EDITORIAL: L’OPPOSITION DURCIT LE TON ENVERS LE PRESIDENT AZALI

L

'opposition aux Comores a exigé mercredi 3 décembre la démission du président Azali Assoumani, qui avait réprimé dans le sang la semaine dernière une manifestation, et appelé à de nouvelles marches pour protester contre le "refus" du chef de l'Etat de respecter la Constitution.

 

"Nous demandons le départ d'Azali, puisqu'il n'applique pas la Constitution", qui accorde une large autonomie aux trois îles de l'Union des Comores, a déclaré Youssouf Saïd, président du parti Djawabu, une des principales formations de l'opposition.

 

Il s'exprimait, au nom de la coalition, lors d'une conférence de presse à Moroni.

 

La coalition des principaux partis d'opposition comoriens qui a lancé cet appel a été créée en novembre. Elle regroupe onze partis, essentiellement de la Grande-Comore, la principale des trois îles (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) qui constituent l'Union des Comores.

 

Cet appel intervient une semaine jour pour jour après la répression par l'armée d'une manifestation organisée par le président de la Grande-Comore, Abdou Soulé Elbak, opposant virulent au colonel Azali. Quinze manifestants ont été blessés par l’armée.

Malgré la médiation active de l’Union Africaine et des pays de la zone, les législatives n'ont

SOMMAIRE

 

POLITIQUE 

*  L’UA préoccupée par les événements des Comores   

*  Le Président Azali pour plus de pouvoir politique aux femmes

*  Les Comores ouvrent une Université pour se protéger du terrorisme

*  Impasse aux Comores devant le refus du Président de partager le pouvoir

*  Le Président El Bak pour un sommet sur les NTIC

*  Les alliés du RIDJA et de Saïd Larifou vont manifester en France

 

ECONOMIE ET SOCIAL

* Le matériel informatique exonéré de taxes douanières aux Comores

* Les médecins comoriens formés à la prise en charge du choléra

 

NOTRE REGION 

*  La CEA exhorte les Africains à ne pas compter sur l’aide extérieure

 

BREVES

*  Trois ONG réunionnaises se mobilisent contre le SIDA dans la zone de l’Océan Indien

*  Des médecins réunionnais à l’origine d’un comité régional d’éthique

*  Madagascar relance son projet de liaison par câble optique

Suite de l’édito

 

toujours pas été organisées. Un bras de fer continue en effet d’opposer Azali, le Président de l’Union et El Bak, le Président de l’île autonome de la Grande Comore sur le partage des compétences.

 

L'appel de l'opposition intervient par ailleurs  au moment où éclatent des scandales financiers impliquant des proches du président Azali. "Dans les jours à venir, nous allons appeler les Comoriens à manifester leur colère contre la façon dont le pays est géré", a ajouté Youssouf Saïd, sans préciser de date.

Si une telle manifestation était organisée, ce serait la première fois depuis un an et demi que l'opposition comorienne unie défile.

 

Interrogé sur le risque que l'armée tire une nouvelle fois sur les manifestants, Youssouf Saïd a répondu: "Compte tenu de la gravité de la situation, il faut accepter d'en payer le prix, si on veut la changer, y compris le sacrifice suprême (...). Nous n'accepterons jamais aucune intimidation, nous ne reculerons pas".

"Nous avons encore besoin d'un peu de temps pour nous organiser", a justifié Moustoipha Saïd Cheikh du Front démocratique (FD), membre de la coalition.

 

Le Président Azali porte une lourde responsabilité sur la détérioration du climat politique. Après avoir accepté la nouvelle constitution, il freine maintenant la mise en place des nouvelles institutions. Il n’offre, par ailleurs, aucune perspective politique permettant de sortir du blocage actuel. Afin de faire retomber la tension actuelle, il devrait organiser rapidement les élections législatives afin que le peuple souverain puisse choisir ses représentants à l’Assemblée.

 

A la lumière de l’expérience acquise, les élus pourront adopter des amendements permettant de clarifier voire corriger les lacunes de la nouvelle constitution. L’opposition doit être capable de surmonter ses divisions traditionnelles et proposer au pays un projet crédible pour convaincre les électeurs. Le Président Azali devrait  prendre conscience qu’il ne pourra pas continuer à gouverner le pays avec le soutien de la seule armée. L’organisation des législatives devient urgente. Le pays a besoin d’institutions stables et internationalement reconnues pour amorcer son décollage économique.

 

La Rédaction

 

POLITIQUE :

L'UA préoccupée par les événements survenus aux Comores

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a fait part de sa grave préoccupation après les événements survenus aux Comores le jour de l'Aïd-el-fitr (fête de la fin du jeûne musulman), et qui ont fait de nombreux blessés.

 

"Ces événements sont d'autant plus regrettables qu'ils interviennent à un moment où des signes d'espoir se faisaient jour avec la reprise prochaine de la médiation conduite par les pays de la région et de la troïka de l'UA sous les auspices de l'Afrique du Sud, en sa qualité de pays coordonnateur des efforts régionaux sur les Comores", déclare M. Konaré dans un communiqué parvenu mardi à la PANA.

 

Le président de la Commission de l'UA "exhorte instamment" toutes les parties comoriennes à faire montre de retenue et à mettre fin à ces confrontations "qui ne font qu'aggraver les souffrances provoquées par la crise que connaît l'archipel depuis plusieurs années et fragiliser le processus de réconciliation et de retour à la normale".

 

Il exhorte le président de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, et les présidents des Iles autonomes "à saisir l'occasion qu'offrira leur prochaine rencontre à Moroni pour régler pacifiquement les problèmes actuels et parachever le processus de réconciliation".

 

 

Le président Azali pour plus de pouvoir politique aux femmes

L

e président comorien, le colonel Azali Assoumani, a déclaré que rien ne s'oppose à l'intégration de la femme dans les cercles de décision dans son pays.

 

"Le cadre légal, aussi bien au niveau institutionnel qu'au niveau religieux, ne dresse aucun obstacle à cette intégration", a-t-il dit devant une foule composée en majorité de femmes réunie, la semaine dernière, au palais du peuple pour la clôture d'un débat national de deux jours sur l'implication de la femme comorienne dans la prise de décisions politiques.

 

Des centaines de femmes et plusieurs cadres comoriens réunis sous l'égide du système des agences des Nations unies aux Comores ont planché, lors de ces discussions, sur cette question qui concerne plus de la moitié de la population comorienne.

 

Lors de leurs réflexions, les séminaristes ont vite fait le maigre compte des femmes qui occupent ou ont occupé des responsabilités aux Comores.

 

Parmi ces rares privilégiées à avoir accédé à des postes de décision il y a Mme Moinaécha Cheikh, ministre de l'Education nationale en 2000. Elle avait quitté le secrétariat général du gouvernement qu'elle occupait dès l'arrivée des militaires au pouvoir le 30 avril 1999.

 

Dans le milieu des années 90, l'actuelle Première dame des Comores, Mme Ambari Azali, fut directrice générale de la Banque de développement et Mme Sittou Mohamed ministre dans un gouvernement de l'ex-président Saïd Mohamed Djohar.

 

Aujourd'hui, Mme Soilha Saïd est vice-présidente de l'Organisation patronale des Comores, Mme Nadhuma Youssouf présidente du Tribunal de première instance de Moroni et Mme Masseande Chami Allaoui enseigne à l'Université de l'Océan indien.

 

Dans l'archipel, 53% de la population sont des femmes. A l'exception de Mme Sittou Mohamed, dans les années 90, aucune d'elles n'a jamais siégé à l'Assemblée nationale du temps où cette institution a existé.

 

Les participants au séminaire ont reconnu, qu'en matière de compétences et de capacité au travail, aucune femme ne vaut pas moins que ses collègues du sexe opposé.

 

Pourtant, ont-ils ajouté, les femmes comoriennes ne représentaient que 18% des salariés non agricoles en 1996.

 

Plaisantant sur cette "injustice" faite aux femmes comoriennes, un cadre présent à la cérémonie de clôture, qui faisait allusion au réseau d'escroquerie douanière découvert récemment à la Banque centrale a dit: "Il est temps de reconnaître à la femme son égalité avec l'homme. Aujourd'hui, certaines d'entre elles sont en prison, accusées de détournements de deniers publics comme leurs collègues hommes".

 

 

Les Comores ouvrent une université pour se protéger du terrorisme

L

es Comores, archipel musulman de l'océan Indien, d'une université, notamment pour éviter que les jeunes partent étudier au Soudan ou au Pakistan où ils peuvent devenir la proie des islamistes, selon les fondateurs de la faculté.

Jusqu'au début des années 90, de nombreux Comoriens étudiaient en France, ancienne puissance coloniale, faute de pouvoir poursuivre des études supérieures dans leur pays.

 

Mais depuis, la France a réduit drastiquement le nombre de visas, souligne Saïd Omar Saïd Hassan, secrétaire général de l'Université des Comores.

 

"Ceux qui ouvrent maintenant leurs portes aux étudiants comoriens, ce sont les pays arabes et musulmans", comme l'Arabie saoudite, le Soudan ou encore le Pakistan, ajoute Ibouroi Ali Tabibou, professeur d'histoire à la fac.

 

Plusieurs dizaines de Comoriens partent étudier à l'étranger chaque année.

 

"Le problème, c'est que ces étudiants à l'étranger, sans moyens, sont une proie facile pour les recruteurs d'opérations suicide", poursuit Moussa Saïd, rapporteur du comité de mise en place de l'université.

 

"Depuis le 11 septembre 2001, tout a changé, il faut qu'on contrôle, surtout nous pays musulman, où vont nos étudiants, explique-t-il. C'est une des raisons pour lesquelles on a créé l'université."

 

Lors de la rentrée des professeurs le 21 novembre, l'administrateur provisoire de l'université, Damir Ben Ali, a d'ailleurs déclaré: "Dans de nombreuses villes universitaires du monde, de jeunes bacheliers vivent dans des conditions précaires et humiliantes. Ils sont la proie de toutes sortes de sectes et de réseaux qui peuvent les transformer en bombes humaines".

 

"Nous n'avons pas le droit d'attendre que des cataclysmes viennent nous forcer à changer nos comportements", a-t-il conclu.

 

"Le désengagement de la France, qui ne délivre que des visas au compte-gouttes, a laissé la place aux islamistes", affirme Sitti Sagaf, à la tête de l'association des femmes d'affaires comoriennes.

 

La quasi-totalité des quelque 630.000 habitants des Comores pratique un islam modéré de rite sunnite.

Mais de part sa situation géographique isolée dans l'océan Indien, les Comores, aux confins des mondes arabe et africain, sont considérés comme une cache éventuelle pour des terroristes.

 

Un Comorien, Fazul Abdullah Mohamed, figure parmi les treize personnes recherchées par la police fédérale américaine (FBI) pour leur implication présumée dans les attentats du 7 août 1998 contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie (224 morts).

 

Certains Comoriens qui partent étudier dans les pays arabes "reviennent avec d'autres convictions, un islam plus dur, moins tolérant", assure Ibouroi Ali Tabibou.

"Ils imposent une nouvelle façon de s'habiller, leurs femmes sont toutes voilées et ne sortent jamais, ils s'opposent à ce que filles et garçons se fréquentent en public, ajoute-t-il. Aux Comores, on n'a jamais connu ça."

 

Cette année, l'Université des Comores, éclatée dans plusieurs établissements de Moroni dont un ancien hôtel, va accueillir environ 1.200 étudiants.

Elle ne dispose pas de bibliothèque digne de ce nom, et à quelques jours de la rentrée, des salles de cours ne sont toujours pas meublées.

Le budget de l'université pour l'année 2003-2004 a été évalué à 750 millions de francs comoriens (1,5 million d'euros), mais il ne comprend pas les salaires des enseignants.

 

Et sur les 750 millions, "nous n'en avons reçu que 300", prélevés sur le kilo de riz qui a augmenté de 20% depuis août, selon Saïd Omar Saïd Hassan.

"Moi de toute façon, j'irai étudier au Maroc, comme mon frère. Je ne confie pas mon avenir à l'Université des Comores", affirme Youssouf, élève en 1ère au lycée Saïd Mohamed Cheikh à Moroni. "Déjà au lycée, on manque de profs, alors qu'est-ce que ça va être à la fac?"

 

 

Impasse aux Comores devant le refus du président de partager le pouvoir

L

a répression par l'armée des Comores d'une manifestation contre le président Azali Assoumani met en évidence l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays où le chef de l'Etat concentre tous les pouvoirs "en violation" de la Constitution, ont estimé mardi des observateurs.

Le 26 novembre à Moroni, l'armée a tiré et blessé 15 personnes, dont sept par balles, qui participaient à une manifestation organisée par l'un des principaux opposants au colonel Azali, Abdou Soulé Elbak.

 

Ce dernier dirige la Grande-Comore, l'une des trois îles autonomes de l'Union des Comores, pays situé dans l'océan Indien. La Grande-Comore est l'île la plus riche et la plus peuplée de l'archipel.

Les manifestants réclamaient l'attribution aux trois îles (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan) des prérogatives prévues par la Constitution, adoptée par référendum en décembre 2001. Selon la présidence de l'Union, les manifestants voulaient "s'emparer du pouvoir".

 

Cette marche a été organisée pour protester contre l'attitude du colonel Azali, arrivé au pouvoir lors d'un coup d'Etat en 1999 et élu la tête de l'Union en 2002, et qui "concentre" tous les pouvoirs "en violation" de la Constitution, explique un diplomate basé à Moroni, qui a requis l'anonymat.

Le colonel Azali "perpétue le coup d'Etat de 1999", estime un défenseur des droits de l'Homme et opposant au président de l'Union, Saïd Larifou.

 

La nouvelle Constitution, adoptée après la sécession d'Anjouan en 1997, prévoit une forte autonomie des îles, avec notamment l'élection d'un président pour chaque île, l'élection du président de l'Union et des élections législatives.

Les nouvelles institutions devaient être mises en place fin 2002. Or un an plus tard, les législatives n'ont toujours pas été organisées.

 

En l'absence de parlement, "Azali n'a de compte à rendre à personne", poursuit le diplomate. "Il contrôle les recettes de l'Etat et ne distribue que des miettes" aux îles, avec qui il doit normalement partager les compétences financières, ajoute-t-il.

"Rien de ce qui est prévu dans la Constitution ne revient aux élus. Elbak est président mais il ne dirige rien, il n'a aucun pouvoir, il n'a pas de budget", souligne un autre observateur qui a requis l'anonymat.

 

Le colonel Azali n'a toujours pas organisé les législatives car ses plans ont été contrecarrés par la victoire de M. Elbak à la présidence de la Grande-Comore, alors qu'il était "persuadé" que son candidat allait être élu, ajoute-t-il.

"S'il organisait comme prévu des législatives (dans la foulée de la présidentielle), vu la popularité d'Elbak, il savait qu'il allait perdre", insiste le diplomate.

"L'objectif était d'asphyxier Elbak avant les élections. Mais c'est le contraire qui vient de se produire", avec les incidents du 26 novembre, estime-t-il.

 

Ce n'est pas la première fois que l'armée tire sur des manifestants. En mars, les militaires avaient blessé par balles au moins trois étudiants qui réclamaient de meilleures conditions de travail.

Ce n'est pas non plus la première fois que le colonel Azali prétexte la préparation d'un coup d'Etat pour étouffer l'opposition.

 

En septembre, trois hommes, dont Saïd Larifou, avaient été arrêtés et écroués pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" à la suite de marches pacifiques contre la hausse des prix.

"Azali a évolué dans une culture de coups d'Etat, il en voit partout. Il ne peut pas imaginer qu'on puisse aller dans la rue juste pour dire non. Il imagine que c'est pour le renverser", explique Saïd Larifou, aujourd'hui en résidence surveillée à Moroni.

 

Ce dernier, qui a interdiction de parler aux journalistes, s'exprimait lors d'une conversation avec des proches enregistrée sur une cassette audio, dont l'AFP a obtenu une copie.

 

Face à cette nouvelle poussée de tension, tous les partis d'opposition ont promis mardi de "multiplier" les manifestations.

 

 

Le président El-bak à Lyon pour un sommet sur les NTIC

L

e président de l'île autonome de la Grande-Comore, Mzé Abdou Soulé El-bak, a quitté Moroni dimanche 30 novembre  pour la France, où il va prendre part au Sommet mondial des villes et pouvoirs locaux sur la société de l'information, prévu à Lyon les 4 et 5 décembre.

 

Selon le ministre grand-comorien chargé du développement, Dini Nassur, qui en a fait l'annonce lundi à la PANA, cette rencontre est une occasion pour le gouvernement de l'île de réfléchir sur les voies et moyens de réaliser un vieux rêve: celui de voir la Grande-Comore devenir un cyber-village.

 

Cette rencontre, qui attend plus de 1.000 personnes en provenance de pays du monde entier, précèdera de quelques jours le Sommet mondial sur la société de l'information, prévu à Genève du 10 au 12 décembre et auquel assistera le chef de l'Etat comorien, le colonel Azali Assoumani.

 

Bien avant Genève, le colonel Azali présidera à Moroni un atelier sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (3-4 décembre) sur invitation du Comité d'action, d'analyse et de suivi (CAAS).

 

Ce comité, mis en place voici près de trois semaines par le président Azali pour des missions ponctuelles sur les grands dossiers d'importance nationale, a déjà eu à réfléchir sur ce que  doivent être les nouvelles orientations de la société d'eau et d'électricité des Comores (MA-MWE) en partant des expériences des défuntes EEDC et CEE

 

 

 L'opposition comorienne exige la démission du président, appelle à des manifestations

L

'opposition aux Comores a exigé mercredi la démission du président Azali Assoumani, qui avait réprimé dans le sang la semaine dernière une manifestation, et appelé à de nouvelles marches pour protester contre le "refus" du chef de l'Etat de respecter la Constitution.

 

"Nous demandons le départ d'Azali, puisqu'il n'applique pas la Constitution", qui accorde une large autonomie aux trois îles de l'Union des Comores, a déclaré Youssouf Saïd, président du parti Djawabu, une des principales formations de l'opposition.

 

Il s'exprimait, au nom de la coalition, lors d'une conférence de presse à Moroni.

 

La coalition des principaux partis d'opposition comoriens qui a lancé cet appel a été créée en novembre. Elle regroupe onze partis, essentiellement de la Grande-Comore, la principale des trois îles (Grande-Comore, Anjouan et Mohéli) qui constituent l'Union des Comores.

 

Cet appel intervient une semaine jour pour jour après la répression par l'armée d'une manifestation organisée par le président de la Grande-Comore, Abdou Soulé Elbak, opposant virulent au colonel Azali.

 

L'armée avait blessé 15 manifestants, dont plusieurs par balles, qui réclamaient l'attribution aux îles de l'Union des Comores des prérogatives prévues par la Constitution.

C'est la deuxième fois en moins d'un mois que la coalition appelle à la démission du chef de l'Etat. Ce dernier a pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat en 1999 et a été élu président de l'Union des Comores en 2002.

 

Depuis plusiers années, les Comores, archipel situé dans l'océan Indien, traversent une crise politique.

 

La nouvelle Constitution, adoptée par référendum en décembre 2001, accorde des pouvoirs élargis aux trois îles et la tenue de plusieurs élections d'ici la fin 2001.

 

Mais les législatives n'ont toujours pas été organisées et un partage sur les compétences, notamment financières, oppose le pouvoir aux îles, essentiellement la Grande-Comore.

 

L'appel de l'opposition intervient par ailleurs ailleurs au moment où éclatent des scandales financiers impliquant des proches du président Azali.

"Dans les jours à venir, nous allons appeler les Comoriens à manifester leur colère contre la façon dont le pays est géré", a ajouté Youssouf Saïd, sans préciser de date.

Si une telle manifestation était organisée, ce serait la première fois depuis un an et demi que l'opposition comorienne unie défile.

 

Interrogé sur le risque que l'armée tire une nouvelle fois sur les manifestants, Youssouf Saïd a répondu: "Compte tenu de la gravité de la situation, il faut accepter d'en payer le prix, si on veut la changer, y compris le sacrifice suprême (...). Nous n'accepterons jamais aucune intimidation, nous ne reculerons pas".

 

Il n'était pas clair mercredi si la coalition se joindrait aux manifestations organisées à partir de samedi par le parti d'opposition Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie) pour "protester contre la dictature" du président Azali.

 

"Nous avons encore besoin d'un peu de temps pour nous organiser", a justifié Moustoipha Saïd Cheikh du Front démocratique (FD), membre de la coalition.

 

 

Nouvelles arrestations de dirigeants politiques comoriens

T

rois proches de Mzé Abdou Soulé El-bak, le président de l'île autonome de la Grande-Comore, dont le vieux leader du Parti socialiste comorien, Mohamed Ali Mbalia, et le journaliste Maoulid Soilihi, ont été arrêtés vendredi, a-t-on appris à Moroni de source judiciaire.

 

Ces trois retrouvent ainsi en détention Moustoifa Saïd Cheikh et le Dr Mtara Maécha, qui sont depuis plus de 24 heures en garde à vue dans les locaux la gendarmerie.

 

Le même jour, une délégation des partis soutenant le président El-bak et dirigée par Saïd Ali Kemal, le secrétaire général du parti Chuma, s'est rendue à la gendarmerie pour prendre des nouvelles de leurs camarades et connaître les motifs de leur arrestation.

 

S'il est clairement établi que ces arrestations sont liées à la marche sur le palais de Beit-Salam (siège de la présidence de l'Union des Comores) de mercredi dernier, il n'en demeure pas moins que leurs motifs demeurent quelque peu flous, relèvent les observateurs.

 

Un enquêteur de la gendarmerie, parlant sous le sceau de l'anonymat, a confié à la PANA que la manifestation était illégale, car les organisateurs n'ont pas demandé d'autorisation.

 

Les mêmes observateurs lient ces arrestations à l'objectif prêté aux marcheurs, par un communiqué du gouvernement, de "forcer le passage du palais de Beit-Salam pour s'emparer du pouvoir", et estiment qu'elles ne sont pas pour décrisper une situation jugée "morose" par le communiqué du ministère de la Défense.

 

A une situation suffisamment conflictuelle consécutive à la crise de compétences qui persiste depuis plus d'un an est venue s'ajouter une autre crise politique qui se greffe à celle engendrée par l'arrestation de l'avocat franco-comorien Saïd Larifou, remis en liberté mais assigné à résidence.

 

"La succession de ces tristes événements nous ramène toujours en arrière", a dit un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, estimant qu'il n'est pas évident, dans ces conditions, que le président sud-africain Thabo Mbeki effectue la visiste qu'il y avait prévue pour décembre en vue de finaliser le Mémorandum de Pretoria pour mettre un terme à la crise.

 

 

Perquisition au domicile de deux opposants comoriens à Moroni

L

e Dr Mtara Maécha, considéré comme l'un des principaux opposants au régime comorien, a été conduit vendredi 28 novembre par des gendarmes pour une perquisition à son domicile avant d'être ramené dans les locaux de la brigade de recherche, a constaté la PANA.

 

Quelques instants après, c'était au tour de Moustoifa Saïd Cheikh, leader du Front démocratique et conseiller du président de l'île de la Grande Comore, d'être conduit chez lui pour une opération similaire.

 

Les deux hommes, placés en garde à vue depuis jeudi, ont été rejoints vendredi matin dans les locaux de la gendarmerie par l'ancien  ministre Mohamed Ali Mbalia, l'homme d'affaire Mohamed El-hadj Ahmed et le journaliste Maoulid Soilih, considérés tous comme des proches du président Mzé Soulé El-bak de la Grande Comore.

 

Selon une source proche de la gendarmerie, ils sont entendus suite à la marche organisée mercredi sur l'initiative du président El-bak sur le palais de Beit Salam, manifestation stoppée par des tirs de l'armée qui ont fait en tout 15 blessés, selon le dernier bilan.

 

On note que l'un des conseillers du président El-bak, Saïd Aboudou, a été grièvement blessé à l'occasion de cette fusillade au point que ses proches cherchaient à le faire évacuer vers l'île de La Réunion ou, à défaut, à Mayotte. Les médecins estiment que sa vie n'est pas en danger.

 

Des témoins rapportent par ailleurs que des inconnus ont tenté, mercredi soir, d'incendier le domicile du ministre d'Etat chargé des Affaires sociales, Ali Mohamed, en représailles à la fusillade de Beit Salam, mais le feu n'a touché que la clôture et a été rapidement maîtrisé.

 

 

 Remise en liberté de deux leaders de l'opposition comorienne

A

près vingt-quatre heures de garde à vue dans les locaux de la gendarmerie, le leader du Front démocratique (FD), Moustoifa Saïd Cheikh, et celui du Rassemblement national pour le développement-Rénovateur (RND-R), le Dr Mtara Maécha, ont été relâchés vendredi en début de soirée.

 

Les deux dirigeants ont été informés par les gendarmes qu'ils devront se présenter devant le procureur dans la matinée de samedi, a indiqué au téléphone à la PANA le Dr Maécha après sa libération.

 

Selon lui, le motif de leur interpellation est l'organisation, mercredi dernier, d'une manifestation non autorisée à la tête de laquelle se trouvait le président de l'île autonome de la Grande-Comore, Mzé Abdou Soulé El-bak.

 

Trouvant le motif de leur arrestation "peu fondé", le chef du RND-R a déclaré: "sur le plan réglementaire, c'est le préfet qui délivre ces autorisations. Dès lors que ledit préfet a marché avec nous, en quoi cette autorisation était utile?".

 

Ajoutant ne rien comprendre à cela, le Dr Maécha a indiqué que l'autorisation en question avait très peu de valeur étant donné que la marche avait été dirigée par le président, celui-là même qui a nommé le ministre de l'Intérieur sous l'autorité duquel est placé le préfet.

 

On signale par ailleurs que trois blessés parmi les manifestants de mercredi, dont une femme souffrant d'un grave traumatisme crânien, seront évacués sur l'île de La Réunion, ont indiqué des sources médicales à Moroni, ajoutant que les patients auraient bénéficié d'une prise en charge totale de l'ambassade de France.

 

C'est le président de la Grande-Comore qui aurait sollicité l'appui français pour venir au secours de ces blessés, précise-t-on de mêmes sources.

 

 

Les alliés du Ridja et de Saïd Larifou vont manifester en France

Par Mohamed Hassani

Correspondant de la PANA

 

L

es militants du Rassemblement pour une initiative de développement d'une jeunesse avertie (Ridja) de l'avocat franco-comorien Said Larifou, projettent d'organiser une manifestation à Marseille le 6 décembre prochain, a-t-on appris dimanche, de source autorisée à Moroni.

 

Le but de la manifestation a expliqué Achirafi Ahamed, le secrétaire général du parti, "est d'exiger la libération du chef du parti dont l'assignation à résidence n'est qu'une manoeuvre de plus, pour étouffer notre parti".

 

Achirafi Ahamed a précisé que la manifestation du 6 décembre, dans la ville phocéenne, partira de la Place d'Aix au Vieux Port.

Il a ajouté : "Ce sera l'occasion de rappeler à l'opinion française et internationale, le sort de Me Saïd Larifou et de révéler à tous, le bafouement de la démocratie aux Comores".

 

Invité à commenter les derniers événements politiques aux Comores, le secrétaire général du Ridja a déclaré n'être pas surpris de la "sanglante répression du 26 novembre".

 

Le gouvernement de l'Union, a-t-il dit, "n'a pas de solution à donner aux problèmes quotidiens des Comoriens. D'où cette frénésie à imaginer des complots de tout genre, des coups d'Etat tous les jours et autres atteintes à la sûreté de l'Etat, si ce ne sont des pseudo mercenaires se promenant à Mohéli".

 

Le numéro deux du Ridja a déclaré faire siennes, les critiques du président Azali formulées le 26 novembre contre "la délinquance en col blanc", mais s'est dit "sceptique quant à la volonté du colonel à donner suite à cette dénonciation".

 

Arrêté le 22 septembre dernier, quelques heures avant la marche programmée pour protester contre la cherté de la vie suite à la hausse des prix notamment du riz, Saïd Larifou a été placé en détention provisoire par la juge Thanay Tasmine, le 24 septembre en compagnie de Philippe Verdon et Pascal Lupart, deux de ses amis, pour "atteinte à l'autorité et à la sûreté de l'Etat".

 

Remis en liberté trois semaines plus tard, le chef du Ridja est assigné en résidence et soumis à une série d'interdictions dont celle de parler aux journalistes ou aux hommes politiques.

 

Il n'y a pas si longtemps, ayant perdu un jeune neveux, Saïd Larifou n'a pas été autorisé à se rendre aux obsèques qui se déroulaient dans sa ville natale, à environ 60 kilomètres de Moroni, où il est assigné en résidence.

 

Trois manifestants blessés aux Comores, évacués sur la Réunion

T

rois personnes blessées par les tirs de l'armée comorienne contre une manifestation la semaine dernière à Moroni (Comores), ont été transférées dimanche au Centre Hospitalier Departemental de Bellepierre, à la périphérie de la capitale, Saint-Denis.

 

Le président de la Grande Comores Abdou Soulé El-bak et plusieurs de ses collaborateurs ont assisté dimanche, en milieu de journée, au départ de ces trois personnes blessées dans les manifestations contre le pouvoir central ayant dégénéré mercredi dernier, a appris la PANA ce lundi, de source hospitalière.

 

Un autre blessé a été transféré ce même jour, pour se faire soigner en Afrique du Sud. Deux blessés avaient été placés en réanimation à l'hôpital El Maarouf, l'établissement principal de Moroni : une femme de 29 ans qui a reçu une balle dans la tête, et un homme de 49 ans, dans le coma.

 

Par ailleurs, tous les proches du président El-bak, arrêtés à la suite de la manifestation, ont été remis en liberté, mais devaient se rendre lundi à la gendarmerie, pour y être interrogés.

 

Le leader du Front démocratique (FD), Moustoifa Said Cheikh, et Mtara Maécha, président du Comité de suivi (CS) de la réconciliation comorienne, ont été les premiers à être libérés.

 

Mohamed Ali Mbalia, leader du Parti socialiste des Comores (Pasoco), un journaliste, Maoulid Soilihi, un homme d'affaires, Mohamed Elhad Mohamed, et un ancien garde du corps de M. Elbak, Aboubacar Salim, ont recouvré la liberté un peu plus tard.

 

Leur arrestation faisait suite rappelle t-on, aux incidents de mercredi dernier, suite à la marche organisée sur l'initiative du président El-bak, sur le palais de Beit Salam, manifestation stoppée par des tirs de l'armée qui ont fait en tout 15 blessés, selon le dernier bilan.

 

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ECONOMIE ET SOCIAL:

Les médecins comoriens formés à la prise en charge du choléra

Par Mohamed Hassani

Correspondant de la PANA

 

U

ne vingtaine de médecins comoriens des îles de Mohélie et de la Grande-Comore suivent depuis mardi 2 décembre une formation de quatre jours sur la prise en charge des malades atteints de choléra.

 

Cette formation, explique Mme Ania Issa, chargée de la coordination nationale de la Santé au Croissant-Rouge comorien, est la continuation de celles dispensées l'année dernière aux volontaires du Croissant-Rouge et aux infirmiers majors des districts sanitaires de l'archipel.

 

"Cette session se justifie d'autant que de plus en plus de jeunes médecins arrivent sur le marché du travail et il n'est pas évident qu'ils aient vécu dans le réel une épidémie de choléra, d'où la nécessité de les former à la prise en charge une fois la maladie déclarée", a poursuivi la coordinatrice.

 

La formation est assurée par le Dr Bernard Gauzer qui est un familier des Comores pour y être déjà intervenu l'année dernière dans le cadre de la Plate-forme régionale d'intervention de l'Océan indien (PIROI) quand sévissait à la Grande-Comore une forte épidémie de choléra, en mars 2002.

 

La PIROI dispose d'un important plateau technique à la fois matériel et humain prêt à intervenir à tout moment et dans tous les pays de la région sud-ouest de l'Océan indien, chaque fois que de besoin.

 

Dans ce programme de formation, le Croissant Rouge comorien, initiateur de cette série de formation, bénéficie du soutien de plusieurs partenaires dont le ministère comorien des Affaires sociales, la Croix-Rouge (Réunion), le Fonds de coopération régionale, l'OMS et le Programme de développement local aux Comores (PDLC) financé dans le cadre de la coopération française.

 

La formation actuelle ne concerne pas Anjouan, les médecins de l'île ayant déjà bénéficié de la même formation grâce à Aide médicale internationale (AMI), une ONG française qui intervient dans l'île.

 

Mme Ania Mohamed a souligné que le plateau technique d'intervention sur l'ensemble des îles Comores peut faire face à toutes les éventualités en cas de choléra.

 

"Il ne nous restait, a-t-elle conclu, que cette formation pour que la boucle soit bouclée".

 

Mettant l'accent sur la prévention, la coordinatrice Santé du Croissant Rouge comorien cite en appui de ses propos, les derniers cas de choléra d'il y a quelques semaines, qui furent rapidement maîtrisés.

 

 

Le matériel informatique exonéré de taxes douanières aux Comores

L

es ordinateurs et les accessoires informatiques seront exonérés de taxes douanières aux Comores, en vue d'encourager la généralisation de l'usage des technologies de l'Information de la communication, a annoncé le président des Comores Assoumani Azali mercredi à Moroni.

 

"A partir de ce jour, la matériel et équipements informatiques seront exonérés de toutes taxes douanières" a déclaré le président Azali qui s'exprimant au cours d'une cérémonie de lancement des journées nationales sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

 

Le président comorien a aussi révélé que "les tarifs de communication par internet seront réduits de 50% pour être ramenés à 75 fc comoriens les 9 minuites au lieu de 75 fc les six minutes". (1 euro = 490 fc).

 

Par la même occasion le chef de l'Etat des Comores a annoncé que "dans les semaines à venir la Société Nationale des Postes et Télécommunications (SNPT) augmentera la bande passante de la sortie internationale de l'internet, qui passe ainsi de 256 kilos à 1.048 kilos"

 

Il asouligné que des projet ambitieux de démocratisation de l'accès aux technologies de l'information et de la communication vont se poursuivre dans tout le pays.

Le président Azali a insisté sur la volonté de son gouvernement d'exploiter ce "raccourci offert par Dieu" pour réduire l'écart technologique avec le monde développé.

 

"Notre pays veut ainsi éviter l'aggravation des inégalités, la marginalisation des couches de notre société par une éventuelle fracture numérique inter-étatique ou intra-étatique" a encore dit le président comorien.

 

On rappelle que l'initiative  de ces journées nationales des NTICS vient de la Cellule de réflexion et d'analyse, d'action et de suivi (CAAS), créée en septembre dernier par le chef  de l'Etat comorien.

 

Un expert sénégalais, Makhtar Seck, séjourne à Moroni pour aider la CAAS à concevoir une stratégie nationale des NTICS dans le cadre du programme de l'Initiative de la société africaine, de l'information, initié par la Commission Economique pour l'Afrique (CEA).

 

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NOTRE REGION : 

LA CEA EXHORTE LES AFRICAINS A MOINS COMPTER SUR L’AIDE EXTERIEURE

L
es gouvernements africains devraient réduire leur dépendance extérieure concernant le secteur de l'éducation en faisant plus d'efforts et en investissant dans leurs propres ressources afin d'offrir une éducation de qualité à leurs citoyens.
 
Cette déclaration a été faite vendredi à Maurice par Lalla Ben Barka, secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), pour qui les pays africains doivent maintenant apprendre à compter de moins en moins sur les ressources extérieures car bon nombre d'entre eux ont fini par endetter lourdement leur peuple.
 
"Je sais que les gouvernements africains ont beaucoup fait, certains pays ont même alloué 25 à 30% de leur budget national à l'éducation", a ajouté Mme Barka, qui participait, dans la ville mauricienne de Grand Bay, à la sixième biennale de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA).
 
"Toutefois, a-t-elle déploré, l'essentiel de cet argent est consacré aux salaires, laissant le plus important, à savoir les fournitures scolaires, les livres et autres matériels didactiques sans rien ou très peu".
 
Cette conférence d'une semaine réunit jusqu'à samedi 50 ministres africains, ainsi que des experts de l'éducation et des partenaires bilatéraux et multilatéraux qui discutent du thème: "la quête de la qualité: à l'écoute des expériences africaines".
 
"Bien entendu, le soutien d'institutions comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international est important pour le développement de notre société, mais ce soutien se fait, dans la plupart des cas, sous forme de prêts qui seront une charge pour notre peuple".
 
Mme Barka a recommandé aux gouvernements d'encourager et d'impliquer le secteur privé en ce qui concerne l'approvisionnement en ressources et le développement de l'éducation.
 
"Une délégation des pouvoirs est nécessaire. Toutefois, les communautés font beaucoup, et nous ne devons pas les surcharger. Nous devons organiser nos ressources internes pour satisfaire la demande en faveur d'une éducation de qualité et équitable", a-t-elle dit.
 
Elle a précisé que la CEA est davantage impliquée dans les questions économiques et de santé que dans l'éducation qui est traitée dans le Programme de stratégie de réduction de la pauvreté (PRSP).
 
Mme Barka a en outre exhorté les dirigeants africains à jouer un rôle majeur dans les PRSP de leurs pays respectifs en vue d'encourager la croissance économique.
 
"Les responsables politiques et techniques doivent être aux commandes. Nous ne voulons pas que les PRSP échouent comme les programmes d'ajustement structurels", a-t-elle ajouté, rappelant que la CEA a créé et coordonne un groupe d'apprentissage africain
sur les PRSP où l'accent est mis sur le leadership technique.
 
Certains pays comme le Burkina Faso et le Ghana ont déjà complété la première phase, a-t-elle indiqué.

 

 

LA UNE DE LA PRESSE COMORIENNE : 

Les Comores à la recherche d’un modèle.

L

a remarque nous parait légitime, et peut être nécessaire, du moment où les cadres étatiques sont fragmentés, affaiblis par la désintégration nationale sans fin. Mais où l’on  situe ce processus de la recherche du modèle ?

            Tout abord, avant 1975, l’indépendance apparaît aux yeux de tous les Comoriens comme une réponse globale aux problèmes globaux. Il n’y a, il ne peut y avoir, des problèmes dans l’ordre du nouvel Etat indépendant à construire que la persistance d’un injuste et irrationnel d’un système colonial qui maintient dans son sillage, les formes d’oppressions et  de domination. Et les Comoriens, conscients du sens qu’ils donnent au combat de libération nationale, se sont unis contre la « menace impériale ». Le 6 juillet 1975, l’indépendance est déclarée. La République est née, et  avec elle, la vocation de l’unité.

Depuis, les Comores devenues maîtres de leur destin, sont à la marche de la construction de leur Histoire, et à la quête d’un modèle : La République fédérale semblait donner sens à ce modèle du nouvel Etat. Or Ahmed Abdallah, qui semblait incarner à lui seul, l’indépendance, se  voyait aussi pour l’unité. La République doit veiller à l’unité, pensait- t-il. Tel l’esprit d’un parti unique, l’expression de la consolidation d’elle. On contrôle les libertés par le Policier au nom de la République. On « consolide » l'uniformité en étouffant la diversité. On encourage l’ « unité » au détriment de la pluralité. Car si l’une stabilise, l’autre désagrège. Car si le« Zi’ib », le loup, attaque les partisans de celle-ci dans la diversité au sens de dispersion, sa menace ne vient jamais à bout aux adeptes de celle-là. Ainsi, pour contenir ses opposants, ennemis potentiels contre l’unité sacrée, le père de l’indépendance achète le silence à des prix exorbitants, à des postes de captation, à des privilèges d’allégeance communautaire, et contre la volonté du peuple quand il n’emprisonne ou n’assassine toutes les personnes qui se refusent à s’incliner, il centralise tous les pouvoirs pour sauver, dit-on, l’unité. Delà, loin que la République serve à rassembler la nation, à œuvrer pour l’unité autour du pourvoir de légitimité qui l’exprime, elle affecte celui-ci par le contraste entre le désir de l’unité et la restriction des libertés politiques, entre les droits qu’elle ouvre et les privilèges qu’elle offre, entre la liberté qu’elle autorise et la critique qu’elle interdit.

Mais que vaut cette fameuse République si elle ne laisse pas entendre la voix du peuple qui l’a fait roi ? N’est-elle pas un leurre dès lors qu’elle n’arrive pas à satisfaire les conditions de la nombreuse majorité du peuple exclu, alors que la minorité est privilégiée ? Quelle légitimité tient-elle alors que le désir du peuple ne se traduit pas comme manifestation de l’intérêt général ? « La République part du peuple, elle revient à lui ». Révèlent les révolutionnaires. Il faut alors renverser cette République qui viole ce qu’elle défend, qui affecte la légitimité du peuple qu l’assoit, quitte par les armes. Car si Abdallah est « élu » par les représentants du peuple, il n’en demeure pas moins un despote. Donner le pouvoir aux jeunes, au peuple, seul, à même de construire son Histoire reflète à l’idée qu’on se fait de l’Etat. La légitimité n’est plus dans l’ancienneté des choses, ni dans la tradition, ni dans les particularismes, ni dans un ordre extérieur à l’homme, elle est en l’homme, sujet de son histoire, citoyen de sa nation et non pas membre de sa région ou de son île. Ebranler les traditions, rompre avec les préjugés, donner l’autonomie à la femme comme à l’homme, construire un modèle révolutionnaire populaire, tel est le projet d’Ali soilihi, artisan du modèle révolutionnaire laïcisant. Avec ce quoi advient un monde où on déloge le pouvoir du religieux, du traditionnel pour le situer à l’homme du temps moderne qui transcende sa petitesse natale et villageoise, qui élargit son pré carré et occupe un espace plus rationnel, plus civilisé, plus citoyen parce que  national plutôt que villageois ou insulaire. Affranchis de tout lignage, dégagés de tous particularismes, les citoyens du modèle révolutionnaire n’avaient à s’excuser ni à rougir à tout mal qu’ils semblent exercer contre qui clame sa petitesse natale ou la hiérarchie des ordres. Ils n’avaient pas à se plaindre de leur appartenance nouvellement construite : leur nom plus qu’un nom, devient  l’emblème de la nation, leur territoire plus qu’un  village ou une île, il est réduit à l’archipel. Etre comorien c’est mieux qu’être mayottais, mohéliens, grand-comoriens ou Anjounais. De ce modèle, des femmes et des hommes se battent contre vent et marées, avec parfois, une férocité redoublée. Et dans leur route, on peut lire les traces des promesses d’un lendemain enchanté, des cohérences idéologiques, et des épiphanies d’antan d’Adoulatuf Msafumou symbole d’un Juste souffrant pour sa nation. Avec ce modèle apparaît un Etat où l’on ne parle plus du villageois ou de l’insulaire, mais du national sans et contre le langage du « maître, la France », chassé de son emprise (et qui est allé envahir l’île Mayotte).

Viennent alors les restaurateurs, conservateurs et adversaires de ce modèle. Au lieu de quoi, ils répondent : « je règne, et je viens de quelque part ; par l’ébranlement de la tradition, je n’affirme pas mon autonomie, je trahis mon origine et ma famille…» Seul un décret traditionnel est en mesure de dégager la bassesse de l’homme et de l’arracher au mépris de son clan, et de garder l’harmonie des îles. Seul un compromis avec le « maître » peut sauver l’unité. Seul le retour du mythe et de la tradition peut protéger l’homme de l’angoisse de son temps et peut être ciment contre le désenchantement produit par cet « athée » Ali soilihi, disent les conservateurs. Depuis, le modèle révolutionnaire a reçu des coups durs et échoué ; les Comores souffrent d’un modèle.

 De la fédération à la confédération, les Comoriens tâtonnent à la recherche d’un modèle. Mohamed Taki a annoncé un concept de « Rehemani » comme modèle qui promettait tant qu’il a tenu si peu. Le concept de Rehemani comme mode de gouvernement, précisant le chemin vers l’union, va être considéré alors  tellement fabuleux, relevant presque  des contes de fées, comme si la réalité du terrain (hostilité du capital Moroni où il avait dit vouloir semer des bananiers… dégradation du niveau de vie… esquisse du séparatisme anjouanais) ne pouvait rien étouffer ni reculer son application. Les traitements médiatiques de ce concept révélant d’un modèle, patronnés par les tenants du « Takisme utopique » ont donné l’impression que la Cité idéale dont les Comores aspirent trace son chemin sur tous les médias de l’archipel.  Le « modèle idéal » autant médiatisé renforce la conviction générale. « Surprise divine » ! Clament les partisans de Taki. En vain, rebelle à la réalité, ce concept a été comme une coquille vide de sa substance. Sans fond ni méthode de pratique, tout a amené au séparatisme. La démultiplication des espaces politiques implose l’Etat. L’éclatement des allégeances villageoises rend beaucoup plus difficile la possibilité de fonctionnement de modes de régulations classiques. Le rapport entre l’Etat et les citoyens bascule vers le lien entre le membre et son village. La confiance entre le Comorien et l’Etat est moins que son affinité avec son village ou son île. On parle plus de l’insulaire que du national. Avec ce pays vide d’un modèle adviennent, pour la première fois aux Comores, et parce que les pourvoyeurs de sens se sont tus, laissant derrières eux les prophètes du séparatisme, du désordre, du chaos,  des femmes et des hommes pris à des campagnes de haines, et de « guerres », sans but, sans enjeux idéologiques clairs, sans mémoire qu’il devient très difficile à dire à des hommes avides d’argent et de pouvoir,  où sont le sens et les valeurs.

La tentative de Saïd Mohamed Djohar de prôner la démocratie a heurté à la réalité des réseaux mafieux, et affairistes. Le mercenariat et la corruption sont légion, et devenus comme mode de gouvernement. L’Etat est en déclin, en faillite, en ruine, et livrant les Comores dans une absence totale de modèle, et d’une entité chaotique ingouvernable. Azali, quant à lui, pensant que dans un Etat, chaque île poursuivant  « égoïstement » ( par autonomie) ses propres intérêts mettrait en place une harmonie adéquate, une union solide ; que chaque île vivant de sa propre autonomie éviterait les excès et servirait le bien commun, s’est trompé de modèle. Les résultats sont alarmants.

Parce qu’avec cela, c’est la victoire de l’insularité sur la nationalité, d’un monde qui se bat pour celle-là contre celle-ci, d’un monde où l’on a rompu avec les guerres de sens parce que de libération, et  qui se bat pour une cause de désolation radicale, de souffrance inutile, vide de sens et de ciel parce que de division et d’éclatement d’allégeance communautaire.

En tout état de cas, les Comores si elles veulent rechercher un modèle qui unit plus q’il ne divise doivent passer nécessairement au divorce des allégeances villageoises et insulaires,  pour rester dans le socle des allégeances citoyennes, voie royale pour construire un Etat de droit. C’est le défi de notre société si nous voulons promouvoir une « éthique de citoyenneté » promotrice d’un Etat phare au cœur de l’Océan indien, parce que fondé sur des valeurs à même d’amener les Comores dans l’arène du système internationale.

 

M’SA ALI Djamal

Etudiant à l’université de paris X.

 

 
LU DANS LA PRESSE : 

APRÈS LA FUSILLADE DE BEIT SALAM A MORONI : Comores : Deux dirigeants de l’opposition arrêtés

D

eux leaders de l'opposition comorienne, Moustoifa Saïd Cheikh du Front démocratique (FD) et le Dr Mtara Maécha du Rassemblement national pour le développement rénovateur (RND-R), ont été arrêtés à Moroni par la gendarmerie. L'interpellation de ces deux responsables politiques serait liée à la marche de mercredi soir. Le garde du corps du président de la Grande Comore, M. El-bak, aurait également été arrêté, tandis que certains de ses proches seraient activement recherchés par les forces de sécurité.

Ces arrestations ne surprennent pas Djaffar Abdallah, membre influent du Front national de la justice (FNJ) qui soutient le président El-bak. “Il faudrait que le président Azali comprenne que les Grand-Comoriens en ont assez de voir leurs intérêts bafoués et le pillage des deniers publics devenir la règle depuis près de cinq ans”, a-t-il déclaré, en citant le réseau d'escroquerie douanière découvert à la Banque centrale, le vol de centaines de millions qui y a été opéré par huit de ses

agents et la tentative d'incendie de la direction générale des impôts par le directeur et le receveur en vue de dissimuler des détournements de fonds.

 

“LA FORCE CONTRE LE DROIT”

 

“L'état-major de l'armée comorienne a choisi de ne pas défendre la Constitution et le droit et a plutôt montré qu'il peut tirer sur un président élu démocratiquement dans le seul but de protéger le colonel Azali et ses proches au mépris de la population”, a déclaré de son côté Mohamed Ali Soilih, conseiller du président de l'île de la Grande Comore M. El-bak et plusieurs fois ministre. “C'est triste de constater que les devoirs de l'armée républicaine sont bafoués et que l'Etat-major privilégie la force contre le droit”, a poursuivi l'ancien ministre.

Le ministre de la Défense des Comores, Hamda Madi Boléro, a pour sa part laissé entendre sur une radio européenne qu'il s'agissait de parer à une tentative de coup d'État visant à destituer le président Azali. Cette accusation a été reprise par Radio Comores. Le journaliste de service s'est étonné de voir que le président de l'île voulait s'autoproclamer président de l'Union.

La sévère répression de la manifestation a fait plus d'une quinzaine de blessés, dont trois grièvement — parmi lesquels une femme — qui attendaient hier d'être évacués vers le centre hospitalier de Mayotte, “rien ne pouvant être fait sur place”, selon le Dr Tadjiri, ministre de la Santé. Le détachement militaire était conduit par le commandant Ismael Moignidhao, selon Radio Ngazidja.

 

LES SOLDATS “PAS DISPOSÉS” A TUER DES CIVILS

 

Un opposant, qui a réclamé l'anonymat, a expliqué qu'en réalité, les soldats n'ont pas exécuté l'ordre donné, “sinon il n'y aurait pas eu treize blessés mais un carnage”. Selon cet opposant qui cite des témoins civils, les soldats ont reculé plusieurs fois devant les manifestants malgré l'ordre donné de tirer sur la foule. Et lorsqu'ils ont tiré, ils ont pris la précaution de ne pas tuer.

“Ce sont des soldats professionnels, couverts par un ordre formel de la hiérarchie et qui avaient en face d'eux des manifestants sans armes. S'ils voulaient vraiment tuer, rien ne les en empêchait. Ils n'ont pas tué parce qu'ils se sont désolidarisés de la hiérarchie. Le principal enseignement que nous tirons des événements de mercredi, est que les hommes du rang ne sont pas disposés à tuer des civils, même s'ils en reçoivent l'ordre de l'état-major”, a-t-il ajouté.

Cette version diffère de celle du porte-parole du gouvernement de Grande Comore, le ministre Mohamed Ismaila. Pour ce dernier, l'armée a voulu tuer le président El-bak en cette occasion. Les proches collaborateurs du président ont été blessés alors qu’ils formaient un bouclier humain autour de lui. Ils auraient reçu les balles qui lui étaient destinées.

Un officier de l'armée comorienne a indiqué pour sa part que l'armée était obligée d'user de balles réelles, faute de gaz lacrymogènes. Au début de l'année, un ministre, Houmed Msaidie, avait donné la même explication lorsque l'armée avait tiré sur des manifestants, au premier rang desquels le jeune Athani Adam,

 

 

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NOS BREVES : 

 

Liberté pour Saïd Larifou !

 

Maître Saïd Larifou, avocat du barreau de Saint-Pierre, et membre de la Ligue des droits de l’Homme, est privé de liberté et empêché de rejoindre la Réunion depuis le 22 septembre. Il est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État par le gouvernement des Comores. Cette rétention prolongée, au-delà de sa portée politique, à des répercussions sur sa vie familiale et professionnelle. La Ligue des droits de l’Homme à la Réunion est solidaire de toutes les actions entreprises pour la libération de Saïd Larifou et appelle à nouveau les autorités françaises à intensifier leur action afin d’obtenir la fin d’une situation contraire aux principes du droit et des Droits de l’Homme.

 

 

Protection des végétaux dans l’océan Indien

 

La commission de l’océan Indien a lancé officiellement cette semaine un programme régional de protection des végétaux dans les cinq îles.

D’un montant de 6,6 millions d’euros (financé à hauteur de 4,85 millions d’euros par le fonds européen de développement, et de 1,24 million par la Réunion), ce programme comporte plusieurs objectifs : le développement de la production et l’augmentation des revenus des agriculteurs en luttant contre les ennemis des cultures ; l’accès aux marchés régionaux et extérieurs (ceux de l’UE en particulier) grâce à l’amélioration sanitaire des produits, et la protection de l’environnement. La mise en réseau des différents opérateurs de la protection des végétaux permettra un échange permanent de connaissances et d’informations. Ce réseau sera animé par le pôle de protection des plantes de Saint-Pierre.

Le projet vise aussi le développement d’un langage commun en matière de protection des végétaux grâce à une harmonisation des législations phytosanitaires. Il fait suite à un autre projet de la COI concernant la lutte contre la mouche des fruits, mis en œuvre entre 1997 et 2000, qui s’articulait avec d’autres programmes concernant les autres pays Afrique-Caraïbes-Pacifique et les programmes nationaux existant à la Réunion, à Maurice, à Madagascar, aux Comores et aux

Seychelles.

 

Madagascar relance son projet de liaison par câble optique

 

Le ministre malgache de la Communication, Haja Razafinjatovo, a annoncé mardi qu'il a signé avec des sociétés américaines un contrat portant sur les études de faisabilité technique et financière destinées à connecter la Grande Ile par câble sous-marin à fibre optique.
 
C'est le seul moyen pour la Madagascar de réduire son coût de connexion à Internet selon le ministre.
 
Le ministre Razafinjatovo regrette l'échec du premier projet de relier Madagascar au monde par câble optique et estime qu'il est urgent de mettre sur pied un nouveau projet dans ce domaine.
 
Le contrat signé, le 13 novembre dernier, avec les sociétés américaines s'élève à 500.000 dollars et les résultats devraient être connus dans 21 semaines.
 
Les sociétés américaines (IDC, Project International et David Ross Group), en partenariat avec une firme sud-africaine, auront également pour mission de convaincre une vingtaine de pays qui se partagent un réseau par câble sous-marin qui passe près de la côte Nord-Ouest de la Grande Ile, d'inclure un nouveau membre.
 
Madagascar n'a pour le moment que ses liaisons satellitaires pour échanger des données avec les autres pays du monde. Et dans sa politique en matière de Technologies de l'Information et de la Communication, le gouvernement malgache précise que la mise en place d'un "back bone national" devrait être la première priorité pour le gouvernement.
 
Dans un rapport publié par les professionnels du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication à Madagascar, il est indiqué que le pays a besoin de près de 30 millions de dollars pour concrétiser son projet de liaison par câble optique.
 
Trois ONG réunionnaises se mobilisent  contre le SIDA dans la zone de l’Océan Indien
 
Trois ONG réunionnaises de lutte contre le SIDA se mobiliseront samedi pour marquer la
seizième journée mondiale de lutte contre la pandémie avec comme priorité cette année la solidarité envers les malades des pays du sud-ouest de l'océan Indien.
 
Comme chaque année, ces trois associations, Rive (Réunion immunodéprimés, vivre et écouter), Sid'Aventure et l'ARPS (Association réunionnaise pour la prévention du SIDA), se
mobilisent le 1er décembre pour la Journée mondiale conte le VIH/SIDA.
 
Alors qu'à La Réunion les personnes atteintes de la maladie accèdent facilement aux antirétroviraux, dans les autres pays de l'océan Indien la situation est plus critique, notamment à Madagascar, où elles seraient entre 18.000 et 23.000.
 
Afin de marquer cette journée de sensibilisation, basée cette année sur le thème de la lutte contre la discrimination et de la solidarité avec les malades de l'océan Indien, les ONG réunionnaises ont déposé, depuis plusieurs semaines, des urnes de collecte de dons chez les pharmaciens et certains commerçants de l'île, qui serviront à aider directement les patients de Madagascar, de Maurice, des Seychelles et des Comores.
 
Par ailleurs, plusieurs restaurateurs de l'île reversent, depuis le 24 novembre et jusqu'au 15 décembre, 50 centimes d'euro par couvert servi dans leur établissement, aux associations Rive et Sid'Aventure.
 
La prévention est aussi au programme de cette journée. Dès samedi matin, des membres de ces associations tiendront un stand dans la rue piétonne du centre-ville de la capitale pour distribuer informations et des préservatifs.
 
De son côté, l'ARPS participera à de nombreuses journées de prévention dans les lycées et collèges du département, dès samedi
et jusqu'à mercredi prochain.
 
Selon les derniers chiffres avancés par l'ONUSIDA, on compte dans la région 533 cas de personnes affectés par le virus, 102 cas déclarés à Maurice, 156 aux Seychelles, 700 aux Comores et entre 18.000 et 23.000 à Madagascar.

 

 

Des médecins à l’origine d’un comité régional d’étique

 

Le Comité d'éthique de La Réunion (CRER), qui rassemble des acteurs du monde de la médecine de l'île, est à l'initiative de la création prochaine d'un comité régional des îles de l'océan Indien chargé de discuter des problèmes d'éthique médicale spécifiques à la sous-région.
 
Le 12 novembre dernier, à Saint-Denis, des membres du CRER, le président et le secrétaire général du Conseil consultatif national d'éthique (CCNE), ainsi que des représentants des corps médicaux mauricien, seychellois et malgache se sont réunis pour discuter de la création d'un comité d'éthique régional.
 
"Nous voulons élargir notre horizon, ouvrir notre esprit, partager notre réflexion avec les pays de la zone", a expliqué mercredi à la PANA le Dr Bruno Bourgeon, chef du service de néphrologie au Centre hospitalier départemental (CHD), et président du comité d'éthique de la Réunion.
 
"Nous travaillons à créer une structure sans fondement juridique, qui permette simplement des échanges entre nous, sur des questions données", a-t-il expliqué.
 
Selon lui, l'ambition de ce comité et de se pencher ensemble sur des questions qui se posent dans n'importe quel pays, quel que soit le niveau du système de santé comme par exemple l'euthanasie et les grandes questions liées à l'éthique dans le domaine médical.
 
"Nous visons un enrichissement interactif, sans forcément aboutir à une conclusion éthique commune et unitaire", explique le Dr
Bourgeon, ajoutant qu'il s'agit d'une vision qui pourrait changer la donne vis-à-vis du Conseil régional d'éthique.

 

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