des formules couramment employées. L’enjeu est de savoir comment la Réunion relèvera ses défis qui ont pour noms chômage massif et endémique, dilution de l’identité culturelle, menaces sur l’environnement, déséquilibre du territoire et coma circulatoire, avenir bouché des jeunes… Le mode de développement actuel montre ses limites et il faut, collectivement, en formuler un autre.

 

Dans un article récent de la “Lettre de l’océan Indien”, on a vu que certains vous reprochaient votre absentéisme. Que répondez-vous ?

 

Ce soi-disant absentéisme est lié à l’action que je mène pour la COI qui est de plus en plus reconnue au plan international, aussi bien à l’OMC qu’à Bruxelles ou en Afrique. Chaque déplacement officiel que j’effectue est porté à la connaissance des pays qui composent la COI. Tout le reste est polémique.

 

Est-il vrai que le sommet des chefs d’État à Moroni, début 2004, est compromis ?

 

Il est vrai que le sommet ne se tiendra pas au début de l’année prochaine. Et comme la présidence des Comores se termine en février, il ne se tiendra pas sous présidence comorienne.

 

On peut savoir pourquoi ?

 

La réponse est politique et appartient aux ministres.

 

Avez-vous vent de scénarios de rechange ?

 

On parle d’un scénario où la France passerait la main plus tôt que prévu à Madagascar, et qu’ainsi un sommet pourrait avoir lieu à Tananarive à la fin de l’année ?

 

À partir de février, c’est la France qui aura la présidence. Mais comme le dernier sommet a eu lieu à la Réunion en 1999, il est difficilement concevable qu’il se tienne encore ici. Il peut très bien avoir lieu sous présidence française mais dans un autre pays.

 

Ou alors se tenir sous la présidence malgache en 2005 et à Madagascar. Quoi qu’il en soit, la tenue de ce sommet a été réaffirmée et les thèmes qui y seront abordés retenus.

 

Le poids de la Réunion est, paraît-il, perçu comme pesant au sein de la COI. Qu’en est-il ?

C’est une idée que certains mauvais esprits voudraient accréditer. Rien n’est plus faux. En dehors du Secrétaire général de la COI qui est réunionnais, le poids de la Réunion en tant que tel est des plus limités, étant indissociable du poids de la France.

 

Propos recueillis par Bruno Testa

JIR du 6/11/03

 

Un des enfants de la Creuse témoigne dans un livre poignant

 

L'un des Réunionnais appelés "les enfants de la Creuse" déportés de force dans les années 1960 et 1970 en France par les autorités de l'époque témoigne, dans un livre à paraître jeudi, de la malheureuse expérience endurée par ces personnes.
 
L'histoire de Jean-Jacques Martial a ému La Réunion, mais aussi la France. En 2001, après des dizaines d'années, Jean-Jacques Barbet -du nom de ses parents adoptifs- avait en effet décidé de sortir de son silence en venant retrouver sa vraie famille à la Réunion.
 
Cette histoire, beaucoup de jeunes déportés dans les années 1960 et 1970 la vivent depuis. Des associations militent pour demander réparation à l'Etat français, qui avait organisé le départ de ces jeunes dans des conditions douteuses, vers l'Hexagone.
 
Dans son livre de 130 pages intitulé "Une enfance volée" et publié par les édition "Les quatre chemins", l'auteur détaille, à travers sa propre histoire, le destin brisé de ces nombreux jeunes.
 
"Je n'ai que des souvenirs heureux de cette époque. L'amour de notre mémé, des jeux toute la journée, la bonne odeur du café grillé, le bruit de la serpe qui coupe la canne à sucre. Et puis ce soleil brillant sur l'île presque toute l'année... Mais une ombre planait sur ce paradis. Cette ombre avait la forme d'une camionnette, une 2 CV break plus précisément. Lorsqu'elle débarquait dans notre village, nous courions tous nous cacher dans les champs de canne, ou nous grimpions sur les cocotiers en espérant que ce ne serait pas notre tour. C'était la terreur de l'île cette voiture, c'était une sorte de monstre, de grand méchant loup. Il n'y avait pas beaucoup d'autos à La Réunion, et quand la 2 CV arrivait, on l'entendait de loin", écrit-il dans le livre.
 
Jean-Jacques Martial explique ensuite pourquoi cette voiture avait un tel pouvoir. "C'est dans cette camionnette que des dames et des messieurs de la DDASS (Direction des affaires sanitaires et sociales), aidés de gardes champêtres, emmenaient des enfants deux par deux".
 
"Ces enfants, ajoute-t-il, on ne les revoyait jamais. L'Etat français avait décidé de s'occuper des orphelins de La Réunion, de les envoyer en France où ils pourraient suivre des études et même être adoptés... Le problème, c'est que très vite il n'y eut plus assez d'orphelins. Alors, les autorités ont décidé de choisir des enfants qu'elles jugeaient abandonnés. On profitait de l'illettrisme des gens pour leur faire signer d'un pouce des actes d'abandon, lorsque ceux-ci n'étaient pas carrément falsifiés..."
 
Jean-Jacques Martial, qui a bénéficié de la collaboration de Pascale Frey, a mis deux ans pour écrire ses souffrances et rappeler, par la même occasion, celles des autres enfants qui, comme lui, à l'époque, sous l'égide de Michel Debré, alors député de La Réunion, ont été "déportés" vers la France, arrachés à leurs familles dans des conditions douteuses, pour repeupler certaines régions.
 
"Aujourd'hui, l'opinion publique prend la mesure du prix payé par ces enfants: violence de la séparation, déracinement, racisme, viols, exploitations, esclavage moderne, harcèlement moral... Des manoeuvres inadmissibles ont eu lieu: pressions sur les parents au départ de la Réunion pour qu'ils abandonnent leurs enfants, abus de pouvoir, exigence du secret. Les intégrations réussies ne peuvent cependant occulter les souffrances encore présentes dans les consciences de ces enfants devenus adultes et qui portent toujours ce lourd fardeau", écrivent, entre autres, à la fin du livre Yvan Combeau et Sudel Fuma, respectivement professeur d'histoire contemporaine et maître de conférences à l'université de La Réunion.

 

 

 

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