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'accord signé samedi 20 décembre à Moroni par les représentants de l'Union des Comores et de ses trois îles autonomes stipule que les élections législatives seront organisées d'ici avril 2004, qu'une "douane unique et commune" sera mise en place, et que les forces de gendarmerie seront sous le contrôle du pouvoir central.
La communauté internationale est invitée à apporter son soutien technique et financier aux opérations électorales" et à "décaisser l'aide promise par les bailleurs de fonds (...) pour appuyer la mise en oeuvre du budget de l'Union", indique encore le texte de l'accord.
Le respect de l’accord devrait permettre de régler l’instabilité politique qui frappe le pays depuis le déclenchement de la crise séparatiste en juillet 1997 ainsi que le conflit de compétences qui opposait le Président de l’Union à celui de l’île autonome de la Grande Comore.
Tous les comoriens attachés à l’unité de leur pays, à la démocratie et au développement économique et social de leur pays ne peuvent que se réjouir d’un tel dénouement.
La société civile doit pourtant se mobiliser afin de veiller au respect par toutes les parties signataires de la lettre et de l’esprit du texte.
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Sommaire : POLITIQUE :
SOCIAL :
BREVES :
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Suite de l’édito
La
situation qui prévaut à Anjouan mérite également une attention toute
particulière. Deux jours après l’adoption du nouveau cadre constitutionnel, les
dirigeants de l’île autonome d’Anjouan continuent dans les faits leur aventure
séparatiste. Les instances de l’Union n’exercent aucune prérogative sur cette
île. Pire, les dirigeants anjouannais multiplient les entraves à la libre
circulation des citoyens entre les différentes îles qui composent l’Union. Tout récemment, Mohamed Abdou
Madi, ambassadeur des Comores à Madagascar, a été interdit d'entrer à Anjouan
-d'où il est pourtant originaire- pour assister aux obsèques de sa mère. Ce qui
est vraiment scandaleux.
Les dirigeants de l’île autonome d’Anjouan
ne pourront pas continuer à jouer au chat et à la souris. Ils doivent respecter
leur propre signature et accepter les prérogatives de l’Union dans cette île.
L’accord précise que "le commandement national et le contrôle
de la gendarmerie relèvent de la responsabilité de l'Union" .
Dans un manifeste rendu public,
les partis d’opposition d’Anjouan dénoncent "les mesures répressives et
antidémocratiques exercées par les autorités" d'Anjouan telles que
l'interdiction des réunions politiques, la suspension du journal "Al
Fajr", les arrestations des opposants au régime du colonel Mohamed Bacar,
les intimidations, les interdictions de séjour et les refoulements d'opposants
vivant à l'extérieur. Ils souhaitent dans ces conditions un déploiement de l'Armée nationale de développement (AND) à
Anjouan et celle d'une force de sécurité de l'Union africaine pendant la
période des élections pour veiller à la sécurité de la population et assurer le
bon déroulement de divers scrutins.
A
travers la signature de l’accord du 20 décembre 2003, les Comores viennent
d’obtenir une nouvelle chance afin de tourner définitivement la douloureuse
page du séparatisme ouverte le 3 Août 1997 qui restera comme l’une des journées
noires de l’histoire comorienne . Il ne faudrait pas la gâcher. Les paroles de
Mamadou Kane, représentant du secrétaire général des Nations Unies sonnent
comme un avertissement : "Ne
ratez pas cette occasion, elle ne se reproduira pas.
La Rédaction
LA UNE :
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e président sud-africain Thabo
Mbeki, arrivé à Moroni samedi 20 décembre à la tête d'une mission de médiation
de l'Union africaine (UA), a laissé entendre qu'un accord serait trouvé dans la
journée même entre les acteurs comoriens.
Le président Mbeki, qui
s'exprimait à l'ouverture du sommet de la troika de l'UA et des pays de la
région sur la crise comorienne, a indiqué, se référant aux discussions
techniques qui viennent se de se tenir à Moroni les 18 et 19 décembre, que les
discussions achoppaient encore sur les thèmes du budget et de la sécurité mais
qu'un accord était possible.
Il avait pris la parole après
plusieurs orateurs, notamment les Premiers ministres de Maurice, Paul Bérenger,
et de Madagascar, Jacques Sylla, le secrétaire général de l'OIF, l'ancien
président sénégalais Abdou Diouf, et le ministre français délégué à la
Coopération et à la Francophonie, Paul-André Wiltzer.
L'ancien président sénégalais a
affirmé qu'il avait fait le déplacement de Moroni pour apporter le soutien de
l'OIF aux Comores en espérant toutefois que les Comoriens sauront respecter les
engagements qu'ils vont prendre devant la communauté internationale pour
pouvoir enfin se consacrer au développement de ce "si beau pays".
M. Diouf a révélé qu'un moment il
avait été quelque peu découragé du cas des Comores mais qu'il y croyait de
nouveau.
Le ministre français délégué à la
Coopération a fait part de l'engagement de son pays à contribuer à mobiliser
les ressources nécessaires pour le développement si un accord est trouvé.
Le secrétaire général de la
Commission de l'océan Indien, Wilfred Bertile, a appelé les acteurs comoriens à
saisir cette opportunité de la présence dans l'archipel de plusieurs
personnalités internationales pour trouver une solution à la crise.
"Ne ratez pas cette occasion,
elle ne se reproduira pas", a averti, pour sa part, le représentant du
secrétaire général des Nations Unies, le Mauritanien Mamadou Kane.
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C |
ette troisième réunion
ministérielle des pays de la région et de la Troïka de l'UA (qui regroupe
l'Afrique du Sud, l'Ethiopie et le Mozambique) est décisive pour la fin d'une
crise qui ronge l'archipel des Comores depuis la "proclamation
d'indépendance" par l'île d'Anjouan, en août 1997, et la prise du pouvoir
par l'armée, en avril 1999, mettant un terme à une transition consensuelle
après la mort subite du président Mohamed Taki en novembre 1998.
La crise a atteint un degré plus
élevé avec le conflit dit "des compétences" né à la suite du refus du
gouvernement central de partager le pouvoir avec les présidents des îles, élus
sur la base d'une Constitution qui a instauré une Union des Comores formée
d'îles autonomes ayant chacune, leurs propres constitution, président et
gouvernement.
"Je suis très optimiste pour
la réussite de ces travaux", a déclaré Mohamed Chatur en sortant de la
salle de conférence. Cet ancien directeur général de la Caisse des retraites
des Comores, un civil ayant succédé au commandant Fakhriddine Mahamoud au
cabinet du colonel Azali, nourrit l'espoir que "la réunion aboutira aux
objectifs fixés, à savoir l'organisation des élections".
Un optimisme peu partagé par le
Collectif des partis d'opposition dont l'un d'eux, le Chuma de Saïd Ali Kemal,
relève dans une lettre ouverte au président Thabo Mbeki, que "la volonté
de résoudre la crise ne s'est pas beaucoup manifestée au niveau des délégations
de la communauté internationale lors de la mise en place des organes de
l'Accord-cadre de Fomboni".
Cet accord avait été signé le 17
février 2001 par le colonel Azali et le lieutenant-colonel Abeid, alors aux
commandes à Anjouan, mais qui sera évincé six mois plus tard par le colonel
Mohamed Bacar, actuel président de l'île.
Outre les représentants des trois
îles, l'accord fut paraphé par Francisco C. Madeira, envoyé spécial de
l'Organisation de l'unité africaine (aujourd'hui Union africaine), et le
professeur André Salifou, au nom de l'Organisation internationale de la
Francophonie (OIF).
Dans son courrier, Saïd Ali Kemal
fait un constat, amer et réel, expliquant peut-être son pessimisme:
"Anjouan a pris le large. Ses autorités ignorent royalement les
prérogatives de l'Union sur l'île. Elles ont même décrété 'l'Etat
d'Anjouan'".
Le prince Kemal souligne ensuite les tracasseries auxquelles sont soumis les Comoriens des autres îles quand ils veulent entrer à Anjouan. Mais il n'y a pas que ces derniers à subir l'humiliation du visa qui ne dit pas son nom.
Depuis son investiture en mai
2002, l'on peut compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où le
président Azali s'est rendu à Anjouan malgré sa volonté, relève-t-on.
Tout récemment, Mohamed Abdou
Madi, ambassadeur des Comores à Madagascar, a été interdit d'entrer à Anjouan
-d'où il est pourtant originaire- pour assister aux obsèques de sa mère.
Depuis l'éclatement de la
"crise des compétences" dès l'investiture des présidents des îles et
de celui de l'Union, les rencontres aux Comores comme à l'étranger se succèdent
et se ressemblent.
Deux fois à Pretoria, deux fois à
Paris, deux fois à Moroni et cette fois encore à Moroni. Pendant ce temps, les
Comores, depuis la mort de Mohamed Taki, le 6 novembre 1998, n'ont jamais connu
de pouvoir autre que le pouvoir exécutif.
"Quand le pouvoir exécutif et
le pouvoir législatif n'en font qu'un, il n'est pas du tout sûr que le
judiciaire soit indépendant, or nous sommes gouvernés par ordonnance depuis le
30 avril 1999", rappelle un conseiller du président Azali.
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'accord de
réconciliation inter-comorienne signé samedi 20 décembre lors d'un sommet
régional à Moroni satisfait à la fois l'Union et les trois îles autonomes,
a-t-on commenté de part et d'autre dimanche à Moroni.
"Chacun y
trouve son compte", a déclaré à l'AFP Msadie Houmed, ministre d'Etat,
ministre du Développement et porte-parole du gouvernement de l'Union, joint par
téléphone.
"C'est un accord
satisfaisant, qui prend suffisamment en compte nos revendications et permet
d'aborder le dossier des élections législatives", a confirmé, lui aussi au
téléphone, Youssouf Saïd Soilihi, secrétaire général de la présidence de la
Grande-Comore, l'île dont le contentieux avec l'Union était le plus tendu.
L'accord signé
samedi à Moroni par les représentants de l'Union des Comores et de ses trois
îles autonomes stipule que les élections législatives seront organisées d'ici
avril 2004, qu'une "douane unique et commune" sera mise en place, et
que les forces de gendarmerie seront sous le contrôle du pouvoir central, selon
le document dont l'AFP a eu communication.
Les parties
comoriennes "conviennent de parachever le processus électoral avant la fin
du mois d'avril 2004 au plus tard", mentionne le texte de l'accord.
"Cet accord
crée les conditions, budgétaires notamment, nécessaires à la marche vers les
élections législatives à l'Union et dans les îles, rapidement mais dans la
sérénité", a ajouté M. Msadie.
"Il y a maintenant un
calendrier électoral clair, prévoyant les scrutins dans quatre mois, et il n'y
a pas de raison qu'on ne trouve pas les arrangements qui permettront leur
organisation dans de bonnes conditions", a-t-il encore déclaré, soulignant
que les Comores "espèrent" l'appui financier de la communauté
internationale pour ces élections.
"L'accord
permet aux îles d'aborder la transition dans des conditions meilleures que
celles qu'elles connaissaient jusqu'ici, mais nous attendons bien entendu sa
mise en oeuvre pour vérifier cette amélioration", a encore déclaré M.
Soilihi.
"L'appel du
corps électoral est prévu dans les deux semaines suivant la signature de
l'accord, et la mise en marche de ce processus suppose évidemment que le budget
soit assuré", a-t-il expliqué.
Le ministre
français délégué à la Coopération, Pierre-André Wiltzer, qui assistait au
sommet, a déclaré dimanche que "la vigilance s'impose pour que les espoirs
nés à Moroni le 20 décembre ne soient pas déçus".
"La communauté
internationale apportera tout son concours technique et financier pour assurer
le respect de ces engagements", a-t-il ajouté.
"L'étape
principale devant nous, ce sont les élections des assemblées, l'assemblée
fédérale et celles des îles", a-t-il déclaré à l'AFP samedi soir avant de
quitter Moroni. Ces élections permettront de résoudre "toute une série de
problèmes en suspens, notamment la relance des actions de développement",
a-t-il conclu
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e ministre français,
délégué à la Coopération, Pierre-André Wiltzer, a déclaré dimanche à la suite
de l'accord de réconciliation inter-comorienne signé la veille à Moroni que
"la vigilance s'impose pour que les espoirs nés à Moroni le 20 décembre ne
soient pas déçus".
M. Wiltzer, qui a assisté
au sommet régional d'où est issu l'accord, a par ailleurs tenu à "rendre
hommage au rôle décisif joué par le président sud-africain Thabo Mbeki".
"La France se
félicite de la conclusion de ce sommet qui va donner une impulsion nouvelle à
la réconciliation nationale. Ce succès est celui de tous les Comoriens comme
celui du médiateur sud-africain mandaté par l'Union africaine. Il appartient
désormais à toutes les parties comoriennes d'assurer la pleine mise en oeuvre
de cet accord. C'est à cette condition seulement que les Comores peuvent
espérer retrouver le chemin de la stabilité et du développement", a
indiqué le ministre dans un communiqué.
"La communauté
internationale apportera tout son concours technique et financier pour assurer
le respect de ces engagements", a-t-il ajouté.
Les représentants
de l'Union des Comores et de ses trois îles autonomes ont signé un accord
officiel samedi à Moroni, à l'issue d'un sommet régional dirigé par le
président sud-africain Thabo Mbeki.
La signature de
l'accord est intervenue après l'obtention, au cours des derniers travaux
préparatoires au sommet, dans la nuit de vendredi à samedi, d'un consensus sur
le partage des ressources, du pouvoir et sur l'organisation d'élections
législatives, selon des membres de la délégation sud-africaine.
L'accord devait
également prévoir l'organisation d'élections législatives dans l'Union et les
trois îles d'ici quatre à six mois, a-t-on ajouté de même source.
Le sommet visait à
mettre fin au conflit de compétences qui oppose depuis plus d'un an le pouvoir
central de l'Union des Comores et ses trois îles autonomes, et à officialiser
des propositions inscrites dans un mémorandum signé en août à Pretoria.
L'archipel des
Comores, ancienne colonie française de l'océan Indien devenue indépendante en
1975, est devenu l'Union des Comores en décembre 2001, avec une nouvelle
Constitution "gommant" la sécession de l'île d'Anjouan, survenue en
1997.
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'accord signé
samedi à Moroni par les représentants de l'Union des Comores et de ses trois
îles autonomes stipule que les élections législatives seront organisées d'ici
avril 2004, qu'une "douane unique et commune" sera mise en place, et
que les forces de gendarmerie seront sous le contrôle du pouvoir central, selon
le document dont l'AFP a eu communication.
Les parties
comoriennes "conviennent de parachever le processus électoral avant la fin
du mois d'avril 2004 au plus tard", mentionne le texte de l'accord.
Des élections
législatives à l'Union et dans les îles étaient prévues avant la fin 2002 dans
la Constitution adoptée par référendum en décembre 2001.
"La communauté
internationale est invitée à apporter son soutien technique et financier aux
opérations électorales" et à "décaisser l'aide promise par les
bailleurs de fonds (...) pour appuyer la mise en oeuvre du budget de
l'Union", indique encore le texte de l'accord.
"Il est
institué un Conseil de Direction des Douanes (CDD)" provisoire de sept
membres, "fonctionnant sur la base du principe de la collégialité" et
chargé notamment de "superviser la collecte et le contrôle des opérations
de perception des recettes douanières partagées", indique notamment le
texte de l'Accord.
Durant la période
transitoire, d'ici les élections législatives à l'Union et dans les trois îles,
les recettes douanières devraient être réparties à raison de 28% pour le
pouvoir central, 32,5% pour la Grande-Comore, 30,5% pour Anjouan et 9% pour
Mohéli, la plus petite des trois îles, mentionne également l'accord.
"Le
commandement national et le contrôle de la gendarmerie relèvent de la
responsabilité de l'Union" indique encore l'accord.
Toutefois,
"durant la période transitoire, et pour le besoin des élections, cette
force (...) sera mise à la disposition des présidents des îles (...) en étroite
concertation avec la Commission nationale électorale indépendante (CNEI)",
souligne le texte.
Pour le contrôle
des forces de sécurité, les parties comoriennes sont convenues du
"déploiement d'observateurs civils et militaires de l'Union africaine
(UA)" durant la période transitoire, selon le texte de l'accord.
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es représentants de
l'Union des Comores et de ses trois îles autonomes ont signé un accord officiel
samedi à Moroni, à l'issue d'un sommet régional dirigé par le président
sud-africain Thabo Mbeki.
"Nos travaux
de la journée ont abouti à la signature d'un accord, que nous allons
signer", a déclaré le président Mbeki, avant la signature du document par
le colonel Azali Assoumani, président de l'Union des Comores, et les présidents
des trois îles, Abdou Soulé Elbak pour la Grande-Comore, Mohamed Bacar, pour
Anjouan et Mohamed Said Fazul pour Mohéli.
"Cet accord va
couvrir la période transitoire", a ajouté M. Mbeki, dont le pays coordonne
les efforts de réconciliation aux Comores, sans autre précision sur cette
transition. "La prochaine fois que je viendrai aux Comores, ce sera pour
assister à l'ouverture de l'Assemblée élue", a-t-il toutefois souligné.
La signature de
l'accord est intervenue après l'obtention, au cours des derniers travaux
préparatoires au sommet, dans la nuit de vendredi à samedi, d'un consensus sur
le partage des ressources, du pouvoir et sur l'organisation d'élections
législatives, selon des membres de la délégation sud-africaine.
L'accord, dont
l'intitulé exact est "accord sur les dispositions transitoires aux
Comores", selon des sources proches du sommet, devait également prévoir
l'organisation d'élections législatives dans l'Union et les trois îles d'ici
quatre à six mois, a-t-on ajouté de même source.
Le consensus
atteint après 48 heures de négociations qui se sont prolongées très avant dans
la nuit de vendredi à samedi donne le contrôle de l'armée à l'Union, et celui
de la police aux îles. Il prévoit aussi une répartition des impôts et des
recettes douanières entre l'Union et les îles, a-t-on encore précisé de même
source.
L'accord a été
signé sur une grande table autour de laquelle avaient pris place, aux côtés du
président Mbeki, le Premier ministre mauricien Paul Bérenger, son homologue
malgache Jacques Sylla, le ministre français délégué à la Coopération et à la
Francophonie, Pierre-André Wiltzer, et l'ancien président sénégalais Abdou
Diouf, secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie
(OIF).
Le sommet visait à
mettre fin au conflit de compétences qui oppose depuis plus d'un an le pouvoir
central de l'Union des Comores et ses trois îles autonomes, et à officialiser
des propositions inscrites dans un mémorandum signé en août à Pretoria.
L'archipel des
Comores, ancienne colonie française de l'océan Indien devenue indépendante en
1975, est devenu l'Union des Comores en décembre 2001, avec une nouvelle
Constitution "gommant" la sécession de l'île d'Anjouan, survenue en
1997. Le colonel Azali Assoumani, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1999,
a été élu depuis président de l'Union, dans laquelle les trois îles ont des
pouvoirs élargis.
Des élections
législatives étaient prévues avant la fin 2002, mais restent à organiser, et un
conflit de compétences, essentiellement sur les ressources financières, oppose
en particulier l'Union à la Grande-Comore, la principale des trois îles.
Par Aboubacar
Mchangama – AFP
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a Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH) présente ses
sincères félicitations au Président de l’Union des Comores et à Ceux des Iles
Autonomes de N ‘Gazidja (Grande Comore), de N’Dzouani (Anjouan) et de
Mwali (Mohéli) pour avoir été parvenus à la signature de l’Accord sur les
Dispositions Transitoires aux Comores. Ceci témoigne l’esprit du civisme et la
prise de conscience sur le retard qu’ont accumulé les Comores en matière d’Etat
de droit et de développement socioéconomique.
Le Peuple Comorien dans son ensemble a appris avec éclat la fin
définitive de la Crise Comorienne qui n’a fait qu’enfoncer le pays dans la
misère et dans la pauvreté.
Le Peuple Comorien espère que
cette fois-ci, les parties comoriennes respecteront leurs signatures et leurs
engagements pris devant la Communauté Internationale et devant le peuple
comorien en vue d’un retour immédiat de la normalité constitutionnelle de la
confiance de la Communauté Internationale
à l’égard des Comores.
La FCDH adresse ses sincères compliments à la Communauté Internationale, notamment à
l’Union Africaine, à l’Organisation des Nations Unies, à l’Union Européenne, à
l’Organisation Internationale de la Francophonie, à la Commission de l’Océan
Indien, au Gouvernement Français, au Gouvernement Mauricien, au Gouvernement
Malgache, au Gouvernement Tanzanien et plus particulièrement à Son Excellence
Monsieur Thabo MBEKI, Président de la République d’Afrique
du Sud et Coordonnateur des efforts de la Région et de la Troïka de l’Union
Africaine sur les Comores, qui a déployé
tous les efforts nécessaires pour régler
définitivement la Crise Comorienne. Chose faite le 20 décembre 2003 à Moroni.
Nous en sommes très reconnaissants.
La FCDH rappelle la Communauté Internationale qu’elle a une
responsabilité capitale pour le suivi et la mise en application dudit Accord
afin d’éviter un retour éventuel de la Crise.
A cet effet, la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH)
demande à la Communauté Internationale et aux Autorités Comoriennes ce qui
suit :
Mutsamudu, le 22 décembre 2003
Le Président de la FCDH - Ahmed Mohamed Allaoui
Pour la
liberté de la presse, abonnez-vous à Comores-infos. Le premier
journal comorien sur internet.
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L' |
opposant anjouanais, Abdou Antoy,
a dénoncé mercredi 24 décembre "l'Etat policier qui règne à Anjouan"
dans un entretien avec la PANA à Moroni.
M. Antoy est secrétaire général du
Rassemblement pour la démocratie et le développement, et ancien challenger du
colonel Mohamed Bacar à l'élection présidentielle de l'île d'Anjouan.
"Bien que je sois un leader
d'un parti, je ne pourrais pas aujourd'hui organiser une réunion à Anjouan
parce que le colonel Mohamed Bacar ne supporte la moindre contradiction. Tous
ceux qui ne sont pas d'accord avec lui doivent se taire ou quitter l'île",
affirmé M. Antoy.
Il croit savoir, en outre, que le
gouvernement d'Anjouan vient de recruter 400 nouveaux gendarmes pour les forces
de l'île que l'opposant assimile à "une milice dévouée au colonel Mohamed
Bacar".
M. Antoy regrette l'absence de
l'armée comorienne sur l'île, ce qui, a-t-il dit, laisse le champ libre à
"la politique répressive" en cours.
Selon M. Antoy, cette politique a
été encouragée indirectement par les différentes missions de médiation
internationales puisqu'elles ont toujours privilégié, par commodité, les
discussions avec les extrémistes au pouvoir à Anjouan en évitant d'entendre les
opposants anjouanais.
Il soutient que la torture est une
pratique courante dans les prisons anjouanaises pour faire taire les opposants.
Par ailleurs, il estime que le
conflit entre le président de la Grande Comore, Mzé Abdou Soulé El-bak, et le
président de l'Union, Azali Assoumani, offre au président d'Anjouan un alibi
qu'il ne manque pas exploiter à fond pour ne pas respecter les accords de
Fomboni, signés en février 2001.
Mais en réalité, a-t-il souligné, le gouvernement d'Anjouan n'envisage pas d'intégrer effectivement l'Union.
"La preuve est que les
autorités de cette île ont négocié la reprise de l'électricité d'Anjouan par un
opérateur réunionnais sans passer par l'Union. Actuellement, il cherche à
conclure un autre contrat pour les hydrocarbures avec un autre opérateur de La
Réunion en se passant de l'avis des autorités de l'Union", a affirmé Abdou
Antoy.
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L |
e climat politique régnant à
Anjouan n'est pas propice au déroulement d'élections libres, démocratiques et
transparentes, même si un compromis pourrait être trouvé au niveau national,
estiment des partis et groupements opposés au pouvoir local de cette île
autonome des Comores.
Cet avertissement est contenu dans
un manifeste rendu public mardi soir à Moroni, en prévision de la conférence
qui se tiendra samedi prochain à Moroni sous l'égide du président sud-africain
Thabo Mbeki dans le but de relancer le processus de réconciliation nationale
aux Comores.
Ces partis et groupements
demandent notamment aux délégations de la communauté internationale attendues à
Moroni de "ne pas perdre de vue que la situation dans l'île d'Anjouan
n'est pas idéale pour la tenue d'élections quand bien même une solution
pourrait être trouvée à l'échelle de l'union comorienne.
La rencontre de samedi, en
présence de M. Mbeki, sera précédée d'une réunion technique les 18 et 19
décembre qui regroupera les représentants des pays de la région et de la Troïka
de l'Union africaine (Afrique du Sud, Maurice et Madagascar).
Dans leur manifeste, ces partis
dénoncent "les mesures répressives et antidémocratiques exercées par les
autorités" d'Anjouan telles que l'interdiction des réunions politiques, la
suspension du journal "Al Fajr", les arrestations des opposants au
régime du colonel Mohamed Bacar, les intimidations, les interdictions de séjour
et les refoulements d'opposants vivant à l'extérieur...
"Il est clair et sans
ambiguïté aucune que l'organisation d'élections libres et démocratiques demeure
utopique" dans un tel climat, soulignent les signataires du document,
avant de poser un certain nombre de conditions dont, en premier lieu, la tenue
d'une Table ronde souveraine.
Celle-ci regrouperait les
formations et groupements politiques de l'opposition, la société civile,
l'Autorité d'Anjouan et les partis qui la soutiennent en vue de la
réconciliation des Anjouanais, et serait chargée d'arrêter les conditions et
modalités concrètes de préparation, d'organisation et de déroulement des
scrutins de manière démocratique et transparente.
La deuxième condition serait
"la présence de l'Armée nationale de développement (AND) à Anjouan dès la
signature du Mémorandum de Pretoria par les présidents de l'Union et des îles
autonomes de l'Union des Comores, et celle d'une force de sécurité de l'Union
africaine pendant la période des élections pour veiller à la sécurité de la
population et assurer le bon déroulement de divers scrutins".
En outre, "les autorités
anjouanaises doivent s'engager à veiller au respect des libertés individuelles
et collectives des Comoriens de circuler, de se réunir et de s'exprimer sans
entrave partout dans l'île (et) à autoriser des organisations libres et
indépendantes".
Les signataires estiment enfin que
"dans l'intérêt de la paix et de l'entente entre Comoriens et pour des
raisons de transparence et de cordialité, il serait bénéfique que pendant la
phase de transition, les forces d'opposition soient représentées au sein des
structures de décision de l'Union et de l'île autonome d'Anjouan".
Le manifeste a été signé par le
Rassemblement pour le développement et la démocratie (RDD), la fédération
anjounaise du Rassemblement pour une initiative de développement avec une
jeunesse avertie (Ridja), le Groupe de réflexion sur le devenir des Comores
(GRDC), le Rassemblement national pour le développement/Rénovateur (RND/R),
ainsi que des mouvements moins connus comme le Parti pour le rassemblement et
le développement d'Anjouan (PRDA), le Mouvement des citoyens pour la République
(MCR) et le Front d'action contre le séparatisme (FACS).
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L |
es Comores sont sur la voie de
signer avec la Banque mondiale (BM) un accord de crédit de 20 millions de
dollars américains, 'si tout va bien", a annoncé à Moroni l'économiste de
la BM chargé des Comores Wolfgang Fengler.
"Les négociations se
tiendront au mois de janvier à Washington et il ne restera que l'avis du Conseil
d'administration de la Banque qui se tiendra en mars prochain", a déclaré
M. Fengler au cours d'une rencontre avec la presse.
"Dans la pire des hypothèses,
le montant du crédit ne sera pas inférieur à 11 millions de dollars",
a-t-il ajouté.
Le crédit dont le décaissement
pourrait intervenir dès le premier semestre de 2004 sera géré par le Fonds
d'appui au développement communautaire (FADC), un organisme de développement
appuyé depuis sa création en 1993 par la BM et salué comme une réussite.
Au vu de ses résultats, les
autorités comoriennes et celles de la BM ont décidé que le Fonds englobera les
activités des projets Santé et Education également financés par la Banque.
"Les Comores ne sont pas
frappées de malédiction. Leur développement est possible", a dit en
substance Wolfgang Fengler qui a fait remarquer, par ailleurs, que les
relations entre la BM et les Comores sont bonnes, "même s'il arrive
parfois que les engagements soient honorés (par les Comores) avec un peu de
retard".
DEBATS ET OPINIONS LIBRES :|
V |
oici plus de deux ans
que les Comoriens croyaient entrer dans l’ère de l’Union des Comores qui
consacrait une large autonomie aux îles. Leur mobilisation fut à la hauteur de
l’événement et pour cause: après 27 ans de souveraineté nationale, jalonnés par
un climat d’incertitude, souvent de terreur, de violence et de crises multiples
qui ont eu pour effet de freiner l’élan national en matière d’organisation et
d’investissement, la crise séparatiste est venu couronner le tout en accentuant
la discorde entre les îles mais aussi en bloquant la vie politique, économique
et financière du pays. Ainsi la joie de voir enfin le pays se doter des
institutions qui lui ont toujours fait défaut, l’espoir qui renaît devant
l’idée de prendre en main leur propre destinée avec l’émulation des entités
îliennes, et la projection, pour une fois, de possibles lendemains prometteurs.
Dans cette
perspectives, le parti UNDC, fort de son unité et toujours privilégiant l’unité
des Comores et du peuple comorien ne pouvait que se réjouir d’un tel dénouement
n’ayant ménagé aucun effort afin d’aboutir à cette Réconciliation même si, ici
et là, certains points méritaient un peu plus d’attention.
Seulement, après plus
de deux ans de règne sur un mandat de 4 ans pour celui du Président de l’Union
et de 5 ans pour ceux des îles autonomes, le constat est amer et flagrant.
L’euphorie des premiers jours s’est muée en chagrin et désespoir. Sapé, le
moral des Comoriens; réduits à néant, les espoirs de tout un peuple. Les
tristement et ridiculement célèbres « luttes des compétences »
détournent délibérément les chefs des exécutifs de l’Union et celui de l’île
autonome de Ngazidja de leurs véritables missions : où en sommes - nous avec
l’unité nationale et l’équilibre des îles que Ngazidja n’a jamais connu? Etc.
Pendant ce temps, l’on s’achemine vers la fin de mandats qui, à l’évidence,
n’auront apporté aux Comoriens qu’ inquiétude et désespoir. Les faits sont là:
- Le pouvoir de
l’Union ne s’exerce toujours pas à Ndzouani. Signe que le séparatisme est
toujours aussi fort et aussi dévastateur;
- La crise politique
est sans précédent: la bipolarisation du débat réduit aux deux personnalités
des Présidents de l’Union et celui de l’ île autonome de Ngazidja ne fait
qu’éloigner et compromettre une véritable réconciliation;
- La crise
institutionnelle s’est profondément enracinée qu’il y a lieu de se demander si
le remède réside seulement dans l’élection des assemblées;
- Que dire de la
crise économique et financière dont les corollaires témoignent de son étendue
et de sa profondeur? Corruption généralisée et banalisée.
Malheureusement, le
peuple comorien voit de jour en jour s’effriter ses espoirs nés de la
réconciliation et se dégrader son niveau de vie avec une pauvreté qui atteint
des seuils jamais effleurés, une flambée scandaleuse des prix surtout ceux des
produits de première nécessité.
Il va sans dire que,
face à cette déroute de la réconciliation nationale et à cette généralisation
d’une crise qui prend des allures d’une balkanisation irrémédiable et d’un
isolement total du pays, l’UNDC, fidèle à ses principes fondamentaux qui
mettent en avant l’unité et la démocratie ne peut se reconnaître dans l‘un ou
l‘autre des pouvoirs en place. Il s’insurge et lance un appel de détresse pour
un sursaut de nationalisme, à un front uni contre le séparatisme, pour la paix
et le progrès. Un appel qui s’adresse à tous:
- D’abord aux chefs
des exécutifs de l’Union et ceux des îles: seul le respect des textes que nous
avons unanimement adoptés apportera paix et stabilité. Les luttes de compétence
ont assez sévi; tournons la page de l’avenir.
- Ensuite, à tous les
Comoriennes et Comoriens, partis politiques, mouvements syndicaux, associatifs,
société civile et autres: faisons preuve de responsabilité et d’intégrité car
l’heure est grave. Les luttes intestines qu’elles soient d’origine villageoise,
régionale, insulaire ou tendancielles, sont l’apanage du séparatisme, le
véritable ennemi à abattre.
- Enfin, à la
communauté internationale pour dire notre gratitude quant aux grands efforts
consentis, aux privations et à la grande disponibilité manifestés malgré la
rudesse du « cas Comores. A la Conférence internationale de cette semaine
à Moroni, nous souhaitons plein succès et que les autorités parviennent à
saisir cette mobilisation de la dernière chance. Mais nous souhaitons aussi,
pour plus d’équité et de démocratie dans la gestion des affaires du pays, que
soit révisée la composition des organes de gestion de la crise et
d’organisation des élections. En effet, les critères qui ont guidé leurs
composition depuis l’accord de Fomboni ont besoin d’une mise à jour qui prendra
en compte les forces qui se sont imposées par les urnes lors des dernières
élections, forces qui ne se reconnaissent pas des pouvoirs en place et qui
représentent une portion non négligeable de la population comorienne.
Moroni, le 17
décembre 2003.
Pour le bureau
politique.
Kamar Ezamane Mohamed
Ancien candidat de l’UNDC
aux élections de la
Présidence de l’île Autonome de Ngazidja.
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L |
a Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH), en partenariat
avec la Vice-Présidence de l’Union chargée de la Justice et des Droits de
l’Homme, le Programme des Nations Unies pour le Développement, et les
Organisations de la Société Civile* viennent de célébrer avec éclat la 55ème
Journée Mondiale des Droits de l’Homme organisée le 15 et 16 décembre 2003 au
C.N.A.C.
La société civile exprime ses sincères remerciements aux contribuables
qui ont facilité l’organisation de cette célébration.
A cette occasion, les organisations de la société civile dans leur
diversité, ont démontré si besoin est, la forte cohésion nationale de ses
membres, scellée par la signature de la Charte de la Société civile. La
présence de plusieurs représentants des trois îles de l’Union des Comores, le
déroulement des travaux et les conclusions finales sont empreints de la
profonde volonté de consolider l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la
démocratie, l’Etat de droit et la paix civile, bases fondamentales des droits
de l’homme et du citoyen dans le contexte comorien actuel.
Aussi, c’est dans une logique de citoyenneté active qui n’a rien à
dissimuler et rien à craindre, qui a l’ardent devoir de contribuer à une
réconciliation nationale durable, que les organisations de la société civile
ont jugé nécessaire de clôturer la célébration de la Journée Mondiale des
Droits de l’Homme par une réunion (et non une manifestation) publique et
pacifique à la Place Badjanani le 16/12/03, autorisée par le Préfet du Centre,
administrativement habilitée à délivrer un tel acte. Malgré une telle
autorisation, la réunion publique a été interdite par les autorités de l’Union,
avec des escadrons de la gendarmerie dépêchés aux alentours pour dissuader par
la force toute velléité de réaction.
La réunion publique avait pour objectif de mieux sensibiliser la
population et toutes les parties engagées dans la crise actuelle, sur la
nécessité de saisir les ultimes chances qui s’offrent aux Comores, en laissant
de côté les égoïsmes politiques qui ruinent les espoirs et qui aggravent la situation sociale déjà précaire
de nos concitoyens.
Dans cette perspective, la société civile a invité à cette réunion les
hautes autorités de l’Union et celles des îles autonomes pour célébrer cette
journée universelle, mais aussi, pour expliquer à la population leurs points de
vues et leurs prises de positions respectives sur la nature des obstacles à la
réconciliation et les solutions pour résoudre durablement la crise.
La société civile des Comores :
Remercie vivement les autorités des îles autonomes, qui ont bien voulu
accepter leur participation publique, ainsi que les hautes personnalités
politiques et celles de la notabilité du pays, les cadres de tous les horizons
et les jeunes qui ont pris une part active à cette célébration.
Condamne vigoureusement les autorités de l’Union qui ont interdit la
tenue d’une réunion publique autorisée, prétextant des raisons de sécurité qui
n’ont aucun fondement.
Manifeste son inquiétude croissante suite aux violations fréquentes et
flagrantes des libertés élémentaires, notamment :
la liberté de manifestation réprimée récemment dans le sang par l’usage
d’armes à feu sur des populations désarmées, le droit de tenir librement des
réunions publiques, reconnu par toutes nos Constitutions et dans des pays comme
la France, depuis 1881.
Appelle la Communauté nationale à se mobiliser pour défendre les
libertés publiques, et la Communauté internationale à faire preuve d’une haute
vigilance afin que de telles pratiques ne se généralisent au risque de faire
sombrer brutalement notre pays dans des perspectives tragiques.
Exige la formation d’une Commission d’enquêtes indépendante afin que
les auteurs de tels actes qui transgressent nos lois fondamentales soient jugés
et sanctionnés.
Moroni le 18 décembre 2003
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L |
a disparition soudaine d’Amadou KOUROUMA à la suite d’une opération bénigne dans un hôpital à Lyon le onze décembre dernier plonge le monde de lettrés du continent Africain dans une profonde tristesse. Une grande figure de la littérature Africaine qui disparaît ; c’est comme un coin de la bibliothèque du savoir qui prend feu.
Cet Ivoirien de confession musulmane s’est emparé avec fougue de la langue française pour la couler dans le monde africain. Il disait toujours « je pense en malinké ; j’écris en français » La mort en exil de Kourouma, faute de ne pas pouvoir rentrer dans son pays natal déchiré par une guerre civile soulève la question du respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression pour les intellectuels engagés du continent Africain. Il faut rappeler pour mémoire que d’autres pays comme la côte d’Ivoire ou tant d’autres ont connu des périodes de ténèbres où les intellectuels étaient persécutés ou tués à longueur d’années ; c’est le cas de la France sous l’ancien régime ; VOLTAIRE s’était exilé en Angleterre pour échapper les affres de la monarchie absolue.
ZOLA et Hugo ont subi les mêmes tracasseries vexatoires sous le second empire et la troisième République. Mais la détermination et le courage du peuple français ont pris le dessus dans ce combat pour la conquête de la liberté au détriment de l’ignorance et de l’obscurantisme. On peut distinguer deux sortes d’intellectuels : Les intellectuels critiques et les intellectuels organiques qui servent les pouvoirs établis. Les dirigeants du continent noir aiment bien les intellectuels organiques louangeurs et qui cirent leur pompe ; mais ceux qui critiquent les injustices, les inégalités sociales criantes et la corruption sont étiquetés des ennemis du peuple. Pour le cas cet intellectuel ivoirien le plus en vue et le plus publié, risquait d’être enlevé par des inconnus en treillis ou abattu par un extrémiste de l’Ivoirité. L’œuvre de Kourouma (quatre Romans et une pièce de théâtre tous publiés au seuil), s’abreuve aux sources des déchirements de la politique et de l’histoire Africaines. Dans Allah n’est pas obligé son dernier Roman, un enfant perdu de la guerre civile explique au lecteur le pourquoi et le comment des conflits ethno-politiques en Afrique de l’Ouest. L’intellectuel africain engagé doit jouer quelque soit, le prix à payer le rôle d’éclaireur dans un continent gouverné par des corrompus et d’insouciants qui tirent la couverture vers eux.
Mohamed Ibrahim MIHIDJAY
Professeur à Lyon
SOCIAL : Le directeur général des douanes des Comores, Raoul Delapeyre, a été
placé il y a quelques jours sous mandat de dépôt dans le cadre d'une affaire
d'escroquerie portant sur le vol de bordereaux, faux, usage de faux et
complicité, impliquant une ex-stagiaire de la banque centrale des Comores (BCC.
M. Delapeyre a été mis en détention provisoire après plusieurs auditions à la
gendarmerie dans le cadre d'une commission rogatoire. Il retrouve ainsi à la
maison d'arrêt cinq personnes, dont cette ancienne stagiaire de la BCC, placées
depuis début novembre sous mandat de dépôt.
Proche collaborateur de M. Delapeyre, le receveur des douanes, Djamal
Ahamada, a été entendu à plusieurs reprises comme témoin par les gendarmes,
mais ces derniers ne veulent ni confirmer ni infirmer l'éventualité de son
arrestation. Après les interpellations, début novembre, des cinq agents de la
BCC, le procureur de la République, Idi Bazia, avait confié son incapacité à
pouvoir dire si des douaniers étaient impliqués ou pas. “Seule l'enquête
déterminera si les personnes arrêtées bénéficiaient ou non de complicités au niveau
de la douane”, avait-il dit.
En janvier 2002, Raoul Delapeyre avait reçu le prix de l'excellence et
de la réussite, institué par le Premier ministre de l'époque, Hamada Madi
Bolero, pour récompenser et encourager les directeurs généraux des entreprises
et services publics. Parmi les récipiendaires du prix figurait Mohamed Djounaïd
Soilihi, alors directeur général des impôts, actuellement en détention depuis
plus d'un mois pour “tentative d'incendie et de détournements de fonds” avec
son principal collaborateur, le receveur principal des impôts Saïd Mohamed.
FAUX POSTIER ET VRAI ESCROC
Par ailleurs, après vingt-quatre heures de garde à vue à la
gendarmerie, un employé de la société des postes et télécommunications a été
placé sous contrôle judiciaire par le parquet, lundi dernier, en compagnie de
plusieurs agents des services des impôts.“Également directeur d'une société
d'assurances, le postier s'est révélé être un escroc qui a réussi à tromper
tout le monde en se payant la complicité de certains agents des services des
impôts”, a confié un gendarme. Les gendarmes se sont intéressés de près à la
compagnie du postier, CM Assurances, après avoir constaté les tarifs très bas
qu'elle pratiquait. Les premiers constats ont révélé que CM Assurances n'était
pas légalement enregistrée. Elle n'avait pas les critères requis pour se
constituer en compagnie d'assurances et ne représentait aucune autre compagnie.
CM Assurances avait néanmoins une longue liste de clients qui, en réalité,
n'étaient pas assurés. CM Assurances n'avait pas de compte propre. Elle
disposait d'un bureau, d'une secrétaire et d'une grande enseigne lumineuse pour
attirer les clients.
Son capital social est de 142,5 euros. “Il n'y a pas que les clients à
avoir été trompés par le faux assureur”, précisent les gendarmes qui ont ajouté
que les “associés” l'étaient également. Ces derniers ignoraient que la société
n'était pas légalement constituée et qu'elle ne possédait pas de compte
bancaire. L'argent des clients allait uniquement sur le compte du patron
escroc. Parmi les “associés”, on retrouve un ancien receveur des douanes, placé
sous contrôle judiciaire pour la deuxième fois en moins de trois semaines.
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L |
’OPACO vient de prendre connaissance du contenu de l’Ordonnance
n°03-012/PR signée le 8 décembre dernier par le Président de l’Union des
Comores, portant « Mise en place d’une Commission spéciale de recouvrement
de certaines créances de l’Etat ». Bien que notre organisation reconnaisse
à l’Etat ses prérogatives régaliennes en matière de recouvrement de créances,
il n’en demeure pas moins que les dispositions contenues dans cette ordonnance
constituent un recul dangereux et une violation flagrante des droits
élémentaires reconnus aux contribuables comoriens, par la Constitution
comorienne, les traités internationaux et les lois en vigueur, notamment le
code général des impôts et le code général des douanes.
La commission ainsi constituée ne garantit pas les droits de la
défense, reconnu à chaque citoyen par les instrument juridiques sus visés, qui
consistent à ce que la cause de chaque débiteur soit entendue équitablement, et
que les délais de recours soient raisonnables. La contrainte par corps pour les
créances dont la nature est laissée à la seule appréciation du ministre délégué
chargé du budget est une menace grave qui pèse sur les opérateurs économiques
qui risquent de payer au prix fort les dysfonctionnements de l’Etat. La
possibilité offerte à cette commission de demander au ministre chargé de la
sécurité, d’interdire à un débiteur de quitter le territoire risque de créer
des abus manifestes de la liberté d’aller et venir.
Le fait que la Commission ne soit pas tenue de répondre aux
réclamations de débiteurs, que lesdites réclamations n’aient pas d’effet
suspensif sur les sanctions dans les délais de 6 mois fixés par l’ordonnance,
de l’absence d’une notification en bonne et due forme de la décision de la Commission,
du court délai de 3 jours suivant « la date de signature de la
décision » pour saisir le Tribunal administratif, constituent autant
d’atteintes graves aux droits élémentaires des débiteurs.
Compte tenu de toutes ces considérations, l’OPACO demande :
L’abrogation de l’ordonnance ;
L’application stricte des dispositions législatives portant sur le
recouvrement amiable et forcé des créances de l’Etat, fixées par les lois en
vigueur, notamment le Code général des impôts et le Code général des
Douanes ;
Appelle les pouvoirs publics au renforcement du dialogue social pour
mieux assurer la cohésion nationale et le développement économique du
pays ;
Appelle à la mise en place d’une Commission mixte secteur public et
secteur privé chargé d’étudier les modalités de recouvrement des créances de
l’Etat et le paiement de la dette intérieure.
Moroni, le 18 décembre 2003
Le Bureau de l’OPACO
LU DANS LA PRESSE : Me Saïd Larifou a été interpellé hier après-midi par la gendarmerie comorienne alors qu’il avait entamé des démarches pour prendre l’avion à destination de la Réunion.
Depuis deux jours, en effet, l’avocat franco-comorien était
virtuellement libre de ses mouvements puisqu’après avoir fait appel de la
décision du tribunal qui l’avait placé sous contrôle judiciaire, la chambre
d’accusation de la cour d’appel avait un mois pour statuer, ce qu’elle n’a pas
fait dans les temps. Le contrôle judiciaire étant donc levé de droit, Me
Larifou a logiquement tenté de quitter l’archipel mais, comme il fallait s’y
attendre, les autorités comoriennes l’en ont empêché par la force.
L’avocat s’était tout d’abord rendu le matin à l’aéroport, où il s’est
entendu dire par la police de l’air et des frontières qu’il pourrait embarquer
s’il présentait une ordonnance de justice l’autorisant à quitter le pays. Saïd
Larifou s’est ensuite rendu au parquet de Moroni, où l’on a enregistré sa
demande, sans faire de commentaires.
Le Franco-Comorien a ensuite pris la direction de l’ambassade de
France, où on lui a clairement fait comprendre qu’aux Comores, «il était
considéré comme Comorien». Un accueil en forme de non recevoir qui peut
susciter bien des interrogations. M. Larifou est rentré à son domicile de
Moroni, où il a eu le temps de s’entretenir avec l’avocat réunionnais Michel
Folio pour évaluer la situation. Entre 14h et 15h, des gendarmes sont venus le
cueillir dans ses appartements et l’ont emmené, probablement au commissariat,
sans avancer aucun motif pour ce qui est, aux yeux du droit comorien, une
arrestation arbitraire.
LA DECLARATION SURPRISE DE VERDON
Il semble toutefois, selon nos informations, qu’une récente déclaration
du Français Philippe Verdon faite au juge d’instruction - alors que
l’instruction est close - soit à l’origine de ce retournement de situation.
Ce Français, avec lequel M. Larifou était en relation, est inculpé pour
“attentat à la sécurité de l’État, déstabilisation et incitation à la
violence”; il croupit en prison depuis fin septembre dernier.
Fait nouveau : il a récemment déclaré à la juge Thanay Tasmine que
l’avocat était parfaitement au courant de ce qui se préparait aux Comores - à
savoir un coup d’Etat - et qu’il n’ignorait rien du fait que lui, Verdon, avait
pris contact avec des éléments de l’armée comorienne pour s’assurer au moins de
leur neutralité lors de la marche organisée par le Ridja (le parti de M.
Larifou), qui devait soi-disant déboucher sur le renversement du colonel Azali,
alors absent de Moroni.
Déjà longuement interrogé par la magistrate, M. Verdon n’avait
jusqu’alors jamais mentionné ces faits. Conséquence immédiate de ce troublant
«aveu» de la onzième heure : Philippe Verdon a été transféré de la prison de
Moroni à l’hôpital militaire, où il sera probablement mieux traité et plus en
sécurité.
Quant au pourquoi de cette déclaration surprise, qui arrange bien - et
c’est le moins qu’on puisse dire - les autorités comoriennes, les rumeurs vont
bon train à Moroni. Certains n’hésitent pas à dire que le consulat de France
n’y serait pas étranger, Paris soutenant fermement le colonel Azali depuis des
mois et considérant M. Larifou comme un gêneur. D’où peut-être l’accueil reçu
hier matin par l’avocat à l’ambassade.
Quoi qu’il en soit, cette interpellation ne manquera pas - si besoin
était - de nuire à l’image du pouvoir en place à Moroni.
D’autant plus qu’y sont réunis ce week-end le président sud-africain
Thabo Mbeki, le ministre français de la Coopération Pierre-André Wiltzer, ainsi
que les Premiers ministres malgache Jacques Sylla et mauricien Paul Bérenger.
Ils tentent, avec les autorités de l’Union et des îles autonomes, de sortir
l’archipel d’une crise institutionnelle sans fin. Cela semblait être le cas
hier soir avec la promesse d’organisation d’élections prochaines. On peut ne
pas y croire...
Ce distingué aréopage abordera-t-il aujourd’hui le cas Larifou, dont on
a appris hier soir qu’après son «séjour» au commissariat, il a été admis aux
urgences à l’hôpital de Moroni.
SOURCE JIR Guilhem Beauquier Le 21/12/03
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BONNE
ANNE 2004
Comores-Infos présente
ses meilleurs vœux à l’ensemble de ses lecteurs et lectrices.
NOS BREVES : L'avocat Saïd Larifou à nouveau arrêté à Moroni
Saïd Larifou, l'avocat
franco-comorien et président du Rassemblement pour une initiative de
développement avec une jeunesse avertie (Ridja, parti d'opposition) a été
arrêté samedi après-midi à Moroni et conduit dans les locaux de la gendarmerie,
a constaté sur place la PANA.
Des sources proches de la
gendarmerie ont affirmé à la PANA que Me Larifou a été interpellé pour
"violation du contrôle judiciaire" auquel il était soumis à la
mi-octobre après sa libération au terme d'une détention de plus de trois
semaines à la maison d'arrêt de Moroni.
Le président du Ridja avait été
arrêté le 22 septembre dernier en même temps que les Français Philippe Verdon,
toujours en détention, Pascal Lupart, remis en liberté et placé sous contrôle
judiciaire, pour "complot et atteinte à l'autorité et à la sûreté de
l'Etat". .
Un tiers des habitants de Mayotte
est constitué de Comoriens
Un tiers des 160.000 habitants de
l'île de Mayotte est constitué de personnes en provenance des autres îles de
l'archipel des Comores, révèle une étude de l'Institut national de la
statistique et des études économiques (INSEE), transmise à la PANA.
La petite île comorienne administrée
par la France connaît d'importants flux
migratoires. Les départs y sont nombreux vers La Réunion et la France, et les
entrées importantes depuis les îles voisines de l'Union des Comores, signale la
dernière livraison du bulletin de l'INSEE de La Réunion consacré à Mayotte.
En juillet 2002, quelque 55.000
« étrangers » avaient été recensés à Mayotte, dont 53.000 Comoriens,
soit un tiers des habitants. 15.000 d'entre eux sont arrivés dans l'île depuis
1997.
Beaucoup devraient acquérir la
nationalité française dans les années à venir, notamment les 10.000 mineurs nés
à Mayotte et les 6.000 à 7.000 femmes ou hommes mariés ayant un conjoint
français.
La fécondité mahoraise est de 4,7
enfants par femme, indique l'étude, soulignant que les naissances comptabilisées
par le recensement sont de 20% inférieures à celles déclarées par la Direction
des affaires sanitaires et sociales (DASS).
Cela s'explique par le fait que
"beaucoup de femmes étrangères venant des îles voisines viennent accoucher
à Mayotte pour bénéficier d'infrastructures médicales de qualité et déclarer un
enfant sur le territoire, ce qui ouvre la possibilité d'obtenir la nationalité
française".
Depuis quelques années,
l'émigration vers la métropole et La Réunion -qui était traditionnellement le
fait des étudiants s'est accélérée vers la Réunion ; il s'agit d'une
population jeune et fortement féminisée, rapporte le bulletin de l'INSEE.
Le niveau scolaire demeure faible
à Mayotte. Sur 93.000 personnes de 15 ans ou plus, 50.000 seulement parlent et
écrivent le français, tandis que 38.000 ne le parlent pas.
Quant à la population active, elle
s'élève à 44.500 personnes et le taux de chômage est de 29%, contre 41% en
1997.
Air Bourbon sur la ligne
Réunion/Mayotte en mars 2004
La nouvelle compagnie réunionnaise
Air Bourbon va desservir l'île de Mayotte trois fois par semaine à partir du
mois de mars prochain avec des tarifs moins élevés que ceux de son concurrent
régional Air Austral, a appris la PANA de source officielle.
Après avoir annoncé, il y a
quelques semaines, la desserte prochaine de Milan (Italie) au départ de Lyon,
Air Bourbon déploie aujourd'hui ses ailes dans l'océan Indien et prévoit, à
partir du 28 mars 2004, de desservir Mayotte les mardis, jeudis et dimanches,
selon ses dirigeants, qui en ont fait la révélation cette fin de semaine.
La compagnie réunionnaise s'apprête à transmettre, dans les prochains jours, un dossier au Conseil supérieur de l'aviation marchande (CSAM) afin d'obtenir les droits de trafic, une formalité administrative qui devrait être réglée dès le mois de janvier selon ses dirigeants.
Pour acheminer les passagers entre
les deux îles, Air Bourbon utilisera son A340-200, un appareil de 286 places
qui assure déjà les rotations entre Paris et La Réunion.
La desserte de Dzaoudzi (aéroport
de Mayotte) s'inscrit en fait dans le prolongement de cette ligne que la
compagnie exploite depuis son ouverture en juin dernier. L'avion en provenance
d'Orly atterrira à Saint-Denis vers 8h00 matin et repartira deux heures plus tard
pour Mayotte, et les horaires sont déclinés dans l'autre sens.
La compagnie réunionnaise, qui
affiche de solides prétentions, espère dès la première année rafler 50% de
parts de marché en pratiquant une politique commerciale agressive dont le
contenu n'a pas été révélé.
Être ou ne pas être français ?
Maître
Saïd Larifou, citoyen français, avocat au barreau de la Réunion est depuis
maintenant trois mois retenu aux Comores pour avoir osé exprimer en public son
opinion sur le gouvernement de M. Azzali. Seules les dictatures retiennent
comme outrage la libre expression, sans violence, d’avis contraire aux Princes
qui les gouvernent.
S’agissant
d’un ressortissant français, il est de plus très étonnant de constater que loin
de l’aider à regagner son pays, les responsables de la représentation
diplomatique française en poste aux Comores, ne font rien pour aider à sa
libération. Existerait-il plusieurs sortes de Français ? Les vrais, les presque
vrais, les plus ou moins vrais ? Ceux qui méritent d’être défendus par leur
ambassade, ceux qui le méritent moins. Selon quels critères ? Selon quels
textes, pour ne pas dire selon leurs origines ?
Le sang
a coulé encore récemment aux Comores, il risque d’y avoir de nouveaux drames
lorsque des citoyens se voulant libres exprimeront publiquement, même sans
violence, leur mécontentement. Quel exemple de respect des Libertés, de la
Démocratie, et de défense des Droits de l’Homme la France donnera-t-elle si
elle abandonne à leur sort ses ressortissants pris dans la tourmente des
événements, dans des pays où les droits élémentaires ne sont pas respectés ?
La LDH
Réunion et le Comité de Défense de Maître Saïd Larifou, dénoncent son
enfermement abusif et s’inquiètent des risques qu’il encourt par le
prolongement de cette détention, et le manque d’empressement des autorités
françaises.
LDH
Réunion et Comité de défense de Saïd Larifou
Bimensuel d’information régionale édité par Comores-infos
tél.+ fax: 0262.57.92.04.
Dépôt légal : mars 2000 – N°ISSN : 1600-7289
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